L`entretien écologique d`une pelouse

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L’entretien écologique d’une pelouse
Geneviève Rodier
Finissante en horticulture ornementale
ITA, campus de Saint-Hyacinthe
L’omniprésence de la pelouse dans nos paysages est un fait incontestable. Ces tapis
de verdure forment la touche finale de tous les aménagements paysagers; ils lient
entre eux les différents éléments.
Bien entendu, ces grandes étendues de graminées
demandent des soins bien particuliers. Depuis
plusieurs années, certaines habitudes d’entretien de
la pelouse se sont ancrées en chacun de nous, dont
la tonte courte et régulière et les traitements à l’aide
d’engrais et de pesticides chimiques. Cependant, ce
type d’entretien ne cherche qu’à atténuer les
problèmes reliés à un manque de résistance du
gazon et rend la pelouse entièrement dépendante
des produits chimiques.
En contrepartie, l’entretien écologique d’une Cet été, visitez le Jardin Daniel A.Séguin, où toutes les
pelouse permet la prévention des problèmes. Par de pelouses sont régies de façon écologique
(http://itasth.qc.ca/jardindas).
bonnes pratiques culturales, on accroît la résistance
des plants de gazon et on favorise l’activité biologique du sol. Ainsi, avec le temps, la pelouse devient
pratiquement autosuffisante, puisqu’un écosystème se crée.
Pour obtenir une belle pelouse écologique, il y a d’abord certaines règles de base à respecter au niveau
des gestes hebdomadaires. Une tonte et une irrigation adéquates sont à la base d’une belle pelouse en
santé. Il y a également des actions à effectuer annuellement afin de stimuler la vie microbienne du sol.
Plusieurs conditions sont essentielles pour créer un milieu favorable aux organismes bénéfiques sous
votre pelouse. En tout premier lieu, une analyse du sol est nécessaire aux deux ou trois ans. Ainsi,
vous serez en mesure de déterminer les besoins exacts en matière de fertilisation (mélange 100%
naturel à libération lente) et d’ajustement du pH. De plus, un défeutrage (communément appelé
déchaumage) et une aération permettront une meilleure infiltration de l’eau, une diminution du
compactage du sol et une amélioration de la circulation d’air aux racines. Avec le temps, ce seront les
microorganismes qui s’en chargeront, mais pour débuter ces opérations sont essentielles.
Afin de combattre les herbes indésirables, la meilleure solution est d’effectuer un sursemis suivi d’un
terreautage, dès que la pelouse commence à être clairsemée. Ces deux initiatives peuvent être répétées
plusieurs fois durant la saison, malgré que les meilleurs résultats sont obtenus en automne ou tôt au
printemps. Vous devrez alors être minutieux dans le choix des cultivars; il existe différents mélanges
selon les conditions du site. De plus, vous pourriez en profiter pour intégrer peu à peu certaines
espèces de plantes couvre-sol moins communes et ainsi réduire graduellement les besoins en entretien.
Bien entendu, créer un écosystème se fait graduellement; la patience est donc de mise. Cependant,
vous verrez rapidement que le temps que vous passez sur votre pelouse diminuera, tout comme les
montants d’argent que vous investissez. La nature tend inconditionnellement à l’équilibre; le principe
de l’entretien écologique d’une pelouse est de travailler avec cette force et non à l’encontre. Et si vous
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n’êtes pas encore tout à fait convaincu, je vous invite à venir visiter le Jardin Daniel-A.Séguin, où
toutes les pelouses sont régies sous ces principes.
Ce texte est un extrait de la conférence donnée par Geneviève Rodier dans le cadre de la semaine du
Savoir-Vert qui s’est tenue en mars 2005 à la Bibliothèque T.A. St-Germain de Saint-Hyacinthe.
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