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(1) La participation au commerce mondial
De nombreux pays émergeants de l'Asie participent au commerce mondial des produits manufacturés. À titre
d'exemple, la Chine est aujourd'hui le deuxième exportateur mondial de produits manufacturés après l'Allemagne. Sa
part dans les exportations mondiales de biens est passée de 1 % en 1985 à 7 % en 2005.
La flambée initiale des cours des matières premières et des produits agricoles a été déclenchée par l’accélération
de la croissance de la production et la forte demande des grandes économies émergentes ou « BRIC » (Brésil, Russie,
Inde et Chine). Par exemple, la Chine est aujourd’hui le premier importateur mondial de soja, le deuxième
consommateur mondial de pétrole.
Sous l'impulsion de mouvements de délocalisations et externalisation de la recherche et du développement des
firmes étrangères, le rattrapage technologique est en marche : en 2008 la production high-tech la Chine représentait
25 % de sa production totale. En outre, dans le secteur des services, on observe l’entrée de nouveaux acteurs comme
l'Inde.
(2) La tendance nouvelle de ces dernières années est la participation des pays émergeant au flux
d'investissements mondiaux.
Les Suds sont devenus des acteurs importants des IDE mondiaux. De 1995 à 2005, les flux d’IDE à destination
des Sud ont augmenté de 45 %. Ainsi, pour la première fois en 2002, la Chine est devenue la première destination d’IDE
dans le monde, devant les pays membres de l’OCDE.
De plus, les pays du Sud sont aussi devenus des investisseurs directs à l’étranger : la quantité d’IDE sortants
des pays en développement est passée de 335 milliards de dollars en 1995 à 1400 milliards de dollars en 2005. En
Chine, par exemple, les investissements directs à l'étranger sortants sont passés, de 1 milliard de dollars en 1990 à 111
milliards de dollars en 2006. La Chine investit aussi bien dans les Nord que dans les Sud.
Les flux monétaires se sont tournés vers le Pacifique : on parle de « nouveau Bretton-Woods ». Ainsi, les
réserves de change de la Chine sont passées de 29 milliards de dollars en 1990 à 1066 milliards de dollars en 2006,
tandis que les réserves de change des États-Unis sont passées de 52 à 42 milliards de dollars sur la même période.
(3) Cependant les disparités Nord-Sud et Sud-Sud s’accentuent
Les échanges restent polarisés. Dans le secteur commercial, la majeure partie des échanges réalisés par les
Sud sont en fait effectuées par des firmes transnationales étrangères implantées dans les pays. Par exemple en 2006,
60 % des exportations de la Chine étaient réalisées par des firmes transnationales étrangères. De plus, l'écart de
participation au commerce mondial est toujours très important et le rattrapage lent : la Chine et l'Inde ne
représentent chacune que 5 % des importations mondiales de pétrole brut.
Pour ce qui est du secteur financier, les capitaux sont généralement attirés dans les nord où la rentabilité est
supérieure (à l’exception de la Chine), ou dans les paradis fiscaux. Ces derniers absorbaient plus de 50 % des flux
financiers en 2000.
La divergence des pays en voie de développement.
Si l'Asie s'intègre de plus en plus en économie mondiale, l'Europe de l'Est et l'Afrique et l'Amérique du Sud
restent « exclues ». Par exemple, la CEI (Communauté des états indépendants, Ex-URSS) a historiquement une faible
part dans l'exportation mondiale, part qui a encore diminué après la désintégration du bloc soviétique (pour la
Russie par exemple : 5 % de l'exportation mondiale en 1983, 3 % en 2006). L'Amérique du Sud et l'Afrique ont vu leur
part dans les échanges mondiaux divisées par trois de 1948 à 1993. L’Afrique se reprend récemment avec
l’augmentation du prix des produits primaires.
De plus, les écarts entre pays émergents et non-émergents s’aggravent. De plus, les écarts entre pays
émergents et non-émergents s’aggravent. En 1967, les pays non émergents représentent 20 %des exportations
mondiales contre 10,6 % pour les pays émergents. En 1997, la situation est inversée : les pays non émergents ne
représentent plus que 9,5 % des exportations mondiales contre plus de 21 % pour les pays émergents.
Les Investissements en direction des pays du Sud se concentrent pour 75 % sur cinq pays (hors paradis
fiscaux) : la Chine et Hong Kong (54 %), le Brésil, le Mexique, Singapour et l’Inde (environ 10% chacun). 10 milliards de
dollars sont partagés entre 160 pays en développement.
Par exemple, en 2002, l'Afrique subsaharienne recevait 0,1 % des IDE mondiaux, et participaient à 1 % au commerce
mondial.
b) L’ouverture et la régulation des échanges