Cancers du sein
De la recherche de pointe
aux soins innovants :
dernières avancées et
veloppements prometteurs
Sommaire
Les cancers du sein, enjeux de santé publique p 3
Des cancers du sein très différents
Une classification de plus en plus fine
Les traitements classiques
A l'Institut Curie, une expertise historique et globale p 5
Les thérapies « classiques » se renouvellent sans cesse p 6
Chirurgie des cancers du sein : l'ère de l'oncoplastie
Radiothérapie : mieux cibler la tumeur pour accroître la dose d'irradiation
Améliorer l'efficacité sur tous les fronts
Tenir compte des spécificités de chaque patiente…
… et des autres traitements reçus
L'essor des thérapies ciblées p 10
De nombreux essais cliniques en cours p10
Des signatures génomiques pour prédire l'évolution tumorale…
…et la réponse aux traitements
Des thérapies de plus en plus spécifiques
Témoignage de patiente
L'hormonothérapie pour bloquer la croissance des tumeurs p12
Entretien : Dr Véronique Diéras,
responsable de l'unité d'Investigation clinique p 13
Une prise en charge globale et adaptée à toutes les étapes de la maladie p 14
Mieux diagnostiquer les cancers du sein
Rechercher les prédispositions génétiques
2 questions à… Marion Gauthier Villars,
médecin dans le service de Génétique oncologique p 15
Prendre en compte les bouleversements psychologiques
Maintenir la place sociale de la patiente
Témoignage de patiente p 16
Entretien : Dr Pascale This, gynécologue-endocrinologue,
sur fertilité et cancer du sein p 17
Eduquer à la nutrition
Prendre soin du corps et pallier les séquelles esthétiques
De la recherche fondamentale à l'innovation médicale p 19
Entretien : Sergio Roman Roman,
chef du département de Transfert p 20
Les facteurs de risque
Identifier les familles à risque
Identifier et caractériser de nouveaux gènes de prédisposition
Vers de nouvelles thérapeutiques ciblées
Le potentiel des anticorps anti-Tn
Privilégier les cancers « orphelins »
Identifier les risques de métastases et de récidives
Vers un profil génétique spécifique des tumeurs à risque de récidive
Découvrir « leur marque spécifique»
Comprendre le développement des métastases
Les cellules tumorales circulantes
Repérer ces cellules pour prédire les risques
Repérer les cancers à fort risque invasif
Evaluer l'efficacité des traitements
Comprendre le développement tumoral
Les mécanismes de formation et de modification
de la glande mammaire
Facteurs épigénétiques et diversité des cancers
Des erreurs dans la lecture des gènes
Chromosome X et survenue du cancer
Entretien : Dr Olivier Delattre,
directeur délégué à la recherche biomédicale
du Centre de Recherche p 31
Être présent sur tous les fronts grâce aux interactions
entre médecins et chercheurs p 32
Références bibliographiques p 33
Contact presse
Catherine Goupillon-Senghor [email protected] 01 56 24 55 23
Céline Giustranti [email protected] 01 56 24 55 24
phototheque.curie.fr [email protected] www.curie.fr
Les cancers du sein, enjeux de santé publique
Cancer féminin le plus fréquent et deuxième cancer après celui de la prostate, le cancer du sein est
un problème majeur de santé publique. En 2008, 51 000 nouveaux cas de cancer du sein ont été diag-
nostiqués en France (1). On estime ainsi qu’une femme sur 9 développera un cancer du sein au cours
de sa vie.
L'augmentation de 138 % du nombre de cas en 25 ans - entre 1980 et 2005 - s'explique en partie par
l'allongement de la durée de la vie et le développement du dépistage. Certaines études pointent également
du doigt l'évolution des facteurs de risques environnementaux ou comportementaux, comme l'âge des fem-
mes à la naissance du premier enfant et l'utilisation de certains traitements hormonaux de la ménopause.
Il semble que, comme dans d'autres pays développés, cette progression se soit récemment arrêtée. On
constate même parfois une inversion du phénomène. Même si les changements d'habitudes vis-à-vis
des traitements hormonaux sont souvent évoqués, un peu de recul sera nécessaire pour réellement
comprendre cette diminution.
En revanche, une baisse de la mortalité (- 1,3 % selon le rap-
port de l’InVS de 2005) est constatée sur cette même période.
Elle s'explique pour moitié par les progrès thérapeutiques et pour
moitié par le développement du dépistage et les améliorations du
diagnostic qui permettent aujourd'hui, grâce à des techniques de
plus en plus performantes, une prise en charge très précoce des
cancers du sein.
Le diagnostic de cancer du sein se fait en effet à un stade de plus
en plus précoce : 15 % des cancers du sein étaient dépistés au
stade de petite tumeur (stade T0-1) soit une taille inférieure à
2 cm en 1980, contre 50 % aujourd'hui (2). Or plus le cancer est petit au moment de sa découverte,
plus efficace sera son traitement. Dans ce contexte, on ne peut qu'encourager les femmes à participer
au dépistage organisé au niveau national.
De plus, précise le Dr Brigitte Sigal, directeur délégué pour la sénologie à l'Institut Curie, « grâce
aux techniques d'imagerie médicale les plus récentes et aux prélèvements réalisés en sénologie
interventionnelle, le diagnostic, l’évaluation de l’extension de chaque tumeur et la caractérisation
biologique sont de plus en plus précis, ce qui permet de proposer le traitement le plus adapté à
chaque patiente. »
Les chiffres-clé
n
n
1 femme sur 9 développera un
cancer du sein
n
n
51 000 nouveaux cas de cancers
du sein en France en 2008 (1)
n
n
11 700 décès par cancer du sein
en France en 2008 (1)
n
n
5 à 10 % de formes héréditaires de
cancers du sein
3
Des cancers du sein très différents
Il n'y a pas un cancer du sein mais des cancers du sein. En
fonction des caractéristiques biologiques des cellules à par-
tir desquelles un cancer s’est développé et selon le stade
d'évolution au diagnostic, la prise en charge est différente.
La glande mammaire se compose principalement de lobu-
les où est produit le lait et des canaux servant à son trans-
port. Les phases initiales des cancers du sein se dévelop-
pent à partir des cellules épithéliales des canaux ou
des lobules.
Tant que les cellules cancéreuses restent confinées au
niveau des canaux ou des lobules, les cancers sont dits
« in situ ».
En revanche, à partir du moment où les cellules cancéreuses ont traversé la membrane, dite « basale »
des canaux ou des lobules et sont présentes dans les tissus avoisinants, le cancer est infiltrant. Les cel-
lules cancéreuses peuvent se propager soit dans les ganglions situés sous l’aisselle (ganglions axillaires),
soit par voie veineuse.
Une classification de plus en plus fine
À ce jour, les médecins diagnostiquent le cancer et le classent morphologiquement à partir de l'analyse
de certains critères : type histologique, taille de la tumeur, taux de prolifération cellulaire, éventuel
envahissement ganglionnaire, analyse de la présence de récepteurs hormonaux (œstrogènes
et/ou progestérone), surexpression de la protéine HER2. Ces paramètres permettent ensuite de
déterminer le traitement le plus adapté pour la patiente.
Récemment, cette classification s'est encore affinée grâce à l'émergence des analyses génomiques et
de leur application en clinique. Elles permettent ainsi de distinguer des types moléculaires différents :
“luminal”, “basal-like”… Les signatures moléculaires - profil de gènes - permettront à l’avenir d’affiner
encore le pronostic.
Les traitements classiques
Le traitement des cancers du sein repose, en première intention, sur la chirurgie. Quand le diagnostic
est suffisamment précoce, l'acte chirurgical peut se limiter à une tumorectomie : la tumeur est enlevée
en préservant au maximum la glande mammaire.
Ce traitement conservateur est systématiquement associé à la radiothérapie, afin de réduire de façon
importante les risques de récidives locales.
Cependant, il existe un nombre non négligeable de situations où l'ablation complète du sein - mammec-
tomie - s'impose : récidive après traitement conservateur, cancer multicentrique ou multifocal, prédispo-
sition génétique (mutation de BRCA1/2) et parfois demande spécifique de la patiente. Dans ces cas, une
reconstruction mammaire est proposée à la patiente.
La chimiothérapie peut être prescrite à divers stades de la maladie. Elle est parfois administrée avant
l'acte chirurgical - chimiothérapie néo-adjuvante - pour réduire la taille de la tumeur et permettre ainsi
un traitement chirurgical conservant le sein ; elle peut également être prescrite après l'acte chirurgical -
chimiothérapie adjuvante - pour réduire significativement le risque de rechute à distance.
L'hormonothérapie est destinée aux femmes dont la tumeur est porteuse de récépteurs hormonaux
positifs, soit plus de 80 % des cas.
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