Master MVA: Apprentissage par renforcement Lecture: 2
Algorithmes d’apprentissage par renforcement
Professeur: Rémi Munos http://researchers.lille.inria.fr/∼munos/master-mva/
Références bibliographiques:
•Sutton et Barto, Reinforcement Learning, an introduction, 1998.
•Bertsekas et Tsitsiklis, Neuro-Dynamic Programming, 1996.
•Livre PDMIA, chapitre 2.
•Sutton, Learning to predict by the method of temporal differences, 1988.
•Watkins et Dayan, Q-learning, 1992.
•Jaakola, Jorda et Singh, On the convergence of Stochastic Iterative Dynamic Programming Algorithms,
1994.
Problématique de l’apprentissage par renforcement: Les probabilités de transition et les récompenses
sont initialement inconnues de l’agent. Différentes hypothèses sont possibles pour explorer l’environnement
tout en permettant la convergence vers une politique optimale:
•Apprentissage en-ligne: l’agent se trouve en un état xt, choisit une action at, observe une récom-
pense rt=r(xt, at)et se retrouve en xt+1 ∼p(·|xt, at), et recommence. Pour espérer apprendre une
stratégie optimale il faut s’assurer que le PDM permet de revenir à un état où on peut obtenir le
taux optimal de récompenses même si on fait des actions (exploration) sous-optimales au début. Voir
algorithme UCRL [Auer et al. 2006-2009]
•Apprentissage épisodique: On génére une séquence d’épisodes où à chaque étape on on suit une
politique pendant un certain temps (éventuellement aléatoire), ce qui nous permet d’explorer, puis on
réinitialise l’état et on passe à l’épisode suivant.
•Apprentissage avec modèle génératif: On dispose d’un simulateur de l’environnement (type boîte
noire) qui permet, en entrant xet a, de générer une récompense r=r(x, a)et un état suivant y∼
p(·|x, a).
1 Préliminaires: outils statistiques
1.1 Rappels sur les modes de convergence de variables aléatoires
Soient X, X1, X2,... des v.a. Alors
(a) Xnconverge presque sûrement vers X,Xn
p.s.
−→ X, si
P( lim
n→∞ Xn=X) = 1,
1
2Algorithmes d’apprentissage par renforcement
(b) Xnconverge vers Xen probabilité, Xn
P
−→ X, si pour tout ² > 0,
lim
n→∞
P[|Xn−X|> ²]=0,
(c) Xnconverge vers Xen loi (ou en distribution), Xn
D
−→ X, si pour toute fonction fcontinue, bornée,
lim
n→∞
E[f(Xn)] = E[f(X)].
On a les propriétés: Xn
p.s.
−→ X=⇒Xn
P
−→ X=⇒Xn
D
−→ X.
1.2 Inégalité de Chernoff-Hoeffding
Inégalité de Markov:
Proposition 1.Soit Yune v.a. positive. Alors pour tout a > 0,
P(Y≥a)≤EY
a.
Proof. On a P(Y≥a) = E[1{Y≥a}] = E[1{Y/a ≥1}]≤E[Y/a].
Inégalité de Hoeffding:
Proposition 2.Soit Yune v.a. centrée à valeurs dans [a, b]. Alors pour tout s∈R,
E[esY ]≤es2(b−a)2/8.
Proof. Par convexité de l’exponentielle, on a pour tout a≤x≤b,
esx ≤x−a
b−aesb +b−x
b−aesa.
En notant p=−a/(b−a)on a
Eesx ≤b
b−aesa −a
b−aesb
= (1 −p+pes(b−a))e−ps(b−a)=eφ(u)
avec u=s(b−a)et φ(u) = −pu + log(1 −p+peu). La dérivée de φest φ0(u) = −p+p
p+(1−p)e−u. De plus
φ(0) = φ0(0) = 0. De plus, φ00(u) = p(1−p)e−u
(p+(1−p)e−u)2≤1/4.
Donc d’après le théorème de Taylor, il existe θ∈[0, u]tel que
φ(u) = φ(0) + uφ0(0) + u2
2φ00(θ)≤u2
8=s2(b−a)2
8.
Algorithmes d’apprentissage par renforcement 3
Inégalité de Chernoff-Hoeffding
Proposition 3.Soient Xi∈[ai, bi]variables aléatoires indépendantes. Soit µi=EXi. Alors
P¡¯
¯
n
X
i=1
Xi−µi¯
¯≥²¢≤2e−2²2
Pn
i=1(bi−ai)2.(1)
Proof. On a:
P(
n
X
i=1
Xi−µi≥²) = P(esPn
i=1 Xi−µi≥es²)
≤e−s²E[esPn
i=1 Xi−µi],par Markov
=e−s²
n
Y
i=1
E[es(Xi−µi)],par indépendence des v.a.
≤e−s²
n
Y
i=1
es2(bi−ai)2/8,par Hoeffding
=e−s²+s2Pn
i=1(bi−ai)2/8
En choisissant s= 4²/ Pn
i=1(bi−ai)2on déduit P¡Pn
i=1 Xi−µi≥²¢≤e−2²2
Pn
i=1(bi−ai)2. En refaisant le même
calcul pour P¡Pn
i=1 Xi−µi≤ −²¢on déduit (1).
2 Approximation stochastique pour l’estimation d’une moyenne
2.1 Monte-Carlo
Soit Xune variable aléatoire de moyenne µ=E[X]et de variance σ2=Var[X]. Soient xn∼Xdes
réalisations i.i.d. Définissons la moyenne empirique
µn=1
n
n
X
i=1
xi.
Alors E[µn] = µ, Var[µn] = Var[X]
n, et on a
•Loi faible des grands nombres: µn
P
−→ µ.
•Loi forte des grands nombres:µn
p.s.
−→ µ.
•Théorème Central Limite:√n(µn−µ)D
−→ N(0,Var[X]).
2.2 Estimation d’une moyenne inconnue
Soit Xune variable aléatoire à valeurs dans [0,1], de moyenne µ=E[X]inconnue que l’on souhaite estimer.
Soit xn∼Xdes réalisations i.i.d. Soit l’estimateur µnconstruit selon: µ1=x1, et pour n > 1,
µn= (1 −ηn)µn−1+ηnxn(2)
où (ηn)sont des pas d’apprentissage.
4Algorithmes d’apprentissage par renforcement
Proposition 4.Sous l’hypothèse que les pas sont positifs et vérifient
X
n≥0
ηn=∞,(3)
X
n≥0
η2
n<∞,(4)
alors on a µn
p.s.
−→ µ. (on dit que l’estimateur µnest consistant).
Remarque: Les pas ηn=1
nsatisfont les conditions précédentes, et on a alors la moyenne empirique
µn=1
nPn
i=1 xi. La loi forte des grands nombres est donc une conséquence de cette proposition.
Lemme de Borel-Cantelli: Si (En)n≥1est une suite d’événements tels que Pn≥1P(En)<∞, alors la
probabilité qu’une infinité d’entre eux se réalisent simultanément est nulle.
Proof. Si la probabilité qu’une infinité Ed’entre eux se réalisent était ≥a > 0, alors la probabilité que
chaque Ei∈ E se réalise serait ≥aet donc Pn≥1P(En)≥PEn∈E a=∞.
Preuve de la proposition 4. Preuve partielle. Nous allons considérer uniquement des pas ηn=n−αavec
α≤1(afin de satisfaire (3)) et α > 1/2(afin de satisfaire (4)). La preuve générale peut être trouvée dans
On Stochastic Approximation, Dvoretzky, 1956.
Cas α= 1 (i.e. µnest la moyenne empirique des xi). D’après l’inégalité de Chernoff-Hoeffding, on a
P¡¯
¯µn−µ¯
¯≥²¢≤2e−2n²2.(5)
Nous utilisons le lemme de Borel-Cantelli avec les évènements En={¯
¯µn−µ¯
¯≥²}. On déduit de (5)
que Pn≥1P(En)est finie et donc qu’avec probabilité 1, il n’existe qu’un nombre fini d’instants ntels que
¯
¯µn−µ¯
¯≥². On choisit une suite d’²k→O. Donc pour tout ²k, il existe nktel que pour P(∀n≥nk,¯
¯µn−µ¯
¯≤
²k)=1. L’union dénombrable d’évènements de mesure nulle est toujours de mesure nulle, donc
P(∀k, ∃nk,∀n≥nk,¯
¯µn−µ¯
¯≤²k) = 1,
ce qui est la définition que limn→∞ µn=µpresque sûrement.
Cas 1/2< α < 1.Nous écrivons
µn=
n
X
i=1
λixi,avec
n
X
i=1
λi= 1,(6)
avec λi=ηiQn
j=i+1(1 −ηj). On a
log λi= log ηi+
n
X
j=i+1
log(1 −ηj)≤log ηi−
n
X
j=i+1
ηj
donc λi≤ηie−Pn
j=i+1 ηj.
Algorithmes d’apprentissage par renforcement 5
Nous bornons maintenant la somme des amplitudes au carré: pour tout 1≤m≤n,
n
X
i=1
λ2
i≤
n
X
i=1
η2
ie−2Pn
j=i+1 ηj
≤
m
X
i=1
e−2Pn
j=i+1 ηj+
n
X
i=m+1
η2
i
≤me−2(n−m)ηn+ (n−m)η2
m
=me−2(n−m)n−α+ (n−m)m−2α
On choisit m=nβavec β= (1 + α/2)/2(donc 1−2αβ = 1/2−α):
n
X
i=1
λ2
i≤ne−2(1−n−1/4)n1−α+n1/2−α≤2n1/2−α
pour nassez grand.
A partir de l’écriture de µnselon (6), on utilise l’inégalité de Chernoff-Hoeffding pour déduire une majoration
de µn−µen forte probabilité:
P¡¯
¯µn−µ¯
¯≥²¢≤e−2²2
Pn
i=1 λ2
i≤e−²2
n1/2−α.
pour nassez grand.
On utilise ensuite le même argument (lemme de Borel-Cantelli) que dans le cas α= 1 (car Pn≥1P(|µn−µ| ≥
²)<∞) pour en déduire la convergence presque sûre de µnvers µ.
2.3 Autres algorithmes d’approximation stochastique
AS de Robbins-Monro (1951): Résoudre le système f(x)=0lorsque l’évaluation de la fonction fest
bruitée, i.e. en xnon observe yn=f(xn) + bnoù bnest un bruit indépendant centré. Soit:
xn+1 =xn−ηnyn.
Supposons fcroissante et notons x∗la solution. Sous les mêmes hypothèses Pηn=∞,Pη2
n<∞, on a la
convergence xn
p.s.
−→ x∗.
AS de Kiefer-Wolfowitz (1952): On veut trouver le minimum local d’une fonction florsque l’évaluation
de son gradient est bruité, i.e. en xn, on dispose de gn=∇f(xn) + bn. Alors:
xn+1 =xn−ηngn.
alors sous les mêmes hypothèses sur (ηn)(et une condition de positivité de la Hessienne ∇2f), on a xn
p.s.
−→ x∗
avec x∗minimum de f. Il s’agit d’un algorithme de gradient stochastique.
2.4 Approximation stochastique de point fixe
Lorsque Test un opérateur contractant, nous avons vu que l’algorithme d’itérations sur les valeurs: Vn+1 =
TVngénère une séquence de fonctions qui converge vers V∗.
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