
Chez l’homme, les études par imagerie cérébrale ou encore les enregistrements
corticaux extra-cellulaires faits au cours des repérages corticaux en vue d’une
chirurgie de l’épilepsie, montrent également des activations de certains ré-
seaux lors de la présentation de visages et l’activation de réseaux différents
pour d’autres objets. Lorsque nous reconnaissons le visage d’une personne,
cette impression correspond àun pattern particulier de l’activitéde réseaux de
neurones allant de la rétine àplusieurs zones du néocortex dont le cortex
ventro-temporal. On trouve par ailleurs dans le cortex hippocampique chez
l’humain des neurones qui répondent spécifiquement àune catégorie d’objets
et pas àune autre (visages ou maisons, célébrités ou animaux). On a pu
corréler la fréquence de décharge et le pattern temporel avec les différentes
catégories d’objets (Kreiman et coll., 2000).
Un neurone donnépeut appartenir àplusieurs réseaux, son activitépeut donc
participer àla «représentation »de plusieurs événements. La question est de
savoir dans quelle mesure un réseau cortical est exclusivement spécifique d’un
traitement dèsledéveloppement de son fonctionnement et s’il le reste toute la
vie une fois qu’il est devenu spécifique.
L’exploration des associations régulières entre l’activitéd’un réseau neuronal
et les événements de l’environnement nous renseigne sur l’organisation des
mécanismes mentaux. Le niveau de connaissance actuel est élémentaire, mais
les progrès sont rapides. Ainsi, dans une région corticale associative très
proche de celle mentionnée ci-dessus, on trouve des neurones qui déchargent
sélectivement àla vue d’un individu prenant un objet, mais seulement lorsque
cet individu regarde l’objet cible pendant la saisie (Jellema et coll., 2000).
Ainsi, la perception d’un même mouvement n’active pas le même réseau selon
que le regard de son auteur est dirigéou non sur l’objet. Ceci suggère que
l’activitéde ces réseaux est une partie des activités neuronales impliquées dans
la détection de l’intention du mouvement.
Dans une autre région corticale on observe des neurones dits «neurones
miroirs »qui déchargent dans deux circonstances : quand le singe fait une
action donnée sur un objet ; quand il observe la même action spécifique
réalisée par quelqu’un d’autre (Rizzolatti et coll., 1999). De même, on observe
(par imagerie cérébrale) chez l’homme une activation dans l’aire prémotrice
lorsque l’individu regarde un geste réalisépar autrui ou par lui-même avec la
main (avec ou sans un objet), le pied ou la bouche. La cartographie des
activations corticales montre l’implication d’une région ressemblant àcelle de
l’homonculus moteur du cortex moteur (Buccino et coll., 2001). Lorsque
l’action observée par un individu porte sur un objet, on observe en plus une
activation, organisée elle aussi de façon somatotopique, dans le lobe pariétal
postérieur de cet individu (ce dernier type d’activation se trouve également
lors de la manipulation réelle de l’objet par l’individu lui-même). Ainsi,
lorsqu’un individu observe une action, une réplique interne de cette action est
automatiquement engendrée dans les régions du cortex qui, par ailleurs,
participent àla réalisation de cette action par l’individu. On nomme ce
Troubles mentaux −Dépistage et prévention chez l’enfant et l’adolescent
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