mort, mais une délocalisation de la conscience à l'approche de la mort. » Si Jean-Pierre Postel prend
soin d'écarter le doute autour de la rationalité de l'étude, c'est parce qu'il sait qu'une dérive
ésotérique existe. Il évoque le business des auteurs et des éditeurs autour des témoignages
d'affabulateurs. Pire, les gourous spirituels qui proposent à Paris de vivre une EMI provoquée et ce,
bien sûr, moyennant paiement.
Aux balbutiements
Depuis que le dispositif est en place, il y a eu quelques arrêts cardiaques réversibles mais aucun
témoignage d'EMI. « Nous n'en sommes qu'aux balbutiements », explique l'anesthésiste, qui
souhaiterait une extension de cette étude à d'autres centres hospitaliers. Ce dernier est par ailleurs
président du Centre national d'études, de recherche et d'information sur la conscience, une
association créée en mars qui regroupe chercheurs et médecins pour faire avancer la connaissance
dans un domaine infiniment vaste.
« Beaucoup n'osent pas témoigner »
Pour briser le tabou, le docteur Postel va organiser des consultations gratuites. Comment raconter
que l'on est sorti de son corps, que l'on a vu à travers les murs et les armoires sans passer pour un
fou ? D'autant que pour certains, l'expérience de mort imminente (EMI) peut prendre une dimension
spirituelle. Combien de patients ayant frôlé la mort préfèrent le silence à la honte ? Beaucoup, selon
le docteur Jean-Pierre Postel. « Ils n'osent pas témoigner car ils se heurtent à plusieurs censures :
parfois celle du personnel soignant, souvent celle de la famille. Je suis en contact avec une femme
qui a vécu il y a trente-trois ans un grave accident de voiture et qui est restée dans le coma pendant
une semaine. Aveugle, elle a été capable de décrire un enfant qui était aussi en réanimation à ce
moment-là. Après ce récit, sa famille l'a complètement marginalisée. »
À Sarlat, l'équipe qui travaille en réanimation aux côtés du docteur Postel a adhéré au projet de
recherche. Ce qui n'est pas toujours le cas dans l'univers médical, très cartésien et peu ouvert à ce
genre d'expérience à la frontière de la science et de la spiritualité. Pour rompre le tabou,
l'anesthésiste propose, à titre bénévole et sur son temps libre, de recevoir gratuitement une fois par
mois, à l'hôpital de Sarlat, les personnes ayant vécu une EMI. « Elle peut être positive ou négative.
Certains sont traumatisés. Dans tous les cas, il faut en parler », insiste le médecin. Ces consultations
commencent ce mois-ci. Le docteur Postel va sensibiliser l'ensemble des médecins du département,
qui seront autant de relais pour capter ces patients en souffrance ou incrédules après cette
expérience initiatique.
Source : Sud-Ouest
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