Projet de renforcement des capacités contre les VBG au Nord d'Haïti

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Point 1 : Identification et caractérisation du projet
Le projet retenu pour la présente évaluation est un projet de renforcement des capacités
institutionnelles en faveur de la prise en charge des femmes et des filles victimes de violences
basées sur le genre (VBG) dans le département du Nord d’Haïti. Le tableau 1 en présente la
fiche signalétique ; les sections suivantes précisent les éléments qui appellent un
développement, à savoir le problème visé, le financement, les acteurs et les bénéficiaires.
Tableau 1 : Fiche signalétique du projet
Élément
Description
Titre du projet
Programme de renforcement des capacités des institutions offrant des
services de prise en charge aux femmes et filles victimes de violences
basées sur le genre dans le département du Nord d’Haïti
Secteur d’activités
Genre et protection sociale (lutte contre les VBG), avec des volets
santé et justice ; renforcement des capacités institutionnelles
Problème à résoudre
Faible capacité des institutions de santé, de justice et des organisations
communautaires à assurer une prise en charge efficace des femmes et
des filles victimes de VBG
Zone d’intervention
Communes ciblées du département du Nord (Haïti)
Durée
Trois (3) mois, soit treize semaines, à compter de la date officielle de
lancement
Montant budgétaire
2 383 400 gourdes haïtiennes (HTG)
Source de financement
Handicap International (60 %), Ministère à la Condition Féminine et
aux Droits des Femmes.MCFDF (15 %), organisations partenaires (15
%) et Association des Femmes Actives de Katastwòf . AFAK (10 %)
Institution
d’implémentation
FEJEG CONSULT (pilotage stratégique et coordination générale), en
collaboration avec l’AFAK (porteuse du projet, coordination des
activités communautaires)
Partenaires
MCFDF, MSPP, MJSP et institutions judiciaires, Police nationale
d’Haïti, ONU Femmes, AFASDA, Handicap International,
organisations de femmes et organisations communautaires
Bénéficiaires directs
25 organisations de femmes, 10 centres de santé, 10 tribunaux de paix,
20 professionnels de la santé et 20 acteurs judiciaires
1.1. Le problème que le projet cherche à résoudre
Le projet ne s’attaque pas directement à la violence, mais à la faiblesse du dispositif
institutionnel censé y répondre. L’ampleur du phénomène justifie cette orientation. Selon
l’EMMUS-VI, 26 % des femmes de 15 à 49 ans ayant déjà vécu en couple ont subi des
violences physiques ou sexuelles de la part d’un partenaire intime, et 12,3 % des femmes ont
été victimes de violences sexuelles au moins une fois dans leur vie (IHE & ICF, 2018). La crise
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sécuritaire a aggravé la situation : 4 482 incidents de VBG ont été enregistrés entre janvier et
juin 2025, les survivantes recensées étant à 78 % des femmes et à 14 % des filles (Sous-secteur
VBG Haïti, 2025).
Face à cette demande, les institutions de santé, les acteurs judiciaires et les organisations
communautaires disposent de capacités limitées. Le problème central ainsi défini s’explique
par quatre causes directes :
• l’insuffisance de formation du personnel ;
• la faible connaissance des protocoles de prise en charge ;
• l’absence d’outils harmonisés de gestion des cas ;
• une coordination limitée entre les institutions.
Il entraîne une qualité de service variable, une orientation tardive ou inadéquate des victimes
et, à terme, un risque accru de revictimisation, une sous-déclaration des violences et le maintien
de l’impunité.
1.2. Zone d’intervention, durée et montant budgétaire
Le projet est circonscrit aux communes ciblées du département du Nord ; les activités menées
hors de ce département sont expressément exclues de son périmètre. Sa durée de trois mois se
répartit en trois temps : le diagnostic institutionnel, le répertoire des acteurs et la cartographie
des services au premier mois ; les formations et la distribution des outils au deuxième ; la
sensibilisation communautaire, le suivi-évaluation et la clôture au troisième. Le budget s’élève
à 2 383 400 HTG, dont la plus grande part est consacrée à la formation (39 %) et aux ressources
humaines (29 %).
1.3. Source de financement
Le financement repose sur quatre contributeurs. Handicap International en assure l’essentiel,
tandis que le MCFDF, l’AFAK et les organisations partenaires complètent le montage. Cette
diversification limite la dépendance à l’égard d’un seul bailleur.
Tableau 2 : Structure de financement du projet
Source
Contribution (HTG)
Part du budget
Handicap International
1 429 000
60 %
MCFDF
358 000
15 %
Organisations partenaires
358 400
15 %
AFAK
238 000
10 %
Total
2 383 400
100 %
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1.4. Institution d’implémentation et partenaires
La mise en œuvre est assurée par FEJEG CONSULT, qui exerce le pilotage stratégique et la
coordination générale, en collaboration avec l’AFAK, porteuse du projet, chargée de
coordonner les activités communautaires et de mobiliser les bénéficiaires. Ces deux institutions
mobilisent respectivement une expertise reconnue en renforcement des capacités
organisationnelles et une bonne connaissance du milieu communautaire du Nord. Les
partenaires interviennent selon les rôles indiqués au tableau 3.
Tableau 3 : Partenaires du projet et nature de leur contribution
Partenaire
Rôle dans le projet
MCFDF
Orientation stratégique, cofinancement et suivi des politiques
publiques
MSPP
Appui technique, formation et supervision sanitaire
MJSP et institutions judiciaires
Appui juridique ; participation aux formations ; traitement des
dossiers (tribunaux de paix)
Police nationale d’Haïti
Protection des victimes
ONU Femmes et AFASDA
Appui technique et expertise thématique
Handicap International
Principal bailleur de fonds ; suivi financier et technique
Organisations de femmes et
organisations communautaires
Accompagnement des victimes, mobilisation communautaire
et soutien aux campagnes de sensibilisation
1.5. Bénéficiaires directs
Les bénéficiaires directs sont les institutions et les professionnels qui reçoivent les formations,
les guides et les protocoles harmonisés, soit 100 exemplaires distribués aux institutions
partenaires. Les femmes et les filles victimes de VBG, leurs familles et les communautés des
communes ciblées (au moins 500 personnes sensibilisées) constituent les bénéficiaires
indirects, car elles profitent de l’amélioration des services sans participer elles-mêmes aux
formations.
Tableau 4 : Bénéficiaires directs du projet
Catégorie
Effectif ciblé
Organisations de femmes
25
Professionnels de la santé (10
centres de santé)
20
Acteurs judiciaires (10 tribunaux
de paix)
20
4
Références
Institut Haïtien de l’Enfance (IHE) & ICF. (2018). Enquête mortalité, morbidité et utilisation
des services (EMMUS-VI 2016-2017) : Rapport final. IHE et ICF.
Sous-secteur Violences Basées sur le Genre (VBG) Haïti. (2025). Rapport de monitoring des
incidents de violences basées sur le genre en Haïti : Janvier-juin 2025. Sous-secteur
VBG Haïti.
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