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MARS 2016 / UNE APPROCHE COMBINÉE
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Cela dit, l’attention accordée à la gestion du risque n’a
aucunement réduit le besoin de rendements. Les obligations au
titre des prestations de retraite ont augmenté en raison de
l’allongement de l’espérance de vie et de la baisse des taux
d’intérêt, alors que les prévisions de rendement ont chuté.
Plusque jamais, les investisseurs recherchent des revenus stables
etprévisibles, et le respect des critères de risque prédénis.
La volonté de gérer la volatilité et d’obtenir des rendements stables
tout en conciliant plusieurs contraintes est au cœur des débats et
de l’activité observés dans le secteur des placements, actuellement.
Cela se traduit par plusieurs tendances, notamment la réduction
du risque, les placements fondés sur des facteurs ou les solutions
àbêta intelligent, et une augmentation des pondérations des
placements nontraditionnels et à gestion passive.
Les placements fondés sur des facteurs sont une façon d’atteindre
ces objectifs de placement. Ces stratégies de placement cherchent
à exploiter les facteurs de risque persistants, comme la qualité, la
valorisation, la capitalisation ou le momentum, qui sont des sources
reconnues d’appréciation des placements. Dans certains cas, on
met ces stratégies en œuvre en superposant des facteurs de risque
moins corrélés pour créer un portefeuille plus efcient qui pourra
donner de bons résultats sur des cycles de marché complets,
notamment parce que des facteurs individuels ont tendance à
présenter unecyclicité élevée.
Mis à part la superposition de facteurs, il est possible d’obtenir
debons rendements dans des conditions de marché variées en
combinant deux styles de gestion des placements, à savoir l’analyse
fondamentale et l’analyse quantitative. Il a été démontré que ces deux
méthodes obtiennent des rendements supérieurs dans différents
contextes de marché (nous reviendrons plus en détail sur ce point
dansla section suivante).
Le présent article examine les avantages d’une telle approche
combinée, qui peut procurer des rendements corrigés du risque
plus élevés.
Les avantages d’une approche combinée
Les styles de gestion fondamentale et quantitative ont tendance à
être cycliques et leur efcacité est tributaire de conditions de
marché différentes, en raison de leurs caractéristiques inhérentes.
La gestion quantitative des placements repose sur le principe selon
lequel les liens historiques entre les facteurs de placement se
perpétuent. Ce style étendu, rigoureux et impartial fournit une
évaluation systématique et objective des données fondamentales et
de l’évaluation boursière d’une société. Leprocessus quantitatif
exclut les facteurs qualitatifs et les jugements subjectifs dans le
classement de chaque titre. Il est systématique et facilement
ajustable, de sorte qu’il permet d’évaluer un grand nombre de titres
chaque jour. Ainsi, les gestionnaires quantitatifs obtiennent de bons
résultats dans desconditions de marché stables et tendancielles.
En revanche, la recherche fondamentale qui n’est pas facilement
ajustable donne une évaluation plus prospective et subjective des
paramètres fondamentaux et de l’évaluation boursière d’une
société. Les gestionnaires axés sur l’analyse fondamentale
acquièrent des connaissances approfondies et directes des sociétés,
ce qui leur permet de réagir rapidement aux changements. Ils ont
tendance à obtenir de meilleurs résultats dans les contextes de
bulle spéculative des actifs et aux points d’inexion importants, du
fait qu’ils protent de plus de souplesse pour réagir aux risques de
marché et aux sautes d’humeur des investisseurs. En réaction aux
changements, ils peuvent modier leurs titres en portefeuille plus
rapidement que ne le peuvent les gestionnaires quantitatifs.
Pour évaluer cette hypothèse, nous avons comparé les rendements
annuels de gestionnaires fondamentaux et quantitatifs, en accordant
une importance particulière aux actions américaines de base à
grande capitalisation qui se trouvent dans la base de données
eVestment Alliance, pour lapériode allant de 1994 à 2014.
Nousavons utilisé le gestionnaire fondamental médian et le
gestionnaire quantitatif médian comme représentants de leurs styles
de placement respectifs, et calculé l’écart entre leurs rendements
annuels. Nous avons aussi étudié les actions mondiales de base à
grande capitalisation de la base de données eVestment Alliance,
pour la période allant de 1994 à 2014. Dans ce cas,il y avait moins
de dixgestionnaires se considérant comme des gestionnaires
quantitatifs avant 2002.
La gure1 illustre les résultats que ces deux types de gestionnaires
ont obtenus dans des conditions de marché différentes. Les zones
ombrées correspondent à des marchés stables et tendanciels,
tandis que les autres zones indiquent des points d’inexion du
marché, le premier étant l’éclatement de la bulle des titres des
technologies, des médias et des télécommunications, et le second
étant la crise nancière mondiale. Les facteurs quantitatifs sont
plus efcaces lorsque lavolatilité est faible à modérée, mais moins
ables dans un contexte de volatilité élevée souvent associée à des
points d’inexion. L’inverse tend à se produire pour les approches
fondamentales. Le graphique indique que les gestionnaires axéssur
l’analyse fondamentale ont inscrit des rendements nettement
supérieurs aux points d’inexion, tandis que les gestionnaires
quantitatifs ont été plus enclins à faire meilleure gure dans des
marchés stables et tendanciels.
En ce qui a trait aux actions mondiales de base à grande
capitalisation, les résultats indiquent des périodes semblables
de rendements supérieurs et inférieurs pour les gestionnaires
fondamentaux et quantitatifs, bien que les périodes de rendements
inférieurs et supérieurs afchent une corrélation moins importante
avec les événements du marché. Pourl’évaluation de cette donnée,
il faut toutefois tenir compte d’un nombre moins important de
gestionnaires quantitatifs.