L`Afrique et la mondialisation

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Après avoir dessiné les contours du phénomène de mondialisation et
indiqué comment l’Afrique s’inscrit dans cette évolution du monde
contemporain, vous donnerez votre approche des perspectives à venir sur
ce même continent.
Pour le candidat, la question consiste à résoudre le problème suivant :
Il s’agit de dire ce que je pense de l’avenir de l’Afrique
vis-à-vis du phénomène de mondialisation, et ce dans l’ordre :
1- Qu’est-ce que la mondialisation ?
2- Comment se positionne l’Afrique ?
3- Quelles perspectives futures ?
Le plan est donc quasiment imposé :
-
cela veut dire que tout candidat qui choisira un autre plan risquera de ne pas répondre
à un des aspects de la question,
a contrario, celui qui s’éloigne du plan standard et qui le fait bien doit avoir une belle
prime au mérite.
[voir en rouge ce que le candidat doit aborder ou au moins citer].
I – Qu’est-ce que la mondialisation ?
Le terme « mondialisation » désigne le développement de liens d'interdépendance entre
hommes et femmes, activités humaines et systèmes politiques à l'échelle du monde.
Ce terme est souvent utilisé aujourd'hui pour ne désigner que la mondialisation économique et
les changements induits par la diffusion mondiale des informations sous forme numérique sur
Internet. Les effets de la mondialisation économique sont les plus visibles. Mondialisation et
Nouvelles technologies de l’information (NTIC) sont liées car la mondialisation peut-être
assez simplement définie comme un accroissement de mouvements (échanges) dû aux NTIC.
La mondialisation est la traduction du terme anglais globalisation (cf. le « village global » du
philosophe Marshall McLuhan). Elle n'est pas un phénomène aussi récent qu’on le croit :
1 /à l'issue de la 2e WW, la création de l'ONU pose les conditions d'un ordre international
pour organiser démocratiquement et pacifiquement la communauté internationale, sur la base
du respect des cultures, des nations, des religions ;
2 / la 2e étape est franchie pendant les « 30 glorieuses » (1945-1975) sur le plan économique
avec l'ouverture des frontières, l'extension du libre échange et la création de l’OMC ;
3 / la 3e étape est en cours et prend en compte une dimension plus culturelle puisqu'il faut
cohabiter pacifiquement avec d'autres cultures.
La mondialisation a donc un volet politique, un volet économique et un volet culturel.
 Le candidat ne doit donc pas se limiter à l’aspect économique de la mondialisation.
La mondialisation politique
Elle s’est réalisée par le développement et la multiplication des organisations internationales
et des ONG.
Elle permet que soit entendue la voix des plus petits et empêche les grands de faire n’importe
quoi.
La mondialisation économique
La mondialisation est devenue économique en raison de la fin du communisme (plus que le
fin de la guerre froide) et donc de l'ouverture du monde, mais aussi en raison de la
déréglementation due à l’accès à l'information mondiale et aux techniques de communication.
Elle fait la part belle aux grands acteurs des marchés économiques qui recherchent les profits
et créent les conditions d’une concurrence acharnée, ce qui ne favorise pas les petits.
La mondialisation culturelle
La mondialisation est culturelle car une large partie de la population mondiale a accès à des
éléments de culture de populations parfois très éloignées et se rend compte de la diversité des
cultures au niveau mondial.
Elle fait la part belle à ceux qui détiennent les clés des NTIC car ils diffusent leur propre
culture et peuvent étouffer les autres.
Les deux derniers risques font que certains estiment que mondialisation signifie « néo
colonisation ». C’est le credo des antimondialistes et des altermondialistes (les citer).
Le risque est en effet réel qu’une mondialisation ratée soit une bombe à retardement, si les
pays développés ne révisent pas leur relation avec les plus défavorisés.
En conclusion, la mondialisation devient de plus en plus sociologique car nous vivons dans un
monde d’interconnexion et d’interdépendance à l’échelle de la planète. Tout ce qui se passe
quelque part peut affecter la vie des gens partout ailleurs et il existe une réelle dépendance
mutuelle.
II – Comment l’Afrique se positionne-t-elle ?
Pour les pays riches, la mondialisation économique comporte deux bénéfices essentiels :
-
le consommateur a accès à un éventail plus large de biens à un prix plus faible que s'ils
étaient fabriqués dans le pays même ;
les détenteurs du capital obtiennent un meilleur rendement de leurs capitaux.
Elle présente des inconvénients :
-
-
les pays riches souffrent de la délocalisation de leurs industries intensives en maind'œuvre peu qualifiée, même si les niveaux scientifiques et technologiques des pays
comme la Chine et l'Inde se rapprochent vite des standards occidentaux,
ils se font beaucoup plus concurrence en matière de réglementation, de protection
sociale, de fiscalité et d'éducation,
ils ont des problèmes de répartition des gains.
Les nouveaux pays industrialisés, qui semblaient les grands gagnants de la mondialisation
économique grâce à leur faible coût de production, ont bénéficié d'investissements très
importants en provenance des pays riches. La crise asiatique a cependant montré l'étendue de
leur dépendance à l'égard de marchés financiers prompts à l'emballement spéculatif comme à
la panique.
Les pays les plus pauvres restent largement en dehors du processus de mondialisation
économique car celui-ci requiert des institutions stables, un respect du droit de la propriété
privée, une absence de corruption ainsi qu'un certain développement humain (santé et
éducation) que ne présentent pas la plupart de ces pays. Leur ressource économique
principale, l'agriculture, reste dominée par les stratégies protectionnistes des pays riches, sauf
pour les cultures propres aux pays pauvres.
L'Afrique est peu intégrée à l'économie mondiale et son intégration ne se fait pas suivant ses
conditions.
Dans le marché du commerce mondial unifié, la contribution africaine n'est que de 2 %. Cette
situation ne provient pas d'une politique africaine de repli sur soi : depuis les années 80,
l'Afrique a largement ouvert ses marchés, suivant les conseils du FMI et appliquant les plans
d'ajustement structurel (PAS). Or, cette ouverture des marchés africains a paradoxalement eu
pour effet de diminuer sa contribution au commerce mondial, qui s'élevait à 4 % en 1980 (soit
le double d'aujourd'hui).
La marginalisation de l'Afrique, qui est manifeste lorsqu'on considère la diminution constante
de sa part du marché mondial, de l'investissement (le couple R&D constitue en cette fin de
siècle un enjeu majeur, l'Afrique représente moins de 1% des dépenses mondiales en la
matière) et de la technologie de l'information (l'Afrique n'abrite que 0,8 % des personnes
ayant accès à Internet dans le monde ; c'est à peine 0,1 % pour les 48 pays d'Afrique
subsaharienne qui abritent 10 % de la population mondiale), s'explique par des facteurs
historiques ainsi que par les politiques adoptées et par la qualité de l'infrastructure
socioéconomique.
C'est le modèle de développement imposé à l'Afrique qu'il convient de remettre en question.
Depuis le milieu des années 80 et les plans d'ajustement du FMI, l'économie africaine a en
effet été progressivement extravertie au fur et à mesure que la pauvreté grandissait. S'il est
vrai qu'une modernisation des infrastructures et une démocratisation des appareils d'État
étaient nécessaires, les bouleversements imposés par le FMI ont en réalité abouti à une
situation dramatiquement absurde. Alors qu'en France, par exemple, 75 % de la production
nationale est destinée au marché intérieur (les 25 % restants étant destinés au commerce
international), c'est l'inverse qui se produit en Afrique : les ¾ de la production sont exportés et
il ne reste plus que les miettes pour les populations locales.
Il faut donc réfléchir aujourd'hui à un modèle de développement différent, accordant la
priorité aux marchés intérieurs africains et au financement par la mobilisation de l'épargne
africaine. Un modèle de développement permettant à l'Afrique, comme cela a été possible
pour les pays riches du Nord, d’ancrer d'abord solidement son économie sur le plan intérieur
avant de s'ouvrir sur le monde.
III – Quelles perspectives futures ?
Les réformes économiques adoptées dans de nombreux pays d'Afrique dans les années 80 et
90 témoignent d'une variété de liens et d'interactions dans le processus de mondialisation.
Des indicateurs révèlent que ces réformes peuvent faciliter l'intégration de l'Afrique dans
l'économie mondiale : politiques de stabilité macroéconomique, choix de régimes de
commerce, hausse des investissements, politiques d’infrastructure des transports et des
communications. Mais il faut également formuler des politiques nationales en matière de
technologie qui permettront aux Etats de tirer partie des avantages économiques et sociaux de
la technologie de l'information. En effet, l'Afrique ne pourra pas améliorer sa compétitivité à
l'échelle internationale sans le recours généralisé à la technologie de l'information dans les
secteurs économiques et sociaux. Il faut encourager le secteur privé à utiliser la technologie de
l'information dans les systèmes de production et, pour cela, éliminer ou réduire les droits
d'importation sur les ordinateurs en vue de les rendre plus abordables ; les ordinateurs sont
encore assez coûteux en Afrique en raison des droits d'importation et des coûts liés à la valeur
ajoutée et à la taxe de vente.
Ces efforts passent aussi par la lutte contre la corruption qui détourne parfois une importante
part de la richesse nationale.
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