
essai
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leur histoirecommune au lieu de lescompartimenter, surtoutdanslecas français.
Il yabienunaller-retourconstantentre lesdifférents terrains d’élaboration des
technologies sociales de l’État colonial.LaBretagne,les îles métropolitainesoule
Languedocduxixesiècleetdudébut du xxesièclesontpar biendes aspectsdignes
de la colonie, commel’ont montré biendes chercheursétrangers,notamment
américains4.
La quêted’un«paradigmeafricaindansles sciences sociales»est traitéedansla
quatrième partie,qui commence opportunémentpar unecritiquedel’afrocentrisme.
L’auteur metenexergue unecitationd’unafrocentriste,ArchieMafeje, quireprend
sans ambagesles errementsdeMole Asante, le gourou de Temple University 5.
Mafeje ne rendguère justiceaux études africaines en promouvant un telenfermement.
Comment d’ailleursidentier ceux queMafejeappelle «les chercheursafricains»?
Àmoins de faireusage de la spectrométrie,aussifausse quetrompeuse,onlevoit
maldénirune telleentité. De plus,àqui attribue‑t‑il le monopole de la dénition
de l’africanité,sicen’est àlui‑même, et alorsmêmeque le paysan sahélien pourrait
bienlui dénier cetteidentité? En Afriquesubsaharienne,Mafeje, lesautres
intellectuelscités et moi‑mêmesommestousdes Blancs6!L’Occident décroché se
poursuit parune sériedeportraits de personnagesmarquants du Codesria,dont
Amsellepropose une«histoireintellectuelle».Devifsdébatsentre chercheurs
africains, dont la polémiqueautourdusavoir localoudel’« indigénisme»,sont
rapportés. Même justes,ces portraitsnerendent pascomptedel’histoireintellectuelle
de l’institution, différente de la sommedes biographiesdeses membres, fussent‑ils
lespluséminents (p.70).Laquête d’un paradigmeafricain dans lessciencessociales
relève évidemment du traversafrocentriste puisqu’elleexige de dénir l’Afrique
et l’Africain.Comment établir de telles dénitions ?Àquelcompteémargent
lesintellectuels de la diaspora ?Existe‑t‑il un paradigmedes sciences sociales
parcontinent?Pourquoil’A friquedevrait‑elles’entrouverun?Unetelle quêtenous
semble bienillusoire,puisque chercheursafricains,européens et américains
mobilisent le même «corpus de connaissances7».
4. E. J. Weber, PeasantsintoFrenchmen.The ModernizationofRural France, 1870-1914,Stanford, Stanford
UniversityPress,1976; P. Sahlins, Forest Rites. TheWar of theDemoiselles in Nineteenth-Century France,
Cambridge, HarvardUniversityPress,1994.
5. «Lorsqueles Chinoisétudientlaculture et la société chinoisesdansleurs propres termes et selonleurs
propres objectifs, le monde scientifique occidental ne proteste pas. Celaparce quelasouverainetédusavoir
chinoissur la Chineest admise…Ainsi interprété, l’afrocentrismen’est rien d’autrequ’uneexigence
légitime,celle queles chercheursafricainsétudientleursociétéde l’intérieuretcessentd’êtreles pourvoyeurs
d’un discoursintellectuelétranger»(p.65).
6. M. Diawara, «Der Blickvom Anderen Ufer.Oder: DieEntdeckungdes Weißen», in J. A. Schlumberger
et P. Segl (dir.), Europa –aber wasist es?Aspekte seiner IdentitätininterdisziplinärerSicht,Cologne, Böhlau,
1994,p.255‑283.
7. Voir notammentJ.-L. Amselle, Branchements…, op.cit., p. 25.
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