
Bien que les systèmes d’information et de communication dans les transports aient
commencé leur développement il y a plus de 30 ans, c’est aujourd’hui que nous assistons à leur
véritable expansion. Nous sommes en effet dans une phase d’accélération du domaine des
transports en Europe, qui se caractérise par la présence de nouveaux acteurs, de nouveaux outils et
de nouvelles attentes de services destinées à un grand nombre d’usagers à travers le continent
européen.
L’adoption d’un plan d’action en 2008, puis de la directive en 2010/40 à sa suite, témoigne de cette
accélération voulue en matière de STI aussi bien par les autorités communautaires que par les Etats
membres, afin de créer et de garantir la pérennité du système qui sera mis en place par la
législation européenne en la matière. Il s’agit en effet pour l’Union européenne de mettre en place
une structure au niveau européen permettant d’encadrer les STI dans le secteur routier et dans ses
interfaces avec les autres modes de transport.
Il faut souligner que la législation européenne relative aux STI concerne donc pour le moment
essentiellement le secteur du transport routier, qui est l’un des secteurs du transport posant des
difficultés croissantes en termes d’environnement, de sécurité, de fluidité du trafic, de
problématiques économiques… Les autres modes de transport sont surtout considérés suivant leurs
liens, leurs rapports avec le transport routier ; les STI sont justement censés faciliter les liaisons
entre les différents modes, c’est-à-dire dans les transports multimodaux et intermodaux, lesquels
consistent dans la combinaison d’au moins deux modes de transport. En suivant cette logique, ce
mémoire, dans ses aspects juridiques (lors de la présentation de la législation européenne en
matière de STI) se concentrera ainsi sur le transport routier. Un état des lieux du développement
des STI dans les autres modes de transport (aérien, ferroviaire, fluvial et maritime) y sera
également présenté.
Cette volonté d’accélérer cette évolution et de mettre en place une structure-cadre pour les
STI a notamment trouvé son impulsion dans le constat qu’il existait des barrières significatives au
déploiement des STI au travers de l’Europe, avec un manque de standardisation, d’interopérabilité
entre les modes de transport et les pays et, enfin, de continuité transfrontalières des services, ce qui
constitue une entrave à une large utilisation des STI ainsi qu’à leur pénétration sur le marché.
La mise en place d’une structure-cadre pour le déploiement des STI et est censée rendre plus sûr
les décisions relatives à l’investissement en matière de STI, aidera à débloquer l’innovation dans
les services de transport et à permettre ainsi au domaine du transport de continuer à jouer son rôle
essentiel dans une économie européenne prospère.