
Parasitologie– dermatose des équidés – page 3/6
- Eosinophilie inconstante
L’examen histologique n’est souvent pas nécessaire. Le diagnostic est difficile à accepter par le
propriétaire. En effet, le pronostic est sérieux car la prophylaxie est difficile (presque impossible) à
appliquer sur le terrain. On traite avec des corticoïdes, des antihistaminiques et ça va mieux, mais
dès que le cheval ressort, il se refait piquer et ça repart… La solution parfois choisie par le
propriétaire est de vendre le cheval avant l’été! Et l’été suivant, on retrouve le même cheval avec un
proprio différent (conseil dans ce cas là : ne pas balancer car on perd alors le premier proprio, si on
dit rien, on garde les 2 clients!).
Le traitement consiste à prévenir les piqûres, désinfecter localement à la chlorhexidine pour
prévenir les surinfections, et administration de corticoïdes (0,5 à 1,5mg/kg) et antihistaminiques
(ATARAX 1 à1,5mg/kg). Si le cheval est en estive, on le traite matin et soir avec des
antihistaminiques, c’est difficile à mettre en œuvre mais ce n’est pas trop cher. Un conseil est de
rentrer les animaux entre 17h et 9h, ça limite beaucoup les piqûres.
Pour prévenir les piqûres, on a des insecticides : les pyréthrinoïdes donnent les meilleurs résultats
(comme pour la FCO) mais on ne connaît pas la posologie (DL50 ?)
Pour les bovins, elle s’administre en pour-on car ils ont la peau grasse et le film lipidique superficiel
est suffisant pour conserver le produit pendant 4-8 semaines d’efficacité. Mais pour les chevaux, ça
ne marche pas car ils n’ont pas la peau grasse (peu de sébum) : aucun insecticide ne tient bien sur
un cheval. On se pose donc encore la question des modalités d’application, il n’y a pas de produit
miracle (ou sinon mettez un filet sur le cheval ça marche bien).
Passons maintenant à la famille des simulidés :
Dermatite et otite à simulidés :
Il y a beaucoup de simulidés (au club hippique de l’école par exemple), surtout là où il y a de l’eau
courante (ruisseau) et pendant la belle saison (printemps, été). Ces affections sont assez fréquentes.
Leur salive est venimeuse et leur piqûre très douloureuse. On voit sur la photo un doigt piqué 24h
plus tôt, l’œdème est encore très important car la toxine modifie la perméabilité membranaire. On
observe aussi des papules, des hémorragies, des croûtes sanguinolentes, du prurit.
La reproduction des simulidés se fait dans l’eau courante, les nymphes vivent accrochées aux
végétaux et respirent par des filaments branchiaux. Au printemps, elles éclosent et s’il y en a
beaucoup qui éclosent en même temps au même endroit cela peut faire un véritable essaim de
simulidés. Ces simulidés, attirés par les couleurs sombres, vont se jeter sur les pauvres chevaux ou
bovins à proximité et piquer sur les régions à peau fine : oreilles, naseau, mamelle, aine, scrotum,
ars (sous les bras)… et peuvent les tuer. Exemple d’un troupeau de 24 bovins dans les Vosges,
entièrement décimé en une matinée !
Des lésions non douloureuses en forme de tache de bougie (blanc) peuvent persister toute la vie de
l’animal.
On peut retrouver des simulies coincés dans les poils au fond d’une oreille.
Traitement : limiter les effets (prurit, surinfections) et éviter les piqûres donc lutter contre les
simulidés. Mais la lutte dans l’eau (contre les larves) est impossible (deux tonnes d’insecticides
dans le Touch c’est impossible). On peut utiliser les lampes à UV qui attirent et grillent les insectes,
mais les simulidés peuvent passer à travers les grilles et éviter la grillade. On peut protéger les
oreilles du cheval avec des filets, on peut mettre du Butox® ou de l’huile de cade sur les poils de la
crinière et la queue pour qu’il chasse les simulies avec.
Maintenant, les diptères brachycères : ils ressemblent à des mouches.
Ils ont des antennes constituées de 3 articles avec une soie sur le dernier appelée arista, un corps
trapu et leurs larves sont vermiformes.