
l'accent sont l'intensité, la hauteur et la durée. Leur importance relative varie
selon les langues
;
certaines langues privilégient la hauteur, d'autres l'intensité ;
mais finalement le degré de l'accent est une résultante de ces trois paramètres.
En posant, pour le pékinois, l'existence d'un rapport entre l'accent et le degré
de plénitude des tons, on reste dans le cadre de ces paramètres, la durée et
l'intensité étant privilégiées.
La suite des degrés accentuels dans une chaîne parlée (dite d'un seul trait)
résulte d'une sorte de compromis entre
les
exigences syntaxiques et les exigences
rythmiques, i.e. d'alternance. Les premières sont, par exemple, les suivantes:
1) pour un syntagme verbal (SV) composé d'un verbe (V) et d'un objet (0),
l'objet est plus accentué que le verbe, ainsi
hië
'tâng (boire-soupe) « manger
la soupe »* ;
2) pour une construction comportant un SV d'orientation, ce dernier est moins
accentué que le verbe qui le précède, ainsi dans 'nâjinqu (prendre-entrer-aller)
« (F) apporter dans » nâ est plus accentué
que
j'inqu.
La règle générale en péki-
nois est que, entre deux constituants immédiats, l'accent fort frappe celui de
droite. L'inverse affecte des cas plus rares.
Les exigences rythmiques, par exemple, font que deux syllabes contiguës ne
peuvent être plus accentuées que les deux syllabes qui les entourent (sauf s'il
s'agit
de ton neutre). On peut avoir 6'66'62 ou '66'6, mais non '66'6'66 ni
6'6'6
3.
Je n'entrerai pas ici dans le détail des règles accentuelles que j'ai essayé
de dégager4.
Nous représenterons par des nombres les différents degrés accentuels perçus.
L'accent le plus fort sera représenté par 1, l'accent secondaire par 2, etc. Les
accents relativement faibles qui ne paraissent pas susceptibles de recevoir une
distinction de degré seront notés X, et les tons neutres 0.
Pour tout énoncé, un ou plusieurs schémas sont possibles, pourvu qu'ils ne
violent pas les règles accentuelles établies. Parmi ces schémas, il y a des cas où
certains sont préîérés. Plusieurs facteurs interviennent dans le choix J, par
exemple, la présence d'un troisième ton (T3). Ce ton paraît accepter mal un
accent fort
;
les schémas préférés sont ceux dont les syllabes au T3 sont relative-
ment faibles.
En pékinois, la courbe mélodique caractéristique des quatre tons est tradition-
nellement représentée ainsi, selon le système établi par v ». Chao:
Cette description ne vaut que pour une syllabe
isolée.
Dans une
suite de syllabes,
la réalisation du T3 est beaucoup moins complète: la remontée est plus ou
moins esquissée. Il
s'agit
donc d'un « ton bas
»
par rapport aux trois autres6.
Le T3 accepte mal, nous venons de le dire, un accent fort.
D
préfère, dans le
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