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disponibles quant à l’impact des chlorures sur la physiologie des organismes mais
aussi sur la biocénose aquatique.
La salinité naturelle de la Moselle est liée à un contexte géologique particulier.
Un affluent comme la Seille apporte des eaux naturellement fortement minéralisées,
alors qu’une grande part de la salinité mesurée dans la Meurthe aval est d’origine
anthropique. Cet affluent de la Moselle est, dans sa partie aval, l’exutoire de rejets
salins (et plus particulièrement de chlorure de calcium, CaCl2) des industries
lorraines liées au sel (soudières). La Moselle passe ainsi d’une conductivité moyenne
de 383 µS/cm (17,2 mg/l de chlorures) à 1578 µS/cm (389,3 mg/l de chlorures) suite
à la confluence avec la Meurthe (3230 µS/cm et 951,8 mg/l de chlorures). La salinité
globale de la Moselle est donc multipliée par un facteur 4 mais les concentrations en
chlorures par 22 entre l’amont et l’aval de la confluence. Plus loin sur le cours de la
Moselle, les eaux issues du bassin ferrifère lorrain apportent des quantités non
négligeables de sulfates (119,4 mg/l à Palzem contre 77,3 mg/l à Hauconcourt –
moyennes mensuelles de 2008). La salinité de la Sarre, principalement due aux
sulfates, est relativement moins élevée que celle de la Moselle ce qui permet, par un
effet de dilution, de retrouver à Coblence une salinité globale plus faible, même si la
concentration moyenne mensuelle en chlorures y est encore de 177 mg/l en 2008 et
celle en sulfates de 82 mg/l. Une conséquence importante est que l’augmentation
globale de la salinité n’est pas uniquement due aux ions chlorures même s’ils
participent pour beaucoup, avec le calcium et les ions bicarbonates, à la salinité de
l’eau.
Les analyses temporelles de la décade considérée (1998-2008) montrent des
variations inter-annuelles plus marquées sur les stations allemandes que sur les
stations françaises. Des variations inter-annuelles non négligeables ont été
observées, les années 2000 et 2001 présentant les salinités moyennes les plus
faibles, et les années 2004, 2005, 2006 les salinités les plus fortes. Ces variations
suivent relativement bien l’hydrologie avec des années plus sèches qui engendrent
des eaux en moyenne plus salées, et des années avec des débits plus importants et
des concentrations en sels moins fortes.
Des indicateurs biologiques d’une augmentation de la salinité existent mais la
plupart relève du domaine de l’expertise. Les méthodes en voie de standardisation
les plus abouties sont basées sur une analyse des communanutés de diatomées.
Pour les animaux, les macroinvertébrés constituent le groupe le plus sensible.
Des niveaux de salinité relativement bas, entre 1 et 2 g/l selon les auteurs,
pourraient constituer des seuils à partir desquels les biocénoses sont déjà
significativement affectées. Au delà de 3 g/l, les conséquences de la salinisation sont
très sévères qu’il s’agissent des invertébrés, des algues ou des macrophytes. Le
compartiment des diatomées serait tout particulièrement sensible à la minéralisation
de l’eau et réagirait à des augmentations faibles de la salinté (≥ 0,1 g/l). Une
augmentation des niveaux de sel engendre en général une réduction rapide de leur
richesse et de leur abondance. Si la limite de 1 g/l est souvent évoquée, il ne faut
pas perdre de vue que notre compréhension de ces phénomènes est issue d’études
réalisées sur les secteurs avals de rivières ou les apports en sels sont déjà présents
et souvent anciens.
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