
que des patients n'y répondaient pas bien et ou même parfois, étaient aggravés – une
sciatalgie aiguë par exemple. J'ai estimé que l'approche neurale en tension ne répondait
pas à un grand nombre de questions qui, si l’on pouvait y répondre, améliorerait
vraiment cette technique. C’est ainsi que j'ai commencé à lire sur un sujet que je
détestais à l’école de kinésithérapie – La physiologie. C'est à dire quand j’ai commencé à
acquérir des connaissances de base sur des sujets comme l'inflammation neurogène, la
sensibilité neuronale (mécano sensibilité), la neuropathie, la neuro-plasticité, les
mécanismes de système nerveux central et finalement quand j’ai appris ce que mot de
six 1 lettres « La DOULEUR » pouvait contenir
Ainsi vers la fin des années 90, j'avais lu des milliers d’articles scientifiques et cliniques
(je ne lis pas beaucoup de livres traitant de kinésithérapie parce que je préfère entrer
dans le détail) et avais parlé avec des autorités du domaine comme les professeurs
Patrick Wall, Issy Pilowsky, Ronald Melzack, Marshal Devor, Costa de Marcelo etc... Tel
était la situation et l'enthousiasme de notre profession à Adelaïde qui ont fait que vers le
milieu des années 90, nous avons tenu une conférence multidisciplinaire internationale
sur le sujet et avons produit un livre qui s’est vendu presque 10 fois plus que le nombre
de copies initialement prévu (Moving in on Pain, Butterworth Heinemann, 1995). Dans
mon enquête, j'ai appris que la mécanique et la physiologie du système nerveux sont
souvent dynamiquement interdépendantes et j’ai estimé que nous devrions intégrer cet
aspect dans notre pratique clinique. En 1995, j'ai écrit deux papiers pour lier les deux
(Shacklock 1995a, 1995b). C'est à cet époque que j'ai inventé le terme
« neurodynamique » pour la physiothérapie. Ce n’était naturellement pas la première fois
que ce terme était employé. Il est employé de façon omniprésente dans les
neurosciences, la psychiatrie, la neuropharmacologie et un éventail d'autres disciplines
neurales. Mais l'idée était d'encourager des thérapeutes à employer beaucoup d'aspects
de la fonction neurale dans leur pratique clinique en plus de la tension, mais seulement
ceux qui étaient appropriés. La Neurodynamique est devenue « une science », pour ainsi
dire. Cela signifiait naturellement, le glissement et la compression des nerfs, le transport
axonal, la circulation sanguine intraneurale, les mécanismes inflammatoires et la
sensibilité des tissus neuraux.
Heureusement, une grande partie de la communauté physiothérapique a adopté le terme
mais plus de changement est nécessaire. Beaucoup de thérapeutes considèrent toujours
le système nerveux comme seulement basé en tension, un organe mécanique faisant peu
de cas de ses mouvements ou de sa physiologie. En fait, les mots de recherche les plus
communs qui envoient les visiteurs sur notre site Web
(http://www.neurodynamicsolutions.com/) sont toujours « tension neurale ». Il reste
encore beaucoup de travail à faire pour que l'approche mûrisse et soit entièrement
intégrée.
2. Pour beaucoup de thérapeutes, l'application de neurodynamique par opposition à la
tension neurale était un saut quantique. Mais déjà avant l’an 2000, j'estimais toujours
que nous devions faire un autre saut qui était d'intégrer le système nerveux avec la
fonction musculo-squelettique. C'était parce que nous mobilisions toujours les nerfs de
manière isolée. Encore une fois, ceci n'aide pas toujours, surtout si les mobilisations
appliquées maintenaient une tension du système nerveux.
L'entrée des neurosciences dans les thérapies manuelles et physiques changeait le visage
de la pratique clinique. Nous étions allés si loin dans les neurosciences, sujet
fondamental que le thérapeute restait bloqué sur ses complexités et n’avançait que peu
avec des solutions neurodynamiques cliniques pratiques. Le sujet de la douleur était
entré dans la mêlée, ce qui était un développement fantastique bien sur, mais nous nous
étions seulement éloignés de la réalité et qu'il y avait maintenant un vide dans notre
pratique clinique - Le savoir faire manuel pour la neurodynamique.
1 NDLR : « quatre » dans le texte original : PAIN = DOULEUR