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J.R. après avoir décrit quelques éléments de ce contrat, nous renseigne sur ce qui a été la suite
« …A peine l’encre de ce contrat était-elle sèche qu’AT&T a demandé et obtenu
d’importantes hausses de tarifs de connexion au service…Cinq mois et demi après être passée
« sous le contrôle du gouvernement fédéral, la compagnie s’était assuré 20% d’augmentation
de ses tarifs longue distance, soit un profit bien supérieur à celui dont elle jouissait quand
elle devait lutter sur le libre marché concurrentiel…AT&T est resté un monopole virtuel
jusque dans les années 1980 ; à ce moment-là, comme avec la Standard Oil, l’Etat fédéral est
intervenu pour le démanteler. En 2011 AT&T avait retrouvé sa position dominante : il
détenait 39,5% du marché des télécommunications aux Etats Unis. Verizon, son principal
concurrent, a une part de marché de 24,7%. A elles deux, ces deux compagnies contrôlent
64,2% du marché américain des télécommunications – autant dire qu’elles constituent un
quasi-oligopole…A la différence de l’imprimé et du télégraphe, le téléphone pouvait être
partout à tout instant, et coordonner la vie économique largement déployée de l’ère de
l’automobile… ».
Après le pétrole, les technologies de la communication, J.R. aborde de la même façon les
secteurs de l’énergie, de l’automobile et du transport sur voies ferrées « …Evidemment, pas de
téléphone sans électricité. En 1896, il y avait environ 2500 compagnies d’éclairage électrique
et près de 200 centrales électriques municipales en activité dans tous Etats Unis, plus de 7500
centrales électriques isolées…
Le passage de l’énergie vapeur à l’électrification des usines a provoqué une croissance de la
productivité ahurissante : 300 % dans la première moitié du XXe siècle…L’électrification des
usines automobiles a déchainé la puissance de la production en série et mis des millions de
personnes au volant d’une voiture…En 1916, 3,4 millions d’automobiles…quatorze ans plus
tard, il y avait 23 millions de véhicules immatriculés aux Etats Unis…
Comme la pose des voies ferrées pour le transport par rail, la construction des routes et la
production en série des automobiles coûtaient fort cher. Si le financement des réseaux
routiers a été assuré par l’Etat en Amérique et ailleurs, celui de l’industrie automobile – du
moins aux Etats Unis – a été entièrement pris en charge par le capital privé… ».
Pour l’automobile « … l’ampleur de leur coût de création a rétréci le champ à une demi-
douzaine de géants, avec à leur tête les « trois grands » qui dominent encore le marché à ce
jour : Ford, General Motors et Chrysler… ».
En conclusion de cette partie, J.R. fait une analyse et des constatations sur cette période
appelée « Deuxième révolution industrielle » : « …Aujourd’hui, au crépuscule de l’ère de
l’énergie fossile, l’industrie pétrolière reste le secteur le plus concentré du monde, suivie de
près par les télécommunications et la production et distribution d’électricité. La quasi-
totalité des autres secteurs qui dépendent de la matrice énergie fossile/télécommunications
doivent, de toute nécessité, dépenser énormément s’ils veulent se doter d’une intégration
verticale suffisante et des économies d’échelle qui l’accompagnent, afin de couvrir leurs
investissements ; ils sont donc obligés de gérer leurs propres activités , très dispersées dans
l’espace, par des procédures de commandement et de contrôle ultra rationnalisés…
Cette concentration du pouvoir économique, sans précédent et inimaginable, n’est pas un
simple effet du hasard ou de l’insatiable cupidité de l’homme…
Que cela nous plaise ou non, les entreprises géantes à intégration verticale sont le moyen le
plus efficace d’organiser la production et la distribution des biens fabriqués en série…Ceux
qui étaient au sommet de la pyramide ont profité démesurément des retours croissants sur
l’investissement. Mais il faut reconnaitre aussi, pour être juste, que la vie de millions de
consommateurs s’est sensiblement améliorée dans les pays industrialisés… ».