
population mondiale vit avec moins de 2 $ par jour. Cela favorise des mouvements
migratoires même si le stock de migrants est de manière relative moins important
qu’au XIXe siècle à l’époque de l’émigration européenne vers les « pays neufs ».
La mondialisation doit être analysée à toutes les échelles géographiques du local au
monde (cf. « glocal »). Il y a un emboîtement d’échelles. La mondialisation doit être
pensée en système.
Le conférencier parle de concept de « proximité fonctionnelle » mettant en relation
des espaces éloignés mais interconnectés (exemple cité des systèmes d’assistance
téléphonique pour les Anglo-saxons implantés en Inde).
La mondialisation est donc un phénomène complexe. Elle repose sur des acteurs,
des réseaux et des flux.
Pour les acteurs, il y a le problème des firmes transnationales (FTN) qui sont
actuellement environ 60 000 et représentent l’équivalent de ¼ des activités
économiques mondiales et le 1/3du commerce mondial. Elles sont « à cheval sur
plusieurs Etats ». Pour les 100 premières, elles font la ½ de leurs ventes sur le
territoire national d’origine et y emploient 60 % de leur main d’œuvre. Elles y
conservent leurs fonctions les plus stratégiques (direction, conception…). Elles sont
des « produits » territorialisés (jusqu’à la culture de leurs PDG qui ne sont pas les
mêmes selon leurs origines, cela pose des problèmes d’articulation entre la logique
nationale ou continentale et celle de la mondialisation. Elles ont peur de l’instabilité et
du risque et doivent le prendre en compte (par exemple pour une FTN qui
souhaiterait s’implanter et exploiter le gaz bolivien après les troubles du début 2004).
Les réseaux et les flux : la mobilité et la polarisation ont toujours été des éléments de
la mondialisation même s’il y a un accroissement de la mobilité des biens et des
personnes. Cette mobilité nécessite une maîtrise et se contrôle : analyser la
production, les flux, la reproduction sociale afin de voir comment les territoires et
sociétés fonctionnent. Les enjeux de pouvoir sont essentiels pour :
· Les FTN : exemple de Daimlerchrysler qui annonce son retrait du marché asiatique
car elle ne le maîtrise pas.
· Les Etats qui fonctionnent et sont équipés : les 15 premiers Etats concentrent 75 %
des flux ; 25 bourses concentrent 85 % des flux financiers (exemple de la liaison
transatlantique entre les Etats-Unis et l’Union Européenne surtout la connection New
York – Londres) donc une très forte sélectivité. Cela leur permet de s’affranchir des
distances mais seulement pour les acteurs les plus puissants. La mobilité renforce
les inégalités et exclusions.
La mondialisation intègre aussi la « continentalisation » avec les regroupements
régionaux mais il y a une différenciation de natures et de qualité :
· L’ALENA fonctionne selon la logique de domination régionale par les EU : les
marges nordiques (Canada) fournissent des matières premières alors que le
Mexique fournit main d’œuvre bon marché aux EU. Il s’agit d’une logique de
domination régionale pour accentuer l’hégémonie mondiale des EU. Celle-ci est
refusée par l’Argentine et le Brésil.
· En Europe, il n’y a pas de puissance hégémonique dominante (ni Royaume-Uni, ni
France, ni RFA). L’Union Européenne est une construction novatrice qui a
accompagné la 3ème mondialisation. Mais il y a des limites pour l’Union Européenne