
Rapport Session II Financement de l’économie
Commission de l’économie, des finances, de la conjoncture et du commerce
B) Les envois de fonds des émigrés
Les afflux de fonds sous forme de transferts provenant de la diaspora sénégalaise
représentent une source de financement majeure de l’économie sénégalaise. En
2007, parmi les 25 pays qui ont reçu le plus de transferts privés (en pourcentage du
PIB) dans le monde on retrouve le Sénégal et cinq autres pays africains (Cap Vert,
Comores, Lesotho, Sierra Leone et Togo).
Les transferts privés provenant des émigrés sénégalais suivent une tendance
haussière et s’élèvent à 241 milliards de FCFA (5,7% du PIB) en 2003, 340,8
milliards en 2005, soit 7,0% du produit intérieur brut (PIB) et 721,4 milliards (11,4%
du PIB) en 2009. Ils constituent ainsi la principale source de financement privé
extérieur de l’économie sénégalaise. Le rapport avec les investissements directs
étrangers s’établit à 8,3 en 2005, 12,3 en 2005 et 7,2 en 2009.
Cette forme de financement extérieur entraîne plusieurs effets tant au niveau
microéconomique qu’au niveau macroéconomique :
- satisfaction des besoins de base et amélioration du bien être
des ménages bénéficiaires ;
- atténuation du déficit du compte courant de la balance des
paiements ;
- absorption des chocs exogènes et stabilisation
macroéconomique.
Les transferts privés jouent un double rôle d’assurance sociale et de financement de
l’investissement dans le secteur de l’immobilier. Leur contribution à la croissance
économique pourrait être significative s’ils étaient mieux canalisés. Il faut cependant
noter qu’une grande partie de ces transferts se fait en dehors des circuits officiels. De
plus, la plupart des flux ne financent pas des investissements productifs.
C) L’aide publique au développement
L’aide publique au développement (APD) constitue la principale source de
financement extérieur de l’économie sénégalaise. Le Sénégal est un des pays qui
reçoivent le plus d’aide dans le monde. En effet, l’aide par tête d’habitant s’élevait à
100 dollars et à 1000 dollars par ménage en 2004 alors que la moyenne en Afrique
était de 32 dollars par habitant. En outre, l’aide représente le quart du budget de
l’État et près de la moitié des investissements publics.
Le Sénégal n’a pas échappé à la crise de la dette publique extérieure qui a frappé
les pays en développement à partir du début des années 80. Cependant, l’initiative
des pays pauvres très endettés (PPTE) et l’initiative d’allègement de la dette
multilatérale (IADM) qui ont été prises par la communauté internationale durant les
années 2000 ont permis à notre pays de bénéficier de remises de dette