Darwich s'imposait : le programme d'agrégation de lettres modernes de la session 2011, intitulé
« Poésie et engagement — René Char, Fureur et mystère ; Mahmoud Darwich, La terre nous est
étroite et autres poèmes », avait inscrit leurs œuvres dans une réflexion commune sur la poésie de
résistance et de mémoire. Toutefois, la dimension onomastique du prénom féminin n'y avait pas été
traitée comme axe central, et c’est précisément cette lacune que la présente étude se propose de
combler. Quant à Qabbani, que la critique arabe désigne sous le titre de ﺔﯿ
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ﺷ « le poète
de la femme arabe », son inclusion s'imposait naturellement : aucun poète arabe du XXe siècle n'a
autant fait du prénom féminin le foyer de sa création poétique, lyrique et élégiaque.
Notre corpus est constitué de six poèmes. Du côté de René Char : « Marthe » et
« Évadnée », extraits de Fureur et mystère (Gallimard, 1948) , et Yvonne, la Soif hospitalière, paru
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dans Le Nu perdu (Gallimard, 1971) et daté du 6 octobre 1963 selon les manuscrits conservés à la
Bibliothèque littéraire Jacques Doucet . Côté Qabbani : « ﺲ
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ﺑ » (Balqis, 1982), publiée comme
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livre-poème autonome un an après l'assassinat de Balqis al-Rawi à Beyrouth ; et « ﺎ
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issu du recueil : ءﺎﺴﻨ
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ﻛأ (C'est ainsi que j'écris l'histoire des femmes), publié en 1981 dans la
section intitulée م ةﺪﯿ
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ﺻ (Portrait très intime des archives de Madame
M.) . Quant à Darwich nous avons choisis « ﺔﯿ
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ﯾر » (Rita et le fusil), paru dans Le Bout de la
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nuit (1967 ,!"#
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()) ; et « ﺔﺴﯿﻨﻜ
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ﻣ » (Pluie dans le clocher de l'église), issu du recueil &*+
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- .&/"01 2+34%& 56'7 (Pourquoi as-tu laissé le cheval seul ?, 1995) .
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Il va de soi de relever le problème suivant : dans ces six poèmes élégiaques et lyriques
portant des prénoms féminins, comment ces derniers - Marthe, Évadnée, Yvonne, Balqis, Maya,
Rita, et le prénom féminin étranger du poème de Darwich - dépassent-ils leur fonction de
désignateurs rigides pour devenir de véritables hypersémantismes, une sorte de demeures sonores,