
et gamma et sa période radioactive ou temps de demi-vie (période pendant laquelle
sa radioactivité diminue spontanément de moitié) est de 1 600 ans. Le produit de sa
désintégration est le radon 222 (durée de vie de 3,8 jours), un gaz radioactif qui
donne, à son tour, naissance à des éléments radioactifs. Le radium a été largement
utilisé pendant plus de 60 ans dans le domaine industriel et pour des applications
thérapeutiques. La curiethérapie est une technique de radiothérapie mise au point à
l'Institut Curie consistant à placer une source radioactive à l'intérieur ou à proximité
immédiate de la zone à traiter. Elle constitue un traitement efficace pour traiter des
tumeurs et peut être combinée à d'autres traitements comme la chirurgie, la
radiothérapie externe et la chimiothérapie. Parallèlement, le radium 226 a été utilisé
en raison de ses qualités photo-luminescentes pour des peintures destinées à
l’horlogerie, à l’aviation et aux dispositifs de signalisation de secours. Le radium a
enfin été utilisé pour la conception des premiers détecteurs de fumée et, ce qui est
peut-être moins connu, dans le but d’améliorer l’efficacité de certains paratonnerres.
3. BELA SZILARD : UN MEMBRE DU PRESTIGIEUX LABORATOIRE DE MARIE
CURIE
3.1 De l’électromètre à la foudre
Béla Szilárd (1884-1926) est un chimiste et physicien hongrois (figure 3).
Diplômé en pharmacie de l'université de Budapest en 1904, il s'intéresse à la
radioactivité et devient chercheur libre (avec une bourse hongroise), en 1907, dans
le laboratoire de Marie Curie. Il y restera jusqu'en 1910. Pendant cette période, il
publie plusieurs articles, sur la radioactivité du molybdate d’uranyle, sur un appareil
destiné aux mesures radioactives, sur une nouvelle méthode de séparation de
l'uranium, ou encore sur les réactions chimiques des éléments radioactifs.
En 1912, Béla Szilárd crée le Laboratoire des produits radioactifs, où il met au
point un électromètre portable pour l’analyse des minerais radioactifs. Un
électromètre (aussi appelé électroscope) est un appareil mis au point par l'abbé
Nollet en 1747 (électroscope à boules de sureau) et 1750 (premier électroscope à
feuilles d'or) permettant la mesure ou la mise en évidence de la charge électrique
d'un corps. Un électromètre standard est composé de deux fines feuilles d'or
suspendues à une électrode. Quand cette dernière est chargée, les feuilles se
chargent à leur tour et se repoussent mutuellement. La mesure de l’angle entre les
plaques permet de connaître la charge de l'électrode. Une autre manière de
construire un électromètre est de suspendre deux feuilles d'aluminium ou de cuivre,
sur un câble de tantale, de platine, ou sur un simple filament de nylon. Les
électromètres sont déchargés par un rayonnement ionisant. Ils sont utilisés en
physique nucléaire, car ils sont capables d'amplifier les faibles courants
photovoltaïques, créés par les radiations. Dans l’électromètre de Szilárd, les feuilles
d’or sont remplacées par une aiguille. Émile Armet de Lisle, qui a construit une usine
pour séparer le radium à Nogent-sur-Marne assure la production industrielle des
électromètres. Ces appareils, qui permettent d’établir l’activité de minéraux
radioactifs en quelques minutes sans manipulations chimiques, sont les ancêtres du
compteur de Geiger-Müller. Le plus commun des instruments de mesure des
radiations, le dosimètre, est en fait un électromètre calibré et robuste. Aujourd’hui, les
électromètres sont de plus en plus supplantés par des appareils à semi-conducteurs,
qui permettent de détecter de très faibles courants (jusqu’au femto-ampère !). Szilárd