Le 20 octobre 2014
Présentation du programme
La demande d'équipements et de captures du CNRS et de Naturaconst@ est relative à la mise en
œuvre d'un programme de recherche sur la pression de chasse et l’évaluation de l’efficacité des zones
de non chasse sur la réserve.
Ce programme doit permettre de répondre à la demande du CNPN qui est de dresser un bilan de
l'efficacité des zones de non chasse d'ici 3 ans.
La Fédération départementale des chasseurs de Seine-Maritime, la Maison de l'estuaire et la DREAL
ont décidé de collaborer pour répondre conjointement à cette question.
Le CNRS et Naturaconst@ ont proposé un programme de recherche intitulé : « Programme de
recherche sur l'écologie fonctionnelle de l'avifaune au sein de la réserve naturelle nationale de
l'estuaire de la Seine : évaluation des effets de la pression de chasse et des zones de non chasse
selon une approche comparative et pluridisciplinaire intégrant la distribution spatiale, l'écophysiologie et
l'éco-éthologie 2014-2017 » (Programme AVIPER).
Ce programme repose sur 4 approches, déclinées en 7 volets. Ces approches sont :
–l'écologie spatiale via le suivi de certains individus par GPS,
–le suivi comportemental,
–la balance énergétique et la mesure des métabolites plasmatiques sur oiseaux capturés
vivants,
–l’évaluation de la surcharge allostatique via la réponse au stress physiologique.
Ce programme se déroulera de façon comparative entre les zones de chasse et de non chasse de la
réserve et le site de la cabane de Moins à Breuil Magné, situé sur la même voie migratoire.
Les sept volets de l'étude consisteront à étudier et analyser les facteurs abiotiques, les disponibilités
alimentaires en graines et invertébrés sur les différentes zones, l'évolution démographique des
populations hivernantes et nicheuses, les comportements et la répartition des oiseaux, leurs états
physiologiques et leurs conditions corporelles, le rôle des prédateurs dans cette répartition et la
pression de chasse.
Ce programme implique la pose de caméras thermiques ainsi que la capture temporaire d'oiseaux
chassables et non chassables dont une espèce protégée, le Tadorne de belon. Ces captures auront
pour objectif la pose de modules GPS pour certains individus, et pour d'autres, le prélèvement
d'échantillons sanguins. Les nombres d'individus s'entendent en termes de nombre maximum
d'individus équipés par espèce et par an pour la pose de modules GPS (20 maximum) et de nombre
d'individus capturés par espèce et par an pour les prélèvements sanguins (soit deux prélèvements par
individu, sur 20 individus maximum).
Le CSRPN de Haute-Normandie a rendu un avis favorable sur la demande de dérogation de capture
pour le Tadorne de belon, le 15 octobre dernier.
Avis du conseil
Le conseil tient à souligner que la demande du CNPN de dresser un bilan de l'efficacité des zones de
non chasse n'est pas réalisable dans le délai imparti de trois ans, selon les données à disposition et
en l'absence d'un état zéro des zones de non chasse. En revanche, l'étude des fonctionnalités des
zones de non chasse pourrait être envisagée sur ce pas de temps, ce qui permettrait d'évaluer la
pertinence du zonage retenu. Si cette orientation est prise, il sera nécessaire d'étudier à la fois, les
zones de non chasse et le zonage proposé par le conseil, au même niveau, pour obtenir des éléments
pertinents.
Concernant le titre proposé pour le programme, il s'agit d'une étude comparative de l'écologie
fonctionnelle des zones de non chasse et de chasse sur la réserve plutôt que d'un programme de
recherche, au vu du pas de temps analysé.
Concernant les objectifs de l'étude, ceux-ci paraissent confus entre l’évaluation de la pression de
chasse et la demande du CNPN. Le premier objectif ne semble atteignable que si l'on dispose des
bilans par zone et d'un bilan des prélèvements sur une période plus longue, de 10 ans par exemple. Il
est rappelé que la question de la pression de chasse a été posée suite à la demande de la commission