
4
àrêver d’un océan d’eau liquide recouvert par une couche épaisse. Quinze ans plus tard, la
sonde Galileo confirmera avec une certitude élevée ce que certains avaient osé imaginer à la
veille des années 80. Io est tout aussi surprenant avec la découverte d’une surface dépourvue de
cratères et recouvertes de certaines taches qui laissent échapper des jets de gaz et de matière. Io
est le second astre volcanique après la Terre. Voyager 2 suivra quatre mois plus tard à 645 000 km
de distance de la planète.
Le billard cosmique continue avec le survol de
Saturne par Voyager 1 en novembre 1980 (124
000 km de distance de la planète) et Voyager
2en août 1981 (101 000 km de distance de la
planète). Tout comme pour Jupiter, la surprise
viendra non pas de la planète elle-même mais
essentiellement de ses lunes. Les scientifiques
découvrent Titan, un satellite naturel recouvert
d’une épaisse couche atmosphérique plus
dense que celle qui enveloppe la Terre. C’est
la première fois que l’on découvre une lune
recouverte d’une atmosphère. Japet a aussi
laissé les scientifiques pantois. L’une de ses
faces est d’une couleur très foncée alors que
la face opposée est d’un blanc quasi
immaculé. Du côté de Saturne, les anneaux
tiennent la vedette. Longtemps, on a pensé
qu’ils étaient relativement larges en raison de
l’image diffuse qu’on peut en avoir depuis la Terre. Mais les images fournies par Voyager
montreront le contraire. Les anneaux que l’on voit depuis la Terre sont composés d’un nombre
incalculable d’anneaux très fins. Saturne était la dernière planète visitée par Voyager 1. Le
rebond gravitationnel qu’elle a subi en survolant Saturne l’a conduit sur une route qui la mène en
dehors du système solaire.
Alors que Voyager 1 fonce vers les limites du
système solaire, Voyager 2 continue son petit
bonhomme de chemin. Le 24 janvier 1986,
Voyager 2 survole Uranus à 71 000 km de
distance. Si jusqu’ici, les responsables de la
mission ont été émerveillés par les découvertes
faites autour de Jupiter et Saturne, Uranus
déçoit. La planète est recouverte d’une
épaisse couche de brouillard qui ne laisse
entrevoir aucune structure dans l’atmosphère.
Ils se consoleront avec l’observation de
certaines lunes comme Miranda qui semble
s’être construites à partir de gros blocs. Les
spécialistes pensent qu’à une époque, un
astéroïde serait entré en collision avec
Miranda, la cassant en plusieurs gros blocs.
L’attraction a permis de « relier » à nouveau
ces blocs, offrant des reliefs particulièrement
vertigineux pour un astre aussi petit. Ce survol
quelque peu décevant pour la Nasa a été
toutefois un lot de consolation après l’accident
de la navette Challenger survenu quelques jours plus tard.
Après la déception vécue pendant le survol d’Uranus, les planétologues espéraient renouer avec
les heures passionnantes du début des années 80. Avec Neptune, ils n’ont pas été déçus. En
s’approchant de sa dernière cible en août 1989 (1 300 km), Voyager 2 a commencé à envoyer des
images de la dernière géante gazeuse. Les premiers clichés montraient l’existence de système
cyclonique à l’instar de la Grande Tache Rouge de Jupiter. Deux taches très sombres entourées
de nuages blancs parcourent l’atmosphère bleuie par le méthane. Tout comme pour les
Saturne et quelques-unes de ses lunes – Photo
La verte planète Uranus – Photo Nasa