
I/ Le concept de mondialisation
La mondialisation est un processus d'extension de l'interdépendance à l'ensemble de la
planète en 3 étapes. Elle débute avec l'internationalisation au cours de laquelle les Etats
développent les flux d'exportation. Elle se poursuit par la multinationalisation qui multiplie
investissements et implantations à l'étranger, et doit, en théorie, s'achever par la globalisation qui
met en place un espace mondial de production et un réseau planétaire d'informations.
A. L'économie internationale
Elle correspond à une phase spécifique de l'histoire du capitalisme prenant naissance au
16ème siècle et s'achevant au début des années 60.
Au cours de cette phase, les marchés nationaux largement protégés, voire régulés par les
Etats, constituent la base première de l'accumulation du capital. L'échange tout comme
l'investissement international reste fondé pour l'essentiel sur des critères de complémentarité.
L'internationalisation a pour but les échanges de biens et services entre les Etats-Nations. Les
délocalisations permettent donc, par exemple, de développer les exportations et importations de
produits rares, et non pas de profiter d'un coût du travail plus bas sur un marché étranger.
L'économiste Charles-Albert Michalet explique en substance que le partage des
marchés à l'échelle mondiale est d'abord un partage des sources de matières premières pour
satisfaire les besoins d'une industrialisation européenne en plein essor.
C'est l'ère de la banalisation de la production de masse en vue d'obtenir des économies
d'échelle. La stratégie des firmes est celle de la pénétration des marchés.
Cependant l'économie internationale est loin d'être l'application parfaite des théories du
libéralisme économique. Bien au contraire, le protectionnisme règne en maître, le libre-échange
est perçu comme une menace pour l'autonomie économique des Etats, hostiles aux
investissements. Et ni le secteur privé, ni l'esprit d'entreprise et la rentabilité ne sont vraiment
privilégiés, ce qui va être radicalement remis en cause dès le début des années 60 avec la
multinationalisation.
B. L'économie multinationale
Comme son nom l'indique, cette logique économique se base sur l'apparition des firmes
multinationales (FMN) et leur rôle prépondérant à côté des Etats-Nations.
Les systèmes productifs deviennent multinationaux, les FMN privilégient les flux
d'investissements directs à l'étranger, les échanges intra-firmes croissent. Il devient plus
percutant dans ce contexte de parler de PNB que PIB. Les délocalisations demeurent cependant
des substitutions aux exportations car la production des filiales étrangères, appelées filiales
relais, est essentiellement destinée et surtout adaptée aux marchés locaux.
C'est d'ailleurs en raison de l'aggravation des mesures protectionnistes que
l'investissement direct s'avère nécessaire. Les entreprises découvrent en effet qu'une fois établies
dans le pays d'accueil, les barrières protectionnistes imposées par les Etats leur servent à se
protéger de la concurrence.
Mais l'économie multinationale est également l'espoir pour les pays en voie de
développement de s'industrialiser un jour en mettant fin à l'échange inégal inhérent à la
dynamique d'internationalisation.
En France, cette période se traduit par de fortes concentrations et fusions encouragées et
même aidées par l'Etat pour constituer des "Champions nationaux" qui deviendront
multinationaux grâce aux IDE.