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II- PARCOURS HISTORIQUE DE LA PHILOSOPHIE
L’énoncé philosophique doit rendre compte de ses origines. Il formule des interrogations
qui mettent en évidence des significations diverses lesquelles doivent être placées dans des
contextes mouvants. C’est ce qui explique que la philosophie ne soit pas une activité figée. En
réalité, elle a toujours été la conscience des différentes époques traversées.
a)L’antiquité grecque et le moyen âge (7e siècle avant J-C –14e siècle avant J-C)
La Grèce de l’antiquité est généralement perçue comme le lieu de naissance de la
philosophie. C’est là où est apparue pour la première fois une forme de pensée qui se pose
en rupture par rapport à l’interprétation métaphysique des phénomènes. Mais s’il a été
possible à la philosophie d’apparaître en ce lieu déterminé, c’est principalement parce
qu’aux alentours du 5e siècle avant J-C s’est signalé un phénomène d’une grande
importance connu sous le nom de miracle grec. Il s’agit de la réunion pour la première fois
en un lieu et à la même période de condition économique, politique et culturelle qui par
leur influence ont favorisé l’émergence de la pratique philosophique. Certains auteurs sont
particulièrement représentatifs de cette révolution dans la pensée.
Il y a d’abord Héraclite d’Ephèse dont l’œuvre principale intitulée « de l ‘univers »
traitait à la fois de physique, de théologie et de politique. Célèbre pour avoir élaboré la
théorie de la mobilité universelle, il voyait dans le conflit des contraires l’origine et la
substance même de toute chose. Selon Héraclite la vie est un perpétuel mouvement, un
changement sans fin qui disqualifie toute forme de stabilité définitive. Héraclite expose
cette idée de façon imagée en écrivant : « Tout s’écoule, on ne se baigne jamais deux fois
dans le même fleuve ….Les contraires se mettent d’accord, des sons variés résulte la
plus belle harmonie et tout est engendré par la lutte ».
Au centre du miracle grec se retrouve aussi l’éminent mathématicien Pythagore
(580-500). Au delà des progrès qu’il a impulsés dans la science mathématique, Pythagore
s’est signalé dans le domaine strictement philosophique en défendant le principe de la
métempsycose. Ce principe consacre la dualité de l’homme et traduit l’idée d’une
transmigration de l’âme. Plus précisément, la métempsycose est le fait surnaturel par
lequel une même âme étant immortelle peut animer successivement plusieurs corps
humains, animaux, ou végétaux.
Adversaire d’Héraclite, Parménide d’Elée (540-450) soutenant une théorie de la
négation du mouvement. De son point de vue l’être est impérissable, inébranlable et sans
fin. Par cette position il est amené à refuser l’existence du changement en soutenant que
« L’être est un immeuble, le non-être n’est pas ». En d’autres termes toute réalité est
unique et demeure perpétuellement inchangée et d’ailleurs le changement n’existe pas.
Ces positions de Parménide ont été argumentées par Zénon à travers quelques allégories
notamment l’argument intitulé Achille et la tortue. Il faut dire que les partisans et les
adversaires du mouvement vont trouver dans le système élaboré par Démocrite, un terrain
de rencontre. Il s’agit de la théorie de l’atomisme. Ces différents intellectuels qui ont
apporté une contribution décisive à l’édifice de la philosophie sont regroupés sous le nom