Foucault et la philosophie 27 janvier citations ii

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« A ces questions (sur le langage)… je sais maintenant pourquoi, comme tout le monde, je peux me les poser – et je ne peux pas
ne pas me les poser aujourd’hui. Seuls ceux qui ne savent pas lire s’étonneront que je l’ai appris plus clairement chez Cuvier,
chez Bopp, chez Ricardo que chez Kant ou Hegel » p. 318.
« … je crois que la question dont je n’ai cessé de m’occuper était une question philosophique : c’était « Qu’est-ce que
l’Aufklärung ? » Mais cette question, j’ai cherché à l’analyser à travers des problèmes historiques très concrets, et voilà pourquoi
j’ai toujours étudié cette période qui va du XVI°/s jusqu’au début du XIX°/s. Tous mes livres ont été une tentative de répondre à
cette question. Et puis j’ai dû, au moins pour ce sujet de la sexualité, remonter en arrière. Peut-être aussi peut-on dire qu’il y a
deux grands moments philosophiques, le moment présocratique et l’Aufklärung… Et maintenant, je me demande s’il n’y a pas
un troisième moment qui se situerait entre les deux autres, qui serait le moment patristique, où apparaît quelque chose qui ne
se trouve pas dans le moment présocratique et qui était déjà constitué quand l’Aufklärung a commencé. Ce moment, cette
chose est la constitution de ce que j’appelle l’herméneutique de soi, le commencement du soi occidental, qui est autre chose
que la disparition de l’Etre et autre chose que le commencement de la rationalité moderne ». Débat sur « Vérité et subjectivité »,
p. 128.
« Was ist Aufklärung ? … journalisme philosophique ». P. 431, 1978. …« La question de la philosophie, c’est la question de ce
présent qui est nous-mêmes ». p. 266, 1977…. « La folie et la raison, la mort et la maladie, la pénalité, la prison, le crime, la loi,
tout cela est notre quotidien et c’est ce quotidien-là qui nous apparaît comme essentiel ». p. 343, 1978.
« Je pense que, depuis le XVIII°/s, le grand problème de la philosophie et de la pensée critique a toujours été… de répondre à
cette question : quelle est cette raison que nous utilisons ? Quels sont ses effets historiques ? Quels en sont ses limites et quels
en sont ses dangers ? p. 1098, 1982. ….« Plusieurs processus, qui marquent la seconde moitié du XX°/s, ont ramené au cœur des
préoccupations contemporaines la question des Lumières… Non point comme une manière pour l’Occident de prendre
conscience de ses possibilités actuelles et des libertés auxquelles il peut avoir accès, mais comme manière de l’interroger sus ses
limites et sur les pouvoirs dont il a abusé. La raison, comme lumière despotique ». p. 433, 1978.…« …ces philosophies de la
liberté (Rousseau, Hegel, Nietzsche, Marx) ont donné chaque fois lieu à des formes de pouvoir qui…étaient le contraire même
du régime de la liberté… comique amer propre à ces philosophes occidentaux… plus encore que l’appui dogmatique des
religions, la philosophie authentifie des pouvoirs sans frein » p. 539, 1978…. « Depuis le XVI°/s, on a toujours considéré que le
développement des formes et des contenus du savoir était l’une des plus grandes garanties de libération pour l’homme… ? Or,
c’est un fait déjà constaté par l’Ecole de Francfort que la formation des grands systèmes de savoir a eu aussi des effets et des
fonctions d’asservissement et de domination. Ce qui conduit à réviser entièrement le postulat selon lequel le développement du
savoir constitue une garantie de libération » p. 908, 1980.
« Même si les Lumières ont été une phase extrêmement importante dans notre histoire, et dans le développement de la
technologie politique, je crois que nous devons nous référer à des processus bien plus reculés si nous voulons comprendre
comment nous nous sommes laissé prendre au piège de notre propre histoire ». p. 955, 1980.
« … une raison … qui n’a d’effet d’affranchissement qu’à la condition qu’elle parvienne à se libérer d’elle-même » p.1587, 1985.
« Je ne pense pas que l’Ecole de Francfort puisse admettre que ce que nous avons à faire ne soit pas de retrouver notre identité
perdue, de libérer notre vérité fondamentale ; mais bien d’aller vers quelque chose qui est tout autre…Marx, l’homme produit
l’homme… pour moi… nous avons à produire quelque chose qui n’existe pas encore et dont nous ne pouvons savoir ce qu’il
sera… Quand je parle de mort de l’homme, je veux mettre un terme à tout ce qui peut fixer une règle de production, un but
essentiel à cette production de l’homme par l’homme ». p. 893, 1980….« Sans que je puisse encore prévoir un terme, mon
discours, loin de déterminer le lieu d’où il parle, esquive le sol où il pourrait prendre appui » (Archéologie du savoir,p. 278,
1969).
« Je suis, en réalité, beaucoup plus historiciste et nietzschéen (qu’Habermas) ». p. 1099, 1982.
« Heidegger a toujours été pour moi le philosophe essentiel… Mais je reconnais que c’est Nietzsche qui l’a emporté… Il est
probable que si je n’avais pas lu Heidegger, je n’aurais pas lu Nietzsche ». p. 1522, 1984…. « … je n’ai jamais rien écrit sur
Heidegger et je n’ai écrit sur Nietzsche qu’un tout petit article. Je crois que c’est important d’avoir un petit nombre d’auteurs
avec lesquels on pense, avec lesquels on travaille, mais sur lesquels on n’écrit pas. J’écrirai sur eux peut-être un jour, mais à ce
moment-là ils ne seront plus pour moi des instruments de pensée. Finalement, il y a pour moi trois catégories de philosophes :
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les philosophes que je ne connais pas, les philosophes que je connais et dont j’ai parlé ; les philosophes que je connais et dont je
ne parle pas ». p. 1522, 1984.
A propos de Canguihem : l’erreur, « la racine de ce qui fait la pensée humaine et son histoire » (p. 441, 1978).
« J’ai beau dire que je ne suis pas un philosophe, si c’est tout de même de la vérité que je m’occupe, je suis malgré tout
philosophe. Depuis Nietzsche, cette question s’est transformée. Non plus : quel est le chemin le plus sûr de la vérité ? mais quel
a été le chemin hasardeux de la vérité ». p. 30, 1976.
« Il s’est trouvé que j’ai lu Nietzsche en 1953, et, aussi curieux que ce soit, dans cette perspective d’interrogation sur l’histoire du
savoir, l’histoire de la raison… est-ce qu’un sujet de type phénoménologique, transhistorique est capable de rendre compte de
l’historicité de la raison ? c’est là où la lecture de Nietzsche a été pour moi la fracture : il y a une histoire du sujet tout comme il y
a une histoire de la raison, on ne doit pas demander le déploiement à un acte fondateur et premier du sujet rationaliste. J’ai lu
Nietzsche un peu par hasard, et j’ai été surpris de voir que Canguilhem, … était très intéressé aussi par Nietzsche… ». p. 1255,
1983. « … Koyré, Bachelard, Cavaillès, Canguilhem… ». p. 1587, 1985.
« Paul Veyne l’a bien vu : il s’agit des effets, sur le savoir historique, d’une critique nominaliste qui se formule elle-même à
travers une analyse historique ». p. 853, 1980. « L’histoire nous tient lieu de philosophie ». p. 279, 1977…. « Mes livres ne sont
pas des traités de philosophie ni des études historiques ; tout au plus, des fragments philosophiques dans des chantiers
historiques ». p. 840, 1978…. « Je ne fais que de l’histoire ». p. 896, 1980….«… ce n’était pas une réflexion sur l’histoire, c’était
une réflexion dans l’histoire… une manière de faire faire à la pensée l’épreuve du travail historique » p. 1232, 1983. …« Le
recours à l’histoire… prend son sens dans la mesure où l’histoire a pour fonction de montrer que ce qui est n’a pas toujours
été ».P. 1267, 1983.
« Je ne me considère pas comme un philosophe. Ce que je fais n’est ni une façon de faire de la philosophie, ni de suggérer aux
autres de ne pas en faire… ce qui m’a le plus frappé et fasciné chez eux (Bataille, Nietzsche, Blanchot, Klossowski), et qui leur a
donné cette importance capitale pour moi, c’est que leur problème n’était pas celui de la construction d’un système mais d’une
expérience personnelle. A l’université, en revanche, j’avais été entraîné, formé, poussé à l’apprentissage de ces grandes
machineries philosophiques qui s’appelaient hégélianisme, phénoménologie… ». p. 861, 1980. …« … la phénoménologie cherche
à ressaisir la signification de l’expérience quotidienne pour retrouver en quoi le sujet que je suis est bien effectivement
fondateur, dans ses fonctions transcendantales, de cette expérience et de ces significations. En revanche, l’expérience chez
Nietzsche, Blanchot, Bataille a pour fonction d’arracher le sujet à lui-même, de faire en sorte qu’il ne soit plus lui-même ou qu’il
soit porté à son anéantissement ou à sa dissolution. C’est une entreprise de dé-subjectivation. L’idée d’une expérience limite,
qui arrache le sujet à lui-même, voilà ce qui a été important pour moi dans la lecture de Nietzsche, de Bataille, de Blanchot, et
qui a fait que, aussi ennuyeux, aussi érudits que soient mes livres, je les ai toujours conçus comme des expériences directes
visant à m’arracher à moi-même, à m’empêcher d’être le même ». p. 862, 1980. …« Klossowski, Bataille, Blanchot ont été pour
moi très importants… c’est eux qui ont fait apparaître le problème du sujet comme problème fondamental pour la philosophie
et pour la pensée moderne. Autrement dit, depuis Descartes jusqu’à Sartre… il me semble que le sujet était bien considéré
comme quelque chose de fondamental mais auquel on ne touchait pas : il était ce qu’on ne mettait pas en question… l’idée que
le sujet n’est pas la forme fondamentale et originaire, mais que le sujet se forme à partir d’un certain nombre de processus qui,
eux, ne sont pas de l’ordre de la subjectivité mais d’un ordre évidemment très difficile à nommer et à faire apparaître, mais plus
fondamental et plus originaire que le sujet lui-même, n’émergeait pas. Le sujet a une genèse, le sujet a une formation, le sujet a
une histoire ; le sujet n’est pas originaire ». p. 590, 1978.
« Depuis Socrate, la philosophie est un exercice, une expérience vécue, avant d’être discours ou proposition » (P. Hadot, Mag.
Litt., n° 2342, av. 1996)….« On sait bien que l’objectif principal des écoles philosophiques grecques ne consistait pas dans
l’élaboration, l’enseignement d’une théorie. Le but des écoles philosophiques grecques était la transformation de l’individu »
(M. Foucault, L’herméneutique…, p. 41).
« … la seule espèce de curiosité… qui vaille la peine d’être pratiquée avec un peu d’obstination : non pas celle qui cherche à
s’assimiler ce qu’il convient de connaître, mais celle qui permet de se déprendre de soi-même. Que vaudrait l’acharnement du
savoir s’il ne devait assurer que l’acquisition des connaissances, et non pas, d’une certaine façon et autant que faire se peut,
l’égarement de celui qui connaît… entreprendre de savoir comment et jusqu’où il serait possible de penser autrement…
exercice… épreuve… ascèse,… exercice de soi ». p. 1362, 1983….« … depuis l’origine de la philosophie, et peut-être au fond
jusqu’à maintenant encore et en dépit de tout, l’Occident a toujours admis que la philosophie n’est pas dissociable d’une
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existence philosophique, que la pratique de la philosophie doit toujours être plus ou moins une sorte d’exercice de la vie » le
courage de la vérité, p. 216, 1984 …. « Le livre me transforme et transforme ce que je pense… je suis un expérimentateur et non
pas un théoricien. J’appelle théoricien celui qui bâtit un système général soit de déduction, soit d’analyse, et l’applique de façon
uniforme à des champs différents. Ce n’est pas mon cas. Je suis un expérimentateur en ce sens que j’écris pour me changer moimême et ne plus penser la même chose qu’auparavant ». p. 861, 1980.
« Ce n’est donc pas le pouvoir, mais le sujet, qui constitue le thème général de mes recherches ». 1042, 1982.
« Les Mots et les Choses n’est pas mon vrai livre : c’est un livre marginal par rapport à l’espèce de passion qui est à l’œuvre, qui
sous-tend les autres ». p. 886, 1980.
« Le platonisme va jouer… ce double jeu : à la fois reposer sans cesse les conditions de spiritualité qui sont nécessaires pour
avoir accès à la vérité, et résorber la spiritualité dans le seul mouvement de la connaissance de soi, du divin, des essences ».
Subjectivité et vérité, p. 76….« Le problème de Platon est l’élévation de l’âme vers la vérité, ce n’est pas la découverte de la
vérité dans les profondeurs de l’âme… le gnothi seauton… n’a rien à voir avec l’herméneutique de soi » Christianisme et aveu, p.
126.
« … comme chacun sait, Aristote ce n’est pas le sommet de l’Antiquité, c’en est l’exception ». Subjectivité et vérité, p. 19….« Il y
a eu Aristote… La théologie est précisément un type de connaissance de structure rationnelle qui permet au sujet – en tant que
sujet rationnel et seulement en tant que sujet rationnel – d »avoir accès à la vérité de Dieu, sans condition de spiritualité… la
scolastique… était déjà un effort pour lever la condition de spiritualité qui avait été posée dans toute la philosophie antique et
dans toute la pensée chrétienne » (L’herméneutique…, p. 184)….« Pendant ces douze siècles (VXVII), le conflit n’a pas été
entre la spiritualité et la science : il a été entre la spiritualité et la théologie » (L’herméneutique…, p. 20).
« Il y a eu implantation, multiplication même et diffusion des techniques pastorales dans le cadre laïc de l’appareil d’Etat… le
pastorat, s’il a perdu dans sa forme strictement religieuse l’essentiel de ses pouvoirs, a trouvé dans l’Etat un nouveau support et
un principe de transformation » (p. 551, 1978).
….« Je crois que, dans la spiritualité antique, il y avait identité ou presque entre cette spiritualité et la philosophie. En tout cas, la
préoccupation la plus importante de la philosophie tournait tout de même autour de soi, la connaissance du monde venant
après et, la plupart du temps, en appui à ce souci de soi ». p. 1542, 1984.
- « Ce dont (Descartes) veut se démarquer et se séparer, ce sont précisément ces méthodes d’exercice spirituel qui étaient
pratiquées couramment dans le christianisme, et qui dérivaient des exercices spirituels de l’Antiquité, et particulièrement du
stoïcisme » (Id. p. 281)….« liquidation de la condition de spiritualité pour l’accès à la vérité » (Id. p. 183)…. « Ce n’est donc pas le
sujet qui doit se transformer lui-même. Il suffit que le sujet soit ce qu’il est pour avoir, dans la connaissance, un accès à la vérité
qui lui est ouvert par sa structure propre de sujet » (Id. p. 182).
« … il ne faut pas oublier que Descartes a écrit des « méditations » - et les méditations sont une pratique de soi. Mais la chose
extraordinaire dans les textes de Descartes, c’est qu’il a réussi à substituer un sujet fondateur de pratiques de connaissance à un
sujet constitué grâce à des pratiques de soi… Dans la culture européenne, et ce jusqu’au XVI°/s… il n’y a pas d’accès à la vérité
sans ascèse…Je pense que Descartes a rompu avec cela… L’évidence s’est substituée à l’ascèse au point de jonction entre le
rapport à soi et le rapport aux autres, le rapport au monde. Le rapport à soi n’a plus besoin d’être ascétique pour être en
rapport avec la vérité ». p. 1230, 1983…« … Descartes est le premier philosophe qui a utilisé les techniques spirituelles du
christianisme pour faire quelque chose de radicalement différent de ce que faisaient ces techniques… Toutes ces techniques
étaient tournées vers les problèmes de ce qui se passait dans les profondeurs de l’âme, tandis que lui il utilise ces techniques
pour découvrir le fondement de la connaissance scientifique » Débat… p. 119
-« Telle qu’elle est désormais, la vérité n’est pas capable de sauver le sujet » (L’Herméneutique… p. 20).
« Je n’ai jamais été freudien, je n’ai jamais été marxiste et je n’ai jamais été structuraliste ». p. 1254, 1983.
« Je ne trouve pas très pertinent d’en finir avec Marx lui-même… Or, la situation est totalement différente en ce qui concerne le
marxisme ». p. 600, 1978….« … les trois aspects du marxisme, … discours scientifique,… prophétie,… philosophie d’Etat, sont
inévitablement liés intrinsèquement avec l’ensemble des rapports de pouvoir ». p. 601, 1978. …« C’était une règle
fondamentale chez les étudiants de philosophie : puisqu’on était marxiste, on n’avait pas à savoir l’histoire » p. 1471, 1984….
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« Ce qui m’intéresse, c’est de susciter cette nouvelle imagination politique… en matière d’imagination politique, il faut
reconnaître que nous vivons dans un monde très pauvre… le marxisme existe comme la cause de l’appauvrissement… de
l’imagination politique… n’est rien d’autre qu’une modalité de pouvoir ». p. 599. « … je ne sais ce que c’est que le marxisme.
J’essaie de me battre avec les objets de mon analyse, et lorsque, effectivement, il me semble qu’il y a un concept qu’on peut
trouver chez Marx ou chez un marxiste, un concept qui doit coller, je l’utilise. Mais… j’ai toujours refusé de considérer que la
conformité ou la non-conformité à l’égard du marxisme…pouvait constituer un critère de différence pour accepter ou éliminer
ce que j’étais en train de dire. Je m’en moque éperdument, éperdument… quand les marxistes me critiquent sur ces points où
précisément je suis le plus proche de ce que Marx a dit, je rigole, et je me convaincs, une fois de plus, que parmi les gens très
nombreux qui ne connaissent pas Marx, se trouvent ceux qu’il convient de mettre au premier rang des marxistes ».
(L’origine…Interview, p. 148.
« Il ne s’agit absolument pas de viser le pouvoir politique ou le système économique… ces luttes n’attendent pas… d’un moment
futur qui serait la disparition des classes, qui serait le dépérissement de l’Etat la solution des problèmes… Par rapport à une
hiérarchie théorique des explications ou à un ordre révolutionnaire qui polariserait l’histoire et qui en hiérarchiserait les
moments, on peut dire que ces luttes sont des luttes anarchiques ». p. 546, 1978…. « … toute ma recherche repose sur un
postulat d’optimisme absolu. Je n’effectue pas mes analyses pour dire : voilà comment sont les choses, vous êtes piégés. Je ne
dis ces choses que dans la mesure où je considère que cela permet de les transformer ». p. 912, 1980….« Je ne cherche pas à
dire que tout est mauvais, mais que tout est dangereux… si tout est dangereux, alors nous avons toujours quelque chose à faire.
Donc ma position ne conduit pas à l’apathie, mais au contraire à un hyper-militantisme pessimiste ». p. 1205, 1983….« Les
mouvements de libération récents souffrent de ne pas trouver de principe sur lequel fonder l’élaboration d’une nouvelle
morale. Ils ont besoin d’une morale, mais ils n’arrivent pas à trouver d’autre morale que celle qui se fonde sur une prétendue
connaissance scientifique de ce qu’est le moi, le désir, l’inconscient, etc. » p. 1205, 1983.
… je serais assez d’accord pour dire qu’en effet ce qui m’intéresse c’est beaucoup plus la morale que la politique ou, en tout cas,
la politique comme une éthique… les questions que j’essaie de poser ne sont pas déterminées par une conception politique
préalable et ne tendent pas à la réalisation d’un projet politique défini ». p. 1405, 1984.
…. Le philosophe dans l’Antiquité « est avant tout un homme ayant un certain style de vie, qu’il a choisi volontairement, même
s’il n’a pas enseigné ou écrit » (P. Hadot, Etudes, p. 267)…. « Ce qui m’étonne, c’est le fait que dans notre société l’art est devenu
quelque chose qui n’est en rapport qu’avec les objets et non pas avec les individus ou avec la vie ; et aussi que l’art est un
domaine spécialisé fait par des experts qui sont des artistes. Mais la vie de tout individu ne pourrait-elle pas être une œuvre
d’art ? Pourquoi une lampe ou une maison sont-ils des objets d’art et non pas notre vie ?... nous devons faire de nous-mêmes
une œuvre d’art » (M. Foucault, p. I211, 1983).
« la philosophie dès son origine s’est formée par écrit » (Victor Goldsmith, les dialogues…)….« l’état d’esprit oral était le plus
grand ennemi de Platon » ( E. Havelock, Préface…).
« Ce primat de l’oral sur l’écrit, c’est pour Platon à la fois une nécessité historique et une exigence spirituelle… pour Platon
l’œuvre écrite n’engendre chez son lecteur qu’un faux savoir, une vérité toute faite ; seul le dialogue vivant est formateur… le
dialogue platonicien agit donc à distance, mais jamais avec l’efficacité de la parole vivante » (P. Hadot, l’enseignement oral de
Platon, p. 204).
« hypomnemata », ces « carnets individuels servant d’aide-mémoire », composés des « citations, des fragments d’ouvrages,
des exemples et des actions… (qui) constituaient une mémoire matérielle des choses lues, entendues ou pensées » (p. 1237).
« Platon est quelqu’un dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas cultivé la pratique de soi comme pratique écrite ou
comme pratique de rédaction de soi à partir de ses souvenirs… les textes qui témoignent, dans le débat platonicien, du rapport à
soi semblent relativement restreints. Chez Aristote également. En revanche, à partir du I°/s de notre ère, on voit des écrits très
nombreux qui obéissent à un modèle d’écriture comme rapport à soi ». p. 1519, 1984.
« Le philosophe… a pour fin très simple : l’expression par le discours des résultats de sa méditatiion. Il tâche de construire un
savoir entièrement transmissible par le langage… toute philosophie est une affaire de forme ». (P. Valéry, Léonard et les
philosophes).
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