TD 2 Le taux de change à long terme La loi du prix unique et l`indice

RMI TD2 Le taux de change à long terme
TD 2 Le taux de change à long terme
La loi du prix unique et l’indice Big Mac
Questions
1. Comment calcule-t-on le taux de surévaluation ou de sous-évaluation à partir de l’indice Big
Mac ?
Quelles sont les hypothèses sur lesquelles repose cette méthode et quelles sont ses limites ?
On détermine la sur ou sous évaluation en mesurant l'écart entre le taux de change qui rifierait la
loi du prix unique et le taux de change du jour. Avec l'indice du Big Mac on prend comme prix de référence
le prix de Big Mac car il est censé être identique partout dans le monde.
loi du prix unique : E.Pi = Pi*.
(On note des écarts à la PPA encore plus important en prenant comme référence les salaires).
Cette théorie repose sur plusieurs hypothèses :
pas d'entrave aux échanges
pas de droits de douane
coûts de transport négligeables
substituabilité des biens
Cela permet que l'arbitrage ne se fasse que sur le prix des biens.
Pourquoi y a t'il des écarts à la PPA?
la loi du prix unique n'est pas toujours vérifiée du fait : des coûts de transaction (transport, marges),
risque de change, facteurs réglementaires (automobiles, médicaments...), fiscalité (TVA,...), biens
imparfaitement substituables (automobile)
tous les biens ne sont pas échangeables : produits périssables (yaourt...), services (restaurants,
banques,...), sphère publique (enseignement, santé...)
les structures de production et de consommation diffèrent : composition sectorielle du PIB, paniers
de consommation...
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Des écarts persistants
Certes la PPA n'est pas vérifiée à court terme du fait de rigidités des prix internes et de coûts
d'ajustement mais des écarts persistants s'observent à long terme avec des longues périodes de sur ou sous
évaluation ( à long terme surévaluation nette du Japon et sous évaluation systématique des pays en
développement). Il y a donc des motifs structurels qu'il faut prendre en compte pour juger d'une sur ou sous –
évaluation.
Effet Balassa- Samuelson : Dans les pays en développement, le NGP est plus bas que dans les pays
avancés, Cet écart est plus marqué dans les secteurs abrités de la concurrence internationale que dans les
autres,BALASSA (1964) et SAMULSON (1964) expliquent ceci par les écarts relatifs de productivité qui
sont plus élevés dans les secteurs exposés que dans les secteurs abrités.
Décomposition de l'effet Balassa-Samuelson :
2 pays et 2 secteurs : 1 abrité et 1 ouvert à la concurrence internationale.
On suppose que la loi du prix unique est vérifiée SEULEMENT pour le secteur exposé à la concurrence.
Initialement la productivité dans les pays en développement est plus faible que dans les pays industriels ce
qui est compensé par des salaires plus bas, permettant d'avoir les mêmes prix pour les produits échangeables
dans les 2 pays.
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Les travailleurs sont mobiles d'un secteur à l'autre donc le même niveau de salaireva s'appliqué dans le
secteur abrité (même si la productivité y est proche de celle des pays industriels vu que ce sont surtout des
services ( du moins à l'époque)). Ceci a pour conséquence de donner des prix plus faibles pour les produits
du secteur abrité (bonne productivité et salaires faibles).
Lorsque la productivité s'élève dans le secteur exposé du PVD cela augmente les salaires dans ce secteur
mais aussi dans le secteur abrité par répercussion alors qu'on reste à productivité constante dans ce secteur
car le niveau de salaire est identique dans tout le pays. Au niveau agrégé, les prix augmentent par rapport au
reste du monde : le taux de change réel s'apprécie.
Conclusion : dans un pays en rattrapage, la hausse des prix est un phénomène d'équilibre et non de
déséquilibre : un pays en rattrapage doit enregistrer une inflation plus forte que la moyenne.
Rappel : taux de change réel = Q = EP/P*
Si PPA absolue alors Q=1
Si PPA relative alors Δ Q =0
« Pouvoir explicatif limité de la PPA relative
La PPA relative élimine les facteurs structurels permanents qui peuvent expliquer des écarts à la PPA
absolue
• Elle est pertinente en situation de forte inflation
– Les mouvements du change nominal sont alors principalement déterminés par les écarts d’inflation
Mais elle ne permet pas de rendre compte des mouvements du change en situation d’inflation faible ou
modérée
– Les mouvements du change nominal sont alors principalement déterminés par ceux du change réel
– Corrélation entre dépréciation nominale / réelle
Allemagne 1976-90 : 0.98
Argentine 1976-90 : 0.33
• Il y a plusieurs mesures de la PPA relative selon les indices de prix
A quoi sert finalement la PPA ?
Un modèle simple, mais empiriquement décevant. Il est cependant très utilisé :
• En théorie,pour sa simplicité, dans des modèles complets d’économie ouverte
• En prévision (changes flottants)
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– PPA est pertinente en situation d’hyperinflation
– Convergence faible à très long terme
• 15% de l’écart à la PPA est résorbé en 1 an (Rogoff, 1996)
• correspond à une logique de compétitivité
• Dans un but normatif (changes fixes)
Base pour la discussion sur la nécessité de réajuster les parités »
extraits cours de M. PISANY FERRY http://www.pisani-ferry.net/base/master%20cours/en-m20708-ch4.pdf
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2. Si, toutes choses égales par ailleurs, le prix moyen d’un Big Mac dans la zone euro augmente
de 5% comparativement à son prix observé aux Etats-Unis, que conclut la loi du prix unique
quant à l’évolution à venir de l’euro par rapport au dollar ?
Le taux de change de l'euro devrait se déprécier. L'inflation a fait perdre du pouvoir d'achat à la monnaie
ex :
en période 1 : 1 EUR = 1.50 USD et 1BM = 2 EUR = 3 USD la loi du prix unique est respectée
en période 2 : 1 BM = 2.10 EUR = 3 USD
Si le taux de change ne bouge pas : taux de change réel = Q = Ep/P* = (1.50*2.10) / 3 = 1.051
donc la PPA n'est plus vérifiée. Pour que la PPA soit de nouveau vérifiée, il faut que le taux de change
nominal (E) s'ajuste. Ici il faudra une dépreciation de l'euro.
Lorsque la PPA relative est vérifiée on a :
3. Allez sur le site de The Economist à l’adresse suivante
http://www.economist.com/markets/bigmac/displayStory.cfm?story_id=4065603&no_na_tran=1
vous trouverez les taux de surévaluation ou de sous-évaluation des principales devises au mois de juin
2005 ainsi que leurs taux de change avec le dollar. Quelles étaient les monnaies qui devaient
s’apprécier et celles qui devaient se déprécier ? Les évolutions observées ont-elles été conformes à ces
prévisions ? La « Burgernomics » est-elle une bonne méthode pour prédire les mouvements des
devises ?
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