Economie Publique
Doc. a Le paradoxe de Jevons et le réchauffement climatique
Emissions de CO2 rapportées au PIB
en kg par dollar constant de 2000
Emissions de gaz à effet de serre
liées à la combustion des énergies fossiles
en milliards de tonnes de CO2
Doc. b Equilibre partiel d’un marché avec externalités négatives
coût, prix
CmS
CmP
Popt
P* t
Qopt Q* quantité
Le coût marginal social (CmS) est supérieur au coût
marginal privé (CmP) car il incorpore les externalités
négatives.
L’équilibre marchand décentralisé (Q*, P*) est sous-
optimal car les producteurs se déterminent en fonction du
CmP. L’équilibre marchand décentralisé induit une perte
sèche (aire grisée).
Les pouvoirs publics interviennent pour internaliser les
externalités :
- Par réglementation en fixant un plafond de production
Qopt. (approche par les quantités)
- Par une taxe pigouvienne de montant t (approche par les
prix) correspondant au coût externe.
Doc. c efficacité comparée des instruments de lutte contre la pollution
lorsque les coûts de dépollution des entreprises sont différents.
Réglementation des quantités
Taxe
La taxe est moins coûteuse
Coût marginal de dépollution
Entreprise 1
Entreprise 2
Qopt Quantité
de pollution
Coût marginal de dépollution
Coût marginal de dépollution
τ
Q2 Qopt Q1 Quantité
de pollution
D’après A. BOZIO & J. GRENET (dir), Economie des politiques publiques, pp.60-61
Economie Publique
Doc. d L’impact des erreurs d’estimation sur le choix de l’instrument d’internalisation
Schéma d1 :
Bm, Cm, Bme
Cm
P+
Poptt B A
Bme
Bm
Q- Qopt Q+ quantité de
pollution
La pollution engendre des coûts représentés par la courbe Cm.
Elle engendre également des bénéfices représentés par la courbe Bm :
en polluant, on produit à meilleur coût.
L’optimum (Qopt, Popt) correspond au niveau de pollution tel que le
coût marginal de la pollution est égal au bénéfice marginal de la
pollution.
Supposons que les pouvoirs publics font une erreur d’estimation des
bénéfices de la pollution : ils les sur-estiment par une courbe Bme.
L’impact de cette erreur dépendra du choix de l’instrument
d’internalisation :
- Le quota de droits à polluer sera fixé à un niveau Q+ trop élevé,
pour un coût social équivalent à l’aire A.
- La taxe sera fixé à un niveau trop élevé P+, engendrant une
émission de pollution trop faible Q-, pour un coût social équivalent à
l’aire B.
Schéma d2 :
Bm, Cm, Bme
Cm
P+
B
A
Bme
Bm
Q- Q+ quantité de
pollution
Le choix de l’instrument dépend alors de l’élasticité des coûts et des
bénéfices de la pollution.
Le coût peut ainsi être plus élastique que le bénéfice (schéma d2)
C’est le cas si les dommages de la pollution croissent à peu près au
même rythme que la quantité de pollution, et que du côté des
pollueurs il faut par exemple changer radicalement de technologie
pour réduire la quantité de pollution émise en deçà d’un certain
niveau. La pollution émise par les automobiles peut se ranger dans ce
cas.
On voit que l’aire A est plus importante que l’aire B : le coût social
de l’erreur d’estimation sera plus important si on a choisi le quota
comme instrument. La taxe est donc préférable dans ce cas.
D’après Martin L. WEITZMAN, « Prices vs. Quantities », Review of Economic Studies, 1974
Doc. e prix du quota de CO2 sur le marché européen
Economie Publique
Doc. f Typologie des biens économiques
La typologie standard
Rivalité
Non-rivalité
Non-
exclusion
Ressources
communes
Biens
collectifs purs
(parfois
appelés biens
publics)
Exclusion
Biens privés
Biens de club
D’après Paul SAMUELSON,
"The Pure Theory of Public Expenditure",
Review of Economics and Statistics, 1954.
… et selon E. OSTROM
Source : Conférence donnée par Elinor OSTROM à l’occasion de
la remise du prix Nobel, 2009,
Traduite dans Revue de l’OFCE n°120, 2012, p.24
http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/revue/120/revue-120.pdf
Doc. g la demande d’un bien collectif et l’équilibre de Lindahl
La demande pour un bien collectif est différente de la demande pour un bien privé, en raison de la non-rivalité du bien collectif.
Cas d’un bien privé
P
Cm
D1 D2
DA
Q1 Q2QA Q
La demande agrégée d’un bien privé s’obtient en additionnant
pour chaque niveau de prix les quantités demandées par les
consommateurs.
On construit ainsi la demande agrégée DA à partir des
demandes individuelles de deux consommateurs D1 et D2, en
les sommant horizontalement.
Ainsi, pour un coût marginal Cm, il est optimal de produire QA
= Q1 + Q2, où Q1 et Q2 sont respectivement les quantités
demandées par les consommateurs 1 et 2.
Cas d’un bien collectif
P
Cm
DA
P2
P1
D1 D2
QA Q
La demande agrégée d’un bien collectif s’obtient en
additionnant pour chaque quantité la disposition à payer cette
quantité par les consommateurs. En effet, cette quantité est
consommée simultanément par les consommateurs.
On construit ainsi la demande agrégée DA à partir des
demandes individuelles de deux consommateurs D1 et D2, en
les sommant verticalement.
Ainsi, pour un coût marginal Cm, il est optimal de produire
QA, dont le prix sera financé par la somme de P1 et P2, les
contributions respectives des consommateurs 1 et 2. On
remarque qu’isolément, aucun des consommateurs n’est prêt à
financer le bien collectif pour ce prix Cm : le bien collectif ne
peut être financé que collectivement.
Dans le cas d’un bien privé, la quantité optimale est telle que le coût marginal soit égal à la disposition à payer pour chaque
individu.
Dans le cas d’un bien collectif, la quantité optimale est telle que le coût marginal est égal à la somme des dispositions à payer
des différents individus : on a alors un équilibre de Lindahl.
Cet équilibre s’obtient par une procédure centralisée dite procédure de Lindahl : chaque consommateur verse une contribution
volontaire, une souscription pour la production du bien collectif, et on produit une quantité de bien collectif telle que la somme
des souscriptions soit égale au coût de production du bien collectif.
D’après Erik LINDAHL, Die Gerechtigkeit der Besteuerung, 1919
Economie Publique
Doc. h La tragédie des communs
La tragédie des communs se présente ainsi. Imaginez un pâturage ouvert à tous. On doit s'attendre à ce que chaque éleveur
essaie de mettre autant de bétail que possible sur le terrain commun. Un tel arrangement peut fonctionner d'une manière
raisonnablement satisfaisante pendant des siècles parce que les guerres tribales, le braconnage et la maladie maintiennent le
nombre tant des hommes que des bêtes bien au-dessous de la capacité de support de la terre.
En tant qu'être rationnel, chaque éleveur cherche à maximiser son gain. Explicitement ou implicitement, plus ou moins
consciemment, il se demande "quelle est l'utilité pour moi d'ajouter une bête de plus à mon troupeau ?" Cette utilité a une
composante négative et une composante positive.
1. La composante positive est fonction de l'incrément d'une bête. Puisque l'éleveur reçoit tous les revenus de la
vente de l'animal additionnel, l'utilité positive est presque +1.
2. La composante négative est fonction du surpâturage additionnel provoqué par la bête supplémentaire. Mais,
comme les effets du surpâturage sont partagés par tous les éleveurs, l'utilité négative pour chaque éleveur qui prend une
décision est seulement une fraction de -1.
En ajoutant les utilités partielles individuelles, l'éleveur rationnel conclut que la seule voie sensée qu'il peut suivre est d'ajouter
une autre bête à son troupeau. Et une autre; et une autre.... Mais ceci est la conclusion atteinte par chaque berger rationnel
partageant un terrain commun. C'est que se trouve la tragédie. Chaque homme est enfermé dans un système qui le contraint à
augmenter son troupeau sans limite - dans un monde qui est limité. La ruine est la destination vers laquelle tous les hommes se
ruent, chacun à la poursuite de son propre meilleur intérêt dans une société qui croit en la liberté des communs. La liberdans les
communs apporte la ruine à tous.
Les Parcs nationaux présentent un autre exemple du fonctionnement de la tragédie des communs. À présent, ils sont ouverts à
tous, sans limite. Les parcs eux-mêmes sont limités en étendue - il n'y a qu'une Yosemite Valley - alors que la population semble
croître sans limite. Les valeurs que les visiteurs recherchent dans les parcs sont constamment érodées. Clairement, nous devrons
bientôt cesser de traiter les parcs comme des communs ou ils n'auront plus aucune valeur pour personne.
Que devons-nous faire ? Nous avons plusieurs options. Nous pourrions les vendre comme propriété privée. Nous pourrions les
conserver comme propriété publique, mais allouer le droit d'y entrer. L'allocation pourrait être basée sur la richesse, par
l'utilisation d'un système de vente aux enchères. Elle pourrait être basée sur le mérite, défini à partir de critères reconnus. Elle
pourrait être basée sur une loterie. Ou elle pourrait être sur une base premier arrivé, premier servi, administrée par de longues files
d'attente. Ce sont toutes, je pense, des possibilités raisonnables. Elles sont toutes discutables. Mais nous devons choisir - ou
consentir à la destruction des communs que nous appelons nos Parcs Nationaux.
D'une façon inverse, la tragédie des communs réapparaît dans les problèmes de pollution. Ici il n'est pas question d'extraire
quelque chose des communs, mais d'y mettre quelque chose - des eaux usées, ou des déchets chimiques, radioactifs et caloriques
dans l'eau; des émanations nocives et dangereuses dans l'air et des panneaux publicitaires gênants et désagréables dans le champ
de vision. Les calculs d'utilité sont presque les mêmes qu'auparavant. L'homme rationnel constate que sa part du coût des déchets
qu'il déverse dans les communs est moindre que le coût d'épurer ses déchets avant de s'en débarrasser. Comme c'est vrai pour
chacun, nous sommes enfermés dans un système de "souiller notre propre nid," tant que nous nous comportons seulement comme
des libres entreprises indépendantes et rationnelles.
La tragédie des communs comme panier à provisions est évitée par la propriété privée, ou quelque chose de formellement
équivalent. Mais l'air et les eaux qui nous entourent ne peuvent pas être aisément clôturés et ainsi la tragédie des communs comme
fosse d'aisance doit être empêchée par des moyens différents, par des lois coercitives ou des dispositifs fiscaux qui rendent plus
économique pour le pollueur de traiter ses polluants que de les décharger non traités. Nous n'avons pas progressé aussi loin dans la
solution de ce problème que dans celle du premier. En fait, notre concept particulier de propriété privée, qui nous dissuade
d'épuiser les ressources positives de la terre, favorise la pollution. Le propriétaire d'une usine sur la berge d'une rivière - dont la
propriété s'étend jusqu'au milieu de la rivière, a souvent du mal à voir pourquoi ce n'est pas son droit naturel de troubler les eaux
qui coulent devant sa porte. La loi, toujours en retard sur l'époque, nécessite des adaptations complexes pour prendre en compte ce
nouvel aspect des communs.
Garett HARDIN, « The Tragedy of the Commons », Science, 1968
Doc. i Le théorème de Bowen Lindahl Samuelson
La condition « BLS » ou de Bowen-Lindahl-Samuelson est la condition d’optimalité collective dans une économie les
ressources sont utilisées pour produire un bien privé X et un bien collectif G.
Comment allouer ces ressources de façon Pareto-efficace à la production des deux biens ?
On montre que c’est le cas lorsque le taux marginal de transformation entre bien privé et bien public est égal à la somme des
taux marginaux de substitution entre bien privé et bien public des différents individus.
Le taux marginal de transformation entre X et G est le nombre d’unités de X auquel il faut renoncer pour obtenir une unité
supplémentaire de G.
NB : dans le cas de deux biens privés, l’allocation des ressources est Pareto-efficace si le taux marginal de transformation est
égal au taux marginal de substitution pour chaque individu.
Economie Publique
Démonstration graphique du théorème « BLS » :
Individu 1
X
f
X1opt
U1
G
Individu 2
X
U2
X2opt
f2
Gopt G
On considère l’ensemble des paniers de consommation (G, X), dans
une économie composée de deux individus 1 et 2. X est un bien privé, G
un bien collectif consommé simultanément par les deux individus.
Soit f la frontière des possibilités de production entre X et G. f est
déterminée par la technologie. Les paniers de consommation accessibles
à l’individu 1 sont situés en dessous de f.
f est concave sous hypothèse de rendements décroissants. En effet, il
devient alors de plus en plus difficile de produire une unité
supplémentaire de G quand G augmente. Il faut donc sacrifier une
quantité de plus en plus forte de X pour produire une unité
supplémentaire de G quand G augmente.
f a pour pente le taux marginal de transformation (TMT) entre X et G.
Soit U1 une courbe d’indifférence de l’individu 1.
U1 a pour pente le taux marginal de substitution entre X et G pour
l’individu 1 (TMS1).
Soit f2 la frontière des possibilités de production pour l’individu 2
lorsqu’on maintient l’utilité de l’individu 1 au niveau correspondant à
U1.
f2 s’obtient comme la différence entre f et U1.
Sa pente est donc égale à TMT - TMS1.
On a optimum au sens de Pareto si on maximise l’utilité de 2 pour un
niveau donné d’utilité de 1. L’optimum correspond donc au point situé
sur la courbe d’indifférence de 2 la plus élevée, à l’intérieur des
possibilités de production pour 2. Il s’agit ici de la courbe U2, qui a pour
pente le taux marginal de substitution entre X et G pour l’individu 2
(TMS2).
L’optimum de Pareto correspond donc à une production de bien collectif
Gopt, le consommateur 2 consomme X2opt et le consommateur
1consomme X1opt
En ce point optimum, on a : TMS2 = TMT - TMS1 TMT = TMS1 + TMS2
Doc. j Le dilemme du prisonnier
Deux prisonniers ayant commis un délit sont interrogés
séparément par la police, sans possibilité de communication.
Chacun des prisonniers a le choix entre deux stratégies :
- La stratégie de coopération consiste à se taire.
- La stratégie opportuniste consiste à dénoncer l’autre pour
lui faire porter la responsabilité du crime.
Ce choix relève d’un jeu simultané qui peut se représenter
par la matrice des paiements ci-contre.
Si les deux prisonniers se taisent, leur culpabilité restera
douteuse, ils écoperont sans doute d’une peine minime
(paiement de -1 pour chacun d’entre eux)
Prisonnier 2
Coopération
(se tait)
Opportunisme
(dénonce)
Prisonnier 1
Coopération
(se tait)
(-1 ; -1)
(-3 ; 0)
Opportunisme
(dénonce)
(0 ; -3)
(-2 ; -2)
Si l’un se tait et l’autre dénonce, le prisonnier qui a balancé sortira libre, tandis que l’autre écopera d’une lourde peine
(paiement de 0 pour le prisonnier opportuniste, de -3 pour le prisonnier coopératif).
Si les deux prisonniers se dénoncent mutuellement, ils écoperont tous deux d’une lourde peine (-2 ; -2)
Quelle issue de ce jeu est optimale au sens de Pareto ?
L’équilibre de Nash se finit comme la combinaison de stratégies telle qu’aucun joueur ne souhaite changer de stratégie.
Quelle issue du jeu est un équilibre de Nash ? D’après John F. NASH, 1950
1 / 11 100%
La catégorie de ce document est-elle correcte?
Merci pour votre participation!

Faire une suggestion

Avez-vous trouvé des erreurs dans l'interface ou les textes ? Ou savez-vous comment améliorer l'interface utilisateur de StudyLib ? N'hésitez pas à envoyer vos suggestions. C'est très important pour nous!