Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Anatomie humaine y compris l'imagerie médicale III (tête et cou) Jérôme R. LECHIEN - Professeurs en ORL - Chirurgie Cervico-faciale Département de Chirurgie, UMONS Synthèse issue de Alice Sabot (2022-23) remise à jour (2026-27), de l’atlas d’anatomie de Netter et du livre « Human Anatomy Color Atlas and Textbook » Page 1 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Page 2 sur 81 Médecine BAC3 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Chapitre 1 : Le larynx A. Morphologie externe du larynx Le larynx est un organe cartilagineux composé de différents cartilages soit fixes, soit mobiles. Ses principales fonctions sont : ✓ Respiration : l’air passe dans le larynx avant de passer au niveau de la trachée, jusque dans les bronches puis dans les poumons où les échanges alvéolaires s’opèrent. ✓ Phonation : le larynx permet l’émission de sons au départ d’un passage d’air entre les cordes vocales. ✓ Déglutition : lors de la déglutition, le larynx se ferme complètement grâce à un cartilage, ce qui permet aux aliments d’être dirigés vers le système digestif et non vers les bronches (= fausse déglutition). La pomme d’Adam est facilement palpable : elle correspond à la partie proéminente du cartilage thyroïde. Elle monte et descend à chaque déglutition, et est située juste sous la peau. Au niveau des rapports anatomiques, le larynx se situe en avant de l’œsophage. Page 3 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Le larynx est un conduit fibro-musculo-cartilagineux situé en regard de C3 à C6, formé de cartilages fixes (thyroïde, cricoïde) et mobiles (aryténoïdes, épiglotte) reliés entre eux par des membranes. 1. Cartilage thyroïde : Le cartilage thyroïde a une forme de V ouvert vers l’arrière. Il possède ce qu’on appelle l’incisure thyroïdienne supérieure, une dépression dans le bord supérieur et antérieur du cartilage. Cette forme particulière lui permet de protéger les cordes vocales qui sont situées en arrière et en-dedans (on parle de « bouclier thyroïdien »). La pointe du cartilage thyroïde est palpable au niveau de la peau (= pomme d’Adam ou proéminence laryngée). Il possède deux paires de cornes : les cornes supérieures crânialement et les cornes inférieures caudalement. Ces cornes lui permettent de s’articuler avec d’autres structures : les cornes supérieures s’articulent avec l’os hyoïde. Les cornes inférieurs s’articulent avec le cartilage cricoïde. La cartilage thyroïde est relié aux structures au-dessus et en-dessous par différentes membranes : la membrane thyro-hyoïdienne qui est la membrane supérieure, qui relie le cartilage thyroïde à l’os hyoïde et la membrane thyro-cricoïdienne qui est la membrane inférieure, qui relie le cartilage thyroïde au cartilage cricoïde. Page 4 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 2. Cartilage cricoïde (de cricos = chevalière) : Le cartilage cricoïde a une forme de bague, arrondie, avec une épaisseur moindre à l’avant par rapport à l’arrière. La hauteur du bord postérieur (3-4 cm) est 3 fois plus grande que celle du bord antérieur (1,5 cm). C’est sur le bord postérosupérieur du cricoïde que reposent les deux cartilages aryténoïdes, qui permettent les mouvements des cordes vocales et interviennent aussi dans la déglutition. Page 5 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 3. Cartilage épiglottique : Le cartilage épiglottique intervient dans le soutien du larynx et a une importance fondamentale lors de la déglutition. L’épiglotte bascule vers le bas lors de la déglutition, ce qui ferme le larynx et empêche les aliments de se diriger vers les voies respiratoires. Le mécanisme de fermeture n’est pas uniquement dû à l’épiglotte, il met aussi en jeu un mécanisme de contraction des muscles intrinsèques du larynx. Il s’articule avec différentes structures : ✓ Ligament thyroépiglottique : relie la face postérieure du cartilage thyroïde avec la tige du cartilage épiglottique (= pétiole), à hauteur de la commissure antérieure qui correspond à l’endroit où les deux cordes vocales se réunissent. ✓ Ligament hyo-épiglottique : relie le cartilage épiglottique et l’os hyoïde. Page 6 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Note : La loge hyo-thyro-épiglottique, espace graisseux situé en avant de l'épiglotte, est une voie d'extension fréquente des cancers supraglottiques. 4. Cartilages aryténoïdes : Les cartilages aryténoïdes sont au nombre de deux. Ils reposent sur les bords postérolatéraux du cartilages cricoïde, et s’articulent avec celui-ci grâce aux articulations crico-aryténoïdiennes. Les cartilages aryténoïdes possèdent deux prolongements : ✓ Processus vocal (vers l’avant) : site d’insertion des cordes vocales. ✓ Processus musculaire (vers l’arrière) : site d’insertion de divers muscles intrinsèques du larynx. Page 7 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Schéma du larynx externe résumé à connaitre sur le bout des doigts : Page 8 sur 81 Médecine BAC3 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 B. Le larynx : Morphologie interne du larynx Au niveau de la configuration interne, on divise le larynx en trois parties : ✓ Plan glottique : plan des cordes vocales (ligament et muscle vocal), postérieurement par rapport au cartilage thyroïde. La région où les cordes vocales se touchent antérieurement est la commissure antérieure, et celle où elles se touchent postérieurement est la commissure postérieure. ✓ Plan sus-glottique : comprend l’épiglotte et les cartilages aryténoïdes qui sont reliés par un repli muqueux, la repli aryépiglottique. Au-dessus des cordes vocales, on retrouve les bandes ventriculaires, aussi appelées fausses cordes vocales. Entre les cordes vocales et les bandes ventriculaires, la muqueuse forme un pli, qu’on appelle le ventricule laryngé ou ventricule de Morgani. ✓ Plan sous-glottique : en-dessous des cordes vocales (aucun relief particulier). Note : Chez un patient tabagique, une laryngocèle doit faire rechercher un cancer sous-jacent (notamment du ventricule, qui peut obstruer le saccule). Le carrefour des trois replis (aryépiglottique, pharyngo-épiglottique et glosso-épiglottique latéral) et la face supérieure des cordes vocales sont des sièges fréquents de tumeurs, car la salive chargée d'alcool et de produits du tabac y stagne, prolongeant le contact des carcinogènes avec la muqueuse. Page 9 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 o Aspect laryngoscopique du larynx : Bien savoir identifier : le repli aryépiglottique, l’épiglotte, les cordes vocales, le carrefour des 3 replis, amygdales linguales, fausses cordes (replis ventriculaires), tubercules cunéiformes et corniculé. Page 10 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Notes : L'espace de Reinke est une couche de tissu conjonctif lâche, d'aspect gélatineux, située sous l'épithélium des cordes vocales. Il permet à la muqueuse de glisser et d'onduler librement au-dessus du ligament et du muscle vocal, plus rigides, ce qui assure une voix de bonne qualité. Son infiltration (œdème de Reinke) entraîne une dysphonie. L'œdème de Reinke concerne l'adulte, surtout le gros fumeur et en cas de forçage vocal. Il donne une voix rauque et grave, d'installation progressive, sans urgence vitale. L'épiglottite de l'enfant est une infection (classiquement à Haemophilus influenzae b, devenue rare grâce à la vaccination) qui touche l'épiglotte. C'est une urgence vitale : dyspnée, hypersalivation, enfant assis penché en avant, ATTENTION : on ne l'allonge pas et on n'examine pas la gorge à l'abaisse-langue, au risque de provoquer un arrêt respiratoire. Page 11 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 C. Le larynx : Muscles extrinsèques du larynx Les cordes vocales adoptent différentes positions selon les circonstances : ✓ Phonation : elles se ferment en une petite fente glottique qui permet le flux aérien, qui les fait vibrer. ✓ Respiration : elles sont ouverte en position paramédiane. ✓ Déglutition : elles sont complètement fermées. Les muscles extrinsèques du larynx s’insèrent sur sa partie externe. La majorité sont reliés à l’os hyoïde, qui est lui-même relié aux cartilages du larynx (via la membrane thyro-hyoïdienne). Ils vont servir à faire bouger le larynx vers le haut ou vers le bas, il y a donc deux groupes de muscles : élévateur et abaisseurs du larynx. Page 12 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 1. Muscles élévateurs du larynx : La région sous-hyoïdienne ✓ Stylo-hyoidien Le muscle stylo-hyoïdien s’insère supérieurement au niveau du processus styloïde de l’os temporal, et inférieurement sur le corps de l’os hyoïde. Sa contraction relève l’os hyoïde et permet dons l’élévation du larynx. Il est innervé par une branche du nerf VII. ✓ Digastrique Le muscle digastrique présente deux chefs : le ventre antérieur et le ventre postérieur. Les deux ventres sont reliés par un tendon qui passe dans une sangle insérée sur l’os hyoïde. C’est comme un système de poulie. Par l’intermédiaire de ce système, la contraction du muscle provoque l’ascension de l’os hyoïde, et donc du larynx. • Ventre postérieur : insertion sur le processus mastoïde de l’os temporal. • Ventre antérieur : insertion sur le bord inférieur de la mandibule, au niveau de la fosse digastrique (en position paramédiane) ✓ Mylo-hyoidien Il s’agit du muscle du plancher de la bouche. Crânialement, il s’insère sur la face interne de la mandibule, au niveau de la ligne mylohyoïdienne. Inférieurement, il s’insère sur le corps de l’os hyoïde. Sa contraction provoque l’ascension du larynx Page 13 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 ✓ Genio-hyoidien Le muscle génio-hyoïdien s’insère crânialement sur la face interne de la mandibule, au niveau de l’épine mentonnière inférieure, ou apophyse génie. Inférieurement, il se termine sur le corps de l’os hyoïde. Il élève l’os hyoïde et donc le larynx. ✓ Thyro-hyoidien L’insertion supérieure du muscle thyro-hyoïdien se fait sur le corps et la grande corne de l’os hyoïde. Inférieurement, il vient s’insérer sur la face antérosupérieure du cartilage thyroïde (sur la ligne oblique). Il relève le cartilage thyroïde à chaque déglutition. Page 14 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Page 15 sur 81 Médecine BAC3 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 2. Muscles abaisseurs du larynx : La région sous-hyoïdienne : ✓ Sterno-Hyoidien Muscle sterno-hyoïdien Les muscle sternohyoïdiens sont plus superficiels que les autres muscles sous-hyoïdiens. Ils sont insérés supérieurement sur le corps de l’os hyoïde, et inférieurement sur la face interne du sternum (au niveau du manubrium). Avec les muscles thyrohyoïdiens, ils décrivent un losange par lequel on passe pour faire les trachéotomies classiques. ✓ Sterno-thyroidien Ils sont plus en profondeur, sous les sternohyoïdiens. Ils s’insèrent inférieurement sur la face interne du manubrium sternal, et supérieurement sur la face antérieure du cartilage thyroïde. ✓ Omo-hyoidien Le muscle omo-hyoïdien est composé de deux chefs séparés par un tendon (comme le digastrique). Il se dirige latéralement, et relie le corps de l’os hyoïde au bord supérieur de la scapula (au niveau de l’incisure scapulaire). Il tire le larynx vers le bas et latéralement. Page 16 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Muscle Insertions Action Innervation Stylo-hyoïdien Haut : processus styloïde de l’os temporal Élévateur, notamment pendant la déglutition N. facial (VII) Élévateur : grâce au système de poulie, sa contraction fait monter l’os hyoïde, donc le larynx Ventre antérieur : n. mylo-hyoïdien (branche du V3) Élévateur N. mylo-hyoïdien (branche du V3, nerf mandibulaire) Élévateur Anse de l’hypoglosse Anse de l’hypoglosse Bas : lame quadrilatère du cartilage thyroïde (ligne oblique) Élévateur : relève le thyroïde vers l’os hyoïde à chaque déglutition Muscle Insertions Action Innervation Sterno-hyoïdien (le plus superficiel) Bas : face crânio-interne du manubrium sternal Abaisseur Anse de l’hypoglosse Abaisseur Anse de l’hypoglosse Bas : corps de l’os hyoïde, au contact du tendon du digastrique Digastrique Ventre postérieur : processus mastoïde de l’os temporal Ventre antérieur : bord inférieur de la mandibule, dans la fosse digastrique (position paramédiane) Ventre postérieur : n. facial (VII) Les deux ventres sont reliés par un tendon qui passe dans une poulie (sangle) sur la face supérieure de l’os hyoïde, entre le corps et les grandes cornes Mylo-hyoïdien (muscle du plancher de la bouche) Haut : face interne de la mandibule, sur la ligne mylo-hyoïdienne Génio-hyoïdien Haut : épine mentonnière inférieure de la mandibule (apophyse géni) Bas : corps de l’os hyoïde Bas : corps de l’os hyoïde Thyro-hyoïdien Haut : corps et grande corne de l’os hyoïde Haut : corps de l’os hyoïde Trajet oblique en haut et en dedans, en éventail Sternothyroïdien (plus profond, sous le sterno-hyoïdien) Bas : face interne du manubrium sternal Haut : face antérieure des lames quadrilatères du thyroïde Page 17 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Muscle Insertions Action Innervation Omo-hyoïdien Deux ventres reliés par un tendon qui passe dans une poulie sur la face crâniomédiale de la clavicule Abaisseur : tire le larynx vers le bas et en dehors Anse de l’hypoglosse Bas : bord supérieur de la scapula, près de l’incisure scapulaire Haut : corps de l’os hyoïde N.B. Le losange de la trachéotomie Les muscles sterno-hyoïdiens et sterno-thyroïdiens délimitent le losange de la trachéotomie : lors d’une trachéotomie classique, il faut les écarter ou les couper. Page 18 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Exercice : associer les numéros sur les figures ci-dessous aux muscles discutés précédemment : Page 19 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 D. Le larynx : Muscles intrinsèques du larynx La position des cordes vocales est régie par un jeu très fin de contraction et de relâchement de différents muscles composant le larynx : les muscles intrinsèques. Parmi les muscles intrinsèques, on distingue : ✓ Muscles adducteurs à ferment la glotte. ✓ Muscles abducteurs à ouvrent la glotte ✓ Muscles tenseurs ✓ Muscles relâchant 1. Muscles adducteurs du larynx (fermeture du larynx) : ✓ Muscle crico-aryténoïdien latéral Il s’agit du muscle le plus puissant du larynx. Il s’insère crânialement sur le processus musculaire du cartilage aryténoïde homolatéral, et inférieurement sur le bord supérieur de la partie latérale du cartilage cricoïde. En se contractant, il tire les processus musculaires vers l’extérieur, et les processus vocaux se rapprochent. ✓ Muscle aryténoïdien transverse/oblique Ce muscle est tendu entre les deux cartilages aryténoïdes, inséré sur leur face postérieure. Lors de la contraction, les deux aryténoïdes se rapprochent, ce qui ferme les cordes vocales. 2. Muscles abducteurs du larynx (ouverture du larynx) : ✓ Muscle crico-aryténoïdien postérieur Ce muscle est crucial pour la respiration. En cas de paralysie, les deux cordes vocales restent fermées, provoquant une dyspnée permanente nécessitant souvent une trachéotomie. Le muscle crico- Page 20 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 aryténoïdien postérieur s’insère sur la face antérieure du processus musculaire du cartilage aryténoïde, ainsi que sur la face postérieure du cricoïde. En se contractant, il tire le processus musculaire vers l’arrière, ce qui ouvre la glotte et met les cordes vocales en abduction. 3. Muscles tenseurs des cordes vocales : ✓ Muscle crico-thyroïdien Le crico-thyroïdien s’insère sur la partie antérieure et latérale du cartilage cricoïde, ainsi que sur le bord inférieur du cartilage thyroïde. Son rôle est de faire bascules le cartilage thyroïde vers l’avant, et de tendre les cordes vocales. Cela a une importance dans le chant et les sons aigus. Ce muscle est le seul muscle intrinsèque du larynx qui n’est pas innervé par le nerf laryngé récurrent, il est innervé par le nerf laryngé supérieur, issu du nerf vague également. 4. Muscles relâcheurs des cordes vocales : ✓ Muscle thyro-aryténoïdien Ce muscle est le « muscle de la corde vocal ». Il est composé de deux faisceaux : " Un faisceau supérieur s’insérant sur la face antérolatérale du cartilage aryténoïde et sur la face interne du cartilage thyroïde " Un faisceau inférieur s’insérant sur le processus vocal du cartilage aryténoïde et sur la face interne du cartilage thyroïde (au niveau du V thyroïdien) Le rôle de ce muscle est de relâcher la tension dans les cordes vocales en tirant les aryténoïdes vers l’avant. La tonalité et les modulations de la voix sont un mélange des effets du muscle crico-thyroïdien et du muscle thyro-aryténoïdien (tenseur et relâcheur). Page 21 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Exercice : associer les numéros sur les figures ci-dessous aux muscles discutés précédemment : Page 22 sur 81 Julien Chapelain Muscle 2026-27 Insertions Médecine BAC3 Action Innervation Tire le processus musculaire vers l’arrière → ouvre la glotte (abduction des cordes vocales). Seul abducteur : indispensable à la respiration. N. laryngé récurrent Tire le processus musculaire vers l’extérieur → les processus vocaux basculent vers l’intérieur et se rapprochent → la glotte se ferme. Muscle le plus puissant du larynx. N. laryngé récurrent Rapproche les aryténoïdes l’un de l’autre → ferme la glotte N. laryngé récurrent Fait basculer le thyroïde vers l’avant → tend les cordes vocales → élève la tonalité de la voix (aigus, chant) N. laryngé supérieur (branche externe) : seul muscle intrinsèque non innervé par le récurrent Assure un tonus permanent ; relâche la tension des cordes vocales (tire les aryténoïdes vers l’avant) quand la contraction s’intensifie N. laryngé récurrent + n. laryngé supérieur dans 80 % des cas Abducteurs : ouverture de la glotte Crico-aryténoïdien postérieur Haut : processus musculaire de l’aryténoïde Bas : face postérieure du chaton cricoïdien, près de la ligne médiane Adducteurs : fermeture de la glotte Crico-aryténoïdien latéral Haut : processus musculaire de l’aryténoïde Bas : partie latérale du cricoïde (bord supérieur, face interne) Aryténoïdien transverse (et oblique) D’un processus musculaire à l’autre, le long de la face postérieure des aryténoïdes Tenseurs des cordes vocales Crico-thyroïdien Bas : partie antéro-latérale du cricoïde Haut : bord inféro-latéral du cartilage thyroïde Thyro-aryténoïdien (faisceau inférieur = muscle vocal) Faisceau supérieur : face antérieure de l’aryténoïde → face interne du thyroïde (« V » thyroïdien) Faisceau inférieur : processus vocal, en dedans du ligament vocal → « V » thyroïdien Page 23 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 E. Le larynx : Innervation du larynx Le larynx est innervé par deux nerfs : le nerf laryngé supérieur et le nerf laryngé récurrent. Tous deux proviennent du nerf vague, à des hauteurs différentes. Pour rappel, le nerf laryngé récurrent gauche se détache plus bas que le nerf laryngé récurrent droit, ce qui explique les différentes symptomatologies dans certaines situations (voir page 8). Le nerf laryngé récurrent droit est plus latéral, car il n’a pas vraiment le temps de s’enfoncer dans la gouttière trachéo-oesophagienne lorsqu’il remonte vers le larynx dans son trajet récurrent. → Tous les muscles sont innervés par le nerf laryngé récurrent, à l’exception du muscle cricothyroïdien (tenseur des cordes vocales), qui est innervé par le nerf laryngé supérieur. 1. Nerf laryngé récurrent : Le nerf laryngé récurrent provient du nerf vague. Il se détache à différents niveaux à droite et à gauche. À droite, le nerf laryngé récurrent se détache à hauteur de l’artère subclavière , la contourne par le bas et remonte dans la gouttière trachéo-oesophagienne. À gauche, le nerf descend jusque dans la région thoracique, se détache sous la crosse de l’aorte, décrit une boucle en-dessous et remonte dans la gouttière. Ce nerf innerve tous les muscles du larynx, à l’exception du muscle crico-thyroïdien. Il innerve les muscles qui écartent et les muscles qui rapprochent les cordes vocales. En cas de lésion des nerfs laryngés récurrents, les cordes vocales se mettront donc en position paramédiane (intermédiaire). Parfois le nerf laryngé récurrent se détache bcp plus tôt, mais il continue son chemin parallèllement au nerf vague jusqu’à ce qu’il entame son trajet récurrent (tjrs à la même auteur). 2. Nerf laryngé supérieur Le nerf laryngé supérieur provient également du nerf vague, et aborde le larynx au niveau de l’os hyoïde. Il donne deux branches : ✓ Branche externe : donne l’innervation du muscle crico-thyroïdien. ✓ Branche interne : traverse la membrane thyro-hyoïdienne et donne l’innervation sensitive de la muqueuse laryngée (importante lors de la déglutition). Page 24 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Exam (ci-dessus) !!! F. Vascularisation du larynx: les artères La vascularisation du larynx est assurée par deux principales artères : l’artère laryngée supérieure et l’artère laryngée inférieure. 1. Artère laryngée supérieure : L’artère laryngée supérieure est une branche de l’artère thyroïdienne supérieure, elle-même issus de l’artère carotide externe. À hauteur de la membrane thyro-hyoïdienne, la carotide commune (ou primitive) se divise en deux : les carotide externe et la carotide interne. Il faut savoir que la carotide externe est plus interne que la carotide interne au moment de la division. La carotide externe va fournir 6 branches cervicales, et se termine en deux branches terminales. La première branche cervicale est l’artère thyroïdienne supérieure. Celle-ci donne l’artère laryngée supérieure, qui accompagne la branche interne du nerf laryngé supérieur et de la veine laryngée supérieure dans un trou de la membrane thyro-hyoïdienne. Page 25 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 2. Artère laryngée inférieure : L’artère laryngée inférieure, de plus petit calibre, est une branche de l’artère thyroïdienne inférieure. Celle-ci provient du tronc thyro-cervical, qui est émis par l’artère subclavière. L’artère laryngée inférieure suit le trajet du nerf laryngé récurrent (branche du nerf vague), qui pénètre dans le larynx au niveau de la membrane cricotrachéale (entre le cartilage cricoïde et la trachée). L’artère thyroïdienne inférieure, issus du tronc thyrocervical, va passer derrière la carotide primitive pour remonter vasculariser la glande thyroïde et pénétrer à l’intérieur du larynx via la branche laryngée inférieure. Exercice : repérer l’artère laryngée inférieure, l’artère thyroidienne inférieure, le tronc tyro-cervical qui ne sont pas indiqués. Page 26 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 F. Vascularisation du larynx: les veines Le drainage veineux est assez similaire à la vascularisation artérielle en termes de vaisseaux. On a donc une veine laryngée supérieure et une veine laryngée inférieure. 1. Veine laryngée supérieure : La veine laryngé supérieure se draine dans la veine thyroïdienne supérieure, qui elle-même va fusionner avec les veines linguales et faciales pour donner le tronc thyro-linguo-facial. Celui-ci va se jeter dans la veine jugulaire interne. Parfois, il existe des variantes anatomiques qui font que la veine thyroïdienne supérieure se draine directement dans la veine jugulaire interne. 2. Veine laryngée inférieure : La veine laryngée inférieure se draine dans la veine thyroïdienne inférieure, qui rejoint directement la veine brachiocéphalique. Pour rappel, la veine brachiocéphalique nait de la réunion de la veine jugulaire interne et de la veine subclavière. La veine brachiocéphalique descend en avant de la trachée, et la réunion des VBC gauche et droite donne la veine cave supérieure, qui s’abouche à l’oreillette droite. Page 27 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 G. Le système lymphatique du larynx : Le cou est une région riche en ganglions lymphatiques (entre 25 et 30 ganglions de chaque côté). Ils sont notamment répartis le long de l’axe jugulo-carotidien. Il existe différentes chaines ganglionnaires, portant des noms particuliers en fonction de leur localisation. Ces chaines drainent les divers organes de la région cervicale. En fonction des organes, il y a un drainage préférentiel dans certains groupes. Le drainage peut se faire de manière bilatérale, c’est pourquoi lorsqu’on résèque une tumeur on préfère curer les ganglions des deux côtés pour s’assurer de retirer tous les ganglions potentiellement atteints. La larynx va se drainer dans le groupe jugulo-carotidien, qui est divisé en trois parties différentes : ✓ Nœuds sous-digastriques : drainent le larynx supra-glottique. ✓ Nœuds sus-omohyoïdiens : drainent le larynx à hauteur des cordes vocales (plan glottique). ✓ Nœuds sous-omohyoïdiens : drainent le larynx sous-glottique Il y a aussi un drainage pré-laryngé, au niveau de la membrane crico-thyroïdienne. À ce niveau, on retrouve le ganglion delphien (= pré-laryngé). Par ailleurs, tout le long du nerf récurrent, on retrouve ce qu’on appelle le ganglions récurrentiels (= chaine récurrentielle), qui draine également la région sous-glottique et trachéoœsophagienne. Page 28 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 1. Aires ganglionnaires cervicales (classification de Robbins) : A connaitre par cœur !!! Ce qu’il veut qu’on retienne : ✓ IA-B: sous mentonnier/mandibulaire, ✓ IIA-B: jugulaire supérieur, ✓ III: jugulaire moyen (sus-omo-hyoidiens), ✓ IV: jugulaire inférieure (sous-omohyoidiens), ✓ V: spinaux, ✓ VI: cervicaux antérieurs (Delphien), ✓ VII: médiastinaux supérieurs. Page 29 sur 81 Médecine BAC3 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 H. Rapports du larynx : 1. Antérieurement : Muscles pré-laryngés (sterno-thyroïdien, sterno-hyoïdien, omohyoïdien et thyro-hyoïdien), Veines jugulaires antérieures, Peau et graisse et thyroïde 2. Postérieurement : Pharynx, Muscle pharyngés 3. Latéralement : Lobes thyroïdiens, Artère carotide primitive, Veine jugulaire interne, Nerf vague, Muscle sternocléido-mastoïdien, Muscle omo-hyoïdien 4. Supérieurement : Os hyoïde 5. Inférieurement : Trachée avec la membrane crico-trachéale Page 30 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 I. La trachée : La trachée est un conduit fibrocartilagineux d'environ 11 cm chez la femme et 12 cm chez l'homme, allant de C6 jusqu'à la carène (T4-T5), soutenu par 16 à 20 anneaux cartilagineux en « U » ouverts en arrière et fermés par le muscle trachéal. Elle conduit l'air vers les bronches et participe à son réchauffement, son humidification et son épuration (tapis muco-ciliaire, réflexe de toux). Elle est en rapport en arrière avec l'œsophage, latéralement avec les lobes thyroïdiens, les carotides et les nerfs récurrents, et en avant avec l'isthme thyroïdien, puis le thymus et les gros vaisseaux. La distance dents-carène est de 23 à 26 cm, à laquelle on ajoute environ 2 cm par voie nasale. » Clinique : R-CPD (dysfonction rétrograde du crico-pharyngien, ou « syndrome de l'incapacité à roter » Le muscle crico-pharyngien (sphincter supérieur de l'œsophage) ne se relâche pas pour laisser remonter l'air : le patient ne peut pas éructer. Cela donne des gargouillements dans la gorge et le thorax, des ballonnements, une gêne ou des douleurs thoraciques, et des flatulences excessives. Le diagnostic est surtout clinique, et le traitement de référence est l'injection de toxine botulique dans le muscle cricopharyngien, souvent efficace de façon durable. Clinique : LPRD (reflux laryngo-pharyngé) Le contenu gastrique (acide, pepsine) remonte jusqu'au larynx et au pharynx, dont la muqueuse est beaucoup plus fragile que celle de l'œsophage. Il se manifeste par des raclements de gorge, une sensation de boule dans la gorge, une toux chronique, une dysphonie, souvent sans brûlures d'estomac, d'où le terme de reflux « silencieux ». La prise en charge repose sur les mesures hygiéno-diététiques (repas légers le soir, ne pas se coucher juste après manger, limiter alcool, tabac, café, graisses) et éventuellement des IPP ou des alginates. Notes : si paralysie cordes vocales → injecter direct de l’acide hyaluronique Page 31 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Coupe de scanner (tomodensitométrie, TDM), en coupe axiale (transversale) : Page 32 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Page 33 sur 81 Médecine BAC3 Julien Chapelain 2026-27 Page 34 sur 81 Médecine BAC3 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Chapitre 2 : Le Hypopharynx et œsophage cervical A. Morphologie externe du pharynx : Le pharynx est un conduit musculo-membraneux commun aux voies aériennes et digestives, divisé en trois étages (nasopharynx, oropharynx, laryngopharynx), dont l'histologie reflète cette double fonction. 1. Histologie : L'épithélium varie selon l'étage. Au nasopharynx, c'est un épithélium respiratoire, pseudostratifié cylindrique cilié avec cellules caliciformes. À l'oropharynx et au laryngopharynx, exposés au frottement du bol alimentaire, c'est un épithélium pavimenteux stratifié non kératinisé. Le chorion est riche en fibres élastiques et contient des glandes séromuqueuses, surtout muqueuses, qui lubrifient la paroi. Le tissu lymphoïde y est abondant et forme l'anneau de Waldeyer. Il regroupe l'amygdale pharyngée (végétations adénoïdes), recouverte d'épithélium respiratoire et organisée en replis sans vraies cryptes, les amygdales palatines, recouvertes d'épithélium malpighien avec des cryptes profondes et une capsule, ainsi que l'amygdale linguale et les amygdales tubaires. La musculeuse est striée squelettique. Elle comprend une couche externe circulaire (muscles constricteurs supérieur, moyen et inférieur) et une couche interne longitudinale (stylo-, palato- et salpingo-pharyngiens), soit une disposition inversée par rapport au reste du tube digestif. Enfin, l'adventice correspond au fascia buccopharyngé, un conjonctif lâche qui permet la mobilité du pharynx lors de la déglutition. 2. Muscles pharyngés constricteurs : Il y a trois muscles constricteurs du pharynx, de chaque côté. Ils forment la couche circulaire externe de la paroi pharyngée et s'emboîtent comme des gobelets empilés : l'inférieur recouvre le moyen, qui recouvre le supérieur. Tous se terminent en arrière sur le raphé pharyngien médian (une bande fibreuse médiane), qui s'attache en haut au tubercule pharyngien de l'os occipital. 1. Le constricteur supérieur prend son origine sur le raphé ptérygo-mandibulaire (pharyngomandibulaire). On y décrit donc quatre faisceaux : ptérygo-, bucco-, mylo- et glossopharyngien. 2. Le constricteur moyen naît de l'os hyoïde (grande et petite cornes).Ses fibres s'étalent en éventail vers l'arrière. Page 35 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 3. Le constricteur inférieur est le plus épais. Il comprend deux parties. La partie thyropharyngienne naît de la ligne oblique du cartilage thyroïde. La partie crico-pharyngienne naît du cartilage cricoïde. Elle forme le sphincter supérieur de l'œsophage. Page 36 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Le l’extérieur vers l’intérieur, on retrouve d’abord les muscles constricteurs, puis un fascia qui s’étend jusqu’à la base du crâne (partie basilaire de l’os occipital) : le fascia pharyngo-basilaire. Endedans de ca fascia, il y a la muqueuse pharyngée. • 1 : nerf glosso-pharyngien (IX) qui contourne le stylopharyngien • 2 : muscle stylo-pharyngien (la bande verticale qui descend du processus styloïde) • 3 : muscle constricteur supérieur • 4 : muscle constricteur moyen • 5 : muscle constricteur inférieur (le grand éventail en bas) • 12 : os hyoïde (grande corne) • 10 : cartilage thyroïde • 9 : cartilage cricoïde • 8 : trachée • 6 : œsophage • 7 : nerf laryngé récurrent • 11 : muscle thyro-hyoïdienne • 13 : muscle stylo-glosse Page 37 sur 81 Médecine BAC3 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 3. La déglutition : A. Phase préparatoire orale (volontaire) : Les aliments sont mastiqués et mélangés à la salive pour former le bol alimentaire. La langue le rassemble sur son dos. Les lèvres restent fermées (muscle orbiculaire de la bouche) et les joues sont maintenues tendues (buccinateur) pour que rien ne s'échappe. Le voile du palais est abaissé contre la base de la langue, ce qui empêche le bol de tomber trop tôt dans le pharynx. La respiration nasale continue. B. Temps buccal ou oral (volontaire) La pointe de la langue s'appuie contre le palais dur, derrière les incisives. Ensuite, la langue se plaque d'avant en arrière contre le palais, comme une vague. Elle pousse ainsi le bol vers l'isthme du gosier. Ce temps dure environ une seconde. Il est sous contrôle volontaire : on peut encore l'interrompre. C. Temps pharyngien (réflexe, involontaire) Dès que le bol touche les piliers du voile et la paroi postérieure du pharynx ou la luette (2 sur 3 min), le réflexe de déglutition se déclenche. Il est commandé par le tronc cérébral (bulbe) via les nerfs IX et X. Plusieurs événements se produisent presque en même temps, en moins d'une seconde : • Fermeture du nasopharynx : le voile du palais s'élève (élévateur et tenseur du voile) et vient au contact de la paroi postérieure du pharynx. Le constricteur supérieur forme un bourrelet qui complète l'étanchéité. Les aliments ne peuvent donc pas remonter dans le nez. • Protection des voies aériennes : l'os hyoïde et le larynx s'élèvent et se portent en avant (muscles supra-hyoïdiens et thyro-hyoïdien), le larynx coulisse vers le haut. L'épiglotte bascule en arrière et recouvre l'entrée du larynx. Les cordes vocales et les plis vestibulaires se ferment. La respiration s'arrête brièvement : c'est l'apnée de déglutition. • Propulsion du bol : les constricteurs supérieur, moyen puis inférieur se contractent successivement, de haut en bas. Cette onde péristaltique pousse le bol vers l'œsophage. Les muscles longitudinaux (stylo-pharyngien, palato-pharyngien) raccourcissent et élèvent le pharynx, qui vient ainsi « au-devant » du bol. • Ouverture du sphincter supérieur de l'œsophage : le muscle crico-pharyngien (partie inférieure du constricteur inférieur) se relâche. L'élévation du larynx tire le cricoïde vers l'avant et aide à l'ouvrir. Le bol passe alors dans l'œsophage. Page 38 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 D. Temps œsophagien (réflexe, involontaire) : Le sphincter supérieur se referme derrière le bol pour empêcher le reflux. Une onde péristaltique primaire parcourt l'œsophage. Elle est sous contrôle du nerf vague et du système nerveux intrinsèque. Le sphincter inférieur de l'œsophage se relâche dès le début de la déglutition, et le bol entre dans l'estomac. Ce temps dure environ 8 à 10 secondes pour un solide, moins pour un liquide. Si des résidus restent dans l'œsophage, une onde secondaire se déclenche localement pour les évacuer. À la fin, le larynx et l'os hyoïde redescendent, l'épiglotte se relève et la respiration reprend. Cas clinique : RCPD Le muscle crico-pharyngien (partie inférieure du constricteur inférieur) forme le sphincter supérieur de l'œsophage. Au repos, il est contracté en permanence. Il ne se relâche que de façon réflexe, dans deux situations : • dans le sens descendant, pendant la déglutition, pour laisser passer le bol ; • dans le sens ascendant (rétrograde), quand de l'air ou du contenu remonte de l'œsophage : c'est le mécanisme du rot, mais aussi des vomissements. La dysfonction rétrograde du crico-pharyngien (R-CPD) Dans le R-CPD, décrit par Bastian en 2019, le relâchement descendant fonctionne normalement : la déglutition est normale. En revanche, le relâchement rétrograde ne se fait pas. L'air qui remonte de l'estomac et de l'œsophage bute contre un sphincter qui reste fermé. On parle d'abelchie (incapacité à roter). On injecte de la toxine botulique directement dans le muscle crico-pharyngien. L'injection se fait le plus souvent par laryngoscopie directe sous anesthésie générale, parfois en consultation sous guidage électromyographique. La toxine paralyse partiellement le muscle, ce qui affaiblit le sphincter. L'air peut alors forcer le passage, et le patient commence à roter, en général dans les jours ou semaines qui suivent. Page 39 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 B. Morphologie interne du pharynx : 1. Vue endoscopique de l’hypopharynx (ou laryngopharynx) : C'est l'étage inférieur, uniquement digestif. Il s'étend du bord supérieur de l'épiglotte jusqu'au bord inférieur du cricoïde, où commence l'œsophage. Le larynx fait saillie dans sa paroi antérieure. L'hypopharynx et le larynx s'imbriquent un peu comme une tête dans un évier de coiffeur : le larynx est la « tête » qui s'avance dans la concavité de l'hypopharynx. Il ouvre l'entrée du larynx (vestibule laryngé) au centre, limitée par l'épiglotte, les plis ary-épiglottiques et les aryténoïdes. Au repos, sa lumière est virtuelle : ses parois antérieure et postérieure sont presque au contact. Elle ne s'ouvre réellement qu'au passage du bol alimentaire. Les sinus piriformes : Situés de part et d'autre des cartilages aryténoïdes, et plus largement de chaque côté du larynx, ils se trouvent ces renfoncements de la muqueuse pharyngée, en forme de gouttières. Ils sont limités en dedans par le pli ary-épiglottique et en dehors par le cartilage thyroïde et la membrane thyrohyoïdienne. C'est par là que passe préférentiellement le bol alimentaire, de chaque côté du larynx, pour rejoindre l'œsophage. C'est aussi un lieu où les corps étrangers (arêtes) peuvent se coincer. ➢ Rapports du sinus piriforme : Le sinus piriforme est une gouttière en forme de pyramide inversée, située de chaque côté du larynx. Ses rapports se résument ainsi : • Médialement : larynx avec le pli ary-épiglottique, puis l'aryténoïde et le cricoïde. • Latéralement : le lobe de la thyroïde et l'axe vasculaire du cou (carotide primitive, jugulaire interne, nerf X). • Antérieurement : cartilage thyroide • Postérieurement : il s'ouvre largement dans la lumière de l'hypopharynx (pas de paroi). Page 40 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 2. Rapports de la paroi pharyngée postérieure : La paroi elle-même est formée de la muqueuse, doublée du muscle constricteur inférieur du pharynx et du fascia bucco-pharyngien. En arrière, elle est séparée de la colonne vertébrale par l'espace rétro-pharyngien. C'est un espace celluleux lâche qui permet au pharynx de glisser contre le rachis pendant la déglutition, et qui contient des nœuds lymphatiques, surtout chez l'enfant. Derrière cet espace se trouvent successivement le fascia prévertébral, les muscles prévertébraux (long du cou et long de la tête), le ligament longitudinal antérieur, puis les corps vertébraux de C4 à C6. Ces rapports ont un intérêt clinique. L'espace rétro-pharyngien peut être le siège d'un abcès, fréquent chez le jeune enfant après une infection ORL. Cet abcès bombe dans la paroi postérieure et provoque dysphagie, raideur de nuque et gêne respiratoire. Il peut aussi s'étendre vers le médiastin. Page 41 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 C. La vascularisation du pharynx : les artères L'hypopharynx partage sa vascularisation artérielle avec le larynx. Il est principalement vascularisé par l'artère laryngée supérieure, branche de l'artère thyroïdienne supérieure, elle-même issue de la carotide externe. L'artère laryngée supérieure accompagne la branche interne du nerf laryngé supérieur. Elle traverse la membrane thyro-hyoïdienne, puis chemine sous la muqueuse de la paroi latérale du sinus piriforme, qu'elle soulève en un pli. La partie inférieure de l'hypopharynx reçoit aussi des branches de l'artère thyroïdienne inférieure, en particulier l'artère laryngée inférieure. La thyroïdienne inférieure naît du tronc thyro-cervical, branche de l'artère subclavière. Enfin, l'artère pharyngienne ascendante, branche de la carotide externe, participe accessoirement à la vascularisation de la paroi postérieure. D. La vascularisation du pharynx : les veines Le drainage veineux de l'hypopharynx suit globalement les artères. Le sang est d'abord collecté par un réseau sous-muqueux, puis par le plexus veineux pharyngien, situé à la face externe des constricteurs. Ce plexus se draine surtout dans la veine jugulaire interne, directement ou par les veines pharyngiennes. Les veines qui accompagnent les artères laryngées participent aussi au drainage. La veine laryngée supérieure traverse la membrane thyro-hyoïdienne avec l'artère et le nerf. Elle rejoint la veine thyroïdienne supérieure, qui se jette dans la jugulaire interne, directement ou par le tronc thyro-linguofacial. Dans la partie basse, la veine laryngée inférieure rejoint la veine thyroïdienne inférieure, qui se draine dans la veine brachio-céphalique, surtout à gauche. E. Drainage lymphatique du pharynx : Le pharynx a un drainage lymphatique très riche, qui se fait vers les nœuds cervicaux profonds : • Nasopharynx : vers les nœuds rétro-pharyngiens, puis vers les nœuds jugulaires supérieurs (secteur II). • Oropharynx : vers les nœuds jugulo-digastriques (secteur II), en particulier pour la tonsille palatine. • Hypopharynx : vers les nœuds jugulaires moyens et inférieurs (secteurs III et IV). La partie haute rejoint aussi le secteur II en suivant le pédicule laryngé supérieur. La partie basse rejoint les nœuds récurrentiels (secteur VI) en suivant le nerf récurrent. Ce drainage abondant car très lymphophile, souvent bilatéral, explique pourquoi les cancers du pharynx s'accompagnent souvent d'adénopathies cervicales précoces. Page 42 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 F. L’innervation du pharynx : Innervation motrice : les muscles constricteurs sont innervés par le plexus pharyngien, qui reçoit ses fibres motrices du nerf vague. Le constricteur inférieur reçoit en plus des rameaux de la branche externe du nerf laryngé supérieur et du nerf laryngé inférieur (récurrent). Ce dernier participe en particulier à l'innervation du muscle crico-pharyngien. Les fibres motrices du plexus pharyngien sont souvent attribuées à la racine crânienne (bulbaire) du nerf spinal (XI). Innervation sensitive : la muqueuse de l'hypopharynx, notamment celle des sinus piriformes, est innervée par la branche interne du nerf laryngé supérieur. Elle traverse la membrane thyro-hyoïdienne et chemine sous la muqueuse du sinus piriforme. La partie basse de l'hypopharynx reçoit aussi des fibres sensitives du nerf laryngé inférieur. Cette sensibilité est essentielle au déclenchement du réflexe de déglutition et du réflexe de toux. Page 43 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Coupe de scanner (tomodensitométrie, TDM), en coupe axiale (transversale) : Page 44 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Page 45 sur 81 Médecine BAC3 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Chapitre 3 : La glande thyroïde A. Morphologie externe de la thyroïde : La thyroïde est une glande endocrine située à la face antérieure du cou, devant la trachée. Ses cellules folliculaires (thyréocytes) sécrètent les hormones thyroïdiennes, la T4 (thyroxine) et la T3 (triiodothyronine), à partir de l'iode apporté par l'alimentation. La T4 est produite en plus grande quantité, mais c'est la T3 qui est la forme active : la T4 est en grande partie convertie en T3 dans les tissus. La thyroïde pèse environ 25 à 30 g chez l'adulte. Elle a la forme d'un H ou d'un papillon, avec deux lobes latéraux reliés par un isthme. L'ensemble mesure environ 6 à 8 cm de large. Chaque lobe mesure environ 5 à 6 cm de haut. La glande est entourée d'une capsule propre, fine et fibreuse, qui envoie des cloisons à l'intérieur du parenchyme. L'isthme se projette en regard des 2e, 3e et 4e anneaux trachéaux C’est précisément à cet endroit que l’on passe lors d’une trachéotomie classique. Il faut alors faire une coagulation des vaisseaux thyroïdiens, ce qui peut durer un certain temps. Si le médecin n’a pas le temps, qui préfèrera effectuer une cricothyrotomie (= quicktrach), c’est-à-dire une incisure au niveau de la membrane cricothyroïdienne (plus haut). De cette manière, on ne passe pas dans une région richement vascularisée, et on gagne du temps (utile en cas d’asphyxie aiguë). La glande est solidement fixée à la trachée et au cartilage cricoïde par le ligament thyro-trachéal (de Gruber). Donc qd on élève le larynx on élève la thyroïde si elle monte c’est une patho de la thyroïde si pas c’est surement adénopathique. Grâce à ces attaches, la thyroïde suit les mouvements du larynx et de la trachée. Elle monte donc lors de la déglutition. C'est un signe clinique important : un nodule thyroïdien ou un goitre se déplace vers le haut quand le patient avale, ce qui permet de le distinguer d'une autre masse du cou, comme une adénopathie. Page 46 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 1. Rapports de la glande thyroïde : • • • Antérieurement, elle est recouverte par la peau, le fascia cervical superficiel et surtout les muscles infra-hyoïdiens (sterno-thyroïdien, sterno-hyoïdien et omohyoïdien). Plus latéralement se trouve le sterno-cléido-mastoïdien. Postérieurement, ses lobes s'appliquent sur le larynx (cartilages thyroïde et cricoïde), sur la trachée et, plus en arrière, sur l'œsophage et le pharynx. Dans le sillon entre la trachée et l'œsophage chemine le nerf laryngé récurrent, un rapport capital en chirurgie thyroïdienne. Latéralement, chaque lobe répond à l'axe vasculo-nerveux du cou : carotide commune, veine jugulaire interne et nerf vague. 2. Les glandes parathyroïdes : Les glandes parathyroïdes sont de petites glandes endocrines, généralement au nombre de quatre : deux supérieures et deux inférieures. Ce nombre varie, et certaines personnes en ont plus ou moins. Chacune a la taille d'une lentille, environ 5 mm, et pèse 30 à 50 mg. Elles sont de couleur jaune-brun. Elles sont situées sur la face postérieure des lobes thyroïdiens, entre la capsule propre de la thyroïde et la gaine périthyroïdienne. Les parathyroïdes supérieures ont une position assez constante, vers le milieu du bord postérieur du lobe, près de l'entrée du nerf récurrent dans le larynx. Les parathyroïdes Page 47 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 inférieures sont plus variables. On les trouve le plus souvent près du pôle inférieur du lobe, mais elles peuvent descendre jusque dans le thymus, voire dans le médiastin. Cette différence s'explique par l'embryologie : les inférieures dérivent de la 3e poche pharyngienne avec le thymus et migrent plus bas que les supérieures, qui dérivent de la 4e poche. Intérêt clinique : lors d'une thyroïdectomie, les parathyroïdes peuvent être lésées ou retirées par erreur. Il en résulte une hypocalcémie, qui se manifeste par des fourmillements, des crampes, voire une tétanie (signes de Chvostek et de Trousseau). Page 48 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 G. La vascularisation de la thyroïde : les artères L'artère thyroïdienne supérieure est en général la première branche de la carotide externe. Elle descend vers le pôle supérieur du lobe, accompagnée de la branche externe du nerf laryngé supérieur. Elle se divise en branches antérieure, postérieure et parfois externe. Elle donne aussi l'artère laryngée supérieure. L'artère thyroïdienne inférieure naît du tronc thyro-cervical, branche de l'artère subclavière. Elle monte d'abord, puis se recourbe en dedans, passe derrière la carotide primitive et atteint la face postérieure du lobe. Elle croise alors le nerf laryngé récurrent. Elle vascularise aussi les parathyroïdes. Il existe parfois une artère thyroïdienne moyenne, inconstante, présente chez environ 5 à 10 % des personnes. Elle naît du tronc brachio-céphalique ou de l'arc aortique et monte devant la trachée vers l'isthme. Page 49 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 H. La vascularisation de la thyroïde : les veines Les veines forment un plexus à la surface de la glande, sous la capsule. Elles se drainent par trois groupes : • la veine thyroïdienne supérieure accompagne l'artère et se jette dans la veine jugulaire interne, directement ou par le tronc thyro-linguo-facial ; • la veine thyroïdienne moyenne, sans artère qui lui correspond, sort de la face latérale du lobe et se jette directement dans la jugulaire interne ; • les veines thyroïdiennes inférieures naissent du pôle inférieur et de l'isthme. Elles forment un plexus devant la trachée et se jettent dans les veines brachio-céphaliques, surtout la gauche. Page 50 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Page 51 sur 81 Médecine BAC3 Julien Chapelain 2026-27 Page 52 sur 81 Médecine BAC3 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Drainage lymphatique de la thyroïde : Le drainage lymphatique de la thyroïde est très riche. Les vaisseaux lymphatiques naissent d'un réseau situé sous la capsule, puis rejoignent plusieurs groupes de nœuds lymphatiques. Le compartiment central du cou (secteur VI) comprend les nœuds pré-laryngés, pré-trachéaux et récurrentiels, situés le long du nerf laryngé récurrent. Les compartiments latéraux comprennent les nœuds de la chaîne jugulo-carotidienne (secteurs II à IV). Certains vaisseaux descendent aussi vers les nœuds du médiastin supérieur (secteur VII). Ce drainage est bilatéral et communique d'un côté à l'autre par l'isthme. C'est pourquoi, en cas de cancer de la thyroïde, le curage ganglionnaire doit souvent être bilatéral. Il doit parfois s'étendre jusque dans le médiastin supérieur pour retirer tous les ganglions atteints. Page 53 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Chapitre 4 : Axe vasculaire du cou Région sterno-cléido-mastoïdienne : A. Les muscles Le SCM est un des muscles les plus importants du cou, notamment sur le plan fonctionnel. On le visualise très bien lorsqu’on tourne la tête d’un côté. C’est un muscle qui permet la rotation de la tête vers le côté opposé au muscle qui se contracte (pour tourner la tête à droite, c’est le SCM gauche qui se contracte). → Inspirateur accessoire Page 54 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Superficiellement, le SCM est recouvert du muscle peaucier du cou, ou platysma. Ce muscle est aponévrotique, il s’insère supérieurement au niveau de la mandibule et inférieurement sur le bord antérieur de la clavicule. C’est un petit muscle très fin, qui peut être utilisé en chirurgie de reconstitution. Bien souvent, la veine jugulaire externe passe au travers ou juste sous le platysma. Le SCM possède une série d’insertions : ➢ Crânialement : • Processus mastoïde de l’os temporal • Moitié latérale de la ligne nuchale supérieure ➢ Caudalement : • Chef sternal (face antérieure du manubrium sternal) • Chef claviculaire (1/3 médial de la face postérieure de la clavicule) Le triangle décrit par les deux insertions caudales est appelé petite fosse supra-claviculaire. Le SCM est innervé par le nerf accessoire spinal (XI), qui innerve également le trapèze. Le nerf spinal traverse le SCM d’avant en arrière pour rejoindre de muscle trapèze plus postérieurement. Classiquement, on lui décrit quatre chefs, nommés selon leurs insertions : sterno-mastoïdien, cléido-mastoïdien, sterno-occipital et cléido-occipital. Actions : quand un seul SCM se contracte, il incline la tête du même côté et tourne la face du côté opposé. Quand les deux se contractent ensemble, ils fléchissent le cou. Si la tête est fixée, le SCM soulève le sternum et les clavicules : c'est un muscle inspirateur accessoire, qui intervient lors d'une respiration forcée. Page 55 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 B. Contenu de la région sterno-cléido-mastoïdienne : On la sépare en 2 zones principales, la zone supraclaviculaire (en Orange) ou triangle postérieur et la zone carotidienne (en vert) ou triangle antérieur. Le muscle sterno-cléido-mastoïdien sert de frontière : il divise la région en un triangle antérieur, devant lui, et un triangle postérieur, derrière lui. Le triangle postérieur (région supraclaviculaire) est limité par le bord postérieur du SCM en avant, le bord antérieur du trapèze en arrière et le ventre postérieur de l'omo-hyoïdien. Le muscle omohyoïdien : son ventre inférieur coupe le triangle en deux, triangle occipital en haut et triangle omoclaviculaire en bas.Le triangle antérieur (région carotidienne) est limité par le bord antérieur du SCM, la ligne médiane et le bord inférieur de la mandibule. La zone carotidienne contient une gaine vasculo-nerveuse, la gaine carotidienne, qui renferme la veine jugulaire interne en dehors, l'artère carotide commune en dedans et le nerf vague (X) en arrière, entre les deux (moyen mnémotechnique : VAN). Le foramen jugulaire est l'orifice de la base du crâne par lequel sortent ensemble la veine jugulaire interne et trois nerfs crâniens : le glosso-pharyngien (IX), le vague (X) et l'accessoire (XI). L'artère carotide interne passe par un orifice différent, le canal carotidien, situé juste en avant. Ces deux trajets sont faciles à confondre. La gaine carotidienne (le manchon gris sur le dessin) enveloppe ensuite la veine jugulaire interne, l'artère carotide et le nerf vague. On retrouve la disposition VAN : veine en dehors, artère en dedans, nerf en arrière entre les deux. Le IX et le XI quittent rapidement l'axe vasculaire et ne restent pas dans la gaine. Page 56 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 C. L’axe artériel de la région SCM : 1. Artère carotide commune (= primitive) : À gauche, la carotide primitive est issue de la crosse de l’aorte. À droite, elle est issue du tronc artériel brachiocéphalique, qui est la première branche de la crosse aortique. Ce tronc se divise en carotide commune droite et en subclavière droite. Pour accéder à la carotide depuis la superficie, il faut inciser la peau en traversant le peaucier et écarter le SCM grâce à des écarteurs de Farabeuf. Ensuite, on doit disséquer entre la thyroïde et la veine jugulaire interne, et en profondeur, on trouve la carotide commune. Entre la jugulaire et la carotide, il ne faut pas oublier de faire attention au nerf vague. Le glomus carotidien est une petite structure ovoïde de quelques millimètres. Il est situé à la bifurcation de l'artère carotide commune, sur la face postérieure ou médiale, entre les carotides interne et externe. Il est relié à l'adventice de l'artère par un petit ligament. C'est un chémorécepteur. Il est formé d'amas de cellules glomiques, entourées d'un réseau de capillaires très dense, ce qui en fait un des tissus les plus vascularisés de l'organisme. Il détecte les variations de la composition du sang : surtout la baisse de la pression partielle en oxygène (PO2), mais aussi l'augmentation du CO2 et la Page 57 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 baisse du pH. Il ne faut pas le confondre avec le sinus carotidien, la dilatation située à l'origine de la carotide interne. Le sinus est un barorécepteur : il détecte les variations de pression artérielle. Il est innervé lui aussi par le nerf de Hering. Le sinus carotidien est innervé par le nerf vague (X), le nerf glosso-pharyngien (IX) et le tronc sympathique cervical. Les fibres de ces différents nerfs s’entremêlent au niveau du glomus carotidien, qui est situé à proximité du sinus. *Note : on peut aussi appliquer un masque frais, plus froid sur le visage pour diminuer la tension. Vers le bord supérieur du cartilage thyroïde, juste sous l'os hyoïde, la carotide commune se divise en carotide externe et carotide interne. À ce niveau, la carotide interne est en fait plus latérale que la carotide externe. Dans le système carotidien, seule la carotide externe donne des branches au cou. La carotide commune n'en donne pas, et la carotide interne ne donne ses premières branches qu'une fois dans le crâne, après son passage dans le canal carotidien à la base du crâne. • Rapports de l’artère carotide commune : Rapports de la carotide commune : • Antérieurement : veine jugulaire interne, lobe thyroïdien • Latéralement : veine jugulaire interne, SCM • Médialement : thyroïde, œsophage, hypopharynx (+ haut) Page 58 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 2. Artère carotide interne : A. Naît de la bifurcation de la carotide commune, en regard du bord supérieur du cartilage thyroïde (C4), juste en dessous de l’os hyoïde. Les termes « interne » et « externe » ne renvoient pas à sa position dans le cou, mais à son territoire : la carotide interne vascularise le cerveau et l'œil, à l'intérieur de la boîte crânienne, alors que la carotide externe vascularise la face et le cou. B. Elle monte verticalement dans la région rétro-stylienne avec la veine jugulaire interne et les nerfs IX, X, XI et XII. C. Elle pénètre dans le crâne par le foramen carotidien, parcourt le canal carotidien en décrivant une double courbure, passe au-dessus du foramen déchiré, puis traverse le sinus caverneux. Elle y côtoie le nerf VI, tandis que les nerfs III, IV et V1 cheminent dans la paroi latérale du sinus. D. Dans le crâne, elle donne l'artère ophtalmique, l'artère communicante postérieure et l'artère choroïdienne antérieure. Elle se termine en artère cérébrale antérieure, qui vascularise la partie antérieure de la face interne de l'hémisphère, et en artère cérébrale moyenne, qui vascularise sa face externe. La partie postérieure de la face interne dépend de l'artère cérébrale postérieure, issue du réseau postérieur. Ce réseau est formé par les deux artères vertébrales, qui entrent dans le crâne par le foramen magnum, comme la moelle épinière, et s'unissent en artère basilaire, qui se termine par les deux cérébrales postérieures. Les réseaux antérieur (carotidien) et postérieur (vertébro-basilaire) sont reliés par les artères communicantes et forment à la base du cerveau un cercle artériel, le polygone de Willis, qui permet une suppléance en cas d'obstruction d'une artère. 3. Artère carotide externe : A. Naît de la bifurcation de la carotide commune, en regard du bord supérieur du cartilage thyroïde (C4). Elle se place d'abord en avant et en dedans de la carotide interne, puis monte dans la région carotidienne. B. Elle passe ensuite sous le ventre postérieur du digastrique et le muscle stylo-hyoïdien, pénètre dans la glande parotide et se termine en arrière du col de la mandibule. C. Elle donne huit branches : six collatérales et deux terminales. Page 59 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 • Les trois collatérales antérieures sont l'artère thyroïdienne supérieure, l'artère linguale et l'artère faciale. L'artère thyroïdienne supérieure, à destination médiale, vascularise la thyroïde et la partie supérieure du larynx par l'artère laryngée supérieure, qui traverse la membrane thyro-hyoïdienne (seule qui plonge vers le bas). L'artère linguale, également à destination médiale, chemine en rapport avec le nerf hypoglosse et vascularise la langue et le plancher de la bouche. L'artère faciale, à destination ascendante, vascularise la face. • Les trois collatérales postérieures sont l'artère occipitale, l'artère pharyngienne ascendante et l'artère auriculaire postérieure. L'artère occipitale vascularise le scalp, les muscles du cou, les cellules mastoïdiennes et une partie des méninges. L'artère pharyngienne ascendante vascularise le pharynx. L'artère auriculaire postérieure vascularise les muscles de la nuque et le pavillon de l'oreille. Ses deux branches terminales sont l'artère temporale superficielle, qui monte devant l'oreille vers la tempe et le cuir chevelu, et l'artère maxillaire, qui s'enfonce dans la région infra-temporale. L'artère maxillaire donne une quinzaine de branches, 14 ou 15 selon les auteurs, dont l'artère temporale profonde. Grâce aux nombreuses anastomoses avec l'artère du côté opposé, la carotide externe peut être ligaturée chirurgicalement sans conséquence grave. Avant de la ligaturer, il faut bien la distinguer de la carotide interne : contrairement à celle-ci, elle donne des branches dans le cou. Page 60 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Note : Lors d’une chirurgie esthétique, il faut injecter a la canule et non à l’aiguille sinon on peut léser par ex. l’artère angulaire et créer une hémorragie à l’origine d’une nécrose. Page 61 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Page 62 sur 81 Médecine BAC3 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 D. L’axe veineux de la région SCM : 1. La veine jugulaire externe (VJE) : A. La VJE naît juste sous l'oreille, au niveau de l'angle de la mandibule, à partir du réseau veineux parotidien. B. Elle reçoit la veine auriculaire postérieure et la branche postérieure de la veine rétromandibulaire (qui draine la temporale superficielle et maxillaire). C. Elle descend verticalement et croise en diagonale la face superficielle du sternocléido-mastoïdien, juste sous le platysma. Elle atteint le bord postérieur du SCM dans sa partie basse, puis traverse la partie inférieure de la région supra-claviculaire. Elle perfore enfin l'aponévrose cervicale superficielle, juste au-dessus de la clavicule. D. Elle se jette dans la veine subclavière, en dehors du confluent avec la veine jugulaire interne. Comme elle est superficielle et visible sous la peau, la VJE permet d'évaluer la pression veineuse. Une turgescence jugulaire (veine gonflée, visible chez un patient demi-assis à 45°) traduit une augmentation de pression dans le cœur droit ou dans la veine cave supérieure. On la retrouve dans trois situations : • l'insuffisance cardiaque droite, où le sang stagne en amont du cœur droit ; • le syndrome cave supérieur, où une compression de la veine cave supérieure (souvent par une tumeur) bloque le retour veineux de la tête et des bras ; • l'anasarque, un œdème généralisé par surcharge en eau et en sel, qui s'accompagne souvent d'une surcharge veineuse. Page 63 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Page 64 sur 81 Médecine BAC3 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 2. La veine jugulaire interne (VJI) : A. La VJI naît à la base du crâne, au niveau du foramen jugulaire (au contact du N. IX, X, et XI). Elle fait suite au sinus sigmoïde (partie terminale du sinus latéral), qui draine le sang veineux du cerveau. À son origine, elle présente une dilatation, le golfe jugulaire (bulbe supérieur de la VJI). B. Elle descend au contact de la carotide interne d'abord dans la région rétro-stylienne, un espace profond situé en arrière du processus styloïde, sur le côté du pharynx. Elle entre ensuite dans la gaine carotidienne et descend verticalement sous le SCM jusqu'à la base du cou. Rapports : en haut, elle est en rapport avec la carotide interne, puis plus bas avec la carotide commune (à hauteur de l’hyoïde), qui reste en dedans d'elle. Le nerf vague (X) l'accompagne sur tout son trajet, en arrière, entre la veine et l'artère : c'est la disposition VAN de la gaine carotidienne. C. Afférences : de haut en bas : • le sinus pétreux inférieur, qui vient du crâne ; • les veines pharyngiennes ; • le tronc thyro-linguo-facial de Farabeuf, formé par la réunion des veines faciale, linguale et thyroïdienne supérieure ; la veine thyroïdienne moyenne (attention aux adénopathies comprimantes). D. Juste avant sa fin, la VJI présente une seconde dilatation, le bulbe inférieur, qui contient une valve empêchant le reflux du sang. Elle s'unit ensuite à la veine subclavière derrière l'articulation sterno-claviculaire. C'est la jonction jugulo-subclavière, qui donne naissance à la veine brachio-céphalique. À gauche, le conduit thoracique se jette à ce niveau ; à droite, c'est le conduit lymphatique droit. Page 65 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 La VJI est une voie d'abord fréquente pour poser un cathéter veineux central, car elle est large, rectiligne et mène directement à la veine cave supérieure. On peut en avoir besoin en obstétrique, par exemple lors d'une hémorragie du post-partum grave. E. Le drainage lymphatique du SCM : *Voir p28 F. Les plexus cervicaux du SCM : Le plexus cervical est formé par les branches antérieures des quatre premiers nerfs spinaux cervicaux (C1 à C4). Il se situe en profondeur, sous le sterno-cléido-mastoïdien, devant les muscles scalène moyen et élévateur de la scapula. On distingue des branches sensitives (plexus superficiel) et des branches motrices (plexus profond). Branches sensitives (plexus cervical superficiel) : quatre nerfs émergent ensemble au milieu du bord postérieur du SCM, puis se distribuent en éventail vers la peau : • le nerf petit occipital monte vers la peau de la région située derrière l'oreille • le nerf grand auriculaire monte vers le pavillon de l'oreille et la région de l'angle de la mandibule ; • le nerf transverse du cou part horizontalement vers l'avant et innerve la peau de la face antérieure du cou (très difficile à voir car très petit) • les nerfs supra-claviculaires descendent vers la peau de la base du cou, de la clavicule et du moignon de l'épaule. Page 66 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Branches motrices (plexus cervical profond) : • C2-C3 donnent des rameaux au SCM, au trapèze et aux muscles de la nuque. Pour le SCM et le trapèze, ces rameaux s'ajoutent au nerf accessoire (XI). • C4, par sa branche antérieure, forme l'essentiel du nerf phrénique, qui reçoit aussi des fibres de C3 et C5. Il descend sur la face antérieure du scalène antérieur, entre dans le thorax et innerve le diaphragme. C'est le seul nerf moteur de ce muscle respiratoire. Note : le nerf Vague X innerve aussi le pavillon de l’oreille et le conduit auditif externe, il n’y a pas que le grand auriculaire. Page 67 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 G. Les Nerfs importants du SCM : 1. Le Nerf Vague X : Le nerf vague naît du sillon collatéral postérieur du bulbe (sillon rétro-olivaire). Il sort du crâne par le foramen jugulaire, avec la veine jugulaire interne et les nerfs IX et XI. Juste sous la base du crâne, il présente le glome et le ganglion plexiforme (ganglion inférieur). C'est à ce niveau que naît le nerf laryngé supérieur. Celui-ci se divise en deux branches : • une branche interne, qui traverse la membrane thyro-hyoïdienne et assure la sensibilité supraglottique ; • une branche externe, motrice du muscle crico-thyroïdien. Le vague descend ensuite dans la gaine carotidienne, en arrière et entre deux vaisseaux : en haut, entre la carotide interne (médiale) et la veine jugulaire interne (latérale) ; plus bas, entre la carotide primitive (commune) et la veine jugulaire interne. À la base du cou, il chemine en avant de l'artère subclavière. Il donne alors le nerf laryngé inférieur, ou nerf laryngé récurrent : • à droite, dans la région cervicale, le récurrent passe sous l'artère subclavière ; • à gauche, dans le thorax, il passe sous la crosse de l'aorte, en arrière du ligament artériel. Le récurrent remonte ensuite dans la gouttière trachéo-œsophagienne jusqu'au larynx. Innervations sensitive : une partie du conduit auditif externe (CAE) et du pavillon de l'oreille, en dehors de la zone de Ramsay Hunt*, qui dépend du VII bis ; le larynx : sensibilité supra-glottique par le laryngé supérieur, sous-glottique par le laryngé inférieur. Innervation motrice : voile du palais (palais mou), sauf le tenseur du voile (innervé par le V3) ; pharynx, sauf le stylo-pharyngien (innervé par le IX), muscle palato-glosse ; muscles intrinsèques du larynx : le crico-thyroïdien par le laryngé supérieur, tous les autres par le laryngé inférieur. * La zone de Ramsay Hunt est le territoire sensitif du nerf facial (VII). Elle correspond à la conque de l'oreille (le creux du pavillon, devant l'entrée du conduit auditif), à une partie du conduit auditif externe et à la face externe du tympan. Le nerf grand auriculaire innerve presque tout le pavillon de l'oreille, sauf la conque. Ce petit îlot central dépend du nerf facial, et non du plexus cervical. Page 68 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 2. Le nerf spinal (XI) : Le nerf spinal a une double origine : une racine bulbaire (crânienne), qui naît du sillon collatéral postérieur du bulbe ; une racine médullaire (spinale), qui naît de la moelle cervicale haute (environ C1 à C5). Elle remonte dans le crâne par le foramen magnum pour rejoindre la racine bulbaire. Le nerf spinal quitte le crâne par le foramen jugulaire, avec le IX, le X et la veine jugulaire interne. Il descend alors dans la région rétro-stylienne, où il passe en avant de l'artère carotide interne. Il croise ensuite la veine jugulaire interne, le plus souvent en passant en avant d'elle. Il se divise en deux branches : • la branche interne, formée des fibres bulbaires, rejoint le nerf vague au niveau du ganglion plexiforme. Ses fibres sont ensuite distribuées avec celles du vague, notamment au larynx ; • la branche externe, formée des fibres médullaires, se dirige latéralement et en arrière. Elle traverse le muscle sterno-cléido-mastoïdien, qu'elle innerve au passage. La branche externe émerge ensuite au bord postérieur du SCM. Elle traverse la région supraclaviculaire (région cervicale latérale) en se dirigeant vers l'arrière, puis se termine dans le muscle trapèze, dont elle assure l'innervation motrice. Les nerfs cervicaux C3–C4 y apportent un complément, surtout sensitif. 3. Le nerf hypoglosse (XII) : Le nerf hypoglosse naît du sillon collatéral antérieur du bulbe (sillon pré-olivaire), entre la pyramide et l'olive. Il sort du crâne par le foramen condylien antérieur (appelé aussi canal de l'hypoglosse). Il descend ensuite dans la région rétro-stylienne. Il décrit ensuite un coude (importance clinique) vers l'avant, entre la veine jugulaire interne et la carotide externe. Il passe en avant (en dehors) des carotides et sous le ventre postérieur du digastrique. Il poursuit ce trajet courbe vers l'avant, puis s'engage dans la région sus-hyoïdienne. Il pénètre en profondeur entre le muscle mylo-hyoïdien, superficiel, et le muscle hyo-glosse, plus médial, pour atteindre la langue. Page 69 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Branches collatérales • Racine supérieure de l'anse cervicale : elle rejoint la racine inférieure (C2–C3) pour former l'anse cervicale, qui innerve les muscles sous-hyoïdiens. • Nerf du thyro-hyoïdien. • Nerf du génio-hyoïdien. Innervation motrice : tous les muscles de la langue, intrinsèques et extrinsèques, sauf le palato-glosse, qui est innervé par le X. Notes de cours : L'os hyoïde, repère palpable : Le XII passe juste au-dessus de la grande corne de l'os hyoïde, en avançant sur le muscle hyo-glosse vers la langue. L'os hyoïde se palpe facilement à travers la peau. En chirurgie, sentir la grande corne indique où chercher le nerf, ce qui est très utile quand les tissus sont remaniés (inflammation, tumeur, saignement). Le trio sur le muscle hyo-glosse (région submandibulaire) : Quand on récline la glande submandibulaire et le muscle mylo-hyoïdien, on découvre sur la face latérale du muscle hyo-glosse trois structures étagées, de haut en bas : • le nerf lingual, sensitif pour les deux tiers antérieurs de la langue, qui fait une boucle autour du canal de Wharton ; • le canal de Wharton, conduit excréteur de la glande submandibulaire, qui va s'ouvrir sous la langue ; Page 70 sur 81 Julien Chapelain • 2026-27 Médecine BAC3 le nerf hypoglosse, moteur de la langue, le plus bas des trois. Ces trois éléments sont collés à la glande submandibulaire. Lors d'une ablation de cette glande (calcul du canal de Wharton, tumeur), ils sont donc directement exposés. Le chirurgien doit les identifier un par un avant de lier le canal. Conséquences d'une lésion du XII • Paralysie de la moitié de la langue, du côté atteint. • Déviation de la pointe de la langue du côté paralysé quand on demande au patient de la tirer, car le côté sain pousse seul. • Avec le temps, atrophie et fasciculations de la langue du côté atteint. • Difficultés à parler (dysarthrie), à mâcher et à avaler. Une lésion du nerf lingual donne, elle, une perte de sensibilité et de goût sur les deux tiers antérieurs de la langue du même côté, sans trouble moteur. Cette différence permet de distinguer cliniquement les deux nerfs. Le ventre postérieur du digastrique, « muscle-repère » : Le ventre postérieur du digastrique croise en superficie toutes les grandes structures du cou haut : carotide interne et externe, veine jugulaire interne, nerfs X, XI et XII. Le XII passe juste sous son bord inférieur et croise les carotides à ce niveau. Pendant une intervention, tant qu'on reste en surface du digastrique, on est en sécurité. Dès qu'on passe en dessous, on entre dans la zone des vaisseaux et des nerfs. Le muscle sert donc de borne : quand on le repère, on sait que le XII est juste en dessous. Page 71 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Page 72 sur 81 Médecine BAC3 Julien Chapelain 2026-27 H. Les muscles importants de la région supraclaviculaire : Rappels des rapports de la région supraclaviculaire : inférieurement on a le 1/3 postéro-médial de la clavicule, postéro-latéralement le muscle trapèze, antéro-médialement le SCM et plus en profondeur, le tout repose sur la lame prévertébrale du fascia cervical. Dans cette région, on retrouve une série de structures importantes : Veine jugulaire externe, Nerf spinal (après avoir traversé le SCM), Nerfs superficiels à destinée cutanée : • Nerf grand auriculaire • Nerf grand occipital • Nerf troisième occipital • Nerf cervical transverse • Nerf supra-claviculaire 1. Les muscles scalènes : Les scalènes forment le plan profond de la région latérale du cou (région cervicale latérale). Ce sont trois muscles insérés sur les processus transverses des vertèbres cervicales : le scalène antérieur, le moyen et le postérieur. Scalène antérieur : Le scalène antérieur s'insère crânialement, sur les tubercules antérieurs des processus transverses de C3 à C6 et caudalement, sur la 1re côte, au niveau du tubercule de Lisfranc. Ce tubercule se trouve sur la face supérieure de la 1re côte, entre deux gouttières : • la gouttière de la veine subclavière, en avant ; • la gouttière de l'artère subclavière, en arrière. Le scalène antérieur sépare donc la veine subclavière, en avant, de l'artère subclavière, en arrière. Le nerf phrénique descend sur sa face antérieure. Page 73 sur 81 Médecine BAC3 Julien Chapelain • 2026-27 Médecine BAC3 Scalène moyen : C'est le plus long et le plus volumineux des trois. Il s'insère crânialement, sur les tubercules postérieurs des processus transverses de C2 à C7 et caudalement, sur la 1re côte, en arrière de l'insertion du scalène antérieur et de la gouttière de l'artère subclavière. L'artère subclavière est donc prise en pince entre le scalène antérieur et le scalène moyen, dans le défilé interscalénique. Le plexus brachial l'accompagne dans ce défilé. • Scalène postérieur : Le scalène postérieur s'insère crânialement, sur les tubercules postérieurs des processus transverses de C4 à C6 et caudalement, sur la 2e côte. Avec un point fixe cervical, les scalènes élèvent les deux premières côtes. Ce sont des muscles inspiratoires accessoires. Avec un point fixe costal, ils agissent sur le cou : • en contraction bilatérale, ils fléchissent le cou ; • en contraction unilatérale, ils l'inclinent du même côté. Ils sont innervés par des rameaux des branches ventrales des nerfs cervicaux : le plexus cervical, pour la partie haute ; le plexus brachial, pour la partie basse. Page 74 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 I. L’artère subclavière : (apparte car en lien direct avec les scalènes) L'artère subclavière naît à droite, du tronc brachio-céphalique et à gauche, directement de la crosse de l'aorte. Elle se termine au bord externe de la 1re côte. C'est la limite entre l'artère subclavière et l'artère axillaire, qui lui fait suite. Elle décrit une courbe à concavité inférieure au-dessus du dôme pleural. Elle passe ensuite dans le triangle des scalènes, ou défilé interscalénique, entre le scalène antérieur et le scalène moyen. Le scalène antérieur divise son trajet en trois portions : • une portion pré-scalénique, en dedans du scalène antérieur (1) • une portion inter-scalénique, appelée aussi rétro-scalénique, en arrière du scalène antérieur (2) • une portion post-scalénique, en dehors du scalène antérieur, jusqu'à la 1re côte (3). Le scalène antérieur et le tubercule de Lisfranc marquent la limite entre l'artère et la veine subclavières : la veine passe en avant du scalène antérieur ; l'artère passe en arrière, dans le défilé, avec le plexus brachial. 1. Branches pré-scaléniques • Artère vertébrale : elle naît de la face supérieure de la subclavière. • Artère thoracique interne : elle naît de la face inférieure. • Tronc thyro-cervical, qui donne : o l'artère thyroïdienne inférieure ; o l'artère suprascapulaire ; o l'artère cervicale transverse ; o l'artère cervicale ascendante, qui naît souvent de la thyroïdienne inférieure. 2. Branches inter- et post-scaléniques • • Tronc costo-cervical, qui donne : o l'artère cervicale profonde, destinée aux muscles profonds de la nuque, avec des rameaux pour la moelle et les méninges ; o l'artère intercostale suprême, qui donne les deux premières artères intercostales postérieures. Artère scapulaire postérieure (ou dorsale de la scapula). Page 75 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Page 76 sur 81 Médecine BAC3 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 ➢ Les trapèzes : Le trapèze est le muscle le plus superficiel de la nuque et de la partie haute du dos. C'est un muscle large et plat, triangulaire de chaque côté. Les deux trapèzes réunis forment un losange. Origine (médiale) : o le tiers médial de la ligne nuchale supérieure ; o la protubérance occipitale externe ; o le ligament nuchal, qui relaie les processus épineux de C1 à C6 ; o les processus épineux de C7 à Th12. Terminaison (latérale) : o le tiers latéral de la clavicule, sur son bord postérieur ; o l'acromion ; o l'épine de la scapula. Le trapèze comporte trois faisceaux, qui n'ont pas la même action : • les fibres supérieures (descendantes) élèvent la ceinture scapulaire et haussent les épaules ; • les fibres moyennes (transverses) rapprochent la scapula de la ligne médiane ; • les fibres inférieures (ascendantes) abaissent l'épaule. Ensemble, les fibres supérieures et inférieures font tourner la scapula vers le haut, avec l'aide du dentelé antérieur. Cette rotation scapulaire est indispensable pour lever le bras au-dessus de l'horizontale.Si la scapula est fixée, la contraction unilatérale du trapèze incline la tête du même côté et la tourne du côté opposé. En contraction bilatérale, il étend la tête. Innervation • Motrice : le nerf spinal (XI), par sa branche externe. • Complément : des rameaux du plexus cervical, surtout sensitifs et proprioceptifs. Page 77 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Cas clinique : syndrome de Claude Bernard-Horner Le syndrome de Claude Bernard-Horner résulte d'une atteinte de la voie sympathique destinée à l'œil et à l'hémiface. Ses signes apparaissent du même côté que la lésion. Il associe classiquement trois signes. Le premier est un ptosis partiel, lié à la paralysie du muscle tarsal supérieur de Müller. Le deuxième est un myosis, dû à la paralysie du muscle dilatateur de l'iris, et plus visible dans l'obscurité. Le troisième est une énophtalmie, surtout apparente, liée au rétrécissement de la fente palpébrale. Une anhidrose de l'hémiface peut s'y ajouter lorsque la lésion siège avant la bifurcation carotidienne. Cette voie sympathique comporte trois neurones. Le premier va de l'hypothalamus au centre ciliospinal de la moelle, situé entre C8 et T2. Le deuxième sort de la moelle par la racine T1, passe au contact du dôme pleural et de l'artère subclavière, puis remonte dans la chaîne sympathique cervicale jusqu'au ganglion cervical supérieur. Le troisième suit l'artère carotide interne jusqu'à l'orbite. Une lésion sur n'importe quel point de ce trajet peut donc entraîner le syndrome. Les causes les plus classiques sont une tumeur de l'apex pulmonaire (syndrome de Pancoast-Tobias), une dissection de la carotide interne, un traumatisme ou une chirurgie cervicale, notamment thyroïdienne, et un AVC du tronc cérébral comme le syndrome de Wallenberg. Page 78 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Médecine BAC3 Coupe de scanner (tomodensitométrie, TDM), en coupe axiale (transversale) : Page 79 sur 81 Julien Chapelain 2026-27 Page 80 sur 81 Médecine BAC3 Julien Chapelain 2026-27 Page 81 sur 81 Médecine BAC3