
compétence mathématique en additionnant gaiement et le plus pompeusement du monde
des pommes et des oranges et des bananes, comme des ânes bâtés en titre nécessaires au
régime dont ils sont fiers d’appartenir. Leur science économique est un mirage
hallucinatoire.
La critique marxiste présentée ici se veut l’aboutissement définitif de la maladroite
tentative de critique interne tentée par Sraffa et quelques autres. On se reportera en
particulier à l’article de Piero Sraffa de 1926 intitulé «The Laws of Returns under
Competitive Conditions, The Economic Journal, XXXVI, 1926, pp. 535-550
http://homepage.newschool.edu/het//texts/sraffa/sraffa26.htm . Leur échec était dû à leur
incapacité idéologique de proposer une critique marxiste, bien que leurs hypothèses
principales fussent axées sur une certaine connaissance de l’œuvre de Marx, ne serait-ce
qu’à travers Gramsci, du moins pour Sraffa. Nous assistons ici à une occultation
universitaire typique. Mais celle des soi-disant néo-ricardiens n’est rien à côté de
l’impérialisme philosémite nietzschéen exercé par les marginalistes qui prétendent
occuper seuls le rayon de la science économique, malgré leur incapacité auto-infligée à
penser et à additionner droit.
Dans les années 60 et 70 nous eûmes droit à une fameuse controverse entre Cambridge
USA (Samuelson et Solow par pauvres étudiants interposés) et Cambridge UK (Sraffa et
Joan Robinson) portant justement sur la fonction de production. Du côté anglais, les
arguments reposaient surtout sur les articles des années 20 de Sraffa. Sans être définitifs
ils portaient un coup sévère au paradigme marginaliste. Grâce à la tutelle des Prix Nobel
mentionnée plus haut, ceci n’eût aucun effet scientifique : au contraire, on évacua les
critiques en les ignorant royalement, y compris dans le choix des thèses et la sélection des
professeurs. Selon la tactique usuelle, de sévères censeurs institutionnels avaient barré la
route vers la science! Par mesure défensive, en particulier en Grande-Bretagne et en
Europe, on créa une sorte de tendance néo-ricardienne sans lien réel avec Sraffa ou
Robinson (qui pour leur part avaient tout de même un peu lu Marx). Cette tendance un
moment encouragée par la bourgeoisie comme voie de garage, ouverte en sous-main aux
marxistes universitaires, se livra à un charabia à flux constant. En Italie, par exemple,
cette tendance servit à faire passer le soi-disant Pacte social de 1992, une attaque
réactionnaire sans précèdent contre les conquêtes de la classe ouvrière (en particulier la
fin de la "scala mobile" c'est-à-dire de l'indexation des salaires), le tout en justifiant
également le sabordage interne du PCI, le parti marxiste de Gramsci à qui Sraffa devait sa
compréhension critique et ses connaissances de Marx. Je vous ferais l’économie ici d’un
âne plagiaire renversant comme Bellofiore, accoquiné à un autre âne patenté quoique non
universitaire, le pitre Bertinotti. Ils seraient tragiquement risibles dans leurs prétentions
au travail à « rebours » et à la « déconstruction » … s’ils ne causaient tant de dégâts, le
premier à ses étudiant-e-s et l’autre à la gauche italienne, le tout sur fonds publics.
Tout ceci est scandaleux. Ce qui est en cause c'est le choix entre l’obscurantisme et la
science. Car, si l’université ne peut pas être entièrement extirpée de la domination de
classe, son devoir premier reste la recherche scientifique. Or, les philosémites
nietzschéens qui dominent la supposée science économique ont fini par supprimer toute
expression académique incompatible avec leur propre charabia. On me permettra de