
Notes sur « L’homme oublié du travail social » / JB – mai/juin 18 2009 3
On constate : un désarroi ou une lassitude des TS, une obsolescence du WS par
rapport aux mutations sociales, culturelles et économiques, un désajustement
conjoncturel, un éloignement du WS du contact permanent avec les populations,
une instrumentalisation et une taylorisation des modes d’intervention, une
déligitimation par la classe politique de l’action du WS, un empilement des
dispositifs… « L’heure est actuellement sinon au désenchantement, du moins
au relativisme. On n’a pas tant affaire aujourd’hui à une « crise » du WS en
tant que tel, qu’à une interrogation profonde des travailleurs sociaux sur le
sens de leur contribution sociale » (p 27)
Cette crise du sens ne vient pas uniquement de l’insuffisance de la formation
initiale des travailleurs sociaux en sciences humaines, mais tient aussi de
l’hétérogénéité du savoir auquel ils se réfèrent, sans pouvoir l’articuler… « être
en mesure de composer une partition mariant la diversité et l’homogénéité, la
différence et la complémentarité des points de vue…ne permettant de disposer
que d’un savoir en miettes qui ne donne à voir qu’un homme morcelé »(p.30)
Constat renforcé par la logique atomisante des dispositifs d’action sociale,
renforçant la vision fragmentaire de l’homme et donc l’aspiration à un « sens
global » « Il faut donc une alternative à l’émiettement du savoir des
travailleurs sociaux que la pluridisciplinarité ne peut que reconduire sous le
masque d’une prétendue complémentarité de points de vue. »(p.31)
La langue du travail social
Les travailleurs sociaux élaborent malgré tout un savoir qui leur est propre à
travers les représentations qu’ils se font de leur activité, instruisant ainsi une
«langue » spécifique sur leurs finalités et les conditions de mise en œuvre du
WS, langue qui se manifeste à travers leur «vernaculaire » (leur manière de
parler caractéristique de leur manière d’être) et leur « doxa »(c’est-à-dire leur
manière de penser, renvoyant elle aussi à leur manière d’être) « socialement
caractéristique ou typique ».
Chapitre 2 : DES MOTS POUR LE DIRE
Il s’agit de faire l’analyse des termes utilisés « spontanément et quasi
naturellement »par les travailleurs sociaux visant la spécificité et la finalité du
WS, comme :
L’autonomie
Qui est le maître mot du WS signifiant à la fois : « être indépendant, se prendre
en charge, devenir acteur de sa propre vie et être libre de ses propres
choix… »,ce qui relève à la fois d’un registre social ( l’indépendance ) et d’un