La France depuis 1945 : fin de la IVème République, Ve

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La France depuis 1945 : fin de la IVème République, Ve République, politique et
société.
Introduction
En 1945, la France sort de la guerre. La démocratie est rapidement rétablie, mais la
IVème République se heurte à de nouvelles difficultés : le régime politique est instable et
doit faire face à la décolonisation. En1958, le général De Gaulle, revenu au pouvoir, fait
adopter la Ve République.
Dans le même temps, la société française connaît une profonde mutation favorisée par
la croissance économique. Depuis 1974, la croissance est ralentie mais l’intégration
dans l’Europe, commencée dans les années 1950, se poursuit.
Quelques petits rappels avant d’aborder la Ve République :
La France des « Trente Glorieuses »
A partir de 1945, alors que la population s’accroît rapidement sous l’effet du baby-boom,
la vie des Français se transforme. La population déserte les campagnes pour la ville ;
une France industrielle et tertiaire, modernisée, prend le pas sur l’ancienne société
rurale ; la consommation de masse se répand. Ces mutations sont le résultat d’une forte
expansion favorisée par l’action de l’Etat et la croissance économique mondiale.
De nouvelles bases pour la France
Après la victoire, il apparaît rapidement qu’il faut transformer la société. En avril 1944,
un décret de l’Assemblée consultative accorde le droit de vote et, donc, l’égalité politique
aux femmes (dans la théorie). Au cours des années suivantes, c’est la mise en place de
l’Etat-Providence ( intervention de l’Etat pour garantir la protection sociale). En octobre
1945, la création de la Sécurité sociale donne aux travailleurs la protection financière.
Les droits du travail progressent avec la mise en place des comités d’entreprise dans les
entreprises de plus de 50 salariés.
Cependant, le rationnement dure jusqu’en 1948. De 1944 à 1948, les nationalisations
concernent les secteurs vitaux de l’économie : l’énergie (Charbonnage de France, EDF,
GDF), les transports (Air France, transports parisiens), les banques, le crédit et les
assurances. En 1947, un plan de modernisation et d’équipement est mis en œuvre pour
encourager la production et les exportations.
Les Français rejettent le rétablissement de la IIIème République. Les partis majoritaires
à l’Assemblée constituante (PCF, SFIO, MRP), rédigent un premier projet de
constitution, mais il est rejeté par le référendum en mai 1946. Le second projet est
adopté en octobre 1946. La Ive République est un régime parlementaire : l’Assemblée
nationale détient le pouvoir législatif et contrôle le gouvernement. En désaccord avec
ces projets, le général De Gaulle démissionne le 20 janvier 1946 et propose en juin
1946 un régime ou le pouvoir exécutif détenu par le président de la République
l’emporte sur le Parlement. Il devient alors un opposant déterminé à la IV République.
La IVe République
1/ L’instabilité politique
En 1946, la IVe République est dominée par le tripartisme, coalition de 3 grands partis
issus de la résistance : le PCF, la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière)
et le MRP ( Mouvement des Républicains Populaires). Mais les communistes, critiques
sur la politique coloniale, la politique sociale et l’alliance avec les Etats-Unis, sont exclus
du gouvernement en mai 1947. Une nouvelle coalition qui va des socialistes à la droite
modérée se constitue : c’est la troisième force. Cette alliance est également attaquée
par le RPF (Rassemblement du Peuple Français, créé par De Gaulle en 1947). Il
s’ensuit une grande instabilité car les gouvernements de coalition sont fragiles. En effet,
le président du conseil pouvait être déchu, ce qui est souvent arrivé car il n’y avait
jamais majorité absolue. Ce régime fut appelé par de Gaulle le « régime néfaste des
partis ». Le scrutin était à la proportionnelle et il y avait ainsi de nombreux petits partis,
occasionnant un émiettement des voix.
2/La modernisation de la France
La double action de l’Etat et du plan Marshall permet une rapide reconstruction. Elle est
suivie d’une période de forte croissance économique et surtout de modernisation des
équipements du pays : électrification des chemins de fer, construction de barrages
hydroélectriques, etc. Le plein emploi, le développement du crédit et la hausse des
salaires stimulent la consommation. Le grand changement vient du rôle moteur joué par
la France dans la construction européenne. En 1951, elle entre dans la Communauté du
Charbon et de l’Acier (CECA). En 1957, elle signe le traité de Rome qui met en place la
Communauté Economique Européenne (CEE). Mais, en 1954, elle fait abandonner la
Communauté Européenne de Défense (CED) intégrant la RFA, à cause de l’opposition
des gaullistes et des communistes.
3/ Les difficultés de la décolonisation
De 1946 à 1954, la France s’enlise dans un conflit coûteux en Indochine. La défaite
française à Diên Biên Phu, en mai 1954, pousse le président du Conseil, Pierre MendèsFrance, à signer les accords de Genève (21 juillet 1954) qui accordent l’indépendance
du Viêt-nam. Quand, en novembre 1954, éclate l’insurrection algérienne, la France
attachée à cette colonie de peuplement refuse toute négociation et se lance dans une
nouvelle guerre. Impuissant à résoudre la crise, le régime est discrédité quand éclate le
soulèvement d’Alger le 13 mai 1958. Pfimlin était alors le président du conseil, et ce luici était prêt à ne plus soutenir les militaires en Algérie. C’est pourquoi, les mêmes
personnes qui avaient placé Pfimlin au pouvoir l’en chassèrent 17 jours plus tard pour y
installer de Gaulle. Ancien militaire, il était plus à même de défendre la France coloniale
et ramener l’Algérie vers son Empire.
De Gaulle et la Ve République
1/ De nouvelles institutions
Nommé président du Conseil, de Gaulle obtient les pleins pouvoirs constitutionnels le 1er
juin 1958. Après le référendum du 28 septembre 1958, la Ve République est proclamée
le 4 octobre. La nouvelle constitution renforce le pouvoir du président de la République :
il détient les pouvoirs traditionnels de la fonction (chef de l’Etat, droit de dissolution…) ; il
nomme le Premier ministre, peut consulter le peuple par référendum (ce qui est craint
par les opposants comme Mitterrand car ils gardent de mauvais souvenirs de l’usage
qu’en a fait Napoléon III) et gouverner par ordonnances en cas de situation grave. Le
Parlement voit son pouvoir plus strictement limité à un rôle législatif. Ainsi, l’élection des
députés a changé, elle devient uninomale à 2 tours, dégageant ainsi des majorités. Ce
système favorise alors les grands partis et les majorités absolues.
2/ La personnalisation du pouvoir
En 1962, le général de Gaulle, au sommet de sa popularité après le règlement de la
question algérienne, fait adopter par référendum le projet d’élection du président de la
République au suffrage universel direct. Ainsi, il gagne la légitimité auprès du peuple et
la majorité absolue est souvent de son parti. De Gaulle utilise également tous les
moyens à sa disposition pour rechercher le contact direct avec le peuple : voyages en
provinces, discours et conférences de presse, utilisation de la télévision alors contrôlée
par l’Etat. Les partis politiques de gauche dénoncent ces pratiques, mais ils restent
divisés dans l’opposition.
3/ Une majorité assurée
En 1958 de Gaulle bénéficie d’une majorité parlementaire solide dominée par les
gaullistes. Ceci permet le retour à la stabilité gouvernementale : Georges Pompidou est
Premier ministre de 1962 à 1968. Toutefois, l’usure du pouvoir se fait sentir. En
décembre 1965, de Gaulle est mis en ballottage ( situation électorale dans laquelle
aucun candidat n’obtient la majorité absolue au premier tour d’un scrutin) par François
Mitterrand, candidat de la gauche, lors des premières élections du président au suffrage
universel direct. En mai 1968, un mouvement de protestation étudiante et une crise
sociale généralisée fragilisent le pouvoir. Mal remis de ces évènements, il perd le
référendum sur la régionalisation en avril 1969 et démissionne. Son successeur,
Georges Pompidou, s’appuie sur la même majorité, mais il décède en 1974.
La Ve République entre 1958 et 1974
1/ L’achèvement de la décolonisation
Le général de Gaulle fait du règlement de la guerre d’Algérie une priorité, mais il faudra
pourtant encore 4 ans pour résoudre le conflit. Il mène d’abord une politique
d’intervention militaire, puis il propose, en 1959, le droit à l’autodétermination pour
l’Algérie malgré l’opposition des défenseurs de l’Algérie française. Les négociations
avec le FLN aboutissent au cessez-le-feu par la signature des accords d’Evian le 19
mars 1962 et à l’indépendance de l’Algérie en juillet. Parallèlement, de Gaulle accepte
l’indépendance de l’Afrique noire en 1960. Il entame alors une politique de coopération
entre la métropole et ses anciennes colonies qui préserve une partie des intérêts de la
France en Afrique (toutes les anciennes colonies n’acceptent pas cette politique comme
Madagascar).
2/ La poursuite de l’expansion
A son arrivée au pouvoir, de Gaulle accorde la priorité au rétablissement financier du
pays. Il met en œuvre une politique de rigueur (dévaluation, hausse des impôts) et créé
le nouveau franc en 1959. De grands projets industriels, telle la construction du
Concorde, sont lancés. L’agriculture est dynamisée par la mise en œuvre de la Politique
agricole commune (PAC) en 1962. Mais au plan social, peu de mesures (rappel :
congés payés en 1936) de modernisation sont prises et le mécontentement éclate
comme lors de la grève des mineurs en 1963 et lors des évènements de mai 1968.
3/ « Le grand dessein »
L’objectif majeur du général de Gaulle est de redonner à la France un statut de grande
puissance indépendante. L’alliance avec les Etats-Unis est maintenue, mais la France
sort du commandement militaire de l’OTAN en 1966. Il entreprend une politique
d’ouverture vers les pays communistes (reconnaissance de la Chine communiste, visite
dans les pays de l’Est) et vers le tiers-monde. Pour garantir l’indépendance, de Gaulle
fait également le choix de la stratégie de dissuasion nucléaire. En 1960, la France
dispose de la bombe atomique. De Gaulle se résout à poursuivre la construction
européenne, mais il privilégie les relations d’Etat à Etat (traité franco-allemand signé en
1963) et s’oppose à l’entrée dans la CEE du Royaume-Uni, jugé trop proche des EtatsUnis. Georges Pompidou l’acceptera finalement en 1973.
Le temps des contestations
Durant les « Trente Glorieuses », la France connaît une réelle prospérité mais les
inégalités restent fortes. Dès le début des années 1960 des grèves éclatent et d’autres
formes de contestation apparaissent. La guerre d’Algérie soulève de vives protestations.
La jeunesse, qui s’ouvre à d’autres cultures, supporte mal une société figée qui ne
semble pas prendre en compte ses aspirations. Les femmes, dont la place économique
s’accroît, revendiquent l’égalité des droits. La rigidité du régime gaulliste et, après 1965,
l’usure du pouvoir font également naître une contestation plus politique. En mai 1968, la
conjonction des mécontentements provoque une crise majeure.
Les Français et Françaises depuis 1974
1/Les droits des personnes et de la famille
De nouvelles lois élargissent les droits des personnes. Après la légalisation de la
contraception en 1967, la loi présentée par Simone Veil légalise l’avortement depuis
1975. L’âge de la majorité est abaissé à 18 ans (1974). Constatant la faible
représentation politique des femmes, la loi de 1999-2000 « favorise l’égal accès des
femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives ». En 1981,
les députés votent l’abolition de la peine de mort à une très large majorité (cf. Robert
Badinter). L’augmentation du nombre des divorces et l’évolution des mentalités font
s’accroître le nombre des couples non mariés, des familles monoparentales ou
recomposées. Instauré en 1999, le PACS témoigne de cette évolution, non sans
choquer les partisans de valeurs plus traditionnelles.
2/ La question du travail
En 1981-1982, une grande réforme sociale est entreprise en faveur des salariés et des
classe moyennes : loi des 39 heures de travail hebdomadaires, cinquième semaine de
congés payés, droits accrus des salariés dans l’entreprise, retraite à 60 ans ( plus
d’actualité). Pour combattre le chômage, le gouvernement Jospin instaure la semaine
des 35 heures en 2000. Les droits de la femme au travail sont mieux garantis. Depuis
1965, elles peuvent exercer un métier ou ouvrir un compte en banque sans l’autorisation
du mari. Le principe du salaire égal pour un travail égal est affirmé en 1972, mais il
continue de s’imposer lentement. En 1983, une loi interdit toute discrimination
professionnelle en raison du sexe. Des mesures ont permis de mieux prendre en charge
les exclus de la croissance, comme la création, en 1988, du Revenu Minimum
d’Insertion (RMI). Depuis 1999, la Couverture maladie universelle (CMU) garantit à tous
l’accès aux soins gratuits.
3/ Une culture élargie
Par les grands médias, radio, télévision, Internet, la culture à tendance à s’uniformiser.
Elle se diversifie aussi en s’adressant à des publics variés, grâce à la libéralisation de la
radio (1982) et la multiplication des chaînes de télévision. Cette évolution vers une
société de loisirs n’exclut pas que l’Etat cherche à permettre l’accès de tous à la culture ;
il finance de grands projets tels la Cité des sciences, le Grand Louvre ou la Bibliothèque
nationale de France.
La Ve République depuis 1974
1/ Les alternances politiques
En 1974, Valérie Giscard d’Estaing est élu président de la République. Depuis 1958,
pour la première fois, ce n’est pas un gaulliste qui dirige la France. En 1981, François
Mitterrand, socialiste, lui succède : c’est la première alternance politique. Réélu en 1988,
François Mitterrand est resté président pendant 14 ans, plus longtemps que le général
de Gaulle. L’élection de Jacques Chirac en 1995 provoque une nouvelle alternance à
droite. Il est réélu en 2002 pour 5 ans, suite à la réforme de la constitution. Il arrive que
le président élu se trouve face à une Assemblée nationale d’opposition. Dans ce cas, il
peut utiliser le droit de dissolution pour provoquer de nouvelles élections législatives.
Cette mesure est prononcée en 1981 et 1988 par Mitterrand.
2/ La cohabitation
A 3 reprises, le président de la République et la majorité parlementaire sont issus de
camps politiques différents. Ce sont les périodes de cohabitation (1986-1988, 19931995, 1997-2002) qui provoquent de brusques revirements politiques. Ainsi, en 1986, le
gouvernement de droite mène une politique de privatisation à l’opposé de la politique de
nationalisation menée par la gauche de 1981-1982. Une sorte de partage des pouvoirs
s’organise : le gouvernement mène la politique du pays ; le président de la République
conserve son rôle important dans la politique étrangère. La cohabitation n’a pas
empêché de poursuivre la construction européenne autour du pôle franco-allemand ou
l’adoption du traité de Maastricht en 1992.
3/ D’autres forces politiques
A l’extrême droite, le Front national est représenté par des députés européens ou
nationaux depuis 1984 sur un programme nationaliste et xénophobe. En 2002, son
candidat, Jean-Marie Le Pen, est présent au second tour de l’élection présidentielle. A
gauche, de nouveaux mouvements se font entendre : les Verts placent l’écologie au
centre de leur programme et l’extrême gauche communiste bénéficie du recul progressif
du PCF.
Conclusion
Au tournant du XIXème siècle, les évolutions de la société française et du monde qui
l’environne provoquent des débats qui mettent en jeu les valeurs de la République :
égalité, laïcité, solidarité. Les citoyens paraissent délaisser les moyens traditionnels de
participation à la vie de la cité ; à l’inverse, de nouveaux modes d’engagement se font
jour. La société française est de plus en plus ouverte sur l’Europe et le monde. Elle est
aussi confrontée à la demande de reconnaissance des identités culturelles minoritaires
et régionales. Ces questions, qui suscitent parfois des tensions, font l’objet de débats et,
à terme, de choix politiques.
Sources : manuels de collège et lycée pour la Troisième et la Terminale
Note: Document proposé par leeloo261 le 10/07/04.
La France depuis 1945
Introduction
En 1945, la France sort de la guerre. La démocratie est rapidement rétablie, mais la IVe
République se heurte à de nouvelles difficultés : le régime politique est instable et doit
faire face à la décolonisation. En1958, le général De Gaulle, revenu au pouvoir, fait
adopter la Ve République.
Dans le même temps, la société française connaît une profonde mutation favorisée par
la croissance économique. Depuis 1974, la croissance est ralentie mais l’intégration
dans l’Europe, commencée dans les années 1950, se poursuit.
Quelques petits rappels avant d’aborder la Ve République :
La France des « Tente Glorieuses »
A partir de 1945, alors que la population s’accroît rapidement sous l’effet du baby-boom,
la vie des Français se transforme. La population déserte les campagnes pour la ville ;
une France industrielle et tertiaire, modernisée, prend le pas sur l’ancienne société
rurale ; la consommation de masse se répand. Ces mutations sont le résultat d’une forte
expansion favorisée par l’action de l’Etat et la croissance économique mondiale.
De nouvelles bases pour la France
Après la victoire, il apparaît rapidement qu’il faut transformer la société. En avril 1944,
un décret de l’Assemblée consultative accorde le droit de vote et, donc, l’égalité politique
aux femmes (dans la théorie). Au cours des années suivantes, c’est la mise en place de
l’Etat-Providence ( intervention de l’Etat pour garantir la protection sociale). En octobre
1945, la création de la Sécurité sociale donne aux travailleurs la protection financière.
Les droits du travail progressent avec la mise en place des comités d’entreprise dans les
entreprises de plus de 50 salariés.
Cependant, le rationnement dure jusqu’en 1948. De 1944 à 1948, les nationalisations
concernent les secteurs vitaux de l’économie : l’énergie (Charbonnage de France, EDF,
GDF), les transports (Air France, transports parisiens), les banques, le crédit et les
assurances. En 1947, un plan de modernisation et d’équipement est mis en œuvre pour
encourager la production et les exportations.
Les Français rejettent le rétablissement de la IIIe République. Les partis majoritaires à
l’Assemblée constituante (PCF, SFIO, MRP), rédigent un premier projet de constitution,
mais il est rejeté par le référendum en mai 1946. Le second projet est adopté en octobre
1946. La Ive République est un régime parlementaire : l’Assemblée nationale détient le
pouvoir législatif et contrôle le gouvernement. En désaccord avec ces projets, le général
De Gaulle démissionne le 20 janvier 1946 et propose en juin 1946 un régime ou le
pouvoir exécutif détenu par le président de la République l’emporte sur le Parlement. Il
devient alors un opposant déterminé à la IV République.
La IVe République
1/ L’instabilité politique
En 1946, la IVe République est dominée par le tripartisme, coalition de 3 grands partis
issus de la résistance : le PCF, la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière)
et le MRP ( Mouvement des Républicains Populaires). Mais les communistes, critiques
sur la politique coloniale, la politique sociale et l’alliance avec les Etats-Unis, sont exclus
du gouvernement en mai 1947. Une nouvelle coalition qui va des socialistes à la droite
modérée se constitue : c’est la troisième force. Cette alliance est également attaquée
par le RPF (Rassemblement du Peuple Français, créé par De Gaulle en 1947). Il
s’ensuit une grande instabilité car les gouvernements de coalition sont fragiles. En effet,
le président du conseil pouvait être déchu, ce qui est souvent arrivé car il n’y avait
jamais majorité absolue. Ce régime fut appelé par de Gaulle le « régime néfaste des
partis ». Le scrutin était à la proportionnelle et il y avait ainsi de nombreux petits partis,
occasionnant un émiettement des voix.
2/La modernisation de la France
La double action de l’Etat et du plan Marshall permet une rapide reconstruction. Elle est
suivie d’une période de forte croissance économique et surtout de modernisation des
équipements du pays : électrification des chemins de fer, construction de barrages
hydroélectriques, etc. Le plein emploi, le développement du crédit et la hausse des
salaires stimulent la consommation. Le grand changement vient du rôle moteur joué par
la France dans la construction européenne. En 1951, elle entre dans la Communauté du
Charbon et de l’Acier (CECA). En 1957, elle signe le traité de Rome qui met en place la
Communauté Economique Européenne (CEE). Mais, en 1954, elle fait abandonner la
Communauté Européenne de Défense (CED) intégrant la RFA, à cause de l’opposition
des gaullistes et des communistes.
3/ Les difficultés de la décolonisation
De 1946 à 1954, la France s’enlise dans un conflit coûteux en Indochine. La défaite
française à Diên Biên Phu, en mai 1954, pousse le président du Conseil, Pierre MendèsFrance, à signer les accords de Genève (21 juillet 1954) qui accordent l’indépendance
du Viêt-nam. Quand, en novembre 1954, éclate l’insurrection algérienne, la France
attachée à cette colonie de peuplement refuse toute négociation et se lance dans une
nouvelle guerre. Impuissant à résoudre la crise, le régime est discrédité quand éclate le
soulèvement d’Alger le 13 mai 1958. Pfimlin était alors le président du conseil, et ce luici était prêt à ne plus soutenir les militaires en Algérie. C’est pourquoi, les mêmes
personnes qui avaient placé Pfimlin au pouvoir l’en chassèrent 17 jours plus tard pour y
installer de Gaulle. Ancien militaire, il était plus à même de défendre la France coloniale
et ramener l’Algérie vers son Empire.
De Gaulle et la Ve République
1/ De nouvelles institutions
Nommé président du Conseil, de Gaulle obtient les pleins pouvoirs constitutionnels le 1er
juin 1958. Après le référendum du 28 septembre 1958, la Ve République est proclamée
le 4 octobre. La nouvelle constitution renforce le pouvoir du président de la République :
il détient les pouvoirs traditionnels de la fonction (chef de l’Etat, droit de dissolution…) ; il
nomme le Premier ministre, peut consulter le peuple par référendum (ce qui est craint
par les opposants comme Mitterrand car ils gardent de mauvais souvenirs de l’usage
qu’en a fait Napoléon III) et gouverner par ordonnances en cas de situation grave. Le
Parlement voit son pouvoir plus strictement limité à un rôle législatif. Ainsi, l’élection des
députés a changé, elle devient uninomale à 2 tours, dégageant ainsi des majorités. Ce
système favorise alors les grands partis et les majorités absolues.
2/ La personnalisation du pouvoir
En 1962, le général de Gaulle, au sommet de sa popularité après le règlement de la
question algérienne, fait adopter par référendum le projet d’élection du président de la
République au suffrage universel direct. Ainsi, il gagne la légitimité auprès du peuple et
la majorité absolue est souvent de son parti. De Gaulle utilise également tous les
moyens à sa disposition pour rechercher le contact direct avec le peuple : voyages en
provinces, discours et conférences de presse, utilisation de la télévision alors contrôlée
par l’Etat. Les partis politiques de gauche dénoncent ces pratiques, mais ils restent
divisés dans l’opposition.
3/ Une majorité assurée
En 1958 de Gaulle bénéficie d’une majorité parlementaire solide dominée par les
gaullistes. Ceci permet le retour à la stabilité gouvernementale : Georges Pompidou est
Premier ministre de 1962 à 1968. Toutefois, l’usure du pouvoir se fait sentir. En
décembre 1965, de Gaulle est mis en ballottage ( situation électorale dans laquelle
aucun candidat n’obtient la majorité absolue au premier tour d’un scrutin) par François
Mitterrand, candidat de la gauche, lors des premières élections du président au suffrage
universel direct. En mai 1968, un mouvement de protestation étudiante et une crise
sociale généralisée fragilisent le pouvoir. Mal remis de ces évènements, il perd le
référendum sur la régionalisation en avril 1969 et démissionne. Son successeur,
Georges Pompidou, s’appuie sur la même majorité, mais il décède en 1974.
La Ve République entre 1958 et 1974
1/ L’achèvement de la décolonisation
Le général de Gaulle fait du règlement de la guerre d’Algérie une priorité, mais il faudra
pourtant encore 4 ans pour résoudre le conflit. Il mène d’abord une politique
d’intervention militaire, puis il propose, en 1959, le droit à l’autodétermination pour
l’Algérie malgré l’opposition des défenseurs de l’Algérie française. Les négociations
avec le FLN aboutissent au cessez-le-feu par la signature des accords d’Evian le 19
mars 1962 et à l’indépendance de l’Algérie en juillet. Parallèlement, de Gaulle accepte
l’indépendance de l’Afrique noire en 1960. Il entame alors une politique de coopération
entre la métropole et ses anciennes colonies qui préserve une partie des intérêts de la
France en Afrique (toutes les anciennes colonies n’acceptent pas cette politique comme
Madagascar).
2/ La poursuite de l’expansion
A son arrivée au pouvoir, de Gaulle accorde la priorité au rétablissement financier du
pays. Il met en œuvre une politique de rigueur (dévaluation, hausse des impôts) et créé
le nouveau franc en 1959. De grands projets industriels, telle la construction du
Concorde, sont lancés. L’agriculture est dynamisée par la mise en œuvre de la Politique
agricole commune (PAC) en 1962. Mais au plan social, peu de mesures (rappel :
congés payés en 1936) de modernisation sont prises et le mécontentement éclate
comme lors de la grève des mineurs en 1963 et lors des évènements de mai 1968.
3/ « Le grand dessein »
L’objectif majeur du général de Gaulle est de redonner à la France un statut de grande
puissance indépendante. L’alliance avec les Etats-Unis est maintenue, mais la France
sort du commandement militaire de l’OTAN en 1966. Il entreprend une politique
d’ouverture vers les pays communistes (reconnaissance de la Chine communiste, visite
dans les pays de l’Est) et vers le tiers-monde. Pour garantir l’indépendance, de Gaulle
fait également le choix de la stratégie de dissuasion nucléaire. En 1960, la France
dispose de la bombe atomique. De Gaulle se résout à poursuivre la construction
européenne, mais il privilégie les relations d’Etat à Etat (traité franco-allemand signé en
1963) et s’oppose à l’entrée dans la CEE du Royaume-Uni, jugé trop proche des EtatsUnis. Georges Pompidou l’acceptera finalement en 1973.
Le temps des contestations
Durant les « Trente Glorieuses », la France connaît une réelle prospérité mais les
inégalités restent fortes. Dès le début des années 1960 des grèves éclatent et d’autres
formes de contestation apparaissent. La guerre d’Algérie soulève de vives protestations.
La jeunesse, qui s’ouvre à d’autres cultures, supporte mal une société figée qui ne
semble pas prendre en compte ses aspirations. Les femmes, dont la place économique
s’accroît, revendiquent l’égalité des droits. La rigidité du régime gaulliste et, après 1965,
l’usure du pouvoir font également naître une contestation plus politique. En mai 1968, la
conjonction des mécontentements provoque une crise majeure.
Les Français et Françaises depuis 1974
1/Les droits des personnes et de la famille
De nouvelles lois élargissent les droits des personnes. Après la légalisation de la
contraception en 1967, la loi présentée par Simone Veil légalise l’avortement depuis
1975. L’âge de la majorité est abaissé à 18 ans (1974). Constatant la faible
représentation politique des femmes, la loi de 1999-2000 « favorise l’égal accès des
femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives ». En 1981,
les députés votent l’abolition de la peine de mort à une très large majorité (cf. Robert
Badinter). L’augmentation du nombre des divorces et l’évolution des mentalités font
s’accroître le nombre des couples non mariés, des familles monoparentales ou
recomposées. Instauré en 1999, le PACS témoigne de cette évolution, non sans
choquer les partisans de valeurs plus traditionnelles.
2/ La question du travail
En 1981-1982, une grande réforme sociale est entreprise en faveur des salariés et des
classe moyennes : loi des 39 heures de travail hebdomadaires, cinquième semaine de
congés payés, droits accrus des salariés dans l’entreprise, retraite à 60 ans ( plus
d’actualité). Pour combattre le chômage, le gouvernement Jospin instaure la semaine
des 35 heures en 2000. Les droits de la femme au travail sont mieux garantis. Depuis
1965, elles peuvent exercer un métier ou ouvrir un compte en banque sans l’autorisation
du mari. Le principe du salaire égal pour un travail égal est affirmé en 1972, mais il
continue de s’imposer lentement. En 1983, une loi interdit toute discrimination
professionnelle en raison du sexe. Des mesures ont permis de mieux prendre en charge
les exclus de la croissance, comme la création, en 1988, du Revenu Minimum
d’Insertion (RMI). Depuis 1999, la Couverture maladie universelle (CMU) garantit à tous
l’accès aux soins gratuits.
3/ Une culture élargie
Par les grands médias, radio, télévision, Internet, la culture à tendance à s’uniformiser.
Elle se diversifie aussi en s’adressant à des publics variés, grâce à la libéralisation de la
radio (1982) et la multiplication des chaînes de télévision. Cette évolution vers une
société de loisirs n’exclut pas que l’Etat cherche à permettre l’accès de tous à la culture ;
il finance de grands projets tels la Cité des sciences, le Grand Louvre ou la Bibliothèque
nationale de France.
La Ve République depuis 1974
1/ Les alternances politiques
En 1974, Valérie Giscard d’Estaing est élu président de la République. Depuis 1958,
pour la première fois, ce n’est pas un gaulliste qui dirige la France. En 1981, François
Mitterrand, socialiste, lui succède : c’est la première alternance politique. Réélu en 1988,
François Mitterrand est resté président pendant 14 ans, plus longtemps que le général
de Gaulle. L’élection de Jacques Chirac en 1995 provoque une nouvelle alternance à
droite. Il est réélu en 2002 pour 5 ans, suite à la réforme de la constitution. Il arrive que
le président élu se trouve face à une Assemblée nationale d’opposition. Dans ce cas, il
peut utiliser le droit de dissolution pour provoquer de nouvelles élections législatives.
Cette mesure est prononcée en 1981 et 1988 par Mitterrand.
2/ La cohabitation
A 3 reprises, le président de la République et la majorité parlementaire sont issus de
camps politiques différents. Ce sont les périodes de cohabitation (1986-1988, 19931995, 1997-2002) qui provoquent de brusques revirements politiques. Ainsi, en 1986, le
gouvernement de droite mène une politique de privatisation à l’opposé de la politique de
nationalisation menée par la gauche de 1981-1982. Une sorte de partage des pouvoirs
s’organise : le gouvernement mène la politique du pays ; le président de la République
conserve son rôle important dans la politique étrangère. La cohabitation n’a pas
empêché de poursuivre la construction européenne autour du pôle franco-allemand ou
l’adoption du traité de Maastricht en 1992.
3/ D’autres forces politiques
A l’extrême droite, le Front national est représenté par des députés européens ou
nationaux depuis 1984 sur un programme nationaliste et xénophobe. En 2002, son
candidat, Jean-Marie Le Pen, est présent au second tour de l’élection présidentielle. A
gauche, de nouveaux mouvements se font entendre : les Verts placent l’écologie au
centre de leur programme et l’extrême gauche communiste bénéficie du recul progressif
du PCF.
Conclusion
Au tournant du XIXe siècle, les évolutions de la société française et du monde qui
l’environne provoquent des débats qui mettent en jeu les valeurs de la République :
égalité, laïcité, solidarité. Les citoyens paraissent délaisser les moyens traditionnels de
participation à la vie de la cité ; à l’inverse, de nouveaux modes d’engagement se font
jour. La société française est de plus en plus ouverte sur l’Europe et le monde. Elle est
aussi confrontée à la demande de reconnaissance des identités culturelles minoritaires
et régionales. Ces questions, qui suscitent parfois des tensions, font l’objet de débats et,
à terme, de choix politiques.
Note: Document proposé par leeloo261 le 28/05/04.
La Romanisation de la Gaule et la christianisation
I- La progression des Romains en Gaule
A partir du début du III e siècle, les Romains, vainqueurs de Carthage, étendent leur
hégémonie sur le bassin occidental de la Méditerranée. Entre 197 et 189 av. J.-C., ils
reçoivent la soumission des diverses tribus gauloises cisalpines.
Convoitant la Gaule, ils mettent d'abord la main sur le commerce marseillais. Au cours
des III e et II e siècle, Marseille est obligée de se défendre contre la poussée de plus en
plus forte des tribus celto-ligures. La ville est fortifiée, ainsi que certaines colonies
(Saint-Blaise). Mais très vite elle doit appeler les Romains à l'aide: en 181 contre la
piraterie ligure, qui sévit dans la région de Nice; en 154 pour repousser les tribus de la
côte. Ces appels réitérés aboutissent à la conquête de la Provence après 125 av. J.-C.
En 120 av. J.-C., les Romains ont annexé la partie méridionale de la Gaule Transalpine,
qu'ils nomment la Provincia (devenue par la suite la Narbonnaise).
La conquête du sud de la Gaule s'effectue en trois phases:
- les deux campagnes contre les Voconces et les Salyens, qui aboutissent à la
fondation d'Aix-en-Provence;
- l'expédition victorieuse, grâce à l'alliance avec les Eduens, contre les Allobroges et les
Arvernes;
- les campagnes de pacification et d'organisation des territoires conquis, et, en 118, la
fondation de Narbonne.
Les Suèves et les Helvètes sont repoussés, les Belges vaincus; les Armoricains, les
Vénètes et les Aquitains sont soumis.
II- Jules César le conquérant
En 58 av. J.-C., Jules César fait entrer son armée en Gaule à l'appel des Eduens. Il
marche contre les ennemis de ces derniers, les Helvètes, puis avance vers le nord-est
et défait le chef germain Arioviste. Après cette double campagne, au lieu de repasser
en Gaule romaine, César cantonne ses troupes dans le pays même des Eduens. Les
autres peuples s'inquiètent de voir les légions romaines installées si près d'eux et
prennent les armes. D'où les deux campagnes que César mène dans le nord puis dans
l'ouest de la Gaule en 57 av. J.-C. L'année suivante, César a pacifié la quasi-totalité de
la Gaule.
En 54 av. J.-C., les Gaulois se liguent dans le plus grand secret. Une insurrection,
presque générale, éclate. Elle est dirigée par un guerrier noble du pays des Arvernes,
Vercingétorix. Au printemps 52 av. J.-C., César échoue dans une attaque contre
Gergovie, la capitale des Arvernes, mais bat les Gaulois dans la vallée de la Saône.
Ces derniers se réfugient alors sous les murs de la place forte d'Alésia. César assiège
la ville et oblige Vercingétorix à capituler. Il doit encore réduire quelques résistances
locales, mais, en 51 av. J.-C., la Gaule est entièrement soumise.
Conformément à une politique éprouvée de longue date et mise en application en
Gaule transalpine (Provence et Languedoc) depuis 121 av. J.-C., Rome va s'efforcer
d'intégrer le pays dans son système politique, dans sa civilisation, et de faire des
Gaulois des Gallo-Romains.
Entente et prospérité gallo-romaines
La Gaule connaît pour la première fois une unité politique et administrative; il est divisé
en quatre provinces - Narbonnaise, Aquitaine, Lyonnaise et Belge - en 27 av. J.-C. et
se transforme avec une étonnante rapidité.
III- Achèvement de la conquête
1/Les premières mesures de sécurité
Dès 43 av. J.-C., la fondation de Lyon, la future capitale des Gaules, préfigure
l'organisation administrative réalisée par Auguste. La Gaule est divisée en quatre
provinces: la Narbonnaise, l'Aquitaine, la Celtique ou Lyonnaise et la Belgique. Un
réseau routier, centré sur Lyon, les chefs-lieux et les camps militaires disséminés le
long des routes forment autant de points de cristallisation de la romanité. L'armée
constitue un autre moyen d'assimilation: César incorpore massivement des Gaulois
dans ses armées, et cette pratique est poursuivie par ses successeurs. Ces décisions,
si elles sont d'élémentaires mesures de sécurité, préparent les mesures d'intégration
qui leur succéderont.
2/Les résistances
En 12 av. J.-C., Auguste réunit à Lyon une assemblée des représentants des cités des
trois provinces de la Gaule «chevelue» (conquise par César). L'occasion en est la
célébration du culte de l'empereur et de Rome. Ce conseil, dit «Conseil des Gaules»,
se réunit donc sous la direction d'un prêtre du culte impérial, près d'un autel situé à la
Croix-Rousse. Mais les problèmes généraux de la Gaule y étaient traités. Réuni chaque
année, ce conseil manifeste l'originalité de la Gaule en même temps que sa fidélité à
Rome.
D'autre part, la romanisation rencontra quelques résistances. En dehors du cadre
provincial, Rome, faute d'effectifs suffisants, a laissé subsister l'organisation
traditionnelle de la Gaule: cités et pagi. Mais la généralisation de l'impôt foncier a
affaibli l'aristocratie gauloise, propriétaire du sol, et provoqué son mécontentement; des
révoltes antifiscales combinées parfois à des révoltes nationales éclatent, comme en
21, en pays trévire et éduen. La révolte de 68-70, plus générale, n'est plus antiromaine:
elle est une protestation contre les abus de Néron: l'assemblée des cités gauloises
tenue à Reims affirme la fidélité des Gaulois à Rome. A cette date, le Gaulois du temps
de l'indépendance a fait place au Gallo-Romain.
3/Les mesures de l'empereur Claude
Le règne de Claude (41-54), cet «empereur des Gallo-romains», né à Lyon, est décisif.
Il protège la frontière nord-orientale de la Gaule des menaces germaniques; il associe
habilement les Gaulois à l'invasion de la Bretagne, rompant ainsi la solidarité celtique; il
interdit la religion druidique, déjà moribonde il est vrai. En même temps, il prépare la
promotion civique des Gaulois en leur ouvrant largement l'accès à la citoyenneté
romaine: celle-ci était répandue en Narbonnaise, où nombre de colonies romaines
avaient été implantées; elle l'était beaucoup moins dans les autres provinces, où seuls
les soldats, après vingt-cinq ans de service, pouvaient y accéder. En favorisant la
naissance de véritables villes, en leur donnant une administration calquée sur celle des
municipes italiens, Claude fait progresser la romanisation: les élites urbaines reçoivent
le plein droit de cité en 47, ce qui leur ouvre l'accès au Sénat. Lorsqu'en 212 l'édit de
Caracalla accorde la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l'Empire, les
élites urbaines des Gaules en profitaient déjà largement.
IV- L'urbanisation
Urbanisation et municipalisation ont été les facteurs de cette évolution vers la
romanisation.
1/Autour des villes
Certes la Gaule reste un pays rural. Les campagnes gauloises, qui connaissaient, dès
le I er s. av. J.-C., une structure agraire proche de celle de l'Italie, ont adopté sans
difficulté l'organisation romaine. Après la période de destruction due à la conquête, la
Gaule connaît une prospérité sans faille: le savoir-faire et la technique gauloises ont pu
s'épanouir grâce à la paix et à l'organisation romaines. Mais si la masse de la
population reste rurale, son élite dirigeante se confond avec la bourgeoisie urbaine.
2/La ville gallo-romaine
La civilisation urbaine est proprement gallo-romaine. Colonies romaines comme Lyon
ou Narbonne, villes pérégrines, c'est-à-dire nées spontanément à partir d'un noyau préurbain, les villes gauloises ont adopté ou adapté le plan romain: quadrillage de rues
avec les deux axes principaux du Decumanus et du Cardo; au carrefour de ces deux
voies, un forum, qui, en Gaule, est très souvent fermé, rassemble boutiques et
bâtiments administratifs. Le théâtre s'élève non loin du centre, alors que l'amphithéâtre
et parfois le cirque sont rejetés à la périphérie. Nombre de petites villes du nord de la
Gaule (comme Lutèce) ont adopté le demi-amphithéâtre, qui possède à la fois arène et
scène.
Thermes (comme ceux de Cluny à Lutèce), magasins et entrepôts souterrains (ceux de
Lyon sont célèbres) complètent le paysage urbain, assez uniforme, de la ville galloromaine. D'importants travaux d'adduction d'eau (l'aqueduc du pont du Gard, les
bassins et canalisations de répartition de Nîmes, par exemple) assurent à ces villes un
minimum de confort.
3/L'organisation municipale
Ces travaux coûteux sont financés en partie par les empereurs (Auguste a payé les
murailles de Nîmes), en partie par les notables de la ville. Ceux-ci exercent des
fonctions municipales, souvent honorifiques, mais qui sont sources de privilèges. Ils
appartiennent à l'ordre des décurions et leurs fonctions leur permettent parfois
d'accéder à des postes administratifs plus importants. Ces notables se recrutent chez
les aristocrates ruraux venus se fixer en ville, chez les vétérans de l'armée romaine,
chez les negotiatores; tous ensemble ils forment la bourgeoisie de la ville. En dessous,
les membres des corporations d'artisans ou de marchands, riches parvenus, sont
écartés des magistratures municipales, mais le temps comble souvent le fossé qui les
sépare de la bourgeoisie. Enfin, la plèbe (petits artisans, souvent misérables) trouve
dans la ville divers avantages: dons, spectacles, etc.
V- La civilisation gallo-romaine
La conquête romaine n'a guère changé la composition ethnique de la population:
quelques centaines de milliers d'immigrants se sont fondus dans une population qui
reste gauloise. En revanche, la fusion des civilisations est indéniable, quoique limitée à
la ville. La masse des ruraux reste non seulement ethniquement gauloise, mais encore
de civilisation gauloise. Les Francs vont dès lors jouer un rôle prépondérant dans le
destin de la Gaule.
1/La religion
La religion gallo-romaine permet d'apprécier le mieux les limites de la fusion. Si le
druidisme a été pourchassé, les dieux et les croyances gauloises sont restés, comme
les divinités animales (le taureau), la déesse cavalière Epona, le dieu à ramure de cerf
Cernunnos. Mais des dieux romains ont été adoptés: Mars, Apollon et Mercure, que l'on
trouve associés à Cernunnos sur une stèle de Reims. Parfois, la fusion est complète
(cas du Jupiter taurin). Le maintien des traditions celtiques se manifeste encore dans le
temple gallo-romain, construit en pierre, mais selon le plan carré qu'ont très
généralement adopté les Celtes.
2/Le maintien de la langue gauloise
Cette spécificité gallo-romaine dans le domaine religieux, cette sorte de résistance
passive du vieux fond celtique, s'accompagne du maintien de la langue gauloise dans
les campagnes jusqu'au VI e siècle. Seule l'élite urbaine pratique le latin, langue de
culture, de l'administration, de l'armée, langue, pour tout dire, de la promotion sociale et
civique. Des écoles urbaines nombreuses l'enseignent.
3/La pensée gallo-romaine
L'on ne doit pas se dissimuler la médiocrité de la vie intellectuelle en Gaule romaine. Il
faut attendre le IV e siècle pour qu'un auteur comme Ausone donne quelques titres de
noblesse aux lettres gallo-romaines. Le latin ne fait la conquête de la Gaule, et sous la
forme abâtardie du latin vulgaire, que sous l'impulsion du christianisme. Or celui-ci ne
pénètre que tardivement et timidement en Gaule. L'évolution a été, de ce point de vue,
radicalement différente de celle de l'Espagne celtibère, rapidement et profondément
conquise à la langue latine.
Malgré ces limites, malgré les difficultés qui l'éprouvent à partir du III e siècle, la Gaule
romaine a été une réussite dans la mesure où la distinction vainqueur-vaincu s'est
rapidement estompée, sans que le second renonce à sa propre personnalité.
VI- L’art gallo-romain
La civilisation gallo-romaine offre la plupart des caractéristiques de la civilisation
romaine, car ce qui appartenait en propre à la Gaule ne laissera, en raison de l'action
brutale de César, que peu de traces.
1/L'architecture urbaine romaine
Les exigences militaires et administratives romaines amenèrent en Gaule la création
d'un réseau de petites capitales reliées entre elles par des routes. Ces mêmes
exigences firent surgir de toutes parts les monuments qui caractérisaient le paysage
urbain dans l'ensemble du monde romain: temples, forums, basiliques, théâtres,
thermes, arcs, portes et aqueducs. Situer l'architecture romaine en Gaule, c'est donc
tout naturellement évoquer les ruines antiques d'un grand nombre de villes françaises:
Nîmes (les arènes, la Maison carrée), Arles (le théâtre, les arènes, les Alyscamps),
Orange (arc de triomphe, théâtre), Saint-Rémy-de-Provence (tombeau des Julii, arc de
triomphe), Vaison (portique de Pompée, théâtre). Les noms de Saintes, Bordeaux,
Lyon, Autun, Paris, Béziers, Fréjus, Narbonne, etc., indiquent clairement que
l'implantation urbaine et son développement sur l'ensemble du territoire des Gaules
sont à l'origine de l'actuelle géographie des villes en France. Trèves, aujourd'hui ville
allemande, reflète, par ses ruines imposantes (Porta nigra, Aula Palatina), ce que fut à
son plus haut niveau l'urbanisme romain en pays conquis.
Il existait pourtant des monuments de tradition celtique réalisés avec l'aide de la
technique romaine. Ce type de temple est parfaitement représenté par la tour de
Vésone à Périgueux et le temple de Janus à Autun.
2/La sculpture
Ronde-bosse ou relief, la sculpture est sans conteste un art importé de Rome en Gaule.
La tradition gréco-romaine
La province de la Narbonnaise, qui couvrait une grande partie du sud de la Gaule, fut le
siège d'une importante école de sculpture dont l'activité se retrouve jusque dans les
antiques de Saint-Rémy-Glanum (environ 20 av. J.-C.) et sur l'arc d'Orange (environ 20
apr. J.-C.). Il n'est pas rare que la Médée d'Arles ou les Guerriers de Mondragon soient
attribués à cette école. Les fouilles ont également permis de mettre au jour un nombre
considérable de sculptures de marbre, datant des premiers siècles de l'Empire, têtes ou
statues d'empereurs, toutes de pur style gréco-romain ( Tibère et Hadrien à Vaison,
Marcellus et Auguste à Arles, figures impériales de Martres-Tolosane, etc).
Les petits bronzes
Les petites figures en bronze (danseurs, danseuses et animaux) découvertes en 1861 à
Neuvy-en-Sullias et dont le style, à vrai dire, ne s'apparente aucunement à celui des
sculptures romaines permettent de supposer qu'une tradition nationale celtique se
serait maintenue, en dépit de l'écrasante influence gréco-romaine. Les bustes et les
masques de Bouray, de Bavay, de Notre-Dame d'Alençon, de Garancière, de Tarbes,
exécutés en tôle de bronze ou de fer, n'offrant pas un aspect classique, confirmeraient
cette hypothèse. Il est cependant permis, au sujet de ces œuvres, de s'en tenir à l'idée
d'un art romain mal assimilé, à moins que, la facture romaine classique ayant, ici et là,
perdu sa force d'attraction, n'aient réapparu d'anciennes formes primitives de sculpture.
3/Les arts du métal
En revanche, les survivances celtiques sont incontestables en ce qui concerne les
bijoux et, plus généralement, ce qui touche aux arts du métal (fibules à émail cloisonné,
par exemple), dans lesquels les Gaulois excellaient au temps de leur indépendance.
Pour le reste, et à peu d'exceptions près, mosaïques, vaisselle de bronze, argenterie,
céramique (la fameuse céramique sigillée exportée dans l'Empire entier), tout relève
d'emprunts à la Grèce et à Rome. Une exception: les origines de la verrerie galloromaine (bouteilles avec fils de verre polychromes appliqués, barillets de Frontin) sont
orientales.
Les débuts du christianisme
Jésus
1/ La Palestine, province romaine
En 63 avant J.-C. le général romain Pompée s’empare de Jérusalem. La Palestine
passe sous domination romaine. Un gouverneur romain, Ponce Pilate, administre la
Judée. A cette époque, les juifs sont divisés. Certains collaborent avec l’occupant.
D’autres refusent tout contact avec lui. D’autres encore organisent des révoltes : en l’an
4 avant J.-C., les Romains crucifient deux mille révoltés. Des groupes religieux se
diputent à propos de la Torah. Certains annoncent la venue d’un Messie qui doit libérer
le peuple juif.
2/ Qui est Jésus ?
Jésus est probablement né vers 4 avant notre ère, sous le règne de l’empereur
Auguste. Les historiens savent peu de choses à son sujet. Lui-même n’a rien écrit. Ses
actes et ses paroles nous sont connus par quatre récits, les Evangiles. D’après ces
textes, Jésus passe sa jeunesse à Nazareth, en Galilée, avec ses parents Joseph et
Marie. Vers l’âge de 30 ans, il réunit autour de lui 12 apôtres et des disciples. Avec eux,
il parcourt la région annonçant un nouveau royaume. Considéré comme un agitateur
dangereux, il est crucifié par les Romains, probablement le 7 avril 30. Aux dires de ses
disciples, Jésus est ressuscité 3 jours après sa mise en croix, signe qu’il est bien le
Messie.
3/ Quel est le message des Evangiles ?
Dans les Evangiles, Jésus propose une nouvelle alliance avec le Dieu de la Bible. Pour
lui, tous les hommes, et pas seulement les juifs, sont les héritiers d’Abraham et de
Moïse. Pour aimer Dieu, il ne suffit pas d’observer les règles de l’ancienne loi, il faut
aussi aimer les hommes jusqu’à leur pardonner leurs crimes, mépriser les richesses et
rechercher la justice. Jésus s’adresse aux gens en rappelant les passages de la Bible
et en prenant dans la vie des comparaisons appelées paraboles. A ceux qui voudront
mettre en pratique son enseignement, il promet le Salut, c’est-à-dire une vie éternelle
après la mort dans le Royaume de Dieu.
Le Nouveau Testament :
Les quatre Evangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean sont le fondement de la religion
chrétienne. Ils nous présentent l’enseignement de Jésus. Avec les Lettres des Apôtres,
ils constituent le Nouveau Testament, c’est-à-dire pour les chrétiens la suite et la fin de
la Bible hébraïque.
Vocabulaire :
Pharisiens : groupe de juifs attachés au strict respect de la Torah.
Le Messie : en hébreu « Celui qui est choisi par Dieu pour installer son royaume ». Il
est aussi appelé « fils de Dieu ». Le mot grec est Christ.
Un Evangile : le mot signifie en grec bonne nouvelle.
Un apôtre : compagnon de Jésus chargé par lui de faire connaître son message.
Une parabole : mot grec qui signifie comparaison. Une parabole est une histoire simple
qui veut faire réfléchir à une vérité sous-entendue.
Les premiers chrétiens
1/ Les chrétiens s’organisent en Eglises
Après le mort de Jésus, les apôtres décident de faire connaître son enseignement et de
proclamer sa résurrection. Ils s’adressent d’abord aux juifs. Des communautés
chrétiennes se forment à Jérusalem, à Antioche et à Damas. Un juif, Paul de Tarse, qui
avait d’abord pourchassé les chrétiens, se joint aux apôtres. Il s’adresse aux non-juifs.
Voyageur infatigable, il fonde de nombreuses Eglises. Elles ont à leur tête un évêque
assisté de prêtres et de diacres. Les chrétiens se rassemblent pour prier et partager le
pain, en souvenir du dernier repas pris par Jésus avec ses apôtres.
2/Les chrétiens sont persécutés
Les chrétiens accueillent sans distinction pauvres et riches, barbares et Romains. Ils
refusent de porter les armes et de participer au culte de l’empereur. Les autorités
romaines les considèrent comme une menace contre l’ordre public. A partir du 2ème
siècle, les chrétiens subissent des persécutions. Certains sont torturés ou livrés aux
bêtes dans les amphithéâtres. Ces violences ne diminuent pas leur nombre. Leur
courage devant la mort frappe les foules et entraîne de nombreuses conversions.
3/ L’empire devient chrétien
Au début du 4ème siècle, les chrétiens soutiennent Constantin, un général fils d’une
chrétienne. Devenu empereur, Constantin autorise par l’Edit de Milan les chrétiens à
pratiquer librement leur religion. Le christianisme se développe alors rapidement. A
partir de 325, le calendrier romain adopte les fêtes chrétiennes ; le dimanche devient un
jour férié. A la fin du 4ème siècle, sur ordre de l’empereur, les temples païens sont
fermés, les Jeux Olympiques supprimés. Le christianisme devient la seule religion de
l’empire. En Occident, le Pape est reconnu comme le chef de l’Eglise catholique.
Le temps des catacombes :
Le mot catacombe désigne un cimetière souterrain situé à la périphérie de la ville et
creusé de longues galeries sur plusieurs étages. Dans les murs s’ouvrent de petites
niches superposées ; elles sont destinées à recevoir le cadavre du mort, enfermé dans
un sarcophage ou enveloppé dans un linceul. La niche était fermée par une dalle de
marbre ou de terre cuite sur laquelle on gravait le nom du défunt et des mots d’adieu.
Les catacombes furent d ‘abord des lieux de pèlerinage où les chrétiens se réunissaient
le jour de l’anniversaire de la mort des martyrs. C’est dans les catacombes que s’est
développé le premier art chrétien. Les parois étaient décorées de peinture.
Le temps des basiliques :
Les chrétiens se sont d’abord réunis dans des maisons particulières. Avec la liberté de
culte et l’augmentation de leur nombre, ils se retrouvent dans de vastes édifices à
colonnades, les basiliques. L’architecture des basiliques chrétiennes rappelle celle des
anciennes basiliques romaines qui servaient de tribunaux. Une place précise est
réservée au siège de l’évêque. Les décors de mosaïques et de marbres colorés
illustrent les scènes des Evangiles.
Vocabulaire :
Eglise : communauté chrétienne. Le mot rappelle l’ecclésia des Grecs. Sans
majuscule, le nom église désigne le bâtiment où se déroule le culte chrétien.
Le Pape : évêque de Rome, il prend le titre de Souverain Pontife.
Catholique : le mot en grec signifie universel.
Note: Document proposé par leeloo261 le 29/05/04.
Le XVIIe, le XVIIIe et le début du XIXe siècle
Louis XIV, monarque absolu
1/L’enfance d’un roi
En 1643, à la mort de Louis XIII, Louis XIV n’a que 5 ans. Durant sa jeunesse, sa mère
Anne d’Autriche exerce la régence, avec le cardinal Mazarin comme Premier ministre.
De 1648 à 1653, la France traverse une période de guerre civile : les Grands et le
Parlement de Paris, qui veulent participer davantage au pouvoir, ainsi que les
Parisiens, excédés par la lourdeur des impôts, se révoltent contre le gouvernement.
C’est la Fronde. Mazarin l’emporte, mais le jeune roi restera marqué par ces
évènements. En 1661, à la mort de Mazarin, Louis XIV décide de prendre en main le
gouvernement du pays et de se passer de Premier ministre.
2/Louis XIV a le pouvoir absolu
Comme tous les rois de France, Louis XIV a été sacré à Reims et il se dit roi de droit
divin. Il considère qu’il est le lieutenant de Dieu sur Terre et qu’à ce titre, il doit avoir le
pouvoir absolu. De 1661 à 1675, il ne partage donc son autorité avec personne et
prend seul les décisions qui concernent le pays. Il retire même au Parlement de Paris
son droit de remontrance. Louis XIV prend des avis auprès de conseils spécialisés et il
est aidé par des ministres (Colbert, Louvois, Vauban) qui ont chacun une fonction
précise. Il évite de recruter conseillers et ministres parmi les Grands et les choisit pour
leurs compétences. Dans les provinces, il nomme les intendants qui se chargent
d’imposer ses décisions.
3/Le roi contrôle ses sujets
Louis XIV attire les Grands à sa cour et leur verse des pensions. Il s’attache les
écrivains en les pensionnant, en leur passant des commandes, en les faisant entrer
dans les académies, c’est-à-dire des associations de gens de lettres, de savants ou
d’artistes, qu’il contrôle. Les journaux et les livres ne peuvent paraître sans avoir au
préalable obtenu une autorisation du roi. Si le roi aime récompenser ceux qui le
servent, il punit avec vigueur ceux qui s’opposent à lui. Par lettre de cachet, il peut
emprisonner qui il veut sans aucun jugement.
Le château de Versailles :
Depuis le milieu du XVIe, les rois habitent le palais du Louvre à Paris. Mais Louis XIV
veut un nouveau palais qui montre la grandeur et la puissance de la monarchie. Il tient
aussi à s’éloigner de Paris parce qu’il craint les révoltes depuis l’épisode de la Fronde
où il a dû fuir la capitale. Il fait donc construire son château à Versailles, sur les
fondations d’un pavillon de chasse de Louis XIII ; il le fait prolonger par un superbe
jardin dessiné par Le Nôtre. Plusieurs architectes successifs ont dirigé les travaux du
château de 1661 à la mort de Louis XIV : Le Vau, D’Orbay et Mansart. Modèle de
l’architecture classique, il sera copié par plusieurs souverains européens au XVIIIe
siècle.
La vie à Versailles :
En 1682, Louis XIV se fixe à Versailles, qui est en même temps le siège de son
gouvernement et sa résidence. Il s’y est entouré de sa famille et de ses courtisans,
membres de la haute noblesse ou grands personnages du royaume, qui logent au
château ou dans la ville de Versailles. Certains n’ont aucune fonction, d’autres font
partis de la Maison militaire chargée de la sécurité du roi, d’autres encore de la Maison
civile. La vie s’organise autour du roi. Chacun doit y suivre l’étiquette que celui-ci a
définie. Le roi fait donner des fêtes, des concerts, des bals ou des pièces de théâtre
auxquels les courtisans doivent assister.
Vocabulaire :
Les Grands : les nobles les plus puissants. Ils possèdent d’immenses domaines et
peuvent lever des armées.
Le Parlement de Paris : une cour de justice qui est aussi chargée d’enregistrer les
décisions royales ; elle peut proposer des changements au roi (des remontrances).
Un pouvoir absolu : un pouvoir qui se veut sans limite.
Une régence : une période pendant laquelle une personne gouverne le royaume en
attendant la majorité du roi.
L’étiquette : l’ensemble des gestes, des paroles, fixés par le souverain et que l’on doit
respecter en sa présence.
La Maison civile : le personnel au service du roi (qui se charge des faucons, des
chiens de chasse, de la nourriture, du ménage…).
Les politiques de Louis XIV
1/Un roi, une foi
Louis XIV, roi catholique, supporte mal l’existence en France d’une minorité
protestante : il n’a pas la même autorité sur eux que sur ses sujets catholiques et il
estime que la division religieuse nuit à l’unité de son royaume. Dès son arrivée au
pouvoir, le roi se met donc à combattre le protestantisme. Il fait d’abord persécuter les
protestants en usant de la violence et en faisant loger des soldats chez eux pour qu’ils
se convertissent : dragonnades. Puis, en 1685, il révoque l’édit de Nantes qui
permettait aux protestants de pratiquer leur religion : le culte protestant est interdit et les
temples sont détruits. Près de 250 000 protestants quittent alors la France pour se
réfugier dans les pays protestants voisins.
2/Enrichir la France
Pour Louis XIV, la puissance d’un pays dépend de sa richesse. Avec l’aide de son
ministre Colbert, il entreprend donc de développer l’économie du pays. Pour accroître la
production industrielle, le roi crée des manufactures royales et attire les entrepreneurs
étrangers en leur octroyant des privilèges ; il cherche aussi à protéger le pays de la
concurrence étrangère en augmentant les droits de douane. Pour développer le
commerce, et en particulier les exportations, il fait creuser des canaux, aménager des
ports (Sète, Lorient, Brest) et crée des compagnies de commerce ; il fait aussi la
conquête de colonies en Amérique (ouest de Saint-Domingue et Louisiane).
3/La gloire par les armes
Pendant les 54 ans du règne de Louis XIV, la France connaît 29 ans de guerre. La
guerre et les victoires lui permettent de renforcer sa gloire et son autorité en France et à
l’extérieur, et d’étendre en même temps son royaume. Sous le règne de Louis XIV, les
effectifs de l’armée de métier augmentent fortement et la marine de guerre se
développe. La France annexe des territoires surtout situés au nord et à l’est du pays.
Dans les régions conquises, le roi fait fortifier des villes par son ministre Vauban pour
rendre impossible toute reconquête.
Vocabulaire :
Les dragonnades : le dragon, soldat de la cavalerie ; action qui consiste à loger des
soldats chez les protestants pour les obliger à se convertir.
Une manufacture : un bâtiment qui regroupe plusieurs dizaines d’ouvriers travaillant
avec des outils simples.
La société française sous Louis XIV
1/Les trois ordres de la société
Le clergé dispose de privilèges : il est exempté de la taille royale et a ses propres
tribunaux. Ses revenus proviennent des terres qu’il possède et de la dîme. On distingue
le haut clergé qui vit richement sur de vastes domaines (évêques, abbés) et le bas
clergé ignorant et misérable (curés, moines). La noblesse est le second ordre privilégié.
Elle ne paie pas la taille et a des places réservées dans l’administration et dans
l’armée. La haute noblesse qui vit à la cour du roi et possède des domaines immenses
est beaucoup plus riche que la petite noblesse qui vit sur ses terres en province. Tout le
reste de la population forme le tiers état : les bourgeois (marchands, avocats…), le
peuple des villes et surtout les paysans. C’est sur eux que reposent la taille et les
autres impôts. Parmi les bourgeois, beaucoup aimeraient entrer dans la noblesse : ils
imitent les nobles et certains achètent au roi des fonctions qui les anoblissent.
2/20 millions de Français
Sur 20 millions d’habitants, 85% sont des ^paysans. Les paysans de chaque paroisse
dépendent d’un seigneur plus ou moins important (noble, évêque, abbé) auquel ils
versent des taxes appelées droits seigneuriaux qui s’ajoutent aux impôts payés au roi.
La plupart des paysans sont pauvres et certains complètent leurs revenus avec un
travail à domicile comme le tissage. Dans chaque ville, à côté des nobles et des clercs,
il y a les bourgeois. Mais la plupart des citadins sont des artisans qui travaillent dans les
ateliers et appartiennent à des associations de métier, les corporations. Il y a aussi les
domestiques, les travailleurs à la journée et des vagabonds que les autorités
pourchassent. Les villes sont administrées par des conseils de ville souvent aux mains
des plus riches bourgeois. La vie du peuple dépend des récoltes de céréales.
Lorsqu’elles sont mauvaises, le prix du pain augmente, la vie devient plus difficile et la
mortalité s’élève. Cette hausse de prix peut entraîner des émeutes en ville.
L’esprit des Lumières
1/ Les Lumières
Au XVIIIe siècle, en France, des penseurs commencent à critiquer l’Eglise catholique,
l’organisation de la société et la monarchie absolue. Leurs critiques s’appuient sur la
raison, c’est-à-dire sur une réflexion approfondie qui laisse de côté tout préjugé. On les
appelle les philosophes des Lumières car ils veulent éclairer les esprits. A cette
époque, l’Angleterre fait figure de pays libre. Son système politique est un modèle pour
les philosophes, en particulier pour Voltaire.
2/ Des idées politiques nouvelles
Les philosophes réclament la liberté de culte et la tolérance religieuse ainsi que les
libertés d’opinion, de presse, de réunion. Ils veulent une justice plus humaine et
condamnent les emprisonnements arbitraires et la torture. Les philosophes critiquent la
monarchie absolue. Montesquieu dénonce la concentration des pouvoirs aux mains
d’une même personne et demande la séparation des pouvoirs. Pour Diderot, le roi est
un homme comme les autres qui ne peut gouverner qu’avec le consentement de la
nation. Pour Voltaire, l’idéal est la monarchie éclairée, c’est-à-dire un gouvernement où
le roi gouverne en vue du bonheur de ses sujets et non comme un tyran. Pour
Rousseau, enfin, le pouvoir doit appartenir au peuple tout entier. Les philosophes
proclament l’égalité naturelle des hommes ; c’est pourquoi ils veulent la suppression
des privilèges et l’égalité des droits.
3/ La diffusion des nouvelles idées
Les œuvres des philosophes connaissent un grand succès, surtout auprès de la
bourgeoisie. Leurs idées sont reprises par des brochures vendues par des colporteurs.
Elles sont discutées dans les salons comme celui de madame de Geoffrin ou dans les
cafés. Les philosophes voyagent et exposent leurs idées à l’étranger. L’usage du
français comme langue internationale facilite la diffusion de leurs œuvres hors de
France.
L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert :
Publiée de 1751 à 1772, sous la direction de Diderot et d’Alembert, l’Encyclopédie
comprend 17 volumes de textes et 11 volumes de planches. C’est une œuvre collective
à laquelle ont participé 130 auteurs, dont les philosophes Montesquieu, Voltaire et
Rousseau. L’Encyclopédie fait un état de toutes les connaissances de l’époque dans
tous les domaines. Elle présente aussi les idées des Lumières, de façon détournée
pour éviter l’interdiction d’ouvrage. Son succès est très important pour l’époque compte
tenu de son prix : 25 000 exemplaires sont vendus entre 1751 et 1782.
La France en crise
1/ Les difficultés de la monarchie
Au XVIIIe siècle, le royaume est mal administré et le territoire n’est pas unifié : ainsi, les
provinces ne paient pas toutes les mêmes impôts, il y a des douanes à l’intérieur du
pays et les poids et mesures ne sont pas les mêmes partout. Sous Louis XVI, la France
doit faire face à une grave crise financière : les dépenses de l’Etat sont considérables,
surtout à cause de la guerre d’Amérique ; or ses recettes sont faibles parce que l’impôt
repose presque uniquement sur la paysannerie. Le déficit budgétaire se creuse.
2/ La crise de la société
Les tensions sont de plus en plus fortes dans la société. La bourgeoisie, très sensible
aux idées des Lumières, voudrait l’égalité des droits. Mais la noblesse n’est pas prête à
abandonner ses privilèges ; au contraire, à partir de 1760, elle revendique toutes les
hautes charges de l’Etat, de l’Eglise, de l’Armée et rétablit sur ses terres de vieux droits
seigneuriaux oubliés. Une telle attitude mécontente les bourgeois et exaspère les
paysans, contraints de payer des taxes supplémentaires. A partir de 1786, de
mauvaises récoltes entraînent la disette et la hausse du prix du pain. Les produits de
l’artisanat se vendent mal et le chômage augmente dans les villes. La colère grandit.
3/ La convocation des Etats généraux
De 1786 à 1788, les ministres des finances de Louis XVI, Calonne puis Brienne,
essaient de faire payer des impôts aux privilégiés pour résoudre les problèmes
financiers. Mais les parlements, soutenus par la noblesse, s’opposent à ces mesures et
refusent d’enregistrer les édits royaux. Louis XVI décide de convoquer les Etats
généraux. Au début de 189, les Français de chaque ordre se réunissent dans le cadre
de la paroisse ou du baillage (un territoire administratif plus grand que la paroisse) pour
élire les députés qui vont les représenter à Versailles.
Le bouleversement de 1789
1/Une Assemblée constituante se forme
La séance d’ouverture des Etats généraux a lieu le 5 mai 1789 à Versailles. Parmi les
députés, la moitié appartient au tiers état, l’autre moitié à la noblesse et au clergé. Mais
le roi n’annonce aucune réforme profonde et les députés du tiers état sont très déçus.
Ils décident alors de se déclarer Assemblée nationale, puis, le 20 juin, dans la salle du
jeu de paume, ils font le serment de ne pas se séparer avant d’avoir rédiger une
constitution. Ils sont finalement rejoints par les députés des autres ordres (pas tous)
avec lesquels ils forment l’Assemblée nationale constituante.
2/ Le soulèvement du peuple
Les Parisiens s’inquiètent lorsque Louis XVI regroupe des troupes autour de Paris et de
Versailles parce qu’ils pensent que le roi veut disperser la nouvelle Assemblée. La
tension monte après le renvoi par le roi de Necker, le ministre des Finances partisan
des réformes. Le 14 juillet, une foule nombreuse assiège et prend la forteresse de la
Bastille dans l’espoir d’y trouver des armes. A Paris, mais aussi dans toutes les villes
du royaume, des révolutionnaires s’emparent du pouvoir et forment des Gardes
nationales. Dans les campagnes, à la fin du mois de juillet, de fausses rumeurs
annoncent l’arrivée de brigands à la solde des nobles : c’est la Grande peur. Les
paysans s’arment de fourches et de faux puis attaquent souvent les châteaux de leurs
seigneurs.
3/ La fin de l’Ancien Régime
Dans la nuit du 4 août, pour mettre fin au soulèvement des paysans, les députés
abolissent les privilèges, les droits seigneuriaux et la dîme. C’est la chute de l’Ancien
Régime. Trois semaines plus tard, l’Assemblée vote la Déclaration des droits de
l’homme et du citoyen. Mais le roi tarde à accepter les décrets de l’Assemblée. Le 5
octobre, les femmes de Paris, furieuses à cause de l’attitude du roi et de la hausse du
prix du pain, se rendent à Versailles pour l’obliger à signer les décrets et le ramènent à
Paris au palais des Tuileries.
La nouvelle France (1789-1791)
1/ La souveraineté de la nation
En 1789, les libertés fondamentales sont établies : libertés de presse, de culte, de
réunion, d’association. Un esprit nouveau souffle sur le pays : on discute de politique à
l’Assemblée, mais aussi dans les clubs comme ceux des Jacobins ou des Cordeliers à
Paris ; un peu partout, les journaux de diverses tendances politiques se multiplient. De
1789 à 1791, l’Assemblée constituante élabore la première Constitution française, qui
est promulguée en septembre 1791. Le pouvoir y est partagé entre le « roi des
Français » et une assemblée élue. Mais les députés, bourgeois pour la plupart, se
méfient du peuple ; c’est pourquoi ils établissent le suffrage censitaire qui interdit aux
plus pauvres de voter.
2/ La réorganisation de la France
L’Assemblée donne une nouvelle organisation administrative au pays. La France est
divisée en 83 départements, eux-mêmes subdivisés en districts, cantons et communes,
avec à leur tête des fonctionnaires élus. La justice est réformée : les juges sont élus et
payés par l’Etat, les criminels jugés par des jurys de citoyens, la torture abolie. La
réorganisation concerne aussi les finances. Pour résoudre ses problèmes financiers,
l’Etat s’empare des terres du clergé et les vend. Par ailleurs, il remplace les impôts de
l’Ancien Régime par des contributions payées par tous les citoyens en fonction de leur
fortune. Dans le domaine économique, les douanes intérieures sont supprimées et les
corporations interdites. La réorganisation est enfin religieuse. L’Assemblée vote la
Constitution civile du clergé. Les évêques et les curés sont désormais élus et salariés
par l’Etat ; les évêques ne reçoivent plus l’investiture du pape (ce qui prive ce dernier
d’un pouvoir important). Le 14 juillet 1790, les délégués des Gardes nationales de tout
le pays se rendent à Paris pour célébrer le nouveau régime. Cette fête de la fédération
rassemble 14 000 délégués sur le Champ-de-Mars.
La fin de la monarchie (1791-1792)
1/ La montée de l’opposition
A partir de 1789, les nobles émigrent et poussent les souverains étrangers à intervenir
contre la France. Puis, en 1790, le pape condamne la Constitution civile du clergé, ce
qui conduit de nombreux prêtres à la refuser et à entrer dans l’opposition au régime : ce
sont les prêtres réfractaires. En juin 1791, le roi s’enfuit. Il veut rejoindre les troupes
autrichiennes puis marcher sur Paris pour rétablir son pouvoir absolu. Mais il est
reconnu à Varennes et ramené aux Tuileries. Cette tentative de fuite lui fait perdre la
confiance des Parisiens ; parmi eux, certains commencent à réclamer la République.
2/ Les débuts de la guerre
En avril 1792, l’Assemblée déclare la guerre à l’empereur d’Autriche parce qu’elle veut
libérer les peuples de l’Empire et aussi pousser Louis XVI à se trahir. Le roi accepte la
guerre parce qu’il espère en profiter pour rétablir son autorité. Mais la France subit des
défaites face à l’Autriche et à son alliée, la Prusse. Le nord et l’est du pays sont
envahis. L’Assemblée proclame alors « la patrie en danger » et fait appel à des
volontaires pour résister à l’ennemi. Des fédérés des départements arrivent à Paris
pour protéger la capitale.
3/ La chute du roi
En juillet 1792, le duc de Brunswick, qui commande les armées autrichiennes et
prussiennes, menace Paris de destruction s’il est fait violence à Louis XVI. Pour les
sans-culottes et les fédérés, c’est la preuve de la trahison du roi. Le 10 août 1792, ils
attaquent le palais des Tuileries et s’en emparent. Sous la pression populaire,
l’Assemblée accepte l’emprisonnement du roi et l’élection d’une Convention au suffrage
universel masculin. Le 22 septembre, la nouvelle Convention proclame la République.
Deux jours avant, la France avait obtenu sa première victoire militaire à Valmy.
Vocabulaire :
Les fédérés : les membres des Gardes nationales des villes de France qui se sont
associées.
Un sans-culotte (qui porte un pantalon et non la culotte, comme les nobles et les
bourgeois) : un habitant des villes qui appartient au petit peuple (artisans, ouvriers,…).
Les débuts de la République (1792-1794)
1/ La République en danger
La Convention nouvellement élue comprend le groupe des Girondins, celui des
montagnards, et entre les deux, les députés de la Plaine. Son premier acte est de juger
Louis XVI. Condamné à mort, ce dernier est guillotiné le 21 janvier 1793. L’exécution de
Louis XVI provoque une forte émotion en Europe et dans le pays. Les rois européens
forment aussitôt une coalition et entrent en guerre contre la France. En Vendée, les
paysans se soulèvent contre la République au nom du roi et de la religion. Les sansculottes exigent des mesures très énergiques pour défendre la République. Le 2 juin
1793, ils font arrêter 29 députés Girondins, ce qui donne le pouvoir aux députés
montagnards, dont ils sont plus proches. Mais cela entraîne la révolte des
départements favorables aux Girondins (révolte fédéraliste).
2/ La politique de la Terreur
Face au danger intérieur et extérieur, la Convention montagnarde réagit. Elle nomme
un nouveau Comité de salut public qui « met la Terreur à l’ordre du jour ». Robespierre
en prend la direction. Les mesures sont radicales. La levée en masse permet de
recruter plus d’un million de soldats. La loi des suspects permet d’emprisonner tout
opposant. Pour réduire l’influence de l’Eglise, les Montagnards mènent une politique de
déchristianisation : un nouveau calendrier remplace le calendrier chrétien et, un peu
partout, les prêtres sont pourchassés, les églises fermées. Enfin, pour satisfaire les
sans-culottes, la loi du maximum fixe les prix des produits de première nécessité.
Au début de 1794, l’ennemi est repoussé et les révoltes intérieures sont écrasées. Les
Indulgents, derrière Danton et Desmoulin, demandent alors l’arrêt de la Terreur, alors
que les Enragés, conduits par Hébert, veulent l’accentuer. Robespierre les fait exécuter
(mars et avril). Mais le pays est las et le 10 Thermidor an II (28 juillet 1794), les
Conventionnels, qui craignent pour leur vie, font arrêter et exécuter Robespierre.
Vocabulaire :
Le Comité de salut public : comité de 12 membres créé en septembre 1792 et chargé
par la Convention de prendre des décisions rapides, qu’elle approuve ensuite.
Les Girondins : groupe de députés appelés ainsi car plusieurs de leurs chefs viennent
de la Gironde. Ils défendent les principes de 1789 mais se méfient du peuple.
La levée en masse : le service militaire obligatoire pour tous les hommes célibataires
de 18 à 25 ans.
Les Montagnards : groupe de députés appelés ainsi car ils siègent en haut de
l’hémicycle. Ils sont plus proches du peuple que les Girondins.
La République bourgeoise
1/ De la Convention au Directoire
Après la mort de Robespierre, la Convention est dominée par les députés modérés de
la Plaine. On les appelle les Thermidoriens. Ils mettent fin à la Terreur : ils libèrent les
prisonniers, rouvrent les églises et abandonnent le maximum des prix, ce qui entraîne
la hausse des prix. La Convention élabore rapidement une nouvelle constitution qui est
adoptée en 1795. Le pouvoir exécutif est confié à 5 Directeurs et le pouvoir législatif à
deux conseils élus ; mais les députés se méfient du peuple et le suffrage censitaire est
rétabli. Ce nouveau régime est appelé le Directoire.
2/ Un régime fragile et instable
Sous le Directoire (1795-1799), le pays est en difficulté. L’Etat est ruiné par la guerre
qui continue. Une partie de la population vit dans la misère à cause de la hausse des
prix, alors que les Directeurs et les fournisseurs aux armées s’enrichissent
considérablement. L’insécurité grandit. L’opposition au régime se renforce. Une partie
des Français veut le rétablissement de la monarchie. Inversement, les Jacobins veulent
le retour au suffrage universel et du maximum des prix. En 1796, l’Etat doit réprimer un
complot de Gracchus Babeuf qui voulait renverser le Directoire pour fonder une
République des Egaux.
3/ Le coup d’Etat de Bonaparte
A l’extérieur, la France continue de remportée des victoires. Nommé à la tête de
l’armée d’Italie, le général Bonaparte est victorieux des Autrichiens et il devient très
populaire. Le Directoire l’envoie alors en Egypte pour qu’il coupe la route des indes aux
Anglais, mais aussi pour l’éloigner du pouvoir. L’aventure égyptienne tourne mal pour
Bonaparte. En 1799, il décide de laisser son armée et rentre en France presque
clandestinement. Quand il arrive à Paris, le Directoire est en pleine décomposition.
Profitant de la noblesse du régime, il s’empare du régime par un coup d’Etat, le 9
novembre 1799 (18 brumaire).
Vocabulaire :
Les Jacobins (du « club des Jacobins ») : nom donné aux partisans d’une République
proche de celle de 1793.
Le Consulat de Bonaparte
1/ Bonaparte, maître de la France
Après son coup d’Etat, Napoléon Bonaparte fait rédiger une nouvelle constitution qui
donne à un Premier consul, c’est-à-dire à lui-même, le pouvoir exécutif et le contrôle
des assemblées législatives. Il la fait ensuite ratifier par la population en organisant un
plébiscite au suffrage universel. Deux ans plus tard, en 1802, il se fait nommer Consul à
vie à la suite d’un autre plébiscite. Bonaparte étend son autorité sur tout le pays. Il
nomme des préfets à la tête des départements pour représenter l’Etat. Il désigne les
maires des grandes villes et les juges tandis que les préfets nomment les maires des
petites villes. C’est la centralisation. Pour former des fonctionnaires compétents et
soumis, il crée les premiers lycées d’Etat.
2/ Une France pacifiée et prospère
En 1801, après la conquête de toute l’Italie, Bonaparte fait la paix avec l’Autriche
(1801), puis avec l’Angleterre (1802). Pour la première fois depuis 1792, la France n’est
plus en guerre. Bonaparte mène une politique de réconciliation nationale. Il autorise le
retour des nobles émigrés. Il offre des postes de fonctionnaires aux anciens royalistes
comme aux anciens révolutionnaires. Il se réconcilie avec les catholiques en signant
avec le pape le Concordat de 1801 : l’Etat nomme et salarie les évêques et exige leur
soumission mais il accepte en retour que le pape les investisse. Bonaparte maintient
cependant les principes acquis de 1789. Il ne rétablit pas les privilèges et ne revient pas
sur la vente des biens du clergé. Il fait rédiger le Code Civil (1804), qui confirme les
libertés individuelles, l’égalité devant la loi et le droit à la propriété. Avec la paix
retrouvée, le pays s’enrichit. La politique de Napoléon est favorable aux affaires. Il crée
une monnaie stable, le franc germinal (1803) ; il aide financièrement les industriels et
les inventeurs, il fait entreprendre de grands travaux pour améliorer les routes et les
canaux ; le livret ouvrier permet à l’Etat et aux patrons de surveiller les ouvriers. Pour
récompenser les meilleurs serviteurs de l’Etat, il instaure la légion d’honneur.
Le Sacre de Napoléon :
Le 2 décembre 1804, Napoléon Bonaparte franchit un nouveau pas dans le
renforcement de son pouvoir. Il se fait sacrer empereur sous le nom de Napoléon Ier :
après avoir été oint par le pape Pie VII, il se couronne puis couronne son épouse
Joséphine. Le peintre David a été chargé par Napoléon d’immortaliser la cérémonie du
sacre. Achevée en 1808, son œuvre représente le couronnement de l’impératrice par
Napoléon. L’artiste a cherché à rendre compte de la cérémonie tout en glorifiant
l’empereur.
L’Empire de Napoléon (1804-1815)
1/ Un empereur autoritaire
Après son sacre, Napoléon se comporte comme un roi. Ainsi il crée une cour autour
de lui et une nouvelle noblesse, la noblesse impériale, avec des titres de noblesse. Afin
de se rapprocher des autres dynasties européennes et avoir un héritier, il divorce de
Joséphine pour épouser la fille de l’empereur d’Autriche, Marie-Louise (1810).
Napoléon gouverne désormais seul ; les assemblées qu’il avait créées ne sont plus
consultées, ni même les ministres. Les libertés de presse et de réunion disparaissent et
les opposants sont arrêtés.
2/ Des guerres meurtrières
A partir de 1803, la guerre reprend, opposant bientôt de nouveau la France à toute
l’Europe. La flotte française est anéantie en 1805 à Trafalgar mais, sur terre, Napoléon
remporte la victoire d’Austerlitz (1805) et de nombreuses autres victoires qui lui
permettent de dominer le continent. Le régime est d’abord renforcé par les succès
militaires. Mais peu à peu le mécontentement grandit dans le pays, à cause des
guerres interminables et meurtrières et de l’augmentation des impôts ; de plus, les
relations entre les catholiques et Napoléon se détériorent à partir de 1807, quand celuici s’empare des Etats de l’Eglise puis fait emprisonner le pape.
3/ La chute de Napoléon
En 1812, Napoléon subit un grave revers en Russie et, en 1814, la France est envahie
par l’Europe coalisée. Les souverains européens exilent l’empereur sur l’île d’Elbe et
rétablissent la monarchie en France en nommant Louis XVIII, le frère de Louis XVI, à la
tête du pays. Mais les Français craignent que le nouveau roi ne restaure l’Ancien
régime. Napoléon en profite pour revenir en France et reprendre le pouvoir. Il ne règne
que cent jours. De nouveau vaincu à Waterloo en 1815, il est exilé dans la lointaine île
de Sainte-Hélène, où il meurt en 1821.
Note: Document proposé le 28/05/04 par leeloo261.
Le monde musulman
Mohammed, prophète de l’islam
1/ L’Arabie au Vie siècle
L’Arabie est une péninsule désertique au Moyen-Orient. Au Vie siècle, elle est peuplée
d’éleveurs nomades ; on y trouve aussi des agriculteurs et des marchands, qui vivent
dans les oasis de Yathrib et de la Mecque ou encore au Yémen, la seule région humide.
A cette époque, les Arabes croient en plusieurs dieux : ils sont polythéistes. La Mecque
est leur principal lieu saint parce que c’est là que les statues de leurs dieux, les idoles,
sont exposées.
2/ Un nouveau prophète
Mohammed naît vers 570 à La Mecque. Très jeune, il conduit les caravanes de son
oncle, un riche marchand ; au cours de ces déplacements, il rencontre des chrétiens et
des juifs avec lesquels il a des discussions religieuses. Après son mariage avec la riche
Khadîdja, il se met à méditer dans une grotte du mont Hira, près de La Mecque. Un jour,
l’ange Gabriel lui apparaît et lui annonce qu’il est le nouveau prophète d’Allah (« Dieu »
en arabe).
A La Mecque, Mohammed annonce les paroles que Dieu lui transmet et prêche
l’abandon des anciennes croyances. Mais les Mecquois tiennent à leur religion. Menacé,
Mohammed décide donc de partir pour Yathrib en 622 : c’est l’Hégire, qui marque le
début de l’ère musulmane.
3/ Les Arabes adoptent l’islam
A Yathrib, Mohammed parvient à convertir les habitants à l’islam. Il devient le chef de la
ville, qui prend le nom de Médine (« la ville du Prophète » en arabe). Puis il engage la
lutte contre les Mecquois ; en 630, il s’empare de La Mecque et y détruit les idoles.
Quand Mohammed meurt, en 632, l’Arabie est presque entièrement soumise à son
autorité et la plupart des Arabes sont devenus musulmans.
Le Coran et l’islam :
Dans la religion musulmane, il n’y a qu’un dieu. Il s’est d’abord fait connaître à Abraham
puis a choisi Moïse, Jésus et enfin Mohammed comme prophètes. Mohammed est
présenté comme le dernier des prophètes et donc le plus important. Le livre sacré des
musulmans est le Coran : c’est le recueil des paroles que Dieu aurait transmises à
Mohammed. Le Coran donne les bases de la croyance musulmane, insiste sur les 5
obligations fondamentales des musulmans – les piliers de l’islam- et indique aux
croyants comment ils doivent se comporter entre eux et dans la vie quotidienne.
La mosquée de Kairouan :
Les moquées sont les lieux de culte des musulmans. On distingue les Grandes
Mosquées, où tous les croyants viennent prier le vendredi midi sous la direction de
l’imam, et les mosquées de quartier, simples lieux de prière. Après la mort de
Mohammed, les Arabes font la conquête de l’Afrique du nord. Ils y construisent alors de
nombreuses mosquées dont la Grande Mosquée de Kairouan, en Tunisie actuelle ; elle
prend son allure définitive au IXe siècle.
Vocabulaire :
L’Hégire : « émigration » en arabe, le départ de Mohammed de La Mecque pour
Yathrib, en 622. L’Hégire marque le début de l’ère musulmane.
L’islam : « soumission à Dieu » en arabe, la religion enseignée par Mohammed
Un musulman : de l’arabe muslim, croyant.
Un prophète : un homme chargé par Dieu de transmettre ses paroles.
Le Coran : « récitation » en arabe.
Un pèlerinage : un voyage effectué jusqu’à un lieu saint pour prier.
Les 5 piliers : la profession de foi ou Chahada qui consiste à dire que l’on croit en un
seul Dieu et en son prophète Mohammed, la prière cinq fois par jour en se tournant vers
La Mecque, le jeûne du lever au coucher du soleil durant le mois du ramadan, l’aumône
aux pauvres, le pèlerinage à La Mecque au moins une fois dans sa vie.
L’imam : « le guide » en arabe, un religieux musulman qui dirige la prière.
L’expansion de l’islam
1/ L’étendue des conquêtes
Après la mort de Mohammed, les Arabes attaquent les empires perse et byzantin : c’est
la guerre sainte ou Djihad. Ils veulent répandre l’islam et gagner ainsi plus facilement le
paradis, mais aussi s’enrichir en pillant l’ennemi.
Les conquêtes sont très rapides du fait de l’enthousiasme des conquérants et de la
fragilité des empires adverses, affaiblis par les conflits intérieurs et les guerres. En
moins de 100 ans, les Arabes soumettent le Moyen-Orient, l’Afrique du nord et
l’Espagne. Ils entrent dans le royaume des Francs mais ils sont repoussés à Poitiers, en
732.
Dans les territoires conquis, la plupart des habitants se convertissent rapidement à
l’islam ; cependant, les chrétiens et les juifs sont tolérés. Peu à peu, l’arabe, langue du
Coran et de l’administration, se diffuse, sauf en Perse et dans les montagnes d’Afrique
du nord.
2/ L’organisation de l’empire
L’empire arabo-musulman est dirigé par le calife, qui est considéré comme le
successeur de Mohammed et qui est en même temps le chef politique et religieux de
l’empire. Jusqu’en 750, il appartient à la dynastie omeyyade et siège à Damas en Syrie.
A partir de 750, il est membre de la dynastie abbasside et vit à Bagdad en Irak.
Le calife est aidé par une sorte de premier ministre appelé vizir ; dans les provinces, il
nomme les gouverneurs militaires, les émirs, et des cadis qui exercent la justice à l’aide
du Coran. Il y a de nombreux employés au service de ces grands personnages.
L’unité d’un si vaste empire est difficile à maintenir. Au Xe siècle, l’empire éclate en trois
califats (territoire sous l’autorité d’un calife) rivaux : le califat abbasside de Bagdad au
Moyen-Orient, le califat du Caire en Egypte et dans ses environs, le califat de Cordoue
en Espagne.
Un carrefour commercial :
Les grands marchands sont nombreux en terre d’islam. Ils font du commerce à l’intérieur
du monde musulman ou vont en Afrique noire, en Inde et en Chine chercher des
produits qu’ils revendent ensuite aux populations musulmanes, aux Byzantins et aux
marchands italiens. Principaux produits : or, ivoire, épices, soie mais aussi papier et
esclaves.
Les marchands musulmans voyagent rarement seuls. Ils forment des caravanes et font
étape dans les hôtels-entrepôts, les caravansérails. Ils empruntent aussi les voies
fluviales et maritimes : la voile triangulaire, le gouvernail, l’astrolabe et la boussole leur
facilitent la navigation. Pour les paiements, ils utilisent des monnaies de forte valeur et le
chakk, l’ancêtre du chèque.
Bagdad, ville musulmane
1/ Une ville immense
Bagdad a été fondée au VIIIe siècle en Irak par le calife abbasside. Il fait construire une
ville ronde sur une ville du Tigre. Par la suite, la ville s’est rapidement développée pour
atteindre un million d’habitants au Xe siècle, ce qui en fait une des plus grande ville du
monde.
Bagdad possède plusieurs palais et Grandes Mosquées. Les artisans et commerçants
se regroupent par métier dans les souks. Les étudiants peuvent suivre leurs cours dans
les nombreuses madrasas, où l’on étudie le Coran et le droit.
Les rues de la ville sont étroites et sinueuses. Elles sont bordées de maisons aux
façades aveugles dont les pièces donnent sur des petites cours carrées. Dans chaque
quartier, on se regroupe par origine ou religion ; la vie s’organise autour de la mosquée
de quartier et du hammam.
2/ Un grand centre culturel
Bagdad est un grand centre culturel. Les califes y font traduire en arabe les œuvres de
la Grèce ancienne, de la Perse ou de l’Inde ; les traductions sont ensuite déposées dans
une grande bibliothèque accessible au public. Les califes entretiennent aussi de
nombreux savants et ils ont fait construire un observatoire pour permettre aux
astronomes d’étudier les planètes.
Les savants de Bagdad, comme de tout le monde musulman, excellent dans
l’astronomie, les mathématiques (ils utilisent le zéro et les chiffres dits arabes), la
médecine. Les médecins savent coudre les artères, anesthésier les malades et opérer
les yeux. A Bagdad, il y a aussi de bons géographes qui parcourent les régions les plus
diverses et en font des descriptions précises.
La poésie est très appréciée par le calife et sa cour. Les fables et les contes, comme
ceux des Mille et Une Nuits, sont de grands succès populaires.
Les palais d’Andalousie :
Il ne reste rien des palais médiévaux de Bagdad. Mais les villes andalouses, dans le sud
de l’Espagne, en ont gardé de magnifiques vestiges : ainsi le palais de l’Alhambra de
Grenade ou l’Alcazar de Séville. L’intérieur de ces bâtiments est couvert de marbre, de
stuc, de céramiques et agrémenté de multiples formes d’arcs. L’islam interdisant la
représentation des êtres vivants, le décor est composé de figures géométriques, de
phrases du Coran stylisées ou d’arabesques.
Vocabulaire :
Un souk : « marché » en arabe, le quartier commerçant d’une ville musulmane, chaque
rue étant spécialisée dans un type de produits.
Un hammam : « bains » en arabe, un établissement où l’on prend des bains, souvent
de vapeur.
Une arabesque : un dessin stylisé de végétaux.
Le stuc : un enduit fait avec un mélange de plâtre, de marbre et de céramique.
Note: Document proposé le 28/05/04 par leeloo261.
Du Moyen Age à la naissance des temps modernes
Les royaumes germaniques
La formation des royaumes
Au Ve siècle, les peuples germaniques envahissent l’Empire d’Occident et y forment des
royaumes. Parmi ces peuples, les Francs s’étendent peu à peu sur l’ensemble de la
Gaule. Les Germains sont peu nombreux par rapport aux populations romaines (moins
de 5% de la population). Au début, ils vivent séparés des Romains et gardent leur
langue, leurs coutumes et leurs lois. Mais peu à peu, les deux populations se
mélangent. Les langues latines s’imposent, sauf en Angleterre, où l’on adopte l’anglosaxon. Les guerres sont fréquentes entre les nouveaux royaumes. A cause de
l’insécurité, le commerce décline. Les villes se vident et les monuments tombent en
ruine. Les écoles se raréfient et on sait de moins en moins lire et écrire. Seules la
métallurgie et l’orfèvrerie font des progrès.
2/ La christianisation de l’Occident
A l’époque des invasions, les habitants des villes sont catholiques ; ils pratiquent leur
religion sous l’autorité des évêques. Mais la plupart des paysans sont encore païens et
les Germains sont soit païens, soit hérétiques. A la suite du roi franc Clovis, les rois
germaniques se convertissent au catholicisme. Dès lors, les conversions se multiplient :
les habitants suivent l’exemple de leur souverain ou sont christianisés par des
missionnaires. Un peu partout, on construit des églises. En un siècle, l’Occident devient
entièrement catholique. Des chrétiens de plus en plus nombreux se consacrent à la
prière : ce sont les moines. Certains vivent seuls, en ermites, mais la plupart se
regroupent dans les monastères en suivant une règle de vie ; presque tous les
monastères choisissent la règle rédigée par saint Benoît vers 530, appelée règle
bénédictine.
Clovis, roi des Francs :
A la fin du Ve siècle, le roi franc Clovis (481-511) se lance à la conquête de la Gaule
romaine. Vers 496, il se fait baptiser à Reims et devient catholique. Sa conversion lui
permet d’obtenir le soutien de l’Eglise contre les autres rois germaniques qui ne sont
pas encore convertis : il bat les Wisigoths et conquiert un vaste territoire. Selon la
coutume franque, le royaume de Clovis est partagé entre ses descendants, les
Mérovingiens. Ces derniers se font des guerres incessantes mais parviennent malgré
tout à étendre le territoire des Francs.
Vocabulaire :
Un missionnaire : un homme d’Eglise qui part christianiser les païens.
Un hérétique : un chrétien dont les croyances et les pratiques ne sont pas conformes à
celles enseignées par l’Eglise catholique.
Un évêque : le chef d’une communauté chrétienne.
Un païen : personne qui croit en une religion polythéiste.
Un baptême : le rite par lequel on entre dans la communauté chrétienne.
Charlemagne, nouvel empereur
1/ Le début des Carolingiens
En Gaule, les Mérovingiens laissent peu à peu la réalité du pouvoir aux chefs de leur
cour, les maires du palais. En 732, Charles Martel, un puissant maire du palais,
repousse les arabes à Poitiers (commandé par Abd el-Rahmann, émir de Cordoue) et
en tire un immense prestige. Après sa mort, son fils Pépin le Bref renverse le dernier
Mérovingien et devient roi des Francs ; il fonde la dynastie des Carolingiens. Pépin qui
veut donner un caractère religieux à la royauté se fait sacrer roi par le pape. Pour le
remercier, il enlève aux Lombards des territoires au centre de l’Italie et les lui offre : c’est
la naissance des Etats de l’Eglise (ou Etats du pape).
2/ Les conquêtes de Charlemagne
Pépin meurt en 768 et son fils Charlemagne (Charles le Grand en latin) lui succède. Il
désire étendre la puissance des Francs et faire triompher partout le christianisme. En
Italie, Charlemagne écrase les Lombards qui menaçaient les Etats de l’Eglise et
s’empare de la Lombardie. En Germanie, il conquiert la Saxe païenne et la Bavière où il
entreprend de christianiser les populations. En Espagne, il se bat contre les musulmans,
mais il n’a pas le même succès ; au retour d’une de ses expéditions, son arrière-garde
est massacrée par les Basques au col de Roncevaux en 778 (Roland, duc de Bretagne
et neveu de Charlemagne y perdit la vie).
3/ Charlemagne, couronné empereur
A la fin du VIIIe siècle, Charlemagne domine une grande partie de l’Europe occidentale
et apparaît comme le défenseur du christianisme et de la papauté. En 800, il se rend à
Rome où il est couronné empereur par le pape dans la basilique Saint-Pierre. Après la
mort de Charlemagne, en 814, Louis le Pieux, seul survivant de ses fils, lui succède
comme roi des Francs et empereur d’Occident.
Canonisé le 29 décembre 1165 sur l'initiative de l'empereur Frédéric Barberousse,
Charlemagne devint l'objet d'un culte liturgique dans de nombreuses églises
d'Allemagne, de France, et même d'Espagne et d'Italie.
Vocabulaire :
Sacrer : donner un caractère sacré à une personne par l’application d’une huile sainte.
Le sacre, qui manifeste l'élection divine, fonde :
- l'hérédité royale dynastique
- les rois thaumaturges (ils disposent du pouvoir de guérir les écrouelles, maladie de
peau assez fréquente due à la sous-nutrition : le roi te touche, Dieu te guérisse ...)
Pour asseoir la légitimité de la nouvelle dynastie franque, des "intellectuels" comme
Hincmar de Reims affirment que le saint chrème est renouvelé par Dieu lui-même, et
que c'est la même huile sainte, amenée dans une ampoule par une colombe, qui a servi
au baptême de Clovis. Il s'agit de montrer que si Pépin le Bref a déposé le dernier roi
mérovingien, les Carolingiens sont bien les héritiers du premier roi catholique Clovis. A
leur tour, les Capétiens, autres usurpateurs, reprennent le rituel du sacre.
L’organisation de l’Empire
1/ L’administration de l’Empire
L’empereur gouverne avec quelques conseillers qui sont aussi ses serviteurs. Il se
déplace d’abord de palais en palais puis se fixe à Aix-la-Chapelle. Une ou deux fois par
an, il réunit les Grands du royaume dans des assemblées, les plaids, ou il fait approuver
les lois, regroupés ensuite dans des capitulaires. L’Empire est divisé en près de 300
comtés administrés par des comtes. Ce sont les délégués de l’empereur : ils font
appliquer les lois, rendent la justice, lèvent l’armée et reçoivent des terres pour leurs
services. L’empereur exige d’eux un serment de fidélité et les fait contrôler par ses
envoyés, les missi dominici.
2/ Une économie liée à la terre
Les habitants de l’Empire vivent essentiellement de l’agriculture. La terre est cultivée
dans de petites propriétés ou dans d’immenses domaines, les villas. Chaque villa est
divisée en 2 parties : l’une est exploitée par le maître et ses esclaves, l’autre est
composée de lots distribués à des paysans contre des taxes et des corvées. Les outils
sont simples et les récoltes faibles. Le commerce se ranime sous Charlemagne, facilité
par la frappe d’une monnaie d’argent, le denier, et surtout par la paix. Mais il est
essentiellement local et régional.
3/ La renaissance culturelle
Charlemagne s’entoure de lettrés et encourage les évêques à développer des écoles.
Dans les monastères, on recopie de nombreux manuscrits en utilisant une nouvelle
lettre, la minuscule caroline, dont dérive notre écriture. Les arts se réveillent : on
construit beaucoup d’églises que l’on décore de mosaïques ou de peintures murales
(des fresques). L’orfèvrerie et le travail des ivoires font des progrès remarquables.
Le palais d’Aix-la-Chapelle :
A la fin du VIIIe siècle, Charlemagne fait construire un palais sur le site d’Aix, dans
l’Allemagne actuelle. L’endroit est situé non loin de Saxe, qu’il est en train de conquérir,
et possède des sources d’eau chaude réputées, bonnes pour ses rhumatismes. En 800,
le palais devient la résidence permanente de l’empereur. Il y installe sa cour, son trésor
et sa bibliothèque, qui, jusqu’alors, le suivaient dans ses déplacements.
L’Empire se disloque
1/ Le partage de l’Empire
Louis le Pieux succède à Charlemagne. Mais à sa mort, en 840, une guerre de
succession s’ouvre entre ses fils, Charles, Louis et Lothaire. En 842, par le serment de
Strasbourg, Charles et Louis jurent de s’entraider contre leur frère aîné, Lothaire, qui
veut régner seul. Finalement, en 843, les trois frères se partagent l’Empire par le traité
de Verdun. Charles le Chauve obtient la Francie occidentale (la France) et Louis la
Francie orientale (la Germanie). Lothaire reçoit le titre d’empereur et la Lotharingie, qui
finira par tomber aux mains des rois de Germanie.
2/ Une vague d’envahisseurs
A peine formés, les nouveaux royaumes affrontent une vague d’envahisseurs. Les
Vikings, venus de Scandinavie, remontent les fleuves sur leurs drakkars en pillant les
villes et les monastères. Ils s’installent dans certaines régions comme la Normandie. Les
Sarrasins (ou musulmans) d’Afrique et d’Espagne attaquent les côtes
méditerranéennes, forçant les villageois à s’installer sur les hauteurs. Ils sont repoussés
à la fin du Xe siècle. Les cavaliers hongrois ravagent l’Europe de l’Est. Battus en 955
par le roi de Germanie, ils finissent par se fixer dans l’actuelle Hongrie.
3/ La fin d’une dynastie
Les rois carolingiens, incapables de défendre leurs peuples, perdent de leur autorité ;
les comtes puis les grands propriétaires profitent de leur faiblesse pour s’emparer des
pouvoirs royaux autour de leurs châteaux ou abbayes. Très affaiblie, la dynastie
carolingienne disparaît. En Germanie, le duc de Saxe devient roi et son fils Otton se fait
couronner empereur par le pape en 962. En France, Hugues Capet devient roi en 987.
Les chrétiens d’Occident
1/ L’Occident est chrétien
Vers l’an mil, la plupart des occidentaux sont des chrétiens catholiques. Ils croient en
Dieu, en Jésus-Christ et en son message. Ils sont persuadés qu’ils seront jugés par le
Christ après la mort, au moment du Jugement dernier : les bons iront au paradis, les
mauvais en enfer. La chrétienté d’Occident est divisée en diocèses dirigés par les
évêques. Les diocèses se subdivisent en paroisses, confiées à des prêtres appelés
curés. Dans chaque paroisse, l’église, entourée du cimetière, est le centre de la vie
religieuse.
2/ Une religion très présente
Le baptême, la confirmation, le mariage à l’église sont les sacrements et de grands
moments dans la vie d’un chrétien. Chaque jour, les chrétiens récitent des prières
comme le Credo ou le Pater. Le vendredi, ils jeûnent. Le dimanche, ils vont à l’église
pour assister à la messe où, parfois, ils communient. Ils confessent leurs fautes au curé
au moins une fois dans l’année. De nombreuses fêtes sont consacrées au Christ, à la
Vierge et aux saints. La principale est la fête de Pâques qui rappelle la mort et la
résurrection du Christ ; elle est précédée d’une période de jeûne de 40 jours, le carême.
3/ Sur les routes des pèlerinages
Les chrétiens entreprennent souvent des pèlerinages. Ils se rendent sur les
innombrables lieux de culte qui abritent les reliques des saints ou sur les lointains
tombeaux de saint Jacques à Compostelle, de l’apôtre Pierre à Rome ou du Christ à
Jérusalem. Le pèlerin espère que ses fautes seront pardonnées par Dieu et que ses
vœux seront exaucés.
L’Eglise Sainte-Foy de Conques :
Les églises sont les lieux de culte des chrétiens : on y assiste à la messe, on y reçoit les
sacrements, on y conserve parfois des reliques, ce qui en fait alors des lieux de
pèlerinage. De l’an mil au milieu du XIIe siècle, les églises sont construites dans un style
particulier qu’on appellera plus tard le style roman. L’église Sainte-Foy de Conques,
bâtie au XIe siècle dans l’Aveyron est un exemple d’église de cette époque. Les églises
romanes sont décorées de fresques et de sculptures représentant des scènes de la
Bible, des monstres et des démons. Les portails des églises sont toujours
magnifiquement sculptés. Sur le tympan du portail de Conques, les artistes du Moyen
Age ont représenté le Jugement dernier.
Le clergé catholique
1/ Clergé séculier et clergé régulier
Les clercs sont les chrétiens qui se consacrent entièrement à l’Eglise. Les évêques et
les curés, qui vivent parmi les laïcs et s’occupent d’eux, constituent le clergé régulier. Le
clergé possède des terres, reçoit un impôt, la dîme, ainsi que des dons. Il forme un
groupe à part dans la société : les clercs portent des habits spéciaux, sont célibataires et
ne peuvent être jugés que par des tribunaux d’Eglise.
2/ Le pape, chef de l’Eglise catholique
Depuis le début du Moyen Age, l’autorité du pape ne fait que grandir. Elu par les
cardinaux, il s’impose peu à peu comme le chef de l’Eglise d’Occident (ou Eglise
catholique). Il fait surveiller les évêques par ses envoyés, les légats, et devient le
supérieur direct des grands abbés. Il essaie même d’imposer son autorité aux rois ou à
l’empereur. Pour gouverner l’Eglise, le pape s’entoure de bureaux spécialisés qui
forment la curie romaine. Pour les décisions importantes, il convoque et préside les
conciles œcuméniques, assemblées d’évêques venus de tout l’Occident.
3/ La naissance des ordres religieux
A partir du Xe siècle, les monastères se regroupèrent en ordres religieux comme ceux
de Cluny ou de Cîteaux. L’ordre de Cîteaux a un grand succès au XII e siècle grâce à
l’action de saint Bernard (1090-1153). Au début du XIIIe siècle, apparaît l’ordre des
Franciscains fondé par François d’Assise et celui des Dominicains fondé par Dominique.
Les religieux de ces ordres parcourent les villes pour dire les paroles de Dieu et
enseigner. Ils vivent de la mendicité, d’où leur nom de Mendiants.
Le clergé dans la société :
Le clergé dirige le culte et donne les sacrements. Mais il a d’autres fonctions. C’est lui
qui se charge des pauvres et des malades. Il s’occupe aussi de l’enseignement qui a
lieu dans les monastères, dans les écoles urbaines dépendant de l’évêque ou dans les
universités directement placées sous l’autorité du pape. Enfin, il donne l’asile à toute
personne poursuivie et cherche aussi à contenir la violence entre les fidèles ; pour se
faire obéir, il dispose de l’excommunication.
Les croisades en Terre sainte
1/ La première croisade
En 1095, le pape Urbain II appelle les fidèles à libérer la Terre sainte, alors aux mains
des Turcs musulmans. Les candidats au départ devront coudre des croix sur leurs
vêtements : d’où leur nom de croisés. Les croisés espèrent obtenir le paradis et faire
fortune. Dès 1095, une foule de pauvres gens se met en marche ; mais elle est
massacrée en Asie Mineure. En revanche, les chevaliers, partis peu après, parviennent
au Proche-Orient ; ils s’emparent de Jérusalem en 1099, puis créent les Etats latins
d’Orient dans les territoires conquis.
2/ Les Etats latins d’Orient
Les Etats latins d’Orient sont dirigés par les chefs de la croisade. Ils sont défendus par
des moines soldats appartenant à des ordres militaires (Templiers, Hospitaliers…) qui
tiennent aux frontières de puissantes forteresses. Es le milieu du XIIe iècle, les Etats
latins ont du mal à repousser les attaques musulmanes. Ils font régulièrement appel aux
chrétiens d’Occident qui organisent 7 croisades durant les Xie et XIIe siècles. Mais les
musulmans reprennent Jérusalem en 1187 et la totalité des Etats latins en 1291.
3/ Le bilan des croisades
Les croisades ont éloigné encore davantage chrétiens et musulmans. Et lors de la
quatrième croisade, les croisés ont pillé la capitale byzantine Constantinople (1204), ce
qui a rendu définitive la division entre chrétiens catholiques et orthodoxes. Mais en
entrant en contact avec la civilisation musulmane, les chrétiens ont pu étendre leurs
connaissances. Les croisades ont par ailleurs permis aux marchands italiens de
développer leur commerce avec le Proche-Orient.
L’expansion catholique (en Occident) :
- à l’intérieur de l’Occident chrétien. En Occident, on se met à persécuter les juifs,
surtout à partir du XIIIe siècle. On les oblige à se regrouper, à porter des insignes qui les
distinguent des chrétiens ; il arrive que les rois les chassent de leur royaume et leur
confisquent leurs biens. L’Eglise s’attaque aussi aux hérétiques : au début du XIIIe
siècle, le pape Innovent III envoie des chevaliers exterminer l’hérésie cathare dans le
Sud-Ouest de la France ; puis il crée les tribunaux de l’Inquisition, chargés de trouver et
de juger les hérétiques qui se cachent.
- aux frontières de l’Occident chrétien. A partir du XIe siècle, les petits Etats chrétiens du
nord de l’Espagne, soutenus par le pape et des chevaliers européens, reprennent peu à
peu la péninsule ibérique aux musulmans : c’est la Reconquista. Au nord de l’Europe,
l’ordre des chevaliers Teutoniques et des missionnaires convertissent le pourtour de la
mer Baltique.
Notre-Dame de Chartres :
A partir du milieu du XIIe siècle, de grands chantiers de construction sont ouverts dans
les villes d’Ile-de-France : on élève à la gloire de Dieu des cathédrales (église d’un
évêque) immenses. Ces cathédrales d’un nouveau style, appelé gothique, sont les plus
impressionnants vertiges du Moyen Age en Occident. Notre-Dame de Chartres, élevée
sur des fondations d’une église romane à partir de 1194, en est un des plus beaux
modèles.
Les nouvelles techniques d’architecture permettent de percer de larges fenêtres dans
les murs. A Chartres, comme dans les autres cathédrales gothiques, les vitraux forment
désormais l’essentiel de l’ornementation. Ils donnent à la cathédrale une lumière
puissante et irréelle.
Etats et féodalité
1/ Des Etats faibles
L’Europe occidentale est divisée en de nombreux Etats : un empire (le Saint Empire),
des royaumes comme le royaume de France, un Etat appartenant au pape, des villes
indépendantes comme Venise ou Gênes. L’empereur et les rois sont sacrés, ce qui leur
donne un grand prestige. Mais leur pouvoir est faible. Depuis la fin de l’époque
carolingienne, les grands propriétaires de la terre, les seigneurs, sont devenus les vrais
chefs sur les territoires qui entourent les châteaux et les abbayes. Les rois n’exercent
leur autorité que sur une petite partie du royaume. L’administration de l’Angleterre est
particulière. En 1066, le duc Guillaume de Normandie a conquis le pays et en est
devenu le roi ; il a pris soin de maintenir partout son autorité. Mais en 1215, les évêques
et les seigneurs imposent l au roi Jean Sans Terre la Grande Charte qui l’oblige à
gouverner avec eux.
2/ Seigneurs et vassaux
Le seigneur doit sa force à ses vassaux. Il se lie avec eux par la cérémonie de
l’hommage. Le vassal met les mains dans celles de son seigneur (c’est l’hommage),
puis lui jure fidélité ; le seigneur remet alors au vassal un objet qui représente le fief qu’il
lui donne (c’est l’investiture). Le vassal a ses devoirs envers son seigneur. Il lui doit le
conseil, l’aide militaire et une aide financière dans certains cas. En échange, le seigneur
doit entretenir le vassal : c’est pourquoi il lui remet le fief. Les seigneurs deviennent les
vassaux de seigneurs plus puissants. Le roi, le seul à n’être le vassal de personne, est
le chef suprême de cette pyramide vassalique. Mais il a du mal à se faire respecter par
les plus puissants de ses vassaux.
La vie des chevaliers :
Les seigneurs laïcs et leurs vassaux ont un même genre de vie : ce sont des chevaliers.
Ils suivent une éducation sportive et militaire, puis, vers 18 ans, ils sont faits chevaliers
par la cérémonie de l’adoubement. Les chevaliers font la guerre, aiment la chasse et
participent à des tournois, jeux dans lesquels 2 troupes armées se combattent
violemment. Le bon chevalier suit les règles de la chevalerie : il est courageux,
généreux, loyal et fait la cour aux dames. Peu à peu, les chevaliers s’estiment différents
des autres hommes et forment un groupe à part, la noblesse.
Seigneurs et paysans
1/ Les terres du seigneur
Chaque seigneur possède un vaste territoire, appelé seigneurie, qui se divise en 2
parties :
la réserve est la partie du domaine que le seigneur garde pour lui. Elle est cultivée par
des ouvriers agricoles salariés et des paysans faisant leurs corvées, sous l’autorité d’un
intendant.
Les tenures sont les terres accordées par le seigneur aux paysans. En échange de leurs
terres, les paysans fournissent des corvées et le cens. Le paysan peut transmettre sa
tenure et même la vendre, mais son successeur aura les mêmes obligations que lui
envers le seigneur.
2/ Les pouvoirs du seigneur
Le seigneur n’est pas seulement un grand propriétaire. Il s’est souvent emparé des
pouvoirs qui appartenaient jadis au roi. Dans ce cas, il est aussi un chef qui commande,
juge et assure la sécurité de la population dans la seigneurie. En échange de sa
protection, le seigneur exige des paysans de nouvelles corvées et la taille. Il fait payer
les marchands qui traversent sa seigneurie. L oblige aussi les paysans à utiliser son
four, son moulin et son pressoir en échange de taxes appelées banalités.
3/ Les vilains et les serfs
Les paysans sont tous soumis au seigneur mais ils se divisent en 2 catégories : les
vilains, qui sont les hommes libres, et les serfs qui appartiennent à un maître. Les serfs
ne peuvent pas témoigner en justice contre un homme libre ; de plus, ils ne peuvent ni
se marier, ni hériter sans l’accord de leur maître et ils transmettent leur condition de serf
à leurs enfants.
La vie des paysans :
Les paysans forment le neuf dixièmes de la population. Ils vivent dans des villages au
centre de clairières entourées de forêts. Ils cultivent surtout des céréales, qui sont la
base de leur alimentation ; ils utilisent peu d’engrais et des outils rudimentaires, ce qui
ne leur permet pas d’obtenir de bonnes récoltes ; la plupart des paysans vivent
misérablement. Les gens d’un même village se connaissent bien ; ils forment une petite
communauté qui s’entraide.
L’évolution des campagnes
1/L’augmentation de la population
Au XIe et XIIIe siècles, l’Occident connaît une augmentation régulière de sa population.
Elle passe d’environ 40 millions d’habitants vers l’an mil à 75 millions vers 1300. On
explique cette croissance par une meilleure alimentation des hommes. Les récoltes sont
plus abondantes grâce au réchauffement du climat et aux progrès agricoles.
2/ Les progrès agricoles
Des outils, de plus en plus souvent en fer, s’améliorent. Avec la charrue, le sol est mieux
retourné qu’avec la houe ou l’araire ; avec le collier d’épaules, les chevaux font plus
rapidement le travail qu’avec le collier de cou qui les étranglait. Les moulins à eau et les
moulins à vent permettent de moudre le grain plus vite qu’avec les anciennes meules à
bras. Les paysans doivent laisser la terre en jachère une année sur 2 ou 3 pour qu’elle
se repose. Mais dans certaines régions, ils remplacent la jachère par des plantes
fourragères qui ne fatiguent pas le sol : ils peuvent ainsi avoir davantage d’animaux et
d’engrais.
3/ Les grands défrichements
Plus nombreux et mieux outillés, les paysans se lancent à la conquête de nouvelles
terres. Ils défrichent les bois en bordure des clairières puis vont créer de nouveaux
villages au milieu des forêts. Les seigneurs encouragent ces défrichements qui
augmentent leurs revenus. Pour attirer des paysans dans leurs forêts, ils promettent des
taxes moins lourdes qu’ailleurs et la liberté pour les serfs. C’est ainsi que peu à peu, le
servage disparaît.
Le temps des crises
1/ Le retour des famines
Après 1315, les familles redeviennent fréquentes. Quand une région n’a pas
suffisamment de nourriture, les villes sont en général plus gravement touchées que les
campagnes. Les famines s’expliquent par le refroidissement du climat : des hivers
rigoureux gèlent les semences et des étés pluvieux pourrissent les récoltes. Elles
s’expliquent aussi par l’augmentation de la population, devenue trop nombreuse par
rapport aux ressources alimentaires.
2/ Des pestes redoutables
L’homme, mal nourri, est sans défense contre les maladies. La peste, venue de Crimée,
sur la mer Noire, se propage de 1348 à 1349 dans toute l’Europe en suivant les grandes
voies de communication. Des grosseurs, des bubons, apparaissent sur le corps du
malade puis noircissent, d’où le nom de peste noire. L’épidémie revient ensuite par
vagues régulières jusqu’au milieu du XVe siècle. La peste entraîne presque toujours la
mort. Là où elle apparaît, elle suscite la panique. Persuadés qu’il s’agit d’une punition de
Dieu, les hommes développent une foi ardente pour se faire pardonner.
3/ Des guerres permanentes
Les guerres reprennent au XIVe et XVe siècles, avec leurs cortèges de malheurs. Les
expéditions à cheval sont destructrices. Pendant les trêves, les soldats sans emploi se
transforment en brigands qu’on appelle routiers ou écorcheurs. Pour entretenir leurs
armées, les rois créent de nouveaux impôts, ce qui renforce la misère. Les famines, les
pestes et les guerres entraînent un effondrement de la population de l’Europe qui
diminue d’un tiers en 1 siècle.
Les premiers Capétiens (XIe-XIIIe siècles)
1/ Des rois faibles…
En 987, Hugues Capet est élu roi de France par les grands seigneurs du royaume. Les
rois de France qui lui succèdent du XIe au XVIIIe siècle sont tous ses descendants : on
les appelle les Capétiens. Les premiers Capétiens ne sont obéis que dans le domaine
royal qui s’étend de Paris à Orléans. Le reste du royaume est aux mains de seigneurs
parfois très puissants qui sont les vassaux du roi. Les ressources du roi sont donc
modestes, uniquement constituées des droits seigneuriaux versés par les paysans du
domaine. Au début de leur règne, les rois reçoivent l’onction d’une huile sainte, ce qui en
fait des personnages sacrés et leur donne une grande autorité morale. Ils gouvernent
avec l’assistance d’une cour de seigneurs et d’évêques.
2/ … qui renforcent leur pouvoir
Les capétiens pacifient leur domaine ; puis ils l’agrandissent en rachetant des terres, en
épousant de riches héritières ou en faisant la guerre aux seigneurs. Philippe Auguste
(1180-1223) confisque les possessions françaises du roi d’Angleterre en France et bat
les alliés de ce dernier, le comte de Flandre et l’empereur, à Bouvines, en 1214. En
même temps, les rois améliorent leur administration. A partir du XIIIe siècle, ils sont
assistés par des conseils spécialisés et ils nomment des baillis dans le domaine royal
pour rendre la justice et les représenter. A partir de Louis IX (1226-1270), ils imposent
leur monnaie dans la totalité du royaume. A la fin du XIIIe siècle, le roi Philippe IV le Bel
(1285-1314) n’admet plus que le pape intervienne dans les affaires du royaume.
Conseillé par ses légistes, il s’oppose au pape Boniface VIII et fait élire à sa mort un
pape français qui lui est soumis.
Reims, cathédrale du sacre :
La cérémonie du sacre se déroule à Reims, en souvenir du baptême de Clovis. Du Xe
siècle à 1825, tous les rois de France, sauf 3, s’y font sacrer : lors du sacre, le roi est
marqué d’une huile sainte, puis il reçoit la couronne et les autres insignes de la royauté.
La cérémonie a lieu dans la cathédrale de Reims, magnifiquement reconstruite au XIIIe
siècle ; sur sa façade des sculptures évoquent la royauté et le sacre.
Paris, capitale du royaume :
A partir du règne de Philippe Auguste, les rois résident la plus grande partie de l’année à
Paris, dans leur palais de l’île de la Cité. Paris devient la capitale du royaume. Centre
politique, amis aussi religieux, économique et culturel du royaume –avec sa célèbre
université-, Paris est la plus grande ville d’Occident : à la fin du C+XIIIe siècle, elle
compte environ 200 000 habitants.
La France en guerre (XIVe-XVe siècle)
1/ Deux rois face à face
En 1328, le roi de France Charles IV meurt sans enfant. Il a deux héritiers possibles :
Philippe de Valois et Edouard III, roi d’Angleterre. Les grands seigneurs du royaume
choisissent finalement Philippe. Humilié, Edouard III entre alors en guerre contre le
nouveau roi. Il remporte plusieurs victoires et finit par occuper tout le Sud-Ouest de la
France. Mais Charles V (1364-1380), aidé de son connétable Du Guesclin, reconquiert
la plus grande partie du territoire.
2/ La France envahie puis libérée
A la fin du XIVe siècle, le roi Charles VI (1380-1422) sombre dans la folie et les grands
seigneurs du royaume se font la guerre pour s’emparer du pouvoir. Le roi d’Angleterre
Henri V en profite : il débarque en France, remporte une grande victoire à Azincourt
(1415) et occupe le nord du pays. Charles VII, le fils de Charles VI, s’est réfugié au sud
de la Loire. En 1429, une jeune paysanne, Jeanne d’Arc, le rejoint et libère Orléans ;
puis elle conduit le roi à Reims pour qu’il se fasse sacrer. Après le sacre, Charles VII
reprend presque toutes les possessions françaises des Anglais.
3/ L’Etat transformé par la guerre
Durant la guerre, les rois ont créé une armée permanente et salariée, à côté de l’armée
de vassaux. Ils ont aussi levé de nouveaux impôts sur tout le royaume comme la taille ;
ils ont d’abord demandé aux Etats généraux de les voter, mais après 1440 ils ne
prennent plus cette peine. A la fin du XVe siècle, Louis XI (1461-1483) s’attaque au
puissant duc de Bourgogne, Charles le Téméraire (1467-1477). A sa mort, il s’empare
d’une partie de ses terres, étendant encore le domaine royal.
La chevauchée de Jeanne d’Arc :
Jeanne d’Arc est une jeune paysanne originaire de Domrémy, en lorraine. Alors que le
nord de la France est occupé par l’Angleterre, elle entend les voix de plusieurs saints qui
lui ordonnent de chasser les Anglais hors de France. En 1429, Jeanne va retrouver le roi
Charles VII réfugié au sud de la Loire, à Chinon, et le convainc de lui fournir une petite
troupe…
Saint-Denis, abbaye des rois :
Située près de Paris, l’abbaye de Saint-Denis est un lieu très important pour la
monarchie. On y enterre les rois de France, leurs femmes et les enfants royaux ainsi
que certains grands personnages de l’Etat. L’abbaye a aussi la garde des instruments
de la royauté : les objets du sacre (couronne, épée, sceptre…) et l’enseigne de SaintDenis, appelée oriflamme, que le roi vient chercher lorsqu’il part en guerre.
Les humanistes
1/ La rupture avec le Moyen Age
A la fin du XVe siècle, les intellectuels, qu’on appelle les humanistes, ne se satisfont
plus du savoir enseigné dans les universités. Ils se mettent à étudier avec passion les
œuvres de l’Antiquité grecque et romaine oubliées ou négligées au Moyen age. Au
Moyen Age, on s’intéressait surtout à Dieu et à l’au-delà. Les humanistes, qui
reprennent les idées de l’Antiquité, mettent l’homme au centre de leurs préoccupations.
Ils veulent qu’il entre dans une ère de progrès, de bonheur et de paix.
2/ La soif de connaissances
Les humanistes exercent leur curiosité dans tous les domaines. Le polonais Copernic
démontre que la Terre tourne autour du soleil ; le Flamand Vésale fait progresser la
connaissance du corps humain en pratiquant la dissection, longtemps interdite par
l’église ; l’Italien Léonard de Vinci, peintre réputé, dessine le corps humain ou des
machines de guerre… Les humanistes sont à l’origine de grandes œuvres littéraires.
Alors que les intellectuels du Moyen age s’exprimaient en latin, ils utilisent souvent la
langue de leur pays : Rabelais le français, Machiavel et Castiglione l’italien. Erasme de
Rotterdam est le plus célèbre de ces humanistes. Il correspond avec les grands
penseurs de son temps/ Dans l’Eloge de la folie, il critique les abus de l’Eglise.
3/ L’influence des humanistes
Les humanistes voyagent beaucoup et communiquent entre eux et avec les princes,
auxquels ils transmettent leurs idées et leurs connaissances. Grâce au
perfectionnement de l’imprimerie, leurs livres sont publiés à de nombreux exemplaires.
L’humanisme se répand, surtout en Italie du nord, dans les Pays-bas et dans la vallée
du rhin.
Gutemberg et l’imprimerie :
Au Moyen Age, les livres étaient recopiés à la main sur des parchemins, c’est-à-dire des
peaux d’animaux traités. Ils étaient rares et chers, réservés à un petit nombre de
personnes. Vers 1450, l’allemand Gutenberg (1397-1468) fabrique des caractères
mobiles en métal. Avec ces caractères, une presse, de l’encre et du papier, il imprime
les textes rapidement et en fait de nombreux tirages. Beaucoup moins cher, le livre
commence à se répandre dans les diverses couches de la société.
François Ier et Henri II
1/ Des rois puissants…
Les rois François Ier (1515-1547) et Henri II (1447-1559) s’entourent d’une cour
composée des conseillers, des membres de la famille royale, des grands seigneurs du
royaume. Elle suit le roi en menant une vie de plaisirs (chasse, tournois, bals, concerts,
théâtre). Jamais le roi de France n’a eu une telle autorité. L réunit toujours le Conseil
mais prend les grandes décisions en petit comité dans le Conseil des affaires ; il ne
convoque plus les Etats généraux et il n’accepte plus les remontrances du parlement de
Paris. Il continue aussi d’agrandir le domaine royal et il n’y a plus de grand seigneur
capable de lui résister. Enfin, grâce au concordat de 1516, il obtient du pape le droit de
nommer évêques et abbés, qui lui sont donc désormais soumis. François Ier renforce
l’unité du royaume en publiant l’ordonnance de Villers-Cotterêts : elle impose le français
dans tous les actes administratifs et oblige les curés à tenir un registre des baptêmes.
2/ … avec des ambitions extérieures
Comme les rois précédents, François Ier a des vues sur l’Italie : en 1515, il remporte la
victoire de Marignan et s’empare de la région de Milan. Il s’oppose ensuite au puissant
empereur Charles Quint dont la puissance représente un grave danger pur le royaume.
La guerre, entrecoupée de trêves, ne s’achève qu’en 1559 par la paix de CateauCambrésis : la France renonce au Milanais mais gagne Calais et les 3 villes de Metz,
Toul et Verdun. François Ier a aussi des ambitions coloniales. Il charge Jacques cartier
d’explorer le nord de l’Amérique et d’y trouver un passage direct vers les Indes. En
1534, Cartier atteint le Canada et prend possession des terres découvertes le long du
fleuve Saint-Laurent au nom du roi de France.
Vocabulaire :
Le Parlement de Paris : la cour qui reçoit les appels en justice, mais qui est aussi
chargée d’enregistrer les décisions royales. Elle peut refuser l’enregistrement ou
proposer des changements au roi (des remontrances).
Un concordat : un traité entre le pape et un roi sur les affaires religieuses.
Une ordonnance : une décision royale qui porte sur plusieurs sujets et qui concerne
tout le royaume.
Les « guerres de religion »
1/ Catholiques contre protestants
Le protestantisme est né et s’est développé en France durant le règne de François Ier et
Henri II. En 1559, les protestants, de foi calviniste, sont nombreux mais restent
minoritaires. Les guerres de religion commencent en 1562, sous le règne de Charles IX
(1560-1574). Elles opposent les protestants, qui veulent pratiquer librement leur religion,
et des catholiques qui veulent interdire le protestantisme. Après avoir longtemps hésité
entre les 2 partis, Charles IX, poussé par sa mère Catherine de Médicis, fait massacrer
les chefs protestants réunis à Paris lors de la Saint-Bathélémy en 1572. Les protestants
forment alors une Union calviniste, avec des troupes et un chef. Henri III (1574-1589), le
successeur de Charles IX, leur donne davantage de libertés, amis cela entraîne sa
perte : il est assassiné en 1589 par des membres de la Ligue catholique.
2/ Henri IV et l’édit de Nantes
Henri III meurt sans enfant et laisse la couronne à son parent le plus proche, le
protestant Henri de Navarre, qui prend le nom d’Henri IV (1589-1610). C’est le début de
la dynastie des Bourbons, la troisième dynastie capétienne. Henri IV comprend qu’il doit
se convertir pour se faire accepter de ses sujets catholiques. En 1593, il adopte la foi
catholique, puis se fait sacrer à Chartres. Il rallie ensuite à lui la plus grande partie de
ses sujets. Après de difficiles négociations avec les partis protestants et catholiques,
Henri IV promulgue l’édit de Nantes, en 1598 : cet édit rétablit partout la religion
catholique mais garantit aux protestants la liberté de conscience, la liberté de culte,
l’égalité devant la loi avec les catholiques. Les guerres s’achèvent et le roi rétablit son
autorité sur tous les Français.
Note: Document proposé par leeloo261 le 28/05/04.
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