les pathologies

publicité
« PETIT »MEMENTO MEDICAL A L’USAGE
DES SAPEURS POMPIERS
Version 1
1
Préambule
Le but de ce document est d’être une ressource en anatomie, physiologie, physiopathologie,
pour les formations en secours à personne, en soutien sanitaire et pour toutes les questions
que pourraient se poser un sapeur pompier dans sa pratique quotidienne.
Il se veut relativement complet, mais, comme tout document visant à répondre au mieux aux
questions que vous vous posez, il doit pouvoir évoluer en fonction de vos attentes.
Aucune conduite à tenir précise n’est indiquée pour ne pas avoir à modifier le document à
chaque nouveau matériel.il s’agit plutôt quand le besoin s’en est fait sentir de
recommandations de prise en charge, reprenant les principes de l’action de secours.
Les conduites à tenir, gestes techniques sont dépendants des référentiels nationaux de
compétences et des notes de services officielles du sdis….
L’équipe qui a rédigé ce document reste à votre disposition pour le faire évoluer et répondre à
vos questions….
2
Ont participé à la rédaction de ce document
ISP Virginie Fournier
ISP Gwenaëlle Bousser
ISP Frédéric Hernandez
ISP Saïqa Ghulam
ISP Valérie Laudou
ISP Cédric Taillade
ISP Béatrice Vallée
Psychologue Sandrine Bredèche
MSP Luc Veyrier
MSP Philippe Hache
MSP Christine Patot
Coordination
MSP Christine Patot
3
SOMMAIRE
LE SYSTEME NEUROLOGIQUE
P5
LE SYSTEME CARDIO VASCULAIRE
P24
LE SYSTME RESPIRATOIRE
P41
L’ABDOMEN
P61
LA PEAU
P70
LES ORGANES DES SENS
P86
LE SYSTEME OSTEO ARTICULAIRE
P92
LES MALADIES INFECTIEUSES
P107
LA PEDIATRIE
P117
LA GYNECO OBSTETRIQUE
P128
LES PATHOLOGIES CIRCONSTANCIELLE
P141
LA PSYCHOLOGIE
P164
4
LE SYSTEME NEUROLOGIQUE
5
ANATOMIE PHYSIOLOGIE
Le système nerveux fait partie d’une des trois fonctions vitales.
Il assure le fonctionnement de tout l’organisme et régule toutes ses activités. Il est constitué
d’organes qui nous mettent en relation avec le monde qui nous entoure.
Figure 2. - Système nerveux central
6
Il est constitué de 2 parties : le système nerveux central comprenant l’encéphale et la moelle
épinière, et le système nerveux périphérique, comprenant les nerfs qui sortent de la moelle.
L’encéphale est constitué de plusieurs éléments :
•
Le cerveau composé de deux hémisphères. Il assure les facultés intellectuelles (mémoire,
intelligence, la commande des mouvements volontaires, l’analyse des sensations…)
•
Le cervelet intervient dans le contrôle de l’équilibre, de la contraction des muscles pour
assurer les mouvements habituels (boire un verre d’eau, …).
•
Le bulbe rachidien est chargé de la régulation des fonctions fondamentales involontaires
comme le rythme cardiaque, la respiration ou la température corporelle. Il assure de plus la
transmission des influx nerveux entre la moelle épinière et les hémisphères cérébraux.
L’encéphale est relié à toutes les parties de l’organisme par des nerfs.
La moelle épinière et les nerfs périphériques
La moelle épinière est située dans la colonne vertébrale (elle passe au milieu des vertèbres).
Elle est le point de départ de milliers de nerfs qui se distribuent ensuite dans tout l’organisme.
Elle sert, en quelque sorte, de fil télégraphique permettant de relayer les signaux envoyés par
le cerveau aux structures périphériques de l’organisme, et des structures périphériques au
cerveau. Elle s’arrête au niveau de la première ou deuxième vertèbre lombaire. Les nerfs
continuent de sortir de la moelle jusqu’en bas du sacrum.
Chaque nerf sort de la colonne vertébrale par un orifice situé entre deux vertèbres.
Ces structures contiennent des faisceaux de fibres nerveuses qui innervent la totalité du corps,
de la tête aux extrémités.
Les neurones sont responsables de la réception et de la transmission des influx nerveux et
forment pour cela de longues fibres reliées entre elles. Les neurones sont les cellules
nerveuses. Elles ne sont pas capables comme certaines autres cellules du corps humain de se
régénérer. on ne les trouve que dans l’encéphale et dans la moelle.
Le système nerveux contient des milliards de neurones, qui sont si efficaces qu’un influx
nerveux (pour une douleur, par exemple) peut être transmis de la main vers le système
nerveux central, puis en sens inverse, pour permettre un mouvement réflexe en une fraction
de seconde.
Protection du système nerveux :
7
L’encéphale est entouré des méninges. Ce sont des feuillets au milieu desquels se trouve le
liquide céphalo rachidien qui protège et amorti les chocs. Autours des méninges on trouve les
os de la boite crânienne.
La moelle épinière est entourée par la colonne vertébrale. Il s’agit d’un empilement de
vertèbres les unes au dessus des autres et articulées entre elles.
Entre chaque vertèbre, on trouve un disque intervertébral dont le rôle est d’amortir les chocs.
En bas de la colonne vertébrale, on trouve le sacrum puis le coccyx qui sont des vertèbres
soudées entre elles.
8
Fonctionnement
Les neurones communiquent entre eux par le biais de faible courant électrique (influx nerveux)
qui se propage de proche en proche.
Les organes sensitifs émettent des signaux qui sont véhiculés de la sorte vers l’encéphale qui
les traite et renvoie une information le plus souvent vers la périphérie, le plus souvent motrice.
(par exemple on me pose une question, l’oreille entend envoie l’information au cerveau qui
prépare la réponse et donne l’ordre aux muscles du larynx et de la respiration de faire des
sons pour répondre…)
-Conscience et inconscience
La conscience est la perception par l’homme de son existence, de ses facultés, de ses actes et
de l’existence des autres.
L’inconscience est la perte momentanée ou durable de la perception de son existence et de
l’existence des autres. Le fonctionnement du système végétatif peut être plus ou moins altéré
en cas de trouble de la conscience.
- Le système nerveux de la vie de relation
Sa partie sensitive est constituée des cinq sens qui permettent à l’homme d’évaluer son
environnement :
•
La vision
•
Le toucher
•
L’audition
•
L’odorat
•
Le goût
Sa partie motrice est constituée par les nerfs moteurs qui transmettent des ordres aux
muscles. Sous l’action de ces ordres, les muscles se contractent et se relâchent, permettant
ainsi le mouvement.
- Le système nerveux végétatif
C’est une partie du système nerveux qui permet le fonctionnement autonome des organes
entre eux.il a une partie de régulation entre les différents appareils (respiration, fréquence
cardiaque, digestion…). Il est disséminé au sein de la totalité du système nerveux.
9
LES DETRESSES
Les signes de détresses neurologiques peuvent comprendre ou non des troubles de la
conscience.
Elles peuvent avoir plusieurs causes.
Causes médicales :
Accident vasculaire cérébral (AVC)
Epilepsie
Infections (Méningite,…)
Hypoglycémie (diabétique)
Hyper-hypothermie
Insuffisances circulatoire et respiratoire sévères
Causes traumatiques :
Traumatisme Crânien (TC) avec ou sans hémorragie intra-cérébrale
Causes toxiques :
Médicaments
Alcool
Drogues
CO, cyanure, etc…
Algorithme d’évaluation des troubles de la conscience
On va chercher à savoir comment la victime ouvre les yeux, bouge et répond aux questions
simples.
L’évaluation de ces trois éléments permet d’évaluer la profondeur du trouble de la conscience
et donc de déterminer pour le médecin la conduite à tenir (que ce soit le régulateur ou le
médecin sur place).
La stimulation douloureuse consiste en l’appui d’un stylo sur l’ongle.
Les frottements, pincements ou toute autre manœuvre traumatique sont à proscrire.
Cette évaluation ne doit pas retarder la mise en PLS si besoin.
10
Ouverture spontanée des
yeux ?
non
Ordre simple « ouvrez les yeux »
oui
oui
Le patient ouvre les yeux ?
non
PLS si ventile
Stimulation douloureuse
Poser des
questions simples et
évaluation de la réponse
verbale
oui
Le patient ouvre-t’
il les yeux ?
non
Évaluation de la réponse
motrice à la stimulation
douloureuse
Recherche d ’autres signes de détresse
neurologique (état pupilles, signes de
déficit moteur…)
Evaluation de la réponse verbale :
Aux questions et ordres simples la victime répond de façon :
-
orientée : la victime répond de façon claire et précise aux questions qu’on lui pose
-
confuse : la victime commet des erreurs ou se répète régulièrement
-
inadaptée : elle émet des mots ou des phrases qui n’ont rien à voir avec les
questions posées
-
incompréhensible : elle n’émet que des grognements ou des sons
-
aucune : il n’y a aucun son émis par la victime
Evaluation de la réponse motrice :
À la stimulation douloureuse la victime peut :
-
enlever la main qui la stimule : elle est adaptée
-
diriger sa main vers la main qui la stimule sans pouvoir l’enlever : elle est orientée
-
diriger sa main vers l’endroit douloureux de façon imprécise
-
avoir une flexion ou une extension réflexe de ses bras
-
ne jamais réagir du tout
Evaluation de la durée du trouble
11
Il est important de savoir depuis combien de temps la victime présente son trouble de la
conscience et si celui ci a évolué dans le temps. Lorsqu’il y a eu une reprise de conscience
entre deux pertes de connaissance, on parle d’un intervalle libre. Attention la victime peut ne
pas se souvenir de sa perte de connaissance ; il faut donc interroger les témoins.
Les conséquences d’un trouble de la conscience :
Dès que la victime présente un trouble de la conscience, il peut y avoir un risque de perte des
réflexes de toux et de déglutition. La conséquence de cette perte de réflexe est l’arrivée dans
les poumons de liquide gastrique notamment et donc de l’apparition de troubles de la
ventilation. Le liquide gastrique peut, sur une personne allongée sur le dos se retrouver au
niveau du carrefour aéro digestif sans effort de vomissement. En effet, si la personne a du
liquide dans l’estomac, lorsqu’elle se retrouve allongée, ce liquide va avoir tendance à sortir
par les orifices (duodénum et œsophage). Les muscles étant complètement relâchés, rien
n’empêche le liquide de diffuser vers la bouche.
Recherche d’autres signes de détresses neurologique
Réaction pupillaire aussi appelé réflexe photo moteur
Il consiste à étudier la réaction des pupilles à la lumière (faire fermer les yeux à la victime et lui
demander de les rouvrir) si les pupilles se rétractent à la lumière on dit qu’elles sont réactives.
Elles sont symétriques si la réaction est identique des 2 côtés.
En cas d’asymétrie de la réaction il convient de préciser l’état de chaque pupille.
Mydriase droite
Myosis droit
Etude de la parole
Elle consiste à étudier les réponses aux questions que l’on pose à la victime :
Est-elle bien orientée dans le temps ou l’espace ?
Comment s’appelle-t-elle ?
Que s’est il-passé ?
Etude de la sensibilité
On recherche si la victime perçoit quand on la touche sur les membres.
Etude de la motricité
12
On demande au patient de bouger ses jambes et bras afin de déceler une perte ou une
diminution de la motricité.
Signes associés à rechercher
-
céphalées
-
nausées, vomissements
-
photophobie
-
fièvre
-
éruption cutanée
Justifications
L’état des pupilles permet d’évaluer le fonctionnement du cerveau.
L’étude de la parole permet donne une indication sur les capacités du cerveau à fonctionner, à
enregistrer et traiter les informations.
L’étude de la motricité et de la sensibilité témoigne d’une atteinte sur les voies de
transmission de l’influx nerveux (ex : traumatisme du rachis) ou d’une atteinte au niveau de la
commande centrale (dans certains AVC).
La recherche de signes associés permet de trouver une cause aux troubles de la fonction
nerveuse.
L’évaluation des troubles de la conscience, permet de coter le score de Glasgow.
Le score de glasgow (CGS : Coma Glasgow Score) est une échelle qui a été inventée pour
l’évaluation et la surveillance des troubles de la conscience chez les patients présentant un
traumatisme crânien. Elle est utilisée maintenant chez tous patients présentant un trouble de
la conscience. Cependant son interprétation n’est pas la même en fonction de l’origine du
trouble.
Le chiffre du score de glasgow n’est pas une finalité. Ce qui est important c’est l’évaluation
des trois items.
13
Détermination du score de Glasgow
Il est côté de 3 à 15
SCORE DE GLASGOW
SCORE
Ouverture des
Réponse verbale
Réponse motrice
yeux
V
M
Y
1
Aucune
Aucune
Aucune
2
A la douleur
Incompréhensible
Extension MI et
MS
3
A la parole
Inadaptée
Flexion MS et
A la
douleur
extension MI
4
Spontanée
5
Confuse
Evitement
Orientée
Orientée
6
MI : Membres Inférieurs
Aux ordres
-
MS : Membres Supérieurs
- Le score de Glasgow s’obtient en additionnant les scores obtenus pour chaque item :
Y = ouverture des yeux
V = réponse verbale
M = réponse motrice
Ex : Glasgow à 8 avec Y2, V2, M4
Ce qui correspond à :
ouverture des yeux à la douleur
émission de sons incompréhensibles
mouvements orientés vers la source de la douleur mais inefficaces
Par exemple, un score évalué à 7 va imposer une intubation et donc une présence médicale.
14
LES PATHOLOGIES
TC (traumatisme cranien)
Tout choc sur le crâne est appelé traumatisme crânien.
Il peut s’accompagner d’une bosse, d’une plaie du cuir chevelu ou d’une fracture du crâne.
Le traumatisme crânien se rencontre fréquemment en intervention.
Il peut survenir lors d’une chute à domicile, tout comme lors d’un accident de la route.
Figure 3. - Traumatisme crânien grave
TC : à rechercher systématiquement
Le traumatisme crânien résulte d’un choc au crâne et peut entraîner un épanchement sanguin
dans ou autour du cerveau, qui en fonction du vaisseau qui est touché peut mettre plus ou
moins longtemps à se constituer. Les signes peuvent donc apparaître en différé par rapport au
choc.
L’encéphale étant contenu dans une boîte fermée, inextensible, il va être comprimé et son
fonctionnement en sera altéré.
Les signes
Visibles
Plaie et/ou hématome du cuir chevelu
Déformation de la boite crânienne (fracture ouverte ou fermée) l’embarrure est une fracture
palpable du crane.
15
Saignement du nez (épistaxis)
Saignement de l’oreille (othorragie)
Vomissements
Victime inconsciente
Convulsions
A rechercher
Etat des pupilles (mydriase unilatérale)
Paralysie des membres
Amnésie
Perte de connaissance et la durée
Durée de l’intervalle libre
16
AVC
Les accidents vasculaires cérébraux sont des déficits neurologiques d’apparition aiguë
provoqués par des troubles circulatoires cérébraux.
Le cerveau est richement irrigué par un réseau complexe de vaisseaux sanguins.
L’accident vasculaire cérébral a deux causes :
L’obstruction d’un vaisseau cérébral : la zone qu’il vascularise ne reçoit plus de sang et
souffre.
Figure 4. - Accident vasculaire cérébral
ischémique
Le saignement d’un vaisseau cérébral (hémorragie) : l’épanchement peut comprimer certaines
structures cérébrales.
Figure 5. - Accident vasculaire cérébral
hémorragique
Ces accidents sont dits "transitoires" (ex : AIT accident ischémique transitoire) s’ils régressent
sous 24 heures, "constitués" s’ils persistent après ce délai.
Ils peuvent avoir des conséquences irréversibles, voire entraîner le décès de la victime.
Les signes
Visibles
Paralysie d’un côté du corps, du visage
17
Trouble de la parole
Trouble de la conscience : agitation, somnolence, inconscience
Pâleur, sueurs
Convulsions
A rechercher
Quel est l’âge de la victime ?
La victime fume t-elle ?
La victime a t-elle fait un effort ?
Maux de tête intenses
La victime a t-elle un traitement médical ?
La victime a-t-elle des antécédents familiaux ?
18
La crise convulsive
La crise convulsive est une sorte d’orage électrique au niveau cérébral. Pendant la crise, le
cerveau est comme déconnecté : la victime perd conscience.
La crise convulsive est dite "généralisée" quand elle intéresse l’ensemble du corps, "partielle"
quand elle intéresse une partie du corps (élévation d’un bras et déviation de la tête, par
exemple)
Causes
La crise convulsive peut être due à :
- une fièvre élevée (surtout chez le petit enfant)
- une hypoglycémie
- une infection du système nerveux (méningite)
- un traumatisme crânien grave
- un accident vasculaire cérébral
- une tumeur intra-cérébrale
- une cause toxique (alcool, intoxication au CO, médicaments)
- une maladie : l’épilepsie
- une non-prise de son traitement par un épileptique connu
Les signes
La crise convulsive généralisée débute par une perte de connaissance suivie de trois phases
successives :
Phase tonique : 10 à 20 secondes
Cri initial parfois
Chute brutale
Raidissement du corps avec tête rejetée à l’arrière
Membres supérieurs et inférieurs en extension
Pupilles généralement dilatées et non réactives
Apnée (absence de mouvement ventilatoire) avec parfois cyanose aux lèvres
Morsure de la langue
parfois perte d’urine non contrôlée et écume dans la bouche
Phase clonique : 30 à 40 secondes
Convulsions diffuses, violentes et rythmées de tout le corps ou d’une partie du corps
19
Révulsion oculaire
Sécrétion salivaire (bave blanche)
Emission d’urine
Phase résolutive : phase de relâchement
Les convulsions cessent
La respiration est ample, bruyante et ronflante
Relaxation musculaire
Victime hébétée, désorientée, prostrée et fatiguée ou inconsciente
Amnésie de la crise
Cas particulier des enfants
Une température élevée est souvent présente chez l’enfant, chez l’enfant.
On parle alors de crise convulsive hyperthermique.
20
Le malaise vagal
Le malaise vagal est dû à une stimulation excessive du nerf vague (= nerf pneumogastrique)
qui peut se produire lors d’une douleur, ou d’une émotion…
Nerf pneumogastrique : Xème paire de nerf crânien, nerf très long, à destination cervicale,
thoracique et abdominale. Comporte un nombre important de filets nerveux du système
végétatifs responsable de la chute de la fréquence cardiaque.
Système nerveux parasympathique : partie du système nerveux végétatif qui met l’organisme
au repos (ralentissement général).
Signes :
Ralentissement du rythme cardiaque
Chute de la TA
Sueurs
Pâleur
Vue trouble
céphalées
Diminution apport O2 au cerveau => sensation de malaise, chute voire réelle pci.
Causes : multiples et variées :
Circonstances de déclenchements : vue du sang, témoin d’un accident…
Emotions
Fatigue
Peur….
21
La tétanie
Syndrome caractérisé par des contractures des extrémités (main d’accoucheur) et une
hyperventilation.
La tétanie évolue par crise.
L’hypocalcémie (diminution de calcium) est une des causes de la tétanie.
Signes :
hyperventilation entraînant une perte de CO2.
Contractures musculaires symétriques des extrémités.
Douleurs musculaires
Crampes
Fourmillements : lèvres, membres inférieurs et supérieurs
+/- Sensations vertigineuses
+/- Troubles visuels
état de conscience normale
Interrogatoire :
Atcd de crise de tétanie
Surmenage, fatigue, angoisse, peur, stress….
La spasmophilie
Hypersensibilité neuromusculaire et affective.
Forme mineure de la tétanie
Manifestation chronique de la tétanie sans anomalie du taux de calcium
Signes :
Fatigue, douleurs abdominales, vomissements, flou visuel, tremblements, contractures,
hyperventilation, respiration ample, maux de tête, anxiété, nervosité….
Interrogatoire :
Atcd de crise de spasmophilie ou tétanie
Surmenage, fatigue, angoisse, peur, stress…. ???
22
La hernie discale
C’est la sortie du disque intervertébral en arrière des vertèbres.
Cette sortie est souvent due à une mauvaise utilisation du rachis notamment en flexion (vers
l’avant). Elles peuvent survenir à tous les étages du rachis mais sont le plus souvent sur le
rachis lombaire ou cervical. Les efforts importants que subissent les disques dans ces flexions
les poussent vers l’arrière.
Quand le disque vient comprimer une racine nerveuse, cela crée une douleur (la sciatique) sur
le trajet du nerf comprimé, accompagné ou non de fourmillements, etc…
En fonction du degré de compression, cela peut aller jusqu’à la paralysie.
Il peut exister des hernies discales sans signes cliniques, tout comme toute douleur du dos
n’est pas forcément une hernie.
Signes
Douleur à type de brûlure ou électrique
Partant du dos, du cou, irradiant dans le membre
Survenue le plus souvent brutal à la suite d’un mouvement
Rechercher
Baisse de force ou paralysie dans le membre atteint
Sensation de fourmillements ou autre
23
LE SYSTEME CARDIO VASCULAIRE
24
ANATOMIE PHYSIOLOGIE
Pour que le corps puisse se maintenir en vie, chacune de ses cellules doit pouvoir bénéficier
d’un apport continu de nutriments et d’oxygène. Dans le même temps, le CO2 et les autres
déchets du métabolisme produits par les cellules doivent être collectés et éliminés.
Cette fonction est dévolue au système circulatoire, qui est un réseau de vaisseaux qui permet
au cœur de faire circuler le sang dans tout l’organisme.
Il comprend trois parties :
le sang qui circule.
le cœur qui le fait circuler.
les vaisseaux dans lesquels il circule.
Le sang
L’organisme contient, en moyenne, 4 à 5 litres de sang.
Le sang est formé de deux parties essentielles :
Les parties solides
Plusieurs sortes :
Les globules rouges ou hématies.
Les globules blancs ou leucocytes.
Les plaquettes
Les cellules sanguines sont fabriquées dans la moelle osseuse.
Les globules rouges
Ils contiennent une substance appelée hémoglobine. Celle-ci a la propriété de fixer l’oxygène
de l’air pour former l’oxyhémoglobine, qui donne leur couleur rouge aux globules. Quand
l’oxygène n’est plus fixée sur l’hémoglobine des globules rouges, ceux si deviennent plus
foncés et donnent la coloration bleutée des extrémités (cyanose) en cas de manque d’O2. Le
fer est nécessaire à la fabrication des globules rouges.
Cette fixation d’oxygène se produit dans les poumons.
L’O2 se dissocie ensuite de l’hémoglobine dans les tissus, pour qu’il puisse passer dans les
cellules et y être consommé.
25
Ce sont les globules rouges qui transportent l’oxygène aux organes. Le CO2 est lui dissous
dans les globules rouge pour être transporté des organes aux poumons.
Les globules blancs
Les globules blancs font partie du système immunitaire. Leur fonction principale est d’assurer
la défense de l’organisme contre les agents infectieux.
Les plaquettes
Elles jouent un rôle essentiel dans l’arrêt des saignements. Elles sont activées lorsque la
coagulation du sang ou la réparation d’un vaisseau est nécessaire.
Le plasma
Le plasma est le liquide dans lequel flottent globules et plaquettes. Il est composé de
substances organiques et minérales très diverses, dissoutes dans un important volume d’eau
(91% du plasma).il transporte aussi une partie du CO2.
Le cœur
Le cœur (le myocarde) est le moteur de l’appareil circulatoire. C’est un muscle creux situé dans
la poitrine entre les deux poumons.
Le cœur est formé de 4 cavités :
Deux oreillettes qui aspirent le sang pour le communiquer aux ventricules
Deux ventricules qui en se contractant, chassent le sang hors du cœur
Des ventricules partent deux grosses artères :
26
à gauche : l’aorte
à droite : l’artère pulmonaire.
Dans les oreillettes se trouvent les orifices d’arrivée des veines :
à gauche : les 4 veines pulmonaires
à droite : les 2 veines caves.
Nous avons en réalité deux demi-cœurs :
Coté droit : rempli de sang foncé chargé en dioxyde de carbone
Coté gauche : rempli de sang vermeil riche en oxygène
Ces deux demi cœurs fonctionnent simultanément sans qu’il n’y ait de mélange sanguin entre
l’un et l’autre.
Comme tout muscle, le cœur est doté d’artères nourricières : les artères coronaires.
Ce sont elles qui sont à l’origine des crises cardiaques du fait :
soit d’un rétrécissement : c’est l’angine de poitrine
soit d’une obstruction complète : c’est l’infarctus du myocarde
Fonctionnement du cœur :
Le sang entre dans les oreillettes. Les valves qui les ferment sont alors fermées.
Les oreillettes se contractent, le sang est alors envoyé dans les ventricules ; dont leur valves
(qui sont à l’entrée des artères pulmonaire et aortique) sont fermées.
27
Les ventricules se contractent pour éjecter le sang vers la périphérie ou le poumon. Cette
phase de contraction s’appelle la systole.
Puis il existe une phase de repos du cœur avant la prochaine contraction (c’est la diastole)
Commande du cœur.
Le cœur a un fonctionnement autonome.
Un paquet de cellules spécialisées situées dans l’oreillette droite envoie des ordres de
contractions régulières au cœur. C’est le nœud sinusal.
Les oreillettes reçoivent l’ordre en premier, et donc se contractent. L’ordre descend dans les
oreillettes et rencontrent un autre paquet de cellules spécialisées dont le rôle est de récupérer
l’information et de l’envoyer via un faisceau à grande vitesse à l’ensemble des cellules des
ventricules afin qu’ils se contractent (ce sont les nœuds auriculo ventriculaire et le faisceau de
Hiss).
La fréquence cardiaque est imposée par le nœud sinusal. Cependant elle peut varier en
fonction des conditions de travail du cœur et à la demande de centre nerveux supérieurs.
Tous ces ordres de contraction sont transmis sous la forme d’un signal électrique. C’est lui qui
est enregistré sur un électrocardiogramme (ECG)
les vaisseaux
Il en existe 3 types :
les artères
On appelle "artère" tout vaisseau partant du cœur.
Elles transportent le sang oxygéné du cœur vers les organes.
Seule exception : L’artère pulmonaire, qui transporte du sang pauvre en oxygène du cœur droit
aux poumons.
les veines
On appelle "veine" tout vaisseau arrivant au cœur.
Elles transportent le sang pauvre en oxygène, et les déchets, vers le cœur.
Seule exception : Les veines pulmonaires qui transportent du sang riche en oxygène des
poumons au cœur gauche.
les capillaires
Ils relient les artères et les veines aux tissus de l’organisme. Ils sont le siège de l’échange
entre l’O2 et le CO2.
Les artères sont entourées de petits muscles qui leur permettent de faire varier leur diamètre.
L’intérêt est de pouvoir faire varier l’apport de sang à différents tissus en fonctions des
besoins (par exemple augmenter l’apport de sang aux muscles pendant un effort, ou diminuer
celui de la peau quand il fait froid pour ne pas perdre trop de chaleur).
28
La circulation du sang
Le départ du sang
le ventricule gauche → l’aorte → les artères → les capillaires → les veines →
les veines caves → l’oreillette droite → ventricule droit → artère pulmonaire
les poumons → les capillaires pulmonaires → veines pulmonaires →
oreillette gauche
L’arrivée du sang
Figure 11. - La circulation du sang
29
La fréquence cardiaque est de 50 à 80 battements par minute chez l’adulte et plus de 120
chez le nourrisson.
On appelle grande circulation la circulation entre le ventricule gauche et l’oreillette droite. On
appelle petite circulation, celle entre le ventricule droit et l’oreillette gauche.
Le pouls
A chaque contraction du ventricule gauche, du sang est éjecté avec force dans l’aorte. Cela
provoque un choc dans ce vaisseau qui se transmet comme une onde le long de toutes les
artères. Au passage de cette onde, la paroi des artères se soulève brusquement : c’est le pouls.
La pression artérielle
Elle représente la pression qui règne dans les artères et qui permet l’apport de sang aux
tissus.
Le premier chiffre est appelé pression systolique et correspond à la pression à laquelle le sang
est envoyé dans les vaisseaux par le ventricule gauche. Le deuxième chiffre est appelé
pression diastolique et correspond à la pression du sang dans les vaisseaux pendant la phase
de repos du cœur.
Conclusion
Toute défaillance du système circulatoire entraîne, à terme, une défaillance des autres
fonctions car chaque fonction est au service d’elle-même et de toutes les autres.
30
LES DETRESSES
Les causes des détresses circulatoires peuvent être d’origine :
- Médicale : maladie touchant le cœur
- Toxique : intoxication en particulier médicamenteuse, cyanure (feu)
- Traumatique : traumatisme d’organe interne (foie, rate), hémorragie, brûlure
Les mécanismes de détresse circulatoire peuvent être liés à une défaillance d’une des 3 parties
composant le système circulatoire :
une altération de la pompe cardiaque (« choc cardiogénique ») :
Par exemple, lors d’un infarctus, les cellules musculaires cardiaques, privées d’oxygène, ,
meurent et une partie du muscle cardiaque ne peut plus se contracter. La force contractile du
cœur est réduite, ce qui diminue ainsi le volume de sang qui sera expulsé à chaque contraction
et donc la quantité de sang apportées aux tissus.
De même, dans l’insuffisance cardiaque, l’ensemble du muscle cardiaque est fatigué et ne peut
donc plus se contracter efficacement.
Lors de troubles du rythme rapides, les contractions du muscle cardiaque se succèdent trop
rapidement pour que le cœur puisse se remplir et se vider correctement d’où, là encore,
diminution du volume sanguin circulant.
D’autres maladies peuvent donner une diminution très importante de la fréquence cardiaque
entraînant une baisse du débit dans les vaisseaux.
De même si le cœur a été traumatisé, il peut perdre de sa force de contraction par lésions du
muscle cardiaque.
On peut retrouver ce mécanisme dans certaines intoxications médicamenteuses.
une altération des vaisseaux :
L’élasticité et le tonus des vaisseaux participent au maintien de la pression artérielle.
Dans certaines pathologies , la paroi des vaisseaux perd son élasticité. Les vaisseaux sont
grands ouverts, pour une même quantité de sang dans l’organisme. La pression chute donc
dans le système circulatoire.
On parle de choc anaphylactique quand l’allergie est à l’origine de cette détresse circulatoire.
Certaines intoxications médicamenteuses peuvent créer le même phénomène.
une diminution du volume sanguin (« choc hypovolémique » ) :
Lors d’une hémorragie, il y a diminution du volume sanguin circulant.
Lors de brûlures, la peau est lésée. Or, elle constitue une barrière entre notre corps et
l’extérieur et sert, entre autre, à éviter la perte de liquide plasmatique.
31
Chez le brûlé, les pertes liquidiennes sont importantes, fonction de l’étendue des brûlures. La
perte de plasma diminue le volume sanguin circulant et donc la pression artérielle.
Conséquence d’une détresse circulatoire
Quelle que soit son origine, la détresse circulatoire entraîne une irrigation insuffisante des
tissus par diminution de la pression artérielle.
L’organisme va mettre en jeu un certain nombre de mécanismes de compensation visant à
rétablir la pression artérielle normale pour assurer une meilleure irrigation des principaux
organes (cœur, cerveau) :
Augmentation de la fréquence cardiaque pour tenter d’augmenter le débit sanguin
Fermeture de l’irrigation des tissus non vitaux (la peau, les intestins…)
Augmentation de la fréquence respiratoire pour apporter plus d’oxygène
Le sang oxygéné arrive moins au niveau des tissus et notamment du cerveau ; celui ci va donc
souffrir et une détresse neurologique avec trouble de la conscience peut survenir.
Signes
Examen du patient
Pâleur des lèvres, des conjonctives
Extrémités froides
Marbrures
Temps de recoloration cutané augmenté
Mesurer le temps de recoloration cutanée
Le Temps de Recoloration Cutanée (TRC) traduit la capacité du système circulatoire à remplir
les petits vaisseaux de sang après compression.
Ce temps de recoloration est évalué chez une victime au niveau du doigt
Pour cela, il faut :
• Comprimer fortement l’extrémité d’un doigt entre le pouce et l’index, pendant 2 à 3
secondes ; le lit de l’ongle devient pâle ;
• Relâcher la pression ; normalement, en moins de 3 secondes le lit de l’ongle se recolore.
Lors d’une détresse circulatoire, la mauvaise circulation des extrémités entraîne un retard ou
une absence de recoloration du lit de l’ongle.
Cette évaluation est impossible si la victime porte du « vernis à ongle », il est alors possible de
rechercher le temps de recoloration cutanée en comprimant avec un doigt la peau située sur le
front, à la base du nez
32
Mesure de la fréquence cardiaque
augmentation de la fréquence cardiaque > 120/min (premier signe évocateur avant la baisse
de tension) puis apparition d’une diminution <40 (signe de gravité)
pouls radial filant
Mesure de la pression artérielle
La pression artérielle est classiquement inférieure à 90mm de mercure pour la systolique dans
le cadre d’une détresse circulatoire.
33
PATHOLOGIE
L’infarctus du myocarde
L’infarctus du myocarde peut entraîner des complications durables telles que troubles du
rythme ou insuffisance cardiaque, et dans certains cas la mort.
L'infarctus du myocarde est dû à la constitution d'un caillot dans l'une des artères coronaires
bloquant instantanément l'apport de sang, donc d'oxygène, au muscle cardiaque. Il se traduit
par la destruction définitive de la partie du muscle cardiaque privée d'oxygène.
Parfois, le vaisseau coronaire est juste le siège d’un rétrécissement qui se constitue
progressivement (plaque de cholestérol qui grandit) le courant sanguin est diminué : c'est
l'angine de poitrine qui se caractérise par une douleur au niveau du cœur lui-même, agissant
comme un véritable signal d'alarme.
L’athérosclérose est une maladie de la totalité des vaisseaux du corps et se manifeste par des
dépôts de cholestérol dans la paroi du vaisseau.
Ces dépôts créent un rétrécissement de la lumière du vaisseau qui peut être responsable de
l’angor, et d’autres pathologies ischémiques (AVC par exemple).
Les signes
L'infarctus du myocarde débute généralement par une douleur thoracique.
Cette douleur dans sa forme typique, présente des caractères précis:
son début est brutal
34
Elle est violente, très intense à type d’écrasement ou de serrement
Elle est maximum dans la région sternale ou de l’estomac, mais irradie volontiers au bras
gauche ou à la mâchoire (parfois même aux deux bras, à la nuque, aux épaules ou aux
poignets)
Elle débute souvent après un effort mais parfois aussi pendant le sommeil, au repos, ou après
un repas.
Elle est continue et n'est soulagée ni par les changements de position ni par l'apnée volontaire
A noter que la douleur n’est parfois pas aussi typique voire absente, chez le diabétique par
exemple, qui ressent peu les douleurs du fait des atteintes nerveuses liées à sa maladie.
Penser à évoquer un infarctus devant une personne ayant fait un malaise, au teint gris, en
sueurs, qui vous dit qu’elle va mourir et qui a des antécédents d’angine de poitrine ou de
diabète, même si elle ne ressent aucune douleur dans la poitrine.
Visibles
Sueurs facultatives
Pâleurs facultatives
Nausées, voire de vomissements facultatifs
A rechercher
Facteurs de risque : âge, tabac, antécédents cardiologiques, traitements médicamenteux,
hypercholestérolémie, diabète, antécédents familiaux de maladie cardiaque, surcharge
pondérale
Une sensation aiguë de peur, d'angoisse, de «mort imminente»
L’angine de poitrine ou encore angor :
Les signes sont similaires à ceux de l’IDM cependant ils cèdent soit spontanément, soit à la
mise au repos de la victime.
Il faut donc se méfier de toute douleur thoracique ayant cédée spontanément.
35
Les hémorragies
L’HEMORRAGIE interne
L’hémorragie interne correspond à un épanchement de sang dans les cavités du corps. Elle est
due à la rupture d’une veine ou d’une artère et entraîne une perte de sang importante.
Le plus souvent, l’hémorragie interne siège au niveau de l’abdomen.
Ce sont les circonstances de l’accident et l’état de la victime qui feront penser à une
hémorragie interne :
- Coup ou choc violent direct (AVP, accident de sport,…)
- Variation brutale de la vitesse (chute d’une grande hauteur, décélération d’un véhicule,…)
- Plaie avec corps étranger (arme blanche, éclats d’explosion,…)
- Antécédent connu de malformation de vaisseaux (anévrysme), grossesse en cours.
L’anévrysme est une dilatation d’un vaisseau qui va fragiliser la paroi de ce dernier.
Il peut se fissurer et provoquer une douleur, ou bien parfois se rompre directement créant une
hémorragie plus ou moins cataclysmique en fonction du vaisseau touché.
Tous les vaisseaux artériels de l’organisme peuvent être touchés par un anévrysme.
Toujours se méfier de la victime qui semble aller bien, alors que les circonstances de l’accident
sont violentes (AVP à grande vitesse, chute d’une grande hauteur) et qui peut décompenser
brutalement, d’où l’intérêt d’une surveillance stricte et régulière.
Les signes
Visible
Pâleur
Intérieur des lèvres décolorées
Ventilation rapide
Sueurs froides
Anxiété, angoisse
La victime a soif et froid
Fractures
A rechercher
Augmentation du temps de recoloration cutané
36
Pouls rapide et filant et mal perçu
Baisse de la tension artérielle
L’hémorragie externe
Elle résulte d’une plaie le plus souvent.
Elle est évidente si on la recherche et présente les mêmes signes de détresse circulatoire si une
quantité importante de sang est perdue (la quantité qui donnera une détresse est variable en
fonction de l’état clinique de la victime)
L’hémorragie extériorisée.
Il s’agit d’une hémorragie interne qui s’extériorise secondairement par un orifice naturel :
Epistaxis : saignement de nez
Hémorragie vaginale : à ne pas confondre avec des règles !
Hématémèse : saignement retrouvé par un vomissement, c’est un saignement digestif
Melena : saignement par l’anus
Hémoptysie : saignement pulmonaire plutôt retrouvé lors d’un effort de toux.
En fonction de l’importance du saignement il peut y avoir une détresse circulatoire associée. Il
faut être prudent car l’issue de sang hors du corps n’est que la partie visible de l’hémorragie,
et on ne peut pas savoir quelle quantité reste encore à l’intérieur du corps.
Hormis l’épistaxis qui peut s’arrêter spontanément par simple compression manuelle, les
autres hémorragies extériorisées, sont des urgences médicales.
37
Les détresses circulatoires d’origine allergiques
Mécanisme :
Le contact de l’organisme avec une substance étrangère provoque la mise en route du système
immunitaire.
Dans certain cas, des réactions inappropriées et disproportionnée peuvent se produire
aboutissant à une détresse circulatoire. Elle peut être inaugurale ou suivre à des réactions plus
minimes.
La sécrétion de substance telles que l’histamine provoque des réactions générale comme une
vasodilatation, une broncho constriction (resserrement des bouches ), une tachycardie. La
vasodilatation va expliquer la chute de la pression artérielle (la quantité de sang dans
l’organisme n’est pas modifiée, et le cœur fonctionne toujours bien).
Causes
Prise de médicament
Alimentation
Inhalation de certaines substances
…
Signes
Ils peuvent être variés en intensité et en type
Eruption cutanée à type de macules rouges qui démangent (urticaire cf infra)
Chaleur cutanée, sueur
Sensation de malaise
Tachycardie
Chute de la pression artérielle
Dyspnée de type expiratoire le plus souvent
Parfois œdème de la glotte (on parle alors d’un œdème de quincke )
L’évolution peut être très rapide et mortelle.
A rechercher ; prise d’un médicament, prise alimentaire….
Notion d’une allergie quelle qu’elle soit.
Le traitement médical doit être le plus précoce possible.
38
Les troubles du rythme cardiaque
Mécanisme
Le cœur se contracte grâce à un influx nerveux créé dans l’oreillette droite et qui parcourt la
totalité du myocarde. A chaque étage il peut se produire un incident qui peut dégénérer en
trouble du rythme.
Si le nœud sinusal dysfonctionne en émettant des ondes anarchiques, les oreillettes ne se
contracteront plus de façon efficace.
Le nœud auriculo ventriculaire récupérera quelques influx et les transmettra aux ventricules
qui eux se contracteront normalement. Seul le rythme de contraction sera anarchique. On parle
alors d’arythmie.
Si le nœud ne fonctionne plus du tout ou qu’il a des pauses de fonctionnement, les structures
située en dessous prendront le relai pour produire des influx ordonnant aux ventricules de se
contracter. Les signes peuvent être invisibles sauf à l’électrocardiogramme. Parfois on
rencontre des bradycardies.
Si la conduction nerveuse entre les oreillettes et les ventricules est atteinte, en fonction de la
auteur de cette atteinte, on peut rencontrer une bradycardie importante, mais aussi aucun
signe clinique.
La fibrillation ventriculaire.
Dans certaines circonstances (notamment infarctus angine de poitrine), les cellules
ventriculaires se mettent à fonctionner indépendamment les unes des autres.
En effet dans ce cas, une parties des cellules ventriculaires se retrouvent privée d’oxygène et
sont plus lente à répondre à la commande de contraction. Elles se désynchronisent des autres
cellules… au bout d’un certains temps, elles se mettent à battre toutes seules, créant un foyer
de stimulation pour les cellules voisines…
De proches en proche les cellules vont toutes se désynchroniser et battre par petit paquets
isole.
L’efficacité mécanique est perdue et le ventricule ne peut plus se contracter dans son
ensemble de façon efficace. Il y a alors un arrêt circulatoire.
Le traitement qui permet de resynchroniser les cellules entre elle est le choc électrique
externe. Ce choc va arrêter toutes les cellules en même temps, et si la commande naturelle du
cœur fonctionne toujours, elles vont repartir de façon synchrone.
Cependant, si la cause n’est pas traitée, le phénomène peut reprendre.
39
Causes
Maladie
Infarctus du myocarde
Angine de poitrine
…
toxique
Intoxication alcoolique
…
Traumatique
Lors des traumatisme thoraciques
Signes
Rien parfois
Pouls irrégulier
Détresse circulatoire
Arrêt circulatoire
40
LE SYSTEME RESPIRATOIRE
41
ANATOMIE PHYSIOLOGIE
Pour vivre, l’homme a besoin, en plus des aliments, d’un gaz : l’oxygène.
L’air est composé de :
21% d’oxygène
78% d’azote
1% de gaz rares
Absorbé au niveau des poumons, l’oxygène est ensuite transporté par le sang dans toutes les
parties du corps.
La respiration est donc la fonction qui permet les échanges gazeux entre le milieu extérieur et
l’homme :
L’absorption de l’oxygène contenu dans l’air.
Le rejet des déchets (gaz carbonique + vapeurs d’eau) dans l’air ambiant.
L’appareil respiratoire comprend :
Voies aériennes supérieures.
Les voies aériennes inférieures.
Les muscles respiratoires.
Les voies aériennes supérieures
Les fosses nasales : servent à réchauffer, à humidifier et à dépoussiérer l’air inhalé.
La bouche : c’est l’entrée du tube digestif.
Le pharynx : constitue un carrefour où se croisent les voies digestives et aériennes. L’orifice de
la trachée est surmonté d’un clapet : l’épiglotte. Elle ferme cet orifice lors de la déglutition
empêchant les aliments de pénétrer dans le larynx.
Le larynx : c’est l’organe de la voix.
La trachée : c’est le conduit du passage de l’air.
42
Fosses
nasales
Epiglotte
Pharynx
Figure 6. - Les voies aériennes
supérieures
Les voies aériennes inférieures
Les bronches : La trachée se divise en deux bronches, une pour chaque poumon. En pénétrant
dans les poumons, elles se ramifient en bronchioles qui débouchent dans de petits sacs : les
lobules ou alvéoles pulmonaires. Ces bronchioles sont entourées de muscles qui leur
permettent de faire varier leur calibre. Au sein de ces bronches, il y sécrétion de mucus qui
permet d’évacuer les poussières inhalées vers la gorge.
Les poumons : sont deux sacs étanches et élastiques situés à l’intérieur de la cage thoracique.
C’est à leur niveau que s’effectuent les échanges gazeux entre l’air et le sang.
Les plèvres : entourent chaque poumon. Elles sont formées de deux feuillets accolés, qui
glissent l’un sur l’autre et qui facilitent les mouvements respiratoires.
43
Les muscles respiratoires
Le diaphragme : c’est le muscle respiratoire le plus important. En se contractant, il s’abaisse,
augmente le volume de la cage thoracique et y crée une dépression faisant entrer l’air. Quand
il se relâche, la cage thoracique reprend son volume initial et l’air est expulsé.
Les muscles intercostaux : En se contractant, ils provoquent un déplacement des côtes qui
accroît le volume de la cage thoracique.
La cage thoracique
Echanges gazeux dans les poumons
44
Au niveau des alvéoles pulmonaires, l’oxygène diffuse vers les capillaires pulmonaires pour
venir se fixer sur l’hémoglobine des globules rouges. En même temps, le CO2 qui se trouve
dissous dans le sang (hématies et plasma), passe dans l’alvéole pulmonaire.
Ces échanges se font au travers de parois (alvéole et capillaires) présentant des micro pores
qui ne laissent passer que les gaz.
Echange gazeux dans les organes
Figure 12. - L’échange gazeux dans les
organes
Au niveau cellulaire c’est le phénomène inverse, l’oxygène fixé sur les globules rouges est
distribué aux cellules. Le dioxyde de carbone se dissout lui dans le sang et repart avec la
circulation veineuse vers les poumons.
la commande respiratoire
La respiration est sous la commande du bulbe rachidien. Elle peut aussi être volontaire.
La régulation normale s’effectue en fonction de la quantité de CO2 contenue dans le sang. Plus
elle s’élève plus la respiration sera rapide.
Lorsque le taux de CO2 dans le sang est normal, d’autre facteurs peuvent faire varier la
fréquence et l’amplitude de la ventilation ce sont notamment :
Le manque d’oxygène, la fièvre…
45
LES DETRESSES
Une anomalie à un quelconque niveau du système respiratoire peut entraîner une détresse
respiratoire.
La fréquence respiratoire normale chez l’adulte est de 12 à 20 mouvements/min et plus
élevée chez l’enfant et le nourrisson.
Mécanisme
Lorsque le taux d’oxygène diminue dans le sang, la fréquence ventilatoire augmente pour
augmenter les apports.
L’hémoglobine circulante est moins saturée en oxygène, ce qui crée une coloration bleutée des
extrémités : la cyanose.
Les causes de diminution du taux d’oxygène peuvent être du à un manque d’oxygène dans
l’air, un mauvais fonctionnement du poumon (traumatisme, maladie…) ou à un blocage de
l’utilisation de l’oxygène par les cellules (cyanure…)
Cette diminution du taux d’oxygène peut être associée à une augmentation du CO2
particulièrement si la cause du manque d’oxygène vient d’un problème pulmonaire, stimulant
d’autant plus la ventilation.
Cette augmentation du CO2 va créer des sueurs.
Lorsque la détresse respiratoire se prolonge, les mécanismes de compensation se fatiguent : il
y a décompensation :
la fréquence respiratoire diminue
les mouvements respiratoires deviennent irréguliers
il y a des pauses respiratoires, puis arrêt respiratoire puis arrêt circulatoire
causes
Les causes de détresse respiratoire sont multiples :
Médicale
Asthme
Œdème aigu du poumon
Infections
Obstacle sur les voies aériennes
46
Traumatique
Fractures de côtes, du sternum
Hémothorax
Pneumothorax
Plaies pénétrantes (arme blanche, arme à feu)
Corps étrangers (surtout chez l’enfant)
Brûlures
Traumatisme crânien
Toxique
Fumées d’incendie
Monoxyde de carbone (CO)
Médicaments
…
signes
une augmentation de la fréquence respiratoire en premier lieu
une cyanose
des sueurs
un tirage (mise en jeu des muscles respiratoires accessoires)
une baisse de la saturation du sang en oxygène mesuré par l’oxymètre de pouls (cf FMO SAP
027)
rappel : la saturation est normale entre 95% et 100% chez une victime sans pathologie
pulmonaire sous jacente
Cas particulier : dans les intoxications au monoxyde de carbone, la saturation mesurée sera
normale même si le taux d’oxygène dans le sang est bas. En effet, pour le capteur de
l’appareil, la différence entre O2 et CO n’existe pas. Il affichera donc toujours une saturation à
100% ou presque. Dans ce type de détresse respiratoire, ce qui participera à la recherche de la
cause sera le bilan circonstanciel et la mesure du CO expiré grâce au CO testeur disponible
dans les VLSM, les VL infirmier, le VSS et les SMUR.
En fonction de l’origine de la détresse respiratoire, on peut avoir d’autres signes :
respiration bruyante : sifflement expiratoire dans l’asthme ; râles crépitants dans l’OAP
(œdème aigu du poumon) ; encombrement chez les IRC (insuffisant respiratoire chronique)
modification de la voix, de la toux : obstacle sur les voies aériennes supérieures,…
douleur thoracique : pouvant témoigner de la cause (traumatisme) ou de la conséquence du
manque d’oxygène (souffrance du cœur par hypoxie)
troubles de la conscience : liés au manque d’O2 ou à l’excès de CO2
fièvre
47
PATHOLOGIE
L’asthme
Mécanisme
L’asthme est une affection respiratoire caractérisée par une diminution du calibre des
bronches et des bronchioles, entraînant des difficultés à expirer.
L’asthme aigu grave est une détresse respiratoire aiguë, survenant chez un asthmatique connu
et nécessitant une médicalisation urgente.
Causes
Le déclenchement d’une crise d’asthme chez un asthmatique connu peut être du à différents
facteurs : allergie, manque de médicament, stress, autre maladie en cours, inhalation de
fumée,….
Les petits muscles se trouvant autour des bronchioles vont se contracter en réponse à une
stimulation extérieure. Cela crée une gêne à la sortie de l’air des poumons en expiration.
Il peut exister des réactions de type asthmatique quand le poumon est soumis à des
agressions extérieures importantes (inhalation de substance toxique, de fumée, …)
signes
En crise d’asthme, la victime est spontanément assise et présente :
un sifflement lors de l’expiration
une augmentation de la fréquence respiratoire
une augmentation de la fréquence cardiaque
Les signes de gravité d’une crise d’asthme sont :
une fréquence respiratoire ≥ 30mvts/min
une fréquence cardiaque ≥ 120puls/min
une difficulté voire impossibilité de parler
des sueurs
une cyanose
des troubles de la conscience ou une agitation
on recherche
des antécédents d’hospitalisation en réanimation et/ou d’intubation pour asthme
48
une inefficacité du traitement habituel de la crise
une augmentation de la prise de médication pour asthme
L’évolution de la crise d’asthme grave, en l’absence de traitement, se fait vers un épuisement
respiratoire avec diminution de la fréquence respiratoire et arrêt respiratoire.
49
Le pneumothorax
Pneumothorax : présence d’air dans la cage thoracique qui comprime le poumon
Mécanisme :
Le poumon se trouve décollé de la paroi par une quantité d’air qui est entrée dans la cage
thoracique.
L’air vient comprimer le poumon qui ne peut plus fonctionner correctement. Il y a donc un
manque d’arrivée d’oxygène dans le corps.
Chez l’adulte jeune et en bonne santé, ce manque d’un poumon est très bien compensé par le
deuxième et peut ne pas créer de détresse respiratoire.
Par contre, chez une personne qui a déjà une maladie pulmonaire, ou qui a d’autres atteintes
associées (accident de la voie publique par exemple), la compensation peut être plus difficile.
Si l’entrée d’air dans la cage thoracique se poursuit, le poumon sera de plus en plus comprimé,
ainsi que les structures qui l’accompagnent (le cœur par exemple).
On peut ainsi avoir l’apparition d’une détresse circulatoire associée.
Causes :
Médicale : parfois spontané en particulier chez le fumeur, le plongeur, les personnes très
grandes et minces, certaines pathologies pulmonaires…
Traumatique : chute de grande hauteur, avp , plaie par arme…
Toxique : non
50
Signes :
Douleur thoracique (parfois brutale quand spontanée)
Respiration douloureuse
Augmentation de la fréquence respiratoire, voir détresse respiratoire
Rechercher une détresse circulatoire associée
51
L’hémothorax
c’est la présence de sang dans le thorax
Mécanisme :
Un vaisseau se rompt dans le thorax, créant une hémorragie.
La cavité se remplit progressivement de sang, comprimant alors le poumon progressivement.
A la détresse respiratoire qui peut se créer, s’ajoute une possible détresse circulatoire si la
quantité de sang dans le thorax est importante ou si elle comprime le cœur l’empêchant de
fonctionner correctement.
Cause :
Avant tout traumatique
Signes :
Détresse respiratoire
Détresse circulatoire parfois associée
52
L’œdème aigu du poumon
C’est l’apparition d’eau au niveau des alvéoles pulmonaires.
Mécanisme :
2 mécanismes peuvent exister pour créer un œdème pulmonaire :
Soit l’origine est cardiaque :
dans ce cas, le cœur pour cause de maladie, ne fonctionne plus correctement. Il ne peut donc
plus pomper le sang avec suffisamment de force, en particulier vers la périphérie.
Le sang va donc s’accumuler dans le poumon et monter en pression dans les artérioles
pulmonaires.
Au niveau des alvéoles, la pression dans les capillaires devient telle que l’eau du sang va avoir
une tendance à en sortir et à passer dans la lumière alvéolaire, perturbant ainsi les échanges
gazeux.
Les premières alvéoles à être touchées sont celle de la base du poumon, car ce sont elle qui
sont le plus sous pression, chez un patient assis.
Ainsi les alvéoles des sommets peuvent continuer à fonctionner et oxygéner le sang.
Si on assoit de tels patients, et qu’on le met à plat, ce sont toutes les alvéoles des parties
postérieurs des poumons qui vont se remplir et donc beaucoup plus d’alvéoles vont être
touchée et les zones d’échanges seront diminuées. Il ya aura donc aggravation de l’état
clinique.
Soit l’origine est toxique on appelle OAP lésionnel :
Dans le cas de l’inhalation de substances étrangères à l’organisme en grande quantité (cas de
la noyade, de l’inhalation de fumée, …) , la paroi de l’alvéole se trouve abimée et devient
perméable. L’eau contenue dans le sang présent dans les capillaires autour de l’alvéole va
avoir tendance à aller dans la lumière de l’alvéole du fait de la lésion et perturber les échanges
gazeux.
Causes :
Médicale :
Affection cardiaque
Traumatique
Contusion thoracique
Toxique
53
Inhalation de produit toxique,
Noyade,
Signes
Quelque soit l’origine :
Détresse respiratoire avec augmentation de la fréquence respiratoire, cyanose, sueur, baisse
de la saturation
Respiration bruyante, « crépitante »
Position assise qui devra être respectée
On sera vigilant à l’apparition d’une détresse circulatoire.
54
L’embolie pulmonaire
Définition :
C’est le blocage d’un caillot sanguin dans un vaisseau pulmonaire
Mécanisme :
Un caillot sanguin présent dans un vaisseau du corps (veine des membres inférieurs dans le
cas de la phlébite) vient à se détacher. Il remonte dans la circulation, passe dans le cœur droit
et vient se bloquer dans un vaisseau pulmonaire.
Le sang ne pourra plus passer où le caillot sera bloqué et donc ne pourra plus être oxygéné à
cet endroit.
Plus le caillot sera gros, plus la zone bloquée sera grande et donc inutilisée pour oxygéner le
sang.
Cause :
Médicale le plus souvent (dans les suites d’une phlébite par exemple)
Signes :
Douleur thoracique
Malaise parfois
Détresse respiratoire plus ou moins importante
55
L’insuffisance respiratoire chronique
Définition : c’est une maladie respiratoire qui a évolué et perturbe les échanges gazeux au
niveau pulmonaire.
Mécanisme :
La maladie respiratoire provoque une baisse de la capacité du poumon à oxygéner le sang et à
épurer le CO2.
L’organisme s’habitue à fonctionner avec des taux de CO2 élevés et des taux d’oxygène bas.
L’organisme régule normalement la ventilation en fonction des taux de CO2. Quand il s’élève,
la ventilation s’élève. Mais dans les insuffisances respiratoires chroniques, c’est le taux
d’oxygène qui commande car le CO2 est toujours élevé.
Les efforts physiques sont limités.
Au bout d’un certain temps d’évolution les patients sont mis sous oxygène à petite dose à
domicile pour augmenter leur oxygénation. En effet, si on ramenait le taux d’oxygène à la
normale, par un apport d’oxygène permanent élevé, le corps, habitué à réagir au manque
d’oxygène pour déclencher la respiration, penserait avoir toujours assez d’oxygène, et ne
commanderait plus de mouvement !
Par contre, au décours d’un épisode infectieux par exemple , le poumon devient encore plus
incapable d’oxygéner le sang. Il se produit donc une forte dette en oxygène, bien, supérieure à
celle que le patient peut supporter habituellement.
Il y a donc apparition d’une détresse respiratoire aigue.
Il est donc important d’apporter rapidement de l’oxygène à dose normale (comme les autres)
à ces patients qui sont en manque aigüe et de surveiller étroitement leur fonction ventilatoire.
Cause :
Médicale : évolution de certaine maladie respiratoire comme l’asthme
Toxique : tabac, inhalation chronique de certains toxiques pouvant léser le poumon.
Signes
Celles d’une détresse respiratoire classique
56
Les traumatismes du thorax
Introduction
Les traumatismes du thorax peuvent être occasionnés par :
un choc direct (percussion du volant lors d’un AVP, chute d’une grande hauteur, accident de
sport).
un mécanisme indirect (souffle d’une explosion, lésion de décélération lors d’un AVP).
une lésion pénétrante (coup de couteau, plaie par arme à feu).
Il peut s’agir d’atteintes du contenant thoracique (cage thoracique : côtes, sternum) et/ou du
contenu thoracique (poumons, plèvres, cœur, aorte, arbre trachéo-bronchique).
Figure 10. – Plaie par arme à feu
La victime peut avoir :
une douleur spontanée ou lors des mouvements respiratoires (contusion ou fracture de côtes).
une détresse respiratoire aiguë :
- un pneumothorax :
- un hémothorax :
- un hémopneumothorax, qui associe air et sang.
- une rupture de l’arbre trachéo-bronchique.
une détresse circulatoire aiguë :
- un arrachement des gros vaisseaux (aorte) avec hémorragie interne cataclysmique.
- des atteintes cardiaques (contusion du cœur, sang dans le péricarde).
De plus, les traumatismes du thorax sont rarement isolés : il faut faire systématiquement un
bilan lésionnel complet à la recherche de lésions du rachis et des membres, de lésions de
57
l’abdomen, de troubles de la conscience, surtout dans le cadre d’un AVP à célérité élevée,
même si la victime paraît initialement sans gravité.
Les signes
1 - Visibles
Traces de choc, déformation évidente
Plaie
Pâleur ou cyanose
Troubles de la conscience
2 - A rechercher
Douleurs constantes ou au moment de la respiration
Respiration rapide et superficielle
Augmentation du rythme cardiaque
Lésions associées (rachis, crâne, membres, abdomen)
58
La laryngite aigue
Mécanisme :
Le larynx, sous l’effet d’une infection, devient inflammatoire et oedématié. Le diamètre de
cette partie anatomique va donc diminuer et gêner au passage de l’air
Cause :
Infectieuse le plus souvent
Signes
Chez un enfant, la symptomatologie est souvent plus nette
une voie grave avec une toux rauque très caractéristique
Une difficulté inspiratoire le plus souvent
Rechercher un contexte infectieux
Chez l’adulte, c’est la traditionnelle extinction de voix !
59
L’épiglottite aigue
Mécanisme
Sous l’action d’une bactérie, et dans un contexte infectieux marqué, l’épiglotte va se mettre à
gonfler, jusqu’à venir obstruer une partie du pharynx. C’est une urgence vitale… l’évolution
peut être très rapide vers une occlusion totale du pharynx, produisant une asphyxie. Cette
occlusion peut être provoquée par un changement de position (comme allonger la victime par
exemple)
Cause
infection
Signes
Dyspnée importante,
Impossibilité de parler
Fièvre
Position assise qu’il faut respecter
Salivation importante (la victime ne peut plus avaler)
60
L’ABDOMEN
61
ANATOMIE PHYSIOLOGIE
L’abdomen contient les organes de la digestion, urinaires et de la reproduction.
L’abdomen est délimité en haut par le diaphragme. Au milieu du diaphragme, existe des
orifices par lesquels passent l’œsophage et les gros vaisseaux.
En bas on trouve les os du bassin et les muscles pelviens
Tout autour se trouve un ensemble de muscles qui contiennent les organes dont en avant les
abdominaux.
Les organes digestifs
diaphragme
estomac
foie
rate
pancréas
Vésicule biliaire
Gros intestin
Intestin grêle
appendice
rectum
Rapport des organes de l’abdomen avec l’aspect extérieur du corps
62
Schéma général de l’appareil digestif
L’estomac est une poche où les aliments arrivent par l’œsophage. A la sortie de l’œsophage on
trouve le duodénum, puis l’intestin grêle, le gros intestin (colon) le rectum et l’anus.
L’appendice est un petit morceau d’intestin qui ne sert à rien et qui se trouve en bas et à droite
de l’abdomen.
Le foie est situé en haut et à droite de l’abdomen ; sous le foie on trouve la vésicule biliaire qui
est une poche de réserve des sucs biliaires.
Le pancréas est situé sous l’estomac à gauche du duodénum.
Le péritoine est un double feuillet qui englobe les organes de la digestion.
Il crée donc une cavité qu’on appelle la cavité péritonéale.
La rate n’est pas un organe digestif, mais un organe qui sert dans l’imunité.
63
Les organes urinaires
En arrière de l’abdomen, on trouve les 2 reins qui se continuent en 2uretères jusqu’à la vessie
qui est située en bas de l’abdomen, en partie médiane. La vessie se termine par l’urètre.
La reproduction.
En bas de l’abdomen chez la femme on trouve les ovaires, l’utérus suivi du vagin. Chez
l’homme les organes génitaux sont extra abdominaux.
64
On parle d’organe plein pour désigner le foie, la rate, le pancréas les reins, d’organe creux
pour l’ensemble du tube digestif (de l’estomac au gros intestin).
Les organes sont maintenus dans la cavité abdominale à l’aide de ligament. Au sein de ceux-ci
passent les vaisseaux qui vont servir à irriguer l’organe.
Physiologie
La digestion
Les aliments sont mâchés et entourés de salive au niveau de la bouche. C’est la première étape
de la digestion. Ils passent ensuite dans l’estomac par l’œsophage. Dans l’estomac, la
digestion continue sous l’effet de l’acidité gastrique (pH 2) et des mouvements.
Puis le bol alimentaire, liquide à la sortie de l’estomac continue son trajet dans le duodénum
où il rencontre les sucs biliaires (venant de la vésicule biliaire) et pancréatiques (venant du
pancréas) qui continuent de séparer les différents constituants des aliments pour les rendre
absorbables au niveau des intestins.
Dans l’intestin grêle et le gros intestin a lieu le passage des différents constituants séparés des
aliments dans la circulation sanguine. (les protéines, les glucides et les lipides, ainsi que l’eau)
Certains seront utilisé tels quels (glucose, …) d’autres seront captés par les organes pour
fabriquer des constituants plus complexes.
Le foie est le premier organe qui reçoit la circulation sanguine en provenance des intestins.
C’est le premier filtre. C’est à son niveau que de nombreux médicaments sont transformés
pour être utilisé par le corps. Il synthétise et stocke les éléments utiles (sucre, lipide) au
fonctionnement énergétique de l’organisme. Il est très richement vascularisé.
Une vitamine par contre, est un élément qui doit être apportée par l’alimentation et qui ne
peut être synthétisée par le corps.
La fonction urinaire
Les reins, eux aussi richement vascularisés, sont l’autre filtre de l’organisme. Le sang y est
épuré des déchets produits par le fonctionnement des cellules.
L’urine est évacuée depuis les reins jusqu’à la vessie par les uretères. La vessie sert à stocker
l’urine entre 2 mictions.
La fonction pancréatique
65
C’est le lieu de fabrication et de sécrétion de sucs pancrétiques qui ont un rôle dans la
digestion. C’est aussi le lieu de synthèse de l’insuline. L’insuline est une hormone qui sert à
réguler le taux de sucre dans le sang. Le pancréas fabrique aussi d’autres hormones qui jouent
un rôle dans la croissance .
La fonction reproductrice.
Chez la femme, le fœtus grandit dans l’utérus qui va se développer petit à petit en avant des
organes digestifs, qu’il va repousser vers le haut et vers l’arrière.
66
LES DETRESSES
Mécanismes :
Variables en fonction de l’agent en cause …
Causes
Médicales
Infections
Calcul…
Alimentaire,…
Traumatique
AVP
Toxique
Signes :
Douleur abdominale le plus souvent
Parfois saignement extériorisé en fonction de l’origine (vaginal, urinaire, anal, …)
Fièvre
Nausée , vomissement
Diarrhée, constipation
Détresse circulatoire
Certaines douleurs abdominales peuvent être le signes de pathologies plus graves et
engageant le pronostic vital comme une fissuration d’anévrysme de l’aorte ou bien une GEU.
67
PATHOLOGIE
L’appendicite
C’est une inflammation de l’appendice.
Elle se traduit le plus souvent par des douleurs en bas du ventre à droite, des nausées, de la
fièvre.
La palpation de l’abdomen déclenche la douleur.
L’ulcère gastrique
C’est une atteinte de la paroi de l’estomac le plus souvent due à une sécrétion inappropriée
d’acide gastrique. La paroi s’ulcère et la lésion peut aller jusqu’à créer un « trou » dans la
paroi.
La douleur est typiquement située en haut de l’abdomen en son milieu et peut être soulagée
par la prise de repas, ou augmenté en cas de situation stressante par exemple.
La colique hépatique
C’est le passage d’un calcul vésiculaire dans les voies excrétrices hépatiques.
Le calcul ou petit « caillou » se forme dans la vésicule et sort en même temps que les sucs
biliaires. Le passage du calcul dans les voies biliaires les distend et crée une douleur très
importante.
Il y a lieu de rechercher une coloration jaune des conjonctives (ictère) et une éventuelle fièvre
qui témoignerait d’une infection surajoutée
Les varices œsophagiennes
Dans le cas où le foie est détruit par une maladie ou une consommation trop importante
d’alcool, le sang passe mal et se retrouve bloqué en amont. Les veines avant le foie se
distendent et créent des varices. Le lieu où elles sont le plus visibles est l’œsophage. Quand
elles se rompent, elles créent une hémorragie digestive parfois très importante (l’hématémèse)
La colique néphrétique
C’est le passage d’un calcul qui a été fabriqué dans les reins dans les voies urinaires. La
douleur est souvent brutale et très intense.
La pyélonéphrite
C’est une infection urinaire qui touche le rein. Elle s’accompagne de douleur au niveau du haut
du dos, avec de la fièvre, parfois associé à des signes d’infection urinaire (brulure lors des
mictions notamment).
68
La cirrhose hépatique
Il s’agit d’une maladie du foie due à une consommation abusive d’alcool le plu souvent, mais
que l’on peut aussi rencontrer dans des pathologies infectieuses au long court (hépatite B
chronique)
Il y a un blocage du fonctionnement du foie dans ce cas là.
69
LA PEAU
70
ANATOMIE PHYSIOLOGIE
La peau est l’organe qui constitue l’enveloppe du corps. Elle comprend trois couches
superposées, l’épiderme, le derme et l’hypoderme, et forme avec ses annexes, le tégument.
L’épiderme est un tissu comprenant différents types de cellule :
-
kératinocytes, les plus nombreux, synthétisent une protéine protectrice, la kératine que
l’on retrouve dans les produits nourrissants et hydratants pour la peau, les ongles, les
cheveux…
-
les mélanocytes sécrètent la mélanine, pigment dont la synthèse augmente le bronzage
de la peau et la protège des effets pervers du soleil ;
-
les cellules de langherans interviennent dans les mécanismes immunitaires c'est-à-dire
défendent le corps contre les infections.
Le derme est un tissu de nutrition et de soutien. Il est formé de cellules, de fibres de collagène
et de fibres élastiques qui constituent les propriétés mécaniques de la peau.
Le derme contient la grande partie des vaisseaux sanguins et les nerfs de la peau.
L’hypoderme est un tissu de cellules très riches en graisse, les adipocytes.
Les annexes comprennent :
-
les phanères (poils, cheveux, ongles), très riches en kératine
les glandes sudoripares qui sécrètent la sueur
71
-
les glandes sébacées, qui sécrètent le sébum lequel forme un film protecteur à la
surface de la peau. Mais lorsqu’il y en a en excès, la peau devient grasse ou sèche par
insuffisance.
Rôle de la peau :
-
Thermorégulation
-
Une barrière contre l’infection
-
Synthétise le Vit D
-
Organe de relation
La cicatrisation
Lorsque qu’une plaie se produit le corps va mettre en place un mécanisme que l’on appelle la
réponse inflammatoire afin :
-
D’arrêter le saignement
-
De lutter contre l’infection
-
De cicatriser
72
LES DETRESSES
Risques liés à une plaie :
-
L’hémorragie : en effet, si la plaie touche un vaisseau de diamètre trop grand
et/ou un vaisseau ayant une pression trop importante, le corps sera dépassé et ne pourra
l’arrêter de lui-même avec ses facteurs de coagulation.
-
L’infection dû à différentes raisons :
-les défenses immunitaires de la personne ne sont pas assez efficaces ou en trop faible
quantité. Cela se produit lors de certaines maladies, par la prise de certains médicaments ou
même d’un état de fatigue physique ou psychique important.
-Il y a déjà les bactéries présentes à l’état normal sur la peau qui peuvent devenir nocives et
les bactéries amenées par l’objet qui a causé la plaie. D’autres germes peuvent être transmis
lors des soins par un défaut d’hygiène. ( ex : les mains)
L’infection peut approfondir une plaie, retarder sa cicatrisation voire provoquer le décès
par une septicémie. (infection qui passe dans le sang)
-
La cicatrice peut avoir des répercussions esthétiques et fonctionnelles.
Cela dépendra bien sûr de la localisation de la plaie, de son mode d’apparition, de sa
profondeur, sa durée de cicatrisation, de la nature de la peau auparavant etc...
Les cicatrices peuvent devenir :
-
Hypertrophiques (trop importantes)
-
Dyschromiques (colorées différemment)
73
-
la plaie peut ne jamais cicatriser et devenir chronique voire se transformer en
cancer de la peau
C PLAIES SPECIFIQUES
Certaines plaies peuvent amener à une prise en charge particulière. Cela dépendra de la
localisation, de la profondeur et de l’association ou non d’un traumatisme.
74
PATHOLOGIE
Le tétanos
Le tétanos est du à une bactérie qui se rencontre dans le sol, les excréments d'animaux, et
parfois dans les selles humaines. Les spores (éléments reproducteurs des bactéries) peuvent
survivre pendant des années en résistant à différents désinfectants ainsi qu'à 20 minutes
d'ébullition.
La bactérie va libérer une toxine qui va provoquer les symptômes.
•
La toxine du tétanos est libérée au niveau de la plaie et se fixe au niveau des
terminaisons nerveuses d’un nerf appelé motoneurone. Le motoneurone est une variété de
nerf permettant le passage d’un influx nerveux autorisant une contraction musculaire.
La toxine pénètre dans ce nerf et atteint la moelle épinière et modifiera d’excitation des
muscles provoquant ainsi une hypertonie musculaire, c’est-à-dire la survenue d’une
contraction accrue des muscles et de spasmes ou encore une diminution de la force
musculaire ou une paralysie. Les symptômes les plus fréquents sont : Une augmentation du
tonus musculaire et des spasmes généralisés, une contracture des muscles des mâchoires
(trismus), une dysphagie (difficulté pour manger, parfois pour avaler), une raideur, une douleur
du cou, une douleur des muscles le long de la colonne vertébrale, dont la contracture entraîne
la formation d'une hyperlordose (accentuation de la courbure lombaire). Ces contractures sont
par ailleurs susceptibles de compromettre la ventilation, une contraction prolongée de la face
avec aspect grimaçant (rire sardonique), une cyanose des téguments due à un trouble de
l’oxygénation, une apnée et des laryngospasmes (spasmes du larynx) .
L’infection peut être consécutives : Aux activités agricoles, de jardinage ou de plein air ; aux
plaies qui n’apparaissent pas graves au premier abord ; aux gelures ; aux accouchements ; aux
brûlures ; aux infections otorhinolaryngologiques ; aux abcès ; aux gangrènes ; aux
avortements ; à la toxicomanie ; aux ulcérations de la peau.
La prévention consiste à la vaccination antitétanique et respect des rappels. (tous les 10 ans
chez l’adulte)
75
Plaies par agent particulier
Plaies par morsure
Les morsures peuvent être d’origine animale ou humaine.
Une bouche ou une gueule sont remplies de bactéries qui peuvent très facilement pénétrer
dans l’organisme mordu.
En ce qui concerne les animaux, les plus fréquentes sont celles des chiens mais elles peuvent
être faites par un cheval, un renard, un crocodile, un serpent…
Les lésions sont rarement superficielles et peuvent entraîner de profonds délabrements et/ou
des séquelles fonctionnelles ou esthétiques. Le risque principal est infectieux.
•
Rage : Si l'animal n'est pas vacciné contre la rage, il faut 15 jours de surveillance
vétérinaire et si on est en zone endémique, abattre le chien. Si l'animal est reconnu enragé, la
personne mordue sera traitée par sérovaccination antirabique. Dans tous les cas suspects, la
prévention est débutée puis arrêtée si le diagnostic de rage n'est pas retenu.
•
Tétanos : le risque est lié à l'état des vaccinations. Sérothérapie pour les non vaccinés.
Infections locales : qui peuvent être bénignes ou grave nécessitant une hospitalisation avec
administration d’antibiotiques par voie intraveineuse.
Toute plaie due à une morsure animale doit être vue par un médecin. La conduite à tenir
dépend de l'importance de la blessure et de sa (ses) localisations(s). Le risque vital doit
immédiatement être apprécié (hémorragie) et traité en conséquence. Une exploration
chirurgicale est pratiquement toujours nécessaire même pour les plaies minimes.
Le traitement chirurgical de la perte de substance dépendra de son importance. Cela peut aller
d’une simple suture jusque l’amputation en passant par la greffe de peau, du lambeau…
En ce qui concerne les serpents, il existe des sérums antivenimeux spécifiques pour combattre
les effets des différents venins. Il faut garder à l’esprit que le temps est souvent compter et
qu’une prise en charge dès plus rapide diminuera souvent les séquelles dues au venin.
Effet d’une morsure de serpent
76
Plaies par arme
Il peut s’agir d’une plaie par arme blanche ou par arme à feu. Le pronostic vital est souvent
meilleur dans le premier cas, car les atteintes sont plus franches. En effet, il y a souvent
beaucoup plus de dégâts aux alentours avec une arme à feu. L’atteinte des gros vaisseaux, des
voies aériennes ou de la moelle épinière traduit souvent un signe de gravité. Dans les plaies
par arme à feu on essaiera de rechercher le ou les points d’entrée et de sortie pour avoir une
idée probable du trajet dans le corps.
Les causes peuvent être un accident mais il y la plupart du temps un contexte de suicide ou
d’agression ce qui nécessite souvent une présence policière.
77
Brulure
On évalue leur gravité selon plusieurs critères :
L’AGENT CAUSAL
Thermiques : liquide chaud, flammes, par contact ou radiation.
Electrique : On va rechercher les points d’entrée et de sortie, elles sont souvent mutilante.
Il est impossible d’évaluer d’emblée l’ampleur des dégâts car il y a brûlures internes.
La brûlure électrique peut provoquer un trouble du rythme ou fibrillation ventriculaire.
Chimique : Leur gravité est produit dépendante, elles peuvent être bénignes comme
provoquer un risque vital. Ex : L’acide fluorhydrique provoque des hypocalcémies qui peuvent
aboutir à une décompensation cardiaque.
L’ETENDUE
Il existe différente façon d’évaluer l’étendue. On peut prendre la paume de la main de la
victime et considérer qu’elle représente 1% de surface corporelle.
L’étendue peut être faussement rassurante dans les premières minutes après la brûlure et
augmenter au fil du temps.
La réévaluation sera refaite à l’arrivée, la première détermination étant toujours approximative.
On peut aussi utiliser la règle des 9 ou la table de Lund and Browder. ( voir schéma). Cette
dernière a plus sa place dans un service d’urgence que utilisée au pied de l’immeuble en feu.
LA PROFONDEUR
78
Les brûlures du premier degré atteignent l’épiderme et se manifestent par une rougeur, de la
chaleur, de la douleur durant 72h parfois suivie d’une desquamation. Elles peuvent entraîner
une légère fièvre. Elles cicatrisent sans séquelles en 4 à 5 jours.
Les brûlures du deuxième degré se caractérisent par la présence de phlyctènes. ( ampoule)
Le troisième degré c’est la destruction de l’épiderme du derme, de l’hypoderme; très
profondes, elles peuvent occasionner la destruction des muscles, des os… La peau peut être
blanche, noire en passant par le marron (dès fois aspect de peau saine), elle est dure,
cartonnée.
LA LOCALISATION
Les différentes parties atteintes entraînent un certains nombre de conséquences :
79
Sur le visage, le cou enjeu sur la ventilation, la vue, l’alimentation, l’esthétique
Sur les mains enjeu sur le fonctionnel, l’esthétique
Sur les articulations enjeu fonctionnel
Au niveau des orifices naturels enjeu fonctionnel et risque de contamination
Les brûlures profondes en circulaire font un effet garrot d’où risque de perte du membre.
LES CONSEQUENCES DE LA BRULURE
La brûlure va entraîner une destruction cutanée, de la douleur, un risque d’infection, un risque
d’hypothermie et surtout lorsqu’elle est étendue créera une inflammation généralisée qui
pourra remettre en cause la vie de la victime.
Comme la brûlure est une plaie le corps mettra en place une réponse inflammatoire localisée
qui aura pour but de : D’arrêter le saignement, de lutter contre l’infection, de cicatriser.
Le problème d’une brûlure étendue (à partir de 10 à 20 % de surface corporelle selon les
différentes écoles) c’est que cette inflammation se généralise à tout l’organisme et que la
victime se retrouve avec tous le plasma au niveau des tissus. Il y aura donc d’énormes œdèmes
(risque vital s’ils concernent les voies aériennes) et les vaisseaux seront vides. La personne fait
une plasmorragie, ce qui est l’équivalent d’une hémorragie avec toutes les conséquences sur
l’organisme qui en découlent.
Exemple d’œdème de la face secondaire à une brûlure.
80
Pathologie dermatologique diverses
ALLERGIES :
-
Eczéma : L’eczéma est une affection cutanée (de la peau) inflammatoire, qui peut
être aiguë ou chronique. Il existe en fait une grande variété d'eczémas car les causes sont
multiples et les manifestations nombreuses. Parmi les plus fréquentes, on retrouve l'érythème
(rougeur) la formation de vésicules, petites "ampoules" remplies de liquide séreux, la
lichénification avec formation de squames, petites peaux qui se détachent etc.
-
Urticaire : L’urticaire est une affection dermatologique dans laquelle une région
plus ou moins étendue de la peau se couvre de papules blanchâtres ou rougeâtres, qui ont
l'aspect de piqûres d'orties. L'urticaire s'accompagne souvent de démangeaisons plus ou
moins insupportables, notamment dans les cas d'urticaire généralisée. L'aspect des papules
peut aussi varier : taches plus ou moins grandes, plaques en léger relief. Les agents
responsables sont nombreux et variables selon les individus : stress, transpiration, froid,
inhalation d'allergènes, UV (exposition au soleil) etc.
CANCER :
-
Mélanome : terme mélanome qui signifie tumeur colorée, désigne en fait
plusieurs sortes de tumeurs de la peau, dont la majorité est bénigne. C'est le cas notamment
de tous les nævus pigmentaires et grains de beauté ou lentigo (taches pigmentées plus ou
moins sombres de la peau), ainsi que des mélanomes juvéniles du visage. Il existe cependant
des formes malignes qui peuvent être redoutables par leur capacité à émettre très rapidement
81
des métastases. Il faut connaître certains signes et savoir les repérer à temps. Si une tache
noirâtre apparaît et s'étend rapidement, parfois associée à d'autres couleurs, il faut consulter
sans tarder son médecin ou un dermatologue, qui en appréciera l'épaisseur. Il en est de même
avec les nævus ou grains de beauté qui modifient brutalement leur aspect. Il faut vérifier :
l’asymétrie, les bords irréguliers, la couleur non homogène, le diamètre supérieur à 6 mm,
l’extension (ou évolution).
INFECTIONS bactériennes:
-
Abcès : collection de pus constituée à partir d’un foyer d’infection locale qui peut
se constituer à n’importe quel endroit du corps. Sa taille est très variable.
-
Impétigo : C’est une infection qui apparaît le plus fréquemment chez les moins
de 10 ans et se caractérise par une plaque rouge sur laquelle apparaît des vésicules remplies
de pus. Puis les lésions, se transforment en une croûte jaunâtre purulente. Elles infectent
souvent les pourtours des narines, de la bouche ou des yeux, parfois les zones génitales.
-
Erysipèle : infection aiguë caractérisée par une inflammation de la peau.
L’érysipèle du visage forme un placard rouge très douloureux, chaud, gonflé et entouré d’un
bourrelet. L’érysipèle de la jambe se traduit par une augmentation du volume de la jambe, qui
devient rouge et douloureuse. Elle peut être associée à de la fièvre et peut aller jusqu’une
gangrène voire une septicémie par défaut de soin.
82
INFECTIONS virales :
-
herpès : Douze millions de français sont atteints d'herpès dont au moins deux
millions qui ont l'herpès génital ! Si vous avez contracté le virus de l'herpès, sachez qu'il vous
accompagnera pendant toute votre vie, car il est impossible de s'en défaire définitivement, et
qu'il se manifestera de façon plus ou moins régulière par des crises. Les deux formes les plus
connues sont : - L'herpès labial, dû au virus HSV1 de type 1, qui passe généralement inaperçu,
mais peut aussi provoquer l'apparition de vésicules dans la bouche, sur les lèvres, jusqu'aux
narines - L'herpès génital dû au virus HSV2, de type 2, est une MST (maladie sexuellement
transmissible) qui peut se traduire par des vésicules et de plaies très douloureuses sur les
organes génitaux. L'herpès est très contagieux et sa prolifération est favorisée, lors des
rapports sexuels, par les rapports bucco-génitaux. On peut développer un HSV1 sur les
organes génitaux ou un HSV2 ailleurs dans le corps. En ce qui concerne les rapports sexuels et
la recrudescence des MST, le préservatif reste le meilleur facteur limitant.
-
Varicelle - zona : VZV virus du zona et de la varicelle. La première fois que le
virus atteint l'enfant, il provoque la varicelle. A partir de la peau, les virus gagneraient ensuite
les ganglions rachidiens où ils persisteraient plusieurs années à l'état silencieux. Plusieurs
années plus tard, à l'occasion d'un stress quelconque (fatigue, infection bactérienne etc...), ils
pourraient se réveiller, devenir virulents et entraîner un "zona". La contamination est directe et
aérienne, par les gouttelettes de salive du malade et par ses lésions vésiculeuses, car le virus
est présent dans les vésicules et non dans les croûtes. L'éruption, prurigineuse (qui démange),
peut débuter n'importe où, mais en général les premiers éléments apparaissent sur le tronc et
la racine des cheveux. Le "bouton" est d'abord une "macule", sorte de tache rouge de 2 à 3 mm
de diamètre puis devient une "papule", espèce d'éminence rouge qui s'élève sur la peau. Des
"vésicules" grosses comme une tête d'épingle ou "bulles" (3 à 5 mm) apparaissent, qui
83
contiennent un liquide clair. La vésicule sèche dès le 2e jour. La croutelle s'étend, puis tombe
au 5e -7e jour en laissant une cicatrice rouge puis blanche. Les cicatrices s'atténuent en
quelques mois, parfois sur 1 ou 2 ans. Certaines peuvent persister beaucoup plus longtemps.
La fièvre est d'importance variable mais le plus souvent modérée
INFECTIONS parasitaires :
Gale : La gale est une infection due à un parasite appelé sarcopte.
La femelle sarcopte creuse un tunnel dans la couche la plus superficielle de la peau et y pond
ses œufs. La salive du parasite provoque une réaction à type d’urticaire provoquant d’intenses
démangeaisons.
Puis des sillons apparaissent et sont surmontés à une extrémité d’une minuscule perle
translucide surtout entre les doigts, les poignets et les aisselles.
MYCOSES :
-
Muguet : affection de la muqueuse buccale qui s’observe chez le nourrisson,
chez les personnes portant des prothèses dentaire ou chez certains individus traités par
chimiothérapie, antibiotiques ou corticoïdes.
-
Le muguet se manifeste par un enduit blanchâtre qui se dépose à l’intérieur des
joues, la langue et le pharynx.
-
mycose de la peau : infection de la peau provoquée par un champignon
microscopique qui vise les espaces interdigitaux, les plis, les ongles, la bouche ou les parties
génitales. Les parties touchées sont rouges et démangent. Elles apparaissent volontiers quand
il y a une mauvaise aération des espaces interdigitaux (transpiration excessive dans des
chaussures fermée, mauvais séchage après la douche…). La contamination peut aussi
s’effectuer par un tapis de bains…
84
AUTRES :
-
varices : Dilatation persistante au niveau d'une veine. Cette pathologie s'observe
le plus souvent au niveau des membres inférieurs.
-
Psoriasis : Il se caractérise par un renouvellement trop rapide des cellules de
l'épiderme, et un défaut de maturation de certaines cellules. La peau est rouge, et présente
souvent des squames blanchâtres. Les régions les plus fréquemment touchées sont les coudes,
les genoux, la région lombaire et celle de l'ombilic. Il peut aussi être généralisé à tout le corps.
Les causes sont, à l'heure actuelle, peu ou pas connues : stress, certaines infections infantiles,
facteurs génétiques (30% des cas), dysfonctionnement du système immunitaire ...
-
vitiligo : Dépigmentation partielle de la peau qui devient blanche. Le vitiligo
peut être très localisé et discret ou au contraire, toucher de très grandes zones. Son origine est
encore mal connue, mais des recherches tendraient à démontrer une possible origine
génétique, au moins pour certaines formes.
85
LES ORGANES DES SENS
86
LA VUE
Anatomie physiologie
L’œil est l’organe de la vue.
Les rayons lumineux traversent la cornée passent au travers de l’iris et du cristallin et viennent
frapper la cornée.
La rétine est composée de cellules qui reçoivent les images et les transmettent au cerveau par
le biais du nerf optique
L’iris est une sorte de diaphragme qui va se contracter ou se dilater en fonction des conditions
d’éclairage.
Le cristallin est une structure qui permet la mise au point de l’image sur la rétine en changeant
sa conformation
L’irrigation de l’œil est assuré par des glandes lacrymales qui sécrètent les larmes.
Quand l’œil est trop grand, l’image ne se forme pas précisément sur la rétine, on est alors
myope. On voit mal de loin
Quand l’œil est trop petit, on est hypermétrope. on voit mal de près
Quand le cristallin perd ses capacités à se déformer on devient presbyte (difficulté à voir de
près).
Quand il s’opacifie on parle de cataracte.
Le glaucome est une élévation de pression à l’intérieur de l’œil qui va progressivement léser le
nerf optique.
87
Quand la cornée n’est pas parfaitement sphérique on est astigmate. On a du mal à voir 2
lignes perpendiculaires nettes en même temps.
Quand l’iris est très ouvert, on parle de mydriase, quand il est trop fermé c’est le myosis.
88
L’OREILLE
Anatomie physiologie
L’oreille est un organe qui sert à la fois dans l’audition et dans l’équilibration
L’audition :
Les sons entrent par le conduit auditif externe et viennent frapper le tympan qui va résonner
comme un tambour.
La vibration de la membrane tympanique va être transmise aux osselets pour atteindre une
autre membrane la fenêtre ovale. Derrière cette fenêtre ovale, un liquide posé sur des cellules
va bouger .les cils des cellules vont se mettre à bouger en fonction de la fréquence du son.
Ainsi le son est décomposé selon plusieurs fréquences en fonction des cellules qui seront
touchée par les mouvements du liquide. Les cellules informeront donc le cerveau par la suite.
Les osselets ont un rôle de récupération et de transmission de la vibration qui arrive sur le
tympan. Quand le son est trop fort, un système d’amortissement des mouvements des osselets
se met en route c’est le reflexe stapédien (celui qui rend sourd quand on sort d’un concert !)
Cependant, l’écoute d’intensités sonores très importantes en sollicitant trop les cellules
réceptrices peut les fatiguer et faire baisser l’audition à plus ou moins long terme.
La baisse commence en général par les fréquences aigües…
L’équilibration.
89
Au sein de l’oreille existent 3 canaux, les canaux semi circulaires remplis de liquide.
Ces trois canaux sont orientés dans les 3 directions de l’espace.
Ainsi lorsque la tête bouge dans un sens le canal qui est orienté dans le sens du mouvement
voit son liquide bouger. Il en informe donc le cerveau, indiquant par la sorte le mouvement.
Le traitement des informations se situe au niveau du cervelet.
Pathologie
Une otite est une inflammation de l’oreille
Elle est dite externe quand elle touche le conduit auditif externe,
Elle est dite moyenne quand elle touche la caisse du tympan
Cause le plus souvent infectieuse, mais aussi traumatique (barotraumatisme, gifle sur l’oreille,
coton tige un peu trop utilisé…)
Signes : douleur, plus ou moins fièvre
Les vertiges
Ils peuvent causé par une atteinte du récepteur (la cochlée) , par atteinte du nerf vestibulaire
ou par atteinte du centre de traitement de l’information (le cervelet)
Ce n’est qu’un examen spécialisé (ORL )qui permet de faire le diagnostic précis.
Les surdités
Perte d’une partie de l’audition
Il peut y avoir une atteinte du récepteur (cochlée) ou du nerf cochléaire, plus rarement une
atteinte du récepteur
Cause
Médicale
Dans le cas d’une atteinte tympanique sur des otites à répétition par exempe
Traumatique
En cas de traumatisme sonores en particulier
Toxique
Par utilisation de certains médicament.
90
Les acouphènes sont des bruits que l’oreille croit entendre . ils sont le plus souvent à type de
bourdonnement ou de sifflement et peuvent être permanent ou intermittents.
Leur cause est variée et nécessite un bilan ORL
91
LE SYSTEME OSTEO ARTICULAIRE
92
ANATOMIE PHYSIOLOGIE
Le système locomoteur
C’est un appareil complexe, formé d’os et d’articulations (le squelette) sur lesquels sont attachés
les muscles. La contraction des muscles provoque le mouvement des articulations.
A. Les os
a. les os du squelette
3 catégories d’os : - les os longs : humérus, fémur…
- les os courts : vertèbres, rotules…
- les os plats : omoplates…
b. les os du crane
Le crane est composé de 8 os qui forme la boite crânienne et de 14 os pour la face. Ils
protègent le cerveau et le cervelet.
93
c. La colonne vertébrale (rachis)
Elle est composée de 33 vertèbres empilées, elles supportent la tête et protège la moelle épinière.
La colonne vertébrale est la charpente du tronc.
Entre chaque vertèbre, il existe des disques intervertébraux dont le rôle est de faciliter le
glissement et la rotation des vertèbres entre elles. Il sert aussi d’amortisseur.
La colonne vertébrale est aussi le moyen de protection de la moelle épinière. Entre chaque
vertèbres sort une paire de nerfs.
d. La cage thoracique
Elles naissent des vertèbres thoraciques : - 10 paires de cotes reliées au sternum.
- 2 paires de cotes flottantes.
94
Sont rôle est de protéger les poumons, le cœur, le foie, les reins… Les articulations et les muscles
de la cage thoracique permettent les mouvements de la ventilation.
e. Les membres supérieurs
4 parties : - la ceinture scapulaire qui rattache le membre au tronc : omoplate, clavicule.
- le bras : humérus
- l’avant bras : radius et cubitus.
- la main : carpes, métacarpes et phalanges.
f. Les membres inférieurs
4 parties : - la ceinture pelvienne : sacrum, os iliaques.
- la cuisse : fémur et rotule.
- la jambe : tibia et peroné.
- le pied : tarse, métatarses, phalanges.
95
B. les articulations
C’est la jonction de 2 ou plusieurs parties osseuses.
On les classes selon leurs mobilités :
- articulation mobile : articulation des membres.
- articulations semi-mobiles : Rachis.
- articulations fixes : crane.
Etude d’une articulation mobile :
fréquemment siège de lésions traumatiques, elles sont constituée :
- Des surfaces articulaires : Les parties osseuses en contact sont recouvertes d’un cartilage lisse.
- Une capsule fibreuse qui unit l’articulation.
- De ligaments qui renforcent la capsule articulaire.
- D’une synoviale, c’est une membrane a l’intérieur de la capsule remplie d’un liquide qui facilite le
glissement des surfaces articulaires (le liquide synoviale).
Les tendons : ce sont les attaches des muscles sur les os.ils transmettent la force de contraction du
muscle à l’os permettant à l’articulation de fonctionner.
96
C. Les muscles
On distingue deux types de muscles :
- les muscles striés, qui fonctionne de façon volontaire
- les muscles lisses qui fonctionnent de façon involontaire (muscles des intestins, des
bronches…)
On distingue 3 sortes de muscles striés :
- les muscles en fuseaux : muscle charnu avec des tendons aux extrémitésil sservent le plus souvent
à fléchir ou étendre une articulation
- les muscles plats : en forme d’éventail.
- les muscles annulaires : ils entourent un orifice (ce sont les sphincters et les orbiculaires –autour des
yeux-).
97
LES DETRESSES
Ce sont des atteintes osseuses ou musculaires.
Les accidents osseux
Les fractures sont la rupture de la continuité de l’os. Elles peuvent être à l’origine d’atteintes :
Nerveuse : compression ou section d’un nerf.
Vasculaire : compression ou section d’un vaisseau sanguin.
De la peau : une fracture ouverte est un risque d’infection +++ (ostéite).
Hémorragie : l’os est vascularisé, une fracture du fémur par exemple pourrait provoquer une détresse
circulatoire.
Elles sont en général causées par des traumatismes (chutes, chocs), elles sont
exceptionnellement causées par des excès sportifs ou par certaines pathologies.
les fractures simples post-traumatiques
Ce sont les fractures qui font suite à un accident violent. Une fracture peut arriver après un
choc direct sur l'os à l'endroit de la fracture, ou après une torsion importante à distance du
foyer de la fracture. Dans la très grande majorité des cas, la personne souffre et a beaucoup de
mal à mobiliser le membre touché. La déformation est très inconstante. Un hématome apparaît
souvent le jour même ou le lendemain.
Les précautions élémentaires sont d'éviter de mobiliser la zone du corps suspectée de fracture
et de voir un médecin. Le risque principal est, outre la douleur, de déplacer encore plus les
fragments osseux et de compliquer la prise en charge par une fracture ouverte ou une
intervention chirurgicale complexe.
b. les fractures spontanées
Ce sont des fractures qui se déclenchent sans l'intervention d'un choc ou d'une torsion. Les
principales causes sont les tumeurs ou l'ostéoporose (déminéralisation des os). Certaines
maladies génétiques comme la maladie des os de verre peuvent aussi être en être
responsables (moyennant des chocs minimes)
C'est parfois dans un bilan de douleurs que l'on tombe à la radiographie sur une image de
fracture.
c. les fractures de fatigue
Les fractures de fatigue apparaissent au cours d'efforts très prolongés associés à des microtraumatismes répétitifs. Ces fractures semblent être favorisées par le manque d'oxygène et
98
l'acidité résultante au niveau des tissus osseux. L'excès d'entraînement peut engendrer des
carences alimentaires qui sont un facteur de risque supplémentaire. Ces fractures sont souvent
précédées de fissurations plus discrètes mais déjà douloureuses.
d. les fractures engageant le pronostic vital
Les fractures touchant de gros os comme le fémur, sont susceptibles d'engendrer des pertes
de sang de l'ordre de plusieurs litres. Ce sang ne sera pas visible car il restera séquestré dans
la cuisse. Le risque est donc une détresse circulatoire qui justifie la mise sous perfusion. Seule
la réduction de la facture peut arrêter l'hémorragie.
Les fractures de côtes sont susceptibles d'engendrer des blessures des poumons par
embrochage et des problèmes respiratoires sévères.
Les fractures vertébrales peuvent entraîner des compressions médullaires et donc des
paralysies.
Les fractures de crâne peuvent s'accompagner d'hémorragies cérébrales et de comas parfois
gravissimes, mais aussi de brèches méningées avec risque de méningite.
Les fractures des os du nez ou de la face peuvent aussi s'accompagner de brèches méningées
et d'hémorragies nasales parfois dangereuses.
e. les fractures ouvertes
Les fractures ouvertes sont des fractures où l'os brisé fait effraction à travers la peau, ou
encore une plaie en regard du foyer de fracture fait communiquer os blessé et contaminants
extérieurs. La fracture ouverte fait toujours craindre une infection de l'os. L'os a la particularité
de guérir très mal des infections et d'exiger des traitements antibiotiques prolongés.
Les fractures ouvertes et les fractures avec pronostic vital engagé, justifie plus encore que les
autres d'une prise en charge médicale urgente.
B. Les accidents articulaires
les entorses
L’entorse est un traumatisme de l’articulation (cheville, genou, poignet, pouce…), à l’origine d’un
étirement ou d’un déchirement des ligaments qui la soutiennent. Il existe plusieurs stades selon
la gravité de la lésion :
- L’entorse légère : un simple étirement des ligaments, appelé communément foulure. À ce stade,
l’articulation est encore fonctionnelle.
- L’entorse moyenne : un étirement des ligaments accompagné d’un début de déchirement.
- L’entorse grave : une rupture complète du ou des ligaments avec possibilité d’arrachements
osseux, à l’endroit où le ligament est inséré.
les luxations
99
La luxation est un déplacement ou un écartement de deux surfaces articulaires, accompagné d'une
déchirure des ligaments, qui peut aller dans les cas extrêmes jusqu'à leur rupture ou à un arrachement
osseux.
le déplacement de l'articulation peut pincer un nerf ou un vaisseau sanguin, ce qui peut
provoquer des problèmes neurologiques aux membres (notamment aux extrémités) et
d'alimentation sanguine (ischémie).
Pour les membres, on aura une indication de tels problèmes si la personne présente :
des troubles de la sensibilité (sensation de fourmillement, perte de sensibilité, sensation de
décharge électrique) ou de la motricité des extrémités ;
un pouls distal (radial ou pédieux) dissymétrique, difficile à sentir d'un côté voire absent, des
pâleurs et froideurs aux doigts ou orteils.
C. Les traumatismes musculaires
En fait, s'il est commode de classer ces accidents en 3 catégories, il faut savoir que tout peut
se voir depuis la minime élongation jusqu'à la rupture complète et qu'il n'est pas toujours
facile de faire "rentrer" un accident dans une catégorie précise.
Lorsqu'un accident musculaire, même minime, survient, il est particulièrement important
d'arrêter immédiatement toute activité physique, car les risques de voir s'aggraver les lésions
sont très grands.
les élongations
Il s'agit de micro déchirures dans le faisceau musculaire. Elles sont dues à des sollicitations
excessives du muscle qui travaille en limite d'étirement. La douleur est brutale mais modérée,
sans œdème ou hématome, entraînant une gêne relativement peu importante.
Les claquages
C’est une rupture des fibres du tissu musculaire partielle, entrainant un hématome et un
œdème. Il est dû à un étirement brutal du muscle, associé parfois à un traumatisme direct. La
douleur est vive et brutale « comme un coup de poignard », la victime porte la main
immédiatement sur le siège de la douleur et l’activité musculaire devient impossible.
les déchirures
Il s'agit cette fois, de déchirures de fibres, voire des faisceaux musculaires entiers. Elles sont
dues à deux causes :
Soit à une contraction trop violente et trop rapide (type démarrage)
100
Soit à un choc sur un muscle contracté
On les reconnaît grâce à une douleur brutale et bien localisée associée à un hématome et à une
impossibilité totale de pouvoir bouger..
D. Les lésions tendineuses
a. les tendinites
Les tendons sont des structures fibreuses assurant la jonction du muscle avec l'os et qui sont
peu extensibles. La rupture de quelques fibres suffit à déclencher une réaction inflammatoire,
c’est la tendinite. Elle correspond à une inflammation des tendons, due au surmenage ou à des
micro-traumatismes.
En règle générale, les symptômes sont une douleur locale associée à des signes
d’inflammation (zone très chaude, rouge et sensible, associé à une impotence).
Les tendinites les plus fréquentes sont celles de l'épaule, mais on peut aussi en souffrir aux
chevilles, aux poignets, aux mains, aux genoux, aux pieds, aux coudes…
les ruptures des tendons
L’étirement brutal d’un muscle peut entrainer la rupture totale d’un tendon. La victime ressent
une vive douleur en « coup de fouet », et perçoit un claquement sec.
les arrachements ostéo-tendineux
Même mécanisme, mais c’est la zone d’insertion du tendon sur l’os qui s’arrache.
101
LES PATHOLOGIES
Les fractures des membres
Le membre supérieur
La fracture de la clavicule est une fracture fréquente qui fait souvent suite à une chute. Elle
n'est jamais très grave. On voit souvent une saillie osseuse ou une bosse en regard du foyer de
fracture. La clavicule parait parfois raccourcie. Le point de rupture est très douloureux. On
opère exceptionnellement, on réduit la fracture et on la consolide par un système d'anneaux
qui maintient les épaules en arrière pendant 3 semaines à 1 mois et demi.
Les fractures de l'épaule.. Ce sont souvent des fractures plus complexes dont certaines, rares,
peuvent aller jusqu'à la pose d'une prothèse. Il faut retenir que c'est une épaule douloureuse
déformée, qui peut s'accompagner d'une compression des nerfs et artères qui passent à
proximité. On peut confondre avec la luxation de l'épaule. Les suites en sont plus rapides mais
les risques de compression sont les mêmes.
Les fractures de la diaphyse humérale, c'est à dire de la partie intermédiaire, non articulaire du
bras. Il y a la douleur, la déformation ou la rotation du bras. Là encore il faut craindre une
compression vasculaire ou nerveuse. On vérifie la présence du pouls au poignet et l'absence de
fourmillements ou de paralysie sur ce membre. Il y a rarement intervention. On réduit la
fracture et on bloque le bras.
Les fractures du coude. Il s'agit là encore de différentes fractures possibles plus ou moins
complexes. Il peut y avoir toutes les déformations possibles, qui font évoquer la fracture.
Les fractures des avants bras. Elles touchent souvent le radius et le cubitus, donc les deux os
simultanément. Ce sont des chocs directs. En outre, les consolidations sont longues (3 mois).
A noter les formes particulières chez l'enfant, dites "en bois vert", ou en "motte de beurre".
Dans le premier cas, l'os est plus tordu que fracturé, il y a seulement une angulation, il s'agit
de fractures diaphysaires (partie longue de l'os).. Dans le second cas, l'os est tassé sur luimême dans son axe sagittal, il s'agit de fractures tassement à proximité du poignet le plus
souvent. Ces dernières peuvent passer presque inaperçue, la mobilité n’étant que peu altérée.
Les fractures du poignet.. Elles sont le plus souvent dues à des chutes avec réception sur la
paume de la main. On note surtout un élargissement du poignet, un aspect particulier en "dos
de fourchette" Ce sont souvent des fractures de la personne âgée du fait de l'ostéoporose.
l'immobilisation doit être la plus précoce possible pour éviter les séquelles douloureuses.
Les fractures de la main.. Du fait de sa finesse, les fractures sont souvent très évidentes :
102
douleurs, déformations, hématomes sont autant de signes suspects qui amènent à une
radiographie.
Le membre inférieur
Les fractures de la hanche Ce sont le plus souvent des fractures de la personne âgée. Elles sont
alors favorisées par l'ostéoporose. Cette fracture s'accompagne souvent d'un petit
raccourcissement et d'une rotation du membre : le pied semble tomber sur le côté. Il y a bien
sûr une douleur au niveau de l'aine. Parfois la personne âgée peut continuer à marcher.
Les fractures de la diaphyse fémorale. On les rencontre souvent dans les accidents de la route.
Le fémur se brise par percussion de la cuisse dans le tableau de bord. Ce sont des fractures
hémorragiques.
Les fractures de la rotule. Ce sont des fractures par choc direct sur la rotule. L'extension de la
jambe sur la cuisse par contraction du quadriceps est difficile et incomplète. Il faut même
éviter de trop manœuvrer le membre car on risque d'élargir la fracture. Il existe un hématome
devant la rotule.
Les fractures du genou. Ces fractures s'accompagnent parfois uniquement d'un "gros genou"
après le choc. L'avis médical et la radiographie sont donc essentiels dès qu'un genou gonfle.
Souvent le diagnostic est plus évident du fait de blocages ou de déformations. A noter
occasionnellement des compressions vasculaires à l'arrière du genou
Les fractures de la jambe.. Ce sont des fractures diaphysaires. Elles touchent pratiquement tout
le temps les deux os péronée et tibia, parfois un seul os associé à une lésion du genou ou de
la cheville. Les fractures sont souvent évidentes du fait de déformations. On y voit aussi assez
régulièrement des fractures ouvertes. Les mécanismes des fractures sont aussi bien des chocs
directs que des rotations.
Les fractures de la cheville.. Ce sont souvent des mécanismes d'entorses plus ou moins graves
qui amènent les fractures de cheville. Cela va de l'arrachement osseux simple à la fracture bimalléolaire (les malléoles sont les noms donnés aux deux extrémités les plus basses,
articulaires des tibias et péronés). Le traitement va du simple plâtre à l'intervention avec vis.
Les fractures du pied
Le calcanéum. Cette fracture du calcanéum survient après des réceptions violentes sur les
talons. La marche est douloureuse du fait de la douleur au niveau du talon. Il existe dans les
jours qui suivent, un hématome sous la voûte plantaire. Le diagnostic est radiologique et
parfois difficile, parfois seulement visible plusieurs jours après.
Ces fractures doivent être bien traitées, selon leurs types, car elles laissent facilement des
séquelles douloureuses.
L'astragale C'est une fracture rare. Elle s'accompagne parfois de luxation de l'os qui sort de sa
103
loge articulaire. On voit aussi des nécroses secondaires de cet os pour des raisons de mauvaise
vascularisation.
Les métatarsiens et les phalanges. Ce sont des fractures fréquentes, par écrasement, parfois
ouvertes. Sauf ouverture, le traitement est relativement simple.
Les fractures du rachis
Les fractures du rachis sont les fractures qui touchent les vertèbres. Les vertèbres ont un
contenu : la moelle et les nerfs qui en naissent. Donc les principaux risques en cas de fracture
vertébrale sont la compression voire la section de la moelle ou de nerfs. Le résultat est une
paralysie de la partie du corps correspondante.
Toutes les fractures vertébrales ne donnent pas des paralysies. Certaines peuvent donner la
paralysie secondairement car elles sont instables et peuvent se déplacer.
Tout fracas important, toute chute d'une hauteur conséquente est susceptible d'entraîner une
fracture du rachis. La personne âgée peut présenter un tassement vertébral avec risque de
compression sur une chute de sa hauteur du fait de l'ostéoporose.
Les fractures du rachis concernent les vertèbres du cou, les vertèbres thoraciques, les
vertèbres des lombaires
Les fractures du rachis cervical. Ce sont les plus graves.. Sur les premières cervicales, elles
peuvent entraîner une mort immédiate. Ces fractures peuvent aussi être à l'origine des
tétraplégies (paralysie des 4 membres).
Les fractures du rachis dorsal (thorax) Elles sont beaucoup plus rares et avec moins de
conséquence, car ces vertèbres, même tassées ou fracturées, sont stabilisées par la présence
des côtes et de la cage thoracique qui offre une unité stabilisante. Souvent les fracas
thoraciques touchent avant d'autres organes vitaux internes (poumons, aorte, coeur).
Les fractures lombaires.. Ce sont de grosses vertèbres plus solides que les vertèbres cervicales.
Le mécanisme de compression se fait par fracture directe mais aussi souvent par fracture
luxation: les vertèbres arrachent leurs insertions et se déplacent les unes par rapport aux
autres en écrasant les sorties nerveuses : au niveau lombaire, la moelle proprement dite n'est
plus présente, elle s'arrête au niveau des premières lombaires laissant la place à ce que l'on
appelle la queue de cheval qui est un faisceau de nerfs
Les conséquences sont des paralysies des membres inférieurs et des sphincters (vessie,
rectum).
Les fractures du bassin
Les fractures du bassin font suite à des traumatismes graves (chutes et accidents de la voie
publique). Les fractures sont souvent multiples, ce qui induit une instabilité. Elles peuvent léser
les gros vaisseaux présents dans le bassin et entrainer une hémorragie. Ces fractures sont
souvent associées à des ruptures de vessies ou d'urètre.
104
Les fractures des côtes Les fractures de côtes peuvent être uniques ou multiples. Une fracture
de côte fait suite à un choc. Elle donne une douleur à la pression, à la toux, à l'effort, à la
respiration profonde. Le risque principal est rare, c'est l'embrochage de la plèvre, d'un
poumon, du foie ou de la rate. Cela signifie difficultés à respirer, essoufflement et parfois une
détresse respiratoire.
Lorsqu'il y a plusieurs côtes de fracturées en plusieurs endroits, on peut observer des
respirations paradoxales, c'est à dire que le volet formé par les côtes fracturées fonctionne à
contre sens de la respiration et limite la capacité respiratoire. C’est ce qu’on appel un volet
costal.
Si l'on ne fait rien sur une fracture simple, on peut être amené à intervenir chirurgicalement
sur l'hémorragie liée à l'embrochage d'un organe ou sur un volet costal pour le fixer.
Les fractures de la face
La mandibule ou mâchoire inférieure. Ces fractures font souvent suite à des coups de poings.
Il faut récupérer les dents perdues qui peuvent être réimplantées
Les fractures du nez Les fractures du nez peuvent intéresser les os propres du nez, superficiels
et visibles, et les os plus profonds.
Les os propres fracturés engendrent essentiellement des préjudices esthétiques et des
obstructions chroniques de narines. Lors du choc, elles s'accompagnent de saignements
visibles.
Les fractures de l'orbite. Elles se manifestent pas un strabisme (perte de la mobilité normale
des 2 yeux) ou une difficulté à mobiliser un œil. L'œil ou un de ses muscles peut avoir été
embroché. Le risque de méningite existe également, ainsi que les risques d'infection de l œil.
Les fractures du rocher. Le rocher est l'os sur lequel s'insère l'oreille et tout le système auditif.
Le nerf facial y passe. Sa fracture peut engendrer un saignement du tympan, une surdité, une
paralysie faciale, mais aussi une méningite ou une hémorragie cérébrale. Il y a souvent une
perte de connaissance initiale.
Les fractures des autres os du crâne. Toutes ces fractures peuvent engendrer une perte de
connaissance initiale. L'examen clinique donne une idée des lésions associées au niveau du
cerveau.
105
Le polytraumatisé
Définition :
Il s’agit d’un blessé présentant plusieurs lésions dont une au moins engage le pronostic vital.
Le poly fracturé est un blessé présentant plusieurs fracture mais dont aucune n’engage le
pronostic vital
Mécanisme
Lors d’un accident avec une forte cinétique, le corps humain est brusquement soumis à une
forte décélération. Les organes internes sont aussi soumis à cette décélération brutale, mais
pas forcément en même temps que les muscles et les os. Ils peuvent donc venir s’écraser sur
les parois osseuses (pour le cerveau) ou le poumon) ou bien étirer leur insertion vasculaire et
se cogner contre des structures externes par le biais de la paroi abdominale (foie, rate…)
En même temps ; les structures osseuses peuvent venir violemment en contact avec des objets
ou des infrastructures (volant, colonne de direction, mais aussi le sol) et se fracturer.
Signes :
Douleur sur les fractures
Détresses de tous types
Se méfier des lésions qui vont décompenser dans un deuxième temps (poumon, foie, rate…)
106
LES MALADIES INFECTIEUSES
107
PHYSIOLOGIE
L organisme est souvent confronté à des agents microbiens : bactéries, virus, champignons,
parasites. Beaucoup ne sont pas mauvais pour l’homme car ce dernier possède des barrières
de défense, naturelles ou spécifiques, contre l’infection.
L’infection se déclare si le germe est mauvais par lui-même ou si l’individu est déficient , soit
par l’altération des barrières naturelles , soit par déficit des défenses spécifiques immunitaires.
Définitions
a)maladie=altération de l’intégrité physique et ou psychologique d’un individu ou d’un groupe
b) infection=pénétration et développement dans un organisme de micro-organismes
pathogènes (mauvais) pour celui-ci, (agents infectieux) produisant des troubles d’intensité et
de gravité variables.
c)les agents infectieux (bactérie, virus, champignons, parasites)
les mécanismes de défense de l’organisme
a)la barrière cutané- muqueuse
Les secrétions de la peau (sueur, sébum), forment un film acide à sa surface, et assurent une
barrière chimique contre les bactéries.
La barrière mécanique qui protège les muscles contre les frottements et les chocs, est
représentée par les cellules kératinisées.
La barrière biologique est due aux cellules de Langerhans , qui exercent la première action
dans la capture des antigènes (substances étrangères).
Grâce au sébum qui l’imperméabilise, la peau est protégée contre l’eau.
La peau protège contre la lumière solaire : la mélanine protège les cellules des UV.
b) réactions de l’organisme non spécifique : l’inflammation
Lorsqu’un agent infectieux pénètre dans le tissu conjonctif (tissu de soutien de la peau), il va
se produire une réaction inflammatoire caractérisée par 4 signes :
Une rougeur
Une chaleur
Une douleur
Un œdème (gonflement)
La présence des bactéries entraîne une vasodilatation des vaisseaux. C’est pourquoi, la plaie
est chaude et rouge.
108
De ces vaisseaux sort un liquide appelé exsudat qui provoque l’œdème, aggravé par les
bactéries qui envahissent le derme et qui s’y multiplient.
Ce gonflement irrite et compresse les terminaisons nerveuses ce qui provoque la douleur.
Les globules blancs (leucocytes) mobilisés sur le lieu de l’infection ingèrent les bactéries
(phagocytose) et stoppent l’infection. S’ils n’ont pas le dessus, l’infection peut envahir les
vaisseaux et provoquer une septicémie (infection généralisée de l’organisme à partir d’une
infection localisée d’où les germes partent par les vaisseaux).
Lorsque la peau présente une lésion, même petite, les microbes peuvent envahir les tissus plus
profonds. Alors entre en jeu un autre mécanisme : la défense cellulaire ou phagocytose.
De nombreux phagocytes (globules blancs et macrophages), sont attirés par des cellules
lésées.
Ces phagocytes vont d’abord s’accoler à la paroi des vaisseaux, puis déformer leur membrane
pour passer à travers.
Les phagocytes vont venir entourer les substances étrangères, mais aussi les débris des
cellules lésées, et finissent pas faire disparaître les débris.
c)réactions spécifiques : l’immunité
L’immunité est l’ensemble des facteurs et des processus qui protègent l’organisme contre les
micro-organismes et les substances étrangères ou anormales.
Quand les défenses de premières lignes de l’organisme ont laissé passer une substance
étrangère (appelé antigène) , une autre ligne de défense se met en route par le biais des
anticorps et des cellules immunitaires que sont les globules blancs.
Il existe plusieurs catégories de globules blancs, aussi appelé lymphocytes. Certains vont
sécréter des substances (ce sont les anticorps) qui iront se coller sur l’agent étranger pendant
que d’autres iront tuer ces mêmes substances étrangères marquée par les anticorps.
La sécrétions d’anticorps ne se fait pas de façon instantanée mais nécessite quelques jours
après que l’antigène soit entré dans l’organisme. En effet, les cellules qui sécrètent les
anticorps doivent rencontrer l’antigène, le reconnaître comme étant étranger et de là sécrété
l’anticorps qui correspond exactement à l’antigène. C’est le plus souvent l’association d’un
anticorps avec son antigène qui provoquera la destruction de l’intrus.
Donc quand nous somme en contact pour la première fois avec un agent étranger (par
exemple un virus) le temps que le corps humain lance la production d’anticorps , le virus a le
temps de se développer et de créer la maladie. Par la suite, le système immunitaire reprend le
dessus et le virus est détruit, induisant la guérison.
Les cellules qui ont fabriqué l’anticorps gardent en mémoire le mode d’emploi, permettant lors
de la réapparition secondaire de l’antigène de fabriquer très rapidement l’anticorps
109
correspondant, et de ne pas permettre le développement de la maladie. L’immunité est donc
ainsi acquise, vis-à-vis de cet antigène.
On peut acquérir une immunité artificiellement lorsque nous sommes vaccinés.
La vaccination :
Elle a pour but la protection de l’être humain contre une maladie donnée.
Les vaccins sont constitués par des préparations qui contiennent des bactéries ou des virus
morts ou atténués, parfois vivants mais très atténués. Ces agents sont capables de stimuler la
production d’anticorps spécifiques et une mémoire immunitaire.
Dans ce cas, le corps fabrique lui-même des anticorps : l’immunité est active.
Les anticorps apparaissent au bout de 3 semaines : l’immunité est tardive.
Les rappels permettent d’entretenir la mémoire des cellules : l’immunité est durable.
La sérothérapie
C’est l’injection d’anticorps étrangers fabriqués par un être humain ou un animal. Les
anticorps procurent une protection immédiate : elle est dite passive.
Cependant cette protection ne dure que le temps de faire fabriquer au corps des anticorps, par
une vaccination associée le plus souvent.
Lors de la grossesse, les anticorps de la mère passent la barrière placentaire et atteignent la
circulation fœtale. Le bébé est protégé pendant quelque mois contre les antigènes pour
lesquels la maman a fabriqué des anticorps
Exemple d’utilisation de la sérothérapie :
Un sujet se blesse avec une pointe rouillée.
Deux solutions sont envisageables :
Il est vacciné contre le tétanos et ses rappels sont à jour, dans ce cas, les anticorps présents
dans son organisme vont empêcher le développement du tétanos.
Il n’est pas vacciné .Il devra alors recevoir des anticorps spécifiques (sérum antitétanique) qui
le protègeront immédiatement contre la maladie, mais au bout de 3 semaines, il ne sera plus
protégé contre le tétanos si, à nouveau, il se blesse. La vaccination va permettre d’acquérir une
immunité durable 3 semaines après l’injection.
Les organes du système immunitaire :
Ce sont ceux qui produisent les cellules de l’immunité, ainsi que ceux qui luttent contre les
antigènes.
La moelle rouge osseuse contenue dans l’os spongieux est le lieu de production des cellules
immunitaires (macrophages et lymphocytes) du sang.
110
Le thymus (organe situé en arrière du sternum et surtout actif pendant les 2 premières années
de la vie) est la glande ou les lymphocytes T se forment.
La rate est un organe situé à gauche sous le diaphragme qui joue un rôle dans le recyclage
des globules rouges. Dans la rate, les lymphocytes prolifèrent.
Les ganglions lymphatiques sont le lieu de rencontre entre les antigènes et les lymphocytes.
Situés principalement sous les aisselles, à la base du cou et dans l’aine, ils renseignent sur une
éventuelle infection s’ils sont gonflés.
Les vaisseaux lymphatiques permettent la circulation des lymphocytes dans l’organisme.
Les manifestations de l’infection
Les maladies infectieuses
Elles se manifestent en 3 étapes :
-La phase d’incubation durant laquelle les bactéries se multiplient en quantité suffisante.
Elle se situe entre la contamination et les premiers signes cliniques. Si la multiplication
bactérienne est insuffisante, la maladie ne se déclarera pas.
-La phase d’invasion au cours de laquelle les premiers signes cliniques généraux apparaissent.
-La période d’état durant laquelle les signes cliniques sont évocateurs (diarrhée, troubles
nerveux, éruptions cutanées,…), et permettent le diagnostic.
Les infections localisées
Elles se manifestent par une réaction inflammatoire : les cellules phagocytaires affluent sur le
site de l’infection ; la zone devient tuméfiée, douloureuse et purulente.
Le pus correspond à l’accumulation de bactéries vivantes et mortes, de leucocytes et de
substances produites par l’organisme (fibrine).
On peut distinguer différentes formes d’infections locales :
Les furoncles : infection d’un follicule pileux ;
L’anthrax : réunion de plusieurs furoncles ;
L’impétigo : lésion pustuleuse de la peau, souvent localisée près de la bouche ;
Les angines à streptocoque A ou à pneumocoque
Les otites
Les rhinopharyngites
Les bronchites…
Si l’infection n’est pas guérie, elle peut progresser. Les bactéries gagnent alors les ganglions,
engendrant des inflammations à distance.
Les infections généralisées
Si les bactéries pathogènes franchissent l’obstacle des ganglions, elles atteignent le sang et
provoquent une infection généralisée appelée septicémie.
111
Les voies de transmission et de pénétration des micro-organismes
La transmission aéroportée (par l’air)
En toussant, en parlant et même en respirant, nous émettons des particules provenant de la
sphère rhino-pharyngée, porteuses de différents micro-organismes.ces particules peuvent être
transportées
La transmission par contact transmission manu portée : les mains sont les principaux vecteurs
de transmission de micro-organismes.
Les vêtements, les blouses du personnel, les tenues d’intervention transportent de
nombreuses bactéries.
Le matériel médical mal stérilisé est une source de contamination.
Les différentes modes de pénétration des micro-organismes
La voie respiratoire :
Les petites particules, provenant de l’air, qui n’ont pas été arrêtées par les cellules ciliées, et
piégées par le mucus du nez et des bronches, parviennent jusqu’aux alvéoles pulmonaires ou
elles pourront proliférer.
Les virus de la grippe, de la rubéole et le bacille de la tuberculose pénètrent ainsi.
La voie cutanée :
Les micro-organismes, dont le bacille tétanique, peuvent pénétrer dans l’organisme facilement
si l’épiderme (barrière naturelle) présente une lésion (plaie, brulure, ulcération). Toute plaie,
même minime doit être soignée correctement.
La voie digestive :
Les aliments et l’eau contaminés transportent et infectent l’organisme, provoquant des
intoxications alimentaires. Les salmonelles, le staphylocoque, la listéria pénètrent ainsi.
Des mesures d’hygiène rigoureuses doivent être adoptées dans les cuisines collectives.
La voie sexuelle :
Les secrétions génitales des micro-organismes, responsables de MST (hépatite B, VIH), ou des
mycoses (candida Albican).
Actes médicaux :
Tout instrument, matériel médical, introduit dans un organe, utilisé pour les soins, les
opérations, les explorations (sonde, cathéter…..) est stérilisé. En cas de défaut de stérilisation,
des micro-organismes peuvent s’infiltrer dans l’organisme.
Les cathéters ou une simple piqûre peuvent apporter des micro-organismes qui se propagent
par voie sanguine, comme les virus de l’hépatite B et C, le VIH (sida).
Des mesures d’hygiènes permettent de combattre les infections : la stérilisation, la
désinfection l’antisepsie.
Des protocoles d’hygiène sont établis pour chaque manipulation à risque.
112
Les traitements
a) les antibiotiques
Les antibiotiques sont des composés chimiques ayant la propriété de tuer ou d’empêcher la
prolifération des bactéries.
Ce sont des substances produites naturellement par certaines moisissures et bactéries.
b) les antiviraux
Se sont des substances chimiques qui empêchent la prolifération des virus ;
Des recherches sont actuellement en cours pour trouver de nouvelles drogues antivirales, en
particulier anti rétrovirus (virus HIV).
c)les antifongiques
Se sont des médicaments qui agissent sur les infections à champignons :
Il y a des antifongiques locaux pour les infections cutanées et des antifongiques pour des
infections graves, généralisées.
d) les antiparasitaires
Les médicaments antiparasitaires sont très variés. Ils agissent contre les parasites.
113
PATHOLOGIES
a)la septicémie
Infection généralisée de l’organisme (Infection du sang). Elle se traduit le plus souvent par une
grande fatigue, une fièvre élevée et des frissons. Elle a pour origine un foyer infectieux qui
envoie des bactéries à distance car les défenses de l’organisme sont dépassées au niveau local
b) la méningite
Elle peut être virale ou bactérienne. C’est une infection localisée au niveau des
méninges (enveloppes du cerveau).
c)le tétanos
Le germe du tétanos est présent dans le sol ou il peut rester des dizaines d’années. Le bacille
du tétanos est également présent dans les poussières. Une plaie, grave ou bénigne, en contact
avec les souillures provenant du sol peut être à l’origine du tétanos.
L’infection se manifeste ainsi :
Les spores germent dans la blessure et se multiplient. Un foyer infectieux se forme.
Pendant la période d’incubation, la toxine libérée par la bactérie chemine le long des nerfs et
par la voie sanguine jusqu’aux cellules nerveuses de la moelle épinière sur lesquelles elle se
fixe en provoquant une hyperexcitabilité des neurones moteurs .
Les premiers signes apparaissent : rigidité musculaire, contraction des muscles de la
mastication,…
Les contractions gagnent les muscles des membres, provoquant des crampes très
douloureuses. Si les muscles respiratoires sont atteints, la mort survient.
d) la listériose
Il s’agit d’une maladie liée à un bacille « la listeria » provenant du sol des plantes. Peu
dangereux pour l’homme normal, il peut entrainer des infections sévères lorsqu’il existe un
déficit des fonctions immunes de défense (vieillard, nouveau –né, diabétique, grossesse,
cancers…..)
e)la tuberculose
Due au bacille de koch (Bk), la tuberculose est avant tout une infection pulmonaire, mais tous
les organes peuvent être touchés. C’est une maladie qui guérit au prix d’un traitement
antibiotique long (plusieurs mois).
114
f) la grippe
La grippe est une infection virale et contagieuse fréquente due à « Myxovirus influenza »
évoluant par épidémies. La contamination se fait par voie aérienne. Le virus se multiplie dans
l’appareil respiratoire.
g) le sida
C’EST UNE MALADIE GRAVE :
SYNDROME : ensemble de signes qui caractérisent une maladie
IMMUNO DEFICIENCE : les défenses de l’organisme sont affaiblies ;
ACQUISE : rencontrée au cours de la vie.
Ce Syndrome d’Immunodéficience Acquise est lié à la contamination par le VIH, virus
responsable du sida (virus d’immunodéficience humaine).
Lorsqu’il pénètre dans le corps, le VIH infecte les lymphocytes t4 (des globules blancs). Une
fois infecté, le t4 est transformé en usine à fabriquer de nouveaux virus, ce qui va l’épuiser et
le détruire. Les nouveaux virus vont à leur tour attaquer d’autres t4.
Dès les jours suivant la contamination, le VIH se multiplie rapidement et se répand dans le
corps ; beaucoup de t4 sont détruits. L’immunité réagit en fabriquant d’autres t4 pour les
remplacer. Un équilibre s’établit. Cependant au fil des mois ou des années, l’immunité
s’affaiblit et le nombre de t4 baisse.
Le système immunitaire lutte moins bien contre les microbes naturellement présents dans le
corps et dans l’environnement. Cet affaiblissement entraine la venue de maladies
opportunistes. On dit alors que la personne est malade du sida.
L’infection par le VIH peut rester invisible plusieurs années. Dès la contamination, les
personnes séropositives peuvent transmettre le virus, mais ne présentent aucun signe
apparent de la maladie.
Le traitement post exposition :
Le traitement d’urgence peut être demandé en cas de rupture ou d’ oubli de préservatif, de
blessure ou de coupure avec un objet souillé de sang, de partage de matériel d’injection de
drogues. Dans ces situations, on peut suivre un traitement d’urgence (traitement post
exposition) qui peut éviter d’être contaminé par le VIH.
h) les infections nosocomiales
Les infections hospitalières ou nosocomiales sont des infections contractées à l’hôpital par un
malade admis pour une autre maladie.
La transmission est la plus souvent par l’eau, le linge, le matériel (aiguilles, sondes,
cathéters,…) et surtout par les mains du personnel médical et paramédical. Ces germes sont
souvent résistants aux antibiotiques.
115
Environ 70% des infections nosocomiales sont transmises par contamination manu portée.
Dans le travail de tous les jours, les mains touchent à tout, les micro-organismes y adhèrent,
se logent sous les ongles et s’y multiplient.
Le lavage des mains devient primordial.
Entre 2 lavages des mains, des solutions hydro-alcooliques permettent de conserver un bon
niveau d’hygiène des mains.
Ils sont composés d’un mélange d’agents antimicrobiens, d’alcool et de glycérine (pour la
douceur des mains) ;
i) quelques notions d’hygiène :
La destruction ou l’arrêt de la prolifération des micro-organismes venant de l’environnement,
dans l’organisme, et dans les aliments nécessite l’utilisation d’agents antimicrobiens. On
distingue 3 catégories d’agents antimicrobiens :
Les agents chimiques : désinfectants et antiseptiques ;
Les agents physiques : température et radiations ;
Les agents biochimiques : antibiotiques ;
Le désinfectant est un produit chimique permettant de tuer ou d’éliminer les microorganismes et /ou d’inactiver les virus indésirables sur des supports contaminés inertes.
L’antiseptique est un produit chimique permettant de tuer ou d’éliminer les micro-organismes
et/ou d’inactiver les virus indésirables sur des milieux vivants.
Les désinfectants et les antiseptiques agissent sur différents micro-organismes.ils sont dits :
BACTERIOSTATIQUES quand ils stoppent la prolifération des bactéries ;
BACTERICIDES quand ils détruisent définitivement les bactéries ;
FONGICIDES quand ils détruisent les champignons ;
FONGISTATIQUES si ils stoppent la prolifération des champignons microscopiques ;
VIRUCIDES OU VIRULICIDES si ils détruisent les virus ;
SPORICIDES quand ils détruisent les spores.
Les désinfectants et les antiseptiques ne sont pas destinés aux mêmes supports, cependant,
un même produit peut être à la fois antiseptique et désinfectant.
116
LA PEDIATRIE
117
Quelques généralités :
Un nouveau né est un enfant du moment de sa naissance à 30 jours
Un nourrisson est un enfant de 30 jours à un an
Pour la prise en charge de l’arrêt cardiaque, la limite de pose des électrodes pédiatriques est
de 8 ans.
La pédiatrie, dans les hôpitaux s’arrête en général à 15 ans 3 mois. L’enfant n’est pas un
adulte en miniature.
Il a des besoins différents.
Il a des pathologies qui peuvent être différentes de celles de l’adulte, et certaines pathologies
de l’adulte peuvent être plus graves chez un enfant.
Un enfant, va se déshydrater plus vite qu’un adulte,
En cas d’exposition au froid, il peut se mettre plus rapidement en hypothermie qu’un adulte.
Constantes normales chez un enfant :
Nourrisson fréquence cardiaque : 100 à 160/mn
fréquence respiratoire : 30 à 60/mn
Enfant :
fréquence cardiaque : 70 à 140/mn
fréquence respiratoire : 20 à 30/mn
118
LES PATHOLOGIES
bronchiolite
Epidémiologie :
La bronchiolite touche le nourrisson de moins de 2 ans (environ 6 à 10% de ces enfants).
Bien souvent, elle touche le nourrisson avant l’âge de 6 mois.
Cette maladie nécessite une hospitalisation presque systématique avant l’âge de 3 mois.
Il faut savoir que les bébés les plus à risque sont :
Les enfants de moins de 3 mois
Les prématurés
Les enfants ayant une maladie cardiaque connue
Les enfants atteints de la mucoviscidose
Définition de la maladie :
La bronchiolite est une inflammation des petites bronches (appelées bronchioles).
Elle est due à un virus comparable bien souvent à celui d’un rhume.
La bronchiolite est une maladie saisonnière survenant par épidémie : de novembre à mars en général.
C’est une maladie grave qui peut être mortelle si elle est négligée.
De plus, le tabagisme passif est un facteur favorisant pour la bronchiolite .
Les signes les plus fréquents :
Comme bien des virus, celui de la bronchiolite a une période d’incubation de 5 jours (donc la plupart
du temps on ne peut pas anticiper sur l’évolution de la maladie : rhume ? bronchiolite ?).
Les signes les plus rencontré sont :
D’abord une toux sèche qui peut être augmentée la nuit du fait que l’enfant soit allongé, ce qui
augmente les quintes de toux.
Une difficulté respiratoire peut arriver à tout moment, se manifestant par une dyspnée avec des
sifflements expiratoires s’accompagnant bien souvent par des signes de lutte (battements des ailes du
nez, tirage, balancement thoraco-abdominal, polypnée supérieure à 40 par minute).
Parfois, des vomissements peuvent survenir à la suite de quintes de toux surtout si elles
surviennent après la prise des repas ou biberon.
Le nourrisson se fatiguera très vite (à cause de la toux)
Parfois, l’enfant peut faire des apnées (l’enfant de moins de trois mois surtout).
Des signes de gravité peuvent survenir d’autant plus si la maladie est négligée :
119
Fréquence respiratoire sup à 60 par minute
Fièvre à 39° ou sup à 39°
Cyanose
Sueurs
Trouble de la conscience
Aggravation des signes de lutte pouvant aller jusqu’à l’épuisement total
Refus alimentaire
Apnée
Comme toute détresse respiratoire, la position allongée est contre indiquée dans ce cas.
120
Déshydratation aigue du nourrisson (DAN)
Définition
La DAN est une complication de certaines pathologies (gastro-entérite, vomissements,
diarrhées, hyperthermie majeure, intoxication médicamenteuses, diabète…)
Elle peut conduire au décès de l’enfant
L’hospitalisation est nécessaire si la perte de poids atteint 10% du poids initial.
Sa constitution est rapide chez le nourrisson car son corps contient 70% d’eau et se renouvelle
rapidement.
De plus l’enfant est tributaire des adultes.
signes
Soif intense du nourrisson,
Lèvres et langue sèche,
Somnolence ou peu de réactivité à la stimulation,
Perte de poids brutale et importante,
Augmentation du temps de recoloration cutanée
Accélération du pouls,
Chute de la PA,
Hyperthermie, convulsions,
Hypotonie musculaire généralisée.
Gastro entérites aigues
Risque majeur : déshydratation aiguë du nourrisson et du jeune enfant.
Définition : vomissements et selles diarrhéiques, fréquentes et abondantes.
Très fréquentes : virales pour 90% des cas.
Souvent dans un contexte d’épidémie de gastro-entérites dans l’entourage.
L’enfant vivant en collectivité est particulièrement exposé.
La déshydratation est la complication la plus rapide et la plus sévère pour un nourrisson atteint
de diarrhée aiguë par gastroentérite. La coexistence avec fièvre et vomissements représente
de toute évidence un facteur aggravant majeur.
Au delà d'une perte de poids de 5%, la vigilance armée d’un suivi d'heure en heure ou
l'hospitalisation sont nécessaires.
121
En France, on peut estimer la mortalité à 40 à 80 cas annuels.
Une analyse de 13 essais menés dans les pays industrialisés a démontré que la réhydratation
par voie orale était au moins aussi efficace que la voie intraveineuse.
Pour information, certains signes cliniques peuvent orienter vers la gravité de la
déshydratation.
EVALUATION DE LA DESHYDRATATION DU NOURRISSON
Académie américaine de pédiatrie - Centers of Disease Control et Prevention Prescrire N° 207
.
Perte de poids
Déshydratation
Déshydratation
Déshydratation
légère
modérée
grave
3 à 5%
6 à 9%
>10 %
Absence de larmes
Aspect "malade"
Sécheresse des
muqueuses
Remplissage
Moins de 2 signes
cliniques
2 signes cliniques
Au moins 3 signes
cliniques
capillaire > 2
secondes
quantité d’urine
Etat de conscience
Yeux
un peu diminuée
Normal
Normaux
diminuée
Normal +/agitation
Orbites creusées
Yeux cernés
(rares urines dans
les couches)
+/- léthargique
mais normal
possible
Orbites
profondément
creusées
Pli cutané
Normal
Persistant
Persistant
Extrémités
Chaudes
Normales
Froides et marbrées
Normale
Normale
Normale à basse
Pression artérielle
(difficile à prendre)
Augmentée >
150/mn
Fréquence
cardiaque
Normale
Augmentée >
150/mn
Une bradycardie
peut être pésente
en cas de
déshydratation
importante
122
Le purpura fulminans (infection grave à méningocoque)
Définition
Il existe de nombreuses formes de purpura qui ne sont pas forcément dangereuses. Il faut en
effet distinguer le purpura, qui signifie "tache rouge", et purpura fulminans, qui est une
infection particulièrement grave, foudroyante et souvent mortelle.
Le purpura fulminans touche souvent les enfants et les adolescents, mais les adultes peuvent
aussi être infectés.
Cette maladie bouleverse tout l'organisme et peut-être mortelle ou laisser de graves séquelles,
comme un handicap (mental, moteur…), une insuffisance rénale ou encore des gangrènes des
membres, imposant des amputations.
Elle est généralement provoquée par une bactérie très dangereuse, le méningocoque, par
ailleurs responsable d'épidémies de méningites graves et mortelles. En France, en 2005, 748
méningites à méningocoque ont été recensées dont 84 ayant entraîné un décès.
Les symptômes
Le purpura fulminans se manifeste d'abord par une fièvre, des courbatures et une accélération
du rythme cardiaque et de la respiration. Quelques heures après, apparaissent des taches
rouge pourpre ou violacées.
Ces taches prennent la forme de petits points appelés "pétéchies", ou de véritables
ecchymoses. De plus, ces taches ne s'effacent pas lorsque l'on appuie avec le doigt dessus.
Le purpura est dit "fulminans" lorsque ces lésions s'étendent rapidement. L'infection est alors
gravissime. Elle commence au niveau des pieds et des jambes puis remonte rapidement le long
du corps vers le tronc et les bras. Les lésions deviennent ensuite confluentes, pour former une
gigantesque tache.
La personne peut également présenter des signes de méningite ou tout autre signe de détresse
vitale.
Le mécanisme
Le mécanisme du purpura fulminans est complexe. On peut le simplifier en disant que la
bactérie, méningocoque ou autre, passe dans le sang et se dissémine dans tout le corps. On
parle alors de septicémie (infection généralisée du sang; l’autre terme également employé est :
infection invasive à méningocoque).
En fait, les vaisseaux situés dans la peau sont agressés. Le sang en sort et s'étend dans la
peau, ce qui est à l'origine des taches rouges.
123
Une autre réaction peut accompagner le purpura : la vasoconstriction. Les vaisseaux réagissent
à l'infection en réduisant leur calibre. Du coup, les organes reçoivent moins de sang, ce qui est
particulièrement dangereux pour le cœur, les poumons et le cerveau.
Les phénomènes de coagulation sont perturbés, ce qui accentue aussi les difficultés pour
apporter assez d'oxygène au corps.
La guérison
Les chances de guérison à cette maladie sont liées à la rapidité de la prise en charge et à
l’administration d’antibiotiques. Il s'agit
s'agit donc toujours d'une urgence, expliquant la recherche
systématique de taches ou éruption chez tout enfant ayant de la fièvre.
Grâce à une meilleure prise en charge, la mortalité suite à une infection au purpura fulminans
a diminué, passant de 90 %, il y a quelques années, à 30 % aujourd'hui.
exemple de purpura fulminans. Les premières lésions sont
les toutes petites taches que l’on voit sur le ventre.
Contagion :
Le méningocoque est fragile et ne vit que dans un milieu humide à 37° C, en pratique dans le
pharynx. Lorsque le patient émet des gouttelettes de salive (toux, crachats), le méningocoque
meurt très rapidement au-delà de 1 mètre de la bouche. Le patient est donc contagieux, pour
les gens qui vivent avec lui (famille, entourage proche), rarement pour les sauveteurs.
Contrairement à ce qui était pratiqué il y a plusieurs années, il n’est plus besoin de désinfecter
les écoles ou bureaux dans lesquels le patient a séjourné.
124
Convulsions de l’enfant
Définition
Les convulsions sont relativement fréquentes chez l’enfant.
Elles peuvent êtres isolées et sans lendemain en rapport avec une pathologie aiguë.
Elles peuvent se répéter, se prolonger, aboutissant, au-delà de 30 min, à un état de mal
convulsif;
Elles peuvent entrer dans le cadre d’une maladie chronique, comme l’épilepsie.
Ce sont habituellement des contractures musculaires involontaires de type clonique ou
tonique.
Enfants à risques
Epileptique connu
Ancien prématuré
Nouveau-né ayant eu des problèmes à la naissance.
Encéphalopathe
Facteurs favorisants
Fièvre élevée chez l’enfant de moins de 3 ans,
TC,
Anoxie accidentelle, quelle qu’en soit la cause,
Méningite ou méningo-encéphalite,
Intoxication
Signes
Les crises se manifestent sous des formes variées :
Crises cloniques localisées (paupières, pouce, gros orteil, main) ou généralisées;
Crises cloniques passant d’un segment de membre à un autre;
Crises tonico-cloniques avec morsure de la langue, perte des urines et coma post-critique;
Crise tonique généralisée avec hypertonie du tronc et des membres et bascule de la tête en
arrière,
Crises avec chute brutale du tonus musculaire,
Crises myocloniques : spasmes en flexion, plus rarement en extension.
Chez le nourrisson
125
Brutal accès de pâleur et fixité du regard;
Hypotonie brutale avec révulsion des 2 yeux;
PC avec tachycardie;
Suspension brève de la conscience;
Apnées avec cyanose.
Les convulsions fébriles
Elles sont bénignes et d’évolution brève (quelques minutes), mais angoissantes pour la
famille.
Très fréquente entre 6 mois et 3-4 ans.
Il faut surtout rassurer les parents.
Convulsions observées lors d’accès de fièvre.
Chez 2 à 5% des enfants, jusqu’à l’âge de 5 ans, avec un pic de fréquence entre 18 et 24 mois
Généralement il existe une prédisposition familiale.
Il n’existe pas de donnée en faveur d’un effet préventif du traitement antipyrétique, sur la
survenue de ces convulsions en climat fébrile.
Le risque de récidive est élevé au cours des deux années qui suivent le premier épisode,
surtout si la première crise a eu lieu avant l’âge de 2 ans
Définition
L’hyperthermie :
Une élévation de la température centrale au-dessus de 38°C,
– en l’absence d’activité physique intense,
– chez un enfant normalement couvert
dans une température ambiante tempérée
Un traitement de la fièvre est éventuellement utile à partir de 38,5°C
– Hyperthermie due à une accumulation de chaleur
Venant de l’extérieur (coup de chaleur des enfants laissé dans une voiture au soleil…)
Venant du corps lui même (effort physique intense, par exemple)
Il n’y a pas de consensus pour différencier les fièvres « modérées » ou « élevées ».
Des fièvres très élevées (plus de 41°C) peuvent s’accompagner exceptionnellement de
défaillance multi-viscérale, dans le cadre d’un syndrome « fièvre-hyperthermie » chez des
enfants trop couverts
Rôle physiopathologique de la fièvre :
126
La fièvre est un des moyens de réponse de l’organisme aux infections Elle est également
présente dans les maladies inflammatoires, rares chez l’enfant. La fièvre peut avoir un effet
bénéfique lors d’infections invasives sévères (purpura infectieux, septicémie) Il n’existe pas de
preuves suffisantes pour soutenir l’hypothèse que la fièvre devrait être respectée.
Convulsions fébriles
Modalités de traitement
Méthodes physiques :
Elles reproduisent les échanges que l’organisme met naturellement en jeu avec le milieu
extérieur pour assurer sa régulation thermique
– Par radiation (déshabillage)
– Par conduction (prise de boissons fraîches, bain, poches de glace…)
– Par évaporation (brumisation, mouillage)
– Par convection (utilisation d’un ventilateur, qui potentialise par exemple l’effet du mouillage
ou du déshabillage)
Quand fautfaut-il traiter la fièvre
127
LA GYNECO OBSTETRIQUE
128
ANATOMIE PHYSIOLOGIE
Les organes génitaux féminins :
-organes génitaux internes :
- les ovaires
- les trompes utérines
- l’utérus
- le vagin
- organes génitaux externes ou vulves : - les grandes lèvres
- les petites lèvres
- le clitoris
Le périnée est la zone anatomique où se situent l’urètre, la vulve ainsi que l’anus.
Physiologie
Les ovaires ont pour fonction de fabriquer les ovules qui seront fécondés par un
spermatozoïde pour former un œuf.
A chaque cycle menstruel un ovule est fabriqué et expulsé des ovaires vers les trompes
utérines où devrait se faire la fécondation.
129
L’utérus, qui est un muscle creux et très vascularisé sera le lieu où l’œuf se fixera pour se
développer. Ce faisant, il s’incrustera dans le muscle en créant le placenta qui sera le lieu des
échanges entre la maman et le fœtus. Le placenta est aussi un organe très richement
vascularisé et peut s’il se décolle inopinément (en dehors de l’accouchement), saigner
énormément.
Du placenta partira le cordon ombilical qui alimentera l’embryon puis le fœtus en oxygène et
en nutriments pendant les 9 mois de la grossesse.
Le futur bébé se développe dans une poche remplie de liquide amniotique (la poche des eaux).
On parle d’embryon jusqu’à 3 mois de grossesse et de fœtus par la suite.
Entre la poche des eaux et le vagin, on trouve le col de l’utérus, avec en son centre un orifice
qui est obstrué par des sécrétions pendant toute la grossesse : le bouchon muqueux.
Cas particulier : la grossesse gémellaire, procréation médicalement assistée.
Deux cas peuvent se présenter :
Soit l’œuf fécondé se coupe en 2, donnant naissance à 2 embryons. C’est le cas des vrais
jumeaux.
Soit 2 ovules sont émis au cours d’un cycle (parfois plus) et sont donc fécondés par 2
spermatozoïdes différents. Il y a donc 2 œufs qui donneront alors de faux jumeaux, qui n’ont
en commun que le fait d’avoir été portés ensembles et d’être nés le même jour !
Les procréations assistées.
Dans certains cas de stérilité, les couples peuvent faires appel à des techniques de procréation
assistée médicalement : la fécondation peut s’opérer en dehors du corps maternel
(Fécondation In Vitro : FIV). Dans ce cas, l’œuf sera réimplanté dans l’utérus maternel dans un
deuxième temps. Ces techniques peuvent amener à des naissances multiples car il est souvent
réimplanté plusieurs œufs pour augmenter les chances de succès de la technique.
Il existe d’autres techniques en fonction des différents types de stérilité rencontrées.
130
Durée de la grossesse :
Le temps d’une grossesse est calculé depuis la date des dernières règles.
Elle est en moyenne de 41 semaines à partir de cette date. C’est ce qu’on appelle les semaines
d’aménorrhée (SA : semaine d’absence de règles).
On parle d’accouchement prématuré quand le bébé arrive avant le début du neuvième mois de
grossesse (soit avant 8 mois révolus de grossesse).
Quelques définitions
La parité : c’est le nombre de grossesses suivie de naissance qu’une femme a eut
La gestation : c’est le nombre de grossesses d’une femme
Ainsi une quatrième geste deuxième pare est une femme ayant eut 4 grossesses dont 2 sont
arrivées à donner naissance à un bébé.
Une parturiente est une femme qui a commencé son travail d’accouchement.
L’accouchement
L’accouchement se déroule en trois phases :
1 - Première phase : le travail
C’est la phase préparatoire::
•
L’utérus se contracte de façon espacée au début, puis régulièrement et de
plus en plus intensément
•
Sous l’effet des contractions, le col de l’utérus, initialement long et ferme
raccourcit et se dilate progressivement jusqu’à 10 cm.
•
La poche des eaux se rompt le plus souvent
•
Le fœtus s’engage dans le col dilaté.
•
Chaque contraction, associée aux efforts de poussée de la mère, fait
descendre l’enfant vers la vulve.
Dilatation du col
131
2 - Deuxième phase : l’expulsion ou accouchement proprement dit
. Le périnée se distend, le sommet de la tête apparaît.
. Puis la tête sort, suivie des épaules et du reste du corps
3 - Troisième phase : la délivrance
C’est l’expulsion du placenta.
132
Elle survient environ 30 à 45 minutes après l’accouchement.
Les contractions reprennent pour décoller puis expulser le placenta qui sortira
spontanément.
L’accouchement par le siège :
Dans ce cas, le bébé sort les fesses les premières. Ce sont des accouchements normaux, mais
qui peuvent être sources de complications plus élevées au moment de la sortie du fœtus.
Un accouchement est un acte physiologique. Le but de la personne qui aide à l’accouchement
est de recevoir le bébé en laissant faire la nature (sans tirer, ni modifier un déroulement
normal) et poser le bébé sur le ventre de sa mère avant de couper le cordon ombilical.
Risques liés à l’accouchement :
Le fœtus peut rester coincé dans les voies génitales au moment de la descente. Seule l’équipe
obstétricienne pourra décoincer le fœtus.
Au moment de la délivrance, le placenta étant richement vascularisé, il peut y avoir une
hémorragie si l’utérus ne se contracte pas suffisamment pour empêcher le saignement.
Prise en charge.
Elle comprend plusieurs éléments :
-
l’interrogatoire
-
l’installation de la parturiente en attendant l’équipe médicale
-
l’aide à l’accouchement si l’accouchement est en cours
1)
L’interrogatoire
Il est primordial.
Il doit renseigner les éléments suivants :
-
date prévue de l’accouchement ?
-
depuis quelle heure, les contractions ont-elles commencé?
-
durée des contractions ?
-
intervalle entre les contractions ?
-
perte des eaux ?
-
problèmes pendant la grossesse ?
-
antécédents médicaux de la mère ?
-
saignement ?
-
envie de pousser ?
133
L’ensemble de ces éléments spécifiques du bilan secouriste va permettre au médecin
régulateur de prendre la décision de transport ou d’envoi d’un SMUR. Il s’aidera pour cela de la
cotation du score de Malinas qui est une aide à la régulation et non un score à passer par les
sapeurs pompiers.
Le score de Malinas s’appuie sur
La parité, la rupture ou non de la poche des eaux, le délai depuis le début des contractions, le
temps entre les contractions et la durée des contractions.
Chaque item est coté de 0 à 2 et la somme donne une estimation du temps restant avant
l’accouchement.
Paritée
Durée du
Score (nombre de grossesses
travail
antérieures)
0
une
< 3h
1
deux
2
trois
et plus
entre 3 et 5
h
> 6h
Durée des
contractions
Intervalle entre les
contractions
perte des
eaux
< 1 min
> 5 min
non
1 min
entre 3 et 5 min
récente
(< 1h)
> 1 min
< 3 min
(au moins 2 en 5
minutes)
> 1h
Le score est la somme de ces cinq critères. Un score inférieur à cinq indique qu'un transport
est possible vers une maternité ou une structure médicale. Un score de six ou plus indique une
menace d'accouchement imminent, notamment si la parturiente a envie de pousser
Prise en charge de la parturiente
La prise en charge diffère en fonction de la décision médicale de transport.
L’équipage VSAV prend la parturiente en charge et la transporte au CH
Installation sur le matelas à dépression dans la position où elle se sent le mieux
La tête de la parturiente vers les portes du VSAV
➨ Le régulateur envoie une équipe médicalisée afin qu’un examen médical de la parturiente
soit réalisé.
L’équipage VSAV :
Apporte le kit accouchement près de la patiente sans nécessairement l’ouvrir
installe la parturiente en travers du lit sur des linges propres
met la parturiente sous
surveille les fonctions vitales
prépare un endroit propre, hors de la vue de la mère, pour recevoir et examiner le nouveau-né
134
➨ L’accouchement est imminent.
Le sommet du crâne de l’enfant est visible à la vulve.
L’équipage VSAV va devoir aider la parturiente à mettre son enfant au monde.
Aide à l’accouchement
se laver les mains et les passer au Sterilium
mettre des gants stériles
Retenir la tête de l’enfant de la main afin d’éviter une déchirure du périnée, pendant les
contractions
Dire à la mère de ne plus pousser et retenir la tête d’une main, lorsque la tête apparaît
vérifier l’absence de circulaire du cordon autour du cou du bébé : si une circulaire est
présente, faire passer le cordon par-dessus la tête du bébé
la tête opère naturellement un mouvement de rotation, amenant le nez du bébé contre la
cuisse de sa mère. Ne surtout pas contrarier ce mouvement
les épaules sortent à leur tour
le reste du corps sort tout seul
poser le bébé sur le ventre de sa mère
noter l’heure de la naissance
mettre les clamps de Barr sur le cordon, le premier à 20 cm du bébé, le second 5 cm plus loin
désinfecter le cordon entre les clamps avec du Dakin et couper le cordon avec la paire de
ciseaux stériles
envelopper l’extrémité du cordon dans une compresse stérile et mettre le filet tubulaire pour
tenir la compresse
sécher le bébé sans le frictionner mais en tamponnant. Ne pas utiliser de sèchesèche-cheveux
mettre le bébé sec dans le champ stérile puis le poser sur la mère en couvrant les deux
personnes d’une métalline.
surveiller les fonctions vitales de la mère
surveiller l’absence d’hémorragie chez la mère
la délivrance ou expulsion du placenta survient naturellement 30 à 45 minutes après
l’accouchement. Ne pas tirer sur le cordon. Recueillir le placenta et l’emmener au CH receveur.
Prise en charge du nouveau né à la naissance.
L’évaluation de l’état de santé du nouveau né s’effectue en étudiant
-
comment le bébé bouge-t-il ?
-
de quelle couleur est-il ?
-
comment respire-t-il ?
-
comment crie-t-il ?
-
quelle est sa fréquence circulatoire ?
Ce bilan doit être effectué dès la sortie du bébé après le clampage et la coupe du cordon et
être répété au bout de 5 minutes puis 10 minutes afin d’assurer la surveillance du bébé.
135
En fonction de l’état de ces items, on peut savoir si le nouveau né présente ou non une
détresse vitale.
L’aspiration ne sera réalisée que si le bébé présente une obstruction des voies aériennes. Elle
sera toujours orale et réalisée avec l’aspirateur de mucosités électrique. La dépression sera
réglée aux alentours de 100 mm de mercure.
La fréquence des ventilations au BAVU pédiatrique est de 40/mn. Le BAVU pédiatrique sera
utilisé sans filtre anti bactérien. La valve de surpression ne doit pas être bloquée.
La mesure de la fréquence cardiaque ne doit être faite que sur 5 secondes, pendant le
déroulement de l’organigramme de la prise en charge du nouveau né à la naissance.
S’il n’y a pas de détresse impliquant un geste de secourisme immédiat, la mesure de la
fréquence cardiaque s’effectue sur une minute.
136
LES PATHOLOGIES
La grossesse extra utérine (GEU)
Définition
Développement de l’œuf fécondé à l’extérieur de l’utérus le plus souvent dans les trompes.
Ce type de grossesse survient dans environ 2% des cas.
Les causes
Plusieurs causes et facteurs de risques sont avancés :
- anomalies des trompes empêchant l’ovule de descendre dans l’utérus
- ATCD de maladies sexuellement transmissibles
- port de stérilet
- Interruption volontaire de grossesse à répétition
- Antécédents chirurgicaux
- Antécédents de GEU (risques de récidives)
- tabagisme, âge avancé
Les signes :
- douleurs abdominales
- douleurs pelviennes
- saignements (ou pas)
La femme peut ne pas se savoir enceinte, c’est pourquoi toute douleur du bas ventre chez une
femme en âge de procréer doit faire évoquer la GEU.
Les risques
Si l’œuf continue de se développer à l’extérieur de l’utérus, dans une trompe par exemple,
celle-ci risque d’éclater provoquant une hémorragie « cataclysmique » conduisant à une
détresse circulatoire.
Le nombre de GEU représente 5 à 10% des causes de mortalité chez les femmes enceintes.
Il s’agit d’une pathologie grave.
La fausse couche spontanée
Définition
137
Une fausse couche est l’expulsion spontanée de l’embryon, le plus souvent lors du premier
trimestre de la grossesse.
C’est un évènement fréquent, mais qui ne préjuge pas des grossesses futures dans une
grande majorité des cas.
Les fausses couches sont plus nombreuses en tout début de grossesse (avant 12 SA)
Causes
La plupart du temps, dans les FC précoces, l’embryon est porteur d’une anomalie
chromosomique qui se produit au moment de la conception. Dans ce cas la FC n’est qu’un
processus naturel qui permet d’éliminer un embryon non viable.
Autres causes :
- âge maternel : risque augmente avec l’âge
- anomalies utérines gênant l’implantation de l’œuf ( malformations, fibromes..)
- consommation de tabac, d’alcool
- infections….
Les signes
- douleurs abdominales ou pelviennes
- saignement plus ou moins important
Le risque
Hémorragie importante pouvant entraîner une détresse circulatoire
La menace d’accouchement prématuré (MAP)
Définition
La MAP est un risque d’accouchement entre 28 et 37 SA au lieu de 41 pour une grossesse à
terme.
Avant 32 SA cette menace est considérée comme sévère. Après ce terme, une grande majorité
des enfants vivent sans séquelles grâce au progrès de la réanimation néo-natale.
Les principales fragilités du nouveau né prématuré sont l’immaturité pulmonaire et digestive.
Causes
- causes liées à l’utérus
- grossesses multiples
- infections
138
- antécédents obstétricaux : grossesse rapprochée, IVG…
- causes socio-économique et mode de vie : effort physique, trajet, station debout…
- ….
Les signes
Ce sont ceux d’un début de travail…
Pré éclampsie, toxémie gravidique, éclampsie
Définition
La pré-éclampsie (anciennement appelée toxémie gravidique) est une hypertension artérielle
liée à la grossesse, avec développement de protéines dans les urines et prise de poids avec
œdèmes.
La pré éclampsie débute à partir du 3ème trimestre de grossesse
L’éclampsie est une crise convulsive survenant à la fin de la grossesse.
Les facteurs favorisants
Pas de causes identifiées mais des facteurs favorisants tels que par exemple:
- grossesses multiples chez une femme présentant des antécédents de pré-éclampsie.
- hypertension artérielle
- diabète
- trouble de la coagulation sanguine…
Les signes
La crise de pré éclampsie comporte les symptômes suivants :
- œdèmes des membres inférieurs
- maux de tête
- bourdonnements d’oreille
- douleurs abdominales
- nausées, vomissements
- « mouches devant les yeux »
- TA élevée c'est-à-dire supérieur à 140 mm Hg pour la maxima et 90 mm Hg pour la minima
soit > 14/9
La crise d’éclampsie comporte les symptômes suivants :
Convulsions associées à une poussée d’hypertension (TA > 15/10) chez la femme enceinte.
139
Les convulsions peuvent apparaître au 3ème trimestre de grossesse, au cours du travail ou
encore pendant une semaine après l’accouchement chez une femme n’ayant jamais convulsé
auparavant.
Risque :
LA MORT DU FŒTUS EST UNE CONSEQUENCE POSSIBLE, LA VIE DE LA MERE EST EGALEMENT EN
DANGER.
Autres complications :
- pour la mère : insuffisance rénale aigue, œdème cérébral, hémorragie, trouble de la
coagulation…
- pour le fœtus : souffrance fœtale, mort in utéro…
140
LES PATHOLOGIES CIRCONSTANCIELLES ET DIVERSES
141
LA PENDAISON
Définition
La pendaison est une situation où la victime se retrouve suspendue généralement au moyen
d’une corde au tour du cou. Les contextes peuvent êtres différents : les suicides, les meurtres,
les actes de tortures, les jeux mal inspirés ou les accidents. La pendaison peut provoquer des
traumatismes graves du pharynx comme des cervicales, elle entraîne suffocation, impossibilité
de respirer jusqu’au décès.
Mécanisme
On retrouve principalement deux mécanismes :
La pendaison avec notion de chute
Lors des pendaisons avec chute, c’est l’arrêt net de la chute par la corde qui provoque un
traumatisme grave sur les vertèbres cervicales. La section ou l’arrachement de l’extrémité
supérieure de la moelle épinière entraîne une atteinte des centres nerveux qui commandent la
respiration et certaines fonctions cardiaques, provoquant ainsi un arrêt brutal de leur
fonctionnement d’où une mort quasi instantanée.
La pendaison sans notion de chute
La pendaison sans notion de chute ou de faible hauteur est un mécanisme appelé
« strangulation » c’est un phénomène de compression.
- La compression des veines jugulaires, empêchent le retour du sang depuis la tête vers le
cœur, d’où un œdème et une cyanose visibles au niveau de la face et de la langue. La
constitution d’un œdème cérébral entraîne une perte de connaissance assez lente suivie d’un
décès assez tardif.
- La compression des artères carotides entraîne une ischémie cérébrale qui se traduit par une
perte de connaissance rapide conduisant au décès de la victime.
- La compression des voies aériennes nécessite une très forte pression, et l’écrasement de la
trachée est une éventualité rare, cette dernière étant protégée par des anneaux de cartilage.
Plus fréquemment, c’est la base de la langue, repoussée par le lien, qui vient obstruer le
carrefour des voies aériennes et digestives entrainant une asphyxie de la victime.
De plus on distingue « les pendaisons dites complètes » : les pieds sont au-dessus du sol, et
« les pendaisons incomplètes » : les pieds touchent le sol sans un véritable appui. Une
pendaison incomplète est toujours « une pendaison lente », le décès ne survient qu’au bout de
plusieurs minutes.
142
Circonstances
La pendaison est en général un geste suicidaire surtout en milieu rural, carcéral ou
psychiatrique. Chez les 15 – 24 ans la pendaison est le mode de suicide qui prédomine à 35%
devant les armes à feu (32%) et l’absorption de médicaments (14%). La pendaison reste le
premier mode de réalisation de « l’autolyse » aussi bien pour les hommes que pour les
femmes.
Autre phénomène, moins connu mais tout aussi grave est la strangulation qui survient de
manière accidentelle chez l’enfant par le biais de jeux dangereux, où l’idée de dépassement de
soit ou de sensations fortes sont évoquées (le jeu du foulard par exemple).
Recommandations
Face à un pendu la première action doit être la dépendaison excepté si la victime est
visiblement morte depuis longtemps, présence de signes de putréfaction. Deux risques sont
liés à la dépendaison :
- le risque de chute de victime, qui peut provoquer des traumatismes secondaires
- la mobilisation du cou en cas de traumatisme cervical.
Une attention toute particulière doit être apportée du dégagement de la victime.
Même coupé le lien doit être retiré car il peut réaliser un garrot veineux coincé dans un sillon
profond.
143
LA NOYADE
Définition
La noyade est une irruption de liquide dans les voies aériennes en général par submersion,
entrainant le décès.
Au sens strict, on distingue les noyés, qui décèdent à la suite de cette submersion et les quasinoyés qui survivent à la submersion, même s’ils sont trouvés en état de mort apparente.
Causes
Incapacité à maintenir la tête hors de l’eau (la victime ne sait pas nager, …)
Malaise ne lui permettant pas de réagir à l’immersion (crise convulsive…)
Epuisement musculaire avec hypothermie (nageur ayant présumé de ses forces, nage à contre
courant…)
Syncope (hydrocution) quand la température de l’eau est trop éloignée de la température
corporelle (on appelle alors ce type de syncope, la syncope thermo différentielle)
Nage en apnée
Accident de plongée…
Mécanisme
Quand de l’eau pénètre dans l’arbre respiratoire, il y a une fermeture réflexe de la glotte. L’eau
est par la suite bue. La fermeture de la glotte, met la victime en hypoxie et en hypercapnie, qui
par la suite provoquera des mouvements respiratoires.
Si la victime est toujours sous l’eau au moment où les mouvements respiratoires reprennent, il
y a inondation des alvéoles pulmonaires.
L’eau dans les alvéoles pulmonaires, particulièrement si elle est chlorée ou riche en particules
(eaux d’un étang par exemple) provoquera secondairement un œdème pulmonaire lésionnel.
Dans le cas de la nage en apnée, la noyade s’explique différemment au début. En effet, pour
rester le plus longtemps possible sous l’eau, les nageurs effectuent une hyperventilation avant
de plonger. Cela produit une augmentation de la teneur en oxygène et la baisse du taux de
CO2 dans le sang.
En nageant, ils vont consommer l’oxygène et faire remonter leur taux de CO2. C’est le taux de
CO2 qui normalement provoque les mouvements respiratoires et donne l’envie de respirer et
de sortir la tête de l’eau pour le faire. Cependant, si le nageur a trop consommé son oxygène,
il peut se retrouver en hypoxie et faire une perte de connaissance sous l’eau, avant d’avoir eu
envie de respirer. Au moment où les mouvements respiratoires apparaissent, la tête est sous
l’eau…
144
Effet complémentaire : l’eau est un milieu conduisant bien la température. Les victimes sont
donc souvent en hypothermie au décours de la noyade.
Classification
Les « quasi-noyés » peuvent présenter différents tableaux de signes cliniques. Ils se
hiérarchisent en quatre stades comme suit :
stade 1 = l’aquastress :
Il s’agit d’un accident aquatique sans inhalation de liquide. La victime est consciente,
angoissée, elle frissonne, sa fréquence respiratoire tout comme sa fréquence cardiaque sont
élevées. On ne peut pas prédire d’emblée si il y aura ou non des conséquences à cet état .
stade 2 = la petite hypoxie :
La victime est consciente, elle est épuisée, angoissée en hypothermie. Elle présente un
encombrement liquidien broncho-pulmonaire. Elle présente des signes de détresses
respiratoires comme la cyanose associées à une tachycardie.
stade 3 = la grande hypoxie :
La victime dont l’état de conscience est altéré (troubles du comportement, somnolence ou
inconscience) est en détresse respiratoire majeure. Cyanose, hyperventilation ou bradypnée,
tirage, encombrement broncho-pulmonaire, irrégularité du pouls, hypothermie, pression
artérielle basse.
stade 4 = l’anoxie :
La victime est inconsciente en arrêt cardio-respiratoire.
Recommandations :
Les troubles observés sont dus à l’irruption de l’eau dans les voies aériennes, puis dans les
alvéoles pulmonaire, ce qui provoque la destruction des alvéoles pulmonaire. Cependant ne
pas tenter d’extraire l’eau intra-pulmonaire ni de faire vomir la victime.
Déshabillage, séchage et emballage dans une couverture isotherme sans retarder la pratique
des gestes de secourisme.
Surveillance continue de la conscience, de la fréquence respiratoire, de la fréquence cardiaque,
de la pression artérielle, de la température, de la coloration de la peau et bien sur de
l’efficacité de l’oxygénothérapie.
145
LA REGULATION DE LA TEMPERATURE
Physiologie
L’homme doit maintenir sa température à 37°C, particulièrement dans les parties profondes du
corps. La partie la plus externe, est le siège des échanges de chaleur avec le milieu
environnant.
La chaleur, résultant de toutes les réactions chimiques de notre corps, doit être transportée
vers la surface cutanée pour y être évacuée, par le biais d’un liquide conduisant la chaleur : le
sang.
Les pertes de chaleur se font par plusieurs mécanismes
- la convection qui s’effectue entre la surface cutanée et l’air environnant
- la radiation qui s’effectue par l’émission de rayonnement infra rouge entre la peau et les
objets environnants
- l’évaporation de la sueur qui en absorbant de la chaleur, refroidit la peau. Elle est d’autant
plus importante que l’air est sec.
- par contact avec un objet froid (sol ou eau)
La régulation de la température va donc s’effectuer en modifiant l’apport de sang au niveau de
la peau. Plus la chaleur doit être évacuée, plus les vaisseaux cutanés seront ouvert c’est la
vasodilatation. Cela donne une coloration rouge à la peau. En parallèle la sudation va
augmenter (production accrue de sueurs)
Quand au contraire, l’organisme a froid et a donc besoin de garder la chaleur , la
vasoconstriction cutanée va permettre de garder un maximum de chaleur à l’intérieur du
corps. En parallèle l’organisme va augmenter sa production de chaleur en faisant fonctionner
les muscles : ce sont les frissons.
La régulation de la température corporelle est sous la dépendance de l’hypothalamus qui est
une structure intracérébrale
PATHOLOGIE
l’hypothermie
definition :
146
L’hypothermie correspond à une baisse générale de la température du corps sous le seuil des
35°C.
Causes
Exposition prolongée au froid
Intoxications
Accidentelles (chute dans l’eau , accident de la voie publique.. ;)
Mécanisme
Dans les expositions prolongées au froid, l’organisme tente de compenser la perte de chaleur.
Cependant si l’exposition se prolonge ou que la personne est fragilisée (âge extrême de la vie,
maladie), les mécanismes de défense sont dépassés, et la température corporelle chute.
Lors des intoxications, ce sont les mécanismes de régulation de la température qui sont
touchés et ne fonctionnent plus correctement. C’est par exemple le cas pour certains
médicaments qui provoquent une vasodilatation et augmente ainsi la déperdition de chaleur
par le corps, même dans une ambiance tempérée (chambre par exemple)
Dans les brûlures, c’est la peau qui ne joue plus son rôle d’échangeur thermique et laisse fuir
la chaleur, et ce d’autant plus que la brûlure sera arrosée longuement…
Symptômes :
Les symptômes tout comme la conduite à tenir changent en fonction de la gravité de
l’hypothermie. Le seuil de gravité de l’hypothermie se situe à une température corporelle de
32°C. L’hypothermie est d’autant plus grave chez le nouveau-né et chez la personne âgée. On
observe trois catégories d’hypothermie :
1/ température entre 35 & 32°c
La victime est consciente, elle frissonne et se plaint d’avoir froid. Sa peau est pâle, froide et
horripilée (chair de poule). Elle peut présenter des signes de cyanose (lèvres et extrémités des
membres sont bleutées) sa fréquence ventilatoire est plus élevée tout comme sa fréquence
cardiaque et la pression artérielle.
2/ température entre 32 & 30°c
La victime est confuse voir somnolente. Elle ne frissonne plus et ses muscles sont contractés
avec une lenteur des mouvements volontaires. Sa peau est froide, sèche et parfois épaissie.
Elle présente des signes de cyanose (lèvres et extrémités des membres sont bleutées) sans
marbrures, sa fréquence respiratoire est lente et face à cette bradycardie on retrouve une
irrégularité de la fréquence cardiaque.
3/ température inferieure a 30°c
147
La victime est inconsciente, en myosis, elle ne frissonne plus. Elle est cyanosée, on observe
une détresse respiratoire et circulatoire voir un état de mort apparente si la température est
très basse.
La réanimation des hypothermes est longue. La prise en charges des arrêts cardiaques
hypothermes doit toujours se faire en attendant la prise en charge médicale.
Recommandations :
La notion de circonstance est importante. Il est recommandé pour les premiers intervenants
d’identifier les circonstances de l’hypothermie. Savoir si le refroidissement de la victime a été
brutal ou progressif permettra d’orienter la stratégie médicale à adopter pour le réchauffement
de la victime.
De plus il est fortement recommandé de surveiller l’évolution de la température dès la prise en
charge de la victime. Cela implique que la prise de température corporelle (par voie rectale si
possible) doit faire partie du bilan initial.
148
L’HYPERTHERMIE
Définition
L’hyperthermie correspond à l’élévation de la température corporelle au dessus de 38°C.
Causes
Infectieuse : c’est « la fièvre »
Production de chaleur excessive par l’organisme : hyperthermie d’effort ou coup de chaleur
d’exercice
Exposition prolongée à la chaleur : « coup de chaleur »
Mécanisme :
Il faut tout d’abord distinguer le coup de chaleur « classique » du coup de chaleur d’effort
appelé également « hyperthermie maligne d’effort ».
Le coup de chaleur classique survient généralement chez des gens fragilisées ou déshydratées.
Lorsqu’ils sont exposé à des températures élevées, les mécanismes de régulation de la
température sont rapidement dépassés et entraine une élévation de la température (cas des
enfants laissés dans des voitures au soleil, des personnes âgées déshydratées en période de
canicule)
Le coup de chaleur d’effort survient chez des personnes en parfaite santé, souvent jeunes, au
cours d’un effort musculaire intense et prolongé (le sportif lors d’un marathon, d’une marche
commando ou bien le sapeur pompier en phase de travail lors d’un incendie). Le coup de
chaleur d’effort peut survenir à des températures ambiantes peu élevées et se voit aussi lors
de compétitions sportives en hiver.
Le mécanisme en est une élévation progressive de la température corporelle due au fait que
l’élimination de la chaleur par l’évaporation de la sueur ne se fait plus. Les risques sont plus
élevés si l’atmosphère est saturée en eau et si l’individu porte des vêtements imperméables à
la transpiration (ATTENTION aux sapeurs pompiers en tenues textiles sous ARI en phase
d’attaque dans un milieu soumis à de fortes températures). La chaleur produite par l’exercice
musculaire va donc s’accumuler entraînant un défaut de régulation thermique de l’organisme.
La température va donc continuer à s’élever tant que durera l’effort physique.
Signes cliniques :
Il existe des signes avant coureurs de l’hyperthermie maligne :
149
crampes, trouble du comportement, Fatigue,
à un état plus avancé
maux de tête, vertiges, propos délirants, agressivité,
sueurs, nausées, vomissements
convulsions,
détresse circulatoire avec diminution de la pression artérielle, augmentation de la fréquence
cardiaque
une élévation de la température corporelle.
On parlera d’une hyperthermie maligne d’effort à partir de 40°C.
Recommandations :
Il faudra donc dans toutes les circonstances où une personne présente une obnubilation et des
sueurs suite à un effort physique prendre une température. Le risque est mortel si la
température est supérieure à 41,6°C.
Le refroidissement d’une hyperthermie d’effort doit être actif mais progressif. Déshabillage
complet de la victime, action de refroidissement sur les zones en contact à de gros vaisseaux
(creux axillaires et axes fémoraux).
L’hospitalisation de toute personne suspecte d’hyperthermie d’effort sera systématique à
cause de la gravité de cette pathologie. Le nombre de décès est important, essentiellement
parce que les premiers secours sur place ne prennent pas systématiquement la température et
le diagnostic n’est pas fait suffisamment tôt. Les répercutions touchent des organes nobles
comme le foie et les reins, certaines personnes n’ont été sauvées que grâce à une greffe
d’organes. C’est dire l’importance de ce trouble et sa gravité fait que le contrôle de la
température doit être fait de façon systématique au moindre doute.
150
LE BLAST
Définitions
Le « blasté » est une victime qui présente des lésions provoquées par une explosion. Le
« blast » doit pouvoir être évoqué sur la seule notion du contexte. Cette pathologie peut être
d’apparence bénigne dans un premier temps et s’aggraver secondairement de manière
brutale.
Une explosion est une libération brutale d’énergie. Elle correspond à une variation de pression
brutale transmise de proche en proche dans le milieu dans lequel elle survient (aérien,
liquidien ou solide).
L’explosion va avoir un effet direct sur le corps de la victime et un effet indirect :
effet direct, du à la variation de pression, effet indirect du aux conséquences de cette variation
de pression.
L’onde de choc est la propagation de la différence de pression crée par l’explosion
Mécanisme du blast :
Le blast se rencontre aussi bien en milieu militaire qu’en milieu civil. Les lésions dépendent de
l’intensité de l’explosion mais également paramètres environnementaux et physiques.
Propagation de l’onde de choc :
L’onde de choc se propage différemment en milieu gazeux, liquide ou solide.
En milieu gazeux : Les lésions concernent surtout les organes creux.
En milieu liquide : Les effets de l’onde de choc ne concernent que les parties immergées de
l’organisme. En raison de l’incompressibilité du milieu, la perte d’énergie est moins rapide
qu’en milieu gazeux. La surpression créée est d’autant plus importante que la pression est
élevée. En pratique, la zone dangereuse autour du point d’explosion est dix fois plus étendue
qu’en milieu aérien et le blast est d’autant plus grave qu’il se produit en profondeur. Les
lésions concernent surtout les organes pleins.
En milieu solide : L’onde de choc est transmise au corps par un solide avec lequel il est en
contact direct. L’incompressibilité augmente sa vitesse et réduit l’amortissement, la rendant
plus nocive. Les lésions concernent surtout l’appareil locomoteur. Selon certains auteurs, le
blast solide n’existerait pas, les solides ne pouvant transmettre une variation de pression. Les
lésions rencontrées dans ces circonstances seraient du type « pied de pont » (exemple : les
marins blessés aux membres inférieurs lors de l’explosion d’une mine sous un bateau)
Facteurs de gravites du blast :
Ils dépendent du milieu et de la victime.
151
Facteurs en rapport avec le milieu :
- En enceinte close, la réverbération crée de multiples ondes dont les pressions de crêtes
s’ajoutent. Le blast en milieu fermé revêt de ce fait un caractère de gravité particulier.
- Au voisinage d’un obstacle, à l’arrière, il y a diminution de la pression de crête et
allongement de la durée. L’onde retrouve sa structure à distance (onde de contournement). A
l’avant, elle est réverbérée. Une victime placée directement derrière un obstacle sans être à son
contact est protégée de l’onde de choc. Une victime placée à l’avant subit les ondes de choc
initiales et réverbérées.
- Au niveau d’un orifice étroit, l’onde de choc se comporte comme un jet et engendre des
lésions graves dans sa projection.
Facteurs en rapport avec la victime :
En dehors de l’importance du terrain, existent plusieurs paramètres influençant la sévérité des
lésions et dépendant de la victime.
- La position de la victime par rapport à l’explosion doit être prise en compte. La gravité des
lésions diminue avec l’éloignement de la source d’explosion. De même, une victime couchée
dans l’axe du déplacement de l’onde de choc présente des lésions moins graves qu’en position
debout face à l’explosion.
- Le poids de la victime influe également sur la gravité des lésions, celles-ci étant d’autant
moins graves que la victime est lourde.
Causes du blast :
Les conditions de survenue des ondes de choc sont très importantes à connaître car, parfois
c’est sur cette seule donnée que la possibilité d’un blast va être évoquée. Il est très difficile
d’établir un catalogue exhaustif mais si certaines circonstance sont d’emblée évocatrices,
d’autres sont plus surprenantes on peut distinguer plusieurs catégories :
- Explosifs utilisées en milieu militaire (guerre, accident en temps de paix, attentat terroriste)
ou civil (mines, carrières).
- Utilisation d’autres produits explosifs : oxygène (risque explosif en présence d’un point
chaud ou de mise en contact avec un corps gras), hydrogène ou hydrocarbures. Ces produits
sont identifiés sur des panneaux sur les véhicules lors de leurs transports.
- Utilisation de fluides sous pression dans un cadre professionnel ou domestique : pistolets à
air comprimé pour le gonflage de pneumatiques, pistolets à air utilisés pour le séchage
d’instruments chirurgicaux ou de pièces mécaniques, appareil de décapage sous pression,
appareils ménagers utilisant de l’eau sous pression comme les nettoyants vapeurs ou les
autocuiseurs.
- Présence de liquide ou de gaz dans une enceinte étanche pouvant provoquer une explosion
lors d’une montée en température : batterie étanche lors de sont chargement, explosion d’un
radiateur de véhicule d’automobile, bombe aérosol ou bouteille de gaz à usage domestique en
ambiance surchauffée, éclatement pneumatique, incendie survenant dans une enceinte close
(silo à grain).
152
Les répercutions du blast sur l’organisme :
On distingue quatre catégories de blast hiérarchisés comme suit, le blast primaire, secondaire,
tertiaire et quaternaire.
Le blast primaire :
Il regroupe les lésions dues à l’action directe de l’onde de choc. Le blast primaire est grave, de
nombreuses victimes blastées décèdent sur place de lésions associées. Les répercutions de
l’onde de choc sur l’organisme sont multiples et souvent fatales :
Le blast pulmonaire : Il est principalement responsable de la surmortalité des personnes
blastées. Il est dû au traumatisme par le gril costal qui, violemment enfoncé par l’onde de
choc, provoque contusion pulmonaire ou rupture de la membrane alvéolo-capillaire. Il se
manifeste par une dyspnée d’apparition brutale ou progressive, associé à un œdème du
poumon de type lésionnel. Cette dyspnée s’accompagne d’hémoptysie, de cyanose, de sueurs,
de douleurs thoraciques, d’emphysème sous cutané, de tirage et de toux sèche.
Le blast pharyngé : Il est la conséquence de la contusion des tissus mous par le squelette
pharyngé. Il souvent associé au blast pulmonaire car les seuils de blast pharyngés et
pulmonaires sont proches. Les signes cliniques sont pauvres, le principal étant la l’altération
de la voix.
Le blast neurologique : L’atteinte du système nerveux central est généralement secondaire à
un blast pulmonaire compliqué d’embolie gazeuse .Les troubles de la conscience (de
l’obnubilation au coma) et les troubles du comportement (sidération, gaité paradoxale,
agitation) apparaissent au premier plan.
Le blast cardiaque : Il peut être dû au traumatisme du myocarde par les côtes (contusion ou
plus souvent rupture du myocarde) ou être secondaire à une embolie gazeuse. On observe des
troubles divers (hypotension, tachycardie, marbrure, fréquence cardiaque irrégulière, douleur
thoracique voir l’arrêt cardiaque).
Le blast oculaire : De part sa structure tissulaire, l’œil est soumis à de graves lésions lors qu’ils
sont atteints par l’onde de choc. Les atteintes sont nombreuses, elles peuvent être vasculaires,
rétiniennes, nerveuses,… Les victimes se plaignent de diminution de l’acuité visuelle ou du
champ visuel voir de cécité.
Le blast auditif : Il concerne toutes atteintes de la membrane tympanique. Généralement on
observe une perforation tympanique associée à une otorrhée. Les autres signes cliniques en
faveur d’une atteinte auditive sont la surdité, la survenu d’acouphènes (bourdonnement
d’oreilles), de vertiges, ou une sensation ébrieuse.
Le blast abdomino-pelvien : Il est responsable de nausées, de vomissements, d’hématémèse,
de méléna, d’hématurie, de douleurs abdominales. On peut également noter des douleurs
testiculaires. A la phase critique, un hémopéritoine (sang dans la cavité abdominale) est en
rapport avec une lésion d’organe plein (plaie ou contusion hépatique, splénique ou rénale) ou
d’un arrachement des vaisseaux nourriciers des organes. Par la suite peuvent survenir des
signes d’une péritonite traduisant une rupture d’un organe creux (tube digestif ou vessie).
Le blast ostéo-articulaire : le type descriptif est « le pied de mine ». Les lésions peuvent aller
au délabrement d’un membre à l’amputation traumatique. Le segment lésé est douloureux,
153
déformé, dur et froid. Les pouls périphériques ne sont pas perçus, la palpation retrouve une
crépitation osseuse. Des ruptures tendineuses sans plaies peuvent être observées. Les lésions
cutanées sont minimes ou absentes. Toutefois le nombre et la taille des fragments osseux
peuvent faire décider d’une amputation par le chirurgien une fois la radiographie faite. Ne pas
sous-estimer l’aspect lésionnel.
Le blast secondaire :
Il est dû à la projection de débris. Il correspond en réalité à des lésions associées au
phénomène de blast proprement dit. On parlera de « poly criblage ».
Poly criblage superficiel : Il est la conséquence de la projection de multiples débris de petites
tailles. Il est très étendu en superficie et il ne met pas en jeu le pronostic vital à court terme
mais est à l’origine de complications septiques.
Poly criblage profond : Il concerne les victimes les plus proches de l’explosion. Sa gravité
dépend non seulement de sa profondeur mais également de la région lésée. Les lésions
cranio-faciales peuvent occasionner un traumatisme crânien grave. Au niveau du tronc
peuvent s’observer un traumatisme du thorax, une éviscération, une hémorragie interne. Les
atteintes des membres se répartissent entre l’amputation traumatique engageant le pronostic
vital des les premières minutes et les fractures ouvertes multiples associant souvent des
lésions vasculaires et nerveuses.
Le blast tertiaire et quaternaire :
Ils résultent de la projection de la victime par l’explosion (blast tertiaire) et d’effets
secondaires à l’explosion tels que les brûlures, intoxication par des fumées, irradiation,
ensevelissement (blast quaternaire). L’incendie ou la libération de produits caustiques
secondaires à l’explosion occasionnent des brûlures touchant les régions découvertes (visage
et mains) et l’appareil respiratoire (inhalation d’air brûlant). Des lésions d’écrasement
s’observent également en cas d’ensevelissement du blasté.
Recommandations
Les premiers intervenants seront confrontés à différents types de formes cliniques dès leur
arrivée sur zone ; le blast d’apparence bénin (les victimes semblent sidérés), le blast grave
d’emblée (les victimes associent troubles neurologiques à une détresse respiratoire et
circulatoire) et le blast avec lésions associées (dont la forme la plus rencontrées et le BlesséBrûlé-Blasté). Cependant toutes personnes exposées à une explosion, même si elles ne
présentent pas de signes cliniques graves doivent être suspectées d’être blastées, car elles
peuvent présenter une décompensation secondaire. La surveillance clinique et paraclinique
(monitoring) est d’une importance capitale. Il faut toujours méfier de la personne
apparemment indemne.
154
Crush
Le crush syndrom représente les lésions dues à une compression prolongée de masses
musculaires (membre le plus souvent).
Cause
Traumatique avp, ensevelissement, tremblement de terre…
Médicale
Inconscience prolongée sur un sol dur
Mécanisme
Lorsqu’il y a compression d’une masse musculaire, 2 phénomènes vont se produire :
-lésion des cellules par la compression, qui sera d’autant plus importante que la charge sera
importante et la durée de compression élevée
-diminution voire arrêt de la circulation sanguine dans le muscle par compression des
vaisseaux sanguins.
Les cellules qui vont être privées d’oxygène par le manque d’apport sanguin vont se mettre à
souffrir voir à mourir.
Quand une cellule souffre, elle a tendance à se gorger d’eau. Il y a donc une augmentation du
volume des cellules musculaire, au sein d’un espace qui ne peut pas s’étendre. Le muscle va
donc monter en pression. Même si la charge est levée à ce moment là, la pression ne
redescendra pas, pérennisant le manque d’apport de sang en fermant les vaisseaux sanguins.
Le phénomène s’auto entretient.
D’autre part, les cellules qui meurent ou qui souffrent relâchent dans la circulation sanguine
des produits de dégradations qui, en grande quantité, peuvent être toxiques pour le cœur ou
le rein.
Tant que la charge est maintenue et que la circulation est coupée, les produits restent dans le
muscle. Si la charge est levée sans précaution, ces produits repartent en grande quantité dans
la circulation générale.
L’action sur le cœur est immédiate, provoquant un trouble du rythme voir un arrêt cardiaque.
L’action sur le rein est plus retardée, créant une insuffisance rénale dans les heures qui
suivent.
On considère qu’un crush syndrom peut apparaître au bout d’une heure de compression.
Cependant en fonction de la masse musculaire comprimée, ce temps peut être réduit.
Signes
Au moment de la compression : douleur, membre cyanosé ou blanc en aval, trouble de la
sensibilité ou de la motricité, perte des pouls en aval
Il y a lieu de rechercher la durée de compression ainsi que les antécédents du patient.
La compression ne doit jamais être levée sans un avis médical
155
Intoxications médicamenteuses
Causes
Intoxications par des médicaments. Le plus souvent elles sont volontaires dans le cadre de
tentatives de suicide mais peuvent aussi être involontaires (enfant, personnes âgées).
Il faut donc savoir y penser !
Signes :
En fonction du type du médicament.
On distingue les toxicités neurologique et cardiaque le plus souvent, qui sont les plus
parlantes. D’autre toxicité sont plus cachées (hépatique, rénale) et peuvent aussi faire mourir.
Neurologique :
Essentiellement somnolence voie inconscience.
Parfois convulsion, myosis ou mydriase,
Cardiaque :
Trouble du rythme (tachycardie, bradycardie)
Détresse circulatoire
Les 2 types de signes peuvent se rencontrer chez une même personne en fonction du produit
ingéré ou de la prise de plusieurs médicaments associés.
Autres
Aucun médicament n’est anodin. Le bilan peut être normal mais les lésions en cours de
constitution et tuer quelques heures plus tard (lésion du foie, des reins). Ici c’est le bilan
circonstanciel qui prend toute son importance
Certains médicaments peuvent aussi donner des tableaux pseudo psychiatriques.
Tout état d’agitation aigue doit donc bénéficier d’un bilan complet et de la recherche de prise
de toxique ou de médicaments avant d’être catalogué !
Signes d’accompagnements : chez des victimes ayant été inconscientes assez longtemps on
peut rencontrer : une hypothermie par déficit de la régulation de la température corporelle par
les toxiques, un encombrement respiratoire voir une détresse respiratoire par inhalation, …
A rechercher : le bilan circonstanciel est primordial permettant de retrouver le nombre de
comprimés ingérés, l’heure approximative de la prise, les pathologies pré existantes,
156
Attention : certains médicaments ont un temps d’action relativement long. Il faut se méfier des
victimes qui reçoivent les secours debout. Ils sont parfois morts 2 heures après !
Alcool
Intoxication fréquente.
Cause :
Prise volontaire d’alcool
Penser aux enfants qui peuvent finir les verres lors de fêtes
Signes
Vertige, euphorie, trouble du comportement à type d’agitation de confusion, trouble de la
conscience, détresse respiratoire, circulatoire…
En cas d’intoxication chronique, les cellules du foie sont détruites ou fonctionnent très mal.
Le fois étant responsable de la synthèse des facteurs de la coagulation, les patients éthyliques
chroniques font plus facilement des hématomes, en cas de chutes. C’est ce qui explique la
surveillance accrue des ces patients lorsqu’ils sont retrouvés allongés dans la rue…
Signes d’accompagnement
Comme toute intoxication provoquant des troubles de la conscience, il peut y avoir des
hypothermies, des encombrements bronchiques…
Attention : le délirium trémens est un trouble du comportement avec hallucinations, agitation
tremblement des extrémités, sueurs que l’on rencontre chez les alcooliques chronique en
manque d’alcool
Drogue
A soupçonner en fonction des circonstances.
Aucune drogue n’est anodine, qu’elle soit fumée ingérée, ou injectée. Les lésions, cérébrales le
plus souvent, sont crées petit à petit sans signe dans l’immédiat.
Signes
157
Surtout neurologique avec trouble du comportement dans un premier temps, puis trouble de la
conscience.
En fonction des drogues utilisées, on peut avoir des détresses respiratoire (dérivée
morphinique, héroïne,…), des détresses circulatoires (ecstasy, amphétamines..), des
hyperthermies (due au dérèglement du système de contrôle de la température couplée avec
une activité musculaire) etc.…
L’accoutumance est la nécessité d’augmenter les doses pour avoir les mêmes signes attendus.
La dépendance est le fait d’avoir besoin du produit pour se sentir bien.
Le syndrome de manque :
Lorsque le produit n’est plus assez présent dans l’organisme, des signes de manque
apparaissent, poussant les patients à rechercher une nouvelle prise pour se sentir de nouveau
bien.
Se traduit par des troubles du comportement, des douleurs abdominales, musculaires, des
tremblements, des sueurs…
Fumée d’incendie
L’inhalation des fumées d’incendie est à l’origine de la majorité des décès sur feu.
Dans toutes les fumées on retrouve des suies, produits toxiques, des particules …
Chacun des constituants de la fumée peut provoquer des atteintes pulmonaire, neurologique,
cardio vasculaire pour son propre compte.
Mécanisme :
Les particules volatiles (suies) contenues dans les fumées peuvent venir se déposer au niveau
de la muqueuse bronchique sous la forme d’un film parfois très adhérent. Elles peuvent aussi
réaliser de véritables « bouchon ».
Ce nombreux produits sont fixés sur les suies, qui peuvent réagir avec la muqueuse
bronchique pour créer des substances toxiques pour les poumons.
Le temps de réaction peut expliquer les détériorations des victimes après un certain temps de
latence.
Il pourra donc y avoir création d’un œdème pulmonaire lésionnel plus ou moins rapide.
Deux autres produits sont fréquemment présents dans les fumées d’incendie : le monoxyde de
carbone et les cyanures.
L’intoxication au monoxyde de carbone va provoquer un déficit en oxygène au niveau des
tissus par manque d’apport d’oxygène.
158
L’intoxication au cyanure va aussi provoquer un déficit en oxygène au niveau des cellules par
blocage de la possibilité d’utiliser l’oxygène par les cellules. Il existe d’autres composés que
l’on peut retrouver dans les fumées d’incendie qui auront le même type de phénomène.
Enfin la combustion nécessitant de l’oxygène, les victimes se trouvent rapidement dans des
pièces où le taux d’oxygène est très bas provoquant là aussi un déficit en oxygène tissulaire.
Signes :
Les circonstances guident pour rechercher une intoxication par les fumées d’incendie.
Neurologique : trouble du comportement de la conscience,
Cardio-vasculaire : détresse circulatoire, ACR
Pneumo : détresse ventilatoire.
La présence de suie au niveau du visage doit faire évoquer une intoxication par les fumées et
surveiller attentivement la victime, les signes pouvant apparaître de façon retardée.
Il faut aussi penser à rechercher dans la bouche ou les narines la présence de suie.
Petite précision : l’intoxication par les cyanures provoque une détresse très particulière. Les
cyanures bloquent l’utilisation de l’oxygène par les cellules. Tout se passe comme si la victime
était en déficit d’oxygène mais sans avoir de cyanose par exemple.
Les signes sont avant tout neurologiques par atteintes des cellules cérébrales, et circulatoires.
Les cyanures peuvent être antagonisés par des médicaments.
Monoxyde de carbone
Intoxication très fréquente à laquelle il faut toujours penser
Cause : feu bien sur, mais aussi combustion incomplète ou mauvais réglage des appareils de
chauffage, déblai sur feu (le CO se stocke dans le béton et est relargué par la suite)
Mécanisme
Le monoxyde de carbone a une affinité 200 fois supérieure à l’oxygène pour l’hémoglobine. Il
prend donc plus facilement la place que l’oxygène dans les globules rouge au niveau des
poumons. Cela veut dire aussi que pour chasser le CO de l’hémoglobine, il faut une grande
quantité d’oxygène.
159
La molécule d’hémoglobine qui porte le CO a une couleur voisine de celle qui porte l’oxygène.
Cela explique le manque de cyanose et la saturation normale le capteur du saturomètre étant
trompé. La saturation normale n’a donc pas de valeur dans ce cas.
Signes :
Dépendent de l’importance de l’intoxication
Céphalée, fatigue, vertige
Nausée, vomissement
Trouble du comportement, de la conscience
Saturation normale, pas de cyanose.
Possible accélération de la fréquence ventilatoire, circulatoire pour compenser le manque
d’oxygène
Ces signes peuvent parfois être confondus avec une épidémie de gastro entérites surtout en
période hivernale !
L’électrisation
L’électrisation représente les différentes manifestations physiologiques dues au passage du
courant électrique au travers du corps humain. L’électrocution désigne la mort produite pas le
passage d’un courant électrique dans l’organisme.
Causes
Plusieurs types de courant peuvent être à l’origine d’électrisation.
Les accidents en basse tension (220 v monophasé et 380 triphasé) concernent les accidents
domestiques et professionnels.
Les accidents en haute tension concernent surtout le monde professionnel. Cependant lors de
jeu d’escalade de pylône, ou de train, on peut rencontrer des accidents sur les personnels non
professionnels.
L’électricité naturelle est représentée par la foudre et peut toucher toute catégorie de
personnel.
Une cause anecdotique sous notre climat est l’électricité produite par certains poissons
(gymnote)
Mécanisme
160
Plusieurs mécanismes vont entrainer plusieurs types de lésions
Le courant peut :
-Stimuler ou inhiber les réactions électriques cellulaires.
Il peut y avoir tétanisation des muscles de la cage thoracique si le courant passe au travers de
cette dernière.
Si le courant traverse le cœur, on peut assister à un arrêt cardiaque par asystolie ou fibrillation
ventriculaire.
En cas de contact de l’électricité avec les structures nerveuses, à partir d’une certaine intensité,
il peut y avoir des troubles des consciences ou des troubles neuro végétatifs.
-
être responsable de brulure
soit par arc électrique et flash. C’est la production de chaleur due au passage du courant à
proximité de l’organisme qui va être responsable de la brulure qui sera donc d’origine
thermique.
Soit par passage du courant qui en traversant le corps libère de l’énergie sous forme de
chaleur. Ce sont les fameux points d’entrée et de sortie que l’on cherche sous la forme de
petite brulure localisée… et qui indique par où le courant est passé !
La capacité de résistance du corps au passage du courant diminue si la peau est mouillée ou
humide. De même la présence de vêtement de chaussure et le type de sol peuvent jouer un
rôle protecteur.
Le trajet et le temps de contact avec le conducteur jouera un rôle important dans les lésions
retrouvées.
Signes
Tout peut se rencontrer en fonction du type de courant, du trajet , de la victime
Brulure,
Ejection donc traumatisme
Trouble du rythme cardiaque
Arrêt cardiaque…
161
Malaise diabétique
Introduction
Le diabète est une maladie qui touche à la régulation du taux de sucre (glucose ) dans le sang
Mécanisme
Lors de prise alimentaire, l’insuline est sécrétée par le pancréas pour permettre de stocker le
sucre arrivant en quantité dans le corps, de façon à ce qu’il puisse être utilisé de façon
régulière par les cellules.
Elle a donc un rôle hypoglycémiant (baisse du taux de sucre dans le sang ou encore appelé
glycémie)
D’autres hormones permettront la mobilisation du sucre ainsi stocké pour être utilisé comme
le glucagon, l’adrénaline, …
Le glucose est le la forme d’énergie utilisée par les cellules nerveuses. Elles sont très sensibles
à la variation de son taux, ce qui explique que les premiers signes des malaise
hypoglycémiques soient des signes neurologiques.
Quand la sécrétion d’insuline est insuffisante, le taux de sucre ne descend pas après la prise
alimentaire et on se retrouve en hyperglycémie.
La sécrétion peut être insuffisante par manque de production , c’est souvent le cas du diabète
du jeune ou diabète insulinodépendant. On découvre en général ce diabète chez les enfants ou
les jeunes adultes, plutôt maigres.il est traité par insuline.
Mais on peut rencontrer un autre type de diabète ou la production pourtant maximale par le
pancréas ne suffit pas ou bien par fatigue de la sécrétion, ou fatigue des récepteurs etc… il
s’agit du diabète non insulinodépendant, ou encore appelé gras. C’est celui qu’on découvre
chez les personnes plutôt mures et obèses.
Mécanisme des malaises
Les malaises du diabétique sont avant tout des malaises par hypoglycémie.
En effet, dans le cas d’un diabète insulinodépendant (avec injection d’insuline), les patients
adaptent leur dose en fonction de leurs besoins et de ce qu’ils mangent. S’il se produit un
déséquilibre entre la dose injectée et les apports ou utilisation en sucre, il se produit une
hypoglycémie. C’est le cas, notamment quand le diabétique se fait son injection le matin et
oublie de manger par la suite, ou bien qu’il n’ajuste pas ses doses alors qu’il doit faire un
effort musculaire inhabituel.
La prise de sucre dans ce cas, va faire remonter la glycémie et soigner le malaise.
Pour les diabétiques non insulinodépendants, c’est le même mécanisme qui est en jeu.
162
Le diabétique a une particularité qui est l’atteinte de ses nerf sensitifs après un certain temps
d’évolution.
Il se peut ainsi qu’il ne ressente pas une atteinte cardiaque et que le seul signe d’un infarctus
chez eux soit un malaise sans douleur.
Signes
Trouble du comportement de tout type, allant du ralentissement à l’excitation
Toute modification du comportement chez un diabétique est une hypoglycémie jusqu’à preuve
du contraire
Parfois paralysie ou autre signe neurologique….
Sueurs
inconscience
163
LA PSYCHOLOGIE
164
LE STRESS ET LA GESTION DU STRESS DANS LE MILIEU SAPEURSAPEURPOMPIER.
Définition
Le stress est l’ensemble des réactions physiologiques (biologiques) de l’organisme et
psychologiques, positives ou négatives, qui se produisent chaque fois qu’un individu est
soumis à un changement de situation.
L’individu doit alors faire un effort pour s’adapter à cette nouvelle situation qu’elle soit
agréable, contraignante, voire menaçante.
Le stress répond donc à une nécessité d’adaptation de l’organisme face aux modifications de
l’environnement afin qu’il puisse vivre dans les meilleures conditions.
Mécanisme
1/ Effets positifs du stress :
Le stress est une adaptation permettant de rétablir un équilibre face à des situations
déstabilisantes. En cela, il provoque un effet positif sur l’organisme, si le niveau de tension
nerveuse est adapté à la situation.
Des mécanismes neurobiologiques de l’organisme vont s’activer afin de répondre aux stimuli
de l’environnement tout en maintenant son équilibre interne.
Réactions physiologiques :
Devant une stimulation extérieure à l’organisme, celui-ci va sécréter de l’adrénaline.
Celle-ci permet d’augmenter la pression artérielle et la fréquence cardiaque, et donc
d’augmenter l’apport d’oxygène aux muscles. Elle mobilise les réserves en glucose de
l’organisme. les pupilles se dilatent et ainsi on voit mieux.
La digestion est ralentie du fait de la mobilisation du sang vers la périphérie.
Réactions comportementales :
L’attention et la concentration sont stimulées
La mémoire, la réflexion et la capacité de jugement s’améliorent
La vigilance est accrue
Réactions psychologiques :
La motivation augmente, ainsi que la combattivité.
L’efficacité est accrue.
165
L’ensemble de ces réactions permettent un comportement adapté face à une situation
stressante et assurent une sécurité pour soi et pour les autres en intervention.
Effets négatifs du stress :
Un certain niveau de stress est nécessaire à la vie, mais le dépassement d’un certain seuil peut
entrainer des réactions inadaptées quand l’intensité et/ou la durée de la situation stressante
sont élevées et que les ressources personnelles du sapeur pompier sont à leur limite.
Réactions physiologiques :
Palpitations
Sueurs
Tremblements
Tachycardie
Fatigue générale de l’organisme
Réactions comportementales :
Les champs de la conscience et de l’attention se rétrécissent
Agitation entrainant des gestes erronés ou inutiles
Inhibition empêchant toutes actions
Individualisme
Fuite
Réactions psychologiques :
Irritabilité
Peur / Panique / Angoisse
Colère
Effets physiologiques et psychologiques à long terme :
Anxiété
Surmenage
Epuisement professionnel (burn-out) : épuisement physique et psychologique.
Dépression (troubles du sommeil, perte d’appétit, tristesse,
pessimisme, perte
d’envies, dévalorisation de soi-même, idées suicidaires.)
Apparition de maladies physiques : ulcère, infarctus, maladies cardio-vasculaires, cancer.
Conduites addictives (tabac, caféine, alcool, cannabis et autres)
Cause
Les causes de stress chez les sapeurs-pompiers sont multiples.
166
Les activités quotidiennes du sapeur-pompier :
Elles peuvent être considérées comme potentiellement génératrices de stress : interventions
dans l’urgence impliquant de nombreux changements (rythme, évènement inconnu, etc.…).
Activités opérationnelles : stress « opérationnel ».
Le stress « opérationnel » est lié à toutes les interventions des sapeurs-pompiers.
Exemples :
Avant intervention
Pendant intervention
Après intervention
- interruption du sommeil
- accident grave avec
- émotions de tristesse
- déclenchement de
plusieurs blessés
et/ou de peur après
l’alerte
- enfant(s) impliqué(s)
intervention difficile
- évènement inconnu
dans l’accident
- isolement
etc.…
- conditions climatiques
- visions de l’accident
- réactions émotionnelles
des proches et/ou des
etc.….
témoins
- responsabilités (prise de
décisions dans l’urgence)
etc.…
Activités institutionnelles : stress « institutionnel ».
Le stress « institutionnel » est lié aux conditions de travail et aux relations au travail.
Exemples : problèmes d’organisation, manque de moyens, pression institutionnelle, problèmes
avec ses supérieurs, rumeurs, disputes, frustrations, agacements, manque de confiance et/ou
mauvaise entente de l’équipe, etc.….
Activités ou évènements de la vie privée : stress « hors cadre professionnel ».
Un évènement joyeux ou triste peut être source de stress.
Exemples : mariage, divorce, maternité, naissance, décès d’un proche, voyages,
déménagement, etc.….
167
Les caractéristiques de la situation stressante :
Certaines caractéristiques de l’évènement vont faire varier le niveau de stress :
-
intensité
-
nouveauté (inconnu)
-
soudaineté
-
répétitivité
-
imprévisibilité
-
les acteurs impliqués (enfant,
-
durée
proche…)
Exemples d’interventions potentiellement stressantes :
-
accident avec plusieurs blessés/ blessures graves
-
accès difficile/ dangereux/ inaccessible
-
mort subite du nourrisson
-
décès de la victime au cours des soins
Les ressources personnelles :
Chaque individu va réagir différemment face à l’évènement stressant. En effet, une situation
pourra être stressante pour un individu et simplement gênante pour un autre, voire sans effet.
La réaction à une situation stressante est avant tout une évaluation personnelle qui comporte
plusieurs variables :
son ressenti : c’est-à-dire quelle importance le sapeur-pompier va accorder à la situation
rencontrée du point de vue de ses émotions.
Exemples : l’intervention évoque un vécu personnel ou la victime est un proche, etc.…. Le
sapeur-pompier sera alors d’autant plus touché par la situation stressante.
ses potentiels de réponses : c’est-à-dire ses qualités biologiques et psychologiques de
résistance au stress.
Exemples : un sapeur pompier en bonne forme physique et mentale s’adaptera plus facilement
à une situation stressante.
la connaissance de ses capacités à faire face et à contrôler une situation.
Exemples : la préparation technique, la connaissance de soi entraînant la confiance en soi
permettent de diminuer le stress.
son « état » physique, affectif et moral au moment de l’intervention.
Exemples : le sapeur pompier rencontre des problèmes familiaux, des problèmes de santé, etc.
Il sera plus exposé au stress d’une situation.
son histoire personnelle, son passé.
168
sa culture, ses croyances.
le soutien de son entourage familial.
sa capacité à parler de ses problèmes.
Signes
- moindre performance professionnelle
- migraine
- baisse de moral
- difficultés relationnelles
- confusion mental
- irritabilité, nervosité
- difficultés de concentration
- insomnie
- problèmes de mémoire
- cauchemars
- repli sur soi
- retrait du groupe
- cynisme
- absentéisme
Le capital d’adaptabilité n’est pas infini et chaque cause provoquant une réaction de stress
entame ce capital. Il s’agit donc d’apprendre à gérer au mieux son stress afin d’en éviter les
conséquences néfastes et parfois irrémédiables.
Comment gérer son stress ?
Gérer son stress, c’est tout d’abord « prévenir » avant de « guérir ».
Gérer son stress, c’est savoir d’où il vient en s’interrogeant sur soi-même et en repérant les
déclencheurs de stress. Se connaître permet d’anticiper les risques de stress sur son
organisme.
La prévention
Entrainement technique permet en se perfectionnant d’acquérir des automatismes qui limitent
l’apparition éventuelle de stress sur intervention
Hygiène de vie permet de mieux supporter les demandes environnementales
Esprit d’équipe ; cohésion au sein du groupe
169
La gestion
Stratégies d’adaptation axées sur les émotions : - relaxation (exercices respiratoires)
- humour
- expression des émotions
Verbalisation de ses émotions, de ses difficultés avec l’équipe et/ou ses proches
Demande d’aide à la cellule d’aide médico-psychologique via la permanence santé du
CTA/CODIS : mise en place d’un débriefing psychologique collectif
Demande d’entretiens individuels (aide et conseil) auprès des psychologues ou du médecin de
groupement
170
Téléchargement