la croissance economique apparait alors cumulative et auto

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Terminales ES
SCIENCE ECONOMIQUE :
THEME 1 : CROISSANCE, FLUCTUATIONS ET CRISES
Chapitre 1 : QUELLES SONT LES SOURCES DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE ?
Notions : PIB, IDH, investissement, progrès technique, croissance endogène,
productivité globale des facteurs, facteur travail ,facteur capital.
Acquis de première : Facteurs de production, production marchande et non marchande,
valeur ajoutée, productivité, institutions, droits de propriété, externalités.
En s’appuyant sur le programme de première, on s’interrogera sur l’intérêt et les limites du
PIB . L’étude de séries longues permettra de procéder à des comparaisons internationales. A
partir d’une présentation simple de la fonction de production, on exposera la manière dont la
théorie économique analyse le processus de croissance. On fera le lien entre la productivité
globale des facteurs et le progrès technique et on introduira la notion de croissance
endogène en montrant que l’accumulation du capital sous ses différentes formes participe
à l’entretien de la croissance.
On mettra l’accent sur le rôle des institutions et des droits de propriété.
« Bulletin officiel spécial n°8 du 13 octobre 2011 et modification de 2013».
I) QU’EST-CE QUE LA CROISSANCE ET QUELLES SONT SES LIMITES ?
A) De la croissance du PIB à celle du niveau de vie.
B) Les rythmes de la croissance
C) Limites du PIB et de la croissance
II) COMMENT EXPLIQUER LA CROISSANCE ECONOMIQUE ?
A) Facteurs de production et croissance
1°) le rôle du facteur travail
2°) le rôle du facteur capital
3°) la loi des rendements décroissants.
B) Gains de productivité et croissance
1°) La contribution des facteurs de production et du PT dans la croissance
2°) les effets de la hausse de la productivité du travail
III) A QUELLES CONDITIONS LA CROISSANCE PEUT-ELLE ETRE
AUTO-ENTRETENUE ?
A) Accumulation du capital et croissance endogène
B) Le rôle des institutions dans la croissance
TRAVAIL PREALABLE DES ELEVES :
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Document 1
La Chine officiellement première puissance au Monde
Libération- 8 décembre 2014.
Selon le FMI, le PIB chinois, exprimé en parité de
pouvoir d'achat, devrait dépasser cette année celui
des États-Unis.
C’est officiel, ça vient (presque) de tomber : la Chine est la première puissance
économique du monde. Voilà ce que rapporte le site américain d’information
financière MarketWatch, qui a mis le nez dans les dernières données du Fonds
monétaire international, publiées en octobre dernier. Et en a ressorti ces chiffres : en
2014, le produit intérieur brut (PIB) chinois exprimé en parité de pouvoir d’achat
(PPA, on va en reparler) devrait être de 17 632 milliards de dollars; tandis que celui
des États-Unis ne serait «que» de 17 416 milliards. L’année précédente, ces derniers
enregistraient encore une légère avance sur Pékin.
Selon MarketWatch, ce nouveau classement reflète aussi bien une tendance de long
terme - le développement industriel de la Chine - qu’une récente modification du
calcul du PIB chinois par l’institut statistique national. Cette réforme a conduit à
intégrer davantage d’activités dans la richesse nationale, et ainsi à gonfler un peu plus
celle-ci - un effet qu’a aussi expérimenté la France cette année. Voilà donc la Chine
sur la première marche du podium. Et, à en croire les projections du FMI, c’est parti
pour durer. Mais au juste, cette situation est-elle vraiment nouvelle ? Regardons le
PIB en prix constants (c’est-à-dire corrigés des effets de l’inflation) : à ce compte-là,
c’est dès 2011 que Pékin a doublé Washington en termes de richesse nationale.
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MarketWatch considère cependant qu’il est plus sûr d’exprimer le PIB en parité de
pouvoir d’achat. Et il y a de bonnes raisons de penser cela. En effet, comment trouver
un référentiel commun pour exprimer la richesse de pays qui diffèrent, non seulement
par leurs monnaies, mais aussi par leurs niveaux de vie ? Une solution est de tout
convertir en une même devise, par exemple le dollar. Mais les résultats sont alors à la
merci d’une modification des taux de change. Qui plus est, un dollar n’a pas
forcément la même valeur d’usage selon le pays - concrètement, il permet d’acheter
beaucoup plus de choses en Chine qu’aux États-Unis.
Le calcul en PPA est une réponse à ce problème. Il consiste à ne pas utiliser les taux
de change officiel pour convertir les monnaies entre elles, mais à mesurer leur pouvoir
d’achat par rapport à un «panier» de produits. Par exemple, si une bouteille d’eau
coûte 4 dollars aux États-Unis et 2 yuans en Chine, le taux de change sous-jacent est
de 1 yuan pour 2 dollars. Et c’est lui qui sera retenu pour exprimer le PIB chinois dans
la devise américaine. En pratique, toutefois, les «paniers» retenus par les institutions
internationales comprennent plus de 3000 biens et services.
On obtient ainsi un indicateur relativement concret, et une médaille d’or de plus pour
la Chine en matière économique. Reste toutefois une catégorie dans laquelle Pékin
devrait longtemps rester à la traîne : le PIB (PPA) par habitant. Dans ce classement,
en 2013, son abondante population valait à la Chine d’occuper le 89e rang, entre les
Maldives et la Jordanie.
1°) Que signifie l’expression « PIB à prix constants » ?
2°) Quel est l’intérêt de la mesure en PPA ?
3°) Exprimer par un indicateur la forte augmentation du PIB chinois.
4°) Que révèle le classement de la Chine ?
5°) Pourquoi est-il important de raisonner en termes de richesses par habitant (PIB en PPA/ Habitant) ?
6°) Quel est l’intérêt du second article ? Que montre t’il s’agissant de l’utilisation du PIB ?
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La Chine, première puissance
économique mondiale… Vraiment ?
LE MONDE | 30.01.2015 à 12h01 • Mis à jour le 30.01.2015 à 12h05 | Par Claude
Meyer (Centre Asie (IFRI) et Sciences Po)
Le premier ministre Manuel Valls est en visite en Chine, devenue officiellement
en 2014 la première puissance économique mondiale devant les Etats-Unis.
Officiellement, sans doute, si l’on retient les prévisions du Fonds monétaire
international (FMI) publiées en octobre 2014. Encore faut-il préciser que ces calculs
du FMI utilisent les parités de pouvoir d’achat (PPA) pour comparer les produits
intérieurs bruts (PIB) chinois et américain. Qu’est-ce à dire ?
Pour classer les pays selon la taille de leur PIB, on convertit les monnaies nationales
en dollars. Il existe deux méthodes de conversion, soit au taux de change du marché
(environ 6 yuans pour un dollar), soit en parité de pouvoir d’achat (autour de 3,7
yuans par dollar). Ce dernier taux, résultat de calculs complexes, tient compte du coût
de la vie dans chaque pays : par exemple, le même montant en yuans permettra
d’acheter un seul hamburger à New York contre deux à Pékin.
Chaque méthode a son intérêt propre. La PPA permet d’évaluer sur la durée les
performances économiques de chaque pays hors effets de change, mais surtout de
comparer le PIB par habitant et donc le niveau de vie d’un pays à l’autre. En
revanche, le PIB converti au taux de marché est un bon indicateur du poids respectif
des pays dans l’économie mondiale, d’où découle leur classement en termes de
puissance économique.
Selon ce deuxième critère, le plus couramment utilisé, la Chine est restée en 2014 la
seconde économie du monde, avec un PIB inférieur de 40 % à celui des Etats-Unis.
C’est ce classement qui paraît s’imposer ;
En savoir plus sur
http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/30/la-chine-premiere-puissance-economi
que-mondiale-vraiment_4566943_3232.html#5s51rlT0rbAh24ec.99
Quel est l’intérêt du PIB ?
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Document 2 :
Le PIB, un indicateur imparfait du bien-être :
Si le PIB est un indicateur pertinent pour mesurer l’accroissement de la production dans un pays, il
présente des limites pour juger de l’état de bien-être ou de progrès d’une société.
Tout ce qui peut se produire et se vendre avec une valeur ajoutée monétaire gonfle le PIB,
indépendamment du fait que cela ajoute ou non au bien-être. La destruction organisée des forêts
tropicales pour y planter du soja transgénique est bonne pour le PIB des pays concernés. Peu importe
que ce soit une catastrophe écologique. De même, l’augmentation des ventes d’antidépresseurs est
comptée comme « positif » par le PIB. J Tobin et W Nordhaus ont dénoncé ces absurdités à l’aide du
concept de « dépenses défensives ». Celles-ci désignent des situations où le PIB augmente du fait
d’activités qui consistent seulement à réparer des dégâts commis par d’autres activités qui, elles aussi,
gonflent le PIB.
De nombreuses activités qui contribuent au bien-être ne sont pas comptées dans le PIB : le bénévolat, le
travail domestique… Sont aussi ignorés par le PIB l’allongement de l’espérance de vie, l’amélioration
du niveau d’instruction, la répartition des richesses, les inégalités ou la pauvreté.
Enfin, les services non marchands dispensés par l’Etat sont très mal comptés car comptabilisés sur la
base du coût des facteurs de production nécessaires à leur production. Leur qualité et leur efficacité ne
sont pas non plus prises en compte.
Non seulement le PIB et la croissance n’ont pas grand-chose à voir avec le bien-être, mais ils ne nous
envoient pas non plus de signaux permettant d’agir et de prévenir à temps les crises majeures.
D’après Jean Gadrey et Dominique Méda, « les limites du PIB », La Richesse autrement, Alternatives
économiques, Poche n°048. Mars 2011.
1°) Définir Production marchande/ production non marchande.
2°) Quelle définition donneriez-vous du bien-être ?
3°) Montrez que le PIB évalue mal l’activité productive d’un pays et ne tient pas compte d’éléments
qui contribuent au bien-être.
4°) Expliquez la notion de « dépenses défensives ».
Pourquoi le PIB n’est-il pas un bon indicateur de bien-être ?
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I) QU’EST-CE QUE LA CROISSANCE ET QUELLES EN SONT SES LIMITES ?
A) De la croissance du PIB à celle du niveau de vie
A la fin du XVIII° s, la Révolution industrielle en Europe crée une rupture fondamentale dans l’histoire
de l’humanité : la production se met à augmenter plus vite que la population et le niveau de vie s’élève.
Doc 1 : définition et mesure de la croissance économique :
La croissance économique désigne l’augmentation de la production de biens et services sur le long
terme. Selon François Perroux, 1903-1987, « la croissance économique correspond à l’augmentation
soutenue pendant une ou plusieurs longues périodes d’un indicateur de dimension, pour une nation, le
produit global net en termes réels ». L’indicateur utilisé pour la mesure de la croissance est le taux de
croissance du PIB ( produit intérieur brut). Si la croissance du PIB est supérieure à celle de la
population, le PIB par habitant augmente et le niveau de vie s ‘améliore.
La croissance doit être distinguée de l’expansion ( hausse du PIB sur une courte période) et du
développement qui nécessite des progrès dans des domaines comme la démographie, la santé,
l’éducation, les conditions sociales.
J Villon, Magnard 2015.
1°) Pourquoi mesure t’on la richesse crée par un pays par la somme des valeurs ajoutées produites par
les agents économiques ?
2°) Donnez les définitions de PIB,PIB nominal/ réel, PIB par habitant.
3°) L’Etat crée t’il de la valeur ajoutée ?
4°) Pourquoi faut-il distinguer la croissance de l’expansion, la croissance du développement ?
Doc 2 : La croissance économique : un phénomène récent à l’échelle de l’humanité
Jusqu’au XVIII° s, le revenu moyen des habitants de la planète est resté stagnant : le niveau de vie d’un
esclave romain n’est pas significativement différent de celui d’un paysan du Languedoc au XVII°s ou
d’un ouvrier de la grande industrie du début du XIX°s. En effet, chaque fois qu’une société découvre
une technologie nouvelle, un mécanisme immuable se met en place qui en annule la portée. La
croissance économique entraîne la croissance démographique : la richesse augmente la natalité et réduit
la mortalité. Mais la hausse de la population fait baisser progressivement le revenu/tête. Vient
fatalement le moment où la population bute sur l’insuffisance des terres disponibles pour se nourrir.
Famines et épidémies viennent briser l’essor des sociétés en croissance. Vers le milieu du XVIII°s, la
Révolution Industrielle provoque une rupture portée par l’émergence de nouvelles techniques dans le
domaine industriel. La plus célèbre d’entre elles est la machine à vapeur de James Watt qui va
permettre de développer l’industrie textile, les chemins de fer puis les bateaux à vapeur.
La croissance économique moderne va s’appuyer sur un renouvellement technologique permanent et
déborder la croissance démographique.
A partir du XIX°s, dans les pays industrialisés, c’est la croissance du revenu par tête qui devient la
marque d’une société prospère. La croissance améliore, enfin, les conditions de vie.
D’après D Cohen, la prospérité du vice, une introduction inquiète à l’économie, Albin Michel, 2009.
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1°) Pourquoi la Révolution industrielle est-elle considérée comme une rupture dans l’histoire des
sociétés ?
2°) Pourquoi, avant la Révolution Industrielle, la croissance n’est-elle pas durable ?
3°) Expliquez la phrase soulignée.
4°) Calculez le CM du PIB/ hab ou du niveau de vie de 1820 à 2010. ( cf graphique magnard p 20).
5°) Comment pouvez-vous expliquer la croissance du niveau de vie sachant que le PIB mondial a été
multiplié par 77 de 1820 à 2010 et la population par 6,6 ?
Doc 3 : La croissance économique : un enjeu fondamental pour les pays pauvres.
La croissance économique est généralement mesurée par le taux d’accroissement annuel du produit
intérieur brut (PIB) d’un pays. Pourquoi quelqu’un devrait-il s’intéresser à cette statistique aride au lieu
de s’intéresser à des indicateurs plus explicites comme des indicateurs de bien-être, de consommation
ou de bonheur ? L’argument le plus convaincant est peut-être que le bien-être matériel de milliards de
gens est principalement déterminé par la croissance économique.
Dans les pays économiquement avancés, la croissance économique a permis, depuis la Révolution
Industrielle, à presque toute la population de vivre selon un style de vie qui était celui d’une poignée de
quelques privilégiés il y a une centaine d’années, lorsque le PIB par tête ne représentait alors qu’une
faible part de ce qu’il est aujourd’hui (…). Au contraire, le manque de croissance économique dans les
pays les plus pauvres du monde implique que les conditions de vie pour des centaines de millions de
personnes sont épouvantables comparées aux niveaux de vie de pays riches. En effet, les niveaux de
revenu par tête dans plusieurs pays au XXI°s sont beaucoup plus faibles qu’ils ne l’étaient au XIX°S en
Europe.
P Aghion et P Howitt, l’économie de la croissance, Economica, 2010.
le bien-être matériel est ici défini comme le niveau de vie.
- Pourquoi la croissance améliore t’elle le bien-être matériel ?
- Pouvez-vous donner des exemples d’éléments du bien-être, autres que celui de l’accès à l’eau potable,
qui ne sont pas assurés dans les pays pauvres ?
- Pourquoi la croissance économique est-elle une priorité pour les pays pauvres ?
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Terminales ES
A RETENIR :
- LA CROISSANCE ECONOMIQUE, MESUREE PAR LE
TAUX DE CROISSANCE DU PIB REEL OU EN
VOLUME, EST L’ACCROISSEMENT SUR UNE
LONGUE PERIODE DE LA QUANTITE DE BIENS ET
SERVICES PRODUITS SUR UN TERRITOIRE.
- SI LE PIB AUGMENTE PLUS VITE QUE LA
POPULATION, LE PIB/TETE, QUI MESURE LE
NIVEAU DE VIE MOYEN, PROGRESSE.
- LES PAYS AUJOURD’HUI DEVELOPPES ONT
CONNU UNE ACCELERATION DE LEUR CROISSANCE
ECONOMIQUE A PARTIR DU DEBUT DU XIX°S AVEC
LA RI.
DANS LES PAYS PAUVRES, LA CROISSANCE EST
INDISPENSABLE POUR PARVENIR AU NIVEAU DES
PAYS DEVELOPPES.
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Terminales ES
B) Les rythmes de la croissance
De 1820 à 2014, le niveau de vie mondial a augmenté en moyenne annuelle d’un peu plus de ……%,
Mais sa croissance a connu des périodes d’accélération et de ralentissement.
Les rythmes de croissance et de niveau de vie sont également différents entre les grandes zones
régionales.
Document 1 :
Repères historiques
- 1820-1870 : première Révolution industrielle en Europe puis aux Etats-Unis ( machine à vapeur,
acier, textile, chemins de fer).
- 1870-1913 : Deuxième Révolution industrielle ( chimie, automobile, aéronautique…) première
mondialisation ( liberté des mouvements de capitaux entre les pays).
- 1913-1950 : Première GM, crise des années 1930, Seconde GM.
- 1950 - 1973: Trente Glorieuses, reconstruction de l’Europe, consommation de masse et diffusion en
Europe du taylorisme, mise en place des Etats-Providence dans les pays européens.
- 1973-2001 : crises pétrolières ( 1973-1979) et, à partir des années 1990, troisième Révolution
industrielle, essor des nouvelles technologies de l’information et de la communication.
- 2001-2008 : Forte croissance dans certains pays asiatiques.
- 2008-2010 : croissance mondiale très affectée par la crise financière des subprimes de 2008-2009.
Magnard 2015.
- Que signifie l’expression « taux de croissance annuel moyen » ?
- Sur le très long terme, le taux de croissance du PIB et du PIB/ hab sont-ils croissants ?
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Terminales ES
CROISSANCE MONDIALE
7 COLONNES POUR LES
PERIODES
DU PIB
DE LA POPULATION
DU PIB/ HABITANT
CAUSES
Des rythmes de croissance différents dans l’espace :
- Doc Bordas p 18/ doc 2
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Terminales ES
C) Les limites du PIB et de la croissance
Le PIB n’est pas un bon indicateur du bien-être et la croissance ne garantit ni le progrès ni le bonheur
des individus.
D’où l’intérêt de recourir à d’autres indicateurs.
- Les limites du PIB comme mesure de l’activité économique
Mobilisation du travail préalable des élèves/ doc manuel Bordas p 20 et 21
- Les limites comme indicateur de bien-être :
Mobilisation du travail préalable des élèves/ doc Manuel Bordas.
- Le recours à d’autres indicateurs :
- L’IDH : doc 2 p 24 Magnard.
- Quelles sont les trois composantes de l’IDH ?
- La santé a-t-elle un poids plus élevé que le revenu dans le calcul de l’IDH ?
- La croissance économique ( mesurée par l’augmentation du RNB) entraîne t‘-elle automatiquement
une hausse de l’IDH ?
- Analysez les écarts de développement entre la Norvège et le Niger.
- Quelles remarques pouvez-vous faire sur le Sri-Lanka et la Namibie ?
Bilan :
Indiquez si les éléments suivants sont pris en compte dans le calcul du PIB, celui de l’IDH ou s’ils ne
sont pris en compte ni dans celui du PIB ni de l’IDH.
- Stress au travail, valeurs ajoutées par les agents économiques, revenus nets reçus du reste du monde,
santé, durée moyenne de scolarisation des adultes, travail domestique, dégradation de l’environnement,
activités bénévoles, inégalités de revenus, accès à l’eau potable, inégalités hommes/ femmes, services
non marchands.
Eléments pris
en compte …..
DANS L’IDH
DANS LE PIB
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NI DANS LE PIB/ NI
DANS L’IDH
Terminales ES
-
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Terminales ES
- Des indicateurs à dominante environnementale
L’épargne nette ajustée de la Banque mondiale.
Cet indicateur monétarisé, que l’on pourrait qualifier aussi d’indicateur de progression ou de régression
des flux de richesse « véritable », ambitionne de contribuer à la mesure synthétique du développement
durable d’un pays, par diverses additions ou soustractions de ressources non économiques, notamment
environnementales, en partant d’une base constituée par l’épargne économique nationale. Il n’inclut
aucune variable sociale. Il a fait l’objet de critiques très vives.
Le principe du calcul de cette épargne nette ajustée est résumé par l’équation suivante :
Epargne véritable = épargne nette ( soit: épargne intérieure brute- consommation de capital fixe) +
dépenses d’éducation - (épuisement des ressources énergétiques, des ressources minérales et des forêts,
et dommages liés aux émissions de CO2). Il s’agit donc de mesurer la variation du capital humain, du
capital économique et du capital écologique à l’issue d’un cycle de production.
Dans la seconde moitié des années 2000, l’ENA a fait l’objet à la fois de tentatives visant à l’imposer
comme référence mondiale et de critiques de plus en plus vives des associations et ONG. La
Commission Stiglitz l’a remise en selle, mais ne l’a finalement pas recommandée, en, faisant état de ses
insuffisances. Ces dernières sont en effet considérables. Le seul fait que le pays du monde ayant la plus
forte ENA ( avec le taux de progression le plus élevé au cours des années 2000) soit la Chine, rongée
par des crises environnementales multiples, et désormais plus gros émetteur mondial de gaz à effet de
serre, devrait suffire à condamner cet indicateur présenté comme un reflet de la soutenabilité globale.
Ce pays parvient en effet à cette surprenante performance en raison du fait que son énorme épargne
économique et financière vient compenser la forte dégradation de son bilan environnemental, parce que
la méthode de monétarisation sous-estime cette dégradation.
Jean Gadrey/ Florence Jany-Catrice
Les nouveaux indicateurs de richesse - La découverte 2012.
L’empreinte écologique
- Ensuite, l’empreinte écologique qui a été imaginée par des universitaires au cours des années 1990.
Depuis 2003, cette méthode est reprise et perfectionnée par des organisations non gouvernementales
réunies sous l’égide du Global Footprint Network. Il s’agit de mesurer l’impact de la consommation
d’une population donnée selon la surface du sol et d’océan nécessaire pour la produire et pour assimiler
les déchets qu’elle génère. Cette surface biologique, appelée également biocapacité, est exprimée en
hectares globaux. (…) Il est intéressant de constater que les critères utilisés étant très différents, l’ENA
et l’empreinte écologique ne désignent pas les mêmes pays comme responsables des dégâts
écologiques. L’ENA est très critiquée à cause de la substituabilité des différents capitaux. L’empreinte
écologique, pour sa part, est d’une redoutable efficacité médiatique, ce qui lui a permis de s’imposer
très rapidement dans le débat public.
Les indicateurs de richesse Eric Keslassy.
Ecoflash- Mai 2010
- L’empreinte écologique est un concept qui lie étroitement les notions de développement durable et
de développement équitable. D’abord, bien évidemment, en tant qu’équité intergénérationnelle,
fondement du concept de durabilité. Les déficits écologiques cumulés devront être payés, d’une façon
ou d’une autre, par les générations présentes et futures. Ensuite l’équité nationale et internationale, car
les chiffres montrent l’existence d’inégalités énormes entre les pays et entre les groupes sociaux en
matière d’empreinte écologique. L’empreinte écologique moyenne d’un étatsunien est, en 2008, de 7,2
hectares ( soit quatre fois la surface « bioproductive » par personne dans le monde, qui est d’environ
1,8 hectare) contre 1,45 pour un africain. Pour la France, elle est de 4,91 hectares. Ces résultats
signifient que, pour pouvoir garantir durablement un mode de vie américain à l’ensemble de
l’humanité, sur la base des techniques de production actuelles, il faudrait 4 planètes ! Et il en faudrait
2,7 si la référence était le mode de vie des français. Quant aux inégalités entre groupes sociaux au sein
d’un même pays, elles ne sont pas moins considérables : les écarts peuvent aller de 1 à 10 et nettement
plus si l’on tient compte des modes de vie les plus luxueux.
Jean Gadrey/ Florence Jany-Catrice
Les nouveaux indicateurs de richesse - La découverte 2012.
- Montrez les avantages et les limites de ces indicateurs : L’ENA et l’empreinte écologique
Pour conclure :
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Terminales ES
Article d’Alternatives Economiques « D’autres indicateurs de richesses » ( enfin).
Alternatives Economiques / mai 2015.
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Terminales ES
II) COMMENT EXPLIQUER LA CROISSANCE ECONOMIQUE ?
Depuis deux siècles les inventions et les innovations se succèdent et sont à l’origine de la progression
du niveau de vie. Les économistes s’accordent pour attribuer au PT un rôle décisif dans la croissance.
Mais ils mettent aussi l’accent sur d’autres facteurs - éducation, santé, investissement, présence
d’infrastructures et d’institutions efficaces sans lesquels ce progrès ne pourrait pas émerger.
Pour commencer :
« POBINSON, VENDREDI ET LE PERROQUET :
L’HISTOIRE DE ROBINSON RACONTEE PAR LES ECONOMISTES ».
1°) Le naufrage de ROBINSON :
On se souvient que Robinson a fait naufrage sur un île déserte. Mais l’histoire ne dit pas qu’il avait pu
récupérer un unique sac de blé. C’est pourtant grâce à ce sac de blé qu’il allait survivre et faire
l’expérience de la croissance. Seul sur son île, Robinson ne dispose que de deux ressources : son travail
et un capital, le sac de blé. Il faut choisir : combien semer de graines de blé et combien en garder pour
consommer immédiatement ? Ce choix entre consommation et investissement va déterminer la
croissance future de la production de blé. Beaucoup consommer aujourd’hui, c’est risquer de manquer
de nourriture demain, semer largement aujourd’hui, c’est risquer de manquer à très court terme de
nourriture.
2°) Robinson redécouvre la loi des rendements décroissants :
Robinson décide de semer 30% de son blé et de consommer l’autre partie. Les premières années, la
production de blé augmente. Mais Robinson remarque que, d’année en année, les récoltes de blé
croissent de moins en moins jusqu’à se stabiliser. En effet, plus il sème, plus le rendement de chaque
grain diminue. Robinson fait l’expérience de la loi des rendements décroissants, déjà mise en évidence
par Turgot au XVIII°s.
3°) Arrive un perroquet savant.
Un matin, un perroquet très savant qui a été en contact avec les plus grands érudits du monde entier
débarque sur l’île. Il se prend d’amitié pour Robinson et lui transmet gratuitement son savoir. La
production de blé se remet à augmenter. Robinson a bénéficié d’un progrès technique exogène : le
perroquet est « tombé du ciel » et les connaissances transmises ne lui ont rien coûté.
4°) ROBINSON décide de consacrer du temps à l’étude
Mais le perroquet disparaît. A nouveau, la production se stabilise. Robinson qui a tiré la leçon de la
visite du perroquet pense qu’il doit consacrer une partie de son temps à se former, à améliorer ses
techniques, à faire des expériences. Le progrès technique et la croissance sont désormais des
phénomènes endogènes qui dépendent du comportement et des choix de Robinson…
5°) Quand Vendredi rejoint Robinson…
Robinson et Vendredi décident de se partager l’île. Vendredi consacre beaucoup plus de temps à
l’étude que Robinson et fait des découvertes intéressantes que Robinson copie et exploite gratuitement.
Le PT réalisé par Vendredi a créé une externalité positive au bénéfice de Robinson. Mais quand
Vendredi comprend que Robinson profite de ses découvertes et de son travail, il décide de se protéger
et construit une haute palissade entre ses terrains et ceux de Robinson. Dans un sens, Vendredi a raison
de se protéger. Mais, si aucun accord entre les deux hommes n’intervient, pour savoir comment
Robinson pourra exploiter les découvertes de Vendredi , la production totale de blé deviendra
inférieure à ce qu’elle pourrait être. Et c’est bien dommage car Robinson et Vendredi sont tombés
amoureux de deux jeunes femmes résidant dans une île toute proche. Ils veulent se marier et avoir
beaucoup d’enfants…
D’après Dominique Guellec, Pierre Ralle, Les Nouvelles théories de la croissance,
La Découverte Coll Repères. 2003.
1°) Comment pouvez-vous expliquer la loi des rendements décroissants ?
2°) Montrez que le progrès technique permet de mettre fin à cette loi.
3°) Quelle est la différence entre un PT exogène et un PT endogène ?
4°) Pourquoi Robinson et Vendredi ont-ils intérêt à coopérer ?
A) Facteurs de production et croissance
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Terminales ES
La croissance économique repose sur l’augmentation des quantités de travail et de capital disponibles
et utilisés pour produire. Cependant, cet accroissement ne suffit pas à expliquer la croissance sur le
très long terme.
1°) Le rôle du facteur travail.
Doc 1 : Quantité de travail et croissance économique.
Définitions :
Accroissement naturel : différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès au cours
d’une période.
Solde migratoire : Différence entre le nombre de personnes entrées sur un territoire et le nombre de
personnes sorties au cours d’une période.
Taux d’activité : Rapport entre le nombre d’actifs ( actifs occupés et chômeurs) et l’ensemble de la
population correspondante.
Durées effective et légale de travail hebdomadaire : la durée légale de travail ( 35 heures en France)
est le seuil à partir duquel sont calculées les heures supplémentaires ( celles-ci ou, au contraire, les
temps partiels, expliquent la différence avec la durée effective de travail).
Dépenses d’éducation et de santé : pour disposer d’une main d’œuvre formée et en bonne santé.
Dépenses d’investissement : achat de biens de production pour que chaque travailleur supplémentaire
dispose d’un capital productif nécessaire à la production.
Source : Magnard 2015.
1°) La quantité de travail fourni dans une économie dépend-elle uniquement de la croissance de la
population ?
2°) Dans certains pays en développement, le taux de croissance de la population dans les années 19701980 était supérieur à 2%. Pourtant, ces pays n’ont pas toujours connu une croissance économique.
Pourquoi ?
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Terminales ES
Document 2 : Durée du travail, taux d’activité et démographie.
Concernant les heures ( de travail), la France est dans une situation comparable aux autres pays
européens. La durée effective de travail hebdomadaire y est plutôt longue alors que le nombre de
semaines de travail est faible, ce qui donne une moyenne annuelle proche de celle de bien d’autres
pays.
La véritable singularité française ( et italienne) est le faible taux d’activité avant 25 ans ou après 54 ans.
(…). Les propositions du CAE ( Conseil d’analyse économique) concernant l’emploi des jeunes, en
particulier des jeunes peu qualifiés - développement de l’enseignement professionnel en alternance,
renforcement de l’accompagnement vers l’emploi- restent pertinentes. Pour ce qui est des seniors, un
premier pas a été fait avec l’assouplissement des conditions de poursuite d’activité après 65 ans et de
cumul emploi-retraite. L’emploi des seniors semble avoir réagi à ces mesures, mais ces dispositifs sont
encore peu utilisés en France et le taux d’emploi des seniors reste encore loin de ceux observés ailleurs.
P Artus, C Garcia- Penalossa et P Mohnen . « Redresser la croissance potentielle de la France ».
Les notes du conseil d’analyse économique, n°16 sept 2014.
1°) Sachant que la durée légale du travail hebdomadaire en France ( 35 heures) est faible comparée aux
autres pays européens, comment expliquez vous le passage souligné ?
2°) Quels sont les obstacles à l’augmentation du taux d’activité des jeunes ?
3°) Pourquoi la hausse du taux d’activité (et du taux d’emploi) des seniors est-elle souhaitable ?
Remplissez le tableau suivant en précisant si les évolutions décrites dans la première colonne favorisent
(+) ou défavorisent (-) l’augmentation de la quantité de travail fourni donc, toutes choses égales
par ailleurs, la croissance économique.
(+) ou ( -)
DIFFERENTES EVOLUTIONS :
Baisse de la fécondité
Baisse de l’immigration
Hausse de la durée moyenne de scolarisation
Recul de l’âge de départ à la retraite
Réduction de la durée hebdomadaire de travail
Réduction du nombre de jours fériés
Hausse de la part des 65 ans et plus dans la population totale
SYNTHESE : Le facteur travail
17
Terminales ES
2°) le rôle du capital
- Introduction : le rôle de l’investissement.
- Document 1 : L’importance de l’investissement et de l’épargne aux premiers stades du décollage
(1).
La croissance forte et durable demande des taux d’investissement élevés. En investissant les ressources
plutôt qu’en les consommant, les pays font un compromis entre les niveaux de vie du présent et ceux de
l’avenir. (…). Il semble qu’il faille des taux d’investissement globaux de 25% du PIB ou plus en
comptant les dépenses publiques et privées. Ces pays (2) investissaient au moins 7 à 8% dans
l’éducation, la formation et la santé. (…).
De même que la croissance dépend de l’investissement, l’investissement dépend de la capacité à le
financer- avec sa propre épargne ou par des sources étrangères. Ces dernières comportent cependant
des limites, parce que les emprunts extérieurs sont risqués. Mais, lorsqu’elles sont franchies, les
conséquences peuvent être très onéreuses comme nous le rappellent nombre de crises provoquées par
l’endettement. Ce qu’il importe de ne pas oublier, c’est qu’il ne semble pas possible de parvenir à un
niveau d’investissement élevé qui ne soit assis sur un niveau d’épargne intérieure élevé. ( …).
Au cours des vingt-cinq dernières années, la Chine a épargné plus d’un tiers de son revenu national
chaque année. Cette épargne est allée de pair avec des taux prodigieux d’investissement intérieur.
Rapport sur la croissance. Stratégies à l’appui d’une croissance durable et d’un développement solidaire,
Banque Mondiale, 2008.
(1) : Moment où la croissance démarre.
(2) : Etude faite sur 13 pays dont le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, Hong Kong, l’Indonésie, le
Japon, Singapour, Taïwan, la Thaïlande. Tous ces pays ont connu une croissance forte et durable de
1950 à 1983 pour le Japon, et à partir des années 1960 pour les autres.
1°) Les décisions suivantes relèvent-elles d’un investissement ?
a) L’achat d’une machine-outil par une entreprise afin de remplacer une machine devenue obsolète.
b) L’achat d’une machine à laver la vaisselle par un ménage.
c) La construction d’une autoroute par un Etat.
2°) Pourquoi les pays qui connaissent une croissance rapide ont-ils des taux d’investissement élevés ?
-
3°) Que signifie la phrase soulignée ?
-
4°) Pourquoi est-il moins risqué pour un pays de financer ses investissements par de l’épargne
intérieure ?
18
Terminales ES
19
Terminales ES
3°) La loi des rendements décroissants
Document :
Un agriculteur doté de deux charrues ne produira en général pas deux fois plus qu’un agriculteur doté
d’une seule charrue. Le capital est donc de moins en moins productif lorsque sa quantité utilisée par
tête augmente ( …). Dans l’exemple précédent, ( la deuxième charrue) est moins rentable que ne l’était
( la première) en ce sens que la production supplémentaire qu’elle permet est plus faible. Ce
mécanisme, connu sous le nom de loi des rendements décroissants, a conduit au siècle dernier certains
économistes ( David Ricardo notamment) à émettre des prévisions pessimistes sur le devenir de la
croissance, condamnée selon eux à s’éteindre progressivement du fait d’un arrêt de l’accumulation du
capital. Or, la réalité historique des deux derniers siècles, en Occident, est une croissance économique
persistante (…). C’est l’introduction du progrès technique, aux côtés du travail et du capital, qui offre
la solution.
D Guellec, « Croissance et innovation », Croissance, emploi et développement.
Les Grandes questions économiques et sociales, La Découverte, coll Repères. 2007.
Complétez le tableau :
NOMBRE DE
CHARRUES
1
100
2
190
3
250
4
290
5
317
Quantités produites
+ 90
Quantités
supplémentaires
Produites
X
1°) La loi des rendements décroissants est-elle vérifiée dans cet exemple ?
2°) A partir de la 15° charrue, l’utilisation d’une charrue supplémentaire n’augmente plus les
quantités produites. L’agriculteur va-t-il investir dans une 16° charrue ?
3°) Quelle est la conséquence de cette dynamique pour la croissance économique si le même
phénomène s’observe au niveau macroéconomique ?
20
Terminales ES
A RETENIR :
- LA CROISSANCE DE LA QUANTITE DE TRAVAIL
DISPONIBLE, ISSUE DE L’ACCROISSEMENT
NATUREL, DE L’IMMIGRATION, DE
L’AUGMENTATION DES TAUX D’ACTIVITE OU DE
LA DUREE DE TRAVAIL, ET CELLE DE LA
QUANTITE DE CAPITAL, ISSUE DE
L’INVESTISSEMENT, CONTRIBUENT A LA
CROISSANCE ECONOMIQUE.
- CEPENDANT, LA CROISSANCE ECONOMIQUE
EST SUSCEPTIBLE DE RALENTIR EN RAISON DE
LA LOI DES RENDEMENTS DECROISSANTS.
- UNE CROISSANCE QUI NE REPOSE QUE SUR
L’AUGMENTATION DES FACTEURS DE
PRODUCTION EST DITE EXTENSIVE.
21
Terminales ES
B) Gains de productivité et croissance
1°) la contribution des facteurs de production et du PT dans la croissance
La fonction de production est la relation qui existe entre le produit ( l’output) et les intrants ( inputs) du
processus de production. Supposons que la production utilise deux inputs, le capital et le travail:
Y= F(K,L). Y représente la production, K le capital ( la somme de toutes les machines, de tous les
bâtiments…) et L le travail ( tous les travailleurs). Au niveau de l’ensemble de l’économie, disons un
pays, ce modèle se transpose dans une fonction de production agrégée, qui représente le produit agrégé
( produit intérieur brut) comme résultant de l’ensemble du travail et de l’ensemble du capital mis en
œuvre dans le pays. Si lorsque l’on augmente la quantité de travail ( ou de capital), la production
augmente de moins en moins vite, la fonction de production vérifie la propriété des rendements
factoriels décroissants. ( Belin)
1°) Précisez ce que sont les facteurs de production travail et capital.
2°) Qu’est-ce qu’une fonction de production ?
3°) Pourquoi la fonction de production permet-elle de montrer que la croissance a plusieurs facteurs ?
La première fonction de production, celle de Cobb-Douglas, retenait deux facteurs de production : le
travail et le capital. Aujourd’hui, les économistes en retiennent trois : le travail, le capital et la
productivité globale des facteurs (…). La productivité globale des facteurs regroupe les sources de la
croissance de la production autres que les quantités de travail et de capital. Cette productivité traduit la
plus ou moins grande efficacité productive. (…) Elle reflète l’état de la technologie et le niveau du
progrès technique à un moment donné du temps. (…).
Robert Solow élabore en 1956, un modèle de croissance dans lequel le progrès technique représente un
« résidu », c’est-à-dire la part inexpliquée (résiduelle) de la croissance, une fois que l’on a pris en
compte l’augmentation quantitative des facteurs de production. On parle aussi de progrès
technique autonome ou exogène, puisque ce facteur est inexpliqué, distinct des facteurs travail et
capital et indépendant des choix des agents économiques.
D’après le manuel Belin.
Apparaît ainsi une distinction fondamentale entre deux régimes de croissance : On qualifie celle-ci
d’extensive lorsqu’elle provient principalement de l’augmentation de la quantité de facteurs,
d’intensive quand son origine réside surtout dans l‘utilisation plus efficace des ressources en
travail et en capital. .
1°) Quelles sont les trois sources de la croissance ?
2°) Comment calcule t’on le résidu ? Que représente t’il ?
3°) Pourquoi le PT est-il mesuré par la variation de la productivité globale des facteurs ( PGF) ?
L’impact de la productivité sur la croissance :
L’estimation de la croissance d’une économie repose sur une décomposition de la croissance en trois
facteurs : la quantité de travail disponible, la quantité de capital qui peut être utilisée et un « résidu »,
qu’on appelle productivité globale des facteurs (PGF). Ce résidu est souvent assimilé au progrès
technique même s’il représente toutes les sources de croissance non prises en compte par les deux
premiers facteurs de production. Il est possible de réduire l’ampleur de ce résidu en mesurant la
contribution à la croissance de la « qualité » du capital et du travail, c’est-à-dire en tenant compte des
différences de productivité des différentes catégories de capital et de main-d’œuvre.
Lorsque l’accroissement du PIB trouve son origine dans l’augmentation de la quantité des facteurs de
production, il s’agit d’une croissance extensive. Lorsqu’il trouve son origine dans une utilisation plus
efficace de ces facteurs, il s’agit d’une croissance intensive.
22
Terminales ES
Croissance annuelle
Moyenne sur la
période 1994-2007.
Et contribution à la
croissance
économique.
Croissance du
PIB
( en %)
Contribution du
facteur travail.
Contribution
du facteur
capital
Contribution
de la PGF.
2,2
0,5
0,9
0,8
D’après P.Y Cabannes, A Montaut, P.A Pionnier, L’économie française. INSEE Références, 2013.
- Rédigez une phrase présentant l’information apportée par la donnée en gras, soulignée.
- Qu’est-ce que la PGF ( productivité globale des facteurs) ?
- Sur la période 1994-2007, la croissance économique française est-elle plutôt extensive ou intensive ?
23
Terminales ES
Exercice complémentaire :
1°) Quelle est la part de la croissance expliquée par les évolutions des volumes du travail et
du capital de 1951 à 1969 en France ?
2°) Quelle est la contribution à la croissance des aspects qualitatifs du travail et du capital
comme l’âge, l’instruction, le rajeunissement du capital, les migrations professionnelles et
l’intensité de la demande ?
3°) Quel est l’intérêt de l’étude de Carré, Dubois et Malinvaud ?
24
Terminales ES
BILAN :
- L’AUGMENTATION DU VOLUME DES FACTEURS
TRAVAIL ET CAPITAL D’UNE PART, ET LE
PROGRES TECHNIQUE D’AUTRE PART, SONT LES
FACTEURS DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE.
- LA CROISSANCE DU PIB S’EXPLIQUE PAR LA
CONTRIBUTION DES FACTEURS DE
PRODUCTION A LA CROISSANCE ET PAR LA
HAUSSE DE LA PRODUCTIVITE GLOBALE DES
FACTEURS ( OU « RESIDU »), ASSIMILEE AU
PROGRES TECHNIQUE.
- A LONG TERME, POUR R SOLOW, LE PROGRES
TECHNIQUE EST INDISPENSABLE POUR
AUGMENTER LE NIVEAU DE VIE.
25
Terminales ES
2°) les effets de la hausse de la productivité du travail.
Cf manuel Bordas
Questions du Manuel à partir de ce schéma :
26
Terminales ES
- Pour aller plus loin :
Les innovations, un processus de destruction créatrice :
La croissance est présentée, à la suite des travaux du statisticien russe Kondratieff, comme
une succession de cycles d’une durée moyenne de cinquante ans. Des phases d’expansion de
l’ordre de 25 ans alternent avec des phases de croissance lente de la même durée. La
périodisation précise peut varier d’un auteur à l‘autre , mais un certain consensus s’établit sur
la chronique suivante des cycles: 1780-1840 ( première révolution industrielle textile),
1840-1896 ( diffusion de la vapeur), 1896-1945 ( électricité-acier), 1945-1973 ( production de
masse, automobile). Le schéma que propose Schumpeter, bien que reposant sur la
technologie, comprend cependant une riche analyse économique.
- Le début de l’expansion est caractérisé par un bourgeonnement de produits nouveaux ( « les
grappes d’innovations »), alimenté par des profits élevés et un crédit bancaire abondant, porté
par des entreprises nouvelles. C’est une phase d’intense destruction créatrice et de forte
croissance économique. Puis le filon technologique se tarit, les innovations se font moins
nombreuses et moins radicales, les entreprises sont prises dans un mouvement de
concentration, la croissance ralentit et le profit diminue du fait de l’érosion de rentes associées
aux positions de monopole.
Selon les conditions financières, une crise ouverte éclate ( les investisseurs et, notamment les
banques, ne voient pas ce ralentissement et surinvestissent), entraînant des faillites, une
récession et donc un « nettoyage » de l’industrie ( dévalorisation du capital). Une fois
l’assainissement réalisé, les conditions sont mûres pour un redémarrage de l’accumulation.
Dominique Guellec Economie de l’innovation
La découverte coll Repères. 2009.
Notes : Nikolaï Kondratieff (1892-1938).
Joseph Aloîs Schumpeter ( 1883-1950) : économiste autrichien. Principal ouvrage :
Capitalisme, Socialisme et Démocratie ( 1942).
1°) Comment les innovations expliquent-elles les phases d’expansion des cycles
Kondratieff ?
2°) Pourquoi la forte croissance en phase d’expansion est-elle associée à un processus de
destruction créatrice ?
3°) Pourquoi l’épuisement des ressources mondiales en pétrole pourrait-il entraîner un
processus de « destruction créatrice » ?
27
Terminales ES
III) A QUELLES CONDITIONS LA CROISSANCE PEUT-ELLE ETRE
AUTO-ENTRETENUE ?
A) Accumulation du capital et croissance endogène
Les lacunes du modèle de R Solow, incapable d’expliquer l’origine du progrès technique, expliquent le
développement des théories de la croissance endogène à la fin des années 1980.
Ces théories décrivent une croissance économique auto-entretenue reposant sur l’accumulation d’une
pluralité de capitaux : capital physique, capital humain, capital technologique capital public.
Intérêt et limites du modèle de Solow.
En dépit de sa grande simplicité, le modèle de R Solow a permis d’illustrer quantitativement la
contribution essentielle du progrès technique à la croissance, qui s’est révélée bien supérieure à celle du
capital physique puisque, selon les pays et les périodes, elle explique 50% à 80% du taux de croissance
du PIB. Si le progrès technique se diffuse librement dans le monde, alors les technologies mises au
point dans les pays les plus avancés sont disponibles pour les pays qui le sont moins. Ceux-ci vont se
les approprier progressivement et accumuler du capital physique pour les mettre en œuvre. C’est-ce
processus qui explique les performances extraordinaires des pays européens dans l’après guerre ( ils
rattrapaient les Etats-unis) ou celle des pays asiatiques depuis les années 1960 ( ils rattrapent les nations
occidentales). Mais la convergence n’est pas un processus universel puisque nombre de pays,
notamment les pays africains, y ont échappé jusqu’à présent. Pour que le processus s’enclenche, un
certain nombre de conditions doivent être réunies : institutions favorables à l’investissement ( stabilité,
sécurité) et main- d’œuvre bien formée sans laquelle l’absorption des technologies avancées n’est pas
possible. Le modèle de Solow dans lequel le progrès technique est considéré comme exogène laisse une
grande insatisfaction car il n’explique pas l’origine du progrès technique mais seulement ses effets et sa
diffusion. C’est en réaction à cette insuffisance qu’ont été proposées les théories de la croissance
endogène depuis le milieu des années 1980.
D’après D Guellec, Economie de l’innovation, La Découverte, coll Repères, 2009.
1°) Quel est l’intérêt du modèle de R Solow ?
2°) Que signifie le mot souligné ?
3°) Pourquoi, dans ce modèle, les pays en retard devraient-ils rattraper les pays plus avancés ? Cette
convergence a-t-elle eu lieu ?
4°) Quelles critiques peut-on faire au modèle de Solow ?
Les théories de la croissance endogène : la croissance auto-entretenue
Les théories de la croissance endogène ont été développées par les économistes américains Paul
Romer, Robert Lucas et Robert Barro. Prisonnières du postulat que le rendement du travail et du capital
est décroissant, les théories anciennes de la croissance restaient muettes devant ce défi qui consiste à
rendre compte de l’existence d’une chose impossible : une expansion sans bornes. Le coup de génie de
la nouvelle théorie est d’avoir fait de la croissance une dynamique cumulative et auto-entretenue.
Le progrès technique ne « tombe pas du ciel », il est stimulé par la croissance qu’il nourrit en retour. Il
n’y a pas de limites aux idées nouvelles, il faut simplement les produire et les mettre au service de
l’économie. Il faut surtout accepter que les idées anciennes, incarnées dans des techniques, des
savoir-faire, des institutions et des mentalités, disparaissent. Pas de nouveauté sans destruction.
Loin d’être un nouvel avatar du libéralisme, ce courant de pensée insiste sur les limites de la
concurrence et le rôle indispensable de l’Etat. (…). Ce qui incite les entreprises à innover, c’est la
situation temporaire de monopole qu’une percée technique leur donnera. Trop intense, la concurrence
détruirait cette motivation. Le contexte idéal est donc celui d’une concurrence imparfaite régulée par
l’Etat. On attend de celui-ci qu’il favorise la Recherche et le Développement, qu’il régule la production
de ces biens publics que sont l’éducation, la santé et le crédit, qu’il gère les infrastructures, qu’il
établisse les règles du jeu démocratique, qu’il suscite la confiance.
JP Dupuy, « l’innovation destructrice », Le Monde- 01/09/2014.
1°) Pourquoi un PT exogène ne permet-il pas une croissance auto-entretenue ?
28
Terminales ES
2°) Pourquoi le PT ne « tombe t’-il pas du ciel » ?
3°) Pourquoi la concurrence n’est-elle pas toujours favorable à la croissance ?
4°) Quels doivent être le rôle et les missions de l’Etat pour les théoriciens de la croissance endogène ?
Document 3 : Quatre sources de la croissance : l’accumulation du capital physique, du capital
humain, du capital technologique et du capital public.
Effets sur la croissance :
Accumulation
Sources de
L’accumulation :
Du capital physique :
Ensemble des biens de
production
Investissement
Du capital humain :
Hausse de la productivité
car :
Externalités car
car car car
L’investissement incorpore
le PT et est source
d’apprentissage par la
pratique. En utilisant des
machines plus
perfectionnées, les
travailleurs augmentent leur
savoir et leur savoir-faire.
Dépenses en éducation et
en santé
Une population bien
éduquée et en bonne santé
est plus efficace.
Les nouveaux procédés de
production réduisent les
coûts de production et les
nouveaux produits étendent
la taille du marché
Du capital technologique :
Connaissances relatives à la
production
29
Le progrès technique est un
bien public cumulatif :
-
Terminales ES
La concentration
géographique des
infrastructures entraîne
l’arrivée de nouvelles
entreprises, de nouveaux
travailleurs qualifiés. Le
capital public a des effets
positifs sur le capital
humain, le capital
technologique et le capital
physique.
Du capital public :
Infrastructures financées par
la puissance publique,
comme les ports, écoles
transports….
- Complétez le tableau.
- Qu’est-ce qu’un bien public ?
- A l’aide d’un exemple, montrez que le PT a les caractéristiques d’un bien public cumulatif .
- Montrez que l’accumulation du capital humain a des effets directs sur la croissance et le progrès
technique.
- Pourquoi l’accumulation du capital technologique crée t’elle des externalités positives ?
- Quel est le rôle de l’Etat dans ces analyses ?
Document 4 : Croissance endogène : pluralité de capitaux et accumulation auto-entretenue.
A partir du schéma :
1°) Pourquoi le schéma décrit-il une croissance auto-entretenue ?
2°) Montrez par des exemples que l’accumulation du capital physique, du capital humain, du capital
technologique et du capital public sont des sources de la croissance interdépendantes.
3°) Quelles sont les principales différences entre la représentation de la croissance sur ce schéma et
celle du modèle de Solow ?
30
Terminales ES
31
Terminales ES
BILAN :
- L’APPROCHE EN TERMES DE CROISSANCE
ENDOGENE DEVELOPPEE PAR ROMER, LUCAS
OU BARRO EXPLIQUE LES ORIGINES ET LE ROLE
DE FORMES DIVERSES DE CAPITAL ( PHYSIQUE,
HUMAIN, TECHNOLOGIQUE, PUBLIC) DANS LA
CROISSANCE.
LA CROISSANCE ECONOMIQUE APPARAIT ALORS
CUMULATIVE ET AUTO-ENTRETENUE :
-
LES INVESTISSEMENTS PRIVES ET PUBLICS
DANS LES INFRASTRUCTURES, L’EDUCATION,
LES DEPENSES DE RECHERCHE ET DE
DEVELOPPEMENT GENERENT UNE CROISSANCE
SOUTENUE, NOTAMMENT DU FAIT DES
EXTERNALITES POSITIVES QUI, EN RETOUR,
PERMETTENT DE FINANCER DE NOUVEAUX
INVESTISSEMENTS.
32
Terminales ES
LES THEORIES DE LA CROISSANCE ENDOGENE :
Le modèle de R Solow n’est pas très satisfaisant car il ne donne aucune indication sur l’origine du
progrès technique. Or on ne peut pas sérieusement considérer le PT comme « un cadeau tombé du
ciel ». C’est-ce qu’ont tenté de démontrer les théories de la croissance endogène qui se sont
développées à partir du milieu des années 1980 aux Etats-Unis. Alors que Solow considérait le progrès
technique comme un facteur exogène, l’originalité de ces nouvelles théories de la croissance est de
l’endogénéiser.
Dans les nouvelles théories de la croissance, le progrès technique est donc analysé comme un facteur
endogène, c’est-à-dire qu’il est expliqué par l’activité économique. Le PT devient endogène dans la
mesure où il dépend des décisions volontaires et rationnellement fondées des agents économiques
d’investir dans différentes activités qui permettent l’émergence de l’innovation.
- L’hypothèse de décroissance de la productivité marginale du capital, présente chez Solow, est rejetée:
L’hypothèse centrale de la théorie de la croissance endogène est au contraire que la productivité
marginale du capital ne décroît pas lorsque le stock de capital augmente.
- Les investissements dans les différentes sources de PT ( capital physique, capital humain, capital
technologique tels que les stocks de connaissances et de savoir-faire valorisables économiquement,
capital public - infrastructures-) produisent des externalités positives ( il y a externalités ou un effet
externe lorsque l’action d’un agent économique a une conséquence positive ou négative sur la situation
d’un autre agent économique et que cette modification n’est pas prise en compte par le marché à travers
le système des prix).
En présence d’externalités positives, le libre jeu du marché conduit à une situation sous-optimale : le
rythme du progrès technique risque d’être insuffisant.
Compte tenu de ces défaillances du marché, n’y a-t-il pas place pour une intervention appropriée de
l’Etat ?
A cet égard, deux types d’interventions peuvent être distinguées :
- Dans le cas des biens collectifs, il revient à l’Etat d’investir dans des infrastructures qui amélioreront
l’efficacité de la production des entreprises privées.
- Dans le cas d’externalités positives, l’Etat peut favoriser l’internalisation des externalités mais les
modalités précises de son intervention dépendent de la nature des externalités.
S’il s’agit de la recherche appliquée, l’Etat peut inciter les innovateurs à accroître leur effort en
renforçant la législation sur les brevets ou en encourageant la coopération entre firmes. S’il s’agit plutôt
de la recherche générique ( qui par définition n’est pas brevetable), l’Etat peut favoriser l’accès à
l’éducation, notamment pour les plus démunis, au moyen d’incitations financières (bourses..).
On assiste à une réhabilitation des dépenses publiques, non pas dans une perspective de régulation
conjoncturelle mais dans une perspective structurelle de croissance à LT.
33
Terminales ES
B) Le rôle des institutions dans la croissance
En amont de l’accumulation des différentes formes de capital, la qualité des institutions, comme le
respect des droits de propriété, joue un rôle déterminant dans la croissance en instaurant une confiance
favorable à l’innovation.
- Pour commencer doc Bordas p 30 doc 1.
Document 2 :
La plupart des travaux récents sur les institutions et la croissance économique insistent sur l’importance
d’un groupe particulier d’institutions, à savoir celles qui protègent les droits de propriété et qui
garantissent l’exécution des contrats. On pourrait les appeler institutions créatrices de marché,
puisqu’en leur absence, les marchés n’existent pas ou fonctionnent très mal. Mais le développement
économique à long terme exige plus qu’une simple stimulation de l’investissement et de l’esprit
d’entreprise. Il faut aussi mettre en place trois autres types d’institutions pour soutenir la dynamique de
croissance, renforcer la capacité de résistance aux chocs et faciliter une répartition des charges
socialement acceptable en cas de chocs.
On pourrait parler d’institutions :
- de réglementation des marchés : qui s’occupent des effets externes, des économies d’échelle et des
informations imparfaites. Ce sont, par exemple, les organismes de réglementation des
télécommunications, des transports et des services financiers;
- de stabilisation des marchés, qui garantissent une inflation faible, réduisent au minimum l’instabilité
macroéconomique et évitent les crises financières. Ce sont, par exemple les Banques Centrales, les
régimes de change et les règles budgétaires.
- de légitimation des marchés : qui fournissent une protection et une assurance sociales, organisent la
redistribution et gèrent les conflits. Ce sont, par exemple les systèmes de retraite, les dispositifs
d’assurance chômage et autres fonds sociaux.
D Rodrick et A Subramian « la primauté des institutions », Finances et Développement, juin 2003.
1°) Quels types d’institutions sont nécessaires pour soutenir la croissance économique ?
Document 3 :
Le but revendiqué du système de brevet est d’encourager l’invention et les progrès techniques en
assurant une période temporaire d’exclusivité sur l’invention en échange de sa divulgation. En assurant
protection et exclusivité, le brevet est un outil servant à encourager les inventeurs à investir dans la
recherche et dans les travaux postérieurs d’innovation qui conduiront à l’exploitation pratique des
inventions. Le brevet renforce l’inventivité de différentes manières. Du fait que les brevets révèlent des
connaissances nouvelles à travers la divulgation des inventions, ils diffusent des informations qui sinon
seraient gardées secrètes, permettant ainsi à d’autres inventeurs de développer de nouvelles inventions.
En diffusant l’information sur les inventions qui ont été réalisées et sont protégées, le système des
brevets décourage également la duplication inutile des efforts de recherche-développement (R-D),
en incitant les chercheurs à se concentrer sur les domaines véritablement nouveaux. De plus, les brevets
étant des titres légaux, ils peuvent faire l’objet de transactions. Les brevets facilitent donc le
développement des marchés de technologie, ce qui améliore l’allocation des ressources ( pour
l’utilisation de la technologie) au sein de l’économie, et ils permettent aux utilisateurs les plus efficients
de mettre en œuvre des inventions ( par exemple à travers des licences) même s’ils n’en sont pas
nécessairement les auteurs, ou d’échanger les technologies nécessaires à de nouvelles inventions.
Manuel de l’OCDE sur les statistiques des brevets, OCDE, 2009.
1°) Que protège un brevet ?
Cf site de l’INPI.
2°) Que se passe t-’il à l’expiration de la durée de protection d’un brevet ?
3°) Expliquez pourquoi les brevets favorisent le progrès technique et donc la croissance.
Document 4 :
34
Terminales ES
- Rédiger une phrase présentant l’information donnée pour la France.
- En quoi ce document montre t-’il que la corruption des institutions peut influer sur la croissance
économique ?
60 000
40 000
20 000
35
Terminales ES
BILAN :
LES INSTITUTIONS JOUENT UN ROLE
FONDAMENTAL DANS LA CROISSANCE
ECONOMIQUE.
- LE RESPECT DU DROIT DE PROPRIETE ET LA
GARANTIE DES CONTRATS ASSOCIES AUX
ECHANGES FONT PARTIE D’UN ENSEMBLE
D’INSTITUTIONS DONT L’EXISTENCE
CONSTITUE UNE CONDITION NECESSAIRE POUR
QUE LES AGENTS ECONOMIQUES S’ENGAGENT
DANS DES ACTIVITES ECONOMIQUES A
L’ORIGINE DE LA CROISSANCE
( INVESTISSEMENT,INNOVATION…).
- ELLES PERMETTENT AUSSI DE CRÉER UN
CLIMAT DE CONFIANCE DANS L’ECONOMIE
PROPICE A LA CROISSANCE.
- LES ETUDES MONTRENT QU’IL EXISTE UNE
FORTE CORRELATION ENTRE LE NIVEAU DU
REVENU REEL/ HABITANT ET LA QUALITE DES
INSTITUTIONS.
36
Terminales ES
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