Les niveaux de la structure grammaticale

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Objet d'étude de la grammaire théorique du français
La grammaire théorique d'une langue est une application des idées de linguistique générale aux
problèmes spécifiques de la langue donnée.
Un cours de grammaire théorique a pour but d'initier les étudiants et les chercheurs à la lecture des
ouvrages linguistiques spécialisés aux confrontations des points de vue des linguistes et grammairiens,
afin d'en dégager les idées essentielles.
Or, la grammaire est la science qui a pour but de montrer la structure de la langue, les
mécanismes du langage, d'expliquer les règles de changement et de combinaison de mots pour
former un énoncé.
Depuis F. Saussure1la linguistique a établi une différence entre le langage, la langue et la parole
(discours) .
Le langage est compris comme la faculté humaine caractéristique universelle et immuable de
l'homme ou l'activité qui consiste à produire et à interpréter les signes linguistiques. Le langage est autre
chose que les langues. La linguistique s'occupe des langues, c'est la théorie des langues.
Le langage recouvre la langue et la parole qui en sont les manifestations.
Donc la linguistique a un double objet: d'une part la linguistique est la science du langage, d'autre
part elle est la science des langues.
Outil de la communication le langage entre dans l'objet des recherches de la science qui se propose
d'étudier le fonctionnement des signes dans les sociétés et que Saussure a appelé la sémiologie
(science qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale ):( Saussure, Cours. P. 1966, p. 33).
Qu'est-ce qu`un signe ? Un signe c'est une unité linguistique formée d'une partie sensible (sons,
lettres) qui est son signifiant et d'une partie abstraite, son contenu sémantique, son signifié,
(morphèmes, mots, constructions etc. sont des signes.)
Donc le signe linguistique est un signe à deux faces / signifiant, signifié/. Tous les moyens
linguistiques employés par l'individu pour l'échange d'information sont sémiotiques, et le système des
signes s'appelle sémiologie.
L'échange d'information dans les sociétés, se fait de la sorte : Au destinataire ( à l’interlocuteur) est
adressé non pas les objets dont on parle, non plus les réalités qui servent de thème de communication,
mais leurs remplaçants qui évoquent l'image de ces objets et de ces réalités. Donc au destinataire est
adressé non pas un A (l'objet dont on parle), mais un B qui remplace et représente ce A. (aliquid stat pro
aliquo – ce qui est à la place d'un autre), c’est ce qui intéresse au cours de la communication, au cours
des échanges d'information réalisée par les locuteurs.
1
C'est F. de Saussure qui le premier se propose de résoudre le problème (langue, langage, parole) dans son Cours de
linguistique générale, professé à l'université de Genève entre 1906 et 1911 et publié en 1916 par ses deux étudiants Charles
Bally et Albert Séchéhaye.
1
On peut citer d'autres signes : les images, les signes routiers.
Les signaux routiers (panneaux d'interdiction, panneaux d'indication, panneaux de fin
d’interdiction etc.) informent les conducteurs d'un danger, d'une interdiction, d'accomplir certaines
actions. Ces signes sont différents du signe linguistique. Ces signes ont un signifiant qui est conçu par
nos sens (l'ouïe, l'odorat, la vue(vert, jaune, rouge etc,), le goût, le toucher). Ces signes ont un aspect
matériel qui est toujours présent dans la pansée des interlocuteurs. Mais ils ne servent pas à créer de
situations de communication. Il en
manque le destinateur (auteur, sujet parlant du message
linguistique) et le destinataire,(interlocuteur), à qui est adressé le message. Il serait juste d'appeler ces
signes symptômes, indices, indicateurs. Ce sont ces signes qui nous permettent de prévoir (présager,
marquer) ex. les nuages, les hirondelles et le parapluie.
La langue représente l’ensemble des moyens linguistiques qui se trouvent à la disposition des
locuteurs. Saussure a défini la langue comme indépendante. Elle est à la fois produit social et
réalisation individuelle. La langue ne se réalise qu'individuellement dans la parole (discours) ou dans
l'écrit des locuteurs. C'est ainsi que Saussure est arrivé à distinguer deux plans : celui de la langue et
celui de la parole.
La parole ou le discours est la réalisation par l'individu des possibilités que lui offre la langue
lors de la formation des énoncés. C'est à ce niveau, dans les actes de langage, que le locuteur met en
œuvre le mécanisme du langage qu'il possède.
La langue existe dans la collectivité. Il n'y a rien de collectif dans la parole ; les manifestations
en sont individuelles, momentanées.
On distingue deux aspects de l'organisation de la langue ; le système (la structure) et la norme.
Le système est l'ensemble d'éléments homogènes, du même plan, qui sont liés entre eux et se
déterminent mutuellement. La structure fait penser aux relations intérieures qui unissent les éléments
d'un système. Ex. dans le système des temps verbaux on doit énumérer les formes temporelles du
verbe français et montrer les rapports qui existent entre ces formes.
La structure du temps verbal fait penser à l'organisation intérieure de ces formes temporelles.
On notera, par ex. , la structure analytique du passé composé ( de même que du plus-que-parfait, du
passé antérieur, du futur antérieur.) qui sont constitués de deux éléments ; verbe + participe passé et
la structure synthétique du présent ( de même que de l’imparfait, du passé simple, et du futur
simple.) qui sont composés du radical du verbe et des désinences temporelles.
La norme est la forme établie du signe linguistique, l'expression d'une catégorie
grammaticale. Ex. la modèle du passé composé (verbe auxiliare + participe passé) appartient à la
structure, mais le choix de l'auxiliaire avoir ou être appartient à la norme. Or, d'après la norme on dit
2
je suis parti et non *j'ai parti. La place du sujet et de l'objet dans Pierre aime sa sœur est dictée par
la norme du français, langue analytique.
Les éléments de la norme ne se choisissent pas. Ils représentent une servitude grammaticale.x.
On ne peut pas modifier l'ordre des mots dans la phrase Pierre ne le lui a pas expliqué.
La parole se présente sous deux aspects : un élément individuel (qui ne fait pas l'objet d’étude
de la grammaire, il fait l'objet d’édude de la stylistique) un élément non individuel qui fait l'objet
d'étude de la grammaire. Dans la linguistique cet élément non individuel a reçu le nom de parole
commune ou usage.
Il est donc nécessaire de distinguer la langue et l’usage de la langue. Le discours est formée
Pour bien posséder une langue il ne suffit pas d'en connaître toutes les formes et constructions,
mais il faut savoir les règles d'utilisations de ces formes et constructions suivant les situations et les
contextes.
Donc, d’une part la grammaire explique les règles de l’organisation de la langue, son système sa
structure, c’est-à-dire, les rapports entre forme et contenu(signifiant,signifié), d’autre part le
mécanisme du langage, c’est-à-dire, le choix de l’élément linguistique lors de la formation des
énoncés comme unités de communication.
Les registres de langue
Parfois, la norme n’est pas toujours observée. Les causes en sont différentes et nombreuses. Ce sont :
1. les compétences linguistiques des interlocuteurs. Elles ne sont pas toujours les mêmes chez les
porteurs de la même langue.
Ex.; hote dogue : chez les Canadiens chien chaud et hot dogue chez les Français et les Italiens.
On voit bien que les Canadiens admettent la traduction du mot.Autres exemples ;
1. Il s’approche de, la fenêtre. Je me rappelle notre prof, mais je me rappelle de toi.
2. Les registres de langue (registre de langue familier, registre de langue courant, registre de
langue soutenu ).
Ex.; je sais pas ; Vous parlez français?; Si j’ai(avais voulu) elle partira pour elle partirait.
Même s’il aurait des scrupules il finirait par accepter. Les mesures seront sévères, même si les familles
seront épargnées. Je lui ai demandé qu’est-ce qu’il a mangé pour ce qu’il a mangé.
3. Analogie. La norme n’est pas observée par analogie : Ex. :Au lieu de se rappeler qqch, on dit
se rappeler de qqch par analogie avec se souvenir de qqch.
A ce propos les grammairiens distinguent les phrases
grammaticales, (grammaticalement
correctes) et agrammaticales,( grammaticalement incorrectes). En général on distingue trois cas :
1. Le purisme : Dans ce cas on doit strictement observer les règles de grammaire pour construire
des phrases grammaticales. Il faut observer les accords, les inversions, accords des temps et des modes.
2. Laxisme. Dans ce cas toute déviation est permise et tolérée.
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3. Tolérance. Dans certains cas il est permis de ne pas observer la norme stricte qui est admise
par les grammaires . Pour bien s’orienter il faut nécessairement consulter les arrêtés ministériels où l’on
prévient les enseignants les fautes de grammaire qu’on doit tolérer. Ex. : l’accord du sujet avec son
prédicat, l’accord des participes dans les constructions infinitives : je l’ai entendu chanter et je l’ai vue
chanter. La concordance des temps etc.
Actualisation. L’actualisation c’est l’utilisation dans le discours des moyens linguistiques. Dans
la pensée les locuteurs ont des signes linguistiques virtuels qui s’actualisent dans la parole. Dans la
linguistique française la théorie de l’actualisation a été élaborée par Charles Bally et Gustave Guillaume
Charles Bally distingue deux types de signes : signe linguistique virtuel, appartenant à la langue (comme
un mot dans le dictionnaire), et signe linguistique actuel : ( un mot dans la phrase). Pour définir la notion
d’actualisation Ch. Bally part de la distinction saussurienne langue / parole. Il montre comment un mot
qui a un sens virtuel/général prend dans un texte, dans la parole,( dans le discours) un sens concret,
actuel et commence à désigner un objet unique, concret de la réalité.
L’actualisation, selon Guillaume, est le mouvement par lequel la langue devient parole, l’usager
passe du système qu’il possède à la réalisation effective de ce système. Dans une langue comme le
français. on peut situer dans le processus d’actualisation quelques grands faits comme la distribution
morphologique entre nom et verbe.Or, ce qui caratérise un nom, plus exactement un substantif dans cette
langue, c’est qu’il ne saurait parvenir au discours , être actualisé sans s’être accompagné d’un article ou
d’un substitut d’article. Le discours présente la table, cette table, ma table(s’il survient en discours le
pur syntagme table ne peut être compris que comme une actualisation à article zéro, réalisant une valeur
particulière ) Ce qui caractérise également un verbe, c’est qu’il est actualisé suivant les catégories
dénommées personne, temps, mode, voix dans la tradition
D'après Guillaume et Bally actualiser une pensée, une notion c'est l'identifier avec sa représentation
réelle chez l'interlocuteur. Actualiser une pensée c'est la localiser ou la déterminer par rapport aux trois
aspects suivant :
1.
par rapport au sujet parlant(moi)
2. par rapport au temps de la parole(maintenant)
3. par rapport à l'espace(l'endroit(le lieu)où se trouve l'objet du discours(ici)
Dans la phrase Je vois là-bas une maison le mot maison est concrétisé par rapport à son sujet jemoi, et par rapport au moment de la parole je vois - maintenant, et à l'espace là-bas, je vois là-bas une
maison.
Bally montre que pour le substantif la fonction d'actualisation est dévolue à l'article et aux substituts
d’articles(les déterminatifs(déterminants) possessifs, démonstratifs, indéfinis) ex.: table, une table, la
table, cette table, ma table, plusieurs tables etc. Ces déterminatifs tout en indiquant le genre, le nombre
et la détermination du substantif y ajoutent d’autres nuances sémantiques et grammaticales. .
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Les actualisateurs du verbe sont : les pronoms: je, tu, il etc. Les désinences qui précisent les
rapports temporels et modaux et les désinences(éléments variables qui s’ajoutent au radicauxdes mots
pour produire les formes des conjugaisons, des déclinaisons : flexions terminaisons) verbales.
D'après Guillaume au cours de l'actualisation l'esprit humain va de l’universel, du
général (généralisation)au concret, au particulier , au singulier(particularisation) et vice versa. Il appelle
ces mouvements de la pensée tension (tension généralisante, tension particularisante). Il distingue les
étapes suivantes de l'actualisation
I.
degré zéro, notion non actualisée – les formes non-personnelles du verbe,
le substantif
s'emploie sans article,
II. degré, notion dans son devenir – le mode subjonctif et l'article indéfini avec les substantifs.
III. degré, notion dans son existence –le mode indicatif, l’article défini avec les substantifs
Les niveaux de la structure grammaticale
L’organisation de la langue se présente comme une structure, c’est-à-dire un ensemble d’éléments
linguistiques qui sont liés entre eux et forment des niveaux. La combinaison des unités de niveau
inférieur constitue une unité de niveau supérieur.
On parle en produisant des énoncés qui se subdivisent en mots. Les mots sont faits de morphèmes, et
ces derniers sont constitués de phonèmes.
Le phonème c’est la plus petite unité distinctive de langue. Il n’a pas de signification. Il sert à
distinguer les différents mots et morphèmes.
Ex. : cure, cour(la), bien, lien, mien , rien, poule, boule, coule(il), foule, pomme, comme, pour,
four.
Les phonèmes ne font pas l’objet d’étude de la grammaire. Ils sont étudiés dans la phonétique.
Le morphème c’est la plus petite unité significative de langue. Il est constitué d’un ou de plusieurs
phonèmes. On distingue trois espèces de morphèmes :
1. lexicaux: marche, table
2. dérivationnels : -ment, -ette, -eur, marcheur, lentement, maisonnette,
3. grammaticaux : parlait, marchions, amie, enfants.
Les morphèmes lexicaux ont une signification lexicale. Dans la phrase La fillette chantait
gaiement il y a 3 morphèmes lexicaux: fille, chante, gai ; 2 morphèmes dérivationnels: -ette, -ment et
un morphème grammatical –ait.
Les morphèmes dérivationnels servent à former de nouvelles unités lexicales (des mots nouveaux)
(-ette, maisonnette, fillette, gaiement, tenir, tenailles, tenailler, teneur. Les morphèmes dérivationnels
font l’objet d’étude de la lexicologie.
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Les morphèmes grammaticaux s’ajoutent aux morphèmes lexicaux pour constituer les différentes
formes du même mot. A l’aide des morphèmes grammaticaux on forme le genre, le nombre, les temps, les
modes. Les morphèmes grammaticaux font l’objet d’étude de la grammaire.. Un morphème grammatical
est caractérisé par l’unité de forme et de sens. Un même morphème peut avoir ses variantes :
allomorphes.
Ex. : le passé simple a ses allomorphes suivantes : il parla , il aperçut, il partit, nous allâmes, nous
voulûmes, nous finîmes. Le pluriel des substantifs : chapeaux, clous etc.
Le mot. Les morphèmes se réunissent dans les mots qui peuvent avoir des morphèmes dérivationnels
et grammaticaux.
Le sens d’un mot peut avoir deux aspects : le sens notionnel, général de l’objet de la réalité qu’il
représente et l’appartenance catégorielle de cette notion. Le premier c’est le sens du mot , le deuxième
c’est l’appartenance du mot à une partie du discours.
Les mots tels que lent, lentement, ralentir, lenteur ont le sens général, commun à tous les mots de
la même famille(lenteur) ; le premier mot lent exprime la qualité de la substance, le deuxième exprime
la qualité de l’action, le troisième exprime une action, le dernier exprime une substance. C'est cela qui
permet de distinguer les parties du discours. Comme unité de langue le mot est caractérisé par: a. sa
mobilité positionnelle, b. sa séparabilité., c. sa substitution.(il est substitué par une autre partie du
discours.). Ex.: Pierre m’ a donné son livre/Il me l’ a donné..
Le mot peut fonctionner aussi au niveau syntaxique et devenir membre de la phrase (sujet,
prédicat, objet etc.). Donc le mot peut faire l'objet d'étude et de la morphologie et de la syntaxe. On
distingue donc deux types de mots: mots autonomes,( mots à sens plein, mots à sens lexical) et mots
non autonomes,(mots à sens grammatical ou mots outils). Les mots-outils occupent une place
intermédiaire entre le mots autonomes et les morphèmes.
Membre de proposition(phrase). Dans la proposition le mot entre dans différents rapports avec
d'autres mots, prend une forme spéciale, devient une unité spéciale du discours appelée membre de la
proposition. Comme membre de la proposition le mot remplit différentes fonctions syntaxiques . Par ex.:
dans la phrase le substantif remplit les fonctions syntaxiques suivantes: sujet,
complément d’objet
direct. complément d’objet indirect, différents compléments circonstanciels etc.
Dans la phrase Les enfants rentrent à la maison il y a six mots mais trois membres de la
proposition. Il ne faut pas confondre la forme morphologique du mot et la forme syntaxique du mot.
Dans la phrase précitée les formes morphologiques du mot sont : enfants, rentrent; les formes syntaxiques
du mot sont: les enfants, à l'école.
Groupe de mots. Le groupe de mots c'est la plus petite unité syntaxique qui est composé au moins
de deux mots autonomes(pleins) unis par un lien syntaxique(préposition ou ordre des mots) dont l'un est
subordonné à l'autre(terme principal et terme subordonné). Le groupe de mots occupe une place
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intermédiaire entre le mot et la proposition. Comme le mot, il peut être étudié et dans la lexicologie et
dans la grammaire. C'est dans le groupe de mots que se trouvent réalisées les possibilités combinatoires
du mot. En outre, c'est dans le groupe de mots que l'on observe l'accord sémantique des éléments
formants le groupe de mots. Par ex.: le verbe penser peut être associé à des substantifs animés(
personnes, anthroponymes). L'homme pense, rit , croit.. Au cas contraire, si le même verbe penser de
la proposition est associé à un sujet inanimé, on observe , soit un changement de sens(sens figuré ou
personnification). Le loup pense et dit. ( La nature rit. L'honneur parle. Les faits parlent. L'enfant
chante; La rivière chante etc.), soit la proposition. n'a pas de sens Le plancher montre, rit, voit
D'après les liens sémantiques et syntaxiques qui existent entre les éléments des groupes de mots on
distingue groupes de mots libres et groupes de mots figés(phraséologiques). Dans les groupes de mots
figés les éléments constitutifs ne sont pas remplaçables et le sens ne découle pas du sens des éléments
formitifs. Les groupes de mots figés font l’objets d’étude de la phraséologie(lexicologie). Ex. avoir
maille à partir avec qqn ; avoir peur, faire peur, prendre part etc. Dans le groupe de mots libre
chaque élément peut avoir des compléments , c’est-à-dire, peut être enrichi à l’aide des compléments du
nom ou d’une proposition relative: prendre son déjéuner et prendre son déjeuner à la même heure.
Donc les éléments du groupe de mots sont remplaçables, libres. Or, c’est le groupe de mots libre qui fait
l’objet d’étude de la grammaire. Ex. : Le curé du village promène son chien de berger ; La fille du
meunier porte un bouquet de fleurs des champs.
La proposition (phrase). C’est l’unité de communication . Elle est formée de mots et de groupes
de mots. Comme unité de communication elle est phonétiquement et grammaticalement organisée, c’està-dire elle a la prédication et l’intonation. La proposition a son sujet qui fait l ’action localisée dans le
temps et dans l’espace. La proposition est pluriaspectuelle. On distingue les aspects suivants de la
proposition : a. syntaxique ; b. sémantique ; c. logico-communicative.
Aspect syntaxique .L’analyse syntaxique relève l’organisation grammaticale de la proposition, c’està-dire les membres et le schéma de la proposition(sujet, prédicat verbal, nominal, les compléments direct
et indirect. etc.)
Aspect logico-cmmunicatif . L’aspect logico-cmmunicatif présente la proposition comme unité
porteuse d’information. On y distingue le thème et le rhème. Le thème c’est la partie connue de
l’information. Le rhème c’est ce qui est nouveau pour l’interlocuteur. C’est ce que le sujet parlant veut
informer.( pourquoi , dans quel but on veut dire cela.)
Ex. : Dans la proposition Balzac a écrit Le Chef-d’œuvre inconnu en 1831 le mot Balzac fait
partie du thème, puisqu’on pose la question quand Balzac a écrit son roman Le Chef-d’œuvre inconnu ?
Tandis que Le Chef-d`œuvre inconnu est écrit par Balzac en 1831, le mot Balzac fait partie du rhème,
puisqu’on pose la question par qui est écrit le roman Le Chef-d’œuvre inconnu? Le rhème est le porteur
de l’information (ce que l’on veut informer) . Le rhème est toujours exprimé. Tandis que le thème
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(information connue) peut être sous-entendu.. L’opposition thème/rhème est importante pour l’étude de la
syntaxe : ordre des mots, mise en relief, emploi des déterminatifs etc.
Aspect sémantique L’aspect sémantique de la proposition reflète une situation de la réalité dont on
parle. A ce niveau on relève l’agent comme sujet sémantique de la proposition, l’action comme
prédicat sémantique, qualité, porteur de qualité, objet de l’action.etc.
Le sujet sémantique c’est le vrai agent de l’action ou porteur de qualité, d’état. Le prédicat
sémantique exprime l’action, la qualité du sujet. Le sujet sémantique peut correspondre au sujet
grammatical ou au complément d’agent. Les ouvriers construisent un pont ; Le pont est construit par les
ouvriers. Dans la phrase Le pont est construit par les ouvriers le sujet sémantique c’est le complément
(par les ouvriers ) appelé complément d’agent.
On peut présenter les niveaux essentiels et intermédiaires suivants(d’après V. Gak)
1 Texte(discours)
unité supraphrastique
2. Proposition
membre de la proposition
groupe de mots
3. Mot
mots-outils
4. Morphème
5. Phonème
Les unités suivantes : morphèmes, variantes du morphème, mot, groupe de mots , proposition
appartiennent au système.
Les unités suivantes: variante du morphème, membre de la proposition, groupe de mots,
proposition(énoncé), unité supraphrastique, texte appartiennent à la parole.
Chaque unité de niveau supérieur est composée d'une ou de plusieurs unités de niveau inférieur.
Plusieurs phonèmes composent un morphème. Un mot est composé soit d'un morphème(parle). Soit d'un
phonème, ou d’un morphème ex.: eau, parle ! . Un groupe de mots est composé de plusieurs mots. Une
proposition est composée de plusieurs mots ou groupes de mots.
Dans la linguistique française les théories des niveaux de la langue ont été élaborées par
E.
Benveniste et A. Martinet.
Résumé. La syntaxe étudie les structures syntaxiques, l'ordre des mots etc. La morphologie étudie
les morphèmes grammaticaux. La lexicologie étudie les morphèmes lexicaux et dérivationnels. La
phonétique étudie les phonèmes, la mélodie de la phrase, la structure phonique du mot etc. Le mot est
composé de morphèmes grammaticaux, dérivationnels et lexicaux. Les unités de la syntaxe sont :
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mot,.membre de la propositon, groupe de mots, phrase ou unité supraphrastique. Toutes ces unités sont
considérées comme élément constitutif du texte.
Les rapports syntagmatiques et paradigmatiques
Les éléments linguistiques se réunissent entre eux d'après deux types de relations:
syntagmatiques et paradigmatiques. Les rapports syntagmatiques sont ceux de contiguïté :Ils lient
les éléments voisins pour constituer une unité de niveau supérieur. Ces éléments peuvent se combiner,
mais ils ne se remplacent pas. Ex. : dans la phrase Pierre aime Marie les substantifs(Pierre , Marie) et
le verbe se trouvent dans les rapports syntagmatiques.
Donc les apports syntagmatiques lient :
Deux phonèmes : i + l = il
Deux morphèmes : parl + ez = parlez
Deux ou plusieurs morphèmes dans un groupe de mots : le + chien + de + Pierre= le chien de
Pierre.
Deux mots ou groupe de mots dans une proposition : Pierre + aime + la +sœur + de + Marie =
Pierre aime la sœur de Marie.
Le choix d’un élément sur le plan syntagmatique dépend de ses possibilités combinatoires.
Les rapports paradigmatiques sont ceux de ressemblance, de substitution. Ces éléments
peuvent se remplacer mais ils ne se combinent jamais. Ex. : port, porter, porteur, supporter,
rapporter constituent un groupe paradigmatique. Ces éléments sont réunis autour de l’idée de port.
Les désinences –e, -es, -e, -ons, -ez, -ent sont réunies par l’idée de personne
Le choix d’un élément sur le plan paradigmatique dépend surtout de sa fonction, de son sens.
Donc l’emploi d’un élément linguistique est déterminé par l’interaction de l’axe syntagmatique
et de l’axe paradigmatique.
I
II
III
Parl(er)
-e, -s
je, nous
Finir(ir)
-es, -s
tu, vous
Di(re)
-e, - t
il, elle , ils, elles
Ecri(re)
-ons, - issons
Le schéma
représente trois groupes paradigmatiques : verbes(radical verbal), désinences
verbales, personne exprimée par les pronoms.
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Pour obtenir la forme verbale nous parlons nous devons faire un choix sur le plan
paradigmatique en choisissant les éléments voulus d’après le sens et la fonction : nous, parl, -ons.
Après avoir choisi les éléments nécessaires nous devons les unir d’après leurs possibilités
combinatoires. C’est ainsi que - ons sera réuni au radical parl et nous aurons parlons qui sera uni à
nous. Ainsi nous aurons nous parlons. Donc on fait le choix d’après le sens et la fonction sur le plan
paradigmatique et on fait
aussi le choix d’après les possibilités combinatoires sur le plan
syntagmatique.
Quelles sont les possibilités combinatoires de -nous, - ons, -e, - issons , - vous, -ez,-issez
Les méthodes d'analyse grammaticale
Les méthodes d'analyse grammaticale sont basées sur les rapports
paradigmatiques et
syntagmatiques des éléments linguistiques. Dans les études linguistiques les méthodes les plus
employées sont les suivantes : distributionnelle, transformationnelle, componentielle, contextuelle.
La méthode d`analyse distributionnelle Elle est basée sur les rapports syntagmatiques sans
négliger les liens paradigmatiques. Dans un énoncé
chaque élément est caractérisé par son
environnement ou occurrence. ’’ Donnez l′environnement d′un élément c'est indiquer quel
élément le précède et quel élément le suit’’(La linguistique, Guide alphabétique sou s direction de
A. Maitiuet.P.1960, p.29.).
Par exemple : l'adjectif français peut avoir la distribution ( les environnements) suivante
1.
Dét. + Adj. + Subs. – le (un ) grand arbre
2.
Dét + N + A – le (un ) livre intéressant
3.
Adv.+ A
bien joli
4.
V. + adj
Voir clair, coûter cher, parler haut
5.
Adv. + S
Marie est très femme
6.
V. + S
Pierre est devenu marteau
L'ensemble des environnements constitue la distribution de l'élément étudié. .
Tout élément qui peut remplacer le mot grand dans cet environnement est qualifié
fonctionnellement d'adjectif. Ex. chapeau paille, gant beurre, voiture aubergine
La méthode distributionnelle est utilisée dans la morphologie pour relever les morphèmes
grammaticaux. Ex. Dans les mots calmer, ça calme, ça calmait on distingue les unités minimales
significatives –e, -er, -ait, qui sont appelées aussi morphèmes (des monèmes (d’après A. Martinet). Les
morphèmes (monèmes) gardent les mêmes significations dans les autres mots, ex. calmer / fermer,
calmement / fermement, ça calmait / ça pesait.
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Mais si l'on compare les formes fermer et finir on voit que le même sens est exprimé par les
morphèmes différents –er, -ir. On relève, par là, des allomorphes ; les variantes positionnelles du
morphème. L'ensemble des allomorphes forme le morphème. Cela concerne aussi les morphèmes
radicaux (les lexèmes).
Ex. clair/clar peuvent être considérés comme allomorphes du même radical. Cette méthode est
employée aussi dans la morphologie pour identifier les différentes parties du discours.
Ex. Il a hérité cette ferme de son oncle.
Il a un caractère ferme.
Pierre ferme les yeux et s’endort.
Le clou tient ferme.
L'appartenance du mot ferme aux différentes parties du discours est précisée par son environnement.
Dans la première proposition le mot ferme est suivi du mot cette. Cette position est propre aux
substantifs.
Dans la seconde proposition la position du mot ferme est propre à l'adjectif.
Dans la troisième proposition cette position est propre au verbe, et dans la dernière proposition à
l'adverbe.
Cette analyse montre que les éléments indentiques du point de vue fonctionnelle (sémantique) ont la
même distribution. L'identification des éléments par leur interchangeabilité dans un contexte est à la base
du principe de commutation qui reflète la correspondance entre la forme et le contenu.
C'est pourquoi tout élément qui peut remplacer le mot ’’grand’’ dans un grand arbre (bel, vieil) est
classé parmi les adjectifs.
Une autre application de la commutation c'est la substitution qui consiste à remplacer l` élément que
l'on veut identifier par un autre qui ne suscite pas de doute. Examinons : Il parle de venir ; et Il promet de
venir. Dans ces deux phrases la forme du complément introduit par de + s. ne permet pas d'identifier la
nature des compléments. Pourtant la substitution pronominale montre clairement la nature du pronom –
en- dans ces deux phrases.
1. Il en parle. 2. Il le promet . Les pronoms en et le servent à distinguer les compléments a) direct
(dans la II-ème phrase) et b) indirect (dans la I-ère phrase).
La méthode d`analyse transformationnelle
Cette méthode accentue les rapports paradigmatiques dans la langue.
Elle a une caractère dynamique, c'est-à-dire, elle relève les liens entre les formes, la dérivation d'une
forme à partir de l'autre ; elle permet de relever la ressemblance sémantique là où la méthode
distributionnelle ne le permet pas.
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Ex. le syntagme l'invitation du médecin a deux interprétations qui peuvent être précisées en le
transformant en syntagmes verbal : Le médecin a invité quelqu'un. Quelqu'un a invité le médecin.
Donc la transformation permet d'identifier les formes ou constructions ambiguës. Cette transformation a
montré de façon manifeste la formation d'un élément grammatical à partir d'un autre.
L'étude des transformations permet de réduire les multiples formes d'expression à une seule
invariante sémantique. C'est ainsi que l'on distingue les structures de surface et les structures
profondes.
Les structures de surface sont caractérisées par le décalage entre la forme et le contenu.
Les structures profondes sont caractérisées par le fait que les formes y sont employées dans leur
fonction primaire et n'ont qu'une interprétation directe.
On a recours à la méthode transformationnelle et dans la syntaxe, et dans la morphologie. Elle se
trouve à la base de la grammaire générative, pour montrer comment une structure est issue à partir d’une
autre et de relever des rapports syntaxiques sujet-objet, attribut.
Sujet - l'arrivée du président – le président arrive.
Objet - l'amour de Dieu – On aime Dieu.
La construction du pont
On construit le pont.
Active - Passive - Les ouvriers construisent le pont.→ Le pont est construit par les ouvriers
Attributive - L'obscurité des forêts
Les forêts sont obscures.
La beauté de Carmen. Carmen est belle.
Méthode d'analyse sémantique (sémique)
Cette méthode d'analyse s'applique aux formes grammaticales pour mieux étudier le contenu
sémantique. Pour mieux étudier le contenu sémantique, on applique aux formes grammaticales l'analyse
sémantique élaborée par la sémantique moderne en vue d'étudier les significations des mots.
Le contenu sémantique des unités linguistiques est constitué d'un ensembles de sèmes. Le sème
est une unité minimale de sens.
Sur le plan du contenu chaque sème représente un trait distinctif de l'événement que l'on décrit.
Sur le plan de l'expression les sèmes sont relevés par les oppositions des formes qui les renferment.
Si l'on compare les formes table – tables on relève le sème ’’nombre’’ (unicité / pluralité) qui existe
entre ces objets (une table) et plusieurs objets de la même espèce (des tables, zéro - s).
De même l'opposition ami-amie
permet de relever le sème ’’genre’’ ; o-e.
On observe des cas ou une forme grammaticale s'oppose simultanément à plusieurs formes de la
même classe. Chaque opposition fait naître un sème. Alors cette forme cumule en elle plusieurs sèmes.
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C'est là que l'analyse sémantique devient particulièrement efficace et intéressante, si on veut analyser
avec plus de détail le contenu des formes grammaticales.
Par exemple : le passé composé s'oppose aux formes verbales suivantes ; présent, imparfait, passé
simple, passé surcomposé ;
a) Passé composé – Présent (sème commun=le moment de la parole)
1. action, ayant lieu au moment de la parole et action ayant lieu avant le moment de la parole
2. action antérieure au moment de la parole (présent)
b) Passé composé – Imparfait (sèmes communs - action passée , action limitée, action non limitée)
1. action limitée dans le temps
2. action qui n'est pas limitée dans le temps
c) Passé composé – Passé simple (sème commun - action passée ; sèmes diffèrentiels : rapport avec
le moment de la parole, sans rapport avec le moment de la parole)
1. action achevée liée au présent
2. action achevée qui n'est pas liée au présent
d) Passé composé – Passé surcomposé
1. action passée sans rapport avec une autre action passée
2. action passée antérieure à une autre action passée
Ces quatre oppositions montrent que le contenu de chaque forme grammaticale comprend au moins
quatre sèmes : Passé composé = 1. action antérieure au moment de la parole
2. action limitée dans le temps
3. action liée au présent
4. action sans rapport avec une autre action passée
L'analyse sémique donne la possibilité de mieux saisir les modifications (la transformation
sémantique des formes grammaticales au cours de leur réalisation dans le discours (dans le contexte).
Les oppositions montrent que le contenu du passé composé constitue un ensemble de sèmes. Dans le
discours tous les sèmes ne sont pas réalisés simultanément, ensemble. Selon l'intention des locuteurs tel
sème peu s'actualiser venir au premier plan et tel autre passe au dernier plan et s'estompe (il tourneprésent / il tournait - imparfait, la terre tourne/ /l'escalier qui conduit à la rivière ; la clarté qui
tombe des étoiles) le le sème inachevé du présent Nous étions dans le parc :une inconnue s’approche de
nous et nous demande : voulez-vous que je vous dise la bonne aventure ?
L'ensemble des formes d'une même classe recouvre un champ national : ex : toutes les formes
temporelles constituent le champ sémantique notionnel du temps. Au sein de ce champ notionnel on
distingue les sous-champs du passé, du présent, du futur. Chacune de ces formes représente une portion
de ce champ notionnel.
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Donc l'analyse sémique s'applique aux formes grammaticales pour étudier 1) la polysémie, la
synonymie des formes grammaticales ; 2) les nuances sémantiques (sèmes) qu'une forme grammaticale
peut recevoir ou qu'elle possède ; 3) le problème de champ sémantique (de champ notionnel) .
La catégorie grammaticale
Le système grammatical d’une langue est caractérisé par l’ensemble de ses catégories grammaticales
(morphologiques et syntaxiques).
La catégorie grammaticale représente l’unité de la valeur grammaticale et de la forme grammaticale.
La valeur ( le sens) grammaticale est très générale, abstraite. Elle est propre à tous les mots de la même
classe et trouve son expression à l’aide de formes telles que :suffixes, flexions, changements
morphologiques de mots, mots outils, ordre des mots etc.
Ex.. les mots tels que aller, nager, finir, partir, voir etc. se réunissent dans la classe de verbe
d’après le sens très large : processus
Les mots tels que rouge, beau, jaune cruel, etc. se réunissent dans les adjectifs par leur sens
commun très large qualité. Dans les mots autonomes le sens grammatical et le sens lexical s’associent et
représentent une unité.
Le sens grammatical, comme nous l’avons déjà dit, trouve son expression à l’aide des mots outils,
des flexions etc.
Dans le mot la construction les catégories grammaticales du genre et du nombre sont exprimées par
le déterminatif(article) la.
Dans la phrase Pierre a écrit le sens grammatical du passé achevé, accompli et le mode indicatif sont
exprimés à l’aide du verbe aux. + pp.
C’est cette unité de valeur (sens) grammaticale et de sa forme d’expression qui s’appelle catégorie
grammaticale.
Les moyens d’expression de la catégorie grammaticale peuvent être morphologiques et syntaxiques
Chaque langue a ses propres catégories grammaticales. Le substantif du français, par ex., a les
catégories grammaticales du nombre et du genre, alors qu’il n’a pas celle du cas.
Le verbe, lui, a les catégories verbales suivantes: temps, mode, voix, transitivité.
L’adjectif qualificatif a la catégorie du degré du comparaison.
C’est d’après leur sens grammatical et lexical que les mots se divisent en mots significatifs, à sens
lexical et en mots grammaticaux. Dans un mot à sens lexical le sens grammatical et le sens lexical sont
associés, c’est – à – dire, le sens grammatical accompagne le sens lexical: ex. aller, rouge, cheval, etc.
Dans les mots à sens grammatical (mots outils) le premier plan est accordé au sens grammatical. Le
sens lexical est rejeté au second plan: ex. avoir et être comme verbes et comme auxiliaires.
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L’existence d’une catégorie grammaticale est conditionnée par des oppositions Les oppositions sont
la raison d’être d’une catégorie grammaticale : ex. la catégorie du nombre et du genre en français,
pourtant celle du genre en arménien ne est pas binaire et ne constituent pas de catégorie grammaticale..
Les formes qui s’opposent dans une même catégorie s’appellent sous-catégories.
singulier
nombre
pluriel
L’opposition binaire est la raison d’être des catégories grammaticales. On distingue aussi des
catégories grammaticales multiples. Ex. : la voix, le temps, la personne, le mode etc.
D’après leurs rapports avec la réalité extralinguistique les catégories grammaticales peuvent être
significatives et non significatives. La plupart des catégories grammaticales sont significatives. : Ex .: le
temps, le nombres des substantifs. concrets, le genre des substantifs. animés. Les catégories
grammaticales non significatives sont celles qui ont perdu tout lien avec la réalité extralinguistique. Ex.:le
genre des substantifs inanimés, le nombre des substantifs abstraits ou non nombrables. Ex. le mur, le
plancher, les joies, les vins , lles neiges, les soleils.
Les catégories significatives se divisent en catégories grammaticales. subjectives et en catégories
grammaticales objectives. Les catégories grammaticales. objectives reflètent les rapports et les propriétés
entre les objets indépendamment du sujet parlant. Ex. : le nombre des substantifs concrets, le genre des
substantifs animés, les relations temporelles, l’aspect du verbe.
Les catégories subjectives reflètent les relations entre les objets par rapports au sujets parlant. Ex.: la
personne, le mode, la voix, la détermination( le degré d’information du sujet parlant au sujet des objets
extralinguistiques) etc.
On distingue des catégories purement grammaticales et des catégories lexicogrammaticales Les
catégories purement grammaticales concernent tous les mots de la même classe. Ex. : le genre, le nombre
des substantifs et des adjectifs ; les temps : passé, futur, présent etc.
Les catégories lexico-grammaticales concernent une partie des mots de la même classe. : la voix
passive concernent les verbes transitifs , l’aspect concerne les formes temporelles, les verbes perfectifs et
imperfectifs etc.
Morphologie et syntaxe. Les aspects grammaticaux du problème du mot.
Les éléments grammaticaux font partie soit du mot soit de la phrase toute entière. Les éléments qui
font partie du mot appartiennent à la morphologie Les éléments qui font partie de la phrase appartiennent
à la syntaxe. Or, la morphologie étudie la structure du mot, ses modifications, alors que la syntaxe étudie
la combinaison des mots dans les unités syntaxiques(groupes de mots, phrase etc.).
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Examinons la phrase Les petits enfants jouent avec le chien de la voisine. Dans cette phrase on
peut relever les types suivants d’éléments grammaticaux : a) –s, -ent, -e ; b)les, avec, le, de la. Les
premiers font partie du mot, appartiennent à la morphologie. On les appellent flexions morphologiques.
Les deuxièmes font partie de la phrase, appartiennent à la syntaxe. On les appelle morphèmes syntaxiques
ou mots-outils..
La distinction de la morphologie et de la syntaxe dépend en partie de la conception de la limite du
mot(unité de mot).
Si l’on considère les enfants, le chien, avec le chien, la voisine, de la voisine, au voisin comme un
seul mot, alors on doit admettre que ces éléments font partie du mot et appartiennent à la morphologie
comme flexions morphologiques. Dans ce cas on doit admettre que le français a la catégorie du cas, la
déclinaison. le chien nomin.; du chien gen.; au chien datif etc. La présence dans la langue française de
ces formes analytiques (qui sont composés de plusieurs éléments)rend difficile la distinction entre la
morphologie et la syntaxe. Ex. la forme il a fait est considérée comme une unité grammaticale, une forme
grammaticale exprimant la catégorie morphologique du temps : le passé composé.
On peut analyser de la même façon la forme il va faire construction analytique exprimant le sens du
futur proche.
Si l’on considère il veut faire, il doit faire, il commence à faire comme une forme on doit
admettre qu’en français il y a un mode optatif, un temps futur obligatoire, un aspect inchoatif, si l’on les
considère comme la combinaison de mots, on doit admettre que les sens optatif, inchoatif et obligation
sont exprimés syntaxiquement, c’est-à-dire par la forme syntaxique du mot.
L'aspect grammatical du problème du mot
Il est difficile de relever et de tracer les frontières du mot, c'est à dire où est le commencement et la
fin du mot ou bien combien de mots on compte dans un énoncé, dans un groupe rythmique (syntagme).
Exemples ; je fais, en faisant, je ferai, il est venu – sont-ils des formes différentes du même mot?
Pour en trouver la solution il faut tenir en considération les critères phonétiques, grammaticaux,
sémantiques.
Critère phonétique
La marque du critère phonétique c'est l'accent. On sait que l'accent en français frappe la dernière
syllabe du mot. Mais la liaison et l'enchaînement effacent les frontières du mot. Ex. Elle a mal à la têt.
Les amis de nos amis sont nos amis.
Donc le critère phonétique ne suffit pas à lui seul de trouver les frontières, les limites du mot.
Critère sémantique
On sait que le mot à sens lexical (ataunome)exprime une idée, une notion d’une manière autonome.
Dans Pierre marche lentement, nous avons trois mots qui expriment trois sens lexico-grammatical. Mais
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en français il y a aussi des groupes de mots qui aussi expriment une idée. Ex . arc- en- ciel, pot-de-vin.
Aussi, ce critère seul ne permet pas non plus de tracer les limites du mot.
Critère grammatical
Le rôle du critère grammatical sousentend la forme du mot et tient en considération tout l'ensemble
comme une unité et non ses parties. Le mot portemanteau doit être considéré comme un seul mot, parce
que son pluriel se forme à l'aide de la marque du pluriel –x qui s'ajoute au mot portemanteau.
Pourtant il y a des mots composés qui ne suivent pas cette règle bonshommes, choux-fleurs,
timbres-poste, faire peur=je ferai peur.
Le mot est indécomposable ; c'est-à-dire on ne peut pas insérer dans le corps du mot d'autres
éléments. Ex. moulin à café, un moulin à café électrique et non un moulin électrique à café.
Parfois ce critère non plus n'est pas suffisant de tracer les limites du mot. Ex. un filet de pêche, un
filet gris de pêche, il n'a pas fait, , il n'a pas tout fait, il n'a pas encore tout fait.
L'ordre des morphèmes au sein du mot mi-jambes, mi-corps, mi-figure, mi-raisin, une galerie misalle de billard, mi-cabinet de travail, mais cette règle n’est pas non plus toujours observer ex. devant
les articles, les possessifs – son feu père, feu sa mère.
RÉSUMÉ
Les exemples montrent qu'il est difficile en français comme langue analytique de tracer les
limites du mot et c'est pourquoi beaucoup de linguistes refusent de chercher les limites du mot comme
unité linguistique, et proposent d'autres appellations ; molécule syntaxique (Bally), syntagme autonome
(Martinet), lexie (Pottier).
Mais ce qui est positif chez ces linguistes c'est qu'ils ont mis une différence entre le mot actualisé et
le mot virtuel, non actualisé, par exemple (sémentème et molécule syntaxique-Bally), monème et
syntagme autonome - Martinet, (morphème et mot - Dubois). En plus, dans la linguistique française il y
a des grammairiens qui ne se proposent pas de distinguer le mot, le mot composé et le groupe de mots (
portemanteau, chemin de fer, chien du berger ).
Certains linguistes (Dubois) ne mettent pas de distinction entre avaient mangé dans les enfants
avaient mangé et les enfants devait manger (avaient mangé – 1 mot / devaient mangé – 2 mots )
Il nous semble que les linguistes ne doivent pas rejeter au dernier plan la notion du mot (et ses
limites) comme unité de la structure linguistique. L′individu parle en formant des énoncés, qui se
répartissent en syntagmes, en membres de la proposition, car il sait et se souvient de la langue à travers
les mots comme une réalité psychologique et linguistique.
Les moyens de l′expression du sens grammatical. Il est exprimé par
1.
un morphème ajouté au mot – agglutination – table-tables
2.
un morphème qui remplace un autre nous allons – nous irons
a)
une flexion qui modifie le mot par d′autres (désinence) allons – allez
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b) une flexion séparable dans le mot analytique je suis allé – il est allé
c)
un mot outil s′ajoute-l′école-à l′école- de l′école
d)
l′ordre des mots (changement) Pierre aime Marie. Marie aime Pierre.
e)
Intonation Tu viens. Tu viens ?
Les deux premiers moyens appartiennent à la morphologie, les trois deniers à la syntaxe.
On distingue:
1. mot autonome – des mots à sens lexical – verbe et substantif
2 mot non-autonome ( mots outils remplissant le rôle grammatical (article, prép., conj.) et les
verbes auxiliaires.
La valeur grammaticale. Lexique et grammaire
On distingue dans chaque langue le lexique et la grammaire. Les mots, éléments du lexique,
servent à nommer des objets de la réalité.
Les éléments grammaticaux servent à former une phrase qui décrit un événement.
Les éléments lexicaux possèdent une valeur nominative autonome.
Les éléments grammaticaux ont une valeur nominative non autonome.
La même notion peut être exprimée de façon autonome (lexicalement) ou non autonome
(grammaticalement).
Examinons ; 1) Il arrive ra.
2) Il arrive demain.
Nous partirons.
Nous partons demain.
Dans ces deux phrases l'idée de futur est exprimée de deux manières différentes : 1.
grammaticalement (1) et 2. lexicalement (2), dans la première phrase –ra et dans la deuxième demain.
A la question Quand arrivera-t-il? on peut répondre demain et non pas –ra. Donc ‘demain’ a une
valeur nominative autonome (cet élément peut former une phrase indépendante) alors que la valeur
nominative de –ra est non autonome. ‘Demain’ est un élément lexical, –ra est élément grammatical, qui
rentre dans le corps du verbe.
D'autres exemples ; 1) As-tu mis ton cahier dans le cartable ?
2) Qui je l'ai mis dedans.
3) Je l'ai mis dans.*
Dedans a une valeur nominative autonome.
Dans a une valeur nominative non autonome, il représente un élément grammatical et ne peut pas
former à lui seul une phrase lexico-grammaticale.
Ces exemples montrent que les éléments grammaticaux font partie des éléments lexicaux (dans le
corps du mot arrivera) ou de la phrase (dans le cartable).
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Les parties du discours
Dans le vocabulaire d' une langue on distingue de grandes classes de mots appelées communément
parties du discours.
Les parties du discours sont caractérisées par trois aspects: a. aspect sémantique, b. aspect
syntaxique, c. aspect morphologique.
a. aspect sémantique. L'aspect sémantique c'est le sens général des mots formant la partie du
discours donnée. Ainsi, les mots tels que chien et garçon, maison et jardin expriment la substance au
sens large du mot., c'est-à-dire des êtres et des objets.
b. aspect syntaxique . Les mots fille, chat, maison peuvent remplir dans la phrase les fonctions
syntaxiques du sujet, du complément direct / indirect etc.; les mots vient, va, lance remplissent dans la
phrase la fonction du prédicat verbal.
c. aspect morphologique. C’est la forme grammaticale du mot, c’est-à-dire l’ensemble des
catégories grammaticales des mots de cette parties du discours. Les mots tels que le chat, la maison, les
garçons etc. ont les catégories du nombre et du genre. pourtant les mots voit, vient etc. ont les
catégories verbales du temps, du mode, de la transitivité, mais ils n'ont pas de genre .
Les problèmes en discussion dans les parties du discours
Les discussions se font au sujet des questions suivantes:
a.
la nécessité de distinguer dans une langue les parties du discours.
b. l'inventaire des parties du discours
c.
la hiérarchie des catégories grammaticales dans les parties du discours
d. les principes de distinguer et de classifier les parties du discours
La distinction des parties du discours dans une langue est difficile à cause des difficultés objectives
qui surgissent devant les chercheurs. Premièrement, les parties du discours ne forment pas un systèmes
rigide, c'est – à – dire elles ne sont pas nettement séparées les unes des autres. Par ex.: on relève des faits
intermédiaires (la transposition du partie du discours, le passage des mots d'une classe à une autre, la
neutralisation des indices catégoriels, grammaticaux dans certaines constructions) qui rendent difficile la
distinction des parties du discours et donnent lieu à beaucoup de discussions .Par exemple
a.
les participes passé et présent possèdent et l'indice de l'adjectif et l'indice du verbe. Ex. les
drapeaux flottants et les drapeaux flottant au vent. Il a mangé une pomme et une pomme mangée.
b. Les déterminatifs ont l'indice d'un adjectif et d'un pronom. Ex. ce livre et ce sont des livres.
c.
Les mots avant et devant sont tantôt adverbe, tantôt préposition. La première va devant(adv.),
devant la maison(prép.)
d. Dans certaines constructions les mots perdent leurs indices catégoriels. Ex. ma chère (adj.) amie
et les fruits coûtent cher (adv.).
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La difficulté de distinguer les parties du discours est à tel point évidente que certains grammairiens
refusent d’étudier ce problème et préconisent l’idée de s’en débarrasser le plus vite possible.
D’autres grammairiens se prononcent contre l’emploi du terme partie du discours. Ils prétextent
que partie du discours est une traduction du latin partes orationis et affirment que le terme est mal
choisi , car il appartient à la langue et non pas au discours. Alors ils proposent d’autres termes : partie de
langue(G. Guillaume), catégorie lexicale (Ch. Bally) , espèces de mots (Tesnière), classes
grammaticales(Dubois), espèces grammaticales, classes distributionnelles, (Guiraud, Galichet).
Pourtant l’existence des parties du discours est une réalité linguistique indiscutable, car même si les
grammairiens qui refusent l’existence des parties du discours, sont obligés d’employer les termes
traditionnellement admis dans la grammaire, par ex. : substantif, verbe. adverbe, adjectif etc.
L’inventaire des parties du discours
Dans les grammaires françaises on distingue
les parties du discours suivantes :le substantif, les
déterminatifs(actualisateurs des substantifs), l’adjectif, le nom de nombre, le verbe, l’adverbe, la
préposition, la conjonction, l’interjection, les particules, les mots phrases(oui, non, etc.). Leur
nombre varie de 7 à 12.
Dans toutes les grammaires on distingue en premier lieu le substantif et le verbe. En français on
reconnaît le substantif par sa distribution(les mots qui l’environnent), par les suffixes qui lui sont
propres. L’indice principal du substantif ce sont les déterminatifs, surtout l’article. Quant à son sens le
substantif désigne la substance, c’est-à-dire n’importe quel objet de la réalité extralinguistique, les objets
qui nous entourent. Ces fonctions syntaxiques sont celles du sujet et des compléments. Employé comme
attribut le substantif se rapproche de l’adjectif (fonction secondaire) chapeau paille, il est étudiant
Le verbe, lui, exprime des processus et des états attribués à celui qui en est l’auteur(à son sujet). Ils
sont actualisés dans le temps.
Les formes personnelles du verbe remplissent la fonction du prédicat. Elles expriment, en outre, la
personne qui fait ou subit l’action, le nombre des personnes, le temps de l’action etc.
Les formes non personnelles (infinitif, participes, gérondif) expriment des actions secondaires. Le
participe se rapproche de l’adjectif, le gérondif se rapproche de l’adverbe, l’infinitif se rapproche du
substantif.
La distinction des autres parties du discours concernent les problèmes suivants :
a. Le nom de nombre. On le considère comme adjectif, de la son nom :adjectif numéral cardinal et
ordinal. On le classe dans les déterminatifs ou on en fait une partie du discours à part d'où son nom nom
de nombre.
b. Les déterminatifs : ils sont considérés comme une partie du discours à part, ils sont étudiés dans
les adjectifs pronominaux associés aux pronoms. On les appelle aussi actualisateurs du nom.
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c. Articles : Dans les grammaires françaises l'article est considéré comme une partie du discours à
part. On l'étudie aussi dans les déterminatifs. Parfois on le considère comme morphème du substantif. On
le classe aussi dans les pronoms.
d. Les particules: On les distingue comme une partie du discours à part. Elles sont réparties entre les
adverbes et les interjections.
e. Les mots-phrases: Ils sont étudiés dans les adverbes ou on en fait une partie du discours à part.
f. Les pronoms en et y: Ils sont étudiés dans les pronoms: Il en parle, et dans les adverbes:Il en
vient Il y pense et il y va.
g. On est considéré tantôt comme pronom indéfini, tantôt comme pronom personnel : On arrive(les
gens, nous) ; On est contente, petite?(tu).
Donc les trois critères sont à la base de la distinction des parties du discours et sont intimement liés
entre eux. Et on doit avoir en vue que c'est le sens catégoriel qui détermine les catégories morphologiques
et les fonctions syntaxiques du mot.
On y ajoute le aussi le nom de nombre ayant en vue que seule c' est cette partie du discours qui
exprime une idée précise du nombre ,de quantité.
Dans les parties du discours on distingue aussi les parties du discours subsidiaires:ce sont les
pronoms, les interjections, les conjonctions.
Les pronoms sont des mots qui ont un sens abstrait, général. Ils désignent des objets ou des
phénomènes sans les nommer directement. Les pronoms démonstratifs indiquent seulement; les
pronoms personnels montrent la personne; On se sert des pronoms interrogatifs pour interroger sur les
personnes et les choses. Parfois les pronoms expriment l'absence ou la présence de toute chose (pronoms
indéfinis : personne, rien, aucun, certain, tout etc. )
Les mots-outils servent à constituer la forme syntaxique du mot autonome, à l' actualiser, soit à le
remplacer, à le lier, ou à exprimer la modalité
Les parties du discours essentielles sont: le substantif, le verbe, l'adjectif, l'advverbe, le nom de
nombre.
Les parties du discours subsidiaires(secondaires )sont: le pronom, les déterminatifs, les
prépositions, les conjonction, les particules, les interjections, les mots-phrases.
Le noyau et la périphérie dans les parties du discours
Dans les parties du discours on peut distinguer le noyau et la périphérie. Le noyau comprend les
mots qui possèdent les catégories grammaticales fondamentales et les fonctions essentielles qui
appartiennent à cette partie du discours. Ex. : les substantifs tels que table, maison, enfant, arbre etc.
représentent le noyau, car ils possèdent toutes les catégories grammaticales du substantif.(genre,
nombre).Elles sont sémantiques. Les mots tels que blanc, rouge, large, petit etc. représentent le noyau
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des adjectifs, ils possèdent toutes les catégories grammaticales de l’adjectif( genre, nombre, degré de
comparaison) alors que blancheur, rougeur, bonté, charité forment la périphérie du substantif et les
adjectifs métallique, textile etc. en forment la périphérie, parce qu’ils n’ont pas toutes les catégories
grammaticales propres à l’adjectif et au substantif. Les formes personnelles du verbe constituent le noyau
du verbe, car ils ont toutes les catégories grammaticales propres au verbe(temps, modes, personne, voix
etc.), tandis que les formes non-personnelles du verbe (infinitif, participes et le gérondif) en forment la
périphérie. Elles n’ont pas toutes les catégories grammaticales propres au verbe. Les formes personnelles
remplissent la fonction du prédicat verbal, tandis que les formes non-personnelles s’unissent le plus
souvent au prédicat verbal et expriment des actions secondaires. Les substantifs concrets forment le noyau
des substantifs, alors que les substantifs abstraits en forment la périphérie. Les adjectifs qualificatifs
forment le noyau des adjectifs et les adjectifs de relation en forment la périphérie: chanter faux, parler
bas,
coûter cher, s'arrêter net etc. Chaque partie du discours possède ses fonctions primaires qui
constituent la raison d’être de cette partie du discours. Les fonctions secondaires ne lui sont pas propres.
Elles sont remplies par cette partie du discours accidentellement. Les fonctions secondaires remplies par
cette partie du discours sont les fonctions primaires d’une autre partie du discours: chanter faux, parler
bas, coûter cher, s'arrêter net, etc.
On sait que le substantif nomme les objets et les êtres, pourtant il ne nomme pas la qualité. Si ce
dernier montre une qualité, c’est qu’il l’expriment par sa fonction secondaire: chapeau paille, gant
tabac, tissu aubergine; le plus ânes des trois, les plus gens de goût ; la France a été une patrie plus
patrie que les autres ; les plus gens d'esprit d'Europe.
Le passage d'une partie du discours à une autre
On sait que les frontières entre les mots dans les parties du discours ne sont pas stables. C'est cette
instabilité qui facilite le passage d'une partie du discours à une autre.
On distingue deux types de procédés permettant ce passage : a) dérivation, b) conversion.
La dérivation consiste à former des mots à l’aide des suffixes ex. : noir, noircir, noirceur, lent,
lentement ralentir, calme, calmer, accalmie etc.
La conversion consiste à former des mots à l’aide des moyens syntaxiques (déterminatifs,
prépositions, ordres des mots etc.) ex. : déjeuner - le déjeuner ; beau - le beau ; cher–cher (adv.)
Le changement des parties du discours est une manifestation particulière du phénomène appelé
transposition des parties du discours.
La transposition fonctionnelle des parties du discours montre la corrélation entre les parties du
discours et leurs fonctions dans les phrases. La transposition fonctionnelle a été élaborée par les linguistes
français Bally et Tesnière. D’après ces linguistes la transposition fonctionnelle c’est l’utilisation d’un mot
22
dans la fonction primaire d’une partie du discours à laquelle il n’appartient pas. Donc la transposition
fonctionnelle
c’est l’emploi des parties du discours dans leurs fonctions secondaires. Dans la
transposition on distingue
a) la classe de départ : courage = le transponende ;
b) la classe d’arrivée : courageux= le transposé.
c) moyen de transposition :- eux = le transpositeur
On distingue : transposition syntaxique et transposition morphologique.
La transposition morphologique c’est quand au moyen de transpositeurs on crée de nouvelles unités
(courage – courageux , pésident -présidentiel). Les moyens sont la dérivation et la conversion
morphologique
La transposition syntaxique se fait à l’aide des mots-outils (prépositions, l’ordre des mots). Par
exemple: un homme courageux = un home de courage, un homme plein de courage.
La transposition syntaxique c’est quand le mot remplie les fonctions syntaxiques qui ne lui sont pas
propres (chanter faux, /haut, bas/, chien de berger, gant tabac).
LES
SUBSTANTIFS
Comme toutes les parties du discours, ainsi que le substantif , il est aussi caractérisé par ses 3
aspects : sa valeur sémantique, ses catégories grammaticales morphologiques et ses fonctions syntaxiques .
La valeur sémantique : Le substantif distingue des substances, des êtres animés , des choses, des
phénomènes de la nature. N’importe quel mot peut être compris substantivement
( achat, vente,beauté,
noirceur). Dans les substantifs on distingue les noms des êtres et des choses (noms concrets) qui en
constituent le noyau.
Les noms d’actions, de qualité, les noms abstraits forment la périphérie du substantif. Ces derniers ne
possèdent pas toutes les catégories morphologiques du substantif. C’est- à- dire ils n’expriment pas les
oppositions sémantiques du nombre et du genre des substantifs, de même que pour les substantifs propres,
car ces derniers ne possèdent pas non plus toutes les caractéristiques grammaticales et sémantiques du nom
commun.
1) Aspect grammatical : Le substantif français possède les catégories grammaticales du nombre et du
genre. Elles sont exprimées syntaxiquement (les déterminatifs) et (morphologiquement) par la forme du
mot en ajoutant s, x, par la flexion interne (cheval – chevaux) .
2) Aspect syntaxique : Les fonctions syntaxiques du substantif sont :
a) fonction du sujet ( s ) – L’enfant court . Le soleil brille . Le vent souffle .
b) fonction d’objet direct (cod.) ou indirect (coi) .- Il invite son ami .Il donne son stylo à son ami .
c) fonction d’attribut (classificateur) Le chat est un mammifère ou (identificateur) –. Erervan est
la capitale de l’Arménie .
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d) fonction du complément d’agent – Les fautes sont corrigées par le professeur .
fonction du complément circonstanciel d'instrument – Il écrit avec un stylo .
fonction du complément circonstanciel de lieu – Notre–Dame de Paris se trouve dans l’ île de
la Cité .
fonction du complément circonstanciel de temps – Cette année –là j’ai fait un long voyage en
Andalousie.
e) fonction d’apostrophe – Mes amis, écoutez bien .
Les fonctions secondaires - 1 .attribut- Il est mécanicien (médecin . . .)
2 .épithète – table de bois, les yeux d’enfant, un enfant aux yeux bleus
3 . c. c. de manière – prép. + nom abstrait : écouter avec attention, : parler avec amour
4 . c. c. de cause - à cause du mauvais temps , par la volonté du peuple
5 .cond. – Sans votre aide je n’aurais pas pu finir .
6 . concession – Il a été envoyé en mission malgré son désir .
3) On distingue aussi les noms collectifs qui peuvent être :
 nombrables s'ils désignent un groupe d'objets : troupe - nombre de soldats ; municipalité –
ensemble des élus :
 non-nombrables : feuillage, branchage, pierraille, herbe, poussière, humanité. Les noms
collectifs se divisent en collectif général et collectif partitif. Ex : le groupe des soldats, un groupe de
soldat. Certains mots collectifs changent de sens au pluriel ; l'humanité-les humanités.
4) animé – inanimé. Les animés montent des être vivants. Ils montent la catégorie du genre qui est
sémantique, significative ; les animés sont remplacés par des pronoms (qui, de qui, à lui, de lui, etc.). Ils
remplissent la fonction du sujet des verbes expriment leurs actions ou leur état (dire, dormir, manger,
chanter, décider) leur emploi avec des noms inanimés entraîné un changement de sens métaphorisation. Le
sens animé renferme des objets actif , c'est-à-dire capables de se mouvoir (train, avion, navire) .Ex.Le
vent qui frappe à une porte, me parle d’ amours mortes, devant le feu qui s'éteint : C'est une chanson
d'amour dans la maison qui frissonne.
La catégorie du genre est significative dans les substantifs animés ou elle reflète la différence de sex.
La catégorie du genre établit une différence entre les hommes et les femmes exerçant le même
métier:un musicien –une musicienne; nationalité : un Français – une Française, personne lecteur –
lectrice, acteur – actrice. Parfois le féminin sert à distinguer les sens différent des mots : épicier –
épicière (femme de l'épicier) épicière ( marchande d'épices), le / la critique, le / la moule, le / la voile
empereur – impératrice (épouse de l'empereur), (souveraine de l'empire).
Dans les noms inanimés la catégorie du genre est purement grammatical, classificatoire, servant à
classer les substantifs en deux groupes : féminin et masculin (accord de l'adjectif, substitution des
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pronoms). Dans leurs fonctions secondaires la forme neutre est le masculin qui apparaît lors de la
neutralisation ;
le (masc.) – la (fém.)
le neutre
Ex : Madame est une bonne institutrice, mais les instituteurs de l'école sont en grève.
Marie est une bonne étudiante. Mais les étudiants aiment travailler dans le jardin du
Luxembourg.
Pour dans les noms d'animaux on observe un nom qui est générique et un mot spécial pour le mâle et
un mot spécial pour la femelle.
Oie c’est la femelle ; le jars c’est le mâle le l’oie.Pendant la neutralisation c’est la femelle qui est
employé : L’oie est un oiseau palmipède au long cou
Mouton
bélier
brebis
On peut rencontrer des cas où le masculin n'est pas marqué :
Ex. ; le canard est le nom générique de l`oiseau palmipède, au bec jaune,large aux ailes pointues et
longues.; la cane c’est la femelle . le mâle c’est le même mot canard. Pendant la neutralisation c’est le
mot canard qui est employé; une forme pour le nom générique et le masculin
Le canard est un oiseau palmipède
Les sous - classes lexicogrammaticales des substantifs
D’après leurs caractéristiques sémantiques et grammaticales les substantifs se divisent en classes
lexico-grammaticales On fait cette classification pour mieux étudier le fonctionnement des catégories du
nombre, celle du genre, et pour l’emploi des déterminatif ( l’article avant tout ) et pour les fonctions
syntaxiques du substantif .
1) La distinction entre les noms communs et les noms propres est importante pour l’emploi de
l’article (défini, indéfini, partitif) . En français les noms des peuples et d’habitants s’écrivent en
majuscule, mais ils sont considérés comme noms communs, les noms propres de villes et de personnes
ne s’émploient pas avec article. L’article s’emploie quand il y a une épithète ; le vieux Paris, le petit
Marc.
2) La distinction des substantifs animés et inanimés est importante pour le fonctionnement des
catégories du genre qui est significatif pour les animés et non significatif pour les inanimés. Ainsi pour
les fonctions syntaxiques (un nom animé remplit la fonction du sujet, nom dagent, et un nom inanimé
remplit la fonction du complément d’objet).Marie frappe à la porte ; Le vent frappe à la porte .
3) La distinction entre les mots concrets et abstraits est nécessaire pour le nombre ,pour l’article,
ainsi que pour l’emploi syntaxique. Le plus souvent le nom abstrait joue le rôle du complément
circonstanciel.
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4) La distinction des noms discrets et non nombrable est capitale pour l’emploi des articles (défini,
indéfini, partitif) et pour le nombre.le pain, du pain un pain, les pains
5) Le nom unique montre les objets uniques (ciel, soleil, paradis, enfer), cette distinction est
nécessaire pour le nombre et l’article (un soleil gai, il fait du soleil, le soleil éclaire , les soleils
couchants).
6) Les noms collectifs – cette distinction est nécessaire pour les articles et pour le nombre.
A l’intérieur des noms collectifs on distingue des noms nombrables (troupe, nombre de, groupe,
foule) ou non – nombrables (poussière, herbe, humanité).
7) A l’intérieur des noms collectifs nombrables on distingue des substantifs composés de 2 parties,
mais ils désignent un seul objet sous forme plurielle (ciseaux, parents, lunettes).
L’A D J E C T I F
L′adjectif est une partie du discours qui exprime la qualité ou propriété d′une substance. Le substantif
peut être caractérisée par ses qualités propres ou par ses relations avec d′autres substances. On distingue
deux grandes sous–classes sémantiques d′adjectifs ; adjectifs qualificatifs et adjectifs de relation. Ces
deux sous–classes diffèrent ( se distinguent ) de leur origine, de leur sens, et de leurs fonctions
syntaxiques.
L′adjectif français a les catégories grammaticales suivantes : le nombre, le genre, le degré de
comparaison. Les catégories grammaticales du nombre et du genre sont asémantiques. Leurs moyens de
formation sont analogues à ceux du nombre et du genre des substantifs.
La catégorie du degré de comparaison est sémantique. Elle dépend de la signification des adjectifs et
elle est propre aux adjectifs qualificatifs.
Les fonctions premières de l′adjectif :
1) épithète (caractéristique non prédicative )
Dans cette fonction l′adjectif se place directement soit après soit devant le substantif sans autre lien
grammatical.
Les fonctions secondaires sont celles où il remplit les fonctions des autres parties du discours
(substantif, adverbe).voter communiste, parler français, coûter cher s’arrêter net:
2) caractéristique prédicative – attribut (ex. sous la lune le sable est rose )
La copule joue le rôle de verbalisateur. Ce groupe peut être remplacé par un verbe ayant le même sens
(ex. il est bavard – il bavarde, il est fumeur – il fume).
Attribut du c. c. dans cette fonction il équivaut à un adverbe. Ex. a) Le paysan répondit calme et
têtu (calmement et avec entêtement). b) Le bonhomme, honteux, battait en retraite. Dans ces deux
phrases l′adjectif privé de ces liens immédiats avec les substantifs prend une valeur semi- prédicative. c)
L′enfant dort tranquille. Dans cette phrase l′adjectif indique la caractéristique du sujet au moment de
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l′action. Cette caractéristique devient facilement celle de l′action et l′adjectif peut commuter avec
l′adverbe (tranquillement, travailler dur, ferme, coûter cher).
Le degré de comparaison indique qu′une caractéristique (qualité) est égale, supérieure ou
inférieure soit à la même qualité chez des êtres différents ou aux qualités différentes chez un même
être(ex. Il est plus intelligent que ses amis).
La comparaison est exprimée grammaticalement à l'aide des éléments non-autonomes : plus , moins,
aussi qui peuvent être considérés comme des mots outils(formatifs). Le degré de comparaison a trois
aspects sémantiques, trois sous–catégories; positif, comparatif (d'égalité, de supériorité, d’infériorité) et
superlatif.
Le degré d'intensité : Le degré de comparaison et le degré d'intensité sont considérés comme une
seule catégorie grammaticale de l'adjectif. Ces derniers temps pourtant, le degré d'intensité est
considérée comme une catégorie différente de celle du degré de comparaison.
La catégorie de l'intensité est exprimée lexicalement (un peu, très, trop, fort). Sur le plan du contenu
on distingue le haut degré, le moyeu degré, le bas degré.
Ils sont exprimés :
a) à l'aide des adverbes; un peu, aussi fort, tellement et autres adverbes en -ment
b) locutions adverbales; plus que, on ne peut plus, tout ce qu'il y a de plus
c) expressions phraséologiques comparatives; blanc comme neige
d) les préfixes; sous-, hypo-, archi-, extra-, super-, sur-, hyper-, ultrae) les suffixes; -issime, -âtre, -elet, -ôt.
On distingue deux grands groupes d'adjectifs; adjectif qualificatif et adjectif de relation.
L'adjectif qualificatif marquent les qualités des objets; rond, long, petit, rouge, grand, fort.
L'adjectif de relation manquent la qualité des objets par rapport à d'autres (substances) objets (ex.
présidentielle, textile, métallique, parisien, pastoral, patronal).
Les adjectifs qualificatifs constituent le noyau des adjectifs {ces derniers ont toutes les catégories
grammaticales des adjectifs}, et les adjectifs de relation constituent la périphérie des adjectifs, car ils n'ont
pas la catégorie du degré de comparaison.
LES N O MS D E N O M B R E
Dans la grammaire française on peut trouver les points de vues suivants au sujet du nom de nombre
comme partie du discours;
1. Tous les mots exprimant le nombre sont regroupés dans les adjectifs (appelés adjectifs numéraux).
2. Ils forment une partie du discours à part y compris les adjectifs numéraux cardinaux et ordinaux.
3. Les adjectifs numéraux cardinaux forment un groupe spécial tandis que les ordinaux sont
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rapportés aux adjectifs. On sait bien que les parties du discours sont définies par trois critères;
sémantique, morphologique et syntaxique.
De ce point de vue les cardinaux et les ordinaux se regroupent par le sens commun de nombre. Mais
leurs particularités grammaticales sont différentes. Les ordinaux se comportent comme des adjectifs; (ex.
faire ses premiers pas, mon premier livre) et aussi on peut les classer dans les adjectifs. Pourtant les
cardinaux se comportent autrement, ils peuvent remplacer les déterminatifs et aussi bien s'employer avec;
deux hommes, mes deux livres. Ils peuvent se trouver dans la position des substantifs sans articles; deux
et deux font quatre. Aussi d'après leurs particularités sémantiques et grammaticales (distributionnelle les
cardinaux n'ont rien de commun ni avec les adjectifs, ni avec les déterminatifs, ni avec les substantifs. On
les considère comme une partie du discours à part (appelée nom de nombre).
Le sens commun des noms de nombre c'est l'expression du nombre précis, ce qui les distingue des
adjectifs montrant le nombre abstrait ou indéfini (nombreux, plusieurs beaucoup, multitude).mais il
est vrai que dans certains cas le nom de nombre n'exprime pas le nombre précis ; (ex. dire deux mots, à
deux pas d'ici, faire voir trente-six chandelles, plus de vingt fois, cinq ou six personnes).
Les particularités morphologiques : Les numéraux ne varient pas en genre et en nombre sauf un
(e), cent et vingt. On divise les numéraux en simples et composés;(ex. huit, dix-huit).
Les particularités syntaxiques : Comme les substantifs ils peuvent se trouver dans les
fonctions du sujet et de l'objet (ex. deux et deux font quatre), attribut (ex. nous sommes dix),
circonstanciel (ex. travailler à deux). Ils peuvent s'employer avec les déterminatifs (ex. les deux livres,
mes deux copains). Ils peuvent s'employer avec les pronoms (ex. nous deux) et dans les transpositions
(ex. il habite au 19). La fonction première des noms de nombre c'est quand ils montrent le nombre exact.
Dans leur fonction secondaire ils expriment l'ordre des substantifs (ex. page quatre, deux cent, Pierre
premier etc ).
Les fonctions premières du nom de nombre c'est d'exprimer le nombre exact des substantifs (ex. deux
amis, il a trois fils). Sans article le nom de nombre est remplacé par en (J’en ai deux). Le nom de
nombre peut s'employer avec les déterminatifs (ex. mes deux amis, ces trois livres). Ils peuvent
s'employer aussi avec les pronoms indéfinis (ex. tous les deux, tous deux).
Les fonctions secondaires c'est leurs emplois à la place des ordinaux (ex. page cinq, le dix janvier).
LE P R O N O M
Les questions en discussion sont
1. Faut-il considérer les pronoms comme une partie du discours à part?
2. On en fait une partie du discours à part.
4 ) On leur associe les adjectifs pronominaux (mon…, ce...).
5) La nature des pronoms conjoints (je, tu..., le, la , lui, en , y, on, etc.).
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La valeur sémantique des pronoms
Les pronoms constituent une partie du discours à part. Ils sont des mots significatifs, mais, à la
différence des autres parties du discours ils ont un sens très général. Les pronoms ne nomment point les
êtres, qualités, les actions. Ils les désignent seulement. Ils expriment les phénomènes sans les nommer
directement. Ils les indiquent tout simplement (pronoms démonstratifs), ils indiquent le possesseur
(pronoms possessifs), ils établissent des rapports entre les interlocuteurs (pronoms personnels). Ils
servent à interroger (pronoms interrogatifs) ; ils expriment l'absence de toute chose ou de tout être
(pronoms indéfinis, rien, nul, personne). Bref, ils servent de substituts aux autres parties du discours ,
le plus souvent aux noms et aux adjectifs.
Les pronoms désignent les êtres, les objets, les qualités de deux façons :
a) par déixis- c'est-à-dire, ils indiquent l'être, l'objet par rapport au sujet parlant (personnels,
possessifs, démonstratifs). Ex : je prends celui–ci. Le mot je - c'est le sujet parlant, celui qui prononce je
il montre l'objet que (je) désigne.
b) par anaphore – Il revoie aux objets déjà nommés. De ce point de vue puis qu'il reprend des
objets différents. le même pronom peut recevoir des significations variées. Il peut renvoyer à des objets
différents. Ex ; Regardez cet homme bizarre ! Le reconnaissez-vous ? Le exprime le même être que cet
homme.
Le mot remplacé par le pronom s'appelle source sémantique, représentant ou référent
I. Si la source sémantique précède le pronom c'est la reprise. Ex ; - C'est un bon film,-l'as-tu vu ?
Nous avons fait un bon voyage. On s'en souviendra. Les plaisirs de la vie du couple, il y a déjà goûté.
II. Si la source sémantique suit le pronom c'est l'anticipation (cataphore).Ex ; - L'as-tu vu, ce
film ? On s'en souviendra, de ce voyage.
La reprise est plus typique au français que l'anticipation, la reprise a une nuance logique (accent
logique), l'anticipation est plutôt un moyen affectif (stylistique) .
III. Pourtant il y a des pronoms qui n'ont pas de source sémantique. Ex ; je, tu, moi, toi – les
indéfinis (tous, on, personne, rien), ils ne remplacent pas un mot du contexte mais ils jouent le rôle de
substantifs.
Certains linguistes distinguent (F. Brunot) :
a) n o m i n a u x – me, te, moi, toi, lui, le, la, leur, cela, quelqu'un, rien, tout, personne, qch.
b) r e p r é s e n t a n t s – lui, qui (relatef), le sien (possessif), celui (démonstratif), les pronoms
personnels (je, tu..) servent à représenter les noms des êtres (choses, actions). Ex ; J'aime mieux son
frère, lui est sincère. J'aime son frère qui est sincère .Je n'aime pas ton frère, j'aime le sien. Je ne prends
pas cette fleur-là, je prends celle-ci.
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Les personnels de conjugaison sont les pronoms sujets conjoints je, tu, il (ils ne portent pas d'accent).
Les idées de Brunot ont trouvé leur réalisation dans la syntaxe de G. et R. Le Bidois. Ils n'admettent pas
les pronoms en tant que partie du discours.
E. Benveniste distinguant les éléments déictiques et les éléments anaphoriques, il sépare les 1-2-e
personnes de la 3-e personne. D’après lui les deux premières personnes
sont de vrais pronoms
personnels. Tandis que la troisième personne est un substantif, qui remplacent d'autres éléments de
l'énoncé.
Les pronoms se divisent en personnels, possessifs, démonstratifs, interrogatifs, indéfinis, relatifs.
Ils se distinguent par le moyen de la détermination c’est-à-dire, comment ils nomment l'objet qu′ils
déterminent (leurs particularités sémantiques et grammaticales).
Le pronom remplit les mêmes fonctions syntaxiques que le substantif.
Marie(sujet) adore son petit frère(cod). Elle(sujet) l’(cod) ’adore
Pierre(sujet) achète des bonbons(cod) à sa sœur(coi) Il lui en achète ;
Pierre est aviateur(attr.) Pierre l’(attr.) est.Pierre et Georges sont aviateurs. Ils le sont
Ils peuvent remplacer n'importe quel partie du discours même toute une proposition.
a) sujet – Il va, vient, lance la graine au loin.
b) compl. – Je la vois/ qui arrive.
c) attribut – Je le suis.
d) compl. ind. –Il lui parle, il s'intéresse à elle
Les catégories grammaticales et les formes des pronoms
Les pronoms ont les catégories morphologiques suivantes : déterminations/indétermination, le genre,
le nombre, la substantivité / non- substantivité, animé / inanimé.
La substantivité
Les formes des pronoms exprimant la substantivité sont celles dont le référent est exprimé par un
substantif.
Les formes des pronoms exprimant la non-substantivité sont celles dont le référent est exprimé par
un infinitif, un adjectif, toute une proposition, ou un substantif transposé. Ce sens de nonsubstantivité est exprimé exclusivement par le pronom de la 3e et le neutre.
La substantivité se traduit par les pronoms de la 3e personne (il, elle, lui) qui peuvent désigner les
substances êtres et objets
Ex ; Tu as vu ces tableaux ? – Oui, ils m'ont plu.
Savez-vous la date sa naissance ? – Je le sais.
Savez-vous que la terre tourne ? - Je le sais.
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Animé et inanimé.
Cette catégorie se manifeste dans les cas où les référents des pronoms sont exprimés par des
substantifs animés/ inanimés. Dans le système des personnes cette opposition est exprimée par;
a) tous les pronoms personnels (je, tu, nous, vous ) lui (animé)/ y(inanimé)
Je lui fais confiance (à cette personne). animé
J'y fais confiance (à ces paroles). inanimé
Il y pense, il en parle - inanimé
il lui parle - animé
il en parle - inanimé
Je pense à lui - animé
j'y pense - inanimé
animé lui, de lui, en
en = équivaut à
inanimé y, en
de moi, de toi, de lui, d′elle, de nous, de deux, d′elle, de chez moi, de chez toi,
de chez lui.
y = équivaut à à moi, à toi, à lui, chez moi, chez toi, chez lui
Ex ;
Elle voulait plus de toi ?
Mais, si, au contraire, elle en voulait bien.
Ne m′explique pas que je n′avais pas à souffrir de toi, si j′en ai souffert.
b) sur moi,toi lui ,elle …)animé / dessus inanim.
c) Les démonstratifs - cela / ceci ne s'emploient pas normalement pour les animés
d) Les relatifs à qui – animé / à quoi - inanimé
e) Les interrogatifs qui ? qui est-ce qui – animé-sujet ;
qu'est-ce qui ? –sujet inanimé
que ? qu’ est-ce que ? cod. inanimé
qui ?, qui est-ce que ? cod. animé
e) les indéfinis animés - personne, quelqu'un ;
rien, qch
inanimés
Détermination
Sans parler des pronoms on, ça qui sont indéfinis, cette valeur est exprimée par les pronoms conjoints
– le, la, les / en à la 3e personne. Ex. Je vois ta mère – je la vois. J′achète des livres - j′en a achète.
Le genre et le nombre
Ils sont exprimés par les pronoms personnels (il, elle, ils, elles) ; par les possessifs (le mien, la
mienne, les miens, les miennes), par les démonstratifs (celui, celle, ceux, celles), les relatifs composés
(lequel, lesquels, laquelle, lesquelles), les indéfinis (aucun /aucune), par les formes toniques et atones – le
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russe et l′arménien ne possèdent pas ces formes. L′emploi des formes autonomes avec le verbe n′est pas
de norme.
Ex ; Qui vient ? – Moi(toi, lui).
Je vois ces enfants, – Je les vois ;
Je vois des enfants - J′en vois ;
J′ai du bon tabac – tu n′en auras pas.
On distingue six sous-classes de pronoms : personnels, possessifs, démonstratifs, interrogatifs,
relatifs, indéfinis.
Les fonctions syntaxiques de pronoms correspondent aux différentes formes ou espèces de pronoms. De
ce point de vue on distingue des pronoms ayant une forme commune pour toutes les fonctions
syntaxiques (pronoms toniques – moi, toi,… pronoms atones :me,…. te, nous, vous…les démonstratifs –
cela, celui-là,… les indéfinis – personne, tout, chacun, rien… ) :
1. dans ce cas c′est l′ordre des mots ou le régime du verbe qui nous oriente à les distinguer.
Vous n′êtes point à vous ; le temps, les biens, la vie, rien ne vous appartient. Tout est à la patrie.
2.une forme pour une fonction (on – sujet ; soi, autre - objet)
Que reste–t–il des fautes qu′on a commises ?
3. des formes spéciales qui diffèrent le sujet et l′objet.
Je / me ; tu / te ; il / le, la, lui ; ils / les leur
Qui est-ce qui / qu′est-ce qui / qu′est-ce que
La grammaire traditionnelle trouvait une déclinaison dans les formes il, le, lui. Ce point de vue n′est
pas admissible. Il serait plus juste de les considérer comme différentes formes de pronoms qui ont chacun
une fonction et un sens spécial.
Les pronoms personnels
Le pronom personnel distingue la catégorie de la personne. C'est sa raison d'être ; les deux
premières personnes s'opposent à la 3e personne par le fait comment elles participent à la communication
(le locuteur ≠ l'auditeur, destinateur/destinataire,) : tandis que la 3e ne renvoie ni à l'un ni à l'autre. Les
deux personnes sont animés, la 3e est aussi bien animée qu'inanimée.
La tradition grammaticale distingue en français 3 personnes. Pourtant la réalité linguistique est plus
compliquée. Il faut dire que 1e personne du singulier est la plus précise parce qu'à chaque acte de parole il
n'y a qu'une personne précise. La 2e personne du singulier est moins précise. Il peut se faire qu'il y ait
plusieurs auditeurs et le sujet parlant soit obligé de préciser
à qui il adresse sa parole. Les 1ère et 2e
personnes du pluriel (nous, vous) sont encore moins précises. En général nous = moi + toi +vous ou moi
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+ lui, ou moi + toi + lui ; vous = toi + toi, ou toi + lui. La 3e personne est encore moins précise ; elle
renvoie à un non- participant à la communication.
La personne indéfinie s'exprime par le pronom on . On est toujours animé.
La personne éliminée s'exprime à l'aide des pronoms ça, ce. On sait que on est toujours animé, ça
au contraire nomme un sujet vague, on ne sait pas s'il est animé ou inanimé ; ça brûle, ça mord si bien le
soir ; ça commence, ça barde.
En français le domaine de l'emploi de ça a élargi. Il peut s'employer à la place de cela J'aime ça /
cela.
b) comme pronom personnel – un avion, ça vole. Une bonne ça ne plaisante pas avec les patrons
ça reste à sa place ou ça se fait flanquer à la porte.
c) comme un pronom impersonnel – ça pleut ; à la place de il pleut
Fonctions secondaires
a) la neutralisation : elle concerne les formes des pronoms animés
je. tu(le genre), il, elle animé/inanimé), nous, vous (genre,nombre), ils, elles(animé/inanimé)
on- personne généralisé – neutralisation du nombre, du genre
on – personne connue ; On vous écoute, parlez !(je, nous etc.)
personne inconnue ; On vous demande.(les gens, qqn)
C'est la forme indéfinie on qui s' emploie surtout pour exprimer la généralisation : Quand on est
paysan,on reste toujours paysan. On récolte ce qu'on a semé..
Transposition sémantique : c'est l'emploi d'un pronom à la place d'un autre dans le cas de changement
de personne, de.nombre etc.
a) nous pour je – nous de modestie ou de majesté
vous pour tu – vous de politesse
b) le transposition de personne
il pour vous - il de politesse
je,nous, pour vous
c) les indéfinis au lieu des définis
on / ça –pour des pronoms animés rend des nuances affectives; ça fume déjà ( il fume déjà) ; un
chat, ça ronronne.
Les pronoms on et il s'emploient dans certains cas dans le but de construire une phrase (cette fonction
des pronoms n’est pas significative). Ex. On sait. On voit. Il est arrivé des trains(deux trains, des
voyageurs etc.)
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Les pronoms possessifs
Le pronom possessif(le mien, le tien…) est autonome. Les formes atones(mon, ton…)
sont classées
dans les déterminatifs. Le pronom possessif indique d'une par la catégorie de la personne et d'autre par le
rapport de possession au sens large du mot entre le possesseur et l'objet possédé. En représentant le
possesseur il en indique la personne (1e, 2e, 3e), le nombre (le mien / le nôtre, les nôtres En désignant
l'objet possédé il désigne les catégories du substantif ; a. le genre (le mien,/ la mienne) et le nombre (le
mien/ les miens).
Les pronoms démonstratifs
On peut relever les démonstratifs autonomes (1); (ex. : prends ceci ; je préfère ceci que cela. N'oublie
pas cela. Cela est nécessaire) et non-autonomes ; 1) comme sujet c'est, ce doit être
2) avec les substantifs celui de+S; celle qui+S, celle de +S ; ceux+qui+V, ceux+de +S .
Les pronoms démonstratifs peuvent exprimer la substantivité / non-substantivité.
Ex : Sais-tu qu` il arrive demain, n'oublie pas cela.
Prends ce livre ; cela est beaucoup intéressant .
A ces deux fleurs je préfère celle-ci.
L'opposition animé / inanimé n'est pas distincte dans le système des démonstratifs celui/celle
peuvent remplacer ou renvoyer aussi bien qu'aux substantifs animés qu' inanimés. Ex : Les livres de
mon ami et ceux de ma cousine. Les amis de mon frère et ceux de ma sœur.
Le nombre et le genre sont exprimés par les démonstratifs quand ils remplacent un substantif (celle /
celui ; celles / ceux).
Les mêmes formes peuvent avoir des fonctions syntaxiques différentes (sujet, objet, objet indirect
etc.). La catégorie de démonstration est la raison d'être des démonstratifs. Elle sert à exprimer les objets
rapprochés ou éloignés dans l′espace ou dans le temps par rapport au sujet parlant. La proximité et
l’éloignement sont exprimés par les éléments ci et là. Mais si l'opposition spatiale ou temporelle n'est pas
soulignée ou emploie les formes en là ; cela, celui-là, ceux-là, celle-là.
Le pronom ce garde sa valeur démonstrative quand il désigne un objet qui est évoqué par la
situation. C′est mon frère(vous l’indiquez) ;c′est une balle, c′est difficile. Dans certains cas ce perd cette
valeur pronominale-démonstrativet devient superflu, un élément–outil de structure syntaxique. Ex.
vouloir c′est pouvoir : l′union c′est la force.
---------------------------------------------------------------------------------------------(1) Les formes atones{ce, cet. cette. ces …} sont rangés dans les déterminatifs
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Les pronoms relatifs
La difficulté de l′étude des pronoms relatifs vient du fait qu′ils sont répartis de façon incohérente
(manque de liens logiques entre leurs formes). On observe les trois oppositions principales suivantes
1) indépendance / non-indépendance. 2) animé / inanimé… 3) fonctions sujet / objet
La première se manifeste dans l′emploi absolu ou non-absolu des pronoms relatifs. Dans l′emploi
absolu le pronom n′a pas d′antécédent. Ex : Qui dort dîne. – qui est le sujet de la principale ( qui dîne) et
de la subordonnée (qui dort). Dans cette fonction ils sont comme les interrogatifs.
Dans cet emploi absolu le pronom relatif a une nuance de sens généralisante. Aussi on l′emploie dans
les proverbes. Ex : Qui dort dîne. Qui aime bien, châtie bien.
L′opposition animé / inanimé n′est pas observée dans le système des pronoms relatifs sauf le cas de à
quoi / à qui. Pour les pronoms relatifs l'essentiel c’est leurs fonctions syntaxiques. sujet, objet direct,
objet indirect. Le nombre et le genre sont exprimés dans les formes composées : lequel, laquelle,
lesquels, lesquelles. Ces formes composées se contactent avec les prépositions à et de ; auquel,
auquels,auxquelles, duquel, desquel, desquelles.
Les pronoms interrogatifs
Les formes des pronoms interrogatifs sont : sujet – qui, qui est-ce qui ( pour les animés), qu'est-ce
qui (pour les inanimés), objet direct ; qui, qui est-ce que(pour les animés), que, qu'est-ce que(pour
les inanimés), objet indirect. à qui /à qui est-ce que ? (pour les animé/) ?, à quoi/à quoi est-ce que?
Les formes autonomes peuvent s'employer
a) avec les prépositions
à qui ?, à quoi ?, de qui ?, de quoi ?
b) après les verbes
Tu demandes quoi ?
L′opposition animé / inanimé est rendue à l'aide des pronoms qui/quoi ?
LES DETERMINATIFS (déterminants) et l'article
Les déterminatifs français forment une partie du discours (groupes de mots-outils spécifiques). Ils
sont caractérisés par trois aspects :
1. Aspect syntaxique – La fonction syntaxique permet aux déterminatifs de former des groupes
nominaux, . Ex. un ami, l'ami, mon ami , quelques amis
Chaque semaine l'ami de Pierre va à la campagne.
Les déterminatifs sont les actualisateurs du substantif.
2. Les fonctions morphologiques des déterminatifs constituent à préciser les catégories grammaticales
des substantifs : le nombre, le genre. Ex. Les fenêtres de ma chambre donnent sur la cour.
35
3. Les fonctions sémantiques et syntaxiques des déterminatifs c'est d’exprimer la détermination.
Premièrement c’est l'article qui sert à exprimer la catégorie de la détermination qui constitue la raison d'
être des déterminatifs. Les autres déterminatifs(mon, ce, aucun, plusieurs etc. y ajoutent chacun une
nuance de sens). Ex. un ( le / mon / ce / chaque / plusieurs chien(s)) .
En français la détermination est considérée comme une catégorie sémantique et syntaxique parce
qu'elle est reflétée dans l'énoncé, c'est là que s'explicite cet aspect sémantique. Elle est syntaxique parce
qu'elle est liée à l'organisation de l'énoncé dans un contexte.
Dans la réalité extralinguistique les locuteurs peuvent avoir affaire soit à la totalité des objets
désignés par le groupe nominal, soit à une partie de ces objets, soit à un seul objet de ce genre.
L'ensemble des objets représentés dans notre esprit au moment de la parole peut avoir une extension
différente. Examinons les phrases suivantes :
a) Le chien est un mammifère.
b) Il cherche le chien égaré.
c) Il a un chien.
Dans la première phrase il s'agit de tous les chiens de cette classe, dans la phrase b)et c) il s'agit d'un
seul chien. C'est cette délimitation des objets de la même classe qu'on à l'esprit au moment de la parole,et
qui constitue la détermination. La détermination donc peut exprimer la généralisation (quand il s'agit de
tous les objets de la même classe) ; l'individualisation (quand il s'agit d'un seul objet de la même classe)
et la particularisation (quand il s'agit d'un objet indéfini de la même classe). Dans les phrases a) et b) le
même déterminatif peut remplir les fonctions
généralisante dans
a) individualisante et dans
b)particularisante.
Donc la détermination sous-entend nos connaissances c’est-à-dire les connaissances que nous avons
au sujet des objets, s’ils'agit d'un objet donné, de son sens général, individuel et particulier, connu /
inconnu, défini / indéfini. Les déterminatifs rendent claire, précise l'information, tout ce qui n'est pas
clair pour les locuteurs.
Il ne faut pas confondre les notions d'actualisation et celle de détermination. L'actualisation
c'est le passage du mot (substantif, verbe) de la langue à la parole. Pourtant la détermination représente
nos connaissances de ce mot ,de cet objet. La détermination représente une des manifestations de
l'actualisation.
La détermination peut avoir un sens qualitatif et un sens quantitatif, selon qu'on veut préciser
l'identité de l'objet ou sa qualité.
La détermination qualitative exprime le degré de connaissance de l'objet par les interlocuteurs. Elle
est exprimé par les déterminatifs qui renvoient à un objet connu du contexte ou de la situation (les articles
définis, les possessifs, les déterminatifs, les interrogatifs qui renvoie à un objet connu, où à un objet à
connaître).
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Les déterminatifs quantifiants sont les articles et les adjectifs indéfinis. Ils expriment les différents
degrés de précision, notamment 1) l'absence totale (pas un, nul, aucun) ; 2) l'unicité (un, chaque,
quelque, tout) ; 3) la pluralité (plusieurs, certains) ; 4) totalité (tout le, tout un).
Les déterminatifs se divisent en définis et indéfinis:
définis
indéfinis
le, la, les
un, une, des
du, de la
ce, cet, cette, ces
un de ces
mon, ma, mes, notre, nos
un de mes
l'autre, les autres
d'autres, un autre
tous les
tout, chaque
les deux, les trois
divers, certains
aucun, plusieurs
On les distingue par la possibilité de remplacer les définis par les pronoms le, la, les ; les indéfinis
par en. Ex. J'ai traduit ce texte – je l'ai traduit.
J'ai traduit un texte – j'en ai traduit un.
J'ai traduit tous les textes – je les ai traduits tous.
J'ai traduit plusieurs textes - j'en ai traduit plusieurs.
J'ai traduit les deux textes - je les ai traduits (tous les deux)
J'ai traduit deux textes - j'en ai traduit deux.
J'ai traduit ces textes - je les ai traduits.
En français on comte 5 sous-classes de déterminatifs ; articles, possessifs, démonstratifs,
interrogatifs, indéfinis.
Les problèmes des déterminatifs en tant que partie du discours.
1. Les déterminatifs sont étudiés dans les adjectifs (adjectifs pronominaux). Mais à la différence des
adjectifs ils ne peuvent pas se combiner avec d'autres déterminatifs (mon / ce livre). Mais divers,
différents, tel sont tantôt adjectifs , tantôt déterminatifs.
Ex. On signale déjà en divers endroits des chutes de neiges.
Il a une telle peur du noir qu'il dort avec la lumière allumée.
Les langues telles que l'italien, l'anglais, l'espagnol sont enseignés dans nos écoles.
Autre et même sont accompagnés de déterminatifs (un autre, cet autre, le même).
Les déterminatifs ne séparent jamais les substantifs et les adjectifs.
Ex. la grande maison
Sauf feu – feu ma cousine ; tout – tout le livre – tout ce, mon...+ subs.
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Ils
ne
sont
jamais
placés
après
le
substantif,
d'où
une
autre
appellation
prédéterminatifs(prédéterminants).
2. Les déterminatifs et les pronoms
Au point de vue sémantique les déterminatifs sont identiques à certain pronoms (mon / le mien, ce /
celui-ci, chaque / chacun) ce qui fait ranger les déterminatifs et les pronoms dans deux classes différentes
de mots : ce sont leurs particularités syntaxiques et morphologiques (distributions).
Ex. Une grande maison celle-ci, celle-là ; la mienne, elle...
En français les fonctions différentes sont doublées par les formes différentes. Ce sont les
déterminatifs qui expriment la référence adjectivale comme mots autonomes (par leur distribution).
Pourtant la substitution des substantifs se fait à l'aide des pronoms ’’nominaux ’’autonomes (celui-ci, lui)
et les pronoms non-autonomes (le, ce, il).
L'article; formes et fonctions
Particularités de l'article en français
L'article est un mot-outil signe de la détermination — catégorie syntaxique du nom. Il est de
l'actualisateur principal du nom.
La grammaire française distingue d'habitude trois types d'articles : définis, indéfinis et partitifs.
Les discussions théoriques portant sur l'article concernent les problèmes suivants :
a) le nombre des articles en français
b) son statut morphologique
c) ses fonctions dans la langue et ses significations
A ceci viennent s'ajouter les problèmes spécifiques concernant certains formes de l'articles : du, des,
de au lieu de du, des, l'absence de l'article.
Les discussions se font au sujet du nombre de l’ article. Certains linguistes (Galichet) ne distinguqnt
que deux types d'articles : le et un. D'autres (Wagner, Pichon) y ajoutent les articles du, de la qu’ils
n’appellent pas partitifs.
La grammaire Larousse, comme Guillaume, distinguent 4 types d'articles : définis, indéfinis,
partitifs et article zéro.
Damourette et Pichon distinguent aussi 4 types d'articles : article zéro, articles indéfinis,
démonstratifs (ce) et définis (l'article défini est considéré comme variante d'article indéfini) .
La grammaire française distingue d'habitude trois types d'articles : définis, indéfinis et partitifs
auxquels certains grammairiens ajoutent article zéro (absence d'articles). Ces trois articles admis dans la
grammaire française, recouvrent les oppositions suivantes ;
1. substantivité / non- substantivité (absence / présence d'article)
2. défini / indéfini (le, la, les, / un, une, des)
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3. totalité / partitivité (le, la, les, / du, de la)
4. singulier / pluriel ( le nombre : le, la, un, une, / les, des)
5. masculin / féminin (le genre : le, un, la, une)
Les trois premières oppositions appartiennent à l'article, tandis que les deux dernières n'appartiennent
pas à l'article, mais plutôt au substantif avec lequel l'article est employé.
1. Substantivité et non-substantivité
Cette opposition est exprimée par la présence ou l'absence de l'article (article zéro)qui, dans certains
cas, montre que le substantif sans article a perdu sa valeur substantivale. Cela veut dire que d’une
manière générale le nom garde sa valeur substantivale avec l'article.
Présence d'article → substantivité (le chien du berger)
Absence d'article → non-substantivité (le chien de berger)
La non-substantivité apparaît dans la cas où le substantif apparaît dans sa fonction secondaire
(fonction première d'une autre partie du discours : adjectif, adverbe).
a) dans les locutions verbales : avoir peur / faim, prendre part, faire peur etc.
Dans ces locutions il est impossible de remplacer le substantif par un pronom (A-t-il peur ‫ →٭‬il l'a).
b) devant les substantifs en fonction d'attribut : Mon père est agronome / médecin, musicien.
Dans cette fonction le substantif s'emploie aussi avec article (un).Ex. Le chat est un mammifère
(classification du sujet).
c) fonction caractérisante Le loup est carnivore
Dans cette fonction le substantif prend un autre sens : sens figuré.
Ex. Il est devenu marteau. Il était très rasoir. Jeanne est très femme. (caractérisation du sujet).
Les exemples précités montrent que dans cette fonction le substantif a perdu la substantivité au point
qu'il s'emploie avec un adverbe.
Ex. Je ne grelotterai plus dans l'eau de l'Atlantique en criant à mes enfants, pour faire plus homme,
qu'elle est très bonne (Daninos).
Dans cette fonction d'attribut le substantif peut garder son article défini, alors c'est sa fonction
d'identification. Ex. Paul est le directeur de cette usine.
d) le substantif en fonction d'adverbe : ex : écouter avec attention
e) le substantif en fonction d'adjectif : ex .: une table de bois, chien de berger, avoir les cheveux
carottes(roux), poil de carotte.
II. Fonction assymétrique
a) Malgré l'absence de l'article le nom garde sa valeur substantivale. Cet emploi est observé dans les
cas suivants :
39

dans les archaïsmes : mauvaise herbe croît toujours, à bon chat, bon rat. Cet emploi remonte
à l'ancien français où l'article n'avait pas un emploi stable généralisé devant le substantif.

En français moderne dans les constructions existentielle avec il y a. Il y a réunion ce soir ; dans
les titres : grammaire française ; mots mis en apostrophe : Bonjour, amis ;:ami(e) l'univers nous envie.
Dans les constructions caractérisantes du sujet et de l’objet : Marc est musicien (attribut du sujet) :
On a élu Marc président (attribut du comlément).

dans les énumérations : Hommes, femmes, enfants, tous se précipitèrent vers le pont.
 dans les comparaisons du type blanc comme neige. Dans le cas où le mot désigne le même mot
lui même : comment dire le ’’singe’’ en arménien. C'est un forgeron. C'est en forgeant qu'on
devient forgeron.

dans les phrases négatives les articles sont remplacés par la préposition de (absence totale). Ex :
Je n'ai pas de livre(s). Si la négation porte sur la qualité l'article ne change pas. Ex : Je ne mange pas du
pain noir. On ne mange pas des ortolans tous les jours (mets coûteux et raffinés). Ils ne mangent pas
des légumes et des fruits. Ce n'est pas du vin, c'est de l'eau.
 malgré la présence de l'article le nom ne garde pas sa valeur substantivale : la colère du père ;
l'avarice du prêtre.
S (1) + de + S(2) - l'absence de l'article devant le S(2) entraîne la désubstantivation ; table de bois,
un visage de femme, une fille de paysan(s), les patins d’argent.
Mais cette règle n'est pas toujours observée ; l'absence ou la présence de l'article dépend de l'usage.
Cet emploi est non-significatif ; ex. 1) On dit le gouvernement de France, de Syrie, mais du Liban. 2)
On dit les fleurs de jardin, mais les fleurs des bois et les fleurs des champs, une filles des champs; le
rat de ville, mais le rat des champs ; le travail de nuit, mais le travail du jour, jardin de délices,
jardin des Oliviers,le jardin du curé, le jardin d'Eden.
Article défini / article indéfini
Le premier facteur qui se trouve à la base de l'emploi des articles définis ou indéfinis c'est la
détermination. Cette notion (de détermination) qui n'est pas si facile à préciser repose sur la possibilité où
l'impossibilité du choix des objets de la situation donnée. Si entre les objets de la situation le choix de
l'article est possible, on est en présence de l'indétermination et c'est l'article indéfini qui est employé ;
Si entre les objets de la situation le choix n'est pas possible c'est l'article défini qui est employé ; ex ;
Ouvrez vos livres à la pafe 10 J'ai vu un enfant qui pleurait. J'ai vu (l') un enfant qui pleurait
Les facteurs de la détermination
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On emploie les définis dans les cas suivants :
1. pour exprimer l'unicité qui est assurée par la situation : ex – Passez-moi le journal ! Fermez
les livres ! Ouvrez la porte!
2. le sens défini se fait par le contexte : ex – Un homme marchait dans la plaine. Tout à coup il vit
un enfant. L'homme et l'enfant s'arrêtèrent et se regardèrent un moment. J'ai pris le livre que tu as mis
sur le bureau.
Donc, dans ce cas l'objet devient unique comme c'est le cas des noms propres qui dans la situation de
la communication sont uniques. Donc, l'impossibilité du choix rapproche les noms concrets des noms
propres. Dans les phrases pareilles l'article défini montre qu'il s'agit d'un objet déjà identifié. Ex : Comme
Charles passait par Vassonville, il aperçut, au bord d' un fossé, un jeune garçon assis sur l'herbe. Etesvous le médecin ?,-demanda l'enfant(Flaubert). L'enfant a voulu savoir s'il était le médecin à qui il devait
montrer la route. L'enfant pouvait même lui demander s'il s'appelait Ch. Bovary.
On avance aussi un autre facteur qui se trouve à la base de l'opposition défini / indéfini. C'est la
présupposition. Ce qui se trouve dans le domaine de la présupposition entraîne l'emploi de l'article défini.
Ce qui est dehors du domaine de la présupposition entraîne l'emploi de l'article indéfini. Ex : En revenant
vers le pré, il entendait le clocher qui sonnait cinq coups...(le clocher du village),Depêchez-vousde
revenir, dit Gretel en riant ; nous ferons la course sur le canal ce soir,si la mère le permet.
Les deux articles ont un rôle particulier pour l'organisation du texte. L'indéfini indique le passage au
nouveau (rhème), tandis que le défini renvoie à la proposition précédente (comme fonction anaphorique).
Ex : Un enfant nous ouvrit. La bohémienne lui dit quelques mots dans une langue à moi inconnue.
Aussitôt l'enfant disparut.
3. Par l'information préalable. Ex : Le directeur a longuement parlé.
le nouveau(rhème) – Une délégation est arrivée à Erévan.
le connu(thème)
- La délégation vient d'arrivée à Erévan.
La première phrase met en relief le fait qu'une délégation (indéfinie) arrive, alors que la deuxième
accentue le fait que la délégation (définie) dont on met au courant l’interlocuteur arrive à Erévan.
4. Neutralisation : elle se fait généralement par
a) l'article défini (généralisation).Ex : L'homme est un roseau pensant.
b) l'article indéfini (particularisation).Ex : Une mère doit bien élever ses enfants. Une énoncé doit
être clair.
c) l'absence de l'article : Plaie d'argent n'est pas mortelle. Pauvreté n'est pas vice.
5. le / un – fonction emphatique : La belle affaire ! Quelle belle affaire !
6. trait caractéristique : un soleil pâle
Avec les substantifs de matière l'article indéfini montre une portion indéfini. Ex : prendre un
apéritif. Garçon, un poulet, svp.
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Totalité / partitivité – article défini / article partitif
Cette opposition est explicitée par l'opposition des articles le /du. Elle concerne les substantifs nonnombrables (qui désignent une matière, une substance continue). Examinons les phrases :
1) Elle a apporté du vin.
2) Le vin de ce pays est célèbre.
Dans la phrase (1) il s'agit d'une qualité indéterminée de vin il ne s'agit pas de tout le vin (totalité),
mais d'une quantité indéfinie de vin. Pourtant dans la phrase (2) il s'agit de tout le vin du pays (totalité).
La neutralisation de l'opposition totalité / partitivité est exprimée par l'article le / la. Ex : Le vin est
nutritif. L'eau est incolore, inodore, insipide.
Le problème de l'article partitif – Dans la grammaire française l'article partitif pose les problèmes
suivants : 1. Il n'est pas considéré comme un troisième article. Henri Bonnard trouve même ce
terme ’’malheureux’’, mais G. Guillaume trouve le terme partitif fort exact. Les grammairiens qui
refusent l'existence de l'article partitif, préconise l'idée que c'est le même article défini contracté. Dans les
exemples suivants : la maison du berger, la conquête du Mexique ; Marie arrive du Japon ; Pierre mange
du pain et du fromage ; il s'agit toujours du même article du qui remplit des fonctions différentes. Mais
ce point de vue est difficile à admettre, il est vulnérable. Dans un article contracté l'élément de est une
préposition. Le propre de la préposition c'est de jouer le rôle de lien syntaxique ; elle lie les termes de la
proposition. Tandis que l'article partitif, comme tous les déterminatifs, formant un groupe nominal,
s'emploie avec les substantifs non nombrables et sa fonction primaire et de montrer une quantité indéfinie
d'un tout, la partitivité. De là les différentes fonctions de l'élément du montre l'existence des formes
homonymiques en français. Ex : Il ne boit que du vin et il ne parle que du vin. L'article partitif est
appelé aussi article de matière (Gougenheim) ; article de massivité (Damourette et Pichon). Souvent
devant les noms de certains animaux les articles le, un, du servent à distinguer les noms nombrables (le
veau, un veau) des noms non-nombrables (du veau) :
le poulet, un poulet – du poulet ; le mouton, un mouton, du mouton
le porc, un porc – du porc, le bœf ,un bœf du bœf
L'opposition un / du n'est pas purement grammaticale pour distinguer les noms nombrables nonnombrables. L'emploi de ces deux articles est sémantique. Il y a lieu un changement de sens , changement
de classes lexicogrammaticales du substantif.
un veau – du veau ; de la soupe – une soupe( une portion de soupe)
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D'après certains grammairiens l'article partitif est considéré comme une forme spéciale de l'article
indéfini, qui se met devant les noms non-nombrables (Grvisse, Guillaume, Bonnard). Les grammairiens
de ce point de vue trouvent que les articles un / du manifestent un certain parallélisme d'emploi. Ex :
C'est un mouton - C'est du mouton. Elle a de l'amour propre ; elle boit de leau/ de l'eau fraîche/une
eau fraîche ;un courage exceptionnel/ du courage,
Pour comprendre la nature de l'article partitif il faut avoir eu vue sa fonction primaire et sa fonction
secondaire. La fonction primaire de l'article partitif c'est d'exprimer une quantité indéfinie d'un tout la
partitivité. Il s'emploie avant tout avec les noms non-nombrables. La partitivité concerne les objets
continus (non-nombrables).
La catégorie du nombre (opposition singulier/pluriel) ne concerne pas les noms non-nombrables. Ces
derniers ne connaissent pas le pluriel.
LE VERBE
Le verbe comme le nom est une partie du discours essentielle. Il désigne une action (Il va ; il vient,
lance la graine au loin), une relation ou un état représenté sous forme d'un
processus qui
émane (provient) d'un sujet et se développe dans le temps (Marie aime la nature) : une existence : Il
existe . un état : il dort.
Le verbe se distingue du substantif qui, lui aussi, désigne une action ou un état. Mais le substantif
désigne une idée d’action d'une manière générale, il ne la situe pas dans le temps et ne désigne pas son
sujet. Comparez – Il descend : la descente.
L'aspect syntaxique du verbe c'est la fonction du prédicat verbal. Seules les formes personnelles
remplissent cette fonction.
L'aspect morphologique : Les catégories morphologiques du verbe sont : le mode, le temps, la voix
liée à la transitivité, la personne, avec la nombre et le genre.
Les problèmes en discussion sont d'ordre structurale ou fonctionnelle.
a) être + p.p (le plancher est cavé) forme passive ou prédicat nominal
b) se + verbe (se peigner les cheveux) voix pronominale ou le verbe avec son complément
c) aller (venir de) forme analytique temporelle ou périphrases syntaxiques
d) faire, laisser + infinitif voix causative ou construction analytique de la voix, exprimant il voix
factitive.
Les problèmes en discussion d'ordre fonctionnelle sont ;
2. les formes surcomposées appelées temps surcomposés: Il a eu fait. Il aura eu fait ; il avait eu
fait sont peu usités et aussi ne sont pas inclus dans les manuels de grammaire.
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3. L'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif qui non seulement ne sont pas employés, mais ne
sont pas non plus enseignés.
4. La grammaire traditionnelle distingue dans le système du verbe les 22 formes verbales suivantes :
Indicatif
Conditionnel
il fait – a fait
il ferait – il aurait fait
Subjonctif
il faisait – avait fait
qu'il fasse - qu'il ait fait
il fit – eut fait
qu'il fît - qu'il eût fait
il fera – aura fait
Infinitif
faire – avoir fait
P a r t i c i p es
(présent)faisant, → (passé)fait
ayant fait
en faisant
I m p é r a tif
(présent) Fais ! (passé)Aie fait!
Ces 22 formes se divisent
en 4 modes :l`Indicatif – 8 temps : le Subjonctif –4 temps : le
Conditionnel – 2 temps ; L`Impératif – 2 temps les formes non personnelles - 2 formes; les participes
3 formes ; le gérondif.
2. Un autre problème c'est le problème de l'homonymie grammaticale dans les formes temporelles.
Ex: il ferait futur dans le passé ou cond. présent ou forme polysémique.
 il eût fait une forme polysémique ou plus-que-parfait du subjonctif et cond. passé deuxième
forme.
 en faisant → forme spéciale qui se diffère de faisait ou une variante structurale de faisant.
il fait, il ferait sont des modes (impératif, conditionnel) ou formes temporelles faisant partie de
l'Indicatif.
Henri Bonnard a écrit à ce propos. ’’Il serait chimérique d'espérer une solution parfaite, invulnérable
au problème du classement des formes verbales. En effet si nous réduisions le nombre des modes nous
augmentons le nombre des formes temporelles et vice versa.
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Les sous-classes lexico-grammaticales des verbes
On distingue différentes sous-classes lexico-grammaticales des verbes :
a) verbes pleins / verbes auxiliaires
b) verbes perfectifs / imperfectifs (duratifs)
c) groupes de valence verbale (verbes avalants, monovalents, bivalents et trivalents)
Les verbes auxiliaires, ou à sens grammatical se distinguent des verbes pleins par la
désémantisation
partielle ou complète de leur sens. Ils ne peuvent pas remplir la fonction de membre
de proposition.
Les verbes outils ou auxiliaires français sont des variantes fonctionnelles, sémantiques des verbes
pleins, autonomes. Ainsi beaucoup de verbes dans certaines distributions perdent leurs sens lexicaux et
deviennent verbes outils.
On distingue deux types de verbes à sens grammatical :
1) quand le verbe joue la fonction d'attribut du sujet (devenir, être, paraître, sembler, avoir l'air, se
faire, se montrer) et la fonction d’attribut d'objet (faire, rendre, trouver ; ex : Cet événement l'a
rendu malheureux.).
2) quand le verbe forme un prédicat composé avec l'infinitif en exprimant des nuances de sens
modal, de voix, d'aspect (avoir à faire qch = pouvoir, devoir ; aller, venir de + inf.) et nuance de
sens d'aspect (être en train de + faire ; finir de + inf., finir par + inf. ; commencer à (de), ).
Etre et avoir - Le verbe être est plein, à sens lexical dans le sens d'exister : Je pense donc je suis.
Dans le reste des cas son sens et sa fonction sont précisés par son environnement.
Ex : Il est musicien, intelligent.
Il est à Paris, Il est à sa patrie. Ce livre est à moi.
Le cahier est sur la table (sous ..., à...).
Il est à faire qch. en train de faire qch.
Le verbe avoir est autonome a son sens de posséder dans la phrase du type : J'ai une ferme, une
maison, quatre enfants etc. Il peut s’employer :
1.comme verbe de mode - J'ai deux mots à vous dire.
2. commme verbe auxiliaire - J'ai été.
3. avec une nuance de sens modal, aspectuel – Il est en marche, il a eu un cri.
être et avoir sont considérés comme des conversifs. Ex : J'ai ce livre → ce livre est à moi.
Verbes perfectifs et imperfectifs – Les verbes perfectifs sont ceux dont le sens lexical
expriment une action qui a une fin naturelle, qui ne peut pas durer toujours (donner, tomber, arriver,
45
oublier, laisser, entrer, sortir, mourir, naître). Le résultat de la fin de l'action de ces verbes montre l'état
de cette action. (écrire - écrit)
Les verbes imperfectifs sont ceux dont le sens lexical désigne une action en développement, une
action qui n'a pas de fin naturelle, qui peut durer toujours (aimer, regarder, estimer, travailler). Les verbes
imperfectifs peuvent s'employer avec les adverbes (encore, ne plus). Ex : Il vit encore : et non il meurt
encore. Il ne travaille plus ; il ne vit plus dans cette maison. On ne peut pas dire . Il ne naît plus.
Mais il n'y a pas une cloison étanche entre ces deux groupes de verbes. Un verbe cursif, duratif peut
se transformer en verbe perfectif (terminatif) ; ex : porter, apporter, emporter, supporter, courir, accourir,
faiblir, affaiblir, dormir, s'endormir. Un même verbe par exemple :
perfectif dans son sens propre lexical – ѳëϳݳÉ
comprendre peut devenir
imperfectif dans le sens figuré – å³ñáõݳϻÉ
perfectif / Il sort de la chambre. - ¹áõñë ·³É
sortir peut devenir
imperfectif / La rivière sort. – ëÏǽµ ³éÝ»É
imperfectif / Le volcan fume.
fumer peut devenir
perfectif / Il fume une cigarette.
Le sens perfectif se marie bien avec le temps perfectifs(comme le passé composé et le passé simple,
etc). Le sens imperfectif se marie bien avec le temps imparfait et le présent. Ex : Il parle toujours. – ܳ
ÙÇßï ËáëáõÙ ¿ : Il descend toujours ; Donnez toujours puisque s’est sa dernière volonté
Groupe de valence
Le sens du verbe est étroitement lié à son sujet, à son objet, à ses circonstances. La possibilité du verbe
d'avoir des compléments et d'entrer en rapport syntaxiques avec ces derniers s'appelle la valence.
La valence peut être facultative et obligatoire. Dans la phrase Pierre a un ami la valence de Pierre et
ami est obligatoire. Sans Pierre et ami la phrase ne serait pas grammaticalement et sémantiquement
correcte. Mais Pierre donne son livre à sa sœur ; - à sa sœur est une valence facultative.
La valence est obligatoire dans les cas suivants:

sujet – Il dort. Il fait chaud.

c.o.d. – expliquer qch à q'un : substituer qch. à qch

attribut(du sujet et du complément) – Il est devenu sage. On l'a élu président.
46
Le sens du verbe dépend, dans la plupart des cas, des catégories grammaticales telles que : le sens
abstrait/concret , unicité/pluralité de l'objet , animé/nanimé du sujet ou de l’objet sujet etc.
Examinons les phrases
1. Le vent frappe à ma porte ; me parle d'amours mortes. Le voyageur frappe à la porte. Marie parle.
2. Le poisson abonde dans cette rivière. La rivière abonde en poisson.
3. Il ne mange que du pain. Sa barbe lui mange le visage. Il vous mange des yeux.
Le mot vent remplissant la fonction du sujet syntaxique, représente une chose qui en réalité ne peut pas
être l'agent de cette action. Dans ce cas le sujet a un caractère métaphorique (personnification).
Au point de vue grammatical les deux valences – celle de sujet et celle d'objet sont les plus
importantes. En ce qui concerne le sujet, le verbe français distingue verbe personnel, verbe
impersonnel. Tous les verbes français ont leurs formes personnelles (I-e, II-e, III-e personnes) La forme
impersonnelle ne s'emploient qu'à la III -e personne (il pleut). Les verbes impersonnels sont intransitifs (il
pleut, il arrive un malheur, il faut). La III-e personne de certains verbes transitifs employée avec le
verbe être surtout à la troisième personne ; comparons- Il a dit – Il est dit ; Il a écrit – Il est écrit. C’et
écrit. Ces verbes sont appelés avalents.
Les formes personnelles se divisent en :
1) monovalents (intransitifs).
P
est ( vit,existe,court, naît, dort, marche)
│
│
S
│
(cela)L'enfant
2) bivalents (transitifs directs)
P
S
prépare
O
Pierre
son discours
3) trivalents
P
donne (distribue, attribue)
│
S
Od
Oi
Pierre
un livre (des cadeaux, un prix,) à Marie
Une autre particularité du verbe français c'est que la même préposition à peut exprimer des actions
contraires.(acheter,vendre, predre, apprendre à)
La notion de valence est importante pour le fonctionnement des catégories grammaticales suivantes :
 la voix (active, passive, pronominale, factitive)
 la personne (pour la constitution de la phrase)
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La valence verbale est étroitement liée à la catégorie sémantique et syntaxique de transitivité.
La transitivité
Dans la langue française les verbes se divisent en transitifs et intransitifs. La transitivité est une
catégorie verbale sémantico-syntaxique. Elle est sémantique parce qu'elle exprime l'action du verbe qui
passe sur un objet et crée ainsi un lien sémantique très étroit entre le verbe et son complément. Cela
signifie que le verbe sémantiquement dépend des compléments et ne peut s'employer sans un
complément, et, même s'il s'emploie sans son complément, le sens change
Ex. Il boit de l'eau – Il boit Il chante une chanson - Il chante.
Il fume. Il vend etc.
La transitivité est syntaxique puisqu'elle crée des liens concrets syntaxiques entre le verbe et ses
compléments (directs, indirects, circonstanciels). Or, la transitivité traduit des rapports syntaxiques et
sémantiques entre le verbe et ses compléments.
Dans la linguistique française il y a des points de vue différents au sujet de la transitivité. Du point de
vue syntaxique De Bœr, Bally, Blinkenberg considèrent transitif tout verbe qui exige un complément et
même un circonstanciel. Ainsi , De Bœr considère que Il dîne à Paris le verbe dîner est intransitif, alors
que Il va à Paris le verbe aller est transitif, parce que le verbe a besoin d’un complément marquant le lieu
la direction
D’autre part, le verbe est transitif s’il a un complément direct. Mais si le verbe a un complément
indirect il est intransitif Il a nui à son frère
Examinons aussi les phrases suivantes :
a) Il marche dans la rue.
b) Il travaille la nuit.
c)Il adhère au parti travailliste.
d) Il rédige un article.
D'après leur caractéristique sémantico-syntaxique, les deux premières phrases sont intransitives même
si le complément la nuit est lié à son verbe sans préposition. Il est un complément circonstanciel de temps.
Pourtant dans la phrase Il travaille le fer le verbe travailler est transitif. Tandis que les deux dernières (c,
d)phrases sont transitives. La grammaire française distingue aussi des verbes transitifs directs et transitifs
indirects : ex. : regarder qch. (sans lien grammatical est une construction directe). Il arrive souvent qu'un
même verbe change de valence et il s'emploie dans des constructions transitives ou intransitives. Cet emploi
peut ou ne peut entraîner un changement de sens :
On finit le travail – Le travail finit.
On descend... ------ On descend les bagages.
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La grammaire française considère les verbes des deux dernières phrases adhérer à, et rédiger qch
comme
verbes transitifs (indirect et direct) par le sens étroit avec leurs compléments et le lien
syntaxique. On peut donc présenter la transitivité par le schéma suivant :
Transitivité
transitif (aimer, donner)
direct(aimer)
intransitif (aller, venir)
indirect(donner à)
Très souvent les verbes transitifs indirects ont leur variantes synonymiques :
 succéder à et suivre qch.
 équivaloir à et égaler qch.
 se souvenir de et se rappeler qch.
Le plus souvent un même verbe exprime des sens différents selon qu’il est transitif ou intransitif:
ex.:réfléchir la lumière Le miroir réfléchit les images ; réfléchir à (sur) un problème.Réfléchissez
à(sur) ma proposition.
Parfois, selon l’appartenance catégorielle des compléments, le même verbe exprime des notions
différentes selon qu’il est transitif direct ou transitif indirect ex. :

commander(donner l’ordre de, diriger) une armée → commander à (dominer)ses passions

applaudir un artiste(l’accueillir, le saluer par des applaudissements)
→ applaudir à une
décision (donner son complet assentiment)
viser une cible(diriger son regard, une arme vers le but.) → viser (à )aux bonheurs
toucher qch.
→ toucher à qch.
Les compléments(définis) des verbes transitifs sont remplacés par les pronoms le, la, les et les
indéfinis par en. Ces verbes ont les catégories de la voix active, passive, pronominale et factitive. En
français les verbes transitifs ont un emploi fréquent.
Changement de valence
Le passage d'un verbe transitif à un verbe intransitif
En français un même verbe peut s’employer dans les constructions transitives et intransitives et le
sens du verbe ne change pas (reste le même).
Le sens du verbe ne change pas :

On finit le travail( v,tr.)

On commence la leçon (v.tras.)
→
le travail finit(v.intr.)
→ la leçon commence(v.intr.)
49
Le sens du verbe change :

Il descend→ Il descend ses affaires. Il monte → Il monte ses valises.
Le passage du verbe intransitif au verbe transitif se fait:
a) par l'emploi d'un complément direct – vivre (vi) → vivre sa vie(vtr.) :aller et aller son chemin :
Ex. Il veut mieux vivre sa vie que la vivre des jours heureux. L'homme ne vit pas seulement de
pain, mais aussi de toute parole qui vient de Dieu
dormir (vi) → dormir :(vtr.)Dormir d'un sommeil léger, Dormir son dernier sommeil.
- aller → aller( passer) son chemin
- pleurer → pleurer ses larmes
Donc, les compléments de ces verbes ne sont pas de vrais compléments directs. Ils ne se remplacent
par un pronom complément direct correspondant.Ces verbes ne s'emploient pas non plus à la voix passive..
Le passage d'un verbe transitif à un verbe intransitif
Tout verbe transitif peut avoir un emploi intransitif. Dans ce cas son complément est omis, il n’est
pas employé. On le comprend soit par le contexte, soit par la situation.
Ex. : 1) Vous changez (le métro). Vous prenez (un moyen de transport). Ces expressions sont
courantes dans la langue parlée.
2) Vous fumez ? Il fume, il danse.
Parfois l’omission de l’objete sert à eprimer une
occupation permanente , une capacité, une
caractéristique du sujet. :Il vend. Il chante. Il boit. Dans cette emploi il peut avoir des formes, des
constructions analytiques, synonymiques :

il dessine → il fait des dessins

il étudie → il fait ses étudies

il aime
→ il est amoureux

il vend
→ il est vendeur
Il boit → Il est buveur
Parfois cet emploi sans objet sert à mettre en relief l'action du verbe. Ex. : Qui a des oreilles entend.
Qui a des yeux voit.
Parfois le changement de la transitivité sert à exprimer des rapports : actif et passif. Dans ses
constructions l'objet du verbe transitif devient sujet du verbe intransitif
Ex : le soleil brunit le visage (vt).
le visage brunit au soleil (vi).
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Les exemples montrent que le sujet du verbe transitift est animé, tandis qu'il est inanimé pour les
verbes intransitifs. Ex :
Le paysan continue son travail (animé).
Le travail continue (inanimé).
Pierre brûle le papier (animé).
Le papier brûle (inanimé).
Changement de sujet
Souvent on observe que le sujet du verbe transitif est animé tandis qu'il est inanimé pour les verbes
intransitifs. Ex :
Il fume une cigarette.
Le volcan fume.
Le tailleur l'a bien habillé.Ce costume l’habille bien
Il chasse le lièvre.
Les roues de sa voiture ont chassé.
Tous ces exemples montrent qu'il n'y a pas une cloison étanche entre la transitivité et l'intransitivité.
Cette opposition est neutralisée dans certains verbes sans changer de sens.
Les verbes transitifs directs sont toujours de construction directe et le complément direct est remplacé
par le, la, les / en.
En français le changement de valence se fait par la réduction des actants:
a) dans l'actif : On a invité Paul
dans le passif : Paul a été invité.
On vend bien ces journaux.
Ces journaux se vendent bien.
b) par l'augmentation des actants . Ex : sortir(intr.) – faire sortir qn(trans.) glisser – faire glisser, couper
faire couper
voir – faire voir qch
Quelquefois un verbe impersonnel peut changer en verbes personnels. Alors nous sommes en présence
d'un changement métaphorique sémantique du verbe :
Il pleut – Les balles pleuvent.
L'enfant pleure – Il pleure dans mon cœur.
Il est arrivé un train – Un train est arrivé.
On finit le travail. – Le travail finit.
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Parfois le sujet des verbes intransitifs est différent du sujet des verbes transitifs et l’objet du verbe
transitif et l’objet du verbe intransitif ne se coïncident pas.
Pierre fume une cigarette. – Le volcan fume.
Le travailleur l'a bien habillé. – Cet habit habille bien.
Il chasse le lièvre. – Les roues de la voitures ont chassé.
Tous ces exemples montrent que les différents moyens de l'expression de la transitivité, de la voix
passive et pronominale peuvent devenir des constructions synonymiques.
Les verbes français se divisent en verbes d'action (dynamiques) et verbes d'état (statiques). Les
verbes statiques expriment l'état dans lequel se trouve le sujet. Ex : Il dort, il est à Paris. Les verbes
dynamiques(d’action) expriment le processus, situé dans le temps. Ex : Il ouvre la boîte, prend son stylo
et écrit sa lettre.
Les exemples montrent que les frontières entre les verbes transitifs et intransitifs ne sont pas stables.
Un même verbe peut s'employer tantôt transitivement et tantôt intransitivement. Les différents moyens de
l'expression de la catégorie transitivité / intransitivité ; passive et pronominale créent des formes
synonymiques dont il est difficile de distinguer le sens :
la glace a gelé
il faut fondre le beurre
il s'est avancé
la glace s'est gelée faites
fondre le beurre
il est avancé
la glace est gelée
Le problème de l'aspect dans le français contempregarderorain
L'aspect est une catégorie grammaticale du verbe qui exprime le caractère du déroulement de l'action
(durée, répétition, phases, accomplissement / non- accomplissement etc.)
Les valeurs aspectuelles sont propres au verbe mais elles ne constituent pas toujours une catégorie
grammaticale.
Le mot aspect vient du mot latin aspectus, nom d’action de aspicere -«regarder» au sens de regard. De
là on peut conclure que l’aspect peut se définir comme le regard d’une personne qui est porté sur
l’evénement(l’action) dont il s’agit. Cet événement peut être perçu dans son déroulement ou dans sa
globalité, etc.
Le problème de l’aspect dans la grammaire française et dans quelques langues indo-européennes
Selon certains linguistes le latin exprime la notion d’aspect par l’opposition des formes temporelles
présent(praesens) /futur{fuiturum}/ passé(praeteritum) video/ vidi/ je vois/ j’ai vu ; Videbam/ videram je
voyais / j’avais vu ; Videbo/ videro je verrai j’aurai vu
En anglais il existe , d`une part la forme progressive{to be + -ing} et la forme non progressive, d`autre
part une opposition entre le perfect{to have +participe passé} et le non perfect.
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Dans le langues slaves, le verbe russe en particulier exprime la notion d’aspect par l’opposition
perfectif et imperfectif ex ; tchitat (imperfectif) –protchitat(perfectif),
Le problème de l'aspect suscite beaucoup de discussions dans la grammaire française.
A. Meillet, le représentant de la linguistique comparative trouve que l'aspect comme catégorie
grammaticale verbale a disparu durant son évolution dans le système verbal français et a cédé sa place aux
formes temporelles du verbe français(ce sont les formes simples et composées du verbe qui servent à
exprimer les valeurs aspectuelles en français). Le français contemporain ne possède pas cette catégorie. Il a
des formes temporelles qui, au besoin, peuvent exprimer des valeurs aspectuelles. Les linguistes tels que
Tesnières ,Vendryes, Damourette et Pichon expriment le même point de vue.
Les linguistes Guillaume, Brunot, Grevisse
trouvent qui le verbe
français a cette catégorie
grammaticale. Des linguistes guillaumiens (P.Imbs, R. Martin, G. Moignet, B. Pottier, M. Wilmet..,)ont
développe des analyses approfondies des valeurs et des rlations linguistiues de l’aspect Guillaume
distingue temps extérieur (passé, présent et futur) et temps intérieur et appelle aspect la durée de l'action .
Il trouve que chaque forme verbale contient ’’ l'accompli’’ et ’’ l'accomplissement’’, c'est-à-dire
l'achèvement ou bien la durée de l'action. L'opposition temps simples et temps composés ou temps linéares
et ponctuels sert à l'expression de l'aspect en français.
L'aspect comme catégorie grammaticale peut avoir des moyens d'expression grammaticale (en russe) et
lexico- grammaticale (en français, en arménien).
1. Moyens lexicaux : Ce sont les verbes duratifs et terminatifs (vivre, travailler, marcher, regarder).
Les verbes duratifs s'emploient avec les adverbes encore, ne... plus. Ex : Il vit encore, il regarde encore, il
travaille encore, il ne vit plus dans cette maison, il ne regarde plus, il ne travaille plus. On ne peut pas
dire : il naît encore, il ne naît plus. Pourtant il n'y a pas une cloison étanche entre ces deux séries de
verbes. Un verbe imperfectif peut devenir verbe perfectif à l'aide des suffixes et préfixes ( toussoter,
écrivailler, relire, porter, apporter, courir, accourir, faiblir, affaiblir, baisser, abaisser, dormir, s'endormir,
voler, s'envoler). Si le sujet du verbe sortir est animé il est perfectif, et au contraire. Ex : Il sort de la
maison. Cette rivière sort du lac de Sevan. L'absence du complément peut entraîner aussi à créer leur
sens aspectuel. Ex : Il fume une cigarette(perf) – il fume(imp). Il chante une chanson.– il chante. Il boit
du vin. – il boit.
2. Moyens syntaxiques : se mettre à, être en train de
3. Moyens morphologiques : C'est par l'opposition des formes verbales telles que:
 temps simples / temps composés (présent, imparfait montrent une action qui déroule sous les yeux
du locuteur). Ex : Nous regardons(regardions) les enfants qui jouent(jouaient) dans la cour.
 action simultanée : Le caractère aspectuel du futur simple est duratif et le futur antérieur est action
accomplie, achevée. Ex : Ce jour-là nous subirons(aurons subi) un grand malheur.
 passé composé : action achevée, passée.
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
imparfait action inachevée

l’iparfait au lieu du passé simple(action acnevée): La guerre commençait en 1941 ;

le passé simple : une action répétée dan le passé :. Ex : Il se leva, sa casquette tomba, Elle abaissa
les paupières, Elle posa un léger baiser sur les lèvres froides.
Le passé composé , le plus-que-parfait montrent des actions antérieures, achevées par rapport à une
action présente ou passée.
Le mode
Le mode est une catégorie qui exprime l'attitude du locuteur à l'égard de la réalité décrite dans
l'énoncé. Le mode pose beaucoup de problèmes dans la langue française, car les formes et significations
des catégories modales ne sont pas nettement distinctes.
La grammaire
française traditionnelle distingue quatre modes : l'Indicatif, le Subjonctif, le
Conditionnel, l'Impératif. Cette classification est établie au 17e siècle. Elle est fortement influencée par
la grammaire des langues classiques. A la bases de cette classification se trouvent les tendances de voir
dans le français comme la continuation du latin langue-mère toute les catégories grammaticales que le
latin avait.
Dans la grammaire française au sujet des catégories grammaticales du verbe : temps, mode et
aspect, il y a trois points de vue distincts.
1. Certains linguistes réunissent dans une même catégorie le temps, le mode et l’aspect. La théorie
du verbe français et de ses catégories, est exposée par Guillaume dans son ouvrage « Temps et verbe »
(1929. Paris.).
D'après G. Guillaume, les formes du verbe français servent à représenter l'action dans son rapport
avec le temps. Toutes les formes verbales donc sont partagées en trois groupes selon le degré de
précision, selon la représentation de l'action et selon l'exactitude de la localisation de l’action dans
dans le temps.
 Le premier groupe présente l'Infinitif et les Participes. Ils présentent une idée très générale de
l'action et présentent l’action non comme un processus, mais plutôt qu'une idée générale d'action.
 Le deuxième groupe comprend les formes du Subjonctif. Elles donnent une idée vague, imprécise
de l'action. L'action du Subjonctif est présentée comme un processus seulement, en dehors du plan
temporel déterminé, précis.
 Le troisième groupe présente les formes temporelles de l'Indicatif qui situent l'action dans le temps
avec précision. Cette idée d'action est appelée « image-temps » (Guillaume).
Le premier groupe présente cette idée d'action possible, le deuxième la présente l'action possible dans
son devenir, le troisième groupe la présente dans son existence.
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I degré
II degré
III degré
Infinitif
Subjonctif
Indicatif
Participe
La théorie de Guillaume peut être donc résumé anssi.
Les formes de l'Indicatif présentent l'action dans le temps, les formes du Subjonctif correspondent à
une image-temps incomplète, l'image-temps n'est pas arrivée à son achèvement à sa réalisation.
Le Subjonctif exprime l'idée d'une action dont la localisation dans le temps reste imprécise.
Seul c'est l'Indicatif qui traduit l'idée d’une action localisée avec précision dans le temps. La
réalisation ou la non réalisation de l'image-temps dépend du sens du verbe de la proposition principale
Ex : a) Je sais qu'il est venu.
b) Je veux qu'il soit venu.
c) Je désire qu'il vienne .
Dans la phrase (a) le sens du verbe savoir – affirme et permet de présenter l'action avec précision
dans le temps – ce qui entraîne l’’emploi de l'Indicatif. Dans la phrase (b) le sens du verbe désirer ne
permet pas de présenter dans le temps avec précision l'action de la subordonnée. La formation de l'imagetemps n'arrive pas à son achèvement.
Donc la théorie originale du mode élaborée par Guillaume correspond à l'actualisation de l'action qui
passe par plusieurs étapes.
Les formes non personnelles expriment une action non actualisée, c'est-à- dire, non localisée dans le
temps qui n'ont aucun rapport avec le sujet (action potentielle).
Le Subjonctif présente une étape intermédiaire entre l'action non actualisée et l'action actualisée,Il
présente une action avant d'arrivée à l'actualisation. Elles présentent l'action dans son devenir. Cette
action a son sujet mais elle n'est pas nettement localisée dans le temps.
L'Indicatif présente l'achèvement de l'actualisation. Cette action a son sujet concret et elle est
actualisée nettement dans son temps.
D'après G. Guillaume, les temps composés du français servent à exprimer la catégorie de l'aspect.
Donc a chaque étape de l’actualisation on constate l'achèvement de l'action et l'action achevée. Ex : je
chantai-je chanterai ; je chantais- je chanterai.
2. Le deuxième point de vue distingue deux catégories verbales : le temps (avec l'aspect) et le mode,
comme dans la grammaire traditionnelle. On distingue deux points de vue :
Plusieurs grammairiens trouvent que l'aspect n'est pas une catégorie grammaticale parce qu'il n'a pas de
moyens de son expression (Meillet, Vendryès, Damourette, Pichon, Brunot, Tesnière). Ils trouvent qu'en
français le sens aspectuel est exprimé par des moyens lexico-grammaticaux.
Imbs trouve que les formes temporelles expriment le sens aspectuel et temporel.
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3. Le troisième point de vue présente le temps,, le mode et l'aspect comme des catégories
verbales différentes, isolées (Dubois, Wagner, Pichon, Klume, Bonnard). Dubois, par exemple, trouve que
la catégorie dominante c'est l'aspect et non le temps.
RESUME :
Les différents points de vue sur le système des catégories verbales montrent, que le
mode est une catégorie modificatoire qui exprime le rapport de l'action avec la réalité du point de vue du
locuteur. L’aspect est une catégorie lexocogrammaticale du verbe.
Mode Subjonctif
Les problèmes du Subjonctif
Les discussions se font au sujet des particularités morphologiques de l'expression du Subjonctif , de son
emploi syntaxique et de son sens.
Les arguments qui permettent de ne pas accepter le Subjonctif comme mode sont :
 Sur le plan morphologique : le Subjonctif se distingue peu de l'indicatif. Par exemple : les
terminaisons du présent du Subjonctif et de l'Indicatif coïncident (I, II, III p. du sing. et du pl.) seulement
quelques verbes ont des formes différentes (être, avoir, faire, aller, savoir, pouvoir, falloir, vouloir,
valoir).
 Sur le plan syntaxique : le Subjonctif s'emploie rarement dans les propositions indépendantes.
D'habitude il s'emploie dans les propositions subordonnées (complétives, relatives, circonstancielles).
 Sur le plan sémantique : le Subjonctif n'ayant pas de sens propre il double soit un autre mot, soit
il est vide de sens. Certains linguistes parlent même de sa mort, de sa maladie (mode malade, mode mort).
Les théories du Subjonctif
Les points de vue au sujet du Subjonctif sont les suivants :
 le Subjonctif ne présente pas un mode. Les linguistes de ce point de vue admettent que son emploi
n'est pas lié à l'expression d'un sens. Il est conditionné par des raisons syntagmatiques. C'est une variante
syntagmatique de l'Indicatif. Ainsi après le verbe savoir on emploie l'Indicatif, après le verbe vouloir on
emploie le Subjonctif. Bally trouve que l'emploi du Subjonctif est conditionné par ’’ l'exigence de la
syntaxe morte’’. C'est une servitude grammaticale. Les linguistes de ces points de vue trouvent que le
Subjonctif a un rôle de subordination, il est l'indce de la proposition subordonnée. Ex : Je conviens que
cette explication est obscure /Que cette explication soit obscure, j'en conviens.
Ayant en vue cela Brunot conclue que le Subjonctif est une forme de subordination et n'exprime pas de
modalité.
Certains linguistes (Guillaume, par ex.) soulignent que le Subjonctif exprime les différentes étapes
d'actualisation. Selon lui le Subjonctif occupe une place intermédiaire entre les formes non-personnelles
(formes non-actualisées) et les formes de l'Indicatif (formes actualisées).
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Le Subjonctif est une mode et exprime une action possible ou éventuelle. Ex : Elle souhaite vivement
que vous réussissiez.
Le Subjonctif est un mode qui exprime plusieurs acceptions (désir, doute, volonté). Par exemple : 1. Je
veux qu'il vienne. 2. Je doute qu'il vienne. Dans ces phrases le désir et le doute sont exprimés non pas
par la forme de la subordonnée (qu'il vienne), mais par la valeur lexicale des verbes (je veux, je doute).
Donc selon le contexte le subjonctif (qu'il vienne) ne peut pas exprimer une demande, un ordre, un
espoir, une doute, une concession, une opposition etc.
Beaucoup de linguistes (M. Cohen, par ex.) sont contre la mort imaginaire du Subjonctif. M. Cohen
trouve que le Subjonctif est plein de vitalité non seulement dans la langue littéraire, écrite mais aussi dans la
langue vivante, parlée. Il fait remarquer que si l'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif sont
rarement employés , c'est au profit du présent et du passé du subjonctif. Les linguistes adoptent la
théorie du Subjonctif de G. Guillaume, selon lui les notions pouvant entraîner l'emploi ou le non- emploi du
subjonctif sont : la possibilité, l’éventualité, la certitude et la réalité
Selon lui, seulec’est la première notion,la notion de possibilité qui entraîne l'emploi du Subjonctif.
Les trois autres exigent l’Indicatif
Ex : Il est certain (probable, réel) qu'il viendra (Ind.).
mais Il est possible qu'il vienne (Subj.).
Les linguistes qui admettent que le Subjonctif est un mode, trouvent qu'il a tous les indices
morphologiques, sémantiques et syntaxiques
nécessaires pour un mode.
a) Morphologiquement il a les terminaisons suivantes –e, -es, -e, -ent qui coïncident avec celles du
présent de l'Indicatif et –ions, -iez, qui coïncident avec celles de l'Imparfait de l'Indicatif. Les formes du
Subjonctif s'emploient toujours avec le conjonction que.
Pour relever la nature du Subjonctif il faut examiner l'opposition Indicatif / Subjonctif dans les
propositions où il est possible l'emploi de ces deux modes. Cet emploi parallèle se rencontre dans les
subordonnées relatives, complétives et circonstancielles. Par exemple :
Je connais un remède qui peut le guérir/Connaissez vous un remède qui puisse le guérir.
Indiquez-moi une ville où je puisse passes agréablement l'hiver.
J'ouvre la fenêtre de sorte que je peux voir l'Ararat.
Dans les phrases précités si l'action est certaine on emploie l'Indicatif, si elle est possible c'est le
Subjonctif. Ex : Je connais une ville où je pourrai passer agréablement l'hiver.
Les verbes voir, savoir, penser, supposer, se dire, prétendre qui expriment une action certaine
gouvernant l'Indicatif, mais employés interrogativement ils expriment une possibilité et impliquent le
Subjonctif :
Pensez-vous que cela soit nécessaire ? Je ne vois pas qu'il soit malade.
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La plupart des locutions impersonnelles qui n'expriment pas la possibilité gouvernent généralement
l'Indicatif.
Ex : Il est certain que votre mère sera venue
Il est probable qu'il pleuvra demain.
Il est vrai que je ne l'ai pas vu de mes propres yeux.
Mais on emploie le Subjonctif si l'idée de possibilité prédomine.
Ex : Il arrive rarement qu'il réussisse dans ses entreprises.
On peut conclure
que le
Subjonctif a ses formes et son sens propre. Son sens primaire c'est
l'expression de la possibilité.
Les temps du Subjonctif: Le Subjonctif a quatre temps : deux temps simples (présent et
imparfait et deux temps composés : passé et plus-que-parfait . Les deux temps du subj . l’imparfait et
le plus-que-parfait ne sont pas utilisés dans la langue parlée , ils ne sont employés qu’à la 3personnes du singulier et du pluriel dans la langue littéraire)
L’emploi des temps du subjonctif dépend de l’idée qu’on veut exprimer. D’une manière générale si le
verbe de la proposition est au présent ou au futur, le verbe de la proposition se met au présent du subj.
pour exprimer une action encore à faire ou une action simultanée et au passé du subj pour exprimer une
action déjà faite et antérieure à celle qui est exprimée dans la principale.
Ex. : Je suis heureux que vous soyez satifait (simult.)
Il faut que tu viennes demain (action future)
Je doute qu’il ait fini sa traduction(action antérieure)
Si le verbe de la proposition est à l’un des temps du passé ou du conditionnel le verbe de la
proposition subordonnée se met au présent du subjonctif(à l’imparfait du subj. dans les textes
littéraires) pour exprimer une action simultanée ou une action postérieure et au plus -que-parfait du
subj. pour exprimer une action déjà faite par conséquent antérieure à celle qui est exprimée dans la
principale.
Ex : Je voulais qu’il vienne(vînt) ce soir. Je désirais qi’il partît avec moi demain.
J’étais content que vous soyez(fussiez)satisfait(action simultanée)
J’ignorais qu’il ait (eût ) quitté hier la ville(action antérieure)
Léon Clédat fait remarquer dans sa Grammaire raisonnée de la langue française que l’usage des
deux temps (l’imparfait et le plus-que-parfait) tend pratiquement à disparaître. Comme le dit fort bien L.
Clédat : Je voulais bien qu’il vienne le lendemain est aussi clair que Je voulais qu’il vînt le
lendemain..Il est même beaucoup plus logique d’exprimer le futur dans le passé par le présent que par
l’imparfait, car un passé implique l’idée la plus contraire à celle du futur.
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On emploie le Subjonctif dans les propositions indépendantes ou principales pour exprimer :
un ordre, un conseil à la III-e personne. C'est le Subjonctif tenant lieu d'impératif :
... Que votre Majesté.
Ne se mette pas en colère !(La Font.) Qu’on le fasse venir!
le souhait :
Viennent les ans ! J'aspire à cette âge sauveur ; Puissé-je réussir !
l'indignation :
Moi ! Que je fasse cela !
concession, supposition :
Soit !
Dans la phrase française , au lieu de répéter une conjonction, on la remplace par que et le verbe suivant
se met au mode et au temps que la conjonction demande.
Ex. : Quand on travaille et qu’on peut gagner sa vie, on doit être content.
Bien qu’il pleuve à verse et que je n’aie pas de parapluie.
Impératif
Les formes de l'Impératif expriment l'ordre adressé directement à son interlocuteur. Il y a dans la
grammaire française deux points de vues au sujet de l'Impératif.
Premièrement l'Impératif comme mode n'est pas admis parce qu'il n'a pas de formes propres pour
l'expression de l'ordre. Dans ce but il emprunte ses formes soit à l'Indicatif (parle, parlons, parlez), dans
certains cas soit au Subjonctif (sois, ayez, sache etc). De plus, il n'a pas son sens propre : l'ordre, selon ces
linguistes, peut être exprimé aussi par d'autres moyens (par les temps de l'Indicatif : vous prenez, vous
prendrez ; par l'Infinitif : Ne pas se décourager, attendre. Ne pas se pencher dehors .par le Subjonctif :
qu'il vienne, qu'il sorte).
Toutefois nous pensons qu'il y a des raisons qui prouvent que l'Impératif est un mode car:

Le français possède des catégories grammaticales qui n'ont pas toutes les formes morphologiques
de leurs expressions. Par exemple : la catégorie du genre de certains substantifs camarade..médecin, etc, .
l'aspect qui s'exprime par des moyens lexicaux-grammaticaux. :se mettre à, sautiller etc., premièrement et
puis, d’après certains linguistes(V. Gak)l'Impératif a ses formes propres qui le diffère de l'Indicatif (e, ons,
ez). On voit que le –s manque à la II-e personne du singulier.
 Deux verbes le diffèrent de l'Indicatif et du Subjonctif savoir, vouloir(sachez, veuillez, que vous
sachiez, que vous vouliez).
 Certains formes verbales de l'Impératif le rapproche du Subjonctif (sois, aie).
Les fonctions primaires de l'Impératif c'est l'expression de l’ordre adressé directement à son
interlocuteur.
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Ex. : Apportez-moi du vin fort! Buvez à ma santé ! Versez m'en encore ! Soutenez – le, il va tomber .
Pourtant les autres formes n'expriment pas l’ordre proprement dit : Elles servent à énoncer un vœu,
un désir plus ou moins catégorique, plus polie. Par ex : Veuillez me prêter ce livre !
Ayez la bonté ou la complaisance de m’accompagner .
Soyez assez bon pour me dire ce que vous pensez faire.
Daignez m'accorder votre pardon !
Pardonnez - nous de nos offenses !
L’impératif a des fonctions secondaires. Dans ses fonctions secondaires de l'Impératif exprime une
condition, une concession. Ces nuances de sens sont réalisées dans la proposition subordonnée. Par ex:
Dépends le pendard, il te pendra !
Passez-moi la casse, je vous passerai le séné.
Il s’emploie souvent à la place de si : Lisez ce livre et vous connaîtrez mieux l’Arménie(Si vous lisez
ce livre….).
L’imératif a deux temps : le présent parle et le passé Ayez terminé ce travail pour trois heures. Cela
veut dire : Il faut que vous ayez terminé ce travail pour trois heures.
Mode Conditionnel
Les problèmes au sujet de la raison d'être du Conditionnel comme mode dans le système verbal sont
liées à l'assymétrie de la forme et du contenue. Quand à la forme le Conditionnel est une formation
romane. Ses indices morphologiques appartiennent à l'Indicatif. Comme le futur simple il se forme sur
l'infinitif à l'aide des terminaisons du verbe avoir à l'imparfait. Ce que le Conditionnel a de commun avec
le futur c'est le morphème r et avec l'imparfait c'est le morphème ait.
Sur le plan du contenu la forme en – rait a des emplois temporel et modal.
a) l’emploi modal : c'est l'expression de la supposition (il le ferait volontiers) ou d'une condition (s'il
faisait beau on irait se promener).
b) l’emploi temporel : C'est l'expression de la postériorité par rapport à un temps passé (futur dans le
passé). Ex : Il a dit qu'il sortirait le même jour.
Le Conditionnel comme mode pose beaucoup de problèmes. Certains grammairiens considèrent le
Conditionnel comme forme temporelle faisait partie de l'Indicatif(Guillaume), tandis que d'autres le
considèrent comme mode.:
Le Conditionnel est considéré comme mode qui exprime une supposition, une condition. C'est sa raison
d'être. Le sens futural (futur dans le passé) c'est l'une de ses fonctions secondaires (Brunot, Dauzat, Les
Bidois).
Le Conditionnel présente deux formes homonymiques (conditionnel mode, conditionnel temps). Dans la
première fonction il est un mode, tandis que dans la seconde il est un temps faisant partie de l'Indicatif.
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Le Conditionnel est un temps faisant partie de l'Indicatif (appelé futur hypothétique). C'est ce point de
vue qui est répandu le plus dans la linguistique française d'aujourd'hui. Ce point de vue est basé sur le fait
que le futur et le Conditionnel ont en commun le morphème – r et les terminaisons de l'imparfait – ait de
l'Indicatif.
Ce point de vue n'est pas admissible, vu que le futur simple se rapporte au plan du réel, à l’Indicatif. Il
s'oppose au présent et au passé comme temps réel. Tandis que le Conditionnel ne permet pas de préciser si
son action appartenant au plan du présent, du futur ou du passé, surtout que le conditionnel présent et le
conditionnel passé peuvent se rapporter au plan du passé.
En ce qui commence le sens modal du futur, il est exprimé par transposition(emploi secondaire). Ex : Il
sera malade : Il se sera trompé.
Le sens du Conditionnel (supposition, condition, potentialité) est conservé même dans futur du
passé. Ex : Il a dit qu'il viendrait, mais qu'il aimerait mieux rester chez lui. Dans cette phrase le
premier conditionnel (viendrait) exprime le futur dans le passé, tandis que le deuxième (aimerait
mieux) exprime une supposition, une action potentielle. Cf. :
Elle calcula qu'elle s'enfuira dès que don Cesare sera dans la chambre.
Elle calcula qu'elle s'enfuirait dès que don Cesare serait dans la chambre.
C'est ainsi que sont créés des emplois ambigus dans lesquels sont mêlés le sens modal et le sens
temporel.
Donc le futur s'emploie dans son sens futural (sens premier) , tandis que le Conditionnel s'emploie
dans son sens action éventuelle, action supposée . Le sens temporal du Conditionnel n'est pas précis, alors
que le sens modal est plus stable. Même les linguistes qui considèrent le Conditionnel comme une forme
futurale (futur hypothétique) constate que le sens premier du conditionnel c'est d'exprimer une action
éventuelle qui peut ou non se produire si certaines conditions sont réalisées, la réalisation de l'action
est possible, mais non certaine.
Les fonctions du Conditionnel
Le Conditionnel s'emploie et dans les propositions indépendantes et dans les propositions
subordonnées. Les fonctions primaires du Conditionnel c'est l'exprimer d'une action éventuelle liée à la
réalisation de certaines conditions.. :
Le présent du conditionnel s’emploie
Pour exprimer une condition exprimée ou sous-entendue :Si vous veniez vous me feriez plaisir
Pour exprimer un vif désir : Je voulais bien réussir. J’aimerais bien que vous soyez ici.
Dans certaines phrases interrogatives pour parler plus poliment : Voudriez-vos me prëter votre livre ;
Dans certaines phrases exclamatives, pour marquer l’étonnement : Quoi vous auriez peur de ses
menaces !
Dans certaines phrases affirmatives pour exprimer une
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possibilité, une probabilité : Il ne remue plus, on dirait qu’il est mort.
Le conditionnel passé s’emploie pour indiquer qu’une action aurait eu lieu dans le passé :
Il serait venu vous voir hier, s’il avait cru vous rencontrer
Pour exprimer une supposition relative à une action passée : Il y a eu un grand incendie dans cette
ville : le feu aurait été mis par des malfaiteurs(On suppose que le feu a été mis par des malfaiteurs)
Le même conditionnel passé est appelé dans beaucoup de grammaires conditionnel passé deuxième
forme : Il eut fait cela volontiers, s’il avait pu.
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