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Le paludisme est une endémie parasitaire majeure provoquée par le
développement dans les hématies des hématozoaires du genre plasmodium (P)
transmis par la piqûre d’un moustique femelle : l’anophèle qui se trouve lui-
même porteur du parasite. Quatre espèces plasmodiales sont pathogènes pour
l’homme: P. falciparum, le plus répandu et le plus dangereux, P. vivax, P.
ovale, et P. malariae.
L’association paludisme et grossesse demeure un problème majeur de santé
publique avec des conséquences néfastes, tant sur la mère (anémie, accès
pernicieux, avortement) que sur le fœtus (faible poids de naissance, paludisme
congénital) surtout chez les primipares. Cette ampleur du problème est attestée
entre autre par les chiffres annoncés par l‘organisation mondiale de la santé
(OMS), il y aurait environ, chaque année, 25 millions de femmes enceintes et
soumises au risque de paludisme, dont 25 % ont un placenta infesté par les
Plasmodium au moment de l’accouchement. En Afrique, entre 75 000 et 200 000
enfants naissent de femmes atteintes de paludisme, avec un faible poids de
naissance, la mortalité à la naissance des enfants de mères paludéennes est
estimée à 100 000 par an [1,2].
Les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables, car la grossesse
réduit l’immunité de la femme et donc rend beaucoup plus susceptible à
l’infection palustre, voir même aggraver les manifestations du paludisme en
raison de l’état d’immunodépression relative.
Connaissant que le paludisme autochtone a été éliminé du Maroc depuis
2005, le Maroc reste un pays d’accueil pour des voyageurs venant des pays
d’endémies palustres (étudiants, touristes, malades, migrants clandestins…),
parmi ces voyageurs, il peut y avoir des femmes enceintes infectées, d’où
l’intérêt de connaître la gravité du paludisme sur la grossesse, les antipaludiques