
La reconstruction
Charbel Nahas 15 septembre 2002 4
Mais dès lors que les deux volets du financement et des travaux se
trouvaient réunis, et que s’exerçait la pression de la reconstruction et du
rattrapage, les fonctions complémentaires de la planification et des études
passaient au second plan.
Des projets déjà prêts
L’idée de rattrapage se traduisait non seulement en reconstruction des
équipements endommagés mais aussi en rattrapage du temps perdu dans la
réalisation des projets déjà étudiés ou décrétés.
Dans l’un et l’autre cas il n’y avait pas besoin de repenser les projets eux-
mêmes et encore moins de revoir les choix sectoriels fondamentaux. La
question portait plutôt sur l’ampleur des ambitions et les rythmes de
réalisation.
Mais si pareille attitude était naturelle en 1977, deux ans après le début des
troubles, ses justifications devenaient de moins en moins évidentes avec
l’éternisation de la guerre.
On aurait aussi pu s’attendre à une révision de certains projets soit pour
intégrer certaines évolutions techniques survenues depuis leur conception
ou encore pour tirer profit de la destruction d’une partie du stock
d’équipement et accélérer une modernisation qui aurait été plus difficile ou
plus lente à réaliser en temps normal.
La révision aurait pu aussi toucher certaines orientations sectorielles,
notamment avec le prolongement de la guerre que ce soit du fait que la
guerre a pu conduire à relâcher certaines contraintes physiques (les
destructions fournissent l’occasion de réaliser des équipements qui auraient
été irréalisables sans coûts excessifs en temps de paix, notamment dans les
villes) ou institutionnelles ou qu’elle ait modifié les niveaux d’exigence de la
population (ainsi à la sortie de la guerre, les Libanais étaient susceptibles
d’admettre un niveau de pénurie relative pour peu qu’il soit organisé) et les
priorités économiques ou sociales (nouvelle idée de centralité, souci accru
des équilibres financiers, etc…).
Mais dans la pratique, l’essentiel des projets était déjà prêt.
Les changements qui ont eu lieu et ceux qui ont été bloqués
Le plan directeur de reconstruction du Centre-Ville de Beyrouth illustre
parfaitement cette période et son esprit. Lancé en 1977, il visait à
reconstruire cette zone dévastée et pillée. Il a intégré l’ensembles des études
antérieures : l’achèvement de la voie littorale pour boucler la ceinture de
boulevards de la ville, la réalisation des pénétrantes prévues dans les
schémas de transport de la ville (Georges Haddad, Fakhreddin et voie sous le