Utiliser la valeur des paysages alpines

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Rapport de synthèse PNR 48
Utiliser la valeur des paysages alpines
Synthèse thématique relative au thème de recherche IV
« Utilisation de l’espace et valeur ajoutée »
Helen Simmen, Felix Walter, Michael Marti
Schweizerischer Nationalfonds
Fonds national suisse
Swiss National Science Foundation
Impressum
Equipe du projet de la synthèse thématique IV
Felix Walter (direction générale) ; Helen Simmen (conception scientifique et rédaction) ; Dr. Michael Marti (collaboration scientifique)
Ecoplan Recherche et consultation en économie et en politique, Altdorf et Berne, www.ecoplan.ch
Groupe d’accompagnement de la synthèse thématique IV
Représentant de la direction du PNR 48 :
Prof. Dr. Hans Elsasser ; Dr. Fritz Wegelin ; Dr. Michael Weber ; Dr. Stefan Husi ; Urs Steiger
Membres externes :
Hans Allemann, Seco ; Thomas Egger, SAB ; Josef Estermann, ancien président de la ville de Zurich ; Prof. em. Dr. René L. Frey, CREMA ;
Andreas Stalder, OFAG
Les images illustrent des relations – également entre les chapitres – et constituent ainsi un fil conducteur pour les lectrices et les lecteurs.
Image en couverture : Kleine Scheidegg (BE); Jost von Allmen, Unterseen
Chapitre 1 : voyage au Col de l’Oberalp (UR) ; chapitre 2 : Mürren, chercheuse au travail (BE) ; chapitre 3 : station ferroviaire de Riffelalp (VS) ;
chapitre 4 : gare de Coire (GR) ; chapitre 5 : Glacier du Gorner (VS) ; chapitre 6 : assemblage de câbles pour le nouveau téléphérique vers le
Schwarzsee (VS) ; chapitre 7 : ouvriers à Bristen, rénovations de la route entre Legni et Balmenegg (UR) ; chapitre 8 : moutons valaisans
devant Zermatt (VS) ; photographies des chapitres : Priska Ketterer, Luzern
Traduction Français :
POLYLINGUA-Traductions, Château-d’Oex
Publié avec le concours du Fonds national suisse de la recherche scientifique
Le Fonds national suisse, le comité de direction du PNR 48, le groupe d’accompagnement de la Synthèse thématique IV et les équipes de
recherche sont reconnaissants pour le soutien et la collaboration. Les équipes de recherches respectives sont responsables des résultats
mentionnés, les auteur-e-s sont responsables pour la présente synthèse et les recommandations. Leurs points de vue ne doivent pas
nécessairement correspondre à ceux du Fonds national, du comité de direction du PNR 48 ou du groupe d’accompagnement.
Référence recommandée
Auteur-e-s :
Helen SIMMEN, Felix WALTER, Michael MARTI (Ecoplan)
Titre :
Utiliser la valeur des paysages alpins / Den Wert der Alpenlandschaften nutzen
Sous-titre :
Synthèse thématique relative au thème de recherche IV « Utilisation de l’espace et valeur ajoutée » du Programme national
de recherche 48 « Paysages et habitats de l’espace alpin » du Fonds national suisse de la recherche scientifique FNS
Lieu :
Altdorf/Berne
Année :
2006
ISBN – 10: 3– 7281 – 3081 – 8
ISBN – 13: 978 –3– 7281– 3080 – 8
© 2006, vdf Editions de la Haute Ecole SA, EPF Zurich
Cet ouvrage ainsi que toutes ses parties sont protégés en matière de droit d’auteur. Toute reproduction faite sans autorisation de l’éditeur
et dépassant le cadre étroit du droit d’auteur est interdite et punissable. Cela vaut en particulier pour les reproductions, les traductions,
les microfilmages ainsi que l’enregistrement et le traitement de l’oeuvre par des systèmes électroniques.
Aperçu du contenu
Table des matières
1
2
3
4
5
6
7
8
7
Abréviations et titres abrégés des projets
12
Résumé
15
Introduction :
De quoi s’agit-il ?
21
Etat des lieux de l’espace alpin :
Quel est le point sensible ?
33
Principes :
Que dit l’économie au paysage ?
45
Economie et paysage :
Quelles interdépendances ?
61
Question de prix :
Que vaut le paysage ?
107
Mise en valeur :
Comment le paysage génère-t-il des revenus ?
123
Conclusions :
Que faut-il faire ?
175
Annexes
189
Bibliographie
203
TABLE DES MATIÈRES
7
Table des matières
Table des matières
7
Abréviations et titres abrégés des projets
12
Résumé
15
1
Introduction : De quoi s’agit-il ?
21
1.1
Questions-clés et notions principales
22
1.2
Le PNR 48 en bref
25
1.3
Principes, objectifs et limites de cette synthèse
25
1.4
Structuration de l’espace alpin et positionnement des projets concernés
27
1.5
Elaboration de la synthèse
30
2
Etat des lieux de l’espace alpin : Quel est le point sensible ?
33
2.1
Utilisation des sols
35
2.2
Espace économique
37
2.3
Habitat et population
38
2.4
Bilan intermédiaire : Pas de perspectives pour les régions de montagne ?
41
3
Principes : Que dit l’économie au paysage ?
45
3.1
Les principaux concepts de l’économie du paysage
46
3.1.1 Les différents types de biens
3.1.2 Que sont les externalités et les transferts territoriaux (spillovers) ?
3.1.3 Qu’est ce que la défaillance du marché et que peut-on entreprendre pour la contrer ?
46
48
49
8
PNR 48 SYNTHÈSE THÉMATIQUE IV
3.2
Note économique du bien « paysage »
51
3.2.1
3.2.2
3.2.3
3.2.4
3.2.5
3.2.6
Le paysage, de quel bien s’agit-il ?
Les différentes valeurs d’un paysage
Les différents usages des paysages alpins et les composants de leurs valeurs
Un prix bas malgré une valeur élevée, pourquoi ?
Conflits d’utilisation typique : protéger ou utiliser ?
Particularités des paysages alpins
51
52
53
54
55
56
3.3
Bilan intermédiaire : défaillance du marché – conflits d’utilisation – valeur élevée et prix bas ?
58
4
Economie et paysage : Quelles interdépendances ?
61
4.1
Introduction
62
4.2
Flux financiers : transparence des interdépendances monétaires
64
4.2.1
4.2.2
4.2.3
4.2.4
Aperçu des flux financiers
Résultats au niveau macro
Résultats au niveau micro
Bilan intermédiaire : transferts élevés et faible valeur ajoutée ?
64
64
69
71
4.3
Services de base et service public : l’espace en tant que facteur de coût ?
73
4.3.1 Signification du service public dans le domaine des infrastructures pour
l’activité économique de l’espace alpin
4.3.2 Conséquence de la libéralisation des services publics
4.3.3 L’espace comme facteur de coût dans l’infrastructure
4.3.4 Le territoire comme facteur de coût dans les dépenses cantonales et communales
4.3.5 Bilan intermédiaire : le facteur de coût territorial lié au processus de libéralisation
fait-il craindre une coupe rase dans le secteur des infrastructures ?
4.4
Transports : accessibilité du paysage et de l’habitat
4.4.1 Rôle des transports dans l’espace alpin
4.4.2 Développement de l’accessibilité et conséquences sur la structure territoriale
4.4.3 Bilan intermédiaire : le développement passe-t-il forcément par une bonne desserte des transports ?
73
74
77
80
82
82
82
83
86
TABLE DES MATIÈRES
9
4.5
Tourisme : la conservation et l’accessibilité, préalables à la commercialisation du paysage
87
4.5.1
4.5.2
4.5.3
4.5.4
4.5.5
4.5.6
4.5.7
Importance du tourisme pour l’espace alpin
Utilisation du sol et empreinte paysagère du tourisme
Interdépendances économiques
Analyse longitudinale de quatre destinations touristiques
Moteurs principaux du développement touristique
Quel est le rôle de l’accessibilité dans le développement touristique ?
Bilan intermédiaire : pas de développement touristique sans une bonne accessibilité ?
87
87
89
89
92
93
95
4.6
Agriculture et sylviculture : utilisation et entretien du paysage
96
96
96
4.6.1 Importance de l’agriculture et de la sylviculture pour l’espace alpin
4.6.2 Les conséquences du changement structurel agricole sur le paysage alpin
4.6.3 Bilan intermédiaire : les exploitants agricoles de montagne actuels seront-ils à l’avenir
les jardiniers du paysage ?
98
4.7
99
Bilan du point de vue de l’espace naturel
4.7.1 Question au sujet de l’objectif souhaité du point de vue écologique
4.7.2 Comment expliquer l’extension continue de la forêt ?
99
100
4.8
Bilan intermédiaire : aperçu des interdépendances et des interactions
103
5
Question de prix : Que vaut le paysage ?
107
5.1
Aperçu des méthodes d’estimation des biens hors marché
108
5.2
Résultats de l’estimation du paysage dans le cadre du PNR 48
110
5.2.1
5.2.2
5.2.3
5.2.4
5.2.5
Prix implicites du paysage alpin
Les flux non monétaires liés à la préservation du paysage alpin
Prestations environnementales du paysage alpin
Evaluation du paysage selon la méthode des expériences des choix discrets
Estimation comparative à l’aide de l’analyse de la valeur d’utilité
110
112
113
117
118
10
PNR 48 SYNTHÈSE THÉMATIQUE IV
5.3
Comparaison des résultats et intégration dans d’autres études
120
5.3.1 Comparaison des résultats
5.3.2 Comparaison avec d’autres études
120
120
5.4
Appréciation
122
6
Mise en valeur : Comment le paysage génère-t-il des revenus ?
123
6.1
Introduction
124
6.2
Points de départ concernant le tourisme : développement durable du tourisme
125
6.2.1
6.2.2
6.2.3
6.2.4
6.2.5
Evaluation de la situation
Modèle de management pour l’orientation du développement régional
Gestion de la durabilité du tourisme alpin
Bilan intermédiaire : stratégies du tourisme durable
Aperçu : développement futur dans le domaine du tourisme
125
127
128
129
132
6.3
Parcs naturels : comment utilisons-nous la protection ?
135
6.3.1
6.3.2
6.3.3
6.3.4
6.3.5
Contexte
Protection de la nature et du paysage par la Confédération
Les opportunités et les risques selon les résultats du PNR 48
Financement de zones protégées
Bilan intermédiaire : Comment financer la protection ?
135
136
137
139
140
6.4
Points de départ concernant l’agriculture : de l’autosuffisance à l’entretien du paysage ?
142
6.4.1 Perspectives de l’agriculture de montagne
6.4.2 Aperçu : orienter soigneusement la restructuration ?
142
143
6.5
144
Points de départ concernant l’économie régionale : réseaux de compétences et politique régionale
6.5.1 Réseaux de compétences régionales : pôles (cluster)
6.5.2 Aperçu : Nouvelle politique régionale
6.5.3 Territoires à faible potentialité : renforcer les forts, abandonner les faibles à leur sort ?
144
146
150
TABLE DES MATIÈRES
6.6
Stratégies dans les domaines des services et des transports
11
152
6.6.1 Stratégies dans le domaine des services de base
6.6.2 Stratégies au niveau de l’accessibilité et de l’offre
6.6.3 Bilan intermédiaire : concepts sur mesure au lieu de l’arrosoir
152
156
157
6.7
Points de départ concernant le développement territorial
158
6.7.1
6.7.2
6.7.3
6.7.4
6.7.5
6.7.6
Caractéristiques de l’espace rural
Concept territorial de la Confédération
Stratégie pour l’espace rural
Evaluation de la durabilité du développement territorial
Autres projets de territoire pour la Suisse
Bilan intermédiaire : l’espace alpin se transforme-t-il en parc naturel ?
158
159
162
164
170
172
7
Conclusions : Que faut-il faire ?
175
7.1
Récapitulation au sujet du potentiel des diverses stratégies
176
7.2
Indications pour la politique
181
7.2.1 Politique nationale
7.2.2 Eléments pour la politique cantonale, régionale et communale
181
187
7.3
Quelle est la contribution du PNR 48 – Où subsiste-t-il des lacunes ?
188
8
Annexes
189
8.1
Système d’indicateurs relatif au développement touristique durable dans les Alpes :
projet Monitoring/Management
190
Système d’indicateurs pour l’évaluation de projets ayant un impact sur le paysage dans l’espace alpin :
projet Alpro
197
Bibliographie
203
8.2
RÉSUMÉ
Résumé
Le sujet : Mettre en valeur le paysage –
mais comment ?
Comment utiliser au mieux la valeur économique des paysages alpins ? Que valent en réalité ces paysages ? Cette
valeur est-elle transposable en revenus ? La population des
régions alpines vivra-t-elle à l’avenir d’indemnités pour la
préservation de la nature et des paysages, ou du tourisme
de masse ou de niche, ou encore de produits certifiés provenant de l’agriculture alpine ?
Il s’agit-là des questions traitées dans la présente synthèse thématique du Programme national de recherche
« Paysages et habitats de l’espace alpin » (PNR 48). Plus
d’une douzaine de projets de recherche ont apporté leurs
contributions aussi diversifiées qu’innovatrices à ces thématiques (et en partie bien au-delà). Celles-ci sont résumées ici, en relation avec d’autres publications relevant
d’un contexte plus large et intégrant la mise en oeuvre pratique et politique.
La perspective économique
Les ressources des paysages et des habitats peuvent généralement être mises en valeur sous la forme de biens publics ou privés ; ce sont des valeurs quantifiables en termes
économiques.
Les biens privés et les prestations de service sont par
exemple les produits issus de l’agriculture de montagne,
des services d’hébergement, de restauration ou de transport touristique. Les signes distinctifs de qualité (labels)
peuvent servir de support afin de montrer et de garantir la
valeur particulière des produits aux consommatrices et
aux consommateurs. Le rôle de l’Etat peut être celui de
protéger ce type de signes distinctifs, contribuant ainsi à
l’existence d’un marché fonctionnel, c'est-à-dire d’un marché dans lequel les consommatrices et les consommateurs peuvent décider si, à leur avis, un produit alpin mérite un prix plus élevé.
15
De manière très schématique, on parle de biens publics
lorsque leur commercialisation ne va pas de soi. « Le marché est défaillant » dit la théorie économique. On ne peut
pas, par exemple, exiger un prix pour un air propre ou pour
du beau temps, car on ne peut pas empêcher les consommatrices et les consommateurs de bénéficier de ces biens.
Dans d’autres cas, tel que celui d’un parc naturel régional,
il serait possible, mais peut-être coûteux, de fixer un prix
d’entrée. Du point de vue socio-économique, il serait toutefois plus approprié d’en faciliter l’accès à de nombreux
hôtes, selon les capacités, plutôt que de les en dissuader
par un prix élevé. Dans les deux cas, le marché ne propose
pas de solution optimale du point de vue socio-économique.
Diverses utilisations du paysage alpin sont en concurrence ; certaines peuvent avoir un prix sur le marché (p.ex.
lieu d’habitation) alors que pour d’autres utilisations, ce
n’est pas le cas, car il s’agit de biens publics (p.ex. maintien de la biodiversité). C’est pourquoi, dans un scénario
purement économique, la concurrence des utilisations ne
conduit pas à une utilisation optimale des ressources.
Que peut faire l’Etat ? Il peut par exemple rétribuer les
« producteurs » de ces biens publics pour leur prestation,
comme il le fait p.ex. par les paiements directs pour les
surfaces de compensation écologique. Le prix n’est pas
issu du marché, mais il est défini au niveau politique.
Plusieurs projets de recherche illustrent les manières
dont ces utilisations peuvent être estimées, que ce soit sous
forme de prédisposition à payer ou par d’autres analyses.
Le projet PRIXIMPLICITES montre que la beauté du paysage se
répercute sur la valeur des biens immobiliers. Les loyers
augmentent proportionnellement à la qualité du paysage.
Sur la base de ce critère uniquement, le loyer mensuel
moyen d’un appartement de vacances de 5 pièces – toutes
choses égales par ailleurs – vaut environ 1’051 francs de
plus à Verbier qu’à Anzère. L’offre en pistes de ski du lieu
respectif a cependant une influence encore plus importante. Ces valeurs ne permettent toutefois pas de déduire
directement un « droit d’indemnisation ». D’autres métho-
16
PNR 48 SYNTHÈSE THÉMATIQUE IV
des d’estimation de la valeur du paysage ont été développées dans le cadre des projets Alpscape (ressources des
écosystèmes) et ALPRO (préférences déclarées ou expériences selon la méthode des expériences des choix discrets).
La mise en valeur signifie davantage que
la commercialisation
L’approche économique le montre : il y a deux voies pour la
mise en valeur du paysage, une « piste » en économie privée
et, pour ainsi dire, une « piste » en économie publique :
La « piste économie privée » correspond à la « commercialisation » dans le sens global et positif du mot : les ressources naturelles telles que p.ex. la beauté du paysage et
la neige doivent être combinées intelligemment aux produits et services et trouver ainsi un débouché sur le marché. Mais ce domaine n’est pas à l’abri : la concurrence est
forte, et les niches sont toujours plus difficiles à trouver.
La « piste économie publique » signifie que l’on peut envisager un système d’indemnisations pour certaines prestations précises, qui ne sont pas directement commercialisables ; ce système peut aussi être efficace au niveau
socio-économique. Tout l’art consiste à placer les incitations correctes afin que le bien publique souhaité soit
effectivement produit (par exemple l’entretien de cours
d’eau, de sentiers pédestres). Il faut éviter les erreurs de
développement telle que par exemple une offre excédentaire en produits agricoles, liée à des problèmes écologiques. Brièvement dit, on doit faire un usage correct de la
politique (ou de la volonté) de protection.
Stratégies possibles – optimisme limité
Plusieurs projets du PNR 48 se sont penchés sur les stratégies les plus prometteuses de « la mise en valeur » (voir
aussi illustration 1).
Un vent fort souffle sur le secteur du tourisme. C’est ce
que montre p.ex. le projet Monitoring/Management qui
précise les stratégies de développement régional économique et touristique. Les régions éloignées d’une agglomération ou qui ne disposent pas (plus) d’une offre touris-
tique concurrentielle connaissent des difficultés particulières. La situation est également difficile pour les régions
périphériques. Des parcs naturels pourraient certes ouvrir
des perspectives de développement importantes dans ces
régions, mais selon le projet ParcsNaturels, il ne faut pas
s’attendre à un revenu trop important généré par ces parcs.
Un revenu supplémentaire nécessite une combinaison
entre utilisations traditionnelles et nouveaux services, en
fidélisant des vacanciers et en commercialisant des produits régionaux de qualité. Un parc naturel régional peut
ainsi avoir un effet considérable sur l’économie régionale.
L’investissement nécessaire au lancement et à la gestion
d’un parc naturel ne doit cependant pas être sous-estimé.
Dans de nombreux cas, la préservation d’un paysage naturel a également une forte utilité économique et assure
une marge de manœuvre aux générations futures. Les indemnisations pour le renoncement à d’autres utilisations
sont cependant généralement encore faibles. Des approches de résolution de ce problème de financement ont été
développées dans le projet Négociations des fonds environnementaux (p.ex. semi-étatiques, groupements économiques régionaux) ou l’édification d’un marché avec des
droits de développement pourraient représenter des formes de financement possibles, négociées entre zones de
protection et agglomérations.
Le projet Funalpin présente comment l’engagement de
régions de montagne en faveur d’un développement durable peut être estimé et certifié et comment des régions peuvent être distinguées au moyen d’un label. Une désignation
de ce type peut renforcer les chances de développement
d’une région, à condition toutefois que les consommatrices et les consommateurs puissent véritablement reconnaître une valeur derrière ce label.
Les potentiels futurs de l’agriculture en régions de montagne sont décrits par les projets Wasalp et Sulaps. L’agriculture peut apporter une contribution à un paysage
attractif à la fois pour les hôtes et pour les résidant-e-s.
Les perspectives de gain dans l’agriculture de montagne
s’avèrent toutefois réduites : selon les résultats du projets
RÉSUMÉ
17
Illustration 1
Vue d’ensemble des stratégies de mise en valeur
Stratégies économiques
de marché
Stratégies mixtes
Mise en valeur
des biens publics
itorial
ent terr
loppem
de déve
oncepts
C
tion
certifica
ring et
ns
io
g
ré
e
d
Monito
Espace d’habitat
Parcs naturels
Subventions pour
la préservation
Tourisme
Agriculture
Énergie
réseau,
ales
Mise en
s région
pétence
m
co
e
seaux d
p.ex. ré
rés
ts intég
Concep
Services de base
Accessibilité
Stratégies d’accompagnement
Source : Schéma personnel.
Sulaps, les revenus agricoles diminuent ; dans le scénario « libéralisation », la régression s’élève à 80 % environ.
Ce recul du revenu ne peut pas être compensé dans tous
les cas par des activités annexes, même si l’importance de
ces revenus augmente sensiblement. Les revenus des ménages diminuent ainsi de 20% environ dans le scénario
« libéralisation ».
L’accessibilité est également importante pour la mise en
valeur, en particulier dans le tourisme : le projet Accessibilité met en lumière l’importante amélioration de
l’accessibilité au cours des dernières décennies, qui n’a
cependant que partiellement promu le peuplement ou le
développement des chemins de fer alpins. Une meilleure
accessibilité peut avoir des effets à la fois négatifs (atteinte à l’environnement, augmentation du tourisme de journée) et positifs (attractivité).
D’après le projet Libéralisation, l’offre en services publics (télécommunications, Poste, transports publics, élec-
tricité), qui s’étend généralement au-delà des services de
base, n’est pas cruciale dans la plupart des cas pour le
développement régional. Les services de base sont importants pour la population locale, les hôtes et les places de
travail, mais ils doivent à l’avenir être fournis à meilleur
coût et mieux correspondre aux besoins.
Les flux financiers entre l’espace alpin et le reste de la
Suisse sont une illustration des interdépendances existant
entre ces deux espaces. Ces flux ont été déterminés dans
le cadre du projet Alpays : la population de l’espace alpin
paye nettement moins d’impôts et dispose de moyens
plus importants par habitant-e provenant de la péréquation financière et des subventions. L’espace alpin produit
cependant la plus grande partie de ses revenus. Le tourisme joue un rôle important dans ce domaine. De nombreuses régions économiquement et structurellement faibles
vivent malgré tout en grande partie grâce à la solidarité
nationale. C’est ainsi que, selon les résultats du projet
18
PNR 48 SYNTHÈSE THÉMATIQUE IV
Funalpin , les flux financiers transférés vers le Safiental se
montent, par habitant-e et par année, jusqu’à 13’800 CHF.
Cela correspond à une part d’environ 54 % de la valeur
ajoutée brute de cette vallée. De grandes différences avec
d’autres vallées étudiées existent : ainsi, cette part se monte à 10 % au Sernftal, et à 19 % au Binntal. Ce soutien peut
être considéré comme une mesure de compensation des
charges et des prestations liées à la nature et au paysage.
Les indemnités compensatoires à destination de l’espace
alpin sont significatives, mais les différences de prospérité
qui perdurent malgré ces contributions restent tout aussi
importantes.
Les potentiels des régions alpines en tant qu’espace
d’habitat pour les pendulaires ou pour les personnes retraitées ont encore peu été étudiés.
Bilan et indications pour la mise
en oeuvre politique
Il n’existe pas de recette miracle pour l’utilisation durable
du paysage alpin, et il n’existe pas non plus « un » paysage
alpin unique. Les projets de recherche du PNR 48 ont décrit la manière d’appréhender la valeur du paysage et le
rôle essentiel qu’il joue aujourd’hui déjà pour le tourisme.
Les stratégies sont claires, mais elles doivent être concrétisées spécifiquement dans chaque région. Pour de nombreuses régions à faible potentialité, ce sera un grand défi
de trouver des perspectives économiques tout en préservant leur valeur environnementale et paysagère. Au niveau
de la Confédération, la nouvelle péréquation financière
(RPT) offre de très bonnes bases. La cohérence entre les
différentes stratégies (politique régionale, promotion touristique, services de base) peut toutefois encore être améliorée, p.ex. au moyen de concepts de développement
régional et paysager. Aux niveaux cantonal et régional, les
perspectives d’avenir doivent souvent être envisagées
dans un ensemble territorial plus large.
La politique régionale actuelle repose sur les innovations
et l’utilisation créative des ressources locales. Le potentiel
économique de cette ligne directrice est toutefois limité.
L’assurance de qualité garantie par les labels et la gestion
ciblée du développement régional durable sont des approches pouvant contribuer à une exploitation du potentiel
économique sans danger pour l’environnement. Malgré
ces stratégies, de nombreuses régions alpines resteront
dépendantes d’une aide publique directe (p.ex. péréquation financière). L’ampleur de l’occupation décentralisée du
territoire et les moyens financiers investis à cet effet sous
forme de transferts de tout type restent ainsi une question
relevant du domaine politique. Il est par conséquent temps
de briser des tabous tels que la migration ou l’exode sélectifs et d’aborder ouvertement les opportunités et les dangers liés à ces processus. La préservation d’un paysage représente aussi une mise en valeur possible et laisse aux
générations futures de nombreuses options possibles. Le
fait qu’un changement structurel est en règle général marqué d’une forte empreinte émotionnelle ne signifie pas que
cette thématique doit être perçue comme un tabou, mais
signifie au contraire que des discussions entre les personnes concernées doivent être menées.
La synthèse propose de nombreuses indications pour le
débat politique actuel, même si d’importants résultats ont
déjà influencé et ont été intégrés dans la pratique. Ces lignes directrices sont rapidement résumées ici :
– Les problèmes des territoires à faible potentialité devraient être abordés de manière plus offensive par la
politique régionale et de développement territorial, p.ex.
au moyen de concepts de développement et de projetspilotes soutenus régionalement. Le soutien à la concentration décentralisée de l’habitat doit être poursuivi.
– La nouvelle péréquation financière (RPT) apporte de nettes améliorations, mais la compensation des charges
pourrait être optimisée. En outre, de nombreuses subventions méritent encore réflexion étant donné le manque de coordination et l’importance de certains effets
secondaires négatifs sur l’environnement et le paysage.
– Le standard des services de base est très élevé. Ceux-ci
pourraient cependant être conçus de manière plus efficiente et répondre de manière plus adaptée aux besoins,
RÉSUMÉ
à l’image de formes de financement plus efficaces qui
devraient davantage être examinés en lieu et place des
subventions croisées.
– Les nouvelles lignes directrices sont bonnes : Le développement d’une politique systémique, orientée sur les
ressources, doit encore être renforcé dans le sens de la
préservation du paysage. Les processus désormais de
plus en plus initiés aux niveaux local et régional, fixant
des objectifs de développement et de qualité paysagère,
représentent des instruments appropriés pour tenir
compte de la préservation du paysage dans ses multiples facettes.
– La politique touristique devrait soutenir davantage encore un positionnement différencié des centres touristiques sur le marché et accorder une plus grande attention à la limitation des zones d’habitat ainsi qu’à la préservation des paysages naturels.
– Le Message concernant la Politique agricole 2011 est
écartelé entre un ajustement structurel actif et une prise
en compte des revendications de l’agriculture de montagne selon lesquelles diverses améliorations devraient
être possibles.
– Les décisions relatives à une évaluation et à une étude différenciées des potentiels existants se situent aux niveaux
cantonal, régional et local. Une démarche participative,
visionnaire et coordonnée au niveau régional s’avère judicieuse.
Les conséquences de nombreux changements – p.ex. flux
financiers, utilisation du paysage, agriculture et tourisme –
sont devenus plus claires grâce au PNR 48. Il présente pour
la première fois une vue d’ensemble fondée des potentiels
(malheureusement pas toujours estimés de manière optimiste) des différentes stratégies pour le développement
économique de l’espace alpin. Le PNR 48 ne résout pas les
problèmes des Alpes, mais il apporte de nombreuses suggestions au débat, qui doit désormais intégrer davantage
les échanges entre la pratique et le domaine politique.
19
177
7
Conclusions
Que faut-il faire ?
178
PNR 48 SYNTHÈSE THÉMATIQUE IV
7
Conclusions : Que faut-il faire ?
Questions provocantes
– Qui peut utiliser les stratégies présentées et quel est
leur apport ?
– Quelles mesures sont à conseiller et à quels acteurs ?
– Quelle est la contribution du PNR 48 à « l’utilisation des
paysages alpins de valeur » ?
7.1 Récapitulation au sujet du
potentiel des diverses stratégies
La question centrale de la présente synthèse thématique
est la suivante : comment les paysages alpins peuvent-ils
au mieux être mis en valeur en termes économiques ? Un
bref rappel des résultats précède la présentation des diverses possibilités d’action :
La théorie économique (cf. chapitre 3) montre que la
mise en valeur du paysage peut en principe s’effectuer sur
la base des biens privés ou des biens publics (plus précisément : biens de club, biens patrimoniaux et publics). Les
régions alpines peuvent par conséquent :
– utiliser leur paysage selon les principes du marché, en
particulier par le tourisme, l’agriculture ou en tant qu’espace d’habitat
– ou être indemnisées pour la préservation de biens publics, p.ex. par les paiements directs pour les surfaces
de compensation écologique, par des mandats de prestation pour la gestion de parcs naturels, etc.
Les analyses montrent que les deux voies sont déjà suivies
aujourd’hui : une grande partie du revenu économique des
régions alpines provient du tourisme. On a très concrètement pu démontrer au moyen des appartements de vacance que la qualité paysagère est convertible en termes financiers (loyers plus élevés). Une valeur paysagère élevée
n’implique toutefois pas automatiquement un droit d’indemnisation, car la détermination d’une indemnisation
économique correcte ne devrait pas se baser sur les utilités totales ou marginales, mais sur les coûts marginaux et
les utilités marginales de la préservation du paysage. Il
s’avère également que les régions alpines, en comparaison avec le reste de la Suisse, tirent une partie nettement
plus grande de leur revenu des prestations étatiques (subventions, péréquation financière, etc.) et que leurs recettes fiscales sont en outre inférieures à la moyenne. Jusqu’à
54 % de la valeur ajoutée brute de certaines régions périphériques (le Safiental dans le présent exemple) provient
de ces « transferts ». De grandes différences existent ce-
7 CONCLUSIONS : QUE FAUT-IL FAIRE ?
179
Graphique 7-1
Vue d’ensemble des stratégies de mise en valeur
Stratégies économiques
de marché
Stratégies mixtes
Mise en valeur
des biens publics
itorial
ent terr
loppem
e déve
cepts d
Con
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certifica
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s
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g
de ré
Monito
Espace d’habitat
Parcs naturels
Subventions pour
Tourisme
la préservation
Agriculture
Énergie
réseau,
les
Mise en
régiona
étences
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e co p
d
x
u
a
se
p.ex. ré
rés
ts intég
Concep
Services de base
Accessibilité
Stratégies d’accompagnement
Source : Schéma personnel.
pendant avec les autres régions étudiées dans ce cas.
Cette proportion est p.ex. de 10 % dans le Sernftal et de
19 % dans le Binntal.
Plusieurs projets se sont spécifiquement concentrés sur
la transposition concrète de ce type de « stratégies de
mise en valeur ». Un bref résumé fait ressortir les stratégies suivantes (cf. aussi le graphique 7-1) :
a)
Stratégies économiques de marché
– Espace d’habitat
Ce thème a jusqu’à présent peu été traité, alors qu’en
réalité, de nombreuses régions alpines ont été découvertes pour leur propriété d’habitat, à proximité d’agglomérations ou non, comme p.ex. à Nidwald, Schwyz ou dans
les vallées périphériques de Lugano, par des pendulaires, retraité-e-s ou non, comme lieu d’habitat primaire ou
secondaire. Les développements de ce type se réalisent
lorsque les conditions suivantes sont réunies : bonne
accessibilité (en particulier dans le cas des pendulaires,
moins pour les retraité-e-s), des services de bases adaptés aux besoins et un environnement naturel intact.
– Tourisme
Ici aussi, des stratégies régionalement différenciées
sont indiquées. Les destinations d’envergure internationale doivent s’imposer sur le marché international, les
régions de détente proches d’une agglomération peuvent s’ouvrir à des marchés en croissance alors que les
anciennes régions touristiques ne trouveront probablement que partiellement une niche compétitive et que les
régions périphériques (ayant en outre un faible revenu)
devront principalement se concentrer sur le tourisme
vert ou écotourisme.
– Énergies
Cette stratégie représente une source importante de conflits potentiels, car l’utilisation économique des énergies (notamment l’énergie hydraulique, car l’exploitation forestière présente peu de conflits avec l’environnement, au contraire) peut provoquer des atteintes au pay-
180
PNR 48 SYNTHÈSE THÉMATIQUE IV
sage, qui s’avèrent nuisibles au potentiel touristique
d’une région. Il est également envisageable de tirer davantage profit des axes de transit (p.ex. restauration,
centres de contrôle du trafic lourd, entretien, effet d’accessibilité bien sûr), mais les axes de transports représentent cependant une charge pour l’être humain et pour
l’environnement et ainsi également pour les stratégies
« tourisme » et « espace d’habitat ». L’espace alpin est en
outre une zone particulièrement sensible, et les atteintes
sont généralement irréversibles. Des réflexions plus approfondies se trouvent au paragraphe 7.1 d.
b)
Subventions pour la préservation
Les subventions actuelles de l’agriculture représentent encore en grande partie un soutien au revenu. Les indemnisations devraient à l’avenir être davantage liées aux objectifs écologiques. Les moyens mis à disposition pour cette
tâche par les pouvoirs publics sont toutefois limités, et il
est peu probable que les moyens attribués à ces domaines
soient plus importants dans le futur.
Cependant, cette stratégie des subventions destinées à
la préservation du paysage est à mettre en oeuvre en tant
qu’élément d’une stratégie régionale. Le potentiel pour les
régions structurellement faibles est toutefois à peine suffisant.
c)
Stratégies mixtes
Ces stratégies ont pour objectif de combiner les subventions attribuées aux biens publics avec les revenus issus
du marché.
– Parcs naturels régionaux
On tente dans ce cas de combiner la protection (et les
indemnisations correspondantes) avec une valeur ajoutée touristique et éventuellement la commercialisation
de produits régionaux. Les parcs naturels régionaux devraient cependant générer un effet économique régional
164
comparativement pertinent uniquement dans les régions
économiquement faibles.
– Agriculture
Il faut s’attendre à un nouveau recul de l’emploi dans
l’agriculture car les exploitations dont le rendement est
minimal (c.-à-d. les exploitations qui sont juste rentables dans les circonstances actuelles) vont cesser leur
activité étant donné l’évolution du changement structurel. Seules les surfaces à rendement minimal seront laissées « en jachère ». Les répercussions pour le paysage
sont, à moyen et à long terme, une reforestation, ce qui
ne peut de manière générale être qualifié de positif ou
de négatif : de nombreux touristes apprécient un tel développement, et du point de vue de la biodiversité, il y a
à la fois des aspects positifs et des aspects négatifs.
d)
Stratégies d’accompagnement
– Services de base et services publics
Les prestations de service public (en général issues des
services de base) dans les domaines de la Poste, des télécommunications, de l’énergie et des transports représentent une base importante pour la population, les
hôtes et les entreprises. Leur signification ne doit toutefois pas être surestimée, comme le montre le projet Libéralisation. Concernant les services publics au niveau
des télécommunications et de l’énergie, il n’y a pas de
grandes différences entre les Alpes et le reste de la
Suisse, et il ne semble pas que la situation de l’espace
alpin se dégradera de manière tangible. Les services postaux peuvent selon la situation également répondre aux
besoins sans office postal local. Le plus complexe pourrait être de maintenir l’accessibilité en transports publics
en raison de la pression croissante des coûts. Il faut en
principe tenter de garantir des services publics adaptés
à la demande et bon marché, tout en trouvant au niveau
national des formes de financement appropriées (cf. pa-
Voir en particulier Boesch et al. (2006), Entwurf Synthese Projekt Funalpin, Arbeitsbericht 9, Abschnitt 4 (Ebauche de synthèse du projet
Funalpin. Rapport de travail 9, paragraphe 4).
7 CONCLUSIONS : QUE FAUT-IL FAIRE ?
ragraphe 6.6). Cela vaut également pour les services de
base, pour lesquels il n’existe aujourd’hui aucune différenciation spatiale possible de l’offre selon la définition
actuelle. Dans ce cas également, une différenciation et/
ou une gradation accrue des offres seront nécessaires.
– Accessibilité
La desserte des transports a aujourd’hui atteint pratiquement partout un niveau dont l’amélioration nécessiterait des investissements onéreux et irréalistes.
L’accessibilité joue certes un rôle essentiel pour le tourisme, mais les possibilités de modifier les différences
géographiques sont très limitées. A l’avenir, ce sont principalement les questions de l’entretien et de l’exploitation (coûts non couverts élevés) qui se poseront.
e)
Concepts intégrés
Différents projets ont élaboré des bases pour une évaluation globale et un développement régional. Ils mettent en
oeuvre des approches orientées sur une adéquation optimale de l’utilisation des biens tant privés que publics.
– Développement durable, gestion touristique
Les approches étudiées dans le cadre du projet Monitoring/Management mettent les moyens à disposition
pour évaluer intégralement une région et pour examiner
son développement de manière continue.
– Label comme outil permettant de garantir à la fois des
marchés privés et publics
Le projet Funalpin montre comment la prestation de
durabilité de régions de montagne peut être estimée et
certifiée, et comment des régions peuvent être distinguées par un label. Un label de ce type peut renforcer
les chances de développement d’une région seulement
si les consommateurs et les consommatrices peuvent
réellement percevoir une plus-value liée à ce label.
– Réseaux de compétences régionaux
Cette approche est issue de l’économie politique. Il s’agit
de renforcer les compétences professionnelles des entreprises par la collaboration interne à la branche et entre
branches. Ce pôle permet d’utiliser des synergies, p.ex.
181
lorsque plusieurs exploitant-e-s agricoles commercialisent conjointement des produits régionaux, ou lorsque
la chaîne de création de valeur pour l’exploitation forestière est optimisée (p.ex. transformation des déchets de
bois dans la région).
– Développement territorial
Le développement territorial se comprend comme une
tâche transversale de concertation liée aux développements ayant des impacts territoriaux (p.ex. plans directeurs, plans sectoriels, etc.), pouvant être utilisée en
même temps comme instrument spécifique de planification, p.ex. le plan de zones. Le projet de développement
territorial de la Confédération voit des chances différenciées pour les régions alpines : il s’agit pour les centres
touristiques (comme mentionné plus haut) de poursuivre leur développement en se positionnant sur le marché
en priorisant la préservation des valeurs paysagères et
par la mise en réseau avec les localités voisines. Les régions périurbaines doivent privilégier l’habitat groupé et
promouvoir des emplois adaptés à la région. Dans les régions périphériques rurales, les petits centres doivent
être maintenus et les paysages naturels intacts doivent
être préservés (cf. paragraphe 6.7.3).
f)
Bilan concernant les stratégies
Si l’on considère simultanément ces stratégies, il apparaît
que les régions situées à proximité d’une agglomération
ainsi que les régions d’habitat, de loisirs et d’activité économique ont de bonnes chances de développement, tandis
qu’il existe peu d’espoir pour la périphérie de la périphérie
en particulier. Le principe suivi par l’approche de la Nouvelle politique régionale est cependant le bon, à savoir que
les « potentiels endogènes » de ces régions doivent être
développés. Il faut toutefois reconnaître que ces potentiels
endogènes, aussi élevés soient-ils du point de vue subjectif ou écologique, ne garantiront pas à long terme la survie économique dans de nombreux cas. Ces constatations
s’appuient principalement sur les scénarios et les analyses du projet Funalpin, résumés comme suit : 164
182
PNR 48 SYNTHÈSE THÉMATIQUE IV
– Dans les conditions-cadres actuelles, le paysage alpin
traditionnel a peu de valeur économique.
– L’agriculture de montagne et le tourisme extensif produisent en comparaison peu de valeur ajoutée.
– Même les régions disposant d’une utilisation touristique
intensive et d’infrastructures spécialisées génèrent souvent une plus-value insuffisante, et cette utilisation induit
fréquemment de profonds changements du paysage.
– Sans subventions provenant du reste de la Suisse, de
nombreuses régions alpines se dépeupleraient.
– Ces subventions seront à l’avenir soumises à une pression croissante.
Le scénario « Innovation & durabilité » esquissé dans le
projet Funalpin devrait entre autres garantir le maintien
des subventions, qui seraient cependant plus fortement
liées à des prestations effectives allant dans le sens du développement durable, en particulier les prestations réalisées dans le domaine de la préservation du paysage (en
tant que bien public et/ou d’externalité positive). Un moyen
fondamental servant à mesurer et à garantir ces prestations serait un système de certification (région labellisée).
g)
Bilan : Maintien à tout prix
ou retrait orienté ?
Les analyses aboutissent finalement à une estimation plutôt pessimiste de la situation pour les espaces périphériques. Comme dans le cas des débats autour de la suppression ou de la transformation des entreprises d’armement
(« conversion ») ou de l’industrie horlogère par exemple, la
165
question se pose de savoir s’il faut intervenir de manière
proactive ou passive, s’adapter à la structure ou adapter la
structure.
Une stratégie d’avenir devrait permettre de poser les
nombreuses questions sensibles liées à «l’économie de
l’espace alpin » dans le cadre d’un débat ouvert :
– Quel devrait être le visage des paysages alpins futurs ?
– Quel type d’habitat devrait être maintenu dans l’espace
alpin – dans quelles conditions-cadres écologiques et à
quel prix ?
– Quelle est la valeur de la solidarité du Plateau avec l’espace alpin – et sur la base de quel mandat de prestations ?
– Etant donné le changement structurel en cours, y a-t-il
des parties de régions pour lesquelles une sorte de « retrait orienté » serait à prendre en compte pour des raisons économiques ou éventuellement écologiques ? 165
Ces questions doivent être résolues au niveau politique.
L’importance de la solidarité (pas uniquement de la « solidarité territoriale ») est en fin de compte un jugement de
valeur et une décision de société. Les analyses économiques ne doivent pas se permettre de formuler des réponses
définitives à ce sujet, mais elles proposent au moins une
contribution permettant de situer le débat.
La politique régionale moderne se base sur les innovations et l’utilisation créative des ressources locales. Le potentiel économique de cette ligne directrice est toutefois
limité. L’assurance de qualité par les labels et la gestion
ciblée du développement régional durable sont des appro-
Cf. Frey (2005), Gut, aber zu wenig mutig (Bon, mais pas assez vaillant), in: ARE (éd.) Forum du développement territorial. Projet de territoire pour la Suisse – discussions et réactions, p.36 : « Il serait p.ex. urgent et nécessaire de répondre à la question de savoir dans quelle
mesure les structures d’habitat décentralisées sont effectivement souhaitables du point de vue de la durabilité » et/ou « la contribution
de l’exode rural au développement durable (…) ».
166
Dans le canton de Berne, il a été question d’étendre le périmètre à l’espace rural et de promouvoir des conférences régionales au lieu de
créer seulement des nouvelles institutions pour les agglomérations. Cf. Conseil d’Etat du canton de Berne (2005), Stratégie en faveur des
agglomérations et de la coopération régionale. Cette politique correspond également à une proposition d’action exprimée dans le cadre
de l’évaluation de l’aide aux investissements LIM. Cf. IDT-HSG/C.E.A.T. (2004), Evaluation der Investitionshilfe für das Berggebiet (Evaluation de l’aide aux investissements dans les régions de montagne).
167
ARE (2006), Rapport 2005 sur le développement territorial : Résultats de la consulation, Economiesuisse (2006), Nouvelle politique régionale : dépourvue d’orientation, PS (2006), Nouveau programme économique.
7 CONCLUSIONS : QUE FAUT-IL FAIRE ?
ches qui peuvent contribuer à l’utilisation du potentiel économique sans porter atteinte à l’environnement. Malgré
ces stratégies, de nombreuses régions alpines resteront dépendantes de l’aide directe (p.ex. péréquation financière).
L’ampleur de l’occupation décentralisée du territoire et la
mise à disposition des moyens financiers qu’elle nécessite sous forme de transferts de tout genre reste ainsi une
question politique.
Des réformes institutionnelles peuvent également apporter une contribution à ce sujet, p.ex. par la liaison entre
les régions de montagne et les agglomérations.166 Les analyses économiques ne doivent pas promouvoir une division territoriale, mais agir dans le sens d’une solidarité à
définir et à mettre en œuvre de manière aussi efficace que
possible.
La présente synthèse vise à fournir les bases d’un tel débat au moyen des principes et des approches de réforme
détaillés ici, dans l’intérêt d’un avenir prospère pour les
Alpes et pour le reste de la Suisse, et dans l’intérêt des
améliorations économiques et écologiques. Les Alpes et le
reste de la Suisse forment une communauté solidaire à
l’image de l’économie et de son environnement naturel. Ce
sont en fin de compte uniquement les solutions communes et pragmatiques qui permettent de progresser.
Il n’existe pas de recette miracle pour l’utilisation durable du paysage alpin, comme il n’existe pas non plus «un»
paysage alpin. Les projets de recherche du PNR 48 ont
montré comment il est possible de saisir la valeur du paysage et quel rôle important le paysage joue déjà en tant
que pilier central pour le tourisme. Les stratégies sont limpides, elles doivent cependant être concrétisées de manière différenciée pour chaque région. Trouver des perspectives économiques et maintenir la valeur à la fois de la nature et du paysage, tel sera le grand défi auquel seront confrontées de nombreuses régions aux conditions défavorables.
183
7.2 Indications pour la politique
7.2.1 Politique nationale
a)
Nouvelle politique régionale (NPR)
Les résultats sont globalement confirmés par la ligne directrice de la NPR, notamment le renforcement de l’innovation et de la responsabilité régionale, et par l’adoption au
niveau de la politique de compensation de moyens à libre
disposition dans le cadre de la péréquation financière. La
NPR se base toutefois sur deux postulats implicites, qui, à
la lumière des résultats, se révèlent toutefois critiques :
– « Toutes les régions peuvent développer un potentiel endogène et assurer leur existence au moyen des mesures
proposées » : Cela n’est certes pas exprimé ainsi dans le
Message relatif à la NPR, mais suggéré. Tandis que ce
postulat s’applique pour beaucoup de régions (dans le
sens des régions LIM), les analyses indiquent que les
perspectives pour des parties de régions situées en périphérie de la périphérie sont dans de nombreux cas très
sombres. Le Conseil fédéral évite ici une discussion plus
franche sur ce sujet difficile. Le Rapport de l’ARE sur le
développement teritorial ne répond pas non plus à cette
question, ce qui ressort également de l’évaluation des
prises de position.167 Cette mise au point nécessaire de la
NPR correspond largement aux résultats de la recherche
et au principe de subsidiarité, mais elle soulève aussi
des questions pour la population des régions périphériques, questions qui méritent un traitement plus directif.
– « La garantie des services de base est toujours assurée
de manière égalitaire à des prix et à des qualités trop approximatifs ». Le débat au sujet des services publics est
en cours. La question du financement futur de l’égalité
du prix et de la qualité dans les régions périphériques
reste dans de nombreux cas ouverte, et l’apparition de
différences de prix et de qualité dans tel ou tel secteur et
dans telle ou telle mesure est par conséquent incertaine.
Suite à la consultation, des mesures de promotion – dans
le sens d’un consensus – ont été prises dans le cadre de
184
PNR 48 SYNTHÈSE THÉMATIQUE IV
la NPR. Des évaluations indépendantes les ont jugées inefficaces. Cela ne remet toutefois pas en question la ligne
directrice, qui s’avère judicieuse.168
La politique régionale devrait donc :
– maintenir l’accent sur l’utilisation de potentiels endogènes, mais aborder plus offensivement le débat au sujet
des potentiels limités des régions à faible potentialité,
– mettre en avant des solutions permettant de résoudre les
problèmes non résolus concernant le financement des
services de base,
– éviter de reprendre à nouveau les mesures de promotion
inefficaces dans le programme et
– briser le tabou de l’exode rural et/ou du dépeuplement
et mener une discussion ouverte en incluant les personnes concernées.169
b)
Réforme de la péréquation financière et
de la répartition des tâches (RPT)
La réforme de la péréquation financière et de la répartition
des tâches entre la Confédération et les cantons (RPT)
constitue l’un des projets de réforme parmi les plus importants de la Suisse. Elle entre pleinement dans le cadre des
recommandations émises par différents projets : moins de
subventions affectées et suppression des subventions
attribuées en fonction de la capacité financière, renforce168
ment de la responsabilité, meilleure péréquation des charges structurelles effectivement constatées. Le PNR 48
adresse finalement trois petites remarques à la RPT :
– Le projet Alpays a montré que les charges structurelles
supplémentaires des cantons alpins et de leurs communes ont souvent tendance à être surestimées et/ou
fortement pondérées, tandis que les charges structurelles des centres sont plutôt sous-estimées. Il s’agit en fin
de compte d’une décision politique (d’une politique de
la répartition).
– La péréquation des charges devrait être orientée sur la
base des tâches supplémentaires des cantons et des
communes faisant face à des conditions-cadres défavorables et difficilement modulables de type géo-topographique et socio-démographique. La péréquation des
charges actuellement envisagée par la RPT se base sur
les limites cantonales, car elle tient compte uniquement
des tâches supérieures à la moyenne et non de celles
qui sont inférieures à la moyenne ; les petits cantons en
profitent, alors que les grands cantons hétérogènes sont
tendanciellement désavantagés. Un tel système pourrait
également freiner voire stopper les fusions de cantons.
A l’inverse du système bonus uniquement prévu par la
RPT, un système bonus-malus pourrait apporter des
améliorations à ce niveau.
Economiesuisse (2006) est cependant d’avis contraire. Elle revendique p.ex. entre autres la suppression de l’arrêté Bonny et l’obligation
de coordination et de coopération. Cf. Nouvelle politique régionale : dépourvue d’orientation. A l’opposé, le Parti socialiste souhaite que
l’arrêté Bonny soit prolongé, mais aussi que les avantages fiscaux soient adaptés. Cf. PS (2006), Nouveau programme économique, p.108.
169
Cette position est entre autres soutenue par Pro Natura dans les treize points de vue qu’elle formule au sujet de l’habitat et du paysage :
« La Suisse est très pauvre en espaces de grande dimension libres de toute construction. Là où de tels espaces voient le jour en raison de
changements dans les structures économiques ou sociales, ce processus ne doit pas être empêché à tout prix. L’exode régional fait naître
au contraire des espaces naturels de grande valeur écologique et des zones de délassement de grande importance socio-économique. »
Pro Natura (2005), Point de vue : milieu bâti et paysage, p.12.
170
Cf. à côte de Ecoplan (2005), Zahlen die Agglomerationen für die Alpen? (Les agglomérations payent-elles pour les Alpes ?), et Ecoplan
(2004), Subventionieren – schützen – anbieten – nutzen: Natur- und Landschaftsschutz im Spannungsfeld (Suventions – protection – offres –
utilisation : la protection de la nature et du paysage comme champ de tension), aussi la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage (2001), Bundessubventionen – landschaftszerstörend oder landschaftserhaltend? (Les subventions fédérales portent-elles
atteinte au paysage ou contribuent-elles à sa sauvegarde ?).
171
Comme p.ex. Ecoplan (2000), Siedlungsentwicklung und Infrastrukturkosten (Développement de l’habitat et coûts des infrastructures).
172
OFEV (1998), Conception Paysage 1998.
173
OFEV (2003), Paysage 2020.
7 CONCLUSIONS : QUE FAUT-IL FAIRE ?
– La RPT maintient cependant de nombreuses subventions
fédérales générant des impulsions partiellement contradictoires ou erronées, qui ont des effets secondaires
négatifs ou qui sont trop peu coordonnées entre elles.
Une analyse plus approfondie des subventions – et en
particulier des subventions ayant des effets secondaires
sur la nature et sur le paysage – est par conséquent indiquée.170
c)
Services de base
Les voies de réformes dans ce domaine ont été analysées
en détail par Alpays. Les grandes lignes sont, en résumé :
– Renforcer un débat de fond, p.ex. sur la base des questions-clés suivantes :
– Un service public identique est-il souhaitable partout ?
Dans quel ordre de grandeur placer les limites et/ou
les coûts ?
– Combien sommes-nous disposés à payer pour la part
non rentable des services de base ?
– Comment cette part doit-elle être financée ? Par des
suppléments provenant des régions rentables ou par
des subventions fiscales ?
– Appliquer le principe pollueur/payeur :
Comme il a été mentionné, le principe du pollueur/payeur
n’est pas appliqué dans de nombreux domaines. Des
études ont clairement démontré que la concentration et
la densification de l’habitat dans les localités existantes
permettent de réaliser une économie importante, au
contraire de la dispersion de l’habitat.171 Les éléments de
correction pourraient par exemple être les suivants :
– appliquer le principe de la vérité des coûts dans le domaine de l’accessibilité et des raccordements de nouvelles zones à bâtir (électricité, eaux usées) ; renoncer
aux règlementations sur le prix solidaire, p.ex. dans la
législation sur les installations électriques
– part plus élevée de l’autofinancement pour les routes
communales, c.-à-d. diminution des subventions cantonales
– réforme du système des taxes routières et du finance-
185
ment des transports publics tenant compte des coûts
(externes) non couverts
– Analyser d’un oeil critique les subventions croisées :
– commencer par déterminer les subventions croisées
dans les secteurs pour lesquels il manque encore des
données de base et/ou qui n’ont pas encore été rendues publiques (Poste, télécommunications, radio, télévision, transports publics, routes, etc.)
– les subventions croisées ne sont ni l’unique solution ni
souvent la meilleure pour garantir les services de base.
Des alternatives telles que p.ex. le financement par un
fonds spécial, par des commandes et des indemnisations directes de la Confédération, des cantons et/ou
des communes (dans tous les cas suite à un appel d’offres) ou par des moyens non affectés attribués aux cantons et aux communes devraient être étudiées de manière plus approfondie. Elles permettraient peut-être
d’atteindre l’objectif sans augmentation des prix dans
les agglomérations, sans désavantages concurrentiels
pour les prestataires des services de base (p.ex. la Poste) et sans incitations erronnées à un habitat dispersé.
d)
Protection du paysage
La politique dans le domaine de la protection du paysage se
base, entre autres, sur la « Conception Paysage suisse »172
et sur le projet « Paysage 2020 »173. Lors de la mise en œuvre politique, il s’avère que l’instrument des inventaires
orienté sur la protection n’a pas encore, mais probablement bientôt, épuisé son potentiel (cf. évaluation IFP,
paragraphe 6.3.2) et que de nouvelles approches sont
nécessaires, souvent situées à la limite des compétences
fédérales. Les lignes directrices ci-après peuvent être émises à l’attention de la politique à venir. Elles émanent des
résultats du PNR 48 et des réflexions menées dans le
cadre de la présente synthèse :
En principe, le paysage devrait encore plus être perçu
comme une ressource pour laquelle il faut viser un équilibre entre protection et utilisation durable. Contrairement à
ce qui est fréquemment affirmé, il en va non seulement de
186
PNR 48 SYNTHÈSE THÉMATIQUE IV
la biodiversité, mais aussi de l’espace vital, culturel et économique en général.
Il ressort des interdépendances étroites entre les diverses fonctions paysagères, justement constatées dans
cette synthèse, que la politique d’aménagement du territoire, en tant qu’instrument classique de coordination, joue
un rôle moteur pour l’amélioration de la politique paysagère. Les différents aspects de la protection du paysage
devraient davantage inspirer la planification directrice
cantonale et régionale.
Que ce soit pour ces lignes directrices et pour d’autres,
il est essentiel de définir des objectifs qualitatifs pour le
paysage. Ils font aujourd’hui encore largement défaut. Des
caractéristiques spécifiques peuvent être définies pour
différents types de paysages (p.ex. paysage de prairies,
habitat alpin dispersé, etc.) qui devraient être préservés
ou développées du point de vue de la protection du paysage. Les méthodes d’évaluation issues du PNR 48 peuvent être utilisées à cette fin. Ces objectifs qualitatifs devraient en grande partie être établis selon une démarche
bottum-up, c'est-à-dire par les acteurs locaux et régionaux. Ces derniers devraient également, dans la mesure
du possible, tenter de se mettre d’accord sur des objectifs
de développement permettant de décrire le profil visé pour
un paysage. Différents projets du PNR 48 ont montré comment et avec quels moyens de tels processus peuvent être
mis en place.
Une application concrète serait par exemple le cas d’un
paysage où des paiements directs devraient être à l’avenir
encore plus fortement liés à des exigences écologiques.
Les aspects paysagers devraient de ce fait être davantage
174
pris en considération : une partie des paiements directs
devrait être attribuée uniquement lorsque l’agriculture
contribue à maintenir ou à renforcer les qualités paysagères attendues.
Dans la perspective plus générale de la protection du
paysage mentionnée au début, des conflits entre objectifs
ne sont pas exclus : par exemple une exploitation accrue
du bois peut être sensée du point de vue de la politique
économique et énergétique, mais elle peut également,
dans certains cas, contredire les objectifs écologiques. Il
en va de même pour l’exploitation des énergies éolienne
et hydraulique. Il est important de conserver une vision
globale lors de la détermination du développement visé à
moyen et à long terme pour pouvoir pondérer tous les intérêts. Une perspective systémique de ce type est p.ex. aussi
indiquée pour les subventions fédérales. Comme dans le
cas des programmes d’agglomération « Transports & Habitat », pour lesquels la Confédération souhaite à l’avenir
mettre en place des subventions globales – mais fondées
sur un programme d’agglomération – des subventions
supra-sectorielles devraient également davantage être
mises en oeuvre pour les régions alpines, en se basant
toutefois sur un concept de développement territorial et
paysager complet. Des conflits d’objectifs entre différents
secteurs peuvent ainsi être atténués par des subventions
précises (tourisme, agriculture, politique régionale, etc.).
Bilan : Les résultats issus du PNR 48 soutiennent les lignes directrices visant à renforcer davantage la protection
du paysage au moyen d’une politique systémique et orientée sur les ressources. Les processus désormais en cours
aux niveaux local et régional, qui déterminent des objec-
ARE (2005), Rapport 2005 sur le développement territorial, en particulier p.96 et suviantes.
Burkard (2005), Agrarsubventionen: Wirkungsanalyse (Subventions agricoles : analyse d’impact), p.89.
176
Lauber (2005), Berglandwirtschaft in 15 Jahren: Strukturentwicklung und Landschaftsveränderung (L’agriculture de montagne dans 15 ans :
Développement des structures et changements du paysage).
177
Lauber et al. (2006), Arbeitsmarktabhängiger Strukturwandel im Berggebiet (Relations entre le changement structurel en région de montagne et le marché du travail).
178
Lauber et al. (2006), Auswirkungen unterschiedlicher zukünftiger Rahmenbedingungen für die Berglandwirtschaft auf die Betriebsstrukturen
und den Naturwert (Impacts de différentes conditions-cadres futures pour l’agriculture de montagne sur les structures d’exploitation et
sur la valeur naturelle).
175
7 CONCLUSIONS : QUE FAUT-IL FAIRE ?
tifs de développement, sont des supports adéquats pour
intégrer la protection du paysage dans toutes ses facettes.
e)
Tourisme
Le Rapport sur le développement territorial de l’Office fédéral du développement territorial contient quelques lignes
directrices stratégiques pour les centres touristiques
alpins qui s’avèrent valables à la lumière du PNR 48 (cf.
paragraphe 6.7.3) : 174
– Positionner clairement les centres touristiques alpins
sur le marché : les projets Monitoring/Management et
Accessibilité ont montré qu’un profil clair (pas le même
pour tous !) est important.
– Préserver à long terme le « capital paysage » et maîtriser
l’évolution de l’habitat : plusieurs projets ont souligné
l’importance de cette ressource. Dans le domaine de la
construction des résidences secondaires, il est par conséquent vital qu’une évolution ultérieure soit spatialement et quantitativement limitée, d’autant plus que les
restrictions pour l’accès des étrangers et des étrangères
à l’immobilier (Lex Koller) pourraient bientôt être abrogées. Dans le cadre du projet Alpscape, il a été démontré qu’une augmentation de la capacité en appartements
de vacances et en résidences secondaires ne représente
pas une stratégie de développement touristique recommandée du point de vue de l’utilisation du sol (cf. paragraphe 4.5.2).
– Renforcer la mise en réseau avec les petites stations touristiques proches, renforcer la fonction des centres et
concepts régionaux de développement territorial : plusieurs projets (Monitoring/Management, Alpro, Funalpin) illustrent l’importance d’une perspective régionale globale et du renforcement des centres régionaux.
f)
Agriculture
Une évaluation des subventions agricoles a montré que de
nombreux objectifs politiques pertinents, tels que p.ex.
l’occupation décentralisée du territoire, l’agriculture biologique, etc. sont atteints. L’impact des subventions est
187
cependant aussi en partie ambivalent. Ainsi, p.ex. pour la
question de savoir si elles doivent prioritairement promouvoir des exploitations principales ou accessoires, la
perspective est cruciale : par rapport à la surface exploitée
(ha), les exploitations à titre accessoire en bénéficient proportionnellement davantage alors que par exploitation, ce
sont les exploitations à tire principal qui en bénéficient le
plus. Un conflit d’objectifs semble en outre exister entre
l’occupation décentralisée et la compétitivité de l’agriculture nationale : le système actuel des subventions agricoles sert avant tout l’occupation décentralisée du territoire
et moins le renforcement de la compétitivité de l’agriculture suisse.175
L’effet stabilisateur du système actuel des paiments directs est également souligné par le projet Sulaps. Tant
que ce système ne sera que modérément adapté, les revenus agricoles moyens des exploitations restantes seront
maintenus au niveau prévalant en 2002. Dans les régions
étudiées, les pertes attendues peuvent être largement
compensées par une augmentation du revenu extra-agricole.176 Ceci n’est cependant possible qu’à la condition que
l’économie régionale puisse intégrer les capacités de travail libérées par l’agriculture, c.-à-d. lorsque les exploitant-e-s agricoles ont des opportunités de trouver un
emploi annexe.177
Dans la perspective d’une modification complète du système des paiements directs qui verrait l’abandon des paiements directs généraux au profit du maintien des paiements directs écologiques, on pourrait soutenir davantage
les surfaces nécessaires au maintien de la biodiversité et
de la sécurité du territoire.178 La part accrue en surfaces
écologiques aurait pour conséquence la diminution de la
taille des troupeaux et des sources de revenu. Dans un
changement de système de ce type, le montant total des
paiements directs versé au niveau régional baisserait de
40 %, le revenu agricole moyen reculerait même de moitié.
Le projet Sulaps montre que dans tous les scénarios, la
tendance est à l’augmentation de l’emploi extra-agricole
annexe ou accessoire. Le maintien d’un paysage cultivé
188
PNR 48 SYNTHÈSE THÉMATIQUE IV
ouvert par l’exploitation agricole ne peut de ce fait pas être
assuré uniquement par des exploitations à titre principal.
Le petit bétail, particulièrement approprié pour le pacage
des surfaces marginales, fait souvent partie de petits troupeaux tenus par des exploitations de loisirs ou à titre accessoire. Ce fait devrait être pris en considération lorsque
des dimensions minimales d’exploitation sont nécessaires
pour l’obtention des paiements directs.
La suppression des contributions écologiques pour les
prairies peu intensives est discutée dans le cadre de la
Politique agricole 2011. Dans l’espace alpin, ce type de
prairies peut comporter un nombre très élevé d’espèces
différentes (cf. paragraphe 4.7.1), en particulier lorsqu’il
s’agit de prairies sèches ; elles possèdent ainsi une valeur
botanique élevée.179 En cas de suppression des contributions pour les prairies exploitées moins intensivement
dans les régions de montagne, il est à craindre que l’exploitation de ces surfaces soit davantage intensifiée et qu’elles
perdent ainsi de la valeur du point de vue botanique.
La tendance qui prévaut dans l’élevage de vaches laitières suit l’orientation de l’augmentation de la capacité laitière et elle s’accentuera encore dans le cadre de la suppression du contingentement laitier jusqu’en 2009. Il en
résulte deux conséquences non souhaitées :
– D’une part, les vaches à haute productivité ne suivent
plus le schéma saisonnier du vélage, ce qui induit une
augmentation du travail lors de l’estivage.
– D’autre part, l’intensité de l’exploitation des prairies permanentes sans contribution écologique va s’accroître,
afin de pouvoir affourager le bétail avec du fourrage riche
en protéines. La surexploitation déjà fréquente des surfaces bien situées va de ce fait encore se renforcer, et la
qualité de la végétation va se détériorer.
179
Afin d’atténuer ce développement, les contributions pour
les conditions de production difficiles et les contributions
pour la garde d’animaux consommant des fourrages grossiers pourraient être liées à la production maximale par
vache laitière.
g)
Développement territorial :
promouvoir la concentration décentralisée
Les avantages et les inconvénients d’une occupation décentralisée du territoire peuvent être discutés selon le
point de vue de la société, de la biodiversité, de l’aménagement du territoire et selon de nombreuses autres perspectives, ce qui dépasserait le cadre de la présente synthèse.180
Du point de vue économique, il faut retenir que la concentration décentralisée – postulée depuis longtemps
dans le cadre de l’aménagement du territoire – contribue à
abaisser les coûts et ainsi à assurer la survie économique.
Les densifications dans les centres (régionaux) et les habitats existants ont des coûts induits et des coûts d’infrastructure plus restreints que l’habitat dispersé (cf. paragraphe 4.3.3).
La politique du développement territorial a depuis un
certain temps mis l’accent sur des instruments visant à promouvoir des axes prioritaires d’urbanisation et de développement dans des espaces bien desservis, p.ex. dans les
cantons de Berne et de Vaud. La contrepartie est toutefois
toujours problématique : freiner la dispersion de l’habitat
et la progression de l’urbanisation dans des zones certes
bon marché et attractives, mais défavorables au niveau de
l’aménagement et de la desserte par les TP, p.ex. dans
l’espace rural périurbain. Trop de tendances politiques et
économiques s’opposent à ce ralentissement. Il faut ce-
Cf. Dietschi (2004), Botanische Diversität in Mähwiesen (Diversité botanique des prairies de fauche), et Hartmann (2005), Einfluss der
landwirtschaftlichen Betriebsstruktur auf die Flächenanteile der Pflanzengesellschaften von Naturwiesen in Mittelbünden (Influence de
la structure de l’exploitation agricole sur la proportion des associations végétales dans les prairies naturelles des Grisons).
180
Voir à ce propos p.ex. ARE (2005), Rapport 2005 sur le développement territorial.
181
ARE (2005), Rapport 2005 sur le développement territorial, en particulier p.96 et suivantes.
182
ARE (2006), Rapport 2005 sur le développement territorial : Résultats de la consultation.
7 CONCLUSIONS : QUE FAUT-IL FAIRE ?
pendant essayer de poursuivre cette voie difficile par des
approches régionales telles que p.ex. des plans d’aménagement plus contraignants, des mécanismes de compensation pour les avantages et les désavantages de la planification, la délimitation d’emplacements et des contingentements du trafic lors d’utilisations intensives en termes
de transports. Il y aurait également lieu d’instaurer un débat sur le rôle et les compétences des communes et sur la
« vache sacrée » qu’est l’autonomie communale.
Ces réflexions fondamentales sont également valables
dans l’espace alpin. Le concept de développement territorial 181 contient plusieurs approches relatives au développement de l’espace alpin qui correspondent aux conclusions des projets du PNR 48. Il faut encore rappeler que
l’espace alpin n’est pas uniquement « rural », mais que
dans les Alpes aussi, une grande partie de la population
vit dans des villes et des agglomérations. Les stratégies
doivent par conséquent être différenciées (voir à ce propos
le paragraphe 6.7). Il est toutefois clair que le problème
principal réside dans l’espace rural. Il en va entre autres
dans ces régions de la consolidation des centres ruraux et
d’une meilleure collaboration (entre elles, avec les agglomérations, avec les centres touristiques ; création de centres de compétences régionaux). Parallèlement, la préservation du paysage naturel (limitation de l’expansion de
l’habitat, maintien de paysages non bâtis et multifonctionnels) est également une priorité. Ces lignes directrices
sont largement soutenues par les projets du PNR 48.
Il existe également une concordance concernant les possibilités limitées de développement dans l’espace rural périphérique, même si le rapport du développement territorial
formule cette problématique avec réserve et l’exprime surtout avec une certaine perplexité, également perceptible
dans les prises de position.182
Dans le PNR 48 non plus, aucun « oeuf de Colomb » n’a
été trouvé pour ces espaces. Selon les projets du PNR 48,
il faudrait davantage mettre l’accent sur l’engagement
d’un processus stratégique (se référant au niveau régional) : à l’image des importantes activités initiées par la
189
Confédération par son engagement dans le domaine des
« programmes d’agglomération », elle pourrait également
donner des impulsions dans le domaine de l’espace alpin
rural allant dans le sens de projets transsectoriels à moyen
et à long terme, incluant les aspects sociaux, écologiques
et économiques. Le lancement de projets-modèles (projets-pilotes soutenus financièrement) est une possibilité,
mais il serait cependant souhaitable de lancer un programme coordonné en collaboration avec les régions LIM,
les cantons, les associations professionnelles et les groupes d’intérêts afin d’élaborer des projets de développement territorial et paysager dans les espaces périphériques. Dans ce cadre, la protection ciblée et l’abandon de
paysages ainsi qu’une déprise sélective de quelques
espaces périphériques pourraient constituer dans certaines situations une stratégie appropriée, thème tabou à
peine exprimé dans le rapport sur le développement territorial. Le lancement commun d’un « concept territorial
suisse », qui devrait être élaboré par la Confédération, les
cantons et les communes, représenterait une étape prometteuse en vue d’un débat plus concret suivi d’une mise
en oeuvre.
7.2.2 Eléments pour la politique cantonale,
régionale et communale
Notre organisation politique et sociale est marquée par le
paradigme de la subsidiarité. Il est par conséquent essentiel que les acteurs locaux et régionaux tirent en priorité
leurs conclusions des analyses présentées ici et prennent
les mesures correspondantes.
Les régions peuvent en principe s’orienter selon les stratégies présentées dans le graphique 7-1. Nous voudrions
souligner les approches suivantes :
– Chaque région est différente : les caractéristiques et les
potentiels varient selon chaque région. Il s’agit d’utiliser
au mieux les conditions locales et de trouver une stratégie régionale adaptée.
– La participation est essentielle : le développement de
stratégies doit partir des acteurs locaux et être large-
190
PNR 48 SYNTHÈSE THÉMATIQUE IV
ment soutenu localement afin de rencontrer le degré
d’acceptation nécessaire.
– Identification rapide : les perspectives ne sont de loin pas
roses pour toutes les régions. Il s’avère cependant plus
judicieux d’aborder la situation et de se positionner assez vite plutôt que de réagir tardivement et de manière
défensive. Les scénarios d’avenir sont donc nécessaires.
– Collaboration suprarégionale : malgré d’importants progrès, les projets de développement sont encore en partie coordonnés au sein d’espaces trop restreints et leur
portée n’est pas assez vaste.
– Rôle des cantons : les cantons jouent un rôle-clé dans la
dynamique et la coordination des régions. Ils devraient
donner des impulsions et créer un cadre afin de planifier
de manière active le développement de l’espace rural
et/ou alpin à l’exemple de la « Stratégie de promotion
différenciée de l’espace rural » suivie dans le canton de
Berne. Dans ce cadre, les régions ont analysé leurs
potentiels de développement, en collaboration avec le
canton.
7.3 Quelle est la contribution
du PNR 48 – Où subsiste-t-il
des lacunes ?
Le PNR 48 a effectué un travail scientifique approfondi dans
le domaine des problématiques économiques et de la mise
en valeur des paysages. Par exemple :
– de nombreuses et diverses méthodes d’évaluation et
études de cas relatives à la valeur du paysage qui peuvent être utilisées pour des projets régionaux de développement paysager
– des analyses de flux financiers menées pour la première
fois au niveau national comme au niveau régional au
moyen de méthodes homogènes, qui ont permis de clarifier les chassés-croisés des mécanismes de subvention
et de compensation
– des analyses approfondies au sujet des problèmes et
des perspectives de l’agriculture de montagne, p.ex. des
explications et un modèle relatifs au phénomène naturel
de l’expansion de la forêt et des modèles de prévision
quant à la future utilisation agricole des surfaces
– différentes approches permettant une évaluation intégrale de la durabilité, p.ex. à l’aide d’un système de monitoring pour le développement touristique ou du système d’évaluation Alpro pour les projets ayant un impact
sur le paysage.
Le PNR 48 et la présente synthèse ont également mis certaines lacunes en évidence. Il manque en particulier des
scénarios intégrés de développement économique pour
les différents types d’espaces ruraux. L’espace alpin sous
l’angle de l’habitat et les opportunités pour l’industrie et
le commerce (en particulier dans les centres alpins régionaux) ont été trop peu étudiés. Il manque en outre une
comparaison approfondie des développements et des
stratégiques politiques à l’étranger (régions alpines et
autres), qui pourrait certainement donner des indications
précieuses. Des bases scientifiques relatives à une stratégie active de retrait n’ont pas non plus suffisamment été
élaborées (expériences actuelles, conséquences pour
7 CONCLUSIONS : QUE FAUT-IL FAIRE ?
l’être humain et l’environnement, problèmes de mise en
œuvre et de transition).
Brèves réponses aux questions provocantes
– Qui peut utiliser les stratégies présentées et quel est
leur apport ?
Le potentiel économique des stratégies présentées ici
est limité. Il faut établir spécifiquement pour chaque région la stratégie à suivre. Beaucoup de régions (principalement les régions périphériques moins adaptées à un
tourisme intensif ) seront à l’avenir encore dépendantes
d’un important soutien financier, dont l’ampleur doit
finalement être déterminée au niveau politique.
– Quelles mesures sont à conseiller et à quels acteurs ?
Au niveau fédéral, la Nouvelle péréquation financière
présente des très bonnes bases. La cohérence entre les
diverses stratégies (politique régionale, promotion du
tourisme, services de base) peut encore être améliorée.
Aux niveaux cantonal et régional, les perspectives d’avenir doivent être abordées de manière plus active et
souvent dans un contexte spatial plus vaste.
– Quelle est la contribution du PNR 48 à « l’utilisation des
paysages alpins de valeur » ?
Différentes interactions – flux financiers, utilisation du
paysage, agriculture et tourisme – sont devenues beaucoup plus claires grâce aux projets du PNR 48. Il existe
pour la première fois un aperçu scientifique des potentiels (limités !) des diverses stratégies relatives au développement économique de l’espace alpin. Le PNR 48 ne
résout pas les problèmes rencontrés dans les Alpes, mais
il apporte un fondement bien meilleur et de nombreuses
propositions utiles au débat qui doit désormais être
intensivement mené aux niveaux pratique et politique.
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