Le grand commerce international au XVIIIe siècle

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Compétences
FICHE
1
Le grand commerce international au XVIIIe siècle
Quels sont les routes du commerce maritime et les produits échangés ?
1
D’après le doc.1, avec quelles parties du monde
les Européens commercent-ils?
Les Européens commercent avec les Amériques, l’Afrique et l’Asie.
2
Sur quel continent les pays européens possèdent-ils principalement
des colonies ?
Les pays européens possèdent principalement des colonies en Amérique.
3
Dans la légende, soulignez les deux types de commerce
qui se développent en Atlantique.
4
Quels sont les cinq pays qui participent au grand commerce
du XVIIIe siècle (doc. 2) ?
La France, Les Pays-Bas, le Portugal, l’Espagne et l’Angleterre.
5
Quels sont les types de produits commercialisés en provenance
d’Amérique (doc. 3) ?
Il s’agit par exemple de sucre, de café, de coton ou de bois.
6
Montrez qu’au XVIIIe siècle le commerce atlantique permet l’essor
des ports européens.
Le commerce atlantique (en droiture ou triangulaire) permet le développement
des ports anglais, français ou ibériques. Les navires y embarquent des produits
manufacturés et y débarquent de nombreux produits coloniaux.
Nantes
Lorient
Bristol Londres
Liverpool Amsterdam
Le Havre
Bordeaux
La Rochelle
Lisbonne
Cadix
ESPAGNE
PORTUGAL
PAYS-BAS
ANGLETERRE
FRANCE
principaux ports
Doc. 2 Les ports européens
OCÉAN
PACIFIQUE
OCÉAN
PACIFIQUE OCÉAN
INDIEN
OCÉAN
ATLANTIQUE
Espagne
Portugal
Pays-Bas
Angleterre
France
route
des Indes
commerce
en droiture2
commerce
triangulaire3
commerce
de produits
et d’esclaves
Possessions coloniales
et comptoirs1
des Européens
1. Établissement commercial établi en territoire étranger.
2. Commerce en ligne droite pratiqué directement avec les colonies d’Amérique.
Les négociants européens vendent aux colonies des productions agricoles et des produits manufacturés d’Europe.
3. Commerce pratiqué par les Européens entre l’Afrique, les colonies d’Amérique et l’Europe et qui repose sur la traite d’esclaves africains.
Sucre
Doc. 2
CHINE
INDE
JAPON
BRÉSIL ANGOLA
SÉNÉGAL
GUINÉE
ANTILLES
INDES
ORIENTALES
INSULINDE
PHILIPPINES
Açores
Terre-
Neuve
Madère
Île de France
Île Bourbon
Canaries
Cap-Vert
Calcutta Macao
Nagasaki
Diu
Bombay Goa
Pondichéry
NOUVELLE-
ESPAGNE
NOUVELLE-
GRENADE
NOUVELLE-
FRANCE
LOUISIANE
GUYANES
Porcelaine,
thé, soie
Cotonnades,
épices, thé
Tabac,
fourrures
indigo
Sucre,
café,
cacao,
tabac
Esclaves,
or, ivoire,
textile
Sucre,
café,
cacao,
or,
diamant
Café
Sucre
Épices
Épices
Doc. 1 Empires coloniaux et grands courants d’échanges au XVIIIe siècle
vidéoprojetable
Carte corrigéeCarte corrigée
Principaux éléments de la cargaison du navire
La Sophie à Nantes, au retour de Saint-
Domingue en 1785 :
- 503 barriques de sucre
- 83 barriques d’indigo
- 25 barriques de café
- 134 balles de coton
- 72 quarts de bois d’acajou
- 2 barils de sirop et confiture
- 500 oranges.
Archives départementales de Loire Atlantique.
Doc. 3 Les marchandises rapportées
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FICHE
2
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Compétences
Les ports de l’Atlantique, au cœur du commerce au XVIIIe siècle
Comment les ports de l’Atlantique profitent-il de l’essor du commerce maritime ?
Doc. 1 Vue du port de La Rochelle au XVIIIe siècle
Peinture de Claude-Jospeh Vernet (1714-1789),
Vue du port de La Rochelle
, huile sur toile, musée de la Marine, Paris, 1762.
1
Tours Saint-Nicolas et de la Chaîne gardant l’entrée du port
2
Tour de la Lanterne servant de phare
3
Le port
4
Navires de haute mer à quai
5
Grande Horloge, porte de la ville
6
Navire sur le fl anc en réparation
7
Ouvriers du chantier naval sciant du bois
8
Groupes de riches bourgeois
(à placer 2 fois)
9
Marchandises sur le quai
10
Immeubles de marchands
…
7
…
6…
12
…
8
…
9
…
8
…
4…
10
…
3
…
5
« Au XVIIIe siècle, La Rochelle vit au rythme de son grand commerce
colonial, né à la confluence du marché canadien, de la droiture1
avec les Antilles et de la traite négrière2. Au sein de la ville atlan-
tique, se démarque dès lors une élite qui tient le haut du pavé : les
négociants3. Moteur de la croissance et de l’emploi, [ils sont] à la
tête des plus grandes fortunes et propriétaires des plus beaux hôtels
particuliers [...].
Regroupés derrière leur chambre de commerce et valorisés par l’ho-
norabilité de leur profession, les négociants ont une influence cer-
taine sur la vie de la cité [...]. [C’est] une élite dont les membres se
renouvellent au gré des réussites et des faillites. À l’image des autres
grandes places maritimes de France, La Rochelle réceptionne inlas-
sablement de nouveaux candidats à la promotion socioprofession-
nelle, ceux qui débutent parfois avec presque rien et qui bâtissent
les plus grandes fortunes. »
Brice Martinetti, Les Négociants de La Rochelle au XVIIIe siècle,
Presses universitaires de Rennes, 2013.
1. Commerce en ligne droite pratiqué directement avec les colonies.
2. Commerce d’esclaves africains.
3. Personne qui se livre au négoce, au commerce en gros.
Doc. 2 Les riches marchands de La Rochelle 1
Qui a peint ce tableau, à quelle date et quel port
est ici représenté?
Ce tableau, peint par Joseph Vernet en 1762, représente le port
de La Rochelle.
2
Écrivez les numéros des éléments en légende
dans les cases correspondantes.
3
D’après le doc.2, quels sont les types de commerce
qui enrichissent La Rochelle?
La Rochelle s’enrichit grâce au commerce en droiture
avec les Antilles et à la traite négrière.
4
Qui pratique et profi te de ce commerce?
Soulignez les passages du texte qui le montrent.
Ce commerce profi te aux négociants.
5
À l’aide des documents, montrez que le port de La Rochelle profi te de l’essor du commerce maritime.
Grâce au commerce maritime et à l’infl uence des riches négociants, le port de La Rochelle connaît un important dynamisme
dont témoignent la richesse des bâtiments et la quantité de marchandises transportées.
La Rochelle
LorientNantes
Bordeaux
Bayonne
OCÉAN
ATLANTIQUE
Mer
Méditerranée
300 km
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Repérer dans le temps les phases de la Première Guerre mondiale ➜Point Méthode XX
Compétences
FICHE
3
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Compétences
Un acteur du commerce maritime au XVIIIe siècle
Dans quelles conditions se déroule une expédition de commerce triangulaire ?
Claude-Vincent Polony débute sa car-
rière de marin à dix ans. Doué et ap-
précié, il accède à tous les postes de
la marine à voile : timonier, lieutenant
de vaisseau, capitaine de frégate. Il
participe à plusieurs campagnes de
traite négrière au service de riches
marchands de La Rochelle.
1. Le départ : « Je surveillais [dans le port de La Rochelle] le char-
gement des marchandises, des vivres et tous autres préparatifs, né-
cessaires à la destination du Trois Frères, un joli navire à trois mâts
avec 58 hommes d’équipage. Tout étant prêt, et les temps favorables,
nous appareillâmes et prîmes la mer le 11 juillet 1784 ».
2. Vers l’Afrique : « Après quelques jours de navigation, nous
doublâmes le Cap Finistère (pointe nord-ouest de l’Espagne), les Îles
Canaries, puis celles du Cap-Vert, par temps favorable, à la suite de
quoi, longeant les côtes de (l’Afrique), nous joignîmes [octobre 1784]
assez aisément le Cap des Palmes [Golfe de Guinée]. »
3. Vers les Caraïbes : « [En juillet 1785], après neuf mois de séjour
sur la côte, nous avons repris la mer, ayant à bord 500 nègres : mais
la dysenterie, la varicelle et le scorbut y étaient aussi. […] Les vents
favorables dans la traversée d’Afrique à l’Amérique, nous firent voir
St-Domingue [en septembre 1785], après 53 jours de navigation,
très désagréable d’ailleurs par la perte journalière de nos captifs. Le
Port-au-Prince fut l’endroit préféré pour la vente de la cargaison, alors
réduite à 376 têtes. »
4. Le retour : « Vers la fin d’octobre 1785, le navire chargé, on leva
l’ancre pour le retour en France. Les temps servirent d’abord notre
impatience d’y arriver ; mais vers le banc Terre-Neuve, de gros vents
rendirent les routes si désavantageuses, qu’il fallut ensuite un mois
pour gagner les Açores, où une violente tempête nous [obligea à
faire escale]. [Pour éviter le naufrage], nous dûmes couper le grand
mât. Dès lors, le navire tint bon et les voiles de l’avant et de l’arrière
suffirent pour nous [permettre d’arriver] à La Rochelle le 25 décembre
1785. On commença dès le lendemain à décharger : six jours après
tout était à terre, le Trois Frères amarré dans le port, l’équipage payé
et congédié. »
D’après les mémoires de Claude-Vincent Polony (1756-1828),
Histoire des services à la mer et dans les ports,
archives dép. de Charente-Maritime.
Doc. 1 Commerce triangulaire et traite atlantique
T
ro
p
i
q
u
e
d
u
C
a
n
c
e
r
Équateur
AFRIQUE
Îles Canaries
Cap des Palmes
Îles des
Açores
Les bancs
de Terre-Neuve
Îles du Cap-Vert
EUROPE
AMÉRIQUE DU SUD
AMÉRIQUE
DU NORD
Saint-Domingue
1 000 km
Escale aux .........................
pour cause de ...................
Départ de
.....................................
le ................................
Arrivée à
..........................................
le .....................................
Arrivée en .............................
Durée du séjour : ................
Esclaves embarqués : .........
Arrivée en .......................................
Durée de la traversée : ................
Esclaves débarqués : ....................
OCÉAN
ATLANTIQUE
Doc. 2
1
Dans le doc.1, entourez le nom
de l’auteur, le titre de ses mémoires
et le nom du navire qu’il commande.
2
De quel commerce est-il chargé?
Il est chargé du commerce
des esclaves.
4
Dans le texte, soulignez:
-en bleu, la première destination
du navire;
-en rouge, la durée du séjour;
-en vert, la durée du voyage
et les di cultés rencontrées.
5
Combien d’esclaves ont péri
durant cette traversée?
124 esclaves ont péri.
6
Quelles sont les di cultés
rencontrées lors du retour
en Europe?
Au cours du voyage de retour, ils ont a ronté une violente tempête, les obligeant
à faire escale et à couper le grand mat pour éviter le naufrage.
vidéoprojetable
Carte corrigéeCarte corrigée
Les étapes du voyage
de Claude-Vincent Polony (1756-1828)
7
À l’aide du texte et de vos réponses aux questions, complétez le doc. 2.
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Compétences
FICHE
4
Les traites négrières et l’esclavage des Africains
Comment s’organise les traites des esclaves africains ?
1
Qui est l’auteur de ce témoignage
(doc.1)? Par qui est-il capturé et par
qui est-il déporté?
C’est un esclave africain a ranchi qui
témoigne, Olaudah Equiano. Capturé par une
tribu rivale de la sienne, il est déporté en
Amérique par des négriers européens.
2
Soulignez en bleu quatre exemples
montrant les horribles conditions de la
traversée de l’Atlantique.
3
Comment évoque-t-il:
- les esclaves considérés comme
une simple marchandise?
Ils sont «parqués comme des moutons»
dans un enclos et vendus par lots.
- la brutalité de leur vente?
Les familles, parents, enfants, amis sont
brutalement séparées pour toujours.
4
Soulignez:
-en vert, ce pour quoi il est employé
par le planteur qui l’a acheté;
-en rouge, les mauvais traitements dont
les esclaves peuvent être victimes.
5
D’après le doc.2, quels sont
les deux types de traite négrière
et par qui sont-elles pratiquées ?
La traite orientale est pratiquée par le monde
musulman et la traite atlantique par les
Européens.
6
Selon la légende, coloriez les zones
d’arrivée des esclaves sur la carte.
7
Entourez dans la légende le nombre
d’Africains victimes de ce commerce.
Olaudah Equiano, un Africain capturé à onze ans par une tribu rivale, est
acheté en 1756 par des négriers européens qui le déportent aux Antilles
en Amérique.
La traversée de l’Atlantique
« “On nous installa tous sous le pont [...]. L’étroitesse de l’endroit ainsi
que la chaleur du climat, ajoutées aux nombreux passagers du bateau
[…] nous étouffaient presque. […] L’air devint irrespirable, provoqua une maladie parmi les
esclaves dont plusieurs en moururent [...].
Cette situation misérable fut encore aggravée par le bruit irritant des chaînes, maintenant
devenues insupportables ; et la crasse des latrines. Les cris des femmes et les gémissements
des personnes mourantes rendaient toute la scène atroce. Heureusement pour moi, peut-
être, je devins bientôt si faible en cet endroit qu’on jugea nécessaire de me laisser sur le
pont presque tout le temps, et parce que j’étais jeune on ne me mit pas aux fers [...].” »
La vente en Amérique
« “Enfin, nous vîmes apparaître l’île de la Barbade. Après notre débarquement, on nous
dirigea vers la cour d’un marchand où nous fûmes parqués comme des moutons, sans
souci du sexe ni de l’âge. Nous étions là depuis quelques jours quand on procéda à notre
vente. Au signal du roulement de tambour, les acheteurs, marchands ou planteurs, se pré-
cipitaient tous ensemble dans l’enclos où étaient massés les esclaves et choisissaient le lot
qu’ils préféraient. Sans scrupule, on sépara des familles et des amis qui, pour la plupart, ne
se reverraient plus jamais. C’était vraiment déchirant d’entendre les cris de parents perdant
leurs enfants, des frères leurs sœurs, des époux leurs femmes.” »
Le travail dans la plantation
« “Pendant quelques semaines, je fus employé à désherber et à ramasser des pierres dans
une plantation. Comme l’homme à qui appartenait ce domaine tomba malade, on m’en-
voya dans sa demeure pour l’éventer pendant son sommeil. En entrant dans la maison, je
vis une esclave noire qui préparait le dîner : la pauvre était cruellement chargée de divers
instruments en fer, dont un qu’elle portait sur la tête et qui lui fermait si étroitement la
bouche qu’elle pouvait à peine parler, manger ou boire. Je fus choqué par ce dispositif, dont
j’appris plus tard qu’on l’appelait une muselière de fer.” »
D’après Olaudah Equiano (esclave affranchi), Ma Véridique Histoire, 1789.
Doc. 1 Le témoignage d’un esclave africain
1 000 km
OCÉAN
ATLANTIQUE
OCÉAN
INDIEN
OCÉAN
PACIFIQUE
AMÉRIQUE
CENTRALE
EUROPE
Saint-Domingue
Cuba
Île Bourbon
Île de
France
AFRIQUE DU NORD
AFRIQUE
OCCIDENTALE ÉTHIOPIE
ANGOLA MOZAMBIQUE
MOYEN-
ORIENT
BRÉSIL
VIRGINIE
CAROLINE
LOUISIANE
Lieux de la traite
négrière
Les différentes
traites Le commerce triangulaire
zone de traite
traditionnelle
interafricaine
Ports négriers
d’Europe produits
manufacturés
produits
coloniaux
d’Afrique
d’Amérique
traite orientale1
traite atlantique2
zone de départ
des esclaves
zone d’arrivée
des esclaves
1. Vers le monde musulman du VIIe s. au XIXe s.
(entre 7 et 12 millions de personnes)
2. Vers les colonies européennes de la fin
du XVe s. jusqu’en 1860 (entre 12
et 13 millions de personnes)
Luanda Zanzibar
Charleston
Gorée
Cape Coast Ouidah
Rio de Janeiro
Salvador de Bahia
La Nouvelle-
Orléans
A
N
T
I
L
L
E
S
Produits
coloniaux
Esclaves
Esclaves
Esclaves
Armes,
velours
fer,
verre
Doc. 2 Les traites négrières et les lieux
du commerce des esclaves africains vidéoprojetable
Carte corrigéeCarte corrigée
© Hatier. Reproduction interdite
Fiches Histoire-Géographie-EMC 4e © Editions Hatier, 2025 - Reproduction interdite
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Compétences
FICHE
5
L’essor de l’économie de plantation au XVIIIe siècle
Quelles sont l’organisation et la fonction économique d’une plantation ?
1
Présentez le document1.
Ce document est un dessin de William Clark datant du début du XIXe
siècle. Il représente une plantation de canne à sucre aux Antilles.
2
Écrivez les numérosdes éléments en légende dans
les cases correspondantes.
3
Entourez le siècle durant lequel la traite atlantique
a connu son apogée.
4
Dans le doc.2, soulignez en rouge la défi nition
d’une économie de plantation; en vert, les débouchés
de sa production.
5
Que génèrent les produits des plantations?
Ces produits génèrent des profi ts et un trafi c importants.
6
Entourez le nom des bâtiments composant une plantation.
7
D’après les doc. 1 et 2, à quel type de main-d’œuvre
cette économie a-t-elle recours ? Relevez ce qui montre
son essor au cours du XVIIIe siècle.
Cette économie a massivement recours aux esclaves noirs.
En Martinique, le nombre d’esclaves est passé de 14 600 à 84 000
en moins d’un siècle (x 5,7).
« L’économie développée dans le cadre de la plantation est celle d’une
mono-activité, comme la production de canne à sucre, tournée vers
l’exportation. Les principaux débouchés sont la métropole et les pays
du Nord de l’Europe. À partir de la canne à sucre, on peut élaborer
toute une série de produits allant du sucre à l’eau-de-vie. Progressi-
vement, les plantations diversifient leurs activités en y introduisant
notamment la culture de l’indigo1, mais il s’agit toujours d’une agri-
culture d’exportation.
Ces productions génèrent des profits considérables et un trafic impor-
tant, que celui-ci s’effectue en droiture, c’est-à-dire en liaison directe
entre les Antilles et les ports de la façade atlantique française ou bien
dans le cadre du commerce triangulaire (ports français, Afrique, Antilles).
La plantation est organisée de façon quasi autarcique. L’espace habité
comprend plusieurs bâtiments parmi lesquels la maison du planteur
est la plus majestueuse, même lorsqu’il n’y réside pas. À proximité,
on trouve la case de l’économe, chargé de la bonne marche de l’en-
semble. […] L’autre élément notable dans cet espace habité, ce sont les
“bâtiments industriels” avec par exemple la “guildiverie”, une construc-
tion légère qui abrite l’alambic utilisé pour la transformation du sirop
de sucre en eau-de-vie ou encore l’indigoterie, où l’indigotier est trans-
formé en indigo. Ensuite sont disposés, toujours sous la surveillance de
l’économe, les “cases à nègres” et les jardins qui assurent l’alimentation
principale composée le plus souvent de tubercules ou de manioc. »
Hélène Berlan, La Vie des Français au XVIIe et XVIIIe siècle, © CRDP,
Académie de Montpellier, 2008.
1. Teinture bleu foncé (avec des reflets violets et rougeâtres).
Doc. 2 L’économie de la plantation
Doc. 1 Une plantation de canne à sucre à Antigua, colonie britannique des Antilles
Dessin de William Clark, British Library, Londres, 1823.
La traite atlantique, débutée au XVe siècle, connaît son apogée à la fi n du XVIIIe siècle. Cela est lié à l’essor des grandes plantations d’Amérique qui nécessitent une importante main-d’œuvre.
Ainsi, en Martinique, le nombre d’esclaves est passé de 14 600 à 84 000 entre 1700 et 1790.
1
Champ de canne à sucre
2
Esclaves coupant les cannes
3
Le colon propriétaire de la plantation
4
Esclave contremaître
5
Esclaves chargeant les fagots de canne
sur une charrette
6
Moulin pour l’extraction du jus de canne servant à fabriquer le sucre
…
2
…
3
…
4…
5
…
6
…
1
Antigua
Guadeloupe
Porto Rico
Martinique
Saint-
Domingue
AMÉRIQUE DU SUD
Mer des Antilles
OCÉAN ATLANTIQUE
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