
Des cancers du sein très différents
Il n'y a pas un cancer du sein mais des cancers du sein. En
fonction des caractéristiques biologiques des cellules à par-
tir desquelles un cancer s’est développé et selon le stade
d'évolution au diagnostic, la prise en charge est différente.
La glande mammaire se compose principalement de lobu-
les où est produit le lait et des canaux servant à son trans-
port. Les phases initiales des cancers du sein se dévelop-
pent à partir des cellules épithéliales des canaux ou
des lobules.
Tant que les cellules cancéreuses restent confinées au
niveau des canaux ou des lobules, les cancers sont dits
« in situ ».
En revanche, à partir du moment où les cellules cancéreuses ont traversé la membrane, dite « basale »
des canaux ou des lobules et sont présentes dans les tissus avoisinants, le cancer est infiltrant. Les cel-
lules cancéreuses peuvent se propager soit dans les ganglions situés sous l’aisselle (ganglions axillaires),
soit par voie veineuse.
Une classification de plus en plus fine
À ce jour, les médecins diagnostiquent le cancer et le classent morphologiquement à partir de l'analyse
de certains critères : type histologique, taille de la tumeur, taux de prolifération cellulaire, éventuel
envahissement ganglionnaire, analyse de la présence de récepteurs hormonaux (œstrogènes
et/ou progestérone), surexpression de la protéine HER2. Ces paramètres permettent ensuite de
déterminer le traitement le plus adapté pour la patiente.
Récemment, cette classification s'est encore affinée grâce à l'émergence des analyses génomiques et
de leur application en clinique. Elles permettent ainsi de distinguer des types moléculaires différents :
“luminal”, “basal-like”… Les signatures moléculaires - profil de gènes - permettront à l’avenir d’affiner
encore le pronostic.
Les traitements classiques
Le traitement des cancers du sein repose, en première intention, sur la chirurgie. Quand le diagnostic
est suffisamment précoce, l'acte chirurgical peut se limiter à une tumorectomie : la tumeur est enlevée
en préservant au maximum la glande mammaire.
Ce traitement conservateur est systématiquement associé à la radiothérapie, afin de réduire de façon
importante les risques de récidives locales.
Cependant, il existe un nombre non négligeable de situations où l'ablation complète du sein - mammec-
tomie - s'impose : récidive après traitement conservateur, cancer multicentrique ou multifocal, prédispo-
sition génétique (mutation de BRCA1/2) et parfois demande spécifique de la patiente. Dans ces cas, une
reconstruction mammaire est proposée à la patiente.
La chimiothérapie peut être prescrite à divers stades de la maladie. Elle est parfois administrée avant
l'acte chirurgical - chimiothérapie néo-adjuvante - pour réduire la taille de la tumeur et permettre ainsi
un traitement chirurgical conservant le sein ; elle peut également être prescrite après l'acte chirurgical -
chimiothérapie adjuvante - pour réduire significativement le risque de rechute à distance.
L'hormonothérapie est destinée aux femmes dont la tumeur est porteuse de récépteurs hormonaux
positifs, soit plus de 80 % des cas.
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