le cri de l’escargot / les garçons perdus
Ma famille
Texte de Carlos Liscano
Mise en scène de Fabianny Deschamps
Avec le soutien du ministère de la culture et de la communication ( CNC/
DICREAM), de la compagnie de théâtre lyrique et musical (ARCAL/ Paris) du
Plateau 31 ( Gentilly)/ La girandole ( Montreuil) / Gare au théâtre ( Vitry)
Contact :
Fabianny Deschamps
06-22-38-13-90
01-43-27-10-85
Mail : lecridelescarg[email protected]
Site internet : http://www.lecridelescargot.fr
Compagnie le cri de l’escargot
Domiciliée : Chez Mme Buchanan / 38, rue du Texel 75014 PARIS
N° SIRET : 498 872 639 00014
CODE APE : 9001 Z
N° LICENCE : 2-1010408
Ma famille – Résumé du projet
Dans ce pays là, on vend les enfants. On en vend un quand on a du mal à finir le mois ou
quand il faut un nouveau frigidaire. On les rachète parfois aussi, par exemple pour faire une
fête de famille.
Le narrateur raconte son parcours, du petit garçon que ses parents ne mettaient pas sur le
marché parce qu’il n’était pas beau, à l’homme qu’il est devenu et qui tout naturellement
s’est mis à vendre son père.
Ma famille de Carlos Liscano est un projet théâtral pluridisciplinaire mêlant création
numérique, danse contemporaine et performance. Il s’agit de la troisième création de la
Compagnie le cri de l’escargot. Inspirés par des univers aussi disparates que les travaux de
Tadeusz Kantor, Ilka Schönbein , Robyn Orlin, Jan Lauwers ou encore Jan Fabre la
compagnie veut défendre un théâtre éminemment visuel et performatif.
Ma famille – Extraits
Une actrice et trois acteurs interprètent les multiples voix et les différents personnages. Ils sont
habillés de la même façon et se définiront suivant les exigences du texte.
Acteur un- Mon père, on l’a vendu quand il avait cinq ans.
Actrice- D’après ce qu’il racontait ce fut un hasard.
Acteur deux- Ma grand mère pensait qu’avant l’arrivée de l’hiver elle devrait vendre un ou deux
enfants, mais elle n’avait encore rien décidé.
Acteur trois- Si la récolte était mauvaise elle en vendait deux, si elle était bonne elle en vendait un
et elle gardait l’autre pour l’année suivante.
Actrice- Tous les enfants savaient que l’un d’entre eux allait être emmené au marché à l’automne
mais celui qui allait devenir mon re n’était pas au courant. C’est alors qu’une nuit avec ma tante
Elida, qui devait avoir six ans, ils se levèrent affamés et en essayant de trouver quelque chose à
manger ils renversèrent la jarre de lait.
Acteur deux- Ma grand-mère se réveilla et elle n’eut plus l’ombre d’une hésitation. Au lever du jour
elle était au marché avec les deux enfants s’évitant ainsi la peine de continuer à faire des calculs
jusqu’à la fin de l’automne.
Acteur un- Mon père, elle le livra pour presque rien parce qu’elle le considérait comme le
responsable du désastre du lait, bien qu’il le niât jusqu’au bout.
Acteur trois- Que l’histoire du lait fut vraie ou non, il semble que mon père n’ait pas éun enfant
modèle. Celui qui l’acheta le revendit la même semaine, le second acheteur le revendit le jour
même et ainsi la chaine continua
Carlos Liscano, l’auteur
Ecrivain uruguayen, il est né en 1949 à Montevideo.
En raison de ses activités politiques, il est arrêté par le régime militaire le 27 mai 1972 à Montevideo,
alors qu'il n'a que 23 ans. Immédiatement emprisonné, il ne sera libéré qu'à la fin de la dictature, le
14 mars 1985. Torturé comme des milliers d'autres victimes de la dictature uruguayenne, Carlos
Liscano vit un enfer. Pourtant, c'est durant ces treize années de détention qu'il devient écrivain. Il
s'interroge sur sa vie et l'absurdité qui s'en dégage et réalise que l'isolement crée une relation
particulière aux mots, lesquels deviendront désormais ses compagnons de cellule.
A sa sortie de prison, âgé de 35 ans, il s'exile en Suède il réside jusqu'en 1996. Il apprend la
langue, devient traducteur, journaliste, enseignant et écrivain. Ses premiers textes sont publiés : le
récit El metodo y otros juguetes carcelarios ( 1987 ), le recueil de poésies Estara no mas cargada de
futuro ? ( 1989 ), les romans La mansion del tirano ( 1992 ) et Memoria de la guerra reciente (1993).
Acclamé par la critique, l'écrivain est souvent comparé à Céline, dont il revendique l'influence. En
1996, il retourne dans son Uruguay natal qu'il aime tant mais qui l'a tant fait souffrir. Partageant son
existence entre Montevideo et Barcelone, l'auteur a publié La Route d'Ithaque ( 1994 ) traduit en
français aux éditions Belfond, et Le Fourgon des fous ( 2002 ), récit autobiographique de ses années
de détention, de l'horreur des tortures à la liberté retrouvée. Avec cette dernière surgit l'impossibilité
d'écrire, dont Carlos Liscano tire le sujet de L' Ecrivain et l'autre (2010) : celui d'un roman qu'il ne
parvient pas à composer...
Ma famille a épublié pour la première fois en France en 1998 aux éditions théâtrales in Cinq
pièces d’Amérique Latine.
Répétition de ma famille au plateau 31, mai 2011
Intentions de mise en scène
La famille est une entreprise.
Ma famille est une entreprise, une entreprise qui tente de nous sensibiliser à l’émotion, à la valeur
de l’affect en passant par les couleurs du conte et de l’effroi . C’est la première chose qui m’a
frappée dans l’entreprise de Carlos Liscano. Alors comme toute entreprise, elle calque son modèle
de fonctionnement sur ceux de nos grands régimes maladifs, mêlant les dérives du néolibéralisme
au spectre d’un communisme dictatorial l’égalitarisme poussé à l’extrême confère aux êtres, une
interchangeabilité totale.
De ses deux courants, l’être ne peut sortir vainqueur et véritablement humain que dans la réification
la plus totale. Ici, l’homme est une valeur marchande comme une autre. L’homme, d’ailleurs, peut
tout aussi bien être une femme, une re, un chat, un vieux, un enfant . Le genre lui est bien égal
tant qu’il reste sous l’égide de la maison et de l’économie de marché.
La maison est le centre de production, l’homme sa monnaie vivante. La première chose que j’ai
ressenti en découvrant ce texte, c’est qu’avec Ma famille, un ultime tabou venait de tomber. En effet,
si la psychanalyse ou des philosophes tels que Deleuze et Guattari ont décrit depuis longtemps le
lien libidinal qui existait entre l’homme et son rapport à l’argent, en quoi l’homme moderne était une
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