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Synthèse Anatomie tête et cou (Lechien) 2026 27

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Julien Chapelain
2026-27
Médecine BAC3
Anatomie humaine y compris
l'imagerie médicale III (tête et cou)
Jérôme R. LECHIEN - Professeurs en ORL - Chirurgie Cervico-faciale Département de
Chirurgie, UMONS
Synthèse issue de Alice Sabot (2022-23) remise à jour (2026-27), de l’atlas d’anatomie de
Netter et du livre « Human Anatomy Color Atlas and Textbook »
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Chapitre 1 : Le larynx
A. Morphologie externe du larynx
Le larynx est un organe cartilagineux composé de différents cartilages soit fixes, soit mobiles. Ses
principales fonctions sont :
✓ Respiration : l’air passe dans le larynx avant de passer au niveau de la trachée, jusque dans
les bronches puis dans les poumons où les échanges alvéolaires s’opèrent.
✓ Phonation : le larynx permet l’émission de sons au départ d’un passage d’air entre les cordes
vocales.
✓ Déglutition : lors de la déglutition, le larynx se ferme complètement grâce à un cartilage, ce
qui permet aux aliments d’être dirigés vers le système digestif et non vers les bronches (=
fausse déglutition).
La pomme d’Adam est facilement palpable : elle correspond à la partie proéminente du cartilage
thyroïde. Elle monte et descend à chaque déglutition, et est située juste sous la peau. Au niveau des
rapports anatomiques, le larynx se situe en avant de l’œsophage.
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Le larynx est un conduit fibro-musculo-cartilagineux situé en regard de C3 à C6, formé de cartilages
fixes (thyroïde, cricoïde) et mobiles (aryténoïdes, épiglotte) reliés entre eux par des membranes.
1. Cartilage thyroïde :
Le cartilage thyroïde a une forme de V ouvert vers l’arrière. Il possède ce qu’on appelle l’incisure
thyroïdienne supérieure, une dépression dans le bord supérieur et antérieur du cartilage. Cette forme
particulière lui permet de protéger les cordes vocales qui sont situées en arrière et en-dedans (on parle
de « bouclier thyroïdien »). La pointe du cartilage thyroïde est palpable au niveau de la peau (=
pomme d’Adam ou proéminence laryngée). Il possède deux paires de cornes : les cornes
supérieures crânialement et les cornes inférieures caudalement. Ces cornes lui permettent de
s’articuler avec d’autres structures : les cornes supérieures s’articulent avec l’os hyoïde. Les cornes
inférieurs s’articulent avec le cartilage cricoïde. La cartilage thyroïde est relié aux structures au-dessus
et en-dessous par différentes membranes : la membrane thyro-hyoïdienne qui est la membrane
supérieure, qui relie le cartilage thyroïde à l’os hyoïde et la membrane thyro-cricoïdienne qui est la
membrane inférieure, qui relie le cartilage thyroïde au cartilage cricoïde.
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2. Cartilage cricoïde (de cricos = chevalière) :
Le cartilage cricoïde a une forme de bague, arrondie, avec une épaisseur moindre à l’avant par rapport
à l’arrière. La hauteur du bord postérieur (3-4 cm) est 3 fois plus grande que celle du bord antérieur
(1,5 cm). C’est sur le bord postérosupérieur du cricoïde que reposent les deux cartilages
aryténoïdes, qui permettent les mouvements des cordes vocales et interviennent aussi dans la
déglutition.
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3. Cartilage épiglottique :
Le cartilage épiglottique intervient dans le soutien du larynx et a
une importance fondamentale lors de la déglutition. L’épiglotte
bascule vers le bas lors de la déglutition, ce qui ferme le larynx et
empêche les aliments de se diriger vers les voies respiratoires. Le
mécanisme de fermeture n’est pas uniquement dû à l’épiglotte, il
met aussi en jeu un mécanisme de contraction des muscles
intrinsèques du larynx. Il s’articule avec différentes structures :
✓ Ligament thyroépiglottique : relie la face postérieure du cartilage thyroïde avec la tige du
cartilage épiglottique (= pétiole), à hauteur de la commissure antérieure qui correspond à
l’endroit où les deux cordes vocales se réunissent.
✓ Ligament hyo-épiglottique : relie le cartilage épiglottique et l’os hyoïde.
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Note : La loge hyo-thyro-épiglottique, espace graisseux situé en avant de l'épiglotte, est une voie
d'extension fréquente des cancers supraglottiques.
4. Cartilages aryténoïdes :
Les cartilages aryténoïdes sont au nombre de deux. Ils reposent sur les bords postérolatéraux du
cartilages cricoïde, et s’articulent avec celui-ci grâce aux articulations crico-aryténoïdiennes. Les
cartilages aryténoïdes possèdent deux
prolongements :
✓ Processus vocal (vers l’avant) : site
d’insertion des cordes vocales.
✓ Processus musculaire (vers
l’arrière) : site d’insertion de divers
muscles intrinsèques du larynx.
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Schéma du larynx externe résumé à connaitre sur le bout des doigts :
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B. Le larynx : Morphologie interne du larynx
Au niveau de la configuration interne, on divise le larynx en trois parties :
✓ Plan glottique : plan des cordes vocales (ligament et muscle vocal), postérieurement par
rapport au cartilage thyroïde. La région où les cordes vocales se touchent antérieurement est la
commissure antérieure, et celle où elles se touchent postérieurement est la commissure
postérieure.
✓ Plan sus-glottique : comprend l’épiglotte et les cartilages aryténoïdes qui sont reliés par un
repli muqueux, la repli aryépiglottique. Au-dessus des cordes vocales, on retrouve les bandes
ventriculaires, aussi appelées fausses cordes vocales. Entre les cordes vocales et les bandes
ventriculaires, la muqueuse forme un pli, qu’on appelle le ventricule laryngé ou ventricule de
Morgani.
✓ Plan sous-glottique : en-dessous des cordes vocales (aucun relief particulier).
Note : Chez un patient tabagique, une laryngocèle doit faire rechercher un cancer sous-jacent
(notamment du ventricule, qui peut obstruer le saccule). Le carrefour des trois replis (aryépiglottique, pharyngo-épiglottique et glosso-épiglottique latéral) et la face supérieure des cordes
vocales sont des sièges fréquents de tumeurs, car la salive chargée d'alcool et de produits du tabac y
stagne, prolongeant le contact des carcinogènes avec la muqueuse.
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o Aspect laryngoscopique du larynx :
Bien savoir identifier : le repli aryépiglottique, l’épiglotte, les cordes vocales, le carrefour des 3 replis,
amygdales linguales, fausses cordes (replis ventriculaires), tubercules cunéiformes et corniculé.
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Notes : L'espace de Reinke est une couche de tissu conjonctif lâche, d'aspect gélatineux, située sous
l'épithélium des cordes vocales. Il permet à la muqueuse de glisser et d'onduler librement au-dessus du
ligament et du muscle vocal, plus rigides, ce qui assure une voix de bonne qualité. Son infiltration
(œdème de Reinke) entraîne une dysphonie. L'œdème de Reinke concerne l'adulte, surtout le gros
fumeur et en cas de forçage vocal. Il donne une voix rauque et grave, d'installation progressive, sans
urgence vitale.
L'épiglottite de l'enfant est une infection (classiquement à Haemophilus influenzae b, devenue rare
grâce à la vaccination) qui touche l'épiglotte. C'est une urgence vitale : dyspnée, hypersalivation,
enfant assis penché en avant, ATTENTION : on ne l'allonge pas et on n'examine pas la gorge à
l'abaisse-langue, au risque de provoquer un arrêt respiratoire.
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C. Le larynx : Muscles extrinsèques du larynx
Les cordes vocales adoptent différentes positions selon les circonstances :
✓ Phonation : elles se ferment en une petite fente glottique qui permet le flux aérien, qui les fait
vibrer.
✓ Respiration : elles sont ouverte en position paramédiane.
✓ Déglutition : elles sont complètement fermées.
Les muscles extrinsèques du larynx s’insèrent sur sa partie externe. La majorité sont reliés à l’os
hyoïde, qui est lui-même relié aux cartilages du larynx (via la membrane thyro-hyoïdienne). Ils vont
servir à faire bouger le larynx vers le haut ou vers le bas, il y a donc deux groupes de muscles :
élévateur et abaisseurs du larynx.
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1. Muscles élévateurs du larynx : La région sous-hyoïdienne
✓ Stylo-hyoidien
Le muscle stylo-hyoïdien s’insère supérieurement au niveau du processus styloïde de l’os temporal, et
inférieurement sur le corps de l’os hyoïde. Sa contraction relève l’os hyoïde et permet dons l’élévation
du larynx. Il est innervé par une branche du nerf VII.
✓ Digastrique
Le muscle digastrique présente deux chefs : le ventre antérieur et le ventre postérieur. Les deux ventres
sont reliés par un tendon qui passe dans une sangle insérée sur l’os hyoïde. C’est comme un système
de poulie. Par l’intermédiaire de ce système, la contraction du muscle provoque l’ascension de l’os
hyoïde, et donc du larynx.
•
Ventre postérieur : insertion sur le processus mastoïde de l’os temporal.
•
Ventre antérieur : insertion sur le bord inférieur de la mandibule, au niveau de la fosse
digastrique (en position paramédiane)
✓ Mylo-hyoidien
Il s’agit du muscle du plancher de la bouche. Crânialement, il s’insère sur la face interne de la
mandibule, au niveau de la ligne mylohyoïdienne. Inférieurement, il s’insère sur le corps de l’os
hyoïde. Sa contraction provoque l’ascension du larynx
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✓ Genio-hyoidien
Le muscle génio-hyoïdien s’insère crânialement sur la face interne de la mandibule, au niveau de
l’épine mentonnière inférieure, ou apophyse génie. Inférieurement, il se termine sur le corps de l’os
hyoïde. Il élève l’os hyoïde et donc le larynx.
✓ Thyro-hyoidien
L’insertion supérieure du muscle thyro-hyoïdien se fait sur le corps et la grande corne de l’os hyoïde.
Inférieurement, il vient s’insérer sur la face antérosupérieure du cartilage thyroïde (sur la ligne
oblique). Il relève le cartilage thyroïde à chaque déglutition.
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2. Muscles abaisseurs du larynx : La région sous-hyoïdienne :
✓ Sterno-Hyoidien
Muscle sterno-hyoïdien Les muscle sternohyoïdiens sont plus superficiels que les
autres muscles sous-hyoïdiens. Ils sont
insérés supérieurement sur le corps de l’os
hyoïde, et inférieurement sur la face
interne du sternum (au niveau du
manubrium). Avec les muscles thyrohyoïdiens, ils décrivent un losange par
lequel on passe pour faire les
trachéotomies classiques.
✓ Sterno-thyroidien
Ils sont plus en profondeur, sous les sternohyoïdiens. Ils s’insèrent inférieurement sur
la face interne du manubrium sternal, et
supérieurement sur la face antérieure du
cartilage thyroïde.
✓ Omo-hyoidien
Le muscle omo-hyoïdien est composé de deux chefs séparés par un tendon (comme le digastrique). Il
se dirige latéralement, et relie le corps de l’os hyoïde au bord supérieur de la scapula (au niveau de
l’incisure scapulaire). Il tire le larynx vers le bas et latéralement.
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Muscle
Insertions
Action
Innervation
Stylo-hyoïdien
Haut : processus styloïde de l’os
temporal
Élévateur,
notamment pendant
la déglutition
N. facial (VII)
Élévateur : grâce au
système de poulie, sa
contraction fait
monter l’os hyoïde,
donc le larynx
Ventre antérieur : n.
mylo-hyoïdien (branche
du V3)
Élévateur
N. mylo-hyoïdien
(branche du V3, nerf
mandibulaire)
Élévateur
Anse de l’hypoglosse
Anse de l’hypoglosse
Bas : lame quadrilatère du cartilage
thyroïde (ligne oblique)
Élévateur : relève le
thyroïde vers l’os
hyoïde à chaque
déglutition
Muscle
Insertions
Action
Innervation
Sterno-hyoïdien
(le plus
superficiel)
Bas : face crânio-interne du manubrium
sternal
Abaisseur
Anse de l’hypoglosse
Abaisseur
Anse de l’hypoglosse
Bas : corps de l’os hyoïde, au contact du
tendon du digastrique
Digastrique
Ventre postérieur : processus mastoïde
de l’os temporal
Ventre antérieur : bord inférieur de la
mandibule, dans la fosse digastrique
(position paramédiane)
Ventre postérieur : n.
facial (VII)
Les deux ventres sont reliés par un
tendon qui passe dans une poulie
(sangle) sur la face supérieure de l’os
hyoïde, entre le corps et les grandes
cornes
Mylo-hyoïdien
(muscle du
plancher de la
bouche)
Haut : face interne de la mandibule, sur
la ligne mylo-hyoïdienne
Génio-hyoïdien
Haut : épine mentonnière inférieure de la
mandibule (apophyse géni)
Bas : corps de l’os hyoïde
Bas : corps de l’os hyoïde
Thyro-hyoïdien
Haut : corps et grande corne de l’os
hyoïde
Haut : corps de l’os hyoïde
Trajet oblique en haut et en dedans, en
éventail
Sternothyroïdien (plus
profond, sous le
sterno-hyoïdien)
Bas : face interne du manubrium sternal
Haut : face antérieure des lames
quadrilatères du thyroïde
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Muscle
Insertions
Action
Innervation
Omo-hyoïdien
Deux ventres reliés par un tendon qui
passe dans une poulie sur la face crâniomédiale de la clavicule
Abaisseur : tire le
larynx vers le bas et
en dehors
Anse de l’hypoglosse
Bas : bord supérieur de la scapula, près
de l’incisure scapulaire
Haut : corps de l’os hyoïde
N.B. Le losange de la trachéotomie
Les muscles sterno-hyoïdiens et sterno-thyroïdiens délimitent le losange de la trachéotomie : lors d’une
trachéotomie classique, il faut les écarter ou les couper.
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Exercice : associer les numéros sur les figures ci-dessous aux muscles discutés
précédemment :
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D. Le larynx : Muscles intrinsèques du larynx
La position des cordes vocales est régie par un jeu très fin de contraction et de relâchement de
différents muscles composant le larynx : les muscles intrinsèques. Parmi les muscles
intrinsèques, on distingue :
✓ Muscles adducteurs à ferment la glotte.
✓ Muscles abducteurs à ouvrent la glotte
✓ Muscles tenseurs
✓ Muscles relâchant
1. Muscles adducteurs du larynx (fermeture du larynx) :
✓ Muscle crico-aryténoïdien latéral
Il s’agit du muscle le plus puissant du larynx. Il s’insère crânialement sur le processus musculaire du
cartilage aryténoïde homolatéral, et inférieurement sur le bord supérieur de la partie latérale du
cartilage cricoïde. En se contractant, il tire les processus musculaires vers l’extérieur, et les processus
vocaux se rapprochent.
✓ Muscle aryténoïdien transverse/oblique
Ce muscle est tendu entre les deux cartilages aryténoïdes, inséré sur leur face postérieure. Lors de la
contraction, les deux aryténoïdes se rapprochent, ce qui ferme les cordes vocales.
2. Muscles abducteurs du larynx (ouverture du larynx) :
✓ Muscle crico-aryténoïdien postérieur
Ce muscle est crucial pour la respiration. En cas de paralysie, les deux cordes vocales restent fermées,
provoquant une dyspnée permanente nécessitant souvent une trachéotomie. Le muscle crico-
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aryténoïdien postérieur s’insère sur la face antérieure du processus musculaire du cartilage aryténoïde,
ainsi que sur la face postérieure du cricoïde. En se contractant, il tire le processus musculaire vers
l’arrière, ce qui ouvre la glotte et met les cordes vocales en abduction.
3. Muscles tenseurs des cordes vocales :
✓ Muscle crico-thyroïdien
Le crico-thyroïdien s’insère sur la partie antérieure et latérale du cartilage cricoïde, ainsi que sur le
bord inférieur du cartilage thyroïde. Son rôle est de faire bascules le cartilage thyroïde vers l’avant, et
de tendre les cordes vocales. Cela a une importance dans le chant et les sons aigus. Ce muscle est le
seul muscle intrinsèque du larynx qui n’est pas innervé par le nerf laryngé récurrent, il est innervé
par le nerf laryngé supérieur, issu du nerf vague également.
4. Muscles relâcheurs des cordes vocales :
✓ Muscle thyro-aryténoïdien
Ce muscle est le « muscle de la corde vocal ». Il est composé de deux faisceaux : " Un faisceau
supérieur s’insérant sur la face antérolatérale du cartilage aryténoïde et sur la face interne du cartilage
thyroïde " Un faisceau inférieur s’insérant sur le processus vocal du cartilage aryténoïde et sur la face
interne du cartilage thyroïde (au niveau du V thyroïdien)
Le rôle de ce muscle est de relâcher la tension dans les cordes vocales en tirant les aryténoïdes vers
l’avant. La tonalité et les modulations de la voix sont un mélange des effets du muscle crico-thyroïdien
et du muscle thyro-aryténoïdien (tenseur et relâcheur).
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Exercice : associer les numéros sur les figures ci-dessous aux muscles discutés
précédemment :
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Muscle
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Insertions
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Action
Innervation
Tire le processus musculaire
vers l’arrière → ouvre la glotte
(abduction des cordes vocales).
Seul abducteur : indispensable
à la respiration.
N. laryngé
récurrent
Tire le processus musculaire
vers l’extérieur → les processus
vocaux basculent vers l’intérieur
et se rapprochent → la glotte se
ferme. Muscle le plus puissant
du larynx.
N. laryngé
récurrent
Rapproche les aryténoïdes l’un
de l’autre → ferme la glotte
N. laryngé
récurrent
Fait basculer le thyroïde vers
l’avant → tend les cordes vocales
→ élève la tonalité de la voix
(aigus, chant)
N. laryngé
supérieur
(branche
externe) : seul
muscle
intrinsèque non
innervé par le
récurrent
Assure un tonus permanent ;
relâche la tension des cordes
vocales (tire les aryténoïdes vers
l’avant) quand la contraction
s’intensifie
N. laryngé
récurrent + n.
laryngé supérieur
dans 80 % des cas
Abducteurs : ouverture de la glotte
Crico-aryténoïdien
postérieur
Haut : processus musculaire de
l’aryténoïde
Bas : face postérieure du chaton
cricoïdien, près de la ligne
médiane
Adducteurs : fermeture de la glotte
Crico-aryténoïdien
latéral
Haut : processus musculaire de
l’aryténoïde
Bas : partie latérale du cricoïde
(bord supérieur, face interne)
Aryténoïdien
transverse (et
oblique)
D’un processus musculaire à
l’autre, le long de la face
postérieure des aryténoïdes
Tenseurs des cordes vocales
Crico-thyroïdien
Bas : partie antéro-latérale du
cricoïde
Haut : bord inféro-latéral du
cartilage thyroïde
Thyro-aryténoïdien
(faisceau inférieur =
muscle vocal)
Faisceau supérieur : face
antérieure de l’aryténoïde → face
interne du thyroïde (« V »
thyroïdien)
Faisceau inférieur : processus
vocal, en dedans du ligament
vocal → « V » thyroïdien
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E. Le larynx : Innervation du larynx
Le larynx est innervé par deux nerfs : le nerf laryngé supérieur et le nerf laryngé récurrent. Tous
deux proviennent du nerf vague, à des hauteurs différentes. Pour rappel, le nerf laryngé récurrent
gauche se détache plus bas que le nerf laryngé récurrent droit, ce qui explique les différentes
symptomatologies dans certaines situations (voir page 8). Le nerf laryngé récurrent droit est plus
latéral, car il n’a pas vraiment le temps de s’enfoncer dans la gouttière trachéo-oesophagienne lorsqu’il
remonte vers le larynx dans son trajet récurrent.
→ Tous les muscles sont innervés par le nerf laryngé récurrent, à l’exception du muscle cricothyroïdien (tenseur des cordes vocales), qui est innervé par le nerf laryngé supérieur.
1. Nerf laryngé récurrent :
Le nerf laryngé récurrent provient du nerf vague. Il se détache à différents niveaux à droite et à
gauche. À droite, le nerf laryngé récurrent se détache à hauteur de l’artère subclavière , la contourne
par le bas et remonte dans la gouttière trachéo-oesophagienne. À gauche, le nerf descend jusque dans
la région thoracique, se détache sous la crosse de l’aorte, décrit une boucle en-dessous et remonte dans
la gouttière. Ce nerf innerve tous les muscles du larynx, à l’exception du muscle crico-thyroïdien.
Il innerve les muscles qui écartent et les muscles qui rapprochent les cordes vocales. En cas de lésion
des nerfs laryngés récurrents, les cordes vocales se mettront donc en position paramédiane
(intermédiaire). Parfois le nerf laryngé récurrent se détache bcp plus tôt, mais il continue son chemin
parallèllement au nerf vague jusqu’à ce qu’il entame son trajet récurrent (tjrs à la même auteur).
2. Nerf laryngé supérieur
Le nerf laryngé supérieur provient également du nerf vague, et aborde le larynx au niveau de l’os
hyoïde. Il donne deux branches :
✓ Branche externe : donne l’innervation du muscle crico-thyroïdien.
✓ Branche interne : traverse la membrane thyro-hyoïdienne et donne l’innervation
sensitive de la muqueuse laryngée (importante lors de la déglutition).
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Exam (ci-dessus) !!!
F. Vascularisation du larynx: les artères
La vascularisation du larynx est assurée par deux principales artères : l’artère laryngée supérieure et
l’artère laryngée inférieure.
1. Artère laryngée supérieure :
L’artère laryngée supérieure est une branche de l’artère thyroïdienne supérieure, elle-même issus de
l’artère carotide externe. À hauteur de la membrane thyro-hyoïdienne, la carotide commune (ou
primitive) se divise en deux : les carotide externe et la carotide interne. Il faut savoir que la carotide
externe est plus interne que la carotide interne au moment de la division.
La carotide externe va fournir 6 branches
cervicales, et se termine en deux branches
terminales. La première branche cervicale est
l’artère thyroïdienne supérieure. Celle-ci donne
l’artère laryngée supérieure, qui accompagne la
branche interne du nerf laryngé supérieur et de
la veine laryngée supérieure dans un trou de la
membrane thyro-hyoïdienne.
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2. Artère laryngée inférieure :
L’artère laryngée inférieure, de plus petit calibre, est une branche de l’artère thyroïdienne inférieure.
Celle-ci provient du tronc thyro-cervical, qui est émis par l’artère subclavière.
L’artère laryngée inférieure suit le trajet du nerf laryngé récurrent (branche du nerf vague), qui pénètre
dans le larynx au niveau de la membrane cricotrachéale (entre le cartilage cricoïde et la trachée).
L’artère thyroïdienne inférieure, issus du tronc thyrocervical, va passer derrière la carotide primitive
pour remonter vasculariser la glande thyroïde et pénétrer à l’intérieur du larynx via la branche laryngée
inférieure.
Exercice : repérer l’artère laryngée inférieure, l’artère thyroidienne inférieure, le tronc tyro-cervical
qui ne sont pas indiqués.
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F. Vascularisation du larynx: les veines
Le drainage veineux est assez similaire à la vascularisation artérielle en termes de vaisseaux. On a
donc une veine laryngée supérieure et une veine laryngée inférieure.
1. Veine laryngée supérieure :
La veine laryngé supérieure se draine dans la veine thyroïdienne supérieure, qui elle-même va
fusionner avec les veines linguales et faciales pour donner le tronc thyro-linguo-facial. Celui-ci va se
jeter dans la veine jugulaire interne. Parfois, il existe des variantes anatomiques qui font que la veine
thyroïdienne supérieure se draine directement dans la veine jugulaire interne.
2. Veine laryngée inférieure :
La veine laryngée
inférieure se draine dans la
veine thyroïdienne
inférieure, qui rejoint
directement la veine
brachiocéphalique. Pour
rappel, la veine
brachiocéphalique nait de
la réunion de la veine
jugulaire interne et de la
veine subclavière. La veine
brachiocéphalique descend
en avant de la trachée, et la
réunion des VBC gauche et
droite donne la veine cave
supérieure, qui s’abouche à
l’oreillette droite.
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G. Le système lymphatique du larynx :
Le cou est une région riche en ganglions lymphatiques (entre 25 et 30 ganglions de chaque côté). Ils
sont notamment répartis le long de l’axe jugulo-carotidien. Il existe différentes chaines ganglionnaires,
portant des noms particuliers en fonction de leur localisation. Ces chaines drainent les divers organes
de la région cervicale.
En fonction des organes, il y a un drainage préférentiel dans certains groupes. Le drainage peut se faire
de manière bilatérale, c’est pourquoi lorsqu’on résèque une tumeur on préfère curer les ganglions des
deux côtés pour s’assurer de retirer tous les ganglions potentiellement atteints. La larynx va se drainer
dans le groupe jugulo-carotidien, qui est divisé en trois parties différentes :
✓ Nœuds sous-digastriques : drainent le larynx supra-glottique.
✓ Nœuds sus-omohyoïdiens : drainent le larynx à hauteur des cordes vocales (plan glottique).
✓ Nœuds sous-omohyoïdiens : drainent le larynx sous-glottique
Il y a aussi un drainage pré-laryngé, au niveau de la membrane crico-thyroïdienne. À ce niveau, on
retrouve le ganglion delphien (= pré-laryngé). Par ailleurs, tout le long du nerf récurrent, on retrouve
ce qu’on appelle le ganglions récurrentiels (= chaine récurrentielle), qui draine également la région
sous-glottique et trachéoœsophagienne.
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1. Aires ganglionnaires cervicales (classification de Robbins) :
A connaitre par cœur !!!
Ce qu’il veut qu’on retienne :
✓ IA-B: sous mentonnier/mandibulaire,
✓ IIA-B: jugulaire supérieur,
✓ III: jugulaire moyen (sus-omo-hyoidiens),
✓ IV: jugulaire inférieure (sous-omohyoidiens),
✓ V: spinaux,
✓ VI: cervicaux antérieurs (Delphien),
✓ VII: médiastinaux supérieurs.
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Médecine BAC3
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Médecine BAC3
H. Rapports du larynx :
1. Antérieurement :
Muscles pré-laryngés (sterno-thyroïdien, sterno-hyoïdien, omohyoïdien et thyro-hyoïdien), Veines
jugulaires antérieures, Peau et graisse et thyroïde
2. Postérieurement :
Pharynx, Muscle pharyngés
3. Latéralement :
Lobes thyroïdiens, Artère carotide primitive, Veine jugulaire interne, Nerf vague, Muscle sternocléido-mastoïdien, Muscle omo-hyoïdien
4. Supérieurement :
Os hyoïde
5. Inférieurement :
Trachée avec la membrane crico-trachéale
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I. La trachée :
La trachée est un conduit fibrocartilagineux d'environ 11 cm
chez la femme et 12 cm chez
l'homme, allant de C6 jusqu'à
la carène (T4-T5), soutenu par
16 à 20 anneaux cartilagineux
en « U » ouverts en arrière et
fermés par le muscle trachéal.
Elle conduit l'air vers les
bronches et participe à son
réchauffement, son
humidification et son épuration
(tapis muco-ciliaire, réflexe de
toux). Elle est en rapport en
arrière avec l'œsophage,
latéralement avec les lobes
thyroïdiens, les carotides et les
nerfs récurrents, et en avant
avec l'isthme thyroïdien, puis le thymus et les gros vaisseaux. La distance dents-carène est de 23 à 26
cm, à laquelle on ajoute environ 2 cm par voie nasale. »
Clinique : R-CPD (dysfonction rétrograde du crico-pharyngien, ou « syndrome de l'incapacité à roter »
Le muscle crico-pharyngien (sphincter supérieur de l'œsophage) ne se relâche pas pour laisser remonter
l'air : le patient ne peut pas éructer. Cela donne des gargouillements dans la gorge et le thorax, des
ballonnements, une gêne ou des douleurs thoraciques, et des flatulences excessives. Le diagnostic est
surtout clinique, et le traitement de référence est l'injection de toxine botulique dans le muscle cricopharyngien, souvent efficace de façon durable.
Clinique : LPRD (reflux laryngo-pharyngé)
Le contenu gastrique (acide, pepsine) remonte jusqu'au larynx et au pharynx, dont la muqueuse est
beaucoup plus fragile que celle de l'œsophage. Il se manifeste par des raclements de gorge, une
sensation de boule dans la gorge, une toux chronique, une dysphonie, souvent sans brûlures d'estomac,
d'où le terme de reflux « silencieux ». La prise en charge repose sur les mesures hygiéno-diététiques
(repas légers le soir, ne pas se coucher juste après manger, limiter alcool, tabac, café, graisses) et
éventuellement des IPP ou des alginates.
Notes : si paralysie cordes vocales → injecter direct de l’acide hyaluronique
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Coupe de scanner (tomodensitométrie, TDM), en coupe axiale
(transversale) :
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Chapitre 2 : Le Hypopharynx et œsophage cervical
A. Morphologie externe du pharynx :
Le pharynx est un conduit musculo-membraneux commun aux voies aériennes et digestives, divisé en
trois étages (nasopharynx, oropharynx, laryngopharynx), dont l'histologie reflète cette double fonction.
1. Histologie :
L'épithélium varie selon l'étage. Au
nasopharynx, c'est un épithélium
respiratoire, pseudostratifié cylindrique
cilié avec cellules caliciformes. À
l'oropharynx et au laryngopharynx, exposés
au frottement du bol alimentaire, c'est un
épithélium pavimenteux stratifié non
kératinisé. Le chorion est riche en fibres
élastiques et contient des glandes séromuqueuses, surtout muqueuses, qui
lubrifient la paroi.
Le tissu lymphoïde y est abondant et forme
l'anneau de Waldeyer. Il regroupe
l'amygdale pharyngée (végétations
adénoïdes), recouverte d'épithélium
respiratoire et organisée en replis sans vraies cryptes, les amygdales palatines, recouvertes
d'épithélium malpighien avec des cryptes profondes et une capsule, ainsi que l'amygdale linguale et les
amygdales tubaires.
La musculeuse est striée squelettique. Elle comprend une couche externe circulaire (muscles
constricteurs supérieur, moyen et inférieur) et une couche interne longitudinale (stylo-, palato- et
salpingo-pharyngiens), soit une disposition inversée par rapport au reste du tube digestif. Enfin,
l'adventice correspond au fascia buccopharyngé, un conjonctif lâche qui permet la mobilité du pharynx
lors de la déglutition.
2. Muscles pharyngés constricteurs :
Il y a trois muscles constricteurs du pharynx, de chaque côté. Ils forment la couche circulaire externe
de la paroi pharyngée et s'emboîtent comme des gobelets empilés : l'inférieur recouvre le moyen, qui
recouvre le supérieur. Tous se terminent en arrière sur le raphé pharyngien médian (une bande
fibreuse médiane), qui s'attache en haut au tubercule pharyngien de l'os occipital.
1. Le constricteur supérieur prend son origine sur le raphé ptérygo-mandibulaire (pharyngomandibulaire). On y décrit donc quatre faisceaux : ptérygo-, bucco-, mylo- et glossopharyngien.
2. Le constricteur moyen naît de l'os hyoïde (grande et petite cornes).Ses fibres s'étalent en
éventail vers l'arrière.
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3. Le constricteur inférieur est le plus épais. Il comprend deux parties. La partie thyropharyngienne naît de la ligne oblique du cartilage thyroïde. La partie crico-pharyngienne naît
du cartilage cricoïde. Elle forme le sphincter supérieur de l'œsophage.
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Le l’extérieur vers l’intérieur, on retrouve d’abord les muscles
constricteurs, puis un fascia qui s’étend jusqu’à la base du crâne
(partie basilaire de l’os occipital) : le fascia pharyngo-basilaire. Endedans de ca fascia, il y a la muqueuse pharyngée.
•
1 : nerf glosso-pharyngien (IX) qui contourne le stylopharyngien
•
2 : muscle stylo-pharyngien (la bande verticale qui
descend du processus styloïde)
•
3 : muscle constricteur supérieur
•
4 : muscle constricteur moyen
•
5 : muscle constricteur inférieur (le grand éventail en bas)
•
12 : os hyoïde (grande corne)
•
10 : cartilage thyroïde
•
9 : cartilage cricoïde
•
8 : trachée
•
6 : œsophage
•
7 : nerf laryngé récurrent
•
11 : muscle thyro-hyoïdienne
•
13 : muscle stylo-glosse
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3. La déglutition :
A. Phase préparatoire orale (volontaire) :
Les aliments sont mastiqués et mélangés à la salive pour former le bol alimentaire. La langue le
rassemble sur son dos. Les lèvres restent fermées (muscle orbiculaire de la bouche) et les joues sont
maintenues tendues (buccinateur) pour que rien ne s'échappe. Le voile du palais est abaissé contre la
base de la langue, ce qui empêche le bol de tomber trop tôt dans le pharynx. La respiration nasale
continue.
B. Temps buccal ou oral (volontaire)
La pointe de la langue s'appuie contre le palais dur, derrière les incisives. Ensuite, la langue se plaque
d'avant en arrière contre le palais, comme une vague. Elle pousse ainsi le bol vers l'isthme du gosier.
Ce temps dure environ une seconde. Il est sous contrôle volontaire : on peut encore l'interrompre.
C. Temps pharyngien (réflexe, involontaire)
Dès que le bol touche les piliers du voile et la paroi postérieure du pharynx ou la luette (2 sur 3
min), le réflexe de déglutition se déclenche. Il est commandé par le tronc cérébral (bulbe) via les nerfs
IX et X. Plusieurs événements se produisent presque en même temps, en moins d'une seconde :
•
Fermeture du nasopharynx : le voile du palais s'élève (élévateur et tenseur du voile) et vient
au contact de la paroi postérieure du pharynx. Le constricteur supérieur forme un bourrelet
qui complète l'étanchéité. Les aliments ne peuvent donc pas remonter dans le nez.
•
Protection des voies aériennes : l'os hyoïde et le larynx s'élèvent et se portent en avant
(muscles supra-hyoïdiens et thyro-hyoïdien), le larynx coulisse vers le haut. L'épiglotte
bascule en arrière et recouvre l'entrée du larynx. Les cordes vocales et les plis vestibulaires
se ferment. La respiration s'arrête brièvement : c'est l'apnée de déglutition.
•
Propulsion du bol : les constricteurs supérieur, moyen puis inférieur se contractent
successivement, de haut en bas. Cette onde péristaltique pousse le bol vers l'œsophage. Les
muscles longitudinaux (stylo-pharyngien, palato-pharyngien) raccourcissent et élèvent le
pharynx, qui vient ainsi « au-devant » du bol.
•
Ouverture du sphincter supérieur de l'œsophage : le muscle crico-pharyngien (partie inférieure
du constricteur inférieur) se relâche. L'élévation du larynx tire le cricoïde vers l'avant et aide à
l'ouvrir. Le bol passe alors dans l'œsophage.
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D. Temps œsophagien (réflexe, involontaire) :
Le sphincter supérieur se referme derrière le bol pour empêcher le reflux. Une onde péristaltique
primaire parcourt l'œsophage. Elle est sous contrôle du nerf vague et du système nerveux intrinsèque.
Le sphincter inférieur de l'œsophage se relâche dès le début de la déglutition, et le bol entre dans
l'estomac. Ce temps dure environ 8 à 10 secondes pour un solide, moins pour un liquide. Si des résidus
restent dans l'œsophage, une onde secondaire se déclenche localement pour les évacuer.
À la fin, le larynx et l'os hyoïde redescendent, l'épiglotte se relève et la respiration reprend.
Cas clinique : RCPD
Le muscle crico-pharyngien (partie inférieure du constricteur inférieur) forme le sphincter supérieur de
l'œsophage. Au repos, il est contracté en permanence. Il ne se relâche que de façon réflexe, dans deux
situations :
•
dans le sens descendant, pendant la déglutition, pour laisser passer le bol ;
•
dans le sens ascendant (rétrograde), quand de l'air ou du contenu remonte de l'œsophage : c'est
le mécanisme du rot, mais aussi des vomissements.
La dysfonction rétrograde du crico-pharyngien (R-CPD)
Dans le R-CPD, décrit par Bastian en 2019, le relâchement descendant fonctionne normalement : la
déglutition est normale. En revanche, le relâchement rétrograde ne se fait pas. L'air qui remonte de
l'estomac et de l'œsophage bute contre un sphincter qui reste fermé. On parle d'abelchie (incapacité à
roter). On injecte de la toxine botulique directement dans le muscle crico-pharyngien. L'injection se
fait le plus souvent par laryngoscopie directe sous anesthésie générale, parfois en consultation sous
guidage électromyographique. La toxine paralyse partiellement le muscle, ce qui affaiblit le sphincter.
L'air peut alors forcer le passage, et le patient commence à roter, en général dans les jours ou semaines
qui suivent.
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B. Morphologie interne du pharynx :
1. Vue endoscopique de l’hypopharynx (ou laryngopharynx) :
C'est l'étage inférieur, uniquement digestif. Il s'étend du
bord supérieur de l'épiglotte jusqu'au bord inférieur du
cricoïde, où commence l'œsophage. Le larynx fait
saillie dans sa paroi antérieure. L'hypopharynx et le
larynx s'imbriquent un peu comme une tête dans un
évier de coiffeur : le larynx est la « tête » qui s'avance
dans la concavité de l'hypopharynx. Il ouvre l'entrée du
larynx (vestibule laryngé) au centre, limitée par
l'épiglotte, les plis ary-épiglottiques et les aryténoïdes.
Au repos, sa lumière est virtuelle : ses parois antérieure
et postérieure sont presque au contact. Elle ne s'ouvre
réellement qu'au passage du bol alimentaire.
Les sinus piriformes :
Situés de part et d'autre des cartilages aryténoïdes, et plus largement de chaque côté du larynx, ils se
trouvent ces renfoncements de la muqueuse pharyngée, en forme de gouttières. Ils sont limités en
dedans par le pli ary-épiglottique et en dehors par le cartilage thyroïde et la membrane thyrohyoïdienne. C'est par là que passe préférentiellement le bol alimentaire, de chaque côté du larynx, pour
rejoindre l'œsophage. C'est aussi un lieu où les corps étrangers (arêtes) peuvent se coincer.
➢ Rapports du sinus piriforme :
Le sinus piriforme est une gouttière en forme de pyramide inversée, située de chaque côté du larynx.
Ses rapports se résument ainsi :
•
Médialement : larynx avec le pli ary-épiglottique, puis l'aryténoïde et le cricoïde.
•
Latéralement : le lobe de la thyroïde et l'axe vasculaire du cou (carotide primitive,
jugulaire interne, nerf X).
•
Antérieurement : cartilage thyroide
•
Postérieurement : il s'ouvre largement dans la lumière de l'hypopharynx (pas de paroi).
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2. Rapports de la paroi pharyngée postérieure :
La paroi elle-même est formée de la muqueuse, doublée du muscle constricteur inférieur du pharynx et
du fascia bucco-pharyngien.
En arrière, elle est séparée de la colonne vertébrale par l'espace rétro-pharyngien. C'est un espace
celluleux lâche qui permet au pharynx de glisser contre le rachis pendant la déglutition, et qui contient
des nœuds lymphatiques, surtout chez l'enfant. Derrière cet espace se trouvent successivement le
fascia prévertébral, les muscles prévertébraux (long du cou et long de la tête), le ligament
longitudinal antérieur, puis les corps vertébraux de C4 à C6.
Ces rapports ont un intérêt clinique. L'espace rétro-pharyngien peut être le siège d'un abcès, fréquent
chez le jeune enfant après une infection ORL. Cet abcès bombe dans la paroi postérieure et provoque
dysphagie, raideur de nuque et gêne respiratoire. Il peut aussi s'étendre vers le médiastin.
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C. La vascularisation du pharynx : les artères
L'hypopharynx partage sa vascularisation artérielle avec le larynx. Il est principalement vascularisé par
l'artère laryngée supérieure, branche de l'artère thyroïdienne supérieure, elle-même issue de la
carotide externe. L'artère laryngée supérieure accompagne la branche interne du nerf laryngé
supérieur. Elle traverse la membrane thyro-hyoïdienne, puis chemine sous la muqueuse de la paroi
latérale du sinus piriforme, qu'elle soulève en un pli.
La partie inférieure de l'hypopharynx reçoit aussi des branches de l'artère thyroïdienne inférieure, en
particulier l'artère laryngée inférieure. La thyroïdienne inférieure naît du tronc thyro-cervical, branche
de l'artère subclavière. Enfin, l'artère pharyngienne ascendante, branche de la carotide externe,
participe accessoirement à la vascularisation de la paroi postérieure.
D. La vascularisation du pharynx : les veines
Le drainage veineux de l'hypopharynx suit globalement les artères. Le sang est d'abord collecté par un
réseau sous-muqueux, puis par le plexus veineux pharyngien, situé à la face externe des constricteurs.
Ce plexus se draine surtout dans la veine jugulaire interne, directement ou par les veines
pharyngiennes.
Les veines qui accompagnent les artères laryngées participent aussi au drainage. La veine laryngée
supérieure traverse la membrane thyro-hyoïdienne avec l'artère et le nerf. Elle rejoint la veine
thyroïdienne supérieure, qui se jette dans la jugulaire interne, directement ou par le tronc thyro-linguofacial. Dans la partie basse, la veine laryngée inférieure rejoint la veine thyroïdienne inférieure, qui se
draine dans la veine brachio-céphalique, surtout à gauche.
E. Drainage lymphatique du pharynx :
Le pharynx a un drainage lymphatique très riche, qui se fait vers les nœuds cervicaux profonds :
•
Nasopharynx : vers les nœuds rétro-pharyngiens, puis vers les nœuds jugulaires supérieurs
(secteur II).
•
Oropharynx : vers les nœuds jugulo-digastriques (secteur II), en particulier pour la tonsille
palatine.
•
Hypopharynx : vers les nœuds jugulaires moyens et inférieurs (secteurs III et IV). La partie
haute rejoint aussi le secteur II en suivant le pédicule laryngé supérieur. La partie basse rejoint
les nœuds récurrentiels (secteur VI) en suivant le nerf récurrent.
Ce drainage abondant car très lymphophile, souvent bilatéral, explique pourquoi les cancers du
pharynx s'accompagnent souvent d'adénopathies cervicales précoces.
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F. L’innervation du pharynx :
Innervation motrice : les muscles constricteurs sont innervés par le plexus pharyngien, qui reçoit ses
fibres motrices du nerf vague. Le constricteur inférieur reçoit en plus des rameaux de la branche
externe du nerf laryngé supérieur et du nerf laryngé inférieur (récurrent). Ce dernier participe en
particulier à l'innervation du muscle crico-pharyngien. Les fibres motrices du plexus pharyngien sont
souvent attribuées à la racine crânienne (bulbaire) du nerf spinal (XI).
Innervation sensitive : la muqueuse de l'hypopharynx, notamment celle des sinus piriformes, est
innervée par la branche interne du nerf laryngé supérieur. Elle traverse la membrane thyro-hyoïdienne
et chemine sous la muqueuse du sinus piriforme. La partie basse de l'hypopharynx reçoit aussi des
fibres sensitives du nerf laryngé inférieur. Cette sensibilité est essentielle au déclenchement du réflexe
de déglutition et du réflexe de toux.
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Coupe de scanner (tomodensitométrie, TDM), en coupe axiale
(transversale) :
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Chapitre 3 : La glande thyroïde
A. Morphologie externe de la thyroïde :
La thyroïde est une glande endocrine située à
la face antérieure du cou, devant la trachée.
Ses cellules folliculaires (thyréocytes)
sécrètent les hormones thyroïdiennes, la T4
(thyroxine) et la T3 (triiodothyronine), à partir
de l'iode apporté par l'alimentation. La T4 est
produite en plus grande quantité, mais c'est la
T3 qui est la forme active : la T4 est en grande
partie convertie en T3 dans les tissus.
La thyroïde pèse environ 25 à 30 g chez l'adulte. Elle a la
forme d'un H ou d'un papillon, avec deux lobes latéraux
reliés par un isthme. L'ensemble mesure environ 6 à 8 cm
de large. Chaque lobe mesure environ 5 à 6 cm de haut.
La glande est entourée d'une capsule propre, fine et
fibreuse, qui envoie des cloisons à l'intérieur du
parenchyme. L'isthme se projette en regard des 2e, 3e et 4e
anneaux trachéaux C’est précisément à cet endroit que l’on
passe lors d’une trachéotomie classique. Il faut alors faire
une coagulation des vaisseaux thyroïdiens, ce qui peut
durer un certain temps. Si le médecin n’a pas le temps, qui
préfèrera effectuer une cricothyrotomie (= quicktrach),
c’est-à-dire une incisure au niveau de la membrane cricothyroïdienne (plus haut). De cette manière, on ne passe pas
dans une région richement vascularisée, et on gagne du
temps (utile en cas d’asphyxie aiguë).
La glande est solidement fixée à la trachée et au cartilage
cricoïde par le ligament thyro-trachéal (de Gruber). Donc qd on élève le larynx on élève la thyroïde si
elle monte c’est une patho de la thyroïde si pas c’est surement adénopathique.
Grâce à ces attaches, la thyroïde suit les mouvements du larynx et de la trachée. Elle monte donc lors
de la déglutition. C'est un signe clinique important : un nodule thyroïdien ou un goitre se déplace vers
le haut quand le patient avale, ce qui permet de le distinguer d'une autre masse du cou, comme une
adénopathie.
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1. Rapports de la glande thyroïde :
•
•
•
Antérieurement, elle est recouverte par la peau, le fascia cervical superficiel et
surtout les muscles infra-hyoïdiens (sterno-thyroïdien, sterno-hyoïdien et omohyoïdien). Plus latéralement se trouve le sterno-cléido-mastoïdien.
Postérieurement, ses lobes s'appliquent sur le larynx (cartilages thyroïde et
cricoïde), sur la trachée et, plus en arrière, sur l'œsophage et le pharynx. Dans le
sillon entre la trachée et l'œsophage chemine le nerf laryngé récurrent, un rapport
capital en chirurgie thyroïdienne.
Latéralement, chaque lobe répond à l'axe vasculo-nerveux du cou : carotide
commune, veine jugulaire interne et nerf vague.
2. Les glandes parathyroïdes :
Les glandes parathyroïdes sont de petites glandes endocrines,
généralement au nombre de quatre : deux supérieures et deux
inférieures. Ce nombre varie, et certaines personnes en ont plus
ou moins. Chacune a la taille d'une lentille, environ 5 mm, et
pèse 30 à 50 mg. Elles sont de couleur jaune-brun.
Elles sont situées sur la face postérieure des lobes thyroïdiens,
entre la capsule propre de la thyroïde et la gaine périthyroïdienne. Les parathyroïdes supérieures ont une position
assez constante, vers le milieu du bord postérieur du lobe, près
de l'entrée du nerf récurrent dans le larynx. Les parathyroïdes
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inférieures sont plus variables. On les trouve le plus souvent près du pôle inférieur du lobe, mais elles
peuvent descendre jusque dans le thymus, voire dans le médiastin. Cette différence s'explique par
l'embryologie : les inférieures dérivent de la 3e poche pharyngienne avec le thymus et migrent plus
bas que les supérieures, qui dérivent de la 4e poche.
Intérêt clinique : lors d'une thyroïdectomie, les parathyroïdes peuvent être lésées ou retirées par erreur.
Il en résulte une hypocalcémie, qui se manifeste par des fourmillements, des crampes, voire une
tétanie (signes de Chvostek et de Trousseau).
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G. La vascularisation de la thyroïde : les artères
L'artère thyroïdienne supérieure est en général la première branche de la carotide externe. Elle
descend vers le pôle supérieur du lobe, accompagnée de la branche externe du nerf laryngé supérieur.
Elle se divise en branches antérieure, postérieure et parfois externe. Elle donne aussi l'artère laryngée
supérieure.
L'artère thyroïdienne inférieure naît du tronc thyro-cervical, branche de l'artère subclavière. Elle
monte d'abord, puis se recourbe en dedans, passe derrière la carotide primitive et atteint la face
postérieure du lobe. Elle croise alors le nerf laryngé récurrent. Elle vascularise aussi les
parathyroïdes.
Il existe parfois une artère thyroïdienne moyenne, inconstante, présente chez environ 5 à 10 % des
personnes. Elle naît du tronc brachio-céphalique ou de l'arc aortique et monte devant la trachée vers
l'isthme.
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H. La vascularisation de la thyroïde : les veines
Les veines forment un plexus à la surface de la glande, sous la capsule. Elles se drainent par trois
groupes :
•
la veine thyroïdienne supérieure accompagne l'artère et se jette dans la veine jugulaire
interne, directement ou par le tronc thyro-linguo-facial ;
•
la veine thyroïdienne moyenne, sans artère qui lui correspond, sort de la face latérale du lobe
et se jette directement dans la jugulaire interne ;
•
les veines thyroïdiennes inférieures naissent du pôle inférieur et de l'isthme. Elles forment
un plexus devant la trachée et se jettent dans les veines brachio-céphaliques, surtout la
gauche.
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Drainage lymphatique de la thyroïde :
Le drainage lymphatique de la thyroïde est très riche. Les vaisseaux lymphatiques naissent d'un réseau
situé sous la capsule, puis rejoignent plusieurs groupes de nœuds lymphatiques. Le compartiment
central du cou (secteur VI) comprend les nœuds pré-laryngés, pré-trachéaux et récurrentiels, situés
le long du nerf laryngé récurrent. Les compartiments latéraux comprennent les nœuds de la chaîne
jugulo-carotidienne (secteurs II à IV). Certains vaisseaux descendent aussi vers les nœuds du
médiastin supérieur (secteur VII).
Ce drainage est bilatéral et communique d'un côté à l'autre par l'isthme. C'est pourquoi, en cas de
cancer de la thyroïde, le curage ganglionnaire doit souvent être bilatéral. Il doit parfois s'étendre
jusque dans le médiastin supérieur pour retirer tous les ganglions atteints.
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Chapitre 4 : Axe vasculaire du cou
Région sterno-cléido-mastoïdienne :
A. Les muscles
Le SCM est un des muscles les plus importants du cou, notamment sur le plan fonctionnel. On le
visualise très bien lorsqu’on tourne la tête d’un côté. C’est un muscle qui permet la rotation de la tête
vers le côté opposé au muscle qui se contracte (pour tourner la tête à droite, c’est le SCM gauche qui
se contracte). → Inspirateur accessoire
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Superficiellement, le SCM est recouvert du muscle peaucier du cou, ou platysma. Ce muscle est
aponévrotique, il s’insère supérieurement au niveau de la mandibule et inférieurement sur le bord
antérieur de la clavicule. C’est un petit muscle très fin, qui peut être utilisé en chirurgie de
reconstitution. Bien souvent, la veine jugulaire externe passe au travers ou juste sous le platysma.
Le SCM possède une série d’insertions :
➢ Crânialement :
•
Processus mastoïde de l’os temporal
•
Moitié latérale de la ligne nuchale supérieure
➢ Caudalement :
•
Chef sternal (face antérieure du manubrium sternal)
•
Chef claviculaire (1/3 médial de la face postérieure de
la clavicule)
Le triangle décrit par les deux insertions caudales est appelé petite fosse supra-claviculaire. Le SCM
est innervé par le nerf accessoire spinal (XI), qui innerve également le trapèze. Le nerf spinal traverse
le SCM d’avant en arrière pour rejoindre de muscle trapèze plus postérieurement. Classiquement, on
lui décrit quatre chefs, nommés selon leurs insertions : sterno-mastoïdien, cléido-mastoïdien,
sterno-occipital et cléido-occipital.
Actions : quand un seul SCM se contracte, il incline la tête du même côté et tourne la face du côté
opposé. Quand les deux se contractent ensemble, ils fléchissent le cou. Si la tête est fixée, le SCM
soulève le sternum et les clavicules : c'est un muscle inspirateur accessoire, qui intervient lors d'une
respiration forcée.
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B. Contenu de la région sterno-cléido-mastoïdienne :
On la sépare en 2 zones principales, la zone
supraclaviculaire (en Orange) ou triangle postérieur
et la zone carotidienne (en vert) ou triangle antérieur.
Le muscle sterno-cléido-mastoïdien sert de frontière
: il divise la région en un triangle antérieur, devant
lui, et un triangle postérieur, derrière lui.
Le triangle postérieur (région supraclaviculaire) est
limité par le bord postérieur du SCM en avant, le
bord antérieur du trapèze en arrière et le ventre
postérieur de l'omo-hyoïdien. Le muscle omohyoïdien : son ventre inférieur coupe le triangle en
deux, triangle occipital en haut et triangle omoclaviculaire en bas.Le triangle antérieur (région
carotidienne) est limité par le bord antérieur du
SCM, la ligne médiane et le bord inférieur de la
mandibule.
La zone carotidienne contient une gaine vasculo-nerveuse, la gaine carotidienne, qui renferme la
veine jugulaire interne en dehors, l'artère carotide commune en dedans et le nerf vague (X) en arrière,
entre les deux (moyen mnémotechnique : VAN).
Le foramen jugulaire est l'orifice de la base du crâne par lequel sortent ensemble la veine jugulaire
interne et trois nerfs crâniens : le glosso-pharyngien (IX), le vague (X) et l'accessoire (XI). L'artère
carotide interne passe par un orifice différent, le canal carotidien, situé juste en avant. Ces deux trajets
sont faciles à confondre. La gaine carotidienne (le manchon gris sur le dessin) enveloppe ensuite la
veine jugulaire interne, l'artère carotide et le nerf vague. On retrouve la disposition VAN : veine en
dehors, artère en dedans, nerf en arrière entre les deux. Le IX et le XI quittent rapidement l'axe
vasculaire et ne restent pas dans la gaine.
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C. L’axe artériel de la région SCM :
1. Artère carotide commune (= primitive) :
À gauche, la carotide primitive est issue de la crosse de l’aorte. À droite, elle est issue du tronc artériel
brachiocéphalique, qui est la première branche de la crosse aortique. Ce tronc se divise en carotide
commune droite et en subclavière droite. Pour accéder à la carotide depuis la superficie, il faut inciser
la peau en traversant le peaucier et écarter le SCM grâce à des écarteurs de Farabeuf. Ensuite, on doit
disséquer entre la thyroïde et la veine jugulaire interne, et en profondeur, on trouve la carotide
commune. Entre la jugulaire et la carotide, il ne faut pas oublier de faire attention au nerf vague.
Le glomus carotidien est une petite structure ovoïde de
quelques millimètres. Il est situé à la bifurcation de
l'artère carotide commune, sur la face postérieure ou
médiale, entre les carotides interne et externe. Il est relié
à l'adventice de l'artère par un petit ligament. C'est un
chémorécepteur. Il est formé d'amas de cellules
glomiques, entourées d'un réseau de capillaires très
dense, ce qui en fait un des tissus les plus vascularisés de
l'organisme. Il détecte les variations de la composition du
sang : surtout la baisse de la pression partielle en
oxygène (PO2), mais aussi l'augmentation du CO2 et la
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baisse du pH. Il ne faut pas le confondre avec le sinus carotidien, la dilatation située à l'origine de la
carotide interne. Le sinus est un barorécepteur : il détecte les variations de pression artérielle. Il est
innervé lui aussi par le nerf de Hering. Le sinus carotidien est innervé par le nerf vague (X), le nerf
glosso-pharyngien (IX) et le tronc sympathique cervical. Les fibres de ces différents nerfs
s’entremêlent au niveau du glomus carotidien, qui est situé à proximité du sinus.
*Note : on peut aussi appliquer un masque frais, plus froid sur le visage pour diminuer la tension.
Vers le bord supérieur du cartilage thyroïde, juste sous l'os hyoïde, la carotide commune se divise en
carotide externe et carotide interne. À ce niveau, la carotide interne est en fait plus latérale que la
carotide externe. Dans le système carotidien, seule la carotide externe donne des branches au cou. La
carotide commune n'en donne pas, et la carotide interne ne donne ses premières branches qu'une fois
dans le crâne, après son passage dans le canal carotidien à la base du crâne.
•
Rapports de l’artère carotide commune :
Rapports de la carotide commune :
•
Antérieurement : veine jugulaire interne, lobe thyroïdien
•
Latéralement : veine jugulaire interne, SCM
•
Médialement : thyroïde, œsophage, hypopharynx (+ haut)
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2. Artère carotide interne :
A. Naît de la bifurcation de la carotide commune, en regard du bord supérieur du cartilage
thyroïde (C4), juste en dessous de l’os hyoïde.
Les termes « interne » et « externe » ne renvoient pas à sa position dans le cou, mais à son territoire :
la carotide interne vascularise le cerveau et l'œil, à l'intérieur de la boîte crânienne, alors que la
carotide externe vascularise la face et le cou.
B. Elle monte verticalement dans la région rétro-stylienne avec la veine jugulaire interne
et les nerfs IX, X, XI et XII.
C. Elle pénètre dans le crâne par le foramen carotidien, parcourt le canal carotidien en
décrivant une double courbure, passe au-dessus du foramen déchiré, puis traverse le
sinus caverneux. Elle y côtoie le nerf VI, tandis que les nerfs III, IV et V1 cheminent
dans la paroi latérale du sinus.
D. Dans le crâne, elle donne l'artère ophtalmique, l'artère communicante postérieure et
l'artère choroïdienne antérieure. Elle se termine en artère cérébrale antérieure, qui
vascularise la partie antérieure de la face interne de l'hémisphère, et en artère cérébrale
moyenne, qui vascularise sa face externe.
La partie postérieure de la face interne dépend de l'artère cérébrale postérieure, issue du réseau
postérieur. Ce réseau est formé par les deux artères vertébrales, qui entrent dans le crâne par le
foramen magnum, comme la moelle épinière, et s'unissent en artère basilaire, qui se termine par les
deux cérébrales postérieures. Les réseaux antérieur (carotidien) et postérieur (vertébro-basilaire)
sont reliés par les artères communicantes et forment à la base du cerveau un cercle artériel, le
polygone de Willis, qui permet une suppléance en cas d'obstruction d'une artère.
3. Artère carotide externe :
A. Naît de la bifurcation de la carotide commune, en regard du bord supérieur du cartilage
thyroïde (C4). Elle se place d'abord en avant et en dedans de la carotide interne, puis
monte dans la région carotidienne.
B. Elle passe ensuite sous le ventre postérieur du digastrique et le muscle stylo-hyoïdien,
pénètre dans la glande parotide et se termine en arrière du col de la mandibule.
C. Elle donne huit branches : six collatérales et deux terminales.
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•
Les trois collatérales antérieures sont l'artère thyroïdienne supérieure,
l'artère linguale et l'artère faciale. L'artère thyroïdienne supérieure, à
destination médiale, vascularise la thyroïde et la partie supérieure du larynx par
l'artère laryngée supérieure, qui traverse la membrane thyro-hyoïdienne (seule
qui plonge vers le bas). L'artère linguale, également à destination médiale,
chemine en rapport avec le nerf hypoglosse et vascularise la langue et le
plancher de la bouche. L'artère faciale, à destination ascendante, vascularise la
face.
•
Les trois collatérales postérieures sont l'artère occipitale, l'artère
pharyngienne ascendante et l'artère auriculaire postérieure. L'artère
occipitale vascularise le scalp, les muscles du cou, les cellules mastoïdiennes et
une partie des méninges. L'artère pharyngienne ascendante vascularise le
pharynx. L'artère auriculaire postérieure vascularise les muscles de la nuque et le
pavillon de l'oreille.
Ses deux branches terminales sont l'artère temporale superficielle, qui monte devant l'oreille vers la
tempe et le cuir chevelu, et l'artère maxillaire, qui s'enfonce dans la région infra-temporale. L'artère
maxillaire donne une quinzaine de branches, 14 ou 15 selon les auteurs, dont l'artère temporale
profonde. Grâce aux nombreuses anastomoses avec l'artère du côté opposé, la carotide externe peut
être ligaturée chirurgicalement sans conséquence grave. Avant de la ligaturer, il faut bien la distinguer
de la carotide interne : contrairement à celle-ci, elle donne des branches dans le cou.
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Note : Lors d’une chirurgie esthétique, il faut injecter a la canule et non à l’aiguille sinon on peut léser
par ex. l’artère angulaire et créer une hémorragie à l’origine d’une nécrose.
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D. L’axe veineux de la région SCM :
1. La veine jugulaire externe (VJE) :
A. La VJE naît juste sous l'oreille, au niveau de l'angle de la mandibule, à partir du réseau
veineux parotidien.
B. Elle reçoit la veine auriculaire postérieure et la branche postérieure de la veine
rétromandibulaire (qui draine la temporale superficielle et maxillaire).
C. Elle descend verticalement et croise en diagonale la face superficielle du sternocléido-mastoïdien, juste sous le platysma. Elle atteint le bord postérieur du SCM dans sa
partie basse, puis traverse la partie inférieure de la région supra-claviculaire. Elle perfore
enfin l'aponévrose cervicale superficielle, juste au-dessus de la clavicule.
D. Elle se jette dans la veine subclavière, en dehors du confluent avec la veine jugulaire
interne.
Comme elle est superficielle et visible sous la peau, la VJE permet d'évaluer la pression veineuse. Une
turgescence jugulaire (veine gonflée, visible chez un patient demi-assis à 45°) traduit une
augmentation de pression dans le cœur droit ou dans la veine cave supérieure. On la retrouve dans
trois situations :
•
l'insuffisance cardiaque droite, où le sang stagne en amont du cœur droit ;
•
le syndrome cave supérieur, où une compression de la veine cave supérieure (souvent par
une tumeur) bloque le retour veineux de la tête et des bras ;
•
l'anasarque, un œdème généralisé par surcharge en eau et en sel, qui s'accompagne souvent
d'une surcharge veineuse.
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2. La veine jugulaire interne (VJI) :
A. La VJI naît à la base du crâne, au niveau du foramen jugulaire (au contact du N. IX,
X, et XI).
Elle fait suite au sinus sigmoïde (partie terminale du sinus latéral), qui draine le sang veineux du
cerveau. À son origine, elle présente une dilatation, le golfe jugulaire (bulbe supérieur de la VJI).
B. Elle descend au contact de la carotide interne d'abord dans la région rétro-stylienne, un
espace profond situé en arrière du processus styloïde, sur le côté du pharynx. Elle entre
ensuite dans la gaine carotidienne et descend verticalement sous le SCM jusqu'à la base
du cou.
Rapports : en haut, elle est en rapport avec la carotide interne, puis plus bas avec la carotide
commune (à hauteur de l’hyoïde), qui reste en dedans d'elle. Le nerf vague (X) l'accompagne sur tout
son trajet, en arrière, entre la veine et l'artère : c'est la disposition VAN de la gaine carotidienne.
C. Afférences : de haut en bas :
•
le sinus pétreux inférieur, qui vient du crâne ;
•
les veines pharyngiennes ;
•
le tronc thyro-linguo-facial de Farabeuf, formé par la réunion des
veines faciale, linguale et thyroïdienne supérieure ; la veine thyroïdienne
moyenne (attention aux adénopathies comprimantes).
D. Juste avant sa fin, la VJI présente une seconde dilatation, le bulbe inférieur, qui contient
une valve empêchant le reflux du sang. Elle s'unit ensuite à la veine subclavière derrière
l'articulation sterno-claviculaire. C'est la jonction jugulo-subclavière, qui donne
naissance à la veine brachio-céphalique. À gauche, le conduit thoracique se jette à ce
niveau ; à droite, c'est le conduit lymphatique droit.
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La VJI est une voie d'abord fréquente pour poser un cathéter veineux central, car elle est large,
rectiligne et mène directement à la veine cave supérieure. On peut en avoir besoin en obstétrique, par
exemple lors d'une hémorragie du post-partum grave.
E. Le drainage lymphatique du SCM :
*Voir p28
F. Les plexus cervicaux du SCM :
Le plexus cervical est formé par les branches antérieures des quatre premiers nerfs spinaux cervicaux
(C1 à C4). Il se situe en profondeur, sous le sterno-cléido-mastoïdien, devant les muscles scalène
moyen et élévateur de la scapula. On distingue des branches sensitives (plexus superficiel) et des
branches motrices (plexus profond).
Branches sensitives (plexus cervical superficiel) : quatre nerfs émergent ensemble au milieu du bord
postérieur du SCM, puis se distribuent en éventail vers la peau :
•
le nerf petit occipital monte vers la peau de la région située derrière l'oreille
•
le nerf grand auriculaire monte vers le pavillon de l'oreille et la région de l'angle de la
mandibule ;
•
le nerf transverse du cou part horizontalement vers l'avant et innerve la peau de la face
antérieure du cou (très difficile à voir car très petit)
•
les nerfs supra-claviculaires descendent vers la peau de la base du cou, de la clavicule et du
moignon de l'épaule.
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Branches motrices (plexus cervical profond) :
•
C2-C3 donnent des rameaux au SCM, au trapèze et aux muscles de la nuque. Pour le SCM et
le trapèze, ces rameaux s'ajoutent au nerf accessoire (XI).
•
C4, par sa branche antérieure, forme l'essentiel du nerf phrénique, qui reçoit aussi des fibres
de C3 et C5. Il descend sur la face antérieure du scalène antérieur, entre dans le thorax et
innerve le diaphragme. C'est le seul nerf moteur de ce muscle respiratoire.
Note : le nerf Vague X innerve aussi le pavillon de l’oreille et le conduit auditif externe, il n’y a pas
que le grand auriculaire.
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G. Les Nerfs importants du SCM :
1. Le Nerf Vague X :
Le nerf vague naît du sillon collatéral postérieur du bulbe (sillon rétro-olivaire). Il sort du crâne par le
foramen jugulaire, avec la veine jugulaire interne et les nerfs IX et XI. Juste sous la base du crâne, il
présente le glome et le ganglion plexiforme (ganglion inférieur). C'est à ce niveau que naît le nerf
laryngé supérieur. Celui-ci se divise en deux branches :
•
une branche interne, qui traverse la membrane thyro-hyoïdienne et assure la sensibilité supraglottique ;
•
une branche externe, motrice du muscle crico-thyroïdien.
Le vague descend ensuite dans la gaine carotidienne, en arrière et entre deux vaisseaux : en haut, entre
la carotide interne (médiale) et la veine jugulaire interne (latérale) ; plus bas, entre la carotide primitive
(commune) et la veine jugulaire interne.
À la base du cou, il chemine en avant de l'artère subclavière. Il donne alors le nerf laryngé inférieur, ou
nerf laryngé récurrent :
•
à droite, dans la région cervicale, le récurrent passe sous l'artère subclavière ;
•
à gauche, dans le thorax, il passe sous la crosse de l'aorte, en arrière du ligament artériel.
Le récurrent remonte ensuite dans la gouttière trachéo-œsophagienne jusqu'au larynx.
Innervations sensitive : une partie du
conduit auditif externe (CAE) et du
pavillon de l'oreille, en dehors de la zone
de Ramsay Hunt*, qui dépend du VII bis ;
le larynx : sensibilité supra-glottique par le
laryngé supérieur, sous-glottique par le
laryngé inférieur.
Innervation motrice : voile du palais
(palais mou), sauf le tenseur du voile
(innervé par le V3) ; pharynx, sauf le
stylo-pharyngien (innervé par le IX),
muscle palato-glosse ; muscles
intrinsèques du larynx : le crico-thyroïdien
par le laryngé supérieur, tous les autres par
le laryngé inférieur.
* La zone de Ramsay Hunt est le territoire sensitif du nerf facial (VII). Elle correspond à la conque
de l'oreille (le creux du pavillon, devant l'entrée du conduit auditif), à une partie du conduit auditif
externe et à la face externe du tympan. Le nerf grand auriculaire innerve presque tout le pavillon de
l'oreille, sauf la conque. Ce petit îlot central dépend du nerf facial, et non du plexus cervical.
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2. Le nerf spinal (XI) :
Le nerf spinal a une double origine : une racine bulbaire (crânienne), qui naît du sillon collatéral
postérieur du bulbe ; une racine médullaire (spinale), qui naît de la moelle cervicale haute (environ C1
à C5). Elle remonte dans le crâne par le foramen magnum pour rejoindre la racine bulbaire.
Le nerf spinal quitte le crâne par le foramen jugulaire, avec le IX, le X et la veine jugulaire interne. Il
descend alors dans la région rétro-stylienne, où il passe en avant de l'artère carotide interne. Il croise
ensuite la veine jugulaire interne, le plus souvent en passant en avant d'elle.
Il se divise en deux branches :
•
la branche interne, formée des fibres bulbaires, rejoint le nerf vague au niveau du ganglion
plexiforme. Ses fibres sont ensuite distribuées avec celles du vague, notamment au larynx ;
•
la branche externe, formée des fibres médullaires, se dirige latéralement et en arrière. Elle
traverse le muscle sterno-cléido-mastoïdien, qu'elle innerve au passage.
La branche externe émerge ensuite au bord postérieur du SCM. Elle traverse la région
supraclaviculaire (région cervicale latérale) en se dirigeant vers l'arrière, puis se termine dans le
muscle trapèze, dont elle assure l'innervation motrice. Les nerfs cervicaux C3–C4 y apportent un
complément, surtout sensitif.
3. Le nerf hypoglosse (XII) :
Le nerf hypoglosse naît du sillon collatéral antérieur du bulbe (sillon pré-olivaire), entre la pyramide et
l'olive. Il sort du crâne par le foramen condylien antérieur (appelé aussi canal de l'hypoglosse). Il
descend ensuite dans la région rétro-stylienne. Il décrit ensuite un coude (importance clinique) vers
l'avant, entre la veine jugulaire interne et la carotide externe. Il passe en avant (en dehors) des
carotides et sous le ventre postérieur du digastrique.
Il poursuit ce trajet courbe vers l'avant, puis s'engage dans la région sus-hyoïdienne. Il pénètre en
profondeur entre le muscle mylo-hyoïdien, superficiel, et le muscle hyo-glosse, plus médial, pour
atteindre la langue.
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Branches collatérales
•
Racine supérieure de l'anse cervicale : elle rejoint la racine inférieure (C2–C3) pour former
l'anse cervicale, qui innerve les muscles sous-hyoïdiens.
•
Nerf du thyro-hyoïdien.
•
Nerf du génio-hyoïdien.
Innervation motrice : tous les muscles de la langue, intrinsèques et extrinsèques, sauf le palato-glosse,
qui est innervé par le X.
Notes de cours :
L'os hyoïde, repère palpable : Le XII passe juste au-dessus de la grande corne de l'os hyoïde, en
avançant sur le muscle hyo-glosse vers la langue. L'os hyoïde se palpe facilement à travers la peau. En
chirurgie, sentir la grande corne indique où chercher le nerf, ce qui est très utile quand les tissus sont
remaniés (inflammation, tumeur, saignement).
Le trio sur le muscle hyo-glosse (région submandibulaire) : Quand on récline la glande
submandibulaire et le muscle mylo-hyoïdien, on découvre sur la face latérale du muscle hyo-glosse
trois structures étagées, de haut en bas :
•
le nerf lingual, sensitif pour les deux tiers antérieurs de la langue, qui fait une boucle autour du
canal de Wharton ;
•
le canal de Wharton, conduit excréteur de la glande submandibulaire, qui va s'ouvrir sous la
langue ;
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•
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le nerf hypoglosse, moteur de la langue, le plus bas des trois.
Ces trois éléments sont collés à la glande submandibulaire. Lors d'une ablation de cette glande (calcul
du canal de Wharton, tumeur), ils sont donc directement exposés. Le chirurgien doit les identifier un
par un avant de lier le canal.
Conséquences d'une lésion du XII
•
Paralysie de la moitié de la langue, du côté atteint.
•
Déviation de la pointe de la langue du côté paralysé quand on demande au patient de la
tirer, car le côté sain pousse seul.
•
Avec le temps, atrophie et fasciculations de la langue du côté atteint.
•
Difficultés à parler (dysarthrie), à mâcher et à avaler.
Une lésion du nerf lingual donne, elle, une perte de sensibilité et de goût sur les deux tiers antérieurs
de la langue du même côté, sans trouble moteur. Cette différence permet de distinguer cliniquement les
deux nerfs.
Le ventre postérieur du digastrique, « muscle-repère » : Le ventre postérieur du digastrique croise
en superficie toutes les grandes structures du cou haut : carotide interne et externe, veine jugulaire
interne, nerfs X, XI et XII. Le XII passe juste sous son bord inférieur et croise les carotides à ce
niveau. Pendant une intervention, tant qu'on reste en surface du digastrique, on est en sécurité. Dès
qu'on passe en dessous, on entre dans la zone des vaisseaux et des nerfs. Le muscle sert donc de borne
: quand on le repère, on sait que le XII est juste en dessous.
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H. Les muscles importants de la région supraclaviculaire :
Rappels des rapports de la
région supraclaviculaire :
inférieurement on a le 1/3 postéro-médial
de la clavicule, postéro-latéralement le
muscle trapèze, antéro-médialement le
SCM et plus en profondeur, le tout repose
sur la lame prévertébrale du fascia
cervical.
Dans cette région, on retrouve une série
de structures importantes : Veine jugulaire
externe, Nerf spinal (après avoir traversé
le SCM), Nerfs superficiels à destinée
cutanée :
•
Nerf grand auriculaire
•
Nerf grand occipital
•
Nerf troisième occipital
•
Nerf cervical transverse
•
Nerf supra-claviculaire
1. Les muscles scalènes :
Les scalènes forment le plan profond de la région latérale
du cou (région cervicale latérale). Ce sont trois muscles
insérés sur les processus transverses des vertèbres
cervicales : le scalène antérieur, le moyen et le postérieur.
Scalène antérieur :
Le scalène antérieur s'insère crânialement, sur les
tubercules antérieurs des processus transverses de C3 à C6
et caudalement, sur la 1re côte, au niveau du tubercule de
Lisfranc. Ce tubercule se trouve sur la face supérieure de la
1re côte, entre deux gouttières :
•
la gouttière de la veine subclavière, en avant ;
•
la gouttière de l'artère subclavière, en arrière.
Le scalène antérieur sépare donc la veine subclavière, en
avant, de l'artère subclavière, en arrière. Le nerf phrénique
descend sur sa face antérieure.
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•
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Scalène moyen :
C'est le plus long et le plus volumineux des trois. Il s'insère crânialement, sur les tubercules postérieurs
des processus transverses de C2 à C7 et caudalement, sur la 1re côte, en arrière de l'insertion du
scalène antérieur et de la gouttière de l'artère subclavière.
L'artère subclavière est donc prise en pince entre le scalène antérieur et le
scalène moyen, dans le défilé interscalénique. Le plexus brachial
l'accompagne dans ce défilé.
•
Scalène postérieur :
Le scalène postérieur s'insère crânialement, sur les tubercules postérieurs des
processus transverses de C4 à C6 et caudalement, sur la 2e côte.
Avec un point fixe cervical, les scalènes élèvent les deux premières côtes. Ce
sont des muscles inspiratoires accessoires. Avec un point fixe costal, ils
agissent sur le cou :
•
en contraction bilatérale, ils fléchissent le cou ;
•
en contraction unilatérale, ils l'inclinent du même côté.
Ils sont innervés par des rameaux des branches ventrales des nerfs cervicaux
: le plexus cervical, pour la partie haute ; le plexus brachial, pour la partie
basse.
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I. L’artère subclavière : (apparte car en lien direct avec les scalènes)
L'artère subclavière naît à droite, du tronc brachio-céphalique et à gauche, directement de la crosse de
l'aorte. Elle se termine au bord externe de la 1re côte. C'est la limite entre l'artère subclavière et l'artère
axillaire, qui lui fait suite. Elle décrit une courbe à concavité inférieure au-dessus du dôme pleural.
Elle passe ensuite dans le triangle des scalènes, ou défilé interscalénique, entre le scalène antérieur et
le scalène moyen.
Le scalène antérieur divise son trajet en
trois portions :
•
une portion pré-scalénique, en
dedans du scalène antérieur (1)
•
une portion inter-scalénique,
appelée aussi rétro-scalénique, en
arrière du scalène antérieur (2)
•
une portion post-scalénique, en
dehors du scalène antérieur, jusqu'à
la 1re côte (3).
Le scalène antérieur et le tubercule de Lisfranc marquent la limite entre l'artère et la veine subclavières
: la veine passe en avant du scalène antérieur ; l'artère passe en arrière, dans le défilé, avec le plexus
brachial.
1. Branches pré-scaléniques
•
Artère vertébrale : elle naît de la face supérieure de la subclavière.
•
Artère thoracique interne : elle naît de la face inférieure.
•
Tronc thyro-cervical, qui donne :
o
l'artère thyroïdienne inférieure ;
o
l'artère suprascapulaire ;
o
l'artère cervicale transverse ;
o
l'artère cervicale ascendante, qui naît souvent de la thyroïdienne inférieure.
2. Branches inter- et post-scaléniques
•
•
Tronc costo-cervical, qui donne :
o
l'artère cervicale profonde, destinée aux muscles profonds de la nuque, avec
des rameaux pour la moelle et les méninges ;
o
l'artère intercostale suprême, qui donne les deux premières artères
intercostales postérieures.
Artère scapulaire postérieure (ou dorsale de la scapula).
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➢ Les trapèzes :
Le trapèze est le muscle le plus superficiel de la nuque et de la
partie haute du dos. C'est un muscle large et plat, triangulaire de
chaque côté. Les deux trapèzes réunis forment un losange.
Origine (médiale) :
o
le tiers médial de la ligne nuchale supérieure ;
o
la protubérance occipitale externe ;
o
le ligament nuchal, qui relaie les processus épineux
de C1 à C6 ;
o
les processus épineux de C7 à Th12.
Terminaison (latérale) :
o
le tiers latéral de la clavicule, sur son bord postérieur
;
o
l'acromion ;
o
l'épine de la scapula.
Le trapèze comporte trois faisceaux, qui n'ont pas la même action :
•
les fibres supérieures (descendantes) élèvent la ceinture scapulaire et haussent les épaules ;
•
les fibres moyennes (transverses) rapprochent la scapula de la ligne médiane ;
•
les fibres inférieures (ascendantes) abaissent l'épaule.
Ensemble, les fibres supérieures et inférieures font tourner la scapula vers le haut, avec l'aide du
dentelé antérieur. Cette rotation scapulaire est indispensable pour lever le bras au-dessus de
l'horizontale.Si la scapula est fixée, la contraction unilatérale du trapèze incline la tête du même côté et
la tourne du côté opposé. En contraction bilatérale, il étend la tête.
Innervation
•
Motrice : le nerf spinal (XI), par sa branche externe.
•
Complément : des rameaux du plexus cervical, surtout sensitifs et proprioceptifs.
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Cas clinique : syndrome de Claude Bernard-Horner
Le syndrome de Claude Bernard-Horner résulte d'une atteinte de la voie sympathique destinée à l'œil
et à l'hémiface. Ses signes apparaissent du même côté que la lésion. Il associe classiquement trois
signes. Le premier est un ptosis partiel, lié à la paralysie du muscle tarsal supérieur de Müller. Le
deuxième est un myosis, dû à la paralysie du muscle dilatateur de l'iris, et plus visible dans l'obscurité.
Le troisième est une énophtalmie, surtout apparente, liée au rétrécissement de la fente palpébrale. Une
anhidrose de l'hémiface peut s'y ajouter lorsque la lésion siège avant la bifurcation carotidienne.
Cette voie sympathique comporte trois neurones. Le premier va de l'hypothalamus au centre ciliospinal de la moelle, situé entre C8 et T2. Le deuxième sort de la moelle par la racine T1, passe au
contact du dôme pleural et de l'artère subclavière, puis remonte dans la chaîne sympathique cervicale
jusqu'au ganglion cervical supérieur. Le troisième suit l'artère carotide interne jusqu'à l'orbite. Une
lésion sur n'importe quel point de ce trajet peut donc entraîner le syndrome. Les causes les plus
classiques sont une tumeur de l'apex pulmonaire (syndrome de Pancoast-Tobias), une dissection de la
carotide interne, un traumatisme ou une chirurgie cervicale, notamment thyroïdienne, et un AVC du
tronc cérébral comme le syndrome de Wallenberg.
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Coupe de scanner (tomodensitométrie, TDM), en coupe axiale
(transversale) :
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