L`adaptation de la loutre

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Les loutres des mammifères
aquatiques ?
Adaptations morphologiques et
physiologiques des loutres à la vie
aquatique.
Les loutres ont subi différentes adaptations à la vie
aquatique. Ces adaptations sont plus ou moins
prononcées selon les espèces. Ainsi, la loutre de
mer vit 24h/24 dans l’eau, elle est à ce titre
considérée comme un mammifère marin, alors
que la loutre d’Europe se reproduit sur terre et
chasse dans l’eau.
Quelles adaptations les loutres présentent-elles à
la vie aquatique ?
Classification
Sous-famille : Lutrinae
Famille : Mustelidae
Sous ordre des Fissepidea
Ordre des Carnivores
Classe des Mammifères
Embranchement : Vertébrés
Comme le vison, la
belette ou l’hermine
les loutres sont des
mustélidés.
Répartition des différentes espèces
de loutre.
 Actuellement on recense 13 espèces
de Lutrinae
 Réparties en 7 genres
 La famille des loutres se retrouve sur
tous les continents.
Album de famille
Pour chaque espèce vous trouverez :
Une photographie de la bête
Et une carte de répartition.
Ces cartes ne sont qu’indicatives car pour de nombreuses espèces le
manque de suivis réels et d’information empêche de connaître leur
répartition exacte.
Enhydra lutris : la loutre de
mer
Lutra lutra : la loutre d’europe
Lontra canadensis : loutre du
canada
Lontra longicaudis : loutre de Guyane, loutre à longue
queue, loutre néotropicale
Lontra provocax : loutre du Chili,
loutre d’Argentine
Lontra felina : chat de mer
Ptenoptura brasiliensis : loutre
géante du Brésil
Aonyx capensis : loutre à joues
blanches du cap
Aonyx congicus : loutre à joues
blanches du congo
Lutra maculicollis : loutre à cou
tâchetée
Lutrogale perspicillata : loutre
Indienne
Lutra sumatrama : Loutre de
sumatra
Amblonyx cinereus : petite loutre
cendrée
Habitats des loutres
Toutes les espèces de
loutres ont un lien avec
l’eau.
Par exemple, elles peuvent
fréquenter les :
 Eaux côtières
 Rivières à débits lents
 Marais
 Lacs
 Canaux synthétiques…
Locomotion : se déplacer
dans l’eau
Quelles adaptations les loutres ont-elles mises en place pour pouvoir se
déplacer dans l’eau ?
Squelette, muscles:
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Le corps de la loutre est parfaitement fuselé, le cou est large et conique, la
tête aplatie, profilée pour la nage, rendant l’animal parfaitement
hydrodynamique.
La queue est épaissie à la base et très musclée. Elle sert de godille et de
gouvernail.
Les narines et les oreilles se ferment hermétiquement pendant la plongée.
Les loutres ont une apophyse épineuse très développée comme chez les
mammifères marins ce qui permet une meilleure assise des muscles du dos.
(Les images précédentes représentent l’anatomie de la loutre de mer.)
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Toutes les loutres ont les pattes
palmées ?
Palmure
complète chez
Lutrogale
perspicillata
Pattes avant de Aonyx congicus
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Les membres :
Ils sont courts et trapus.
Les doigts sont reliés, chez la plupart des espèces, par une
palmure complète et épaisse, ce qui leur permet de pratiquer la
nage en surface et en plongée.
Certaines espèces de loutres ne possèdent pas ou peu de palmures
aux pattes.
De même alors que certaines espèces présentes des griffes de
taille importante comme Pteronura brasiliensis, certaines espèces
en sont dépourvues ou alors celles-ci sont réduites à l’état d’ongles
(comme chez les humains).
Ainsi, les loutres du genre Aonyx non seulement, sont dépourvues
de palmures entre les doigts, ce qui représente un comble pour
une loutre, mais encore n'ont plus de griffes (comme leur nom
latin ou anglais le décrit). Seuls demeurent une palmure vestigiale
jusqu'à la deuxième phalange et des rudiments d'ongles sur les
deuxième, troisième et quatrième doigts des postérieurs.
La thermorégulation
L’eau enlève la chaleur 25 fois plus vite que l’air. Les loutres étant
des animaux homéothermes, comment font-elles pour réguler leur
température?
Métabolisme de base chez Enhydra
lutris :
Les loutres ont besoin d’une grande quantité de nourriture par jour, ainsi il a été
rapporté que la loutre d’Europe mange 1 kg de poissons par jour ce qui
représente 10% de son poids. Cela est du à leur dépense énergétique élevée.
Des études menées sur les loutres de mer (Enhydra lutris) montrent que le
métabolisme de base chez cette espèce est deux fois plus élevé que chez un
autre mammifère de la même taille. C’est une adaptation à la vie aquatique. L’eau
enlève la chaleur 25 fois plus vite que l’air. Pourtant, un métabolisme élevé est
inhabituel même chez les mammifères marins. La loutre de mer est l’une des
espèces de mammifères marins les plus petites, cela signifie qu’elle a plus de
surface pour perdre de la chaleur. De plus, comme nous allons le voir la loutre ne
dispose que de sa fourrure pour s’isoler. Tous ces facteurs l’obligent à s’alimenter
énormément pour pouvoir conserver une température de l’ordre de 35°C alors
qu’elle vit dans des eaux à T°C=1 à 10°C. (25% de leur poids par jour).
Chiffres clés :
Métabolisme de base 2 fois plus élevée que chez un mammifère de la même taille
Température interne de 35°C
T°C de l’eau = 1 à 10°C
La fourrure
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Elle est généralement dense et soyeuse.
Chez la loutre d’Europe le revêtement pileux est extrêmement dense. Il est
de l’ordre de 35000 à 51000 poils par centimètre carré (Scholender, 1966).
Le pelage comporte deux types de poils : les jarres et la bourre ; les
premiers sont longs, épais et brillants et très résistants à l’usure, les
seconds, plus courts sont implantés plus densément. C’est la bourre, en
absence de graisse, qui assure la protection thermique par l’air qu’elle
contient et qui isole la peau du milieu aquatique. L’isolation thermique joue
un rôle vital dans la thermorégulation.
Quand la loutre nage sous l’eau, l’air contenu dans la bourre s’échappe
progressivement, à partir de la région lombaire et de la base de la queue, et
les bulles viennent éclater à la surface de l’eau.
La fourrure est lubrifiée par les sécrétions des glandes cutanées et a des
propriétés hydrofuges temporaires.
Chez la loutre de mer, les poils sont plus denses encore avec 150 000 à
173000 poils par cm². Cette air empêche la loutre de plonger dans les eaux
plus profondes.
Chez les jeunes, la fourrure est encore plus dense, l’air retenu entre les
poils les empêche de couler et même de plonger tout court, ce qui est bien
pratique vu que les jeunes loutres ne savent pas nager à la naissance.
La fourrure
Particularités :
 Densité élevée
 Deux types de poils : les
jarres et la bourre
 Lubrifiée
Utilités:
•Protection thermique par l’air
•Propriétés hydrofuges
temporaires
•Permet aux jeunes de flotter
Quelques chiffres :
35 000 à 51 000 poils/ cm²
chez la loutre d’europe
150 000 à 173 000 poils/cm²
chez la loutre de mer.
Le réseau admirable ou rete mirabile
 Il s’agit d’amas vasculaires formés par l’accolement
très dense de petites veines et de petites artères,
situés sous le derme. Ces formations auraient la
fonction de diminuer les pertes de chaleur dans les
extrémités du corps sans pour autant diminuer leur
vascularisation. Le sang artériel et le sang veineux
cheminent à contre courant dans ce réseau très
serré ; la chaleur du premier est résorbée par le
second, sans risque de déperdition dans le milieu
ambiant, au niveau des extrémités des membres, de
la tête ou de la queue. (Scholender, 1966 ; Tétry et
al, 1974)
La loutre, un prédateur
efficace.
Un régime alimentaire variée :
Régime alimentaire de la loutre d'Europe dans le Marais Poitevin (occurrence
relative)
Repérer les proies dans l’eau

Les vibrisses :
Les loutres possèdent de longues
vibrisses sensitives, sur la lèvre
supérieure, autour du nez et au
sommet des yeux, qui leur servent à
détecter les obstacles en plongée et
les proies quand elles pêchent en
eaux troubles ou dans l’obscurité. La
fonction de ses poils tactiles a été
mise en évidence
expérimentalement en semi
captivité.

Le corps ciliaire :
Dans certaines circonstances le muscle
ciliaire peut se contracter,
provoquant la déformation du
cristallin pour le besoin de
l’accommodation visuelle du
prédateur, en réponse notamment
aux changements de l’indice de
réfraction de l’air et de l’eau.
Le crâne
Le crâne
 La partie supérieure du crâne, aplatie sur toute sa
longueur, le nez proéminent, les yeux et les oreilles
situées au sommet du crâne, lui permettent en cas de
danger de se réfugier dans l’eau, tout en respirant et
en surveillant les alentours : l’ensemble du corps est
alors immergé en position subverticale, hormis les
oreilles, les yeux et le nez qui dépassent de la surface
de l’eau.
 Les turbinaux, ou cornets, minces lames osseuses
enroulées d’une manière compliquée dans les fosses
nasales sont très développés ce qui laisse suggérer
que l’ouie est très développé chez les loutres.
(Duplaix, 1980)
Taille de la dentition
Différence de taille des molaires
entre A. capensis (à gauche) et A.
congicus
 La taille de la dentition peut également être une
adaptation aux proies recherchées par les loutres. Aonyx
congicus qui affectionne de manger des proies molles
comme des vers de terre qu'elle capture en fouillant
boue de ses doigts agiles à des molaires plus petites que
Aonyx capensis qui elle se nourrit non seulement de
poissons mais aussi volontiers de crabes pour lesquels
de grosses molaires sont utiles.
La taille
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En dehors du dimorphisme sexuel, la taille chez les
différentes espèces de loutres est très variable. Ainsi la plus
petite espèce de loutre, Amblonyx cinereus mesure entre
64 cm et 95 cm et pèse de 2 à 6 kg alors que la plus
grande espèce de loutre, Pteronura brasiliensis pèse en
moyenne 30 kilos pour une taille de 2 mètres.
Les variations de taille peuvent être attribuées aux proies
de ses prédateurs. Ainsi, alors qu’Amblonyx cinereus ne
s’attaquera qu’à des petites proies comme les crustacés, les
mollusques et les invertébrés, rarement à des poissons,
Pteronura brasiliensis, mange essentiellement des poissons,
et s’attaque parfois à de jeunes caïmans, des serpents
(Anaconda), des oiseaux d’eau ou d’autres mammifères.
Plonger à la recherche des proies :
la capacité d’apnée
 Chez la loutre d’europe :
Chez la loutre d’Europe la capacité d’apnée ne dépasse guère une minute.
(Mesures effectuées par radiopistage sur les îles Shetland)
Chez la loutre de mer :
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La loutre de mer peut elle rester au maximum submergée 4 à 5
minutes et plongé à des profondeurs de 30 m au minimum. Ceci
est du au peu de graisse que possède les loutres. En effet, les
loutres ne peuvent pas, contrairement aux phoques, stocker de
l’oxygène ailleurs que dans leurs poumons ce qui réduit leur
capacité de plongée. Les loutres de mer peuvent toutefois s’arrêter
de respirer plus longtemps que d’autres mammifères grâce à la
taille de leurs poumons qui sont 2,5 fois plus large que ceux d’un
mammifère de même taille. (cf. squelette d’une loutre). La largeur
de leurs poumons les aide à stocker l’oxygène et augmenter la
flottabilité (ce qui peut être utile quand on remonte de grosse
pierre à la surface). Les loutres ont également des voies
respiratoires cartilagineuses connectées directement à de petits
sacs pulmonaires plein d’air qui fournissent un flot continu
d’oxygène au sang. En plus, le sang des loutres de mer a une
grande capacité régulatrice qui aide les loutres à supporter les
excès de CO2 accumulés sous la pression durant la plongée. En
effet, comme les phoques, les loutres de mer ont une
concentration plus élevée en hémoglobine que les autres loutres
qui leur permet de transporter plus d’oxygène dans le sang.
Rythme annuel : adaptation à la
ressource trophique ?
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En captivité, le cycle d’œstrogène de la femelle de loutre d’europe (Lutra
lutra) est continu, en l’absence de reproduction.
A part quelques exceptions, les loutres tendent à ne pas avoir de saisonnalité
marquée au niveau de leur reproduction, malgré quelques variations dans la
fréquence des naissances. Habituellement, les temps de reproduction sont
ajustés directement à la saison où la ressource trophique est la plus
abondante. Pourtant, certaines espèces n’ont pas de saisonnalité marquée
alors que leurs proies en présentent. L’absence de saisonnalité serait une
réaction pour diminuer le temps de réponse à des éléments imprévisibles du
milieu, tel que les variations saisonnières de biomasse. Comment les pics
sont-ils maintenus ?
Etude en Ecosse :
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Le but de l’étude était de montrer la fréquence de reproduction au cours des saisons dans les populations
nordiques de la loutre d’Europe, sur les côtes de Norvège, et d’expliquer le modèle observé. Les jeunes loutres
naissent en toutes saisons. Cependant, la plupart naissent en été et automne. La distribution temporelle de la
biomasse en proies marines peut expliquer la distribution temporelle des naissances de loutre. Cette biomasse
varie irrégulièrement. Cependant, au cours de nombreuses années, il y a plus de proies pour les loutres durant
l’automne et l’hiver, à la période où la plupart des jeunes loutres commence à se nourrir de poissons.
Les pics pourraient être maintenus directement par un délai du à l’absence de la nourriture dans le début de la
reproduction et, la mortalité des ovules, des embryons et des jeunes. Les loutres comme nous l’avons vu ont un
métabolisme très élevé et ne stockent pas de graisse. Le lait est riche en graisse. C’est pourquoi les loutres
réagissent rapidement à un déficit en énergie
. Kruuk and Conroy suggère que l’amaigrissement se produit
rapidement quand l’apport énergétique est insuffisant. Les jeunes naissant à une période favorable ont donc une
chance de survie plus élevée.
En conséquence de quoi, leurs mères ne pourront se reproduire que 1 an plus
tard, à cause de la longue période de dépendance des jeunes. Ce mécanisme maintient un pic durant la période
la plus favorable.
Conclusion
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Les loutres ont développée différentes adaptations à la vie aquatique ce qui leur ont
permis d’exploiter certaines ressources particulières.
Toutefois, ces ressources ayant tendance à régresser notamment à cause de l’activité
humaine la loutre entre de plus en plus en concurrence avec l’homme. On risque donc
de voir se développer un lobby anti-loutres dans les années à suivre. Aux Etats-Unis, la
loutre de mer rencontre déjà l’opposition des pêcheurs de fruits de mer alors que la
population de loutre en augmentation n’a pas ré atteint son niveau d’autrefois.
Certaines espèces de loutres sont peu étudiées, il est donc difficile de savoir s’il est
nécessaire de les protéger ou non.
En France, des amendements ont été récemment passés qui permettront par arrêté
ministériel d’autoriser la chasse aux loutres.
Il faut donc rester vigilant si nous voulons conserver les loutres.
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