
1
Introduction:
La mondialisation pourrait être définie comme l'extension à l'échelle mondiale d'enjeux qui étaient
auparavant limités à des régions ou des nations.» Toutefois, le sociologue Guy Rocher fait une distinction
entre la mondialisation et l'internationalisation: «celle-ci nous réfère aux échanges de diverses natures,
économiques, politiques, culturels, entre nations, aux relations qui en résultent, pacifiques ou
conflictuelles, de complémentarité ou de concurrence. Si l'on parle de mondialisation, on entend évoquer
une autre réalité, contemporaine celle-là: l'extension de ces relations et de ces échanges internationaux et
transnationaux à l'échelle du monde, conséquence de la rapidité toujours croissante des transports et des
communication dans la civilisation contemporaine. Quant à la globalisation [un terme qui a la préférence
du sociologue], elle ferait référence à un système-monde au-delà des relations internationales, au-delà de
la mondialisation, un fait social total au sens propre du terme, un référent en soi.
Autour de la mondialisation et de ses problèmes ont surgi un grand nombre de controverses, aussi
bien académiques que purement politiques. Pour certains, la mondialisation est surtout un phénomène de
nature économique lié à l'apparition, au développement et à la consolidation du marché mondial, et en ce
sens nous vivrions dans un monde qui se ‘globalise’ par vagues successives depuis le XVIIIème siècle,
siècle dans lequel déjà, une grève des producteurs de porcelaine en Chine pouvait avoir des conséquences
directes sur différents 'marchés' britanniques, allant des infrastructures portuaires au commerce de luxe.
Ainsi, dans une approche strictement économique, la mondialisation, ou la globalisation des formes de
l’échange capitaliste est assimilable aux structures et aux logiques du marché mondial.
Pour d'autres aussi, le mouvement de mondialisation est ancien, et dépend essentiellement non des
pulsations des puissances économiques mais du développement des empires européens ; le moteur
devient l'association des processus de transformations économiques avec des 'innovations' politiques : la
première mondialisation à l'échelle planétaire correspondrait à la création de l'empire espagnol vers le
milieu du seizième siècle. Dans cette idée nous retrouvons l’extension de certaines relations à tout
l’espace entre des centres et des périphéries et cette extension paraît liée à des phénomènes de nature
politique. Nous verrons que la fin du règne de la prééminence des Etats signale la nécessité de penser
autrement des problèmes qui dépassent le cadre de la souveraineté étatique comme régime juridique de
décision et de négociation.
Ce débat sur les origines lointaines de l’actuelle transformation du monde met l'accent sur un
problème fondamental qui nous permettra d'entrer en matière : que faut-il entendre par
mondialisation/globalisation?
Telle que nous l'avons esquissée, la mondialisation peut-être présentée comme l'expansion,
l'approfondissement et l'accélération des connexions réciproques au niveau de la planète de tous les
aspects de la vie sociale, allant de la culture à la criminalité et de la finance à la religion. Bien que s'y
opposent une vision académique et une sorte de rhétorique populaire sur la mondialisation, cette
définition permet de déduire que la perception des phénomènes qui affectent la plupart des sociétés
aujourd'hui est marquée par l'idée que le monde dans lequel nous vivons est en train de se transformer en
un espace social façonné par des forces économiques et technologiques complexes. Nous retrouvons là
l'idée que des évènements, des décisions ou des initiatives prises et qui ont lieu dans une certaine région
du monde peuvent avoir des conséquences profondes pour la vie (ou la survie) d'individus ou de
communautés aux antipodes.
Alors que l’espace mondiale est traditionnellement fondée sur les relations entre les Etats.
L’accélération de la mobilité des hommes, la montée en puissance des réseaux d’échanges de
marchandises, de services, de capitaux, d’informations lui superposent un système transnational organisé
par d’autres acteurs : firmes multinationales, organisations internationales gouvernementales ou non
gouvernementales, groupes de pression.