
au sang o
u elles ne repr
esentent que
2 %. Ces cellules ont une capacit
ede
r
eponse rapide et ont la facult
ede
s
ecr
eter simultan
ement des cytokines
de type Th1, comme l’IFN-g, et Th2,
comme l’IL-4, l’IL-13 et l’IL-10, et ainsi
d’orienter la r
eponse immune. En
fonction de l’environnement, les lym-
phocytes NKT immuno-r
egulateurs
peuvent cr
eer soit un environnement
tol
erog
ene via la forte production d’IL-
10, soit participer
a l’immunit
e contre
les pathog
enes, tels que les bact
eries, les
virus et les parasites, en s
ecr
etant de
l’IFN-g.
Le foie contient comme tous les organes,
des lymphocytes B, des lymphocytes ab-
T CD4+ et CD8
+
qui vont ^
etre classique-
ment impliqu
es dans la r
eponse immu-
nitaire adaptative. L
a encore, on retrouve
des diff
erences de proportions puisque le
ratio CD4+/CD8+ est l’inverse de celui du
sang p
eriph
erique. Les lymphocytes gd-T
qui pr
esentent
a la fois des caract
e-
ristiques de cellules de l’immunit
einn
ee
et adaptative expriment un r
ecepteur de
reconnaissance des antig
enes de moins
grande diversit
e. Dans le foie, on observe
que cette population (8 %) est plus
repr
esent
ee que dans le sang (2 %).
On observe
egalement des lymphocytes
Tr
egulateurs (Treg) qui sont des lympho-
cytes suppresseurs de la r
eponse immune
adaptative.
L’apparition d’une inflammation chro-
nique dans le foie peut donc ^
etre vue
comme une rupture de la tol
erance
h
epatique. Le fait que la st
eatose soit un
pr
erequis
al’
evolution de la NASH
sugg
ere un r^
ole des lipides dans la
rupture de cette tol
erance. Il s’agit donc
de faire le point sur les perturbations
immunitaires et les anomalies des lym-
phocytes intrah
epatiques qui vont ^
etre
observ
ees sur un foie st
eatosique ou
dans la NASH et qui pourraient jouer un
r^
ole dans la rupture de la tol
erance
immune exerc
ee par le foie.
Les d
er
egulations
lymphocytaires dans la
NASH
Les lymphocytes NKT
La premi
ere anomalie lymphocytaire
d
ecrite dans la NASH a
et
e faite par le
laboratoire d’A-M. Diehl en 2000
(Guebre-Xabier et al., 2000). Ce groupe
a montr
e que la st
eatose h
epatique
etait
associ
ee
a une diminution du pour-
centage de lymphocytes NKT. Alors
que l’on observe un pourcentage de
21 % de NKT chez la souris t
emoin, celui-
ci est de 4 % chez la souris ob
ese ob/ob.
Les
etudes ont montr
e que cette baisse
de lymphocytes NKT
etait due
aune
augmentation de leur apoptose. On
observe par ailleurs un profil pro-inflam-
matoire des cellules NKT pr
esentes
(Li et al., 2005). Une
etude r
ecente a
montr
e que, chez l’homme, la diminu-
tion du nombre de lymphocytes NKT est
egalement corr
el
ee avec le degr
ede
st
eatose (Kremer et al., 2010).
Pour tester le r^
ole potentiel de cellules
immunitaires dans une pathologie, on
peut chez la souris restaurer le nombre
de ces cellules par un transfert adoptif.
Ce transfert consiste
a purifier des
lymphocytes
a partir d’une souris don-
neuse et
a les injecter en intraveineuse
chez une souris receveuse.
Pour tester le r^
ole potentiel des lympho-
cytes NKT dans la NASH, des transferts
adoptifs de NKT ont donc
et
er
ealis
es
chez des souris receveuses ob
eses ob/ob.
Les r
esultats sont spectaculaires puisque
seulement 12 jours apr
es le transfert on
constate une diminution de la st
eatose,
une am
elioration des transaminases
h
epatiques, reflet de l’atteinte h
epati-
que, ainsi qu’une am
elioration de la
tol
erance au glucose. La restauration
du nombre de lymphocytes NKT permet
donc de mod
erer la st
eatose et la
sensibilit
e au glucose dans des
etudes
a
court terme (Elinav et al., 2006).
Il est
egalement possible de restaurer un
nombre de cellules NKT h
epatique par
des traitements chez la souris. Le traite-
ment de souris ob
eses par des probioti-
ques, en l’occurrence un m
elange
bact
erien, le VSL3, a permis de montrer
plusieurs choses. Les probiotiques indui-
sent chez ces souris trait
ees une prise de
poids plus mod
er
ee, une am
elioration de
la tol
erance au glucose et une diminution
de la st
eatose. Cette diminution de
l’inflammation est associ
ee
a une dimi-
nution de la s
ecr
etion des cytokines et
chimiokines pro-inflammatoires et
aune
diminution de l’activation de la voie
NFkB. Mais ce qui est particuli
erement
int
eressant chez ces animaux, c’est la
restauration d’un nombre de lymphocy-
tes NKT proche de la normale. La
population de NKT est de 27 % chez
les souris t
emoins, chute
a 10 % chez les
souris ob
eses et est de 21 % chez les
souris ob
eses trait
ees (Ma et al., 2008).
Les perturbations observ
ees sur les cel-
lules NKT pourraient directement ^
etre
dues aux lipides stock
ees par le foie. En
effet, les cellules NKT qui expriment un
r
epertoire TCR restreint reconnaissent
des antig
enes de nature glycolipidique
pr
esent
es par un sous-type de mol
ecules
du complexe majeur d’histocompati-
bilit
e le CD1d. Actuellement, les lipides
endog
enes identifi
es comme capables
d’activer les cellules NKT sont issus du
m
etabolisme des c
eramides et provien-
nent principalement soit de la d
egradation
des glycosphingolipides membranaires
soit des glycosphingolipides bact
eriens.
La maturation et l’activation des lympho-
cytes NKT sont
etroitement li
ees
a
l’expression du CD1d sur les cellules
pr
esentatrices d’antig
ene qui sont les
cellules dendritiques et les macrophages.
Cependant, dans le foie, le CD1d est
egalement exprim
eparlesh
epatocytes
qui peuvent donc potentiellement pr
e-
senter l’antig
ene aux NKT (Geissmann
et al., 2005). Or, il a
et
e montr
eque
dans les h
epatocytes d’ob
eses, le CD1d
etait moins exprim
e
a cause d’un stress
du reticulum endoplasmique et que le
simple fait de stocker des lipides dans
un h
epatocytes participe
aund
efaut
des lymphocytes NKT (Yang et al.,
2007).
Les lymphocytes T r
egulateurs
(Treg)
Les lymphocytes Treg sont des lympho-
cytes suppresseurs de la r
eponse
immune. Chez l’ob
ese, le nombre de
Treg dans le foie st
eatosique est diminu
e.
Ces lymphocytes qui repr
esentent 5 %
des lymphocytes CD4+ dans un foie de
souris contr^
ole ne repr
esentent plus que
2 % dans un foie de souris ob
ese. M^
eme
si cette baisse peut paraıˆtre faible, ces
cellules sont des suppresseurs puissants
de la r
eponse immune et une telle
diminution est associ
ee
ader
eelles
dysfonctions de l’immunit
e. Si on r
ealise
un transfert adoptif de Treg chez des
souris ob
eses, on observe une normalisa-
tion des transaminases, t
emoin d’une
am
elioration de la fonction h
epatique.
De m^
eme que pour les lymphocytes
NKT, cette diminution du nombre de
Treg est due
a une augmentation de
leur apoptose. Le traitement de souris
ob
eses avec des anti-oxydants montre
que l’on peut restaurer le nombre de
Treg chez ces souris ob
eses et reverser
les anomalies h
epatiques (Ma et al.,
2007).
24 OCL VOL. 18 N81 JANVIER-FE
´VRIER 2011