
arontements, notamment marimes, le conit s’achève par un accord qui réarme la suzeraineté du
roi de France sur les possessions anglaises du connent. L’opposion avec le pape Boniface VIII est plus
profonde encore. Philippe IV refuse les intervenons poncales qu’il considère comme des aeintes
à sa souveraineté. Le conit dégénère en condamnaons réciproques, menaces d’excommunicaon et
projets de déposion. L’épisode d’Anagni, marqué par l’arrestaon temporaire du pape, précède la
mort de Boniface VIII.
La mort de Philippe IV le Bel met n au « miracle capéen ». Ses trois ls se succèdent sur le trône :
Louis X (1314-1316), puis Philippe V (1316-1322), et enn Charles IV (1322-1328). Aucun d’eux ne laisse
d’hérier mâle capable d’assurer la connuité directe de la dynase. À la mort de Charles IV s’ouvre
alors une crise successorale majeure. La couronne revient à Philippe VI de Valois (1328-1350), cousin
du dernier roi capéen, inaugurant ainsi la dynase des Valois. Cependant, Édouard III d’Angleterre,
pet-ls de Philippe IV le Bel par sa mère Isabelle de France, revendique lui aussi la couronne. Cee
contestaon dynasque ouvre une nouvelle période de l’histoire de France et constue l’une des
causes immédiates de la guerre de Cent Ans.
Chapitre VI. La guerre de Cent Ans et les révoluons de Paris
Au début de la guerre de Cent Ans, la France dispose encore d’une armée féodale, fondée sur le service
des vassaux, tandis que celle d’Édouard III apparaît déjà plus moderne par son organisaon et son
emploi de l’archerie. Le conit débute sur mer et tourne rapidement à l’avantage des Anglais. En 1340,
la oe française est anéane à la bataille de l’Écluse, défaite que Bainville compare à Trafalgar. Dans
un premier temps, les succès anglais demeurent limités en Flandre et en Bretagne, mais ils progressent
rapidement en Normandie et menacent bientôt Paris. Philippe VI doit alors remonter précipitamment
de Guyenne pour livrer bataille à Crécy en 1346. La défaite française est sévère et ouvre la voie à la
prise de Calais par les Anglais après un long siège. Le conit entre ensuite dans une période de trêves
successives, tandis que la monarchie doit faire face aux intrigues de Charles le Mauvais, roi de Navarre
et pet-ls de Louis X, qui s’esme lésé dans ses prétenons.
Jean II le Bon (1350-1364) rencontre de grandes dicultés pour nancer la poursuite de la guerre.
L’impôt nécessite en eet le consentement des provinces et celui-ci n’est pas toujours obtenu,
notamment en Normandie, en Artois ou en Picardie. L’armée française, qui n’a guère évolué depuis
Crécy, subit une nouvelle défaite majeure à Poiers en 1356. Plus grave encore, Jean II est fait
prisonnier et emmené en Angleterre. La capvité du roi provoque une véritable crise polique. Le
dauphin Charles, futur Charles V, devient lieutenant général du royaume et doit faire face à une
situaon révoluonnaire. Le par navarrais réclame la libéraon de Charles le Mauvais tandis que les
criques contre la noblesse et le gouvernement se mulplient. À Paris, le prévôt des marchands Éenne
Marcel prend la tête de l’opposion. Après la libéraon de Charles le Mauvais, la tension aeint son
paroxysme lors de la journée du 22 février 1358. Éenne Marcel, accompagné d’une troupe armée,
adresse de vives remontrances au dauphin et fait assassiner sous ses yeux les maréchaux de
Champagne et de Normandie. Le régent demeure quelque temps sous la pression des insurgés avant
de parvenir à s’échapper de Paris. Alors que le dauphin organise le blocus de la capitale, le royaume
est frappé par une nouvelle crise avec l’éclatement de la Jacquerie. Finalement, Éenne Marcel est
assassiné en juillet 1358 et Paris se rallie au dauphin. Pour Bainville, cee épreuve joue un rôle décisif