Spinoza

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DESCARTES
SPINOZA
LIEBNITZ
PASCAL
LOCKE
DIDEROT
DE MAISTRE
SCHOPENHAUER
BERGSON
DURKHEIM
HEIDEGGER
BACHELARD
POPPER
DESCARTES : (France 1596 -1650)
Rupture par rapport à la scolastique: la réflexion cartésienne est rationaliste. En usant de la raison seule dans
l'étude des phénomènes, fondant une nouvelle métaphysique radicalement différente de l'ancienne, Descartes
ouvre n la voie à Malebranche, Spinoza, et aussi aux religions naturelles des Lumières (déisme et théisme).
Descartes, dont le projet philosophique s'inscrit en réaction au procès de Galilée (1633), eut une influence
considérable sur la pensée scientifique, surtout en France. L'impact de cette pensée fut grand car elle toucha
à des questions théologiques. On ne peut pourtant attribuer à Descartes l'entière paternité de la philosophie
moderne, puisqu'il jugeait qu'il serait nuisible de faire usage de sa philosophie dans le domaine politique.

Doute préalable même s'il s'agit d'une tromperie de Dieu : Je pense donc je suis : Cogito

Dualité de l'Homme corps/machine et âme, existence d'un Dieu : Homme IDENTITE DE RAISON

Méthode : évidence, analyse : fragmenter, ordonner, récapituler.

Morale : conformisme-faire des choix et des assumer, changer ses désirs plutôt que l’ordre du
monde, continuer à chercher la Vérité
SPINOZA : (portugais1632-1677)
Théorie de la connaissance 
philosophie spéculative entièrement déductive, l'ordre « géométrique » : axiomes et postulats, puis
définitions, et enfin démonstrations, enchaînements logiques rigoureusement déduits à partir de
définitions, sur le modèle des mathématiques

DIEU : seule substance, infinie et unique, Dieu, qui se confond donc avec le monde, l'univers
lui-même. " Deus sive Natura " (Dieu, c'est-à-dire la Nature). Infinité d'attributs (c'est-à-dire
d'aspects, de caractères de la Substance, nous n'en connaissons que deux, les seuls accessibles à notre
pensée : la Pensée et l'Étendue. La Pensée est un attribut et notre âme, ainsi que chaque idée
particulière, sont des " modes " de cette pensée (c'est-à-dire qu'elles font partie de l'attribut plus

Chaque objet matériel (cette table, ce cahier, mon corps...) sont des modes de l'attribut Étendue
(étendue signifie "qui occupe de l'espace"). Les modes sont finis. Cette thèse est à la fois panthéiste
et athée. Panthéiste, car elle identifie Dieu et le monde. Athée car elle nie l'existence d'un Dieu
moral, créateur, transcendant

nouveau modèle: le corps. Il y a chez Spinoza la thèse du parallélisme des attributs qui n'agissent pas
l'un sur l'autre. Autrement dit, il n'y a pas de causalité entre l'esprit et le corps.

Double illusion: illusion de la liberté, illusion de la finalité du monde. La conscience est lieu de
l'illusion. Pour Spinoza chaque mode s'efforce de persévérer dans son être et cet effort, ce désir, qu'il
appelle conatus, caractérise l'essence de cette chose.

Ainsi le conatus de l'individu humain, en tant que celui-ci connaît sa propre nature, se résume à cette
seule formule: connaître et connaître pour connaître. Tel est le fondement de l'existence humaine.
 réaliser notre nature même et nous permettre la joie par la connaissance de la nature.
 Le " bon " c'est lorsqu'un corps compose directement son rapport avec le nôtre et, de sa puissance,
augmente la nôtre. Le bon est donc ce qui augmente la puissance de notre conatus (par exemple, un
aliment). Le mauvais est ce qui tend, au contraire, à nous détruire (comme le poison, par exemple).

Le but fondamental de la philosophie chez Spinoza est la constitution d’une authentique éthique du
bonheur et de la liberté. La métaphysique et la théorie de la connaissance ne sont que des éléments
propédeutiques et subordonnés à cette entreprise.
LEIBNITZ (1646_1716) :
Croit au progrès de la connaissance philosophique, tous ont, à ses yeux, apporté une contribution positive à
la pensée et il s'efforce de retenir la meilleure partie des systèmes de ses prédécesseurs. Mais il y ajoute les
fruits de sa recherche personnelle. Aussi scientifique. Ce génie des mathématiques invente le calcul
infinitésimal.

DIEU : Leibnitz, ne peut admùettre la conception cartésienne d’un dieu ; Dieu est soumis à la raison
et il n'est du reste de vraie liberté que soumise à la raison. : la nécessité morale, le choix du
meilleur qu'un Dieu juste n'a pu manquer de faire.

Tout l'univers est constitué de monades, substances simples, sans parties, des atomes de la nature qui
ont chacune une unité. Elles sont toutes différentes.
Pour Leibnitz, tout est force, tout est âme. Les formes substantielles sont des forces qui ont quelque
chose d'analogue à l'appétit, d'analogue à l'âme. Tout est force, pensée et désir. Le monde n'est pas
une machine.

Tout se passe comme si Dieu avait créé deux horloges (Ame/corps) qu'il aurait réglées au même
rythme, qu'il aurait mises en harmonie préétablie : le corps se règlent suivant les causes efficientes,
les âmes selon les causes finales et il y a harmonie entre les causes efficientes et les causes finales

Posant, l'idée d'un Dieu bon, il n'a pu que créer le meilleur des mondes possibles, pas un monde
parfait mais le meilleur des mondes qu'il était possible de créer.

Le mal est la condition du bien. Il rend possible le bien. Le monde est harmonie et le mal rend
possible le bien un peu comme dans un tableau les ombres rehaussent les couleurs et la lumière. Le
mal est nécessaire pour mettre en évidence le bien.

Le mal physique vient de notre union à un corps mais pour des esprits finis le corps est nécessaire
pour pouvoir être en rapport avec d'autres esprits. Quant à la souffrance morale, elle est, soit une
juste punition, soit un moyen d'acquérir des mérites. C'est une absurdité morale que de concevoir un
monde sans douleur.
Voltaire sera tenté par cette conception qu'il mettra en scène dans le conte philosophique Zadig mais qu'il y
renoncera et la critiquera dans Candide après la catastrophe que fut le tremblement de terre de Lisbonne.
PASCAL (français 1623-1662) à la fois philosophe et scientifique. Grand mathématicien, il s'occupe aussi
d'expériences physiques. Mais Pascal est surtout un penseur chrétien janséniste.
 Son but est moins de convaincre son lecteur de l'existence de Dieu par la raison (la foi ne peut être
donnée que par Dieu) que de vaincre l'indifférence des non croyants. Il montre la vanité et la misère
humaine. C'est la vision de l'homme sans Dieu. L'homme ignore le bien, le vrai. Les lois sont relatives d'un
lieu à un autre "Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà" c'est à dire que l'homme est incapable d'établir
des lois justes. Tous ces thèmes sont inspirés de Montaigne.

« L'homme n'est qu'un roseau le plus faible des roseaux… mais c'est un roseau pensant » 2 sources
de connaissance : par la raison c'est à dire la pensée discursive, la faculté de l'universel.
Malheureusement notre raison est finie et ne peut tout connaître. Intervient alors le cœur :
connaissance immédiate et intuitive, permettant de saisir les premiers principes, les axiomes, mais
aussi Dieu.

L'homme cherche à oublier sa condition mortelle, son néant, en occupant son esprit, en s'affairant.
Ainsi les activités difficiles et sérieuses, constituent aussi bien des formes de divertissement que les
plaisirs de la chasse, du sport, de la danse etc. Dès que notre esprit est inactif, dès que nous cessons
d'être occupés, la conscience obsédante de notre vacuité, de notre néant surgit. L'ennui  prise de
conscience de notre finitude et c'est pour y échapper que nous cherchons le divertissement. (loisirTravail)

L'homme sans Dieu est déchiré entre l'attrait des plaisirs et la raison, entre ses sens et son besoin de
vérité. Il y a une sorte de partage de la nature humaine : misère et grandeur de l'homme.
LOCKE (anglais1632- 1704) : EMPIRISTE, théorise le libéralisme politique, considère "qu'il n'y a de
connaissances vraiment dignes de ce nom que celles qui conduisent à quelque invention nouvelle et utile,
toute autre spéculation étant une occupation de désœuvré."

nature et des limites de l'entendement humain : erreurs  inadéquation du langage et de la pensée
car "Il n'y a pas assez de mots dans aucune langue pour répondre à la grande variété des idées qui
entrent dans nos discours et nos raisonnements". (langage)

origine de nos idées  objets extérieurs qui agissent sur nos sens et produisent des impressions
qui sont communiquées au cerveau. Nous avons alors des idées de sensation. Maïs cela ne signifie
pas que toutes nos idées dérivent des sens : l'empirisme n'est pas un sensualisme.

Seconde source de l'expérience qui est la réflexion. Nous percevons que nous doutons, que nous
croyons, que nous imaginons, que nous raisonnons etc  le sens interne les opérations de notre
âme, ce qui produit des idées de réflexion qui ne sont autres que les idées que nous nous faisons de
ces opérations.  EXPERIENCE (les majuscules sont de lui). Toutes nos connaissances dérivent de
l'expérience.

S'oppose à la théorie des idées innées. Il n'existe pas davantage en morale de principes pratiques
nécessaires et universels car selon la société à laquelle on appartient on forme les principes les plus
divers. Ces arguments suffisent à détruire la théorie.
DIDEROT (1713-1784 France, encyclopédiste) préfère à l'évidence la certitude expérimentale. La
philosophie doit s'inspirer des sciences. Les sciences s'éclairent par des théories qui sont, pour le philosophe,
une recherche des principes d’une métaphysique sans Dieu ni âme qui recherche les principes constitutifs du
monde et de la nature (et donc de l'expérience).

Le monde est un tout matériel : "monisme matérialiste », la matière, sans vide, est constituée de
molécules hétérogènes (il n'y en a pas deux d'identiques). Le mouvement est essentiel à la matière
c'est à dire qu'elle se meut d'elle-même sans avoir besoin d'une impulsion divine (cette thèse s'oppose
aux déistes).

Une profonde parenté chimique existe entre le règne animal, le règne végétal et la matière inerte. Les
molécules sont, d'une certaine façon, vivantes. S'assemblant au hasard, durant l'infinité des siècles,
elles forment les organismes. La sensibilité morte des molécules devient sensibilité vive. La
conscience elle-même est le résultat d'un assemblage aléatoire de la matière. Dieu n'existe pas ou
alors le céleste horloger des déistes est bien malhabile (ce qui est incompatible avec les attributs
divins).

La raison a une origine physiologique mais aussi sociale. La raison a besoin pour se développer de la
société. Elle accède alors au langage conventionnel et, de simple faculté d'adaptation à la nature, elle
devient réfléchie et prévoyante.

Pour distinguer le juste et l'injuste il suffit de suivre la nature et d'écouter son instinct. L'athée règle
son comportement sur ses besoins, sa sensibilité et le bien commun. La société subordonner les
intérêts privés à l'intérêt général. Diderot, favorable à une libération de la femme, défend aussi le
divorce.

La morale n'est pas absolue. Elle dépend de notre physiologie (dans un monde d'aveugle le vol serait
puni plus sévèrement) mais aussi chaque nation se fait la sienne. Diderot prône un naturalisme
utilitaire, une morale réconciliée avec la nature. Chaque homme cherche d'abord son plaisir et
cherche à éviter la douleur. Le bon et le mauvais sont changés par la société en bien et en mal.
L'amour propre s'élève à l'intérêt général. La société donne l'idéal d'une morale universelle
respectable par tous. Le libre arbitre, lui, n'existe pas et la liberté consiste à utiliser les lois de la
nature pour promouvoir le progrès moral par la science et la politique. (morale)

L’art imite la nature mais présuppose un modèle idéal. L'artiste doit créer selon les lois de la nature
mais, n'étant pas un savant, il imite les apparences. Le modèle n'est pas le vrai mais est semblable au
vrai. Par exemple, les hommes sont modelés par la société, le milieu. Le modèle idéal peut être
réalisé par l'habitude de l'observation et la fréquentation des grandes œuvres. Mais il provient aussi
du génie qui vient de la nature. Exécuter une œuvre suppose aussi la maîtrise, suppose de garder la
tête froide ce qui est aussi valable pour le comédien dont l'émotion doit être répétée, perfectionnée et
ordonnée. On voit donc que le beau n'est pas un plaisir spontané mais un plaisir réfléchi dans
l'imitation. (art)
Joseph de Maistre (1753-1821) : principal représentant, de la réaction traditionaliste contre la Révolution
française. Il oppose au rationalisme du XVIIIe siècle le sens commun, la foi, les lois non-écrites.

L'individu est une réalité seconde par rapport à la société et l'autorité. La société ne peut
fondamentalement pas se définir comme la somme des individus qui la composent. En cela, il
critique la conception de Jean-Jacques Rousseau : impensable de constituer une société à partir d'un
contrat social. Les individus ne peuvent pas fonder les sociétés, ils en sont incapables de par leur
nature. Le pouvoir forme les individus, mais les individus ne forment pas le pouvoir. (société/Etat)

Il n'avait jamais vu d'Homme l'Homme, en tant qu'entité abstraite, n'existe pas. L'Homme appartient
avant tout à la société. On peut donc voir des êtres qui ne peuvent se définir que par rapport au
contexte particulier : un individu isolé n'est rien, puisqu'il est abstraitement séparé de l'autorité et des
traditions qui unissent la société. Ayant surtout une tendance destructrice les hommes parviennent
surtout à détruire la société. Encore qu'ils n'en soient même pas capables, puisqu'ils sont portés par
une Providence qui se sert des individus pour la régénérer (Révolution  manifestation de la
providence)

le corps politique est constitué à l'image d'un organisme vivant, il peut être malade 
l'affaiblissement de l'autorité et de l'unité qui lient la société. Aussi, pour punir les hommes et
régénérer efficacement la société, la Providence les entraîne dans des rébellions contre l'autorité,
telles que la Révolution Française. Les Hommes, se croyant maîtres de leur destin, se lancent en
réalité dans l'exécution de leur propre châtiment, devenant leurs propres bourreaux (Terreur).La
révolution une fois passée, telle un remède, l'organisme politique est débarrassé des éléments qui
l'affaiblissent; le pouvoir est plus fort, la société davantage unifiée. Le sacrifice des individus est un
mal nécessaire pour la sauvegarde du corps social.

Régime républicain et protestantisme  productions individuelles. Le premier est un gouvernement
divisé, puisqu'il met en les individus au pouvoir ; le protestantisme est quant-à-lui une religion
négative (religion qui proteste et n'affirme rien de positif), qui dissout en refusant l'autorité,
"l'insurrection de la volonté individuelle contre la raison générale". L'individu est en effet un facteur
qui divise, là où le pouvoir et l'autorité unifient.

(religion) Toute religion doit être sociale : toute religion, du moment qu'elle sert à l'unité sociale, est
susceptible de porter un gouvernement, et d'être portée par ce dernier.

La religion doit apporter des croyances communes, et apporter la cohésion de l'organisme politique.
Elle doit protéger le pouvoir autant que le pouvoir doit la protéger. Il n'est donc pas question de
séparer l'Eglise de l'Etat  théocratie, dans lequel la religion tient un rôle fortement structurant,
devant apprendre aux sujets le respect aveugle pour l'autorité et "l'abnégation de tout raisonnement
individuel" Religion chrétienne/mocarcie (par tradition) est le couple le plus adapté,
(conservatisme, ultra-royalistes).
Schopenhauer (1788-1860 all)

nouvelle forme de philosophie qui remet en cause l'aptitude de la raison à éclairer le monde et l'aptitude de l'homme au
bonheur. Philosophe pessimiste, son œuvre influencera profondément le jeune Nietzsche.

se veut le véritable successeur de Kant qui a opposé les phénomènes aux choses en soi. Le monde qui m'apparaît dans
l'espace et le temps n'est pas le vrai monde mais une représentation subjective. Les phénomènes sont les manières
humaines de nous représenter les choses. Nous ne connaissons pas les choses en soi mais ne les percevons qu'à travers un
voile.

≠ Kant. Shop réfléchit sur la chose en soi et découvre qu'elle n'est pas si inconnaissable  le corps : n'est pas un
phénomène parmi d'autres car nous en avons une expérience interne. Le sujet dispose d'une connaissance immédiate de
son être intime. Pour saisir l'essence du monde, il faut donc rentrer en nous-mêmes et nous découvrons que notre être se
manifeste, s'affirme comme Volonté.

Le monde entier va être pensé comme Volonté, ce qui est la meilleure approximation que le sujet connaissant puisse
atteindre de la chose en soi. À l'opposition classique âme / corps, Schopenhauer substitue la dualité Volonté / Intellect.

Volonté≠ libre arbitre Elle est la puissance aveugle de la vie, sans fondement et surtout sans intention ou finalité qui fait
de l'homme un jouet inconscient de ce qui l'anime.  lutte aveugle pour la vie sans ordre préétabli puisqu'il n'existe
aucun plan divin (Dieu n'existe pas). La même volonté se manifeste partout, la multiplicité, la diversité, l'individualité ne
concernent que les phénomènes. Le principe d'individuation est une illusion.

Nous sommes les esclaves du vouloir-vivre. Pour le dire autrement, l'homme est esclave du désir et oscille entre la
souffrance (désir insatisfait) et l'ennui (après la satisfaction). Notre existence est toujours insatisfaite puisque la volonté
ne veut rien d'autre que sa propre affirmation. Elle ne veut en somme que vouloir.

Pessimisme la souffrance est notre condition. L'amour lui-même n'est qu'une manifestation du vouloir-vivre. Certes le
monde n'est pas dénué de sens (s'il est sans cause et sans fin puisque Dieu n'existe pas, néanmoins la volonté le rend
intelligible), mais il est de tous les mondes possibles le plus mauvais.

morale du renoncement. Renoncer à transmettre la vie  transmettre la tromperie du bonheur. Négation du vouloirvivre, non pas par le suicide mais simplement par l'acte de la non-volonté : "ce qui jusqu'ici a voulu ne veut plus". (pas
très éloignés du bouddhisme). Il faut renoncer au désir, mal radical. Continuer à vouloir, c'est se faire souffrir, lutter pour
des
biens
imaginaires,
être
toujours
insatisfait.
 (art) Contemplation et, en particulier la contemplation esthétique, seule accessible à tous, ne serait-ce que dans le
spectacle de la beauté de la nature désintéressée et que, donc, elle nous délivre de nos désirs.  connaissance
métaphysique. Si les sciences ne peuvent atteindre que les phénomènes, l'art permet d'accéder aux Idées (par exemple,
l'architecture permet de saisir les idées de pesanteur et de résistance). L'art nous fait pénétrer l'intimité des choses.
o
Un art est capable d'atteindre directement la Volonté elle-même et c'est la musique, art métaphysique par
excellence.
 Le remède radical reste l'ascétisme qui est bien une non-volonté, le refus des biens de ce monde, la fusion dans le néant.
Seul l'ascète accède à la liberté car seul il a vaincu l'égoïsme. Il rompt avec la Volonté grâce à une connaissance parfaite
de l'essence du monde.
Il n'en reste pas moins vrai que la Volonté est impérissable et immuable. Il remet en cause toute une tradition philosophique
humaniste : la raison, la liberté, l'âme laissent la place à l'irrationnel, à la nécessité et au corps.
Heidegger (allemand 1889-1976) :

Distinguer l'existence de la réalité. Dire que les tables, les chaises, les fruits etc. sont, 'ils sont
disponibles, à notre pensée et à notre action, inertes dans le monde. Dire qu’un personne humaine est
 dire qu'elle existe, qu'elle est engagée dans un rapport de soi à soi.

Le sujet (Dasein) est en charge de lui-même avant même qu'il choisisse un comportement. Le Dasein
n'a pas de substance mais est poussée, orientation vers le possible. Nous sommes toujours en train
d'anticiper, de redouter, de céder etc. à un possible.
L'être-au-monde (exister, c'est être constamment impliqué dans un affairement c'est à dire une
projection vers le futur), le comprendre et l’angoisse (absurde)
BERGSON : (1859-1941) :
Définition de l'homme : homo sapiens, mais d'homo faber. L’intelligence est fondamentalement une faculté
active.

Le langage ne peut communiquer que ce qui nous est commun. Les mots sont les mêmes pour tous
les individus d'une même communauté (et comment, en effet, communiquerions-nous sans donner un
sens unique à chaque signe ?) et ne peuvent donc exprimer ce que nous ressentons. (1000 façons
d’aimer et un seul verbe). Le langage n'est qu'un instrument d'action.
Privilège de l'intuition  mode de connaissance direct, immédiat qui nous fait pénétrer l'être
profond du réel. (langage)

TEMPS objectif  vision scientifique du temps. C'est le temps mesuré par l'horloge. Croyant
mesurer le temps, le scientifique mesure en réalité de l'espace (l'espace parcouru par exemple par
l'aiguille de l'horloge) et spatialise le temps, comme le montre cette habitude de représenter le temps
par une droite c'est à dire par un espace. Le scientifique manque l'essentiel, ignore la réalité du temps
 durée, dimension de la conscience. Le temps subjectif est le temps vécu, celui qui fait paraître
certaines heures plus longues et d'autres plus courtes. Ce caractère imprévisible nous révèle notre
liberté. (temps)

Action sous l'impulsion du moi superficiel, constitué d'idées toutes faites, de préjugés sociaux, de
débris de connaissance. Cet acte n'est pas vraiment notre mais procède de ce que l'existence a de plus
dépendant des modes, des habitudes et stéréotypes ambiants. Toute autre est l'action faite sous
l'impulsion du moi profond, domaine des connaissances bien assimilées, des goûts authentiques, des
volontés mûries longuement. Elle est vraiment notre et là réside la liberté.

Notre vie intérieure est aussi mémoire. Mémoire-habitude (effort, répétition)de la mémoire-souvenir
(spontanée, naturelle, capricieuse : en un seul passage) . Tout dépend de l'utilisation que nous
faisons de nos souvenirs. La mémoire souvenir est propre à l'homme et suppose de " s'abstraire de
l'action présente ", d'" attacher du prix à l'inutilité ", de vouloir rêver. La mémoire habitude nous
pousse, elle, à agir et à vivre. Elle nous aide à tirer des leçons du passé. (mémoire)

L'élan vital  processus créateur et imprévisible qui organise les corps qu'il traverse. C'est une
force qui saisit la matière et introduit l'indétermination et la liberté. C'est la spontanéité créatrice
explique l'évolution du vivant.

Religion statique : L'idée d'une survie après la mort permet de compenser l'influence que pourrait
avoir l'exercice d'une intelligence terrorisée par l'idée de la mort ou de l'échec. religion statique 
volonté de se perpétuer par réaction contre la brièveté de la vie. L'intelligence conseille d'abord
l'égoïsme parce que nous ne voyons pas spontanément que se tourner vers les autres, les aider,
nous est utile. Mais, là encore, la nature veille. Elle donne aux hommes l'idée d'un Dieu protecteur
de la cité qui défend, menace et réprime, qui oblige à travailler pour la société. (religion)

La religion dynamique est toute différente. Elle est désintéressée et est dépositaire de la spiritualité
religieuse. Elle est d'essence mystique. C'est la foi qui soulève les montagnes, l'aspiration à l'absolu.
Telle est la véritable religion aux yeux de Bergson.
Emile Durkheim (français, 1858-1917)

Faire de la sociologie une science positive  méthodes Il faut, « considérer les faits sociaux comme
des choses »  la méthode en sociologie doit être analogue à la méthode en physique.  Expliquer,
c'est analyser, chercher les causes alors que comprendre, c'est ramener à l'unité, faire la synthèse.
Le sociologue recherchera les causes des faits sociaux. Cela signifie aussi que les hommes ne sont
pas tout à fait libres puisque leurs comportements ont des causes, sont contraints.
Les phénomènes ne sont donc pas immédiatement transparents pour l'intelligence, il faut donc recourir
à une démarche inductive utilisant observation et expérimentation. (épistémologie)

L'homme n'agit pas librement mais son comportement dépend d'un contexte social qui le fait agir.
L’explication d'un fait social doit toujours être recherchée dans un autre fait social. La société
entraîne des coercitions, des contraintes plus ou moins explicites. La société ne s'explique pas
comme une somme d'individus mais c'est plutôt le comportement individuel qui s'explique par la
société.

Dans une société, les parties se tiennent les unes aux autres par des relations, compactes, solides :
solidarité. Solidarité mécanique : les individus sont tous les mêmes dans une situation où les intérêts
sont communs. Cette solidarité est surtout caractéristique des sociétés archaïques. Et la solidarité
organique : les individus sont et vivent comme différents mais complémentaires, indispensables les
uns aux autres. Cette solidarité caractérise surtout les sociétés modernes.

de solidarité coexistent toujours. Le passage de la solidarité mécanique à la solidarité organique vient
de l'extension démographique et de l'accroissement des communications et des échanges. Ceci
pousse les hommes à répartir davantage les tâches. La division du travail va alors individualiser les
hommes.

Définition la religion par l'opposition entre sacré et profane. Toute religion se caractérise par la
croyance en une force impersonnelle extérieure à l'individu. La seule force réelle qui dépasse les
individus n'est autre que la société. La religion ne serait alors qu'une transposition de la société. Dieu
n'est donc que la transfiguration inconsciente de la société. Ainsi la morale religieuse comme l'idée
de sacré trouvent leur source dans la société et il n'est nul besoin de présupposer l'existence de Dieu
pour expliquer d'où vient la religion.
religion utile : on obéit plus facilement à un Dieu qu'à l'autorité sociale seule. (religion)
BACHELARD (1884, 1962, France) : L'œuvre de Bachelard est double. Il est à la fois un important
épistémologue et le penseur de l'imaginaire et de la symbolique poétique.

La philosophie des sciences. : L'histoire des sciences est une histoire discontinue. Il faut
psychanalyser l'esprit scientifique cad mettre en évidence les processus inconscients qui bloquent la
connaissance.

Les obstacles épistémologiques sont des représentations qui paraissent évidentes et qui, à certains
moments, ont pu être utiles mais qui finissent par bloquer la connaissance. Il faut alors qu'on
réussisse à " sauter l'obstacle " et opérer une rupture épistémologique. Il faut bien voir que ces
obstacles sont intérieurs à la pensée scientifique elle-même. Le savoir peut bloquer le savoir puisque
la connaissance " est une lumière qui projette toujours ses propres ombres ". (épistémologie)

Un obstacle épistémologique  connaissances premières qui se révèlent, après coup, des erreurs
premières. Ce qui est premier n'est pas la vérité mais l'erreur et le processus scientifique est un
processus de " rectification indéfinie ". Divorce entre le fait perçu et l'objet scientifique Il ne suffit
jamais de constater les faits mais avoir une considération raisonnée.

Tout fait est interprété mais encore faut-il qu'il le soit rationnellement. Rien n'est donné, tout est
construit. L'évidence première est source d'erreurs.

Autre obstacle la connaissance générale. " Une connaissance générale est presque toujours une
connaissance vague ". Dire, par exemple, " les corps tombent ", c'est croire avoir tout dit et c'est
arrêter la pensée. Pourquoi, puisqu'on croit avoir tout dit, étudier la chute des corps de plus près ? La
pensée est alors immobilisée.

La connaissance scientifique est une connaissance approchée. La précision scientifique est une
donnée récente et l'on peut opérer des découvertes au moyen d'approximations qui peuvent nous
sembler aujourd'hui affolantes. Importance de la recherche de la précision car " une science a l'âge de
ses instruments de mesure », inutile de donner des précisions non mesurables par les instruments de
mesure eux-mêmes. Il reste toujours une marge d'imprécision en physique. La science s'en
accommode fort bien et calcule sa marge d'erreur. Bachelard défend l'approximation et révèle le
contresens qu'il y a à croire qu'on emprisonnera la réalité dans les mailles de décimales de plus en
plus précises. L'exactitude est un mythe.

L'imaginaire : réhabilite l'imagination  l'aspect créateur  puissance majeure de la nature
humaine. On peut la définir comme la faculté de produire des images à condition de bien différencier
l'image du souvenir. Si la mémoire nous ramène au présent, l'image nous tourne vers l'avenir.
POPPER (1902-1994) figures marquante de l'épistémologie contemporaine. Aucun scientifique,
aujourd'hui, ne peut ignorer son rationalisme critique ni son célèbre critère de falsifiabilité.

Comment démarquer la science véritable des pseudo-sciences ? différences : psychanalyse,marxisme
et théorie de la relativité d'Einstein. La théorie d'Einstein n'a pas le même statut que les deux autres
théories. (épistémologie)

La réponse inductive est à l’époque la plus répandue : à partir d'un grand nombre d'observations,
d'expériences, le savant dégage des lois universelles. Pourtant es théories scientifiques
contemporaines (comme celle d'Einstein) sont des théories abstraites, spéculatives, n'entretenant
qu'un lointain rapport avec l'observation. On sait, du reste, que les théories scientifiques contredisent
souvent l'évidence sensible.

Popper va donc opposer à l'induction une méthode déductive. Une théorie est scientifique si elle peut
être "mise à l'épreuve", si elle est "testable" (via une expérience) ou "falsifiable". Déduire d'une
hypothèse ou d'une théorie des prédictions susceptibles d'être testées dans l'expérimentation. Si la
théorie ne résiste pas on dira qu'elle est falsifiée par l'expérience. Si elle passe le test avec succès elle
sera considérée provisoirement comme admissible, mais provisoirement seulement car rien
n'empêche qu'elle n'échoue à un test ultérieur. Les théories scientifiques ont un caractère
hypothétique. On peut infirmer une thèse mais ne jamais la confirmer totalement. "Nous ne savons
pas, nous pouvons seulement conjecturer." L'attitude scientifique est donc une attitude critique qui ne
cherche pas des vérifications mais tout au contraire des tests qui peuvent réfuter la théorie mais non
l'établir définitivement.

Ni le marxisme, ni la psychanalyse ne se présentent comme des disciplines falsifiables. Leur pouvoir
quasi infini d'interprétation bien loin d'être une vertu constitue un défaut. Tout discours totalisant
trouvant partout des justifications et des confirmations, capable de tout expliquer, est un discours non
scientifique.

Chaque théorie scientifique est provisoire et les nouvelles théories ne sont que des approximations
meilleures que celles qui les ont précédées Tes théories scientifiques // filets de pêcheurs. Certes, les mailles du
filet peuvent être de plus en plus petites, il n'en reste pas moins qu'il reste toujours des poissons assez minuscules pour
De même, nous approchons de plus en plus de la connaissance mais sans l'atteindre
jamais. Quant à l'erreur, loin d'être un manque elle est une étape nécessaire du développement du
savoir. (Sélection "darwinienne" des théories) L'essentiel n'est pas de fonder les sciences mais de les
faire croître.
s'échapper.

Trois mondes : le premier de ces mondes est le monde physique ; le second est celui de nos états de
conscience et de nos pensées subjectives ; le "troisième monde" est celui des pensées objectives : les
théories en soi, les livres en soi, les problèmes en soi.

Au plan politique, Popper critique l'historicisme. Il n'y a pas de lois générales du développement
historique qui rendraient le cours de l'histoire inévitable et prévisible. L'histoire n'a pas de sens.
Popper oppose aussi les sociétés libérales ou ouvertes aux sociétés closes reposant sur des
explications totalisantes et non réfutables du monde (c'est le cas, à ses yeux, des sociétés
communistes) On voit que la réflexion sur les sciences débouche sur une théorie de la
démocratie. (histoire, société)
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