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Parc du Château de Méréville : diagnostic écologique et propositions de gestion
Conseil Général de l’Essonne / ECOSPHERE page 1
MOTS CLES : parc, diagnostic et évaluation écologiques, flore, végétation, faune, sols, gestion,
aménagement
RESUME
PROJET ET CONTEXTE
Le projet concerne le parc du château de Méréville et son prolongement Nord. D’une superficie
d’environ 87 ha, le site a récemment été acquis par le Département. Ce dernier envisage, en
collaboration avec les services des Bâtiments Historiques, de restaurer le patrimoine bâti et paysager
de cette propriété en vue d’une ouverture au public. Parallèlement, le patrimoine naturel pourrait être
mis en valeur sur les plans à la fois écologique et pédagogique. Dans ce contexte, l’équipe du
Conservatoire Départemental des Espaces Naturels Sensibles souhaite disposer d’un état des lieux
du patrimoine écologique. Le site est dans sa majeure partie répertorié en Zone Naturelle d’Intérêt
Écologique, Floristique et Faunistique (ZNIEFF) de type I, 1ère génération.
FLORE ET VEGETATION
Les prospections de terrain de l’été 2001, ont permis de recenser 260 plantes vasculaires dont 22
espèces végétales remarquables ou peu fréquentes [1 protégée régionale (Fougère des marais), 1
très rare (Potamot dense), 6 assez rares et 14 assez communes]. Ces espèces sont réparties dans 22
formations végétales dont 8 mésophiles à fraîches et 14 humides à aquatiques. Les coteaux et la
partie Nord du site sont dominés par les formations forestières avec respectivement de la Frênaie-
Erablaie calcicole et de l’Aulnaie-Frênaie, cette dernière étant éligible comme habitat prioritaire au titre
de Natura 2000. La partie Sud du site est dominée par diverses formations herbacées humides
(mégaphorbiaie, magnocariçaie, roselière…).
FAUNE
L’étude faunistique a porté sur sept groupes faunistiques : les inventaires ont permis de recenser 78
espèces d’oiseaux dont 64 nicheuses sur le site, 8 aux abords et 6 migratrices ou estivantes ainsi que
21 mammifères, 5 amphibiens (batraciens), 5 reptiles, 17 orthoptères (criquets et sauterelles), 10
odonates (libellules) et 29 lépidoptères (papillons). Parmi ces espèces, 36 sont remarquables ou peu
fréquentes sur le site dont 12 oiseaux (2 inscrits à l’annexe 1 de la directive « Oiseaux », Bondrée
apivore et Martin-pécheur), 8 Chauves-souris (5 inscrits à l’annexe 4 de la directive « Habitats » dont
le Grand Murin), 3 batraciens et reptiles (Rainette verte inscrite à l’annexe 4 de la directive
« Habitats ») et 13 insectes (5 protégés au niveau régional dont le Flambé ou la Mante religieuse).
EVALUATION ECOLOGIQUE GLOBALE
Le site ne présente pas de zones ayant des niveaux de valeur écologique globale exceptionnels et
très forts. Les niveaux d’intérêts les plus élevés sont les niveaux fort et assez fort que l’on trouve dans
la moitié Nord du site ainsi qu’au niveau de la partie centrale Sud correspondant au parc (Grand Lac
avec son boisement marécageux à Fougère des marais, zone centrale englobant plusieurs habitats
herbacés surtout mésohygrophiles pour leur valeur entomologique, Château pour sa valeur
chiroptèrologique, tous les boisements humides de la moitié Nord du site sur des critères
essentiellemement phytocénotiques…). Toutes les autres formations boisées, exception faite des
peupleraies (niveau faible) ont une valeur écologique globale moyenne sur des critères à la fois
avifaunistiques et phytocénotiques. Toutefois, les potentialités faunistiques des boisements calcicoles
sont assez fortes avec la nidification possible de 3 rapaces et la reproduction possible de plusieurs
espèces de chauves-souris remarquables. Enfin, les autres formations herbacées sont de niveau
faible à moyen.
PROPOSITIONS DE VALORISATION ECOLOGIQUE
Depuis que le site est la propriété du Conseil Général, les menaces actuelles et potentielles sont
limitées. Les principaux objectifs écologiques sont la préservation et la restauration du patrimoine
biologique, la lutte contre la fermeture des milieux par les ligneux, l’amélioration de la qualité de l’eau,
et l’accueil du public. Les principales mesures préconisées sont le débroussaillement du taillis
hygrophile et localement de la saulaie marécageuse, la conversion de la peupleraie en prairie humide,
la restauration de roselières et de milieux aquatiques, l’étrepage localisé pour favoriser les
groupements pionniers tourbeux, la création de mares et de dépressions, le débroussaillement et le
reprofilage de berges pour l’obtention de formations hélophytiques, l’entretien des espaces ouverts
(fauche ou pâturage extensif), des actions particulières aux chauves-souris, avec la mise en sécurité
des accès aux caves du château par la pose de fortes grilles, l’aménagement du pont dit « de
Roches » et l’aménagement des combles du château, enfin l’aménagement de sentiers de découverte
et des activités d’animation.