ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210)

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Forêts de Conifères méditerranéennes et montagnardes et fourrés sclérophylles
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*)
ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210)
9560* et
5210
* Habitat prioritaire
(Peuplements de Genévrier thurifère)
CODE CORINE 42.A2 à 42.A5 et 42.A8
32.131 à 32.136
Extrait du Manuel d’interprétation
des habitats de l’Union européenne
Version EUR 15-1999
9560 * Forêts endémiques à Juniperus spp.
PAL. CLASS. : 42.A2 à 42.A5 et 42.A8
1) Forêts de moyenne altitude dominées par Juniperus spp.
Les matorrales arborescents (32.13 et 31.3) ne sont pas à
considérer.
42.A2-Thuriféraies (Juniperon thuriferae).
Boisements dominés par Juniperus thurifera d’Espagne (substrats calcaires de la zone supraméditerranéenne des monts
ibériques et des plateaux voisins, souvent avec Pinus sylvestris, P. salzmannii, Juniperus hemisphaerica et Berberis hispanica ; substrats calcaires très localisés et sur sol siliceux de
la périphérie et de l’intérieur de la sierra de Guadarrama ;
pentes calcaires méridionales sèches, chaudes, rocheuses, des
monts Cantabriques, entre le Rio Pisuerga et le Rio Luna, à
Juniperus nana, J. sabina, Berberis vulgaris ssp. cantabrica,
Rhamnus alpinus, Viburnum lantana ; sols gypsifères du bassin de l’Ebre à Rhamnus lycioides ; sols argileux du Campo
de Montiel ; sierra Taibilla), de France (montagne de Rie ;
pentes calcaires supraméditerranéennes chaudes des Alpes
sud-occidentales, dans la Drôme, les Hautes-Alpes et les
Alpes-de-Haute-Provence, entre 700 et 1 200 m ; pentes calcaires supraméditerranéennes chaudes de la vallée de l’Isère,
dans les Alpes occidentales, entre 300 et 500 m ; vallées de
l’intérieur de la Corse Pinnera, Rudda, Pruniccia parfois
mêlées de Pinus laricio).
Caractères généraux
Le Genévrier thurifère est un petit arbre à feuillage persistant,
présent en France :
- dans les Pyrénées (Haute-Garonne et Ariège) ;
- dans les Alpes (quelques localités dans les Alpes du nord et la
plupart dans les Alpes du sud) ;
- en Corse.
2) Végétales : Juniperus brevifolia, J. cedrus, J. drupacea, J.
excelsa, J. foetidissima, J. oxycedrus, J. phoenicea, J. thurifera.
Au niveau de son aire générale on notera qu’il est présent uniquement autour de la Méditerranée occidentale : Moyen et Haut
Atlas marocains, massif des Aurès en Algérie, Espagne, France
et en quelques points en Italie, à proximité du col de Tende.
4) Les matorrales arborescents de Juniperus thurifera
(32.136) sont en général associés sur le terrain, mais ne doivent pas être incluses dans ce type d’habitat.
5210 Matorrals arborescents à Juniperus spp.
PAL. CLASS. : 32.131 à 32.136
1) Broussailles et fruticées sempervirentes sclérophylles
méditerranéennes et subméditerranéennes organisées autour
des genévriers arborescents. Une dominance mélangée peut
être indiquée par une combinaison de codes.
Sous-types :
32.136-Matorral arborescent à Juniperus thurifera
Formations dérivées de 42.A2 16.
2) Végétales : Juniperus oxycedrus, J. phoenicea, J. foetidissima, J. excelsa, J. communis, J. drupacea, J. thurifera.
16. 42.A2 - Thuriféraies (Juniperion thuriferae) : boisements dominés par Juniperus thuriferae
d’Espagne, du sud de la France et de Corse. Beaucoup de formations sont plutôt des matorrals
arborescents, et peuvent être classées sous 32.136; les distinctions géographiques explicitées
peuvent néanmoins être préservées en ajoutant les suffixes de 42.A2 à 32.136.
351
Forêts de Conifères méditerranéennes et montagnardes et fourrés sclérophylles
Comportement dynamique du Genévrier Thurifère (d’après Gauquelin et al. 1999)
Il est appelé Genévrier d’Espagne ou Porte Encens en raison de
l’odeur forte que le bois dégage à la chaleur. Il est caractérisé
par la présence de petites feuilles en écailles. C’est un arbre
dioïque qui présente, jeune, un houppier dense et conique
(allure de Cyprès) et qui, avec l’âge, prend des formes très
diverses avec des troncs souvent noueux et tordus. L’arbre
« record » en France métropolitaine s’observe à Saint-Crépin
(Hautes-Alpes) : il mesure 7 m de circonférence. La longévité
est importante ; certains individus ont plusieurs centaines
d’années (il pourrait approcher un millénaire).
On peut considérer le Thurifère comme une essence méditerranéo-montagnarde. En France, il se rencontre essentiellement
dans les milieux secs et très chauds (espèce xérothermophile par
excellence), par ailleurs très ensoleillés (espèce héliophile). On
l’observe donc sur les pentes exposées au sud, au sud-ouest, de
300 à 1 800 m d’altitude.
Il recherche donc les falaises et rochers, calcaires ou siliceux (en
Corse), bien exposés au soleil et les pentes fortes rocailleuses,
s’installant dans des stations laissées libres par les autres
essences forestières (barres rocheuses, corniches, pentes très
rocailleuses), stations qui lui permettent d’échapper à la concurrence ligneuse. Mais on le retrouve sur des pelouses, ou des terrasses agricoles anciennement cultivées puis abandonnées.
On le rencontre dans les étages bioclimatiques suivants :
- supraméditerranéen inférieur (Alpes du sud, Pyrénées) ;
- supraméditerranéen moyen et supérieur (Alpes, Corse) ;
- montagnard sous influence méditerranéenne (Corse, Alpes du
sud) ;
- montagnard des Alpes internes (Alpes).
Avec des cortèges floristiques bien différents.
Les Thurifères créent leur propre microclimat : sur rochers, sous
son couvert, et sur sa litière se rassemblent des espèces forestières absentes en plein découvert.
La dissémination serait assurée essentiellement par les Oiseaux
(Grive, Corvidés…) qui assurent le transport sur de courtes distances (fruits ou « galbules » lourds) et la levée d’inhibition avec
l’ingestion.
Les Genévriers thurifères « nourrissent » un nombre élevé d’insectes et principalement de Lépidoptères (présence sur les peuplements d’espèces ayant comme centre de gravité l’Espagne
et/ou l’Afrique du Nord).
● Données
dynamiques synthétiques expliquant la répartition
de l’espèce sur un site :
Ce schéma synthétique de T. Gauquelin (Gauquelin et al., 1999)
résume parfaitement le comportement dynamique de cette
essence. On peut penser qu’il était présent en France, au moins,
depuis la fin de la dernière glaciation, favorisé souvent par un
climat méditerranéen « froid » et semi-aride (Jalut et al., 1999).
Il aurait alors constitué des forêts claires étendues (?).
Puis avec les variations climatiques à l’origine de la migration
successive des essences actuelles, il aurait peu à peu reflué vers
les zones marginales rocheuses que l’on peut considérer comme
les actuelles stations primaires.
L’espèce présente donc un caractère relictuel qui est à l’origine
de son grand intérêt patrimonial. Les forêts (chênaies pubescentes, pineraies diverses…) qui lui ont succédé furent en partie
défrichées pour le pastoralisme, voire la culture.
À partir des semenciers des stations primaires, il a pu s’installer
dans les pelouses pâturées lors des baisses d’activités agricoles
352
Forêts de Conifères méditerranéennes et montagnardes et fourrés sclérophylles
ce qui a conduit à des pelouses piquetées d’arbres jeunes à l’origine de certains peuplements âgés remarquables actuels.
5 - Peuplements de Genévrier thurifère alpins du
montagnard sous influences méditerranéennes.
Avec la déprise pastorale et agricole, dans un premier temps il
colonise ces espaces délaissés. Mais par ailleurs reviennent les
essences potentielles (Chêne pubescent, Pin sylvestre, Pin
laricio de Corse en dissémination du Pin noir d’Autriche introduit) ; peu à peu elles surciment le Genévrier et le font disparaître souvent par compétition.
6 - Peuplements supraméditerranéens corses de Genévrier
thurifère.
La conservation des stations primaires pose peu de problèmes
dans la mesure où elles sont à l’abri des incendies. Par contre les
stations secondaires sont menacées à moyen terme par la reconquête de la forêt potentielle.
●
Variabilité des habitats au sein d’une région climatiquement
homogène :
On peut donc distinguer des stations primaires :
- sur les barres rocheuses, les corniches… ;
- avec une flore pauvre en espèces, de fentes de rochers et de
dalles ;
- sur les pentes fortes, chaudes, rocailleuses, sur des pelouses
écorchées et des végétations de rochers et de dalles ;
- avec des arbres souvent de petite taille mais âgés ; ces stations
correspondent à des complexes d’habitats.
Et des stations secondaires :
7 - Peuplements montagnards corses de Genévrier
thurifère.
Position des habitats élémentaires au sein
de la classification phytosociologique
française actuelle
On comprendra les difficultés rencontrées pour classer ces
formations dans le système phytosociologique :
- les peuplements pionniers sont à considérer comme des
sous-associations des divers types de pelouses, de landes ou de
fruticées colonisées ;
- la tâche n’est pas plus aisée pour les peuplements arborescents
primaires qui correspondent le plus souvent à des complexes de
végétation (de dalles, de fentes de rochers, de pelouses écorchées,
de fruticées éparses) et qui sont souvent peu visités par les phytosociologues compte tenu de leur inaccessibilité fréquente…
- sur d’anciens parcours pastoraux et donc sur des pelouses xérophiles ou des landes basses avec des individus plus ou moins
âgés ;
- sur d’anciennes terrasses cultivées avec des populations jeunes
piquetant des pelouses mésoxérophiles à xéroclines.
Forêts tempérées caducifoliées ou mixtes :
Quant à l’annexe I de la directive et au « Manuel d’interprétation EUR 15 », ces deux documents distinguent :
- des forêts de Genévriers ;
- des matorrals (individus dispersés au sein de pelouses, landes,
fruticées…) qui dériveraient de la dégradation des forêts.
- Supraméditerranéennes :
❍ Sous-alliance : Buxo sempervirentis-Quercenion
pubescentis
◆ Association : Buxo sempervirentis-Quercetum
pubescentis juniperetosum thuriferae 1
Le plus souvent il n’en est rien : les jeunes peuplements correspondent à des phases pionnières, ayant pour origine les
semences des peuplements en place.
Forêts caducifoliées ou mixtes à Hêtre, Sapin… :
■ Ordre : Fagetalia sylvaticae
On comprendra donc pourquoi nous traitons ensemble les forêts
et les matorrals à Thurifères qui sont très liés spatialement et
dans la dynamique des métapopulations.
●
Intérêt et données générales sur la gestion :
Compte tenu de la surface limitée qu’il occupe, de son caractère
relictuel, le Genévrier thurifère possède un très grand intérêt
patrimonial. Le paradoxe actuel est que l’espèce est en extension
assez rapide sur une grande partie de son aire, mais qu’en même
temps, il est menacé au cœur de certains de ses peuplements.
Les stations primaires souvent inaccessibles n’ont pas besoin
d’une gestion particulière. Il faut simplement veiller à leur
protection, éventuellement nécessaire, vis-à-vis des incendies.
➤ Classe : Querco roboris-Fagetea sylvaticae
■ Ordre : Quercetalia pubescenti-sessiliflorae
● Alliance : Quercion pubescenti-sessiliflorae
- Montagnardes :
❏ Sous-ordre : Fagenalia sylvaticae
- Acidiphiles :
● Alliance : Luzulo luzuloidis-Fagion sylvaticae
❍ Sous-alliance : Galio rotundifolii-Fagenion sylvaticae
◆ Association : Galio rotundifolii-Pinetum laricionis
✧ Sous-associations : ericetosum arboreae,
faciès à Juniperus thurifera 6
anthyllidetosum hermannianae faciès à Juniperus thurifera 6
- Fourrées à espèces caducifoliées :
➤ Classe : Crataego monogynae-Prunetea spinosae
■ Ordre : Prunetalia spinosae
- Fourrés xérophiles :
● Alliance : Berberidion vulgaris
❍ Sous-alliance : Berberidenion vulgaris
◆ Associations : Amelanchiero ovali-Juniperetum
thuriferae 3, 4, 5
Juniperetum hemisphaerico-thuriferae 5
Déclinaison en habitats élémentaires
Nous avons retenu sept types d’habitats élémentaires :
1 - Peuplements à Genévrier thurifère des Pyrénées.
- Fourrés méditerranéen à espèces sempervirentes :
2 - Peuplements alpins de Genévrier thurifère du
supraméditerranéen inférieur.
➤ Classe : Quercetea ilicis
■ Ordre : Pistacio lentisci-Rhamnetalia alaterni
3 - Peuplements alpins de Genévrier thurifère du
supraméditerranéen moyen et supérieur.
- Fourrés calcicoles :
● Alliance : Rhamno lycioidis-Quercion cocciferae
◆ Association : Junipero phoeniceae Amelanchieretum ovalis 2
4 - Peuplements de Genévrier thurifère des Alpes
internes.
353
Forêts de Conifères méditerranéennes et montagnardes et fourrés sclérophylles
✧ Sous-association : juniperetosum thuriferae
- Fruticées à xérophytes épineux de Corse et Sardaigne :
➤ Classe : Carlinetea macrocephalae
■ Ordre : Carlinetalia macrocephalae
● Alliance : Anthillidion hermanniae
◆ Associations : Helichryso italici-Genistetum
salzmannii
✧ Sous-association : juniperetosum thuriferae
6
◆ Stachydi genistetum salzmannii
✧ Sous-association : juniperetosum thuriferae
6
◆ Thymo herba-romanae-Genistetum lobelioidis
✧ Sous-association : juniperetosum thuriferae
7
◆ Berberido aetnensae-Genistetum lobelioides
✧ Sous-association : juniperetosum thuriferae
7
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GAMISANS J., et Gruber, M., 1979 - La végétation du Niolu (Corse). Écol.
Méditerr., 4, p. 141-156.
GAMISANS J., et al., 1994 - Le Genévrier thurifère (Juniperus thurifera L.)
en Corse. Candollea, 49, p. 600-607.
GAMISANS J., 1999 - La végétation de la Corse. Édisud. 391 p.
GRISON P., 1980 - Objets des études et nature des problèmes posés dans le
Niolu. Écol. Méditerr. Revue écologie terrestre et limmique, 6 : études
écologiques et ethnologiques dans le Niolu, p. 9-24.
JENOT F., 1993 - Étude d’un peuplement à Juniperus oxycedrus L. MST
Corte, 20 p.
LITARDIERE R. de, 1956 - Sur la présence en Corse de Juniperus phoenicea. CR Ac. Sc. 242, p. 2198-2201.
OFFNER J., BREISTROFFER M., 1949 - Sur la répartition géographique
du Juniperus thurifera L. Soc. Sc. Dauphiné 63(1), p. 6-8.
PETIT A., 1995 - Étude de Juniperus thurifera L. en Corse. MST Corte, 31
p. et annexes.
SIMI P., et GRISON P., 1980 - Spécificité du Niolu dans la Corse de l’intérieur. Écol. Méditerr. Revue écologie terrestre et limmique), 6 : études
écologiques et ethnologiques dans le Niolu, p. 25-34.
Données sur la gestion et catalogues
BARTOLI M., et al., 1999 - Gestion intégrée d’un espace naturel : la
Réserve biologique forestière de la montagne de Rié (Forêt communale de
Marignac). ONF Actes du Colloque Genévrier thurifère, 26-27 sept. 97
Marignac (Haute-Garonne). Dossiers forestiers. XX.
CARENE, 1988 - Remembrement-Aménagement commune de SaintCrépin, Hautes-Alpes. Étude réalisée pour la Direction départementale de
l’Agriculture par le Bureau d’étude CARENE (Coopérative architecture
énergie environnement), 75 p.
LENOBLE F., 1924 - Découverte de Juniperus thurifera dans les montagnes
du Diois (Drôme). Bull. de la Soc. Bot. de France, 71, p. 49-51.
PARDE J.-M., 1999 - Impact du pastoralisme sur le Genévrier thurifère.
Expérience de pâturage par des chèvres pyrénéennes à la montagne de Rié
(Marignac, Pyrénées centrales). ONF Actes du colloque Genévrier thurifère, 26-27 sept. 97 Marignac (Haute-Garonne). Dossiers forestiers. XX,
p. 248-256.
ONF (SID de la Haute-Garonne et du Gers), 1995 - Révision d’aménagement de la forêt communale de Marignac 1995. 2014, 41 p.
SAVOIE J.-M., 1995 - Les types de stations forestières des Pyrénées centrales. ONF, p. 11-78 et p. 123-127.
355
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
(9560*
et 5210)
Peuplements de Genévrier thurifère
des Pyrénées
1
* Habitat prioritaire
CODE CORINE 42.A27 et 32.136
Caractères diagnostiques de l’habitat
En dehors des zones rocheuses on note la présence d’une pelouse dominée par le Brachypode penné, la Koélérie du Valais, la
Fétuque d’Auquier, la Laîche de Haller.
Caractéristiques stationnelles
Types d’habitats connus dans la haute vallée de la Garonne
et dans la vallée de l’Ariège.
Stations xérothermiques (chaudes et sèches), avec un minimum
de pluviosité, sur substrats calcaires (calcaires urgoniens métamorphisés (= marbre)), sur fortes pentes et en exposition sud ;
entre 650 et 1 000 m.
Occupe différentes situations :
- barres rocheuses : stations primaires ;
- pentes rocheuses avec rochers, dalles, éboulis (certains engendrés par l’exploitation du marbre) ;
- sols développés sur altérites du marbre, peu épais (inférieur à
40 cm), de type lithosol ou rendzine, avec un humus de type
mull calcique ; stations secondaires.
Variabilité
Les variations peuvent être étudiées sur le seul site présentant une
population respectable en terme d’individus (montagne de Rié) :
●
Variations avec l’altitude :
Des zones de densité différentes peuvent être observées :
- claires à la base ;
- plus denses autour de 800 m, là où les rochers représentent
50 % de la surface, où la pente est la plus forte et l’exposition la
plus au sud ;
- claires en haut.
●
Variations des peuplements :
Peuplements purs de Thurifères :
- denses à clairs, avec des arbres ;
- dispersés (= « matorral »).
Peuplements mélangés avec le Chêne pubescent (Quercus
pubescens).
●
Variations intrapeuplements :
Très souvent le peuplement de Thurifère recouvre divers habitats :
- pelouses xérophiles (1) ;
- éboulis, rocailles (2) ;
- rochers avec habitat des fentes (3) ;
- dalles rocheuses ;
—› il s’agit donc souvent d’un complexe d’habitats (= écocomplexe).
Nota : peu d’information sur la flore compagne des barres
rocheuses !
Espèces « indicatrices » du type d’habitat
Genévrier thurifère
Genévrier commun
Chêne pubescent
Bois de Sainte-Lucie
Églantier des chiens
Buis
Érable de Montpellier
Juniperus thurifera
Juniperus communis
Quercus pubescens
Prunus mahaleb
Rosa canina
Buxus sempervirens
Acer monspessulanus
(1) Espèces de pelouses :
Brachypode penné
Fétuque d’Auquier
Laîche de Haller
Koélérie du Valais
Germandrée jaune
Germandrée petit chêne
Hélianthème des chiens
Hélianthème des Apennins
Thym serpollet
Sarriette
Immortelle
Fumana couché
Germandrée des Pyrénées
Ail à tête ronde
Garance voyageuse
Aspérule cynanchique
Anthyllide des montagnes
Phalangère faux lis
Brachypodium pinnatum
Festuca auquieri
Carex halleriana
Koeleria vallesiana
Teucrium aureum
Teucrium chamaedrys
Helianthemum canum
Helianthemum apenninum
Thymus serpyllum
Satureia montana
Helichrysum stoechas
Fumana procumbens
Teucrium pyrenaicum
Allium sphaerocephalon
Rubia peregrina
Asperula cynanchica
Anthyllis montana
Anthericum liliago
(2) Espèces d’éboulis, de rocailles :
Sabline à grandes fleurs
Muscari automnal
Fausse roquette
Paronychia argentée
Passerine
Arenaria grandiflora
Dipcadi serotinum
Erucastrum obtusangulum
Paronychia argentea
Thymelaea passerina
(3) Espèces de fentes de rochers :
Physionomie, structure
Peuplement dense et peu dégradé se présentant sous la forme
d’un piqueté d’arbres et d’arbustes (hauteur moyenne : 1,80 m,
maximale de 7 m) ; surtout de forme conique. Dans les zones
rocheuses les plus sèches, il couvre 50 % de la surface du sol.
Dans la strate haute dominée par le Thurifère, on note la présence du Genévrier commun, du Chêne pubescent, du Bois de
Sainte-Lucie.
La strate arbustive est diversifiée avec le Genévrier commun,
l’Églantier des Chiens, le Frêne, le Buis, l’Érable de
Montpellier.
356
Orpin à feuilles épaisses
Saxifrage paniculée
Sedum dasyphyllum
Saxifraga paniculata
Espèces de dalles rocheuses :
Orpin blanc
Globulaire naine
Globulaire à tige nue
Sedum album
Globularia nana
Globularia nudicaulis
Confusions possibles avec d’autres habitats
Impossible de confondre avec d’autres habitats.
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
Correspondances phytosociologiques
Stations primaires : groupement restant à définir ; peuplements
mélangés avec le Chêne pubescent ; association : Buxo sempervirentis-Quercetum pubescentis ; sous-association : juniperetosum thuriferae.
Chênaies pubescentes riches en espèces méditerranéennes ;
sous-alliance : Buxo sempervirentis-Quercenion pubescentis.
Chênaies pubescentes ; alliance : Quercion pubescentipetraeae.
Matorral sur pelouse : sous-association juniperetosum thuriferae d’une pelouse de l’alliance du Xerobromion erecti restant à
définir.
Complexes rupicoles :
- éboulis sur marbres (UE : 8130) ;
- végétation de dalles rocheuses (UE : 6110) ;
- végétation de fentes de rochers calcaires (UE : 8210).
Répartition géographique
Quatre localités dans la vallée de la Garonne (Haute-Garonne) :
- la montagne de Rié (quelques milliers d’individus) ;
- trois stations marginales avec 5-30 pieds : Bezin-Garraux,
Saint-Béat, Boutx-Lez.
Une localité en Ariège : Quié de Luyat.
Dynamique de la végétation
Spontanée
Régénération sur les barres rocheuses dans les fentes de rochers
où de la matière organique et de la terre fine ont pu s’installer
(Quié de Lujat).
Régénération sur les pentes rocailleuses où de la matière organique et de la terre fine ont pu s’installer.
Sur les sols peu profonds.
Semenciers
Entrée et développement
du Chêne pubescent
Densification en Genévrier là ou
la roche est encore importante
Implantation du Genévrier
et d’autres arbustes
incendies,
carrières (?)
Peuplement clair
= « matorral »
Valeur écologique et biologique
Pelouse xérophile
Liée à la gestion
La dynamique est liée actuellement à l’absence de gestion dans
les stations secondaires :
- reconquête d’espaces pastoraux —› matorral ;
- redéveloppement de la végétation potentielle (chênaie pubescente)…
Autrefois la dynamique du système était liée à l’action des
incendies pastoraux (destruction forte et régénération progressive à partir des semenciers des stations primaires ou des survivants…).
Espèce relictuelle installée dans les Pyrénées entre 14 000 et
13 000 ans BP (dernier épisode glaciaire, avec végétation présteppique favorisée par un climat méditerranéen froid et semiaride) ; graines apportées par des oiseaux venant d’Espagne.
Populations très rares dans les Pyrénées, en limite d’aire par rapport à l’aire espagnole.
Écocomplexe avec une grande diversité de niches écologiques
offertes à la faune (peuplements de Genévrier, pelouses, rochers,
dalles, éboulis…).
—› Très grand intérêt patrimonial.
Habitats associés ou en contact
Divers états de l’habitat ;
états de conservation à privilégier
Complexes forestiers :
- chênaie pubescente ;
- hêtraies calcicoles ;
- accrus à Frêne, Orme, Noisetier.
États à privilégier
« Grande » population de Rié, où s’expriment divers faciès plus
ou moins denses, plus ou moins mélangés, avec le Chêne pubescent notamment.
Complexes de fruticées :
- formation à Juniperus communis sur pelouses (UE : 5130) ;
- fourrés à Prunus mahaleb.
Protection des petites populations des autres localités.
Complexes de pelouses :
- pelouses xérophiles à Brachypode penné, Koélérie du Valais,
Laîche de Haller (UE : 6210).
357
Autres états observables
Néant.
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
Tendances évolutives
et menaces potentielles
Sur la montagne de Rié : peuplement jeune (en majorité de
moins de 50 ans) ; maximum : 150 ans et pourtant décrit depuis
1813…
—› Hypothèse d’un incendie ayant détruit l’essentiel de la
population en dehors des barres rocheuses, suivi d’un renouvellement complet du peuplement depuis deux siècles (à confirmer). On peut penser également à l’exploitation de carrières de
marbre du début du siècle qui ont pu détruire quelques peuplements pour l’avoir accès aux filons.
Depuis 50 ans une partie de la thuriferaie s’est déplacée d’est en
ouest se développant en bas de versants et régressant dans les
secteurs les plus hauts (couverte par le Chêne pubescent) ; le
tout résultant d’une déprise humaine avec :
- développement du Chêne en partie supérieure, surcimant et
faisant disparaître des jeunes genévriers ;
- installation récente en pionnier, du Thurifère dans les zones
basses abandonnées.
Menaces potentielles :
- le feu dans les stations sur rocailles (menace atténuée avec
la déprise agricole…) ;
- le développement du Chêne en station secondaire…
Potentialités intrinsèques de production
Les zones rocheuses primaires et les pentes riches en affleurements rocheux et éboulis ne présentent pas de potentialités
forestières de production.
Les sites secondaires où le Thurifère s’est implanté, où il s’implante actuellement peuvent :
- présenter de faibles potentialités forestières (Chêne pubescent),
mais cet habitat héberge des espèces méditerranéennes en limite
d’aire et doit à ce titre bénéficier de mesures de conservation ;
- présenter des potentialités pastorales qu’il convient de restaurer
pour conserver la mosaïque très intéressante de l’écocomplexe.
Cadre de gestion
Rappels de quelques caractères sensibles de l’habitat
Incendies sur les petites stations isolées.
Compétition du Chêne pubescent.
Modes de gestion recommandés
Ceci se traduit par la présence de Genévriers morts à l’intérieur
de forêts récentes.
- Les situations rencontrées actuellement vont d’un pâturage
assez intense mais désorganisé avec recours à des feux très
dommageables pour les Thurifères (Boutx-Lez), à l’abandon
complet du pastoralisme (Marignac). Aucune de ces pratiques
ne semble ici répondre aux besoins de maintien à long terme des
stations du Thurifère.
- Un élevage caprin a été lancé à titre expérimental sur la montagne de Rié avec quatorze chèvres pyrénéennes en liberté. La
chèvre dominante du troupeau a été équipée d’un collier émetteur qui indiquait sa position.
Le suivi montre une bonne superposition entre l’exploitation du
milieu et les diverses zones à Thurifères.
Les chèvres négligent les Genévriers ; par contre elles consomment intensément tous les ligneux bas, moyens ou hauts qui les
entourent (prises alimentaires entre le sol et environ 2 m de haut).
La plante à laquelle les chèvres consacrent le plus de temps est
le Chêne pubescent (29 %) suivi des Graminées (12,5 %), des
ronces (10 %).
Le passage du troupeau a provoqué un effet notable : l’éclaircissement des ligneux y est bien visible. Les passages réguliers
du troupeau et des Ongulés sauvages entraînent des cloisonnements de petits massifs d’arbres et d’arbustes —› effets diminuant les facilités de propagation d’incendies.
L’action des chèvres paraît se traduire par une amplification de
l’effet sélectif des conditions écologiques très rudes de ces
zones et semble donc favoriser l’expression de la thuriféraire là
où des essences forestières plus compétitives (Chêne pubescent,
Pin sylvestre, Érable de Montpellier) s’exprimeraient plutôt
sinon.
Il serait intéressant de renouveler cette expérience ou de la
perpétuer.
●
Stade d’abandon avancé : zones où le Chêne pubescent est
présent avec le Genévrier.
Une réserve biologique forestière (Rié) existe à ce jour sur
laquelle quelques opérations ont été tentées :
- opération d’enlèvement des chênes pubescents gênants et
retour d’un pâturage sélectif (cf. § précédent) avec la chèvre.
Programme de suivi pour évaluer l’effet réel de la mise en
lumière et du pâturage :
- sur l’impact des abroutissements par le mouflon et les cervidés
sur les thurifères ;
- sur l’apparition des nouveaux semis de thurifères (microstations, endozoochorie) ;
- sur les rejets de chêne pubescent ;
- sur la flore herbacée (inflammabilité)…
Les stations primaires installées sur barres rocheuses et zones
rocailleuses pentues n’ont besoin apparemment d’aucune gestion.
La pose d’enclos est nécessaire pour cette évaluation.
Par contre les stations secondaires doivent bénéficier d’une gestion appropriée :
Inventaires, expérimentations,
axes de recherche à développer
Stade d’abandon récent : présence de pelouses, début de
colonisation par le Chêne pubescent
L’usage pastoral ancien de ces sites (début et moitié du
XXe siècle) correspondait à un pâturage de printemps
et d’automne, parfois d’hiver (calendrier rigoureux). L’entretien
de ces sites par des feux pastoraux d’hiver a été complémentaire
du pacage. L’évolution de la démographie et des activités
humaines a conduit les stations de Genévrier thurifère à
être progressivement abandonnées et envahies par la Chênaie
pubescente.
●
Suivi de la dynamique des populations de Thurifères et
de Chêne pubescent.
Objectifs : juger s’il faut défendre, et comprendre comment
défendre la zone de transition thurifère pubescent, au profit du
Genévrier.
Étude sur la physiologie, la phénologie du thurifère.
Étude dendroécologique établie sur Rié, à étendre aux Alpes,
Espagne, Moyen Atlas.
358
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
Bibliographie
BARTOLI M., et al., 1997.
BERTAUDIERE V., MONTES N., 1993, 1999.
BERTAUDIERE V., 1999.
BLOT J., 1992.
BONTZOLAKIS-BOUHIA N., 1993.
DUPIAS G., 1960.
GAUQUELIN T., LEBRETON Ph., 1998.
GAUSSEN H., 1926.
GUERBY L., 1999.
JALUT G., et al., 1999.
ONF (SID de la Haute-Garonne et du Gers), 1995.
SAVOIE J.-M., 1995.
359
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
(9560*
et 5210)
Peuplements alpins de Genévrier
thurifère du supraméditerranéen inférieur
2
* Habitat prioritaire
CODE CORINE 42.A27 et 32.136
Caractères diagnostiques de l’habitat
Espèces « indicatrices » du type d’habitat
Caractéristiques stationnelles
Types d’habitats se rencontrant à la base du supraméditerranéen
(entre 750 m et 1 100 m) avec une grande richesse encore en
espèces méditerranéennes.
Coprésence du Genévrier thurifère, du Genévrier de Phénicie
et du Genévrier oxycèdre.
Présent sur des barres rocheuses, des pentes fortes rocailleuses
(stations primaires) et sur des sols moyennement profonds (stations secondaires).
S’observe surtout sur substrat calcaire mais présent sur silice
en vallée de la Tinée (06).
Lithosols ou rankers dans les stations primaires.
Sols bruns calciques, rendzines ou sols bruns lessivés dans
les stations secondaires.
Variabilité
●
Variations selon le substrat :
- sur calcaire dans de nombreux sites ;
- sur silice dans la vallée de la Tinée, avec la Bruyère arborescente (Erica arborea).
●
Variations selon le statut :
Stations primaires :
- sur barres rocheuses, le Thurifère étant installé dans les fentes
de rochers ; présente des formes torturées, avec l’Oxycèdre possible et parfois la forme intermédiaire Genévrier commun Genévrier nain (J. hemisphaerica (*)) ;
- sur pentes fortes où la roche et les blocs occupent une grande
partie de la surface du sol ; peuplements souvent plus denses,
avec des arbres cependant espacés ; port de Cyprès.
Stations secondaires :
- sols peu épais, peuplements mélangés Chêne pubescent Thurifère ;
- sols identiques ou plus profonds : matorrals possibles.
Genévrier thurifère
Genévrier de Phénicie
Genévrier oxycèdre
Genévrier hémisphérique
Pistachier térébinthe
Nerprun alaterne
Chêne pubescent
Sumac fustet
Filaria à feuilles intermédiaires
Buis
Cytise à feuilles sessiles
Bois de Sainte Lucie
Amelanchier
Juniperus thurifera
Juniperus phoenicea
Juniperus oxycedrus
Juniperus hemisphaerica (*)
Pistacia terebinthus
Rhamnus alaternus
Quercus pubescens
Cotinus coggygria
Phillyrea media
Buxus sempervirens
Cytisus sessilifolius
Prunus mahaleb
Amelanchier ovalis subsp.
embergeri
Lavance officinale
Lavandula vera
Téléphium d’Imperato
Telephium imperati
Asphodèle à gros fruits
Asphodelus cerasifer
Thym commun
Thymus vulgaris
Aphyllanthe de Montpellier Aphyllanthes monspeliensis
Genêt cendré
Genista cinerea
Laîche de Haller
Carex halleriana
Sarriette
Satureia montana
Coronille minime
Coronilla minima
Koélérie du Valais
Koeleria vallesiana
Immortelle
Helichrysum stoechas
Echinops ritro
Echinops ritro
Céphalaire à fleurs blanches Cephalaria leucantha
Stipe penné
Stipa pennata
Leuzée
Leuzea conifera
Joubarbe des calcaires
Sempervivum calcareum
Astragale de Montpellier
Astragalus monspessulanus
Centaurée paniculée
Centaurea paniculata
Confusions possibles avec d’autres habitats
Avec les types d’habitats installés plus haut en altitude,
dépourvus des espèces méditerranéennes.
Physionomie, structure
Très variable selon les conditions présentées… :
- peuplements les plus denses apparaissant sur les pentes
rocailleuses (mais restant ouverts) ;
- individus dispersés (sur barres rocheuses ou pour les matorrals
d’installation récente).
Accompagné de végétation variée selon les conditions :
- espèces de rocailles, fentes, dalles : Joubarbe, Telephium imperati…
- espèces de pelouses sèches, ouvertes : Lavande officinale,
Thym commun, Laîche de Haller…
(*) Certains auteurs ne reconnaissent pas cette espèce et considèrent les populations concernées comme intermédiaires entre celles de Juniperus communis et J. nana. (Lebreton et al.,
1994).
360
Correspondances phytosociologiques
Peuplements de Juniperus thurifera alpins du supraméditerranéen
inférieur ; stations primaires : association : Amelanchiero ovaliJuniperetum phoeniceae ; sous-association : juniperetosum thuriferae ; stations secondaires : sous-association à Juniperus thurifera des associations de pelouses, fruticées, chênaies…
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
Dynamique de la végétation
Spontanée
Chênaie pubescente
thermophile
Peuplement de Genévriers
(Thurifère plus Phénicie)
et Amélanchier
Peuplements de Genévriers
thurifères avec d’autres
arbustes
Végétation arbustive basse
Végétation arbustive basse
Groupement herbacés
rupicoles
Pelouse à Lavande
à Aphyllanthe
Valeur écologique et biologique
Liée à la gestion
Pas de gestion des peuplements primaires.
Très grand intérêt du Genévrier thurifère, espèce relictuelle.
Peu de gestion des peuplements avec Chêne pubescent.
L’abandon pastoral entraîne la reconquête du Thurifère sur les
pelouses abandonnées et la dynamique du Chêne pubescent dans
les stations secondaires.
Peuplements anciens remarquables par la forme, l’âge et la densité des arbres.
Présence possible d’espèces rares (méditerranéennes en limite
altitudinale).
Faune entomologique associée du plus grand intérêt.
Habitats associés ou en contact
Complexes rupicoles :
- végétation de fentes de rochers calcaires (UE : 8210)
ou siliceux (UE : 8220) ;
- végétation de dalles rocheuses (UE : 6120) ;
- végétation d’éboulis (UE : 8130) ;
- végétation de rocailles à Telephium imperati…
Complexes de pelouses :
- pelouses à Lavande officinale, Thym commun ;
- pelouses à Aphyllanthes monspeliensis ;
- pelouses à Koeleria vallesiana, Satureia montana…
(Ononidion striatae).
Constitue des complexes d’habitats du plus grand intérêt sur les
plans paysager et écologique (offrant une grande diversité de
niches à la faune et à la flore).
Divers états de l’habitat ;
états de conservation à privilégier
États à privilégier
Stations primaires.
Peuplements remarquables par la taille, l’âge, la forme.
Complexes de fruticées :
- groupement à Genévrier de Phénicie ;
- fruticées à Prunus mahaleb ;
- buxaies (UE : 5110) ;
Peuplements secondaires.
Peuplements jeunes pionniers.
Complexes forestiers :
- yeuseraies (UE : 9340) ;
- chênaies pubescentes.
Tendances évolutives
et menaces potentielles
Répartition géographique
Stabilité et pérennité des peuplements sur les barres rocheuses
et les pentes rocailleuses.
Drôme : Saou (Porte-de-Barry), Pommerol…
Alpes-de-Haute-Provence : Motte-du-Caire, Barre-de-Blégiers,
Clue-de-Barles…
Alpes-Maritimes : Puge-Longon, Rochers-de-Valabre (dans la
Tinée) ...
361
Progression sur les pelouses ; suivi par le Chêne pubescent.
Le développement du Chêne pubescent sur les régénérations
et certains peuplements constitués.
Risques éventuels d’incendies.
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
Potentialités intrinsèques de production
Nulle pour le Genévrier sur les stations primaires et secondaires.
Sur les stations secondaires, les potentialités forestières sont très
faibles. C’est surtout le pêturage qui peut avoir un intérêt sur les
zones colonisées.
—› Un débroussaillage permettra ainsi d’allier deux objectifs :
protection contre les incendies, dégagement des thurifères d’une
concurrence arborée.
—› Étude et augmentation de la régénération du thurifère :
Des études sont nécessaires pour connaître les facteurs favorisant une régénération naturelle du thurifère.
Une régénération artificielle pourrait être alors envisageable par
plantation de jeunes thurifères dans des boisements peu denses
ou dans des secteurs ayant autrefois abrité le Genévrier thurifère.
Cadre de gestion
Rappels de quelques caractères sensibles de l’habitat
Incendies.
Dynamique des essences forestières sur de jeunes individus.
Sensibilité de la régénération au pâturage.
Inventaires, expérimentations,
axes de recherche à développer
Études fines de la dynamique des populations de Thurifère,
Chêne pubescent.
Études fines des conditions de régénération du Genévrier thurifère.
Modes de gestion recommandés
Objectifs : préserver les populations existantes.
Principes de gestion :
Les stations primaires installées sur barres rocheuses et zones
rocailleuses pentues n’ont besoin apparemment d’aucune gestion.
Bibliographie
ARCHILOQUE A., et al., 1970, 1974.
ARCHILOQUE A., et BOREL L., 1965.
Par contre, la conservation des stations secondaires demande
plus d’attention.
BARBERO M., et al., 1972, 1988.
On ne pourra aller contre la dynamique naturelle systématiquement, notamment sur les espaces ouverts récemment abandonnés
et en cours de colonisation.
BEAULIEU de J.-L., 1977.
Ainsi, ce sont les peuplements anciens remarquables bien installés qui feront en priorité l’objet d’intervention, le cas
échéant :
CHARRAS A., 1993.
—› Diminution des risques d’incendies :
COINCY A. de, 1897.
Démaquiser autour des formations denses d’individus âgés.
GAMISANS J., GRUBER M., 1980.
Ce nettoyage peut être associé à une valorisation du potentiel
pastoral des terrains concernés afin de pérenniser cette protection des thurifères en limitant le coût des opérations (par l’utilisation d’animaux pour maintenir le milieu ouvert).
BARBERO M., et QUEZEL P., 1985, 1986.
BOREL A., POLIDORI J.-L., 1983, 1986.
BREISTROFFER M., 1936.
CHAS E., 1994.
CLEU H., 1928.
GUINIER E., 1929.
HAMMOUD A., 1986.
LATHUILLIERE L., 1994.
LAURENT L., 1933, 1934.
—› Limitation de la concurrence d’autres essences sur certains
secteurs :
LENOBLE F., 1924.
Intervention à limiter aux secteurs les plus intéressants, les plus
accessibles : débroussaillage et élimination des arbustes et
Chêne pubescents concurrents.
OZENDA P., 1966.
OFFNER J., et BREISTROFFER M., 1948.
VERNET J.-L., 1980.
WIDMANN M., 1950.
362
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
Peuplements alpins de Genévrier
thurifère du supraméditerranéen
moyen et supérieur
Caractères diagnostiques de l’habitat
Caractéristiques stationnelles
Types d’habitats présents en quelques sites alpins à l’étage
supraméditerranéen moyen et supérieur, en conditions
séchardes.
Stations xérothermophiles (chaudes et sèches) sur substrats
calcaires :
- barres rocheuses ;
- pentes fortes avec affleurements rocheux, éboulis plus ou moins
stabilisés, dalles rocheuses, pelouses écorchées sur sols peu épais.
—› Stations primaires.
Sur sols peu épais, riches en cailloux (dynamique conduisant
à la chênaie pubescente).
—› Stations secondaires.
Variabilité
●
Variations selon les conditions géomorphopédologiques
et la dynamique de la végétation :
—› stations primaires :
- barre rocheuse ;
- versant rocailleux avec juxtaposition d’éboulis, de roches
affleurantes et de pelouses peu recouvrantes ; sur pente moyenne
à forte ;
- pelouses de croupes rocailleuses, sèches, pelouses écorchées ;
- éboulis instables (cailloux et pierriers), avec zones rocheuses
avec l’Amelanchier (Amelanchier ovalis subsp. embergeri),
Érable de Montpellier (Acer monspessulanum), Bois de Sainte
Lucie (Prunus mahaleb), Cotonéaster…
—› stations secondaires :
- pelouses caillouteuses sur sols peu épais, avec végétation basse
de Thym vulgaire (Thymus vulgaris), Koelerie du Valais (Koeleria
vallesiana), Fétuque (Festuca marginata subsp. gallica)…
couverte de Thurifères ;
- sur le même type de sol : peuplements mixtes de Thurifères
et de Chêne pubescent ;
- chênaie pubescente avec quelques thurifères.
Physionomie, structure
Très variable selon les conditions présentées… :
- peuplements assez denses sur les pentes fortes rocailleuses
entrecoupées d’éboulis et de pelouses écorchées ;
- individus dispersés sur barres rocheuses ;
- pelouses écorchées à Thym vulgaire ;
- pelouses à Fétuque, Koélérie du Valais… ;
- peuplements mixtes avec le Chêne pubescent.
Espèces « indicatrices » du type d’habitat
Genévrier thurifère
Amelanchier
Juniperus thurifera
Amelanchier ovalis
subsp. embergeri
(9560*
et 5210)
3
* Habitat prioritaire
CODE CORINE 42.A27 et 32.136
Érable de Montpellier
Genévrier hémisphérique
Lavande officinale
Épine vinette
Alysson
Anthyllide des montagnes
Arabette hirsute
Avoine faux brome
Fétuque
Acer monspessulanus
Juniperus hemisphaerica (*)
Lavandula vera
Berberis vulgaris
Alyssum alyssoides
Anthyllis montana
Arabis hirsuta
Avenula bromoides
Festuca marginata
subsp. gallica
Hélianthème des Apennins
Hélianthème d’Italie
Koélérie du Valais
Mélique ciliée
Orpin de Nice
Joubarbe des calcaires
Seseli des montagnes
Germandrée jaune
Germandrée petit chêne
Trinie glauque
Sumac fustet
Nerprun des rochers
Bois de Sainte Lucie
Aethionéma des rochers
Asplénium des fontaines
Laîche humble
Laser de Provence
Liondent
Saponaire en cime
Germandrée des montagnes
Pigamon nain
Armoise blanche
Sarriette
Ceterach
Globulaire à feuilles cordées
Orpin blanc
Silène d’Italie
Stipe penné
Laîche de Haller
Staeheline
Argyrolobe
Buplèvre en jonc
Œillet
Ononis
Téléphium d’Imperato
Genêt cendré
Asphodèle
Helianthemum apenninum
Helianthemum italicum
Koeleria vallesiana
Melica ciliata
Sedum nicaense
Sempervivum calcareum
Seseli montanum
Teucrium aureum
Teucrium chamaedrys
Trinia glauca
Cotinus coggygria
Rhamnus saxatilis
Prunus mahaleb
Aethionema saxatilis
Asplenium fontanum
Carex humilis
Laserpitium gallicum
Leontodon hirtus
Saponaria ocymoides
Teucrium montanum
Thalictrum minus
Artemisia alba
Satureia montana
Asplenium ceterach
Globularia cordifolia
Sedum album
Silene italica
Stipa pennata
Carex halleriana
Stachelina dubia
Argyrolobium zanonii
Bupleurum junceum
Dianthus virgineus
Ononis pusilla
Telephium imperati
Genista cinerea
Asphodelus cerasifer
Confusions possibles avec d’autres habitats
(*) Certains auteurs ne reconnaissent pas cette espèce et considèrent les populations concernées
comme intermédiaires entre celles de Juniperus communis et J. nana.
363
Avec les thuriferaies installées plus bas dans un contexte qui permet l’entrée de méditerranéens.
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
Correspondances phytosociologiques
Peuplements de Genévriers thurifères alpins, supraméditerranéens ;
• stations primaires : association : Amelanchiero ovaliJuniperetum thuriferae ; alliance : Berberidion vulgaris ;
• stations secondaires : association : Buxo sempervirentisQuercetum pubescentis ; sous-association : juniperetosum thuriferae ; sous-alliance : Buxo sempervirentis-Quercenion
pubescentis ; alliance : Quercion pubescenti-sessiliflorae.
- fruticées à Amélanchier, Érable de Montpellier… ;
- buxaies (UE : 5110) ;
- landes à Lavandula vera, Genista cinerea.
Complexes forestiers :
- chênaies pubescentes ;
- bois de Pin noir d’Autriche.
Répartition géographique
Drôme : Boule (Vercors).
Alpes-de-Haute-Provence : Clue des Barles, Thorame Haute
(Verdon).
Dynamique de la végétation
Alpes-Maritimes : vallon de Molières, col de Tende-Roya
(enclave de supraméditerranéen dans l’étage montagnard).
Chênaie
pubescente
à Genévrier
Implantation
du Chêne
pubescent
Peuplements
assez denses
Thuriféraie
de barre
rocheuse
Groupement à
Potentilla
caulescens
Implantation
du Genévrier
Implantation
du Genévrier
Semences
Pelouses
écorchées
Formation à
Lavandula vera et
Genista cinerea
Éboulis discontinus
dalles rocheuses
Pelouses
à Koélérie
du Valais
Spontanée
Valeur écologique et biologique
Très grand intérêt du Genévrier thurifère, espèce relictuelle.
Liée à la gestion
Pas de gestion des peuplements primaires.
Peu de gestion des peuplements avec Chêne pubescent.
L’abandon pastoral entraîne la reconquête du Thurifère sur les
pelouses abandonnées et la dynamique du Chêne pubescent
dans les stations secondaires.
Habitats associés ou en contact
Peuplements anciens remarquables par la forme, l’âge
et la densité des arbres.
Présence possible d’espèces rares : Telephium imperati (protégé
au niveau régional), Saxifraga callosa subsp. callosa,
Delphinium fissum (protégé au niveau régional), Dictamnus
albus (protégé au niveau régional), Cotoneaster delphiniensis…
Faune entomologique associée de grand intérêt.
Constitue des complexes d’habitats du plus grand intérêt sur
les plans paysager et écologique (offrant une grande diversité
de niches à la faune et à la flore).
Complexes rupicoles :
- éboulis calcicoles (UE : 8130) ou siliceux (UE : 8150) ;
- végétation de fentes de rochers calcaires (UE : 8210)
ou siliceux (UE : 8220) ;
- dalles rocheuses calcaires (UE : 6120).
Complexes de pelouses :
- pelouses écorchées à Koelerie du Valais, Germandrée jaune
(Ononidion striatae) ;
- pelouses écorchées à Anthyllis montana ;
- pelouses à Lavandula vera.
Complexes de fruticées :
Divers états de l’habitat ;
états de conservation à privilégier
États à privilégier
Stations primaires :
- peuplements remarquables par la taille, l’âge, la forme ;
- peuplements secondaires ;
- peuplements jeunes pionniers.
364
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
Tendances évolutives
et menaces potentielles
Stabilité et pérennité des peuplements sur les barres rocheuses
et les pentes rocailleuses.
Progression sur les pelouses sous-pâturées, sur d’anciennes terrasses de culture, mais suivi ou accompagné du Chêne pubescent, du Pin noir…, avec le risque pour le Thurifère d’être peu à
peu éliminé.
Le pâturage passé a eu pour effet l’élimination des régénérations
de pins mais a contribué aussi à la dégradation des sols (ce qui
entraîne la limitation de la régénération de l’espèce).
Le développement des pins, du Chêne pubescent sur les régénérations et les peuplements constitués.
Le pâturage anarchique non contrôlé.
Les risques éventuels d’incendies.
Le tourisme ici est peu important et sans impact.
Potentialités intrinsèques de production
Nulle pour le Genévrier sur les stations primaires et secondaires.
Sur les stations secondaires, les potentialités forestières sont très
faibles. C’est surtout le pâturage qui peut avoir un intérêt sur les
zones colonisées.
Cadre de gestion
—› Diminution des risques d’incendies :
Démaquiser autour des formations denses d’individus âgés.
Ce nettoyage peut être associé à une valorisation du potentiel
pastoral des terrains concernés afin de pérenniser cette protection des thurifères en limitant le coût des opérations (par l’utilisation d’animaux pour maintenir le milieu ouvert).
—› Limitation de la concurrence d’autres essences sur certains
secteurs :
Intervention à limiter aux secteurs les plus intéressants, les plus
accessibles : débroussaillage et élimination des arbustes et
Chêne pubescents concurrents.
—› Un débroussaillage permettra ainsi d’allier deux objectifs :
protection contre les incendies, dégagement des thurifères d’une
concurrence arborée.
—› Étude et augmentation de la régénération du thurifère :
Des études sont nécessaires pour connaître les facteurs favorisant une régénération naturelle du thurifère.
Une régénération artificielle pourrait être alors envisageable par
plantation de jeunes thurifères dans des boisements peu denses
ou dans des secteurs ayant autrefois abrité le Genévrier thurifère.
Inventaires, expérimentations,
axes de recherche à développer
Études fines de la dynamique des populations de Thurifère,
Chêne pubescent et Pin noir ou sylvestre.
Études fines des conditions de régénération du Genévrier thurifère.
Bibliographie
Rappels de quelques caractères sensibles de l’habitat
ARCHILOQUE A., et al., 1970, 1974.
Incendies.
ARCHILOQUE A., et BOREL L., 1965.
BARBERO M., et al., 1972.
Dynamique des essences forestières sur de jeunes individus.
BARBERO M., et QUEZEL P., 1985, 1986.
Sensibilité de la régénération au pâturage.
BEAULIEU de J.-L., 1977.
BREISTROFFER M., 1936.
Modes de gestion recommandés
CHARRAS A., 1993.
Objectifs : préserver les populations existantes.
CHAS E., 1994.
Principes de gestion :
CLEU H., 1928.
Les stations primaires installées sur barres rocheuses et zones
rocailleuses pentues n’ont besoin apparemment d’aucune gestion.
Par contre, la conservation des stations secondaires demande
plus d’attention.
On ne pourra aller contre la dynamique naturelle systématiquement, notamment sur les espaces ouverts récemment abandonnés et en cours de colonisation.
Ainsi, ce sont les peuplements anciens remarquables bien installés qui feront en priorité l’objet d’intervention, le cas échéant
(ex. anciennes terrasses sur le vallon de Mollières).
365
COINCY A. de, 1897.
GAMISANS J., GRUBER M., 1980.
GUINIER E., 1929.
LAURENT L., 1933, 1934.
HAMMOUD A., 1986.
LATHUILLIERE L., 1994.
LENOBLE F., 1924.
OFFNER J., et BREISTROFFER M., 1948.
OZENDA P., 1966.
VERNET J.-L., 1980.
WIDMANN M., 1950.
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
(9560*
et 5210)
Peuplements de Genévrier thurifère
des Alpes internes
4
* Habitat prioritaire
CODE CORINE 42.A27 et 32.136
Caractères diagnostiques de l’habitat
Caractéristiques stationnelles
Types d’habitats présents en quelques sites dans les Alpes
internes à climat de type continental accentué (précipitations
faibles, amplitude thermique très forte) ; le site le plus remarquable est localisé à Saint-Crépin (Briançonnais).
Stations xérothermiques (chaudes et sèches) sur substrats
calcaires, sur fortes pentes en exposition sud ou ouest ou sur
replats (anciennes terrasses cultivées).
Occupe différentes situations qui seront détaillées ci-dessous (à
partir du site de Saint-Crépin, représentatif par son étendue et sa
diversité, site servant de réservoir à la colonisation d’espaces
pastoraux abandonnés des environs).
Variabilité
●
Variations selon les conditions géomorphopédologiques :
—› Stations primaires ➀ :
- falaises ou grandes barres rocheuses à maigre végétation avec
Thurifères très disséminés et courts (0,5 à 1,5 m) avec
l’Amélanchier (Amelanchier ovalis subsp. embergeri) et plus
rarement des Chênes pubescents rabougris ; dans les fissures
présence de la Lavande (Lavandula vera), des Globulaires
(Globularia cordifolia et G. punctata) ; touffes de Potentille à
tige (Potentilla caulescens) ;
- pentes fortes rocheuses, dalles et barres rocheuses, avec plus de
50 % de substrat rocheux ; Thurifère abondant atteignant 4-5 m ;
présence de l’Amelanchier (Amelanchier ovalis subsp. embergeri) ;
dalles rocheuses avec l’Orpin de Briançon (Sedum brigantiacum) ; pins présents (Pin noir et Pin sylvestre, sans avenir (?)).
—› Stations secondaires ➁ :
- éboulis en voie de stabilisation avec Calamagrostis argenté
(Achnatherum calamagrostis), Laser de France (Laserpitum gallicum), Argousier (Hippophae rhamnoides subsp. fluviatilis),
Sainfoin des rochers (Onobrychis saxatilis) ;
—› Matorrals :
y succède une pelouse à Lavande (Lavandula vera) et Armoise
blanche, aussi colonisée par individus dispersés ;
pelouses écorchées à Fétuque (Festuca marginata subsp. gallica), mosaïque de Graminées en touradons sur terre fine et graviers de couloirs à éboulis, constituant la zone la plus remarquable pour les peuplements de Genévriers ; colonisations par
les pins (peuplements mélangés : Thurifères – Pins) ;
pelouses fermées à Koélérie du Valais (Koeleria valesiana)
et Astragale (Astragalus vesicaria) :
- sur sols moyennement profonds, pelouse typique avec en plus
des deux espèces caractéristiques : l’Inule des montagnes (Inula
montana), Lin à feuilles ténues (Linum tenuifolium) ;
- sur sols profonds (anciennes terrasses de cultures)
avec le Stipe (Stipa capillata) ;
- dans ces deux cas le Thurifère s’installe et présente une croissance rapide… mais les Pins s’installent également…
ouverts) ; sinon individus dispersés (sur barre rocheuse ou sur
fruticées naines).
Peu de végétation accompagnatrice sur les barres rocheuses,
ou sur les pentes rocheuses.
Pelouses écorchées à Fétuque, Pelouses sur pentes rocailleuses à
Lavande et Astragale, pelouses denses sur anciennes terrasses de
culture dominée par Fétuque, Koélérie du Valais, Stipe penné.
Sur sols plus ou moins favorables entrée du Pin sylvestre
ou du Pin noir pouvant surcimer les Genévriers.
Espèces « indicatrices » du type d’habitat
➀
Genévrier thurifère
Lavande officinale
Amelanchier
Globulaire à feuilles cordées
Globulaire allongée
Potentille à tige
Orpin de Briançon
Orpin de Nice
Juniperus thurifera
Lavandula vera
Amelanchier ovalis subsp.
embergeri
Globularia cordifolia
Globularia punctata
Potentilla caulescens
Sedum brigantiacum
Sedum nicaense
➁
Pin sylvestre
Pin noir d’Autriche
Épine vinette
Genévrier commun
Armoise blanche
Hyssope officinale
Aristoloche pistolochia
Aspérule aristée
Astragale vésiculeux
Centaurée paniculée
Coronille minime
Echinops ritro
Fétuque marginée
Hélianthème des Apennins
Hélianthème d’Italie
Koélérie du Valais
Laser de Provence
Sainfoin des rochers
Ononis de Columna
Tunique saxifrage
Silène otités
Stipe penné
Germandrée des montagnes
Germandrée petit chêne
Dompte venin
Pinus sylvestris
Pinus nigra
Berberis vulgaris
Juniperus communis
Artemisia alba
Hyssopus officinalis
Aristolochia pistolochia
Asperula aristata
Astragalus vesicarius
Centaurea leucophaea
Coronilla minima
Echinops ritro
Festuca marginata subsp.
gallica
Helianthemum apenninum
Helianthemum italicum
Koeleria vallesiana
Laserpitium gallicum
Onobrychis saxatilis
Ononis pusilla
Petrorhagia saxifraga
Silene otites
Stipa pennata
Teucrium montanum
Teucrium chamaedrys
Vincetoxicum hirundinaria
Physionomie, structure
Confusions possibles avec d’autres habitats
Très variables selon les conditions présentées… peuplements les
plus denses apparaissant sur les pentes rocailleuses (mais restant
Pas de confusions possibles dans l’aire considérée (Alpes
internes).
366
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
Correspondances phytosociologiques
Répartition géographique
Peuplements de Thurifères des Alpes internes :
Briançonnais : Saint-Crépin, entre Saint-Crépin et Guillestre,
entre Saint-Clément et Montdauphin.
- stations primaires : association : Amelanchiero ovaliJuniperetum thuriferae ;
Alpes-de-Haute-Provence : Morgon à Blache de Donnadieu.
- stations secondaires : sous-associations juniperetosum
des différents types de pelouses.
Matorral : sous-association juniperetosum thuriferae des types
de pelouses tendant à être envahies.
Dynamique de la végétation
Spontanée
Implantation
des Pins
Quelques Pins rabougris
Peuplements
assez denses
Groupement
à Potentille
Pelouses
ouvertes
Pelouses en
touradons
Pâturage
Implantation du thurifère
Thuriféraie
de barre
rocheuse
Semences
Jeune
peuplement
= matorral
Implantation
du thurifière
Valeur écologique et biologique
Pelouses à
Koélérie et
Astragale
Très grand intérêt du Genévrier thurifère, espèce relictuelle.
Peuplements anciens remarquables par la forme, l’âge
et la densité des arbres.
Éboulis à
Calamagrostis
Présence possible d’espèces rares : Fraxinelle (Dictamnus
albus), Dianthus sylvestris, Telephium imperati, protégée au
niveau régional, Astragalus monspessulanus (espèce protégée
sur le plan national…).
Cultures
Liée à la gestion
Faune entomologique associée de grand intérêt.
Pas de gestion forestière.
Constitue des complexes d’habitats du plus grand intérêt sur les
plans paysager et écologique (offrant une grande diversité de
niches à la faune et à la flore).
Gestion pastorale : passage éventuel de moutons.
Habitats associés ou en contact
Complexes rupicoles :
- éboulis à Achnatheron calamagrostis, Laserpitium gallicum ;
- végétation de fentes de rochers à Potentilla caulescens
(UE : 8130) ;
- dalles rocheuses à Sedum brigantiacum (UE : 6120).
Complexes de pelouses :
- pelouses à Koeleria vallesiana et Astragalus vesicarius
(UE : 6270) ;
- pelouses à Lavandula vera et Artemisia alba (UE : 6270).
Complexes prairiaux :
- prairies de fauche fertilisées à Trisetum flavescens
(UE : 6520).
Complexes de fruticées :
- fruticées à Amélanchier ;
- fruticées à Hippophae rhamnoides subsp. Fluviatilis.
Divers états de l’habitat ;
états de conservation à privilégier
États à privilégier
Stations primaires.
Peuplements remarquables par la taille, l’âge, la forme.
Peuplements secondaires.
Matorral (peuplements jeunes, pionniers).
Tendances évolutives
et menaces potentielles
Complexes forestiers :
- pineraies sylvestres des Alpes internes ;
- plantations de Pin noir.
Stabilité et pérennité des peuplements sur les barres rocheuses
et les pentes rocailleuses.
367
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
Progression sur les pelouses soupâturées, sur d’anciennes
terrasses de culture, mais suivi ou accompagné des Pins (avec le
risque pour le Thurifère d’être peu à peu éliminé).
Empêcher l’installation de nouvelles pousses par passages réguliers pour les éliminer : bien cibler ce genre d’actions sur les
zones les plus intéressantes (intérêt d’une cartographie).
Le pâturage a eu pour effet l’élimination des régénérations de
pins mais aussi a contribué à la dégradation des sols (ce qui
entraîne la limitation de la régénération de l’espèce).
Pâturage éventuellement mais avec précautions car effet négatif
sur la régénération du thurifère).
Le développement des Pins sur le matorral et les peuplements
constitués.
Le pâturage non contrôlé.
Les risques éventuels d’incendies.
Le tourisme ici est peu important et sans impact.
—› Favoriser la régénération naturelle et le renouvellement
du peuplement
Étant donnée l’absence d’éléments vraiment pertinents concernant ce problème, une étude précise du phénomène est nécessaire avant toute chose.
—› Prévenir les risques d’incendies.
Par le maintien d’une structure arborée ouverte.
Potentialités intrinsèques de production
Par la mise en place d’un réseau de panneaux explicatifs sur les
risques existants.
Nulle pour les peuplements de Genévrier.
Pins ne représentant pas une ressource véritable compte tenu
des conditions de milieu.
Éventuelle valorisation pastorale des stations secondaires.
Inventaires, expérimentations,
axes de recherche à développer
Mise en défens contre les animaux (mise en place de placettes
expérimentales).
Cadre de gestion
Sex ratio, recherche de semenciers.
Rôle et impact des insectes ravageurs des galbules.
« Il y a intérêt à conserver la plus importante des stations de
Genévrier thurifère de France, c’est-à-dire celle de SaintCrépin, à éviter la destruction du peuplement existant et, si possible, à en assurer la pérennité et le renouvellement par la régénération naturelle. C’est une relique, un monument historique ».
Guinier, E. 1932.
Comportement du Genévrier thurifère vis-à-vis du feu (combustibilité, inflammabilité).
Rappels de quelques caractères sensibles de l’habitat
Étude dendroécologique (établie sur la population pyrénéenne de
Rié) à étendre aux populations des Alpes, Espagne, Moyen Atlas.
Incendies sur les stations isolées.
Compétition des Pins noirs et sylvestres.
Rôle du couvert végétal dans la régénération, étude fine
des conditions de régénération.
Estimation de la vitesse de propagation des pins, vitesse de colonisation des pelouses par les thurifères…
Sensibilisation à la conservation : historique de l’espèce,
des activités humaines de la région, intérêt paysager…
Modes de gestion recommandés
Objectif : maintien « en l’état » de la thuriféraie.
Principal problème : ce n’est pas l’espèce en elle-même, qui
se maintient, mais plus la dynamique de végétation en général.
Bibliographie
ARCHILOQUE A., et BOREL L., 1965.
Sa conservation demande du temps et de l’argent : il faut donc
bien cibler et les actions et leurs conditions de réussite.
BARBERO M., et QUEZEL P., 1986.
Stations primaires : installées sur barres rocheuses ou zones
rocailleuses, elles n’ont a priori besoin d’aucune gestion particulière.
BREISTROFFER M., 1936.
Stations secondaires : on ne pourra aller contre la dynamique
naturelle systématiquement, notamment sur les espaces ouverts
récemment abandonnés et en cours de colonisation.
Ainsi, ce sont les peuplements anciens remarquables bien installés qui feront en priorité l’objet d’intervention, le cas échéant
(ex. Saint-Crépin) :
—› limiter fortement voire éradiquer la progression du Pin noir
et du Pin sylvestre (notamment dans les zones sensibles).
Il ne faut pas attendre pour cela que la situation soit irréversible :
couper tous les arbres est techniquement (et financièrement)
irréalisable, voire constitue une erreur vis-à-vis de la protection
des sols du versant.
BRAUN-BLANQUET J., 1961.
GUINIER E., 1929, 1931.
LATHUILLERE L., 1994.
LAURENT L., 1933, 1934.
LENOBLE F., 1924.
MEYER D., 1981.
OFFNER J., et BREISTROFFER M., 1948.
OZENDA P., 1966
PRAT H., 1940.
REVOL L., 1937.
VERNET J.-L., 1980.
VIDAL L., 1897.
WIDMANN M., 1950.
368
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
Peuplements de Genévrier thurifère
alpins du montagnard sous influences
méditerranéennes
Caractères diagnostiques de l’habitat
Cytise à feuilles sessiles
Caractéristiques stationnelles
Types d’habitats se rencontrant à l’étage montagnard sous
influence méridionale marquée entre 1 300 m 1 600 m avec une
grande richesse en espèces supraméditerranéennes.
Coprésence du Genévrier thurifère et de Genévrier hémisphérique (ou de la forme intermédiaire entre le Genévrier commun
et le Genévrier nain).
Présent sur les barres rocheuses, les pentes fortes rocailleuses
(stations primaires) et sur des sols moyennement Profonds
et riches en cailloux (stations secondaires).
S’observe surtout sur substrat calcaire mais présent sur silice
en vallée de la Tinée.
Lithosols ou rankers dans les stations primaires.
Sols Bruns calciques, rendzines ou sols bruns acides dans
les stations secondaires.
Variabilité
●
Variations selon le substrat :
- sur calcaire dans de nombreux sites ;
- sur silice dans les Alpes-Maritimes.
●
Variations selon le statut :
Stations primaires :
- sur barres rocheuses, le thurifère est installé dans les fentes de
rochers, avec des formes torturées ; avec l’Amelanchier
(Amelanchier ovalis subsp. embergeri), le Nerprun des rochers
(Rhamnus saxatilis), le Daphne des Alpes (Daphne alpina)… ;
- sur pentes fortes où les affleurements rocheux et les éboulis
couvrent plus de 50 % de la surface du sol, souvent avec le
Genévrier « hémisphérique ».
Genévrier hémisphérique
Nerprun des rochers
Anthyllis des montagnes
Joubarbe des calcaires
Daphné des Alpes
(9560*
et 5210)
5
* Habitat prioritaire
CODE CORINE 42.A27 et 32.136
Cytisus sessilifolius subsp.
prostratus
Juniperus hemisphaerica (*)
Rhamnus saxatilis
Anthyllis montana
Sempervivum calcareum
Daphne alpina var.
villosissima
Astragale toujours verte
Églantier des montagnes
Épervière
Nerprun des Alpes
Épipactis à fleurs pourpres
Alisier blanc
Koélérie du Valais
Lavande officinale
Thym commun
Genêt cendré
Carline à feuilles d’Acanthe
Lin à feuilles de Salsola
Fumana prostré
Pigamon fétide
Genêt pileux
Orpin vert-jaunâtre
Helianthème alpestre
Astragalus sempervirens
Rosa montana
Hieracium pamphilei
Rhamnus alpina
Epipactis atrorubens
Sorbus aria
Koeleria vallesiana
Lavandula vera
Thymus vulgaris
Genista cinerea
Carlina acanthifolia
Linum salsoloides
Fumana procumbens
Thalictrum foetidum
Genista pilosa
Sedum ochroleucum
Helianthemum oelandicum
subsp. alpestre
Astragale de Montpellier
Astragalus monspessulanus
subsp. alpinus
Avoine toujours verte
Ononis du mont Cenis
Aster des Alpes
Brome dressé
Silène penchée
Helictotrichon sempervirens
Ononis cristata
Aster alpinus
Bromus erectus
Silene nutans
Stations secondaires :
- sols peu épais avec pelouses écorchées.
Confusions possibles avec d’autres habitats
Avec les habitats du supraméditerranéens.
Physionomie, structure
Très variables selon les conditions présentées :
- peuplements les plus denses apparaissant sur les pentes
rocailleuses (mais restant ouverts) ; avec Cytisus sessilifolius
var. prostratus, Rosa pimpinellifolia, Rhamnus saxatilis ;
- individus dispersés sur barres rocheuses ou pour les matorrals
d’installation récente ;
- peuplements où le Pin sylvestre peut être présent.
Espèces « indicatrices » du type d’habitat
Genévrier thurifère
Amelanchier
Juniperus thurifera
Amelanchier ovalis subsp.
embergeri
Églantier très épineux
Rosa pimpinellifollia
Correspondances phytosociologiques
Peuplements de Juniperus thurifera alpins du montagnard
sous influences méditerranéennes :
- association sur barre rocheuse : Amelanchiero ovaliJuniperetum thuriferae ;
- association sur pentes rocailleuses : Juniperetum hemisphaerico-thuriferae ;
- sous-associations de divers groupements de pelouses
ou de fruticées en stations secondaires.
(*) Certains auteurs ne reconnaissent pas cette espèce et considèrent les populations
concernées comme intermédiaires entre celles de Juniperus communis et J. nana.
369
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
Dynamique de la végétation
Spontanée
Quelques pins
rachitiques
Peuplements d’une
certaine densité
Implantation
du Pin sylvestre
Implantation des
arbustes et
du Thurifère
Peuplements
avec Thurifère
Thuriféraie de
barre rocheuse
Fruticées
diverses
Pelouses écorchées à Anthyllis montana,
à Helictotrichon sempervirens,
à Astragalus sempervirens
Groupements de
fentes de rochers,
de dalles
Éboulis discontinus,
rocailles,
sols peu épais
Pelouses plus fermées à Bromus
erectus, Koeleria
vallesiana
Liée à la gestion
Pas de gestion forestière.
Valeur écologique et biologique
Très grand intérêt du Genévrier thurifère, espèce relictuelle.
Peuplements anciens remarquables par la forme, l’âge et la densité.
Présence possible d’espèces rares.
Faune entomologique associée de grand intérêt.
Constitue des complexes d’habitats du plus grand intérêt sur
les plans paysager et écologique (offrant une grande diversité
de niches à la faune et à la flore).
Très peu de gestion des peuplements de chêne pubescent.
Habitats associés ou en contact
Complexes rupicoles :
- éboulis calcicoles (UE : 8130) ou siliceux (UE : 8120) ;
- végétation de fentes de rochers calcaires (UE : 8210)
ou siliceux (UE : 8220) ;
- dalles rocheuses calcaires (UE : 6120).
Complexes de pelouses :
- pelouses écorchées à Anthyllis montana ou à Astragalus
sempervirens ;
- pelouses à Helictotrichon sempervirens ;
- pelouses à Sesleria albicans (UE : 6170).
Complexes de fruticées :
- fruticées à Amélanchier et Nerprun.
Complexes forestiers :
- bois de Pin sylvestre ;
- chênaies pubescentes inférieures ;
- hêtraies sous les autres expositions.
Répartition géographique
Drôme :
- Saou (entre la Porte-de-Barry et Trois-Becs) ;
- vallée du Bès, pic de l’Aiguille.
Alpes-de-Haute-Provence :
- Thorame haute (la Royère) ;
- vallée de la Galère entre Saint-Pierre-de-Beaujeu et Mariaud ;
- Peyrescq - Lourradon ;
- Peyrescq, au-dessus du village.
Divers états de l’habitat ;
états de conservation à privilégier
États à privilégier :
Stations primaires.
Peuplements remarquables par la taille, l’âge, la forme.
Peuplements secondaires.
Peuplements jeunes pionniers.
●
Tendances évolutives
et menaces potentielles
Stabilité et pérennité des peuplements sur les barres rocheuses
et les pentes rocailleuses.
Progression sur les pelouses, suivi du Pin sylvestre (pérennité
à moyen terme ?).
Le développement du Pin sylvestre sur les jeunes peuplements
constitués.
Les risques éventuels d’incendies.
Potentialités intrinsèques de production
Nulle pour le Genévrier sur les stations primaires et secondaires.
Sur les stations secondaires, les potentialités forestières sont très
faibles. C’est surtout le pâturage qui peut avoir un intérêt sur les
zones colonisées.
370
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
Cadre de gestion
Une régénération artificielle pourrait être alors envisageable par
plantation de jeunes thurifères dans des boisements peu denses
ou dans des secteurs ayant autrefois abrité le Genévrier
thurifère.
Rappels de quelques caractères sensibles de l’habitat
Incendies.
Dynamique des essences forestières sur de jeunes individus.
Inventaires, expérimentations,
axes de recherche à développer
Sensibilité de la régénération au pâturage.
Modes de gestion recommandés
Objectifs : préserver les populations existantes.
Études fines de la dynamique des populations de Thurifère,
Chêne pubescent et Pin noir ou sylvestre.
Principes de gestion :
Études fines des conditions de régénération du Genévrier thurifère.
Les stations primaires installées sur barres rocheuses et zones
rocailleuses pentues n’ont besoin apparemment d’aucune gestion.
Par contre, la conservation des stations secondaires demande
plus d’attention.
On ne pourra aller contre la dynamique naturelle systématiquement, notamment sur les espaces ouverts récemment abandonnés
et en cours de colonisation.
Ainsi, ce sont les peuplements anciens remarquables bien installés
qui feront en priorité l’objet d’intervention, le cas échéant.
Bibliographie
ARCHILOQUE A., et al., 1970, 1974.
ARCHILOQUE A., et BOREL L., 1965.
BARBERO M., et al., 1972, 1988.
BARBERO M., et QUEZEL P., 1985, 1986.
BEAULIEU de J.-L., 1977.
BOREL A., POLIDORI J.-L., 1983, 1986.
—› Diminution des risques d’incendies :
BREISTROFFER M., 1936.
Démaquiser autour des formations denses d’individus âgés.
CHARRAS A., 1993.
Ce nettoyage peut être associé à une valorisation du potentiel
pastoral des terrains concernés afin de pérenniser cette
protection des thurifères en limitant le coût des opérations (par
l’utilisation d’animaux pour maintenir le milieu ouvert).
—› Limitation de la concurrence du Pin sylvestre sur certains
secteurs :
Intervention à limiter aux secteurs les plus intéressants, les plus
accessibles : débroussaillage et élimination des arbustes et Pin
sylvestre concurrents.
CHAS E., 1994.
CLEU H., 1928.
COINCY A. de, 1897.
GAMISANS J., GRUBER M., 1980.
GUINIER E., 1929.
LAURENT L., 1933.
HAMMOUD A., 1986.
LATHUILLIERE L., 1994.
Un débroussaillage permettra ainsi d’allier deux objectifs :
protection contre les incendies, dégagement des thurifères d’une
concurrence arborée.
LAURENT L., 1934.
—› Étude et augmentation de la régénération du thurifère :
OZENDA P., 1966.
Des études sont nécessaires pour connaître les facteurs favorisant une régénération naturelle du thurifère.
VERNET J.-L., 1980.
371
LENOBLE F., 1924.
OFFNER J., et BREISTROFFER M., 1948.
WIDMANN M., 1950.
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
(9560*
et 5210)
Peuplements supraméditerranéens
corses de Genévrier thurifère
6
* Habitat prioritaire
CODE CORINE 42.A27 et 32.136
Caractères diagnostiques de l’habitat
- strate herbacée présente sur zones pâturées (couverture de
20-50 %) où dominent la Laîche caryophyllée avec la Flouve
odorante, la Carline en corymbe, l’Agrostis de Castille…
Caractéristiques stationnelles
Type d’habitat installé en quelques points du mésoméditerranéen supérieur et de l’étage supraméditerranéen dans et autour
du massif du Niolu (en adret de 800 m-1 000 m à 1 200 m1 350 m).
Secteur protégé des influences maritimes, aux hivers froids et
étés chauds.
Peuplements de Thurifères quasi purs ou mélangés avec le
Genévrier oxycèdre.
Grande variabilité des conditions écologiques (cf. ci-dessous).
Sols développés sur des altérites d’origine variée, allant de la
fente dans le rocher jusqu’à des sols moyennement profonds à
charge caillouteuse importante.
Sols plus profonds parfois sur d’anciennes terrasses de cultures.
Sols bruns acides ou bruns lessivés en général, ranker ou lithosols pour les sols les plus superficiels.
Variabilité
●
Variations géographiques :
Stations primaires : sur barres rocheuses, fortes pentes :
- Thurifères installés dans les fentes de rochers, présentant des
formes torturées (atteignant 6 m de hauteur), avec Oxycèdre
possible sur pente forte où la roche et les blocs occupent au
moins 50 % de la surface : peuplements de Thurifère plus
denses, avec des arbres espacés de 7 m-10 m ; port de Cyprès
(des pentes très fortes et très pierreuses peuvent être colonisées
par l’Oxycèdre ; ou par un mélange entre les deux Genévriers) ;
- groupements plus mésophiles, à Juniperus thurifera et Acer
monspessulanum, sur des sols plus évolués.
Stations secondaires :
- sols assez profonds d’anciennes zones pâturées avec fruticées
naines à Immortelle d’Italie et Genêt de Salzmann avec quelques
Thurifères et parfois Oxycèdres et Thurifères évoluant vers des
matorrals ;
- vieux peuplements de Thurifères envahis par le Pin laricio,
avec baisse de la vigueur chez le Thurifère ;
- peuplements de Pin Laricio avec Thurifères surcimés et dépérissants (ou morts) ; parfois présence de jeunes thurifères dans
les trouées ;
- peuplements clairs avec Chêne pubescent et Châtaignier.
Espèces « indicatrices » du type d’habitat
Genévrier thurifère
Pin laricio
Juniperus thurifera
Pinus nigra subsp.
laricio var. corsicana
Immortelle d’Italie
Helichrysum italicum
subsp. italicum
Genévrier oxycèdre
Juniperus oxycedrus subsp.
oxycedrus
Genêt de Salzmann
Herbe aux chats
Bruyère arborescente
Anthyllide faux Hermannia
Thym de Corse
Ciste à feuilles de sauge
Ciste de Crête
Asphodèle porte cerise
Crepis à feuilles de Pâquerette
Carline en corymbe
Genista lobelii var. salzmannii
Teucrium marum
Erica arborea
Anthyllis hermanniae
Thymus herba-barona
Cistus salviifolius
Cistus creticus
Asphodelus ramosus
Crepis bellidifolia
Carlina corymbosa
Espèces présentes sur sols constitués
Fausse pâquerette
Bellium bellidioides
Laîche cariophyllée
Carex caryophyllea
Agrostis de Castille
Agrostis castellana
Crételle
Cynosurus cristatus
Flouve odorante
Anthoxanthum odoratum
Gaillet de Corse
Galium corsicum
Héllébore de Corse
Helleborus lividus subsp.
corsicus
Jasione des montagnes
Fétuque rouge
Jasione montana
Festuca rubra subsp. rubra
Confusions possibles avec d’autres habitats
Avec les stations montagnardes où la fruticée héberge le
Genévrier nain, l’Épine vinette de l’Etna, le Genêt faux-lobel et
le Thym corse.
Physionomie, structure
Très variables selon les conditions présentées…, les peuplements les plus denses apparaissant sur les pentes rocailleuses
(mais restant ouverts), sinon individus dispersés (sur banc
rocheux ou sur fruticées naines).
Dans ses différentes situations, le Genévrier est le plus souvent
accompagné par des espèces de la fruticée naine à Immortelle
d’Italie et Genêt de Salzmann :
- fruticée de 20 cm à 1 m ;
- recouvrement très variable selon les conditions de sols ;
- espèces dominantes : Genêt de Salzmann, Bruyère arborescente,
Anthyllide faux Hermannia, Ciste de Crête et à feuilles de
Sauge ;
372
Correspondances phytosociologiques
Junipéraie à Juniperus thurifera de Corse au supraméditerranéen ; association : Helichryso italici-Genistetum salzmannii ;
Stachydi-Genistetum ; sous-association : juniperetosum
thuriferae.
Fruticées basses de la Corse ; alliance : Anthillidion hermanniae (cl. des Carlinetea macrocephalae).
Pour les peuplements avec le Laricio : association : Galio rotundifolii-Pinetum laricionis ; sous-association : ericetosum arboreae, faciès à Juniperus thurifera.
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
Dynamique de la végétation
Spontanée
• Régénération sur les barres rocheuses dans les fentes de
rochers, là où la matière organique et de la terre fine ont
pu s’installer.
• Régénération sur les pentes rocailleuses.
Sur sols plus ou moins profonds :
Peuplements de Laricio
Implantation de Laricio
Installation sous
peuplements clairs
de Chênes, Châtaigniers
Régénération dans les
trouées de la pinède
Implantation du Genévrier thurifère
avec parfois l'Oxycèdre
Fruticées naines à Helichrysum italicum
et Genista salzmannii
Parfois anciennes
terrasses cultivées
Mort lente
du Genévrier
A peu près stable sur
pentes très rocailleuses
Maquis à Bruyère
Pelouses à Carex caryophyllea
Répartition géographique
Liées à la gestion
Stations secondaires :
- pas de gestion apparente de ces divers milieux ;
- dérive de la destruction ancienne des forêts caducifoliées
pour les stations secondaires ;
- puis pâturage, puis parfois mise en culture et enfin déprise ;
- milieux parfois parcourus par les incendies.
Nota : le potentiel de semence d’origine de la recolonisation des
espaces en déprise provient des stations primaires installées sur
substrats rocheux —› colonisation des fruticées naines.
Habitats associés ou en contact
Complexes forestiers :
- lambeaux de Chênaies caducifoliées ;
- peuplements de Pin Laricio (UE : 9530) ;
- yeuseraies à Houx (UE : 9340) ;
- hêtraies.
Complexe de fruticées et maquis :
- fruticées naines à Helychrysum italicum et Genêt de Salzmann ;
- maquis à Erica arborea ;
- fruticées à Prunus spinosa, Rubus ulmifolius.
Complexes des pelouses :
- pelouses à Carex caryophyllea et Trifolium campestre ;
- pelouses sur sols temporairement humides à Juncus capitatus
et Morisia monanthos (UE : 6430).
Complexes rupicoles :
- végétation de fentes de rochers à Sedum dasyphyllum
et Dianthus godronianus (UE : 8220) ;
- végétation des dalles rocheuses.
373
Corse.
région du Niolu.
Vallée d’Asco.
Tartagine (quelques pieds connus, des recherches à poursuivre).
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
Valeur écologique et biologique
la conservation de cette espèce en Corse.
Grand intérêt du Genévrier thurifère, espèce rare en France et
en Corse, espèce par ailleurs relictuelle.
Principes de gestion :
Les stations primaires installées sur barres rocheuses et zones
rocailleuses pentues n’ont besoin apparemment d’aucune gestion.
Stations primaires du plus haut intérêt ainsi que les peuplements
à individus remarquables des stations secondaires.
Présence des complexes d’habitats du plus grand intérêt par la
diversité des niches offertes aux espèces végétales et animales.
Peuplements servant de zones d’alimentation pour les Chocards à
bec jaune, les Grives draines, les Perdrix rouges, les Merles noirs…
Divers états de l’habitat ;
états de conservation à privilégier
États à privilégier
Peuplements de barres rocheuses et des pentes rocailleuses.
Peuplements clairs avec un nombre conséquent d’individus
(matorrals).
Protection des petites populations.
Tendances évolutives
et menaces potentielles
Peuplements des stations primaires stables.
Certains peuplements installés sur pentes rocailleuses peuvent
être menacés par des incendies.
Matorrals : type d’habitat dynamique tendant d’une part à
s’étendre sur les fruticées naines en progression avec la forte
déprise agricole mais d’autre part peu à peu surcimés ou menacés de l’être par le Pin laricio, ou alors évoluant vers une
« forêt » de Genévriers.
Par contre, la protection des stations secondaires repose
sur quelques principes de gestion appropriés.
On ne pourra aller contre la dynamique naturelle systématiquement, notamment sur les espaces ouverts récemment abandonnés
et en cours de colonisation.
Ainsi, ce sont les peuplements anciens remarquables bien installés qui feront en priorité l’objet d’intervention, le cas échéant.
—› Diminution des risques d’incendies :
Démaquiser autour des formations denses d’individus âgés.
Ce nettoyage peut être associé à une valorisation du potentiel
pastoral des terrains concernés afin de pérenniser cette protection des thurifères en limitant le coût des opérations (par l’utilisation d’animaux pour maintenir le milieu ouvert).
—› Limitation de la colonisation du Pin laricio sur certains secteurs :
Sur les stations secondaires, la colonisation du Pin risque de
menacer à long terme les thurifères : éliminer les semenciers
autour et dans ces stations, couper les petits Pin laricio envahissants les boisements du thurifère.
Ces interventions seront fonction de la densité de thurifères et
des potentialités pour l’installation du Pin laricio à partir des
zones annexes.
—› Étude et augmentation de la régénération du thurifère :
Des études sont nécessaires pour connaître les facteurs favorisant une régénération naturelle du thurifère.
Une régénération artificielle pourrait être alors envisageable par
plantation de jeunes thurifères dans des boisements peu denses
ou dans des secteurs ayant autrefois abrité le Genévrier thurifère.
Menaces :
- la dynamique des essences forestières sur de jeunes individus
(en matorral) ;
- les incendies.
Inventaires, expérimentations,
axes de recherche à développer
Nota : a souffert par le passé de son exploitation par l’homme :
petites charpentes, piquets de clôture...
Quantification des conséquences de la gestion mise en place.
Potentialités intrinsèques de production
Études fines phytoécologiques pour définir la variabilité écologique et des cortèges floristiques de ces matorrals et des stations
primaires.
Nulle pour le Genévrier sur les stations primaires et secondaires.
Sur les stations secondaires, les potentialités forestières sont très
faibles. C’est surtout le pâturage qui peut avoir un intérêt sur les
zones colonisées.
Cadre de gestion
Rappels de quelques caractères sensibles de l’habitat
Incendies.
Dynamique des essences forestières sur de jeunes individus.
Mise en évidence du développement de pathologie éventuel.
Suivi des régénérations sur les stations primaires.
Inventaire complet des sites primaires.
Conservation ex situ pour reconstitution après incendie
éventuel.
Estimation de la vitesse de propagation des pins, vitesse
de colonisation des pelouses par les thurifères…
Étude dendroécologique (établie sur la population pyrénéenne
de Rié) à étendre aux populations des Alpes, de Corse ; Espagne,
Moyen Atlas.
Sensibilisation à la conservation : historique de l’espèce,
des activités humaines de la région, intérêt paysager…
Sensibilité de la régénération au pâturage.
Modes de gestion recommandés
Bibliographie
Objectifs :
- préserver les populations existantes ;
- par endroits, augmenter le nombre d’individus pour assurer
CONRAD M., 1986.
ESCAREL G., 1952.
374
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
GAMISANS J., 1978, 1999.
LIFE, 1998
GAMISANS J., et al., 1994.
LITARDIERE R. de, 1956.
GAMISANS J., et GRUBER M., 1979.
OFFNER J., BREISTROFFER M., 1949.
GRISON P., 1980.
PETIT A., 1995.
JENOT F., 1993.
SIMI P., et GRISON P., 1980.
375
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
Peuplements montagnards corses
de Genévrier thurifère
(9560*
et 5210)
7
* Habitat prioritaire
CODE CORINE 42.A27 et 32.136
Caractères diagnostiques de l’habitat
Genévrier nain
Caractéristiques stationnelles
Épine vinette de l’Etna
Genêt faux-lobel
Type d’habitats installés en quelques points de l’étage montagnard sous influence méridionale dans et autour du massif du
Niolu (en adret au-dessus de 1 350 m).
Grande variabilité des conditions écologiques (cf. ci-dessous).
Sols développés sur des altérites d’origine variée, allant de
la fente dans le rocher jusqu’à des sols moyennement Profonds
à charge caillouteuse importante.
Sols plus profonds parfois sur d’anciennes terrasses de culture.
Anthyllide faux Hermannia
Thym corse
Astragale du Gennargentis
Anthyllis hermanniae
Thymus herba-barona
Astragalus sirinicus subsp.
gennargenteus
Potentille des rochers
Potentilla rupestris var.
pygmaea
Saponaire en cyme
Sols bruns acides ou bruns lessivés en général.
Ranker ou lithosol pour les sols les plus superficiels.
Variabilité
●
Juniperus communis subsp.
alpina
Berberis aetnensis
Genista lobelii var.
lobelioides
Variations géographiques :
Stations primaires :
- sur barres rocheuses, sur corniches : Thurifères installés dans
les fentes de rochers, présentant des formes torturées (atteignant
6 m de hauteur) ; Oxycèdre très rare ;
- sur pente forte où la roche et les blocs occupent au moins 70 %
de la surface : peuplements de Thurifère plus denses, avec des
arbres cependant espacés ; port de Cyprès ;
- présence d’éléments de la fruticée naine à Thym corse (Thymus
herba-barona) et Genêt faux-lobel (Genista lobelii var. lobelioides).
Stations secondaires :
- anciennes zones pâturées avec fruticées naines à Genévrier
nain (Juniperus communis subsp. alpina) et Épine vinette de
l’Etna (Berberis aetnensis) avec quelques Thurifères —› matorrals ;
- vieux peuplements de Thurifère envahis par le Pin laricio, avec
baisse de la vigueur chez le Thurifère ;
- peuplements de Pin laricio avec Thurifère surcimés et dépérissants
(ou morts) ; parfois présence de jeunes thurifères dans les trouées.
Saponaria ocymoides subsp.
alsinoides
Petrorhagia des rochers
Petrorhagia saxifraga
Crépis à feuilles de pâquerettes Crepis bellidofolia
Fausse pâquerette
Bellium bellidioides
Carline à grosse tête
Carlina macrocephala
Agrostis de Castille
Agrostis castellana
Laîche caryophyllée
Carex caryophyllea
Barbarée des rochers
Barbarea rupicola
Lotier corniculé
Lotus corniculatus
Brachypode penné rupestre Brachypodium pinnatum
subsp. rupestre
Canche flexueuse
Céraiste
Épiaire corse
Gaillet corse
Flouve odorante
Cynosure hérissé
Hellébore corse
Deschampsia flexuosa
Cerastium soleirolii
Stachys corsica
Galium corsicum
Anthoxanthum odoratum
Cynosurus echinatus
Helleborus lividus subsp.
corsicus
Potentille à petites fleurs
Véronique officinale
Potentilla micrantha
Veronica officinalis
Confusions possibles avec d’autres habitats
Physionomie, structure
Très variables selon les conditions présentées… peuplements les
plus denses apparaissant sur des pentes rocailleuses (mais restant ouverts), sinon individus dispersés (sur barres rocheuses ou
sur fruticées naines).
Dans ses différentes situations, le Genévrier est le plus souvent
accompagné par les espèces des fruticées naines :
- sur sols rocailleux : Thym corse, Genêt faux lobel ;
- sur sols plus profonds : Genévrier nain, Épine vinette de l’Etna.
Avec les stations supraméditerranéennes où la fruticée héberge
l’Immortelle d’Italie et le Genêt de Salzmann…
Correspondances phytosociologiques
Peuplements de Juniperus thurifera de Corse au montagnard.
Dans ce dernier cas apparaissent des espèces herbacées :
Potentille à petites fleurs, Gaillet corse, Brachypode rupestre,
Agrostis de Castille, Laîche caryophyllée…
Du fait de la permanence, en dehors des peuplements de Pin laricio d’éléments plus ou moins nombreux de la fruticée naine :
- cas des stations primaires ou secondaires sur sols rocailleux ;
association : Thymo herba-baroneae-Genistetum lobelioidis ;
sous-association : juniperetosum thuriferae ;
Espèces « indicatrices » du type d’habitat
- cas des stations secondaires sur sols meilleurs ; association :
Berberido aetnensae-Genistetum lobelioidis ; sous-association :
juniperetosum thuriferae.
(Pin laricio)
Genévrier thurifère
(Pinus nigra subsp. laricio
var. corsicana)
Juniperus thurifera
Pour les peuplements avec le Laricio : association : Galio rotundifolii-Pinetum laricionis ; sous-association : anthyllidetosum
hermannianae, faciès à Juniperus thurifera.
376
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
Dynamique de la végétation
Répartition géographique
Spontanée
Massif du Niolu.
Tartagine (quelques pieds connus, des recherches à poursuivre).
Semences
- Régénération sur les barres rocheuses dans
les fentes de rochers, là où la matière organique et de la terre fine ont pu s’installer.
- Régénération sur les zones rocailleuses
Sur sols peu
épais rocailleux
Implantation
du Genévrier
thurifère
Sur sols
moins érodés
Peuplement
de Laricio
avec Genévriers
dépérissants
Peuplements
à peu près
stables
Installation du
Genévrier puis
du Pin laricio
Fruticées naines à
Thym corse
Fruticées naines à
Berberis aetnensis
Éléments de
pelouses à Sagina
pilifera et Carex
caryophylla
Pelouses à
Anthoxanthum et
Brachypode
rupestre
Valeur écologique et biologique
Grand intérêt du Genévrier thurifère, espèce rare en France et en
Corse, espèce par ailleurs relictuelle.
Liées à la gestion
Stations secondaires :
- pas de gestion apparente de ces milieux ;
- stations secondaires dérivant de la destruction ancienne
des forêts ; puis mise en culture ou pâturage, puis abandon ;
- milieux parfois parcourus par des incendies.
Nota : le potentiel de semence d’origine de la recolonisation des
espaces en déprise provient des stations primaires installées sur
substrats rocheux —› colonisation des fruticées naines.
Habitats associés ou en contact
Stations primaires du plus haut intérêt ainsi que les peuplements
à individus remarquables des stations secondaires.
Présence des complexes d’habitats du plus grand intérêt par la
diversité des niches offertes aux espèces végétales et animales.
Peuplements servant de zones d’alimentation pour les Chocards à
bec jaune, les Grives draines, les Perdrix rouges, les Merles noirs…
Divers états de l’habitat ;
états de conservation à privilégier
États à privilégier
Peuplements de barres rocheuses et des pentes rocailleuses.
Complexes forestiers :
- forêts de Pin laricio (9530*) ;
- de Pin laricio et de Hêtre (9530*) ;
- hêtraies (9530*) ;
- lambeaux de Yeuseraies à Houx (UE : 9340).
Peuplements clairs avec un nombre conséquent d’individus
(matorrals).
Protection des petites populations.
Complexe de fruticées naines :
- fruticées naines à Berberis aetnensis et Juniperus communis
subsp. alpina ;
- fruticées naines à Thymus herba-barona et Genista lobelii var.
lobelioides.
Complexes des pelouses :
- pelouse à Carex caryophyllea et Sagina pilifera ;
- pelouse à Anthoxanthum odoratum et Brachypodium pinnatum ;
Complexes rupicoles :
- éboulis à Arrhenatherum elatius subsp. sardoum (UE : 8150) ;
- végétation de fentes de rochers à Armeria leucocephala et
Potentilla crassinervia (UE : 8220) ;
- végétation de dalles rocheuses (UE : 8230).
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Tendances évolutives
et menaces potentielles
Peuplements des stations primaires stables.
Certains peuplements installés sur pentes rocailleuses peuvent
être menacés par des incendies.
Matorrals : type d’habitat dynamique tendant d’une part à
s’étendre sur les fruticées naines en progression avec la forte
déprise agricole mais d’autre part peu à peu surcimés ou menacés de l’être par le Pin laricio, ou alors évoluant vers une
« forêt » de Genévriers.
* Forêts endémiques à Juniperus spp. (9560*) ou Matorrals arborescents à Juniperus spp. (5210) (Peuplements de Genévrier thurifère)
La dynamique des essences forestières sur de jeunes individus
(en matorral).
Les incendies.
Nota : a souffert par le passé de son exploitation par l’homme :
petites charpentes, piquets de clôture ...
sants les boisements du thurifère.
Ces interventions seront fonction de la densité de thurifères et
des potentialités pour l’installation du Pin laricio à partir des
zones annexes.
—› Étude et augmentation de la régénération du Thurifère :
Des études sont nécessaires pour connaître les facteurs favorisant une régénération naturelle du thurifère.
Potentialités intrinsèques de production
Nulle pour le Genévrier sur les stations primaires et secondaires.
Sur les stations secondaires, les potentialités forestières sont très
faibles. C’est surtout le pâturage qui peut avoir un intérêt sur les
zones colonisées.
Cadre de gestion
Une régénération artificielle pourrait être alors envisageable par
plantation de jeunes thurifères dans des boisements peu denses
ou dans des secteurs ayant autrefois abrité le Genévrier thurifère.
Inventaires, expérimentations,
axes de recherche à développer
Quantification des conséquences de la gestion mise en place.
Mise en évidence du développement de pathologie éventuel.
Rappels de quelques caractères sensibles de l’habitat
Incendies.
Dynamique des essences forestières sur de jeunes individus.
Sensibilité de la régénération au pâturage.
Modes de gestion recommandés
Objectifs :
- préserver les populations existantes ;
- par endroits, augmenter le nombre d’individus pour assurer
la conservation de cette espèce en Corse.
Principes de gestion :
Les stations primaires installées sur barres rocheuses et zones
rocailleuses pentues n’ont besoin apparemment d’aucune gestion.
Par contre, la protection des stations secondaires repose
sur quelques principes de gestion appropriés.
—› Diminution des risques d’incendies :
Démaquiser autour des formations denses d’individus âgés.
Ce nettoyage peut être associé à une valorisation du potentiel
pastoral des terrains concernés afin de pérenniser cette protection des thurifères en limitant le coût des opérations (par l’utilisation d’animaux pour maintenir le milieu ouvert).
—› Limitation de la colonisation du Pin laricio sur certains secteurs :
Sur les stations secondaires, la colonisation du Pin risque de
menacer à long terme les thurifères : éliminer les semenciers
autour et dans ces stations, couper les petits Pin laricio envahis-
Études fines phytoécologiques pour définir la variabilité écologique et des cortèges floristiques de ces matorrals et des stations
primaires.
Suivi des régénérations sur les stations primaires.
Inventaire complet des sites primaires.
Conservation ex situ pour reconstitution après incendie éventuel.
Estimation de la vitesse de propagation des pins, vitesse de colonisation des pelouses par les thurifères…
Étude dendroécologique (établie sur la population pyrénéenne
de Rié) à étendre aux populations des Alpes, Espagne, Moyen
Atlas.
Bibliographie
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ESCAREL G., 1952.
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