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Chapitre 4 Les actions 67
Gérer le portefeuille de valeurs mobilières
Un grand nombre d’actions de type subalterne, émises au cours des années 70
et 80, sont actuellement en circulation au Canada. On reconnaît généralement
une action subalterne par la mention de la lettre f immédiatement devant ou
après le nom de la valeur dans les cotations boursières rapportées par les
journaux. Pour les rendre plus concurrentielles face aux actions avec plein droit
de vote, on leur attribue souvent un taux de dividende légèrement supérieur.
iii) Les différentes classes d’actions privilégiées
Nous passerons maintenant en revue les différents privilèges susceptibles
d’être rattachés aux actions. N’oublions jamais que ceux-ci n’existent que pour
accroître l’attrait des titres émis tout en dotant la compagnie d’une flexibilité fi-
nancière accrue. De plus, une action privilégiée peut offrir plusieurs des privilè-
ges mentionnés précédemment ou encore être accompagnée de droits d’achat
ou de bons de souscription. Ces titres d’un genre particulier seront abordés au
chapitre 6. En outre, il arrive fréquemment que l’émetteur préfère classifier ses
actions privilégiées en fonction de leur droit de priorité sur l’actif en cas de dis-
solution. Cette distinction, premier rang, second rang, etc., visera à protéger les
acquis des premiers actionnaires privilégiés de la compagnie au moment de la
création de nouvelles classes d’actions. Comme vous le voyez, il y en a pour
tous les goûts.
À dividende cumulatif ou à dividende non cumulatif. Une action privilégiée à
dividende cumulatif implique l’engagement, pour l’entreprise, de remettre ul-
térieurement à l’actionnaire privilégié le dividende qui lui est dû en cas d’omis-
sion du dividende, c’est-à-dire dans le cas où le conseil d’administration
déciderait de ne pas procéder au versement du dividende sur ce type d’actions
au cours d’une ou de plusieurs années. Le ou les paiements de dividendes ainsi
omis s’accumulent et doivent être versés aux actionnaires, en sus du dividende
régulier, lorsque l’entreprise recommence à verser le dividende.
À l’opposé, l’action privilégiée à dividende non cumulatif n’a pas ce privilège et
le détenteur n’a droit qu’au dividende de l’année où il est déclaré. Ainsi, lors-
que le conseil d’administration omet le paiement du dividende privilégié non
cumulatif, celui-ci ne s’accumule pas (il est perdu) et le détenteur de cette action
ne peut plus le réclamer.
Il va sans dire que l’omission d’un dividende (cumulatif ou non cumulatif) est,
à première vue, une décision qui devrait affecter négativement le cours (le prix)
de l’action, et ce, tant privilégiée qu’ordinaire; l’impact sur l’action ordinaire
sera d’autant plus grand que le dividende est cumulatif. Or, le conseil d’admi-
nistration peut décider d’agir en ce sens dans le but de conserver des liquidités
au sein de l’entreprise, dans le meilleur intérêt de la compagnie et, par ricochet,
des actionnaires. Cependant, en agissant ainsi, il encourt le risque de nuire aux
émissions futures de titres de propriété et ajoute un élément de spéculation aux
titres existants.
Participante et non participante. Le détenteur d’une action privilégiée partici-
pante se voit octroyer une participation aux bénéfices de l’entreprise en sus du
paiement en dividende (dividende régulier) qui lui revient. Le détenteur d’une