Mémoire sur l'inclusion scolaire des jeunes en ITEP

Telechargé par t.leseigneur
Bonjour,
Dans le cadre de ma formation d’assistante de service social, j’ai réalisé un mémoire portant
sur l’inclusion scolaire des jeunes accompagnés en Institut Thérapeutique, Éducatif et
Pédagogique, les ITEP.
J’ai choisi ce sujet à partir d’une situation rencontrée lors de mon stage au sein d’un collège
de l’Éducation nationale. J’y ai accompagné un élève de 13 ans, scolarisé en classe de 5e,
bénéficiant d’un accompagnement en ITEP et accueilli en milieu ordinaire.
Lors de son arrivée dans l’établissement, peu d’informations avaient été transmises à l’équipe
éducative concernant ses difficultés. Par la suite, des comportements relationnels inadaptés
ont été observés, créant des interrogations au sein de l’établissement.
Cette situation m’a particulièrement questionnée en tant que future assistante de service
social scolaire. Elle m’a amenée à réfléchir à la manière dont l’inclusion scolaire se
concrétise sur le terrain, notamment lorsque les jeunes présentent des troubles du
comportement pouvant avoir des répercussions sur leur scolarité et leurs relations sociales.
À partir de cette situation, mon mémoire s’est construit autour de la problématique suivante :
“L’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap présentant des troubles du
comportement ou des difficultés d’adaptation, accompagnés en ITEP, constitue aujourd’hui
un enjeu éducatif, social et institutionnel majeur. Cette orientation interroge les conditions
nécessaires à une inclusion scolaire effective ainsi que ses effets sur les parcours des jeunes,
leurs familles et les établissements scolaires.”
Pour répondre à cette problématique, j’ai réalisé une revue de littérature ainsi que plusieurs
entretiens semi-directifs auprès de professionnels du secteur médico-social et de l’Éducation
nationale.
Mes recherches m’ont permis de mettre en évidence un premier constat : l’inclusion scolaire
est aujourd’hui au cœur des politiques publiques, notamment depuis la loi du 11 février 2005.
L’objectif est de permettre aux enfants en situation de handicap d’être scolarisés en milieu
ordinaire et de participer pleinement à la vie scolaire.
Cependant, mes entretiens montrent que la mise en œuvre de cette inclusion reste complexe.
Les professionnels évoquent des difficultés liées au manque de moyens, au temps disponible,
à la coordination entre les acteurs ou encore à certaines situations particulièrement
complexes.
J’ai également compris qu’être inclus ne signifie pas uniquement être présent dans un
établissement scolaire. Un jeune peut être physiquement présent en classe sans pour autant se
sentir membre du groupe ou participer pleinement à la vie de l’établissement.
Cette réflexion m’a amenée à m’intéresser davantage à la notion de participation. L’inclusion
ne repose pas seulement sur des dispositifs ou des aménagements. Elle implique aussi la
reconnaissance de la place du jeune, la prise en compte de sa parole et son pouvoir d’agir
dans les décisions qui le concernent.
Un autre élément important de ma recherche concerne la distinction entre insertion et
inclusion. L’insertion consiste à permettre à la personne de s’adapter à un environnement
existant. L’inclusion implique également que l’environnement s’adapte afin de permettre la
participation de chacun.
Cette distinction a nourri ma réflexion professionnelle, notamment sur le rôle de l’assistant de
service social.
En effet, en tant que future assistante de service social scolaire, nous sommes à la croisée de
plusieurs enjeux : l’accompagnement du jeune, le soutien aux familles, la coopération avec
les partenaires et la prise en compte des besoins du collectif.
C’est dans ce cadre qu’est apparu un questionnement éthique important. Comment favoriser
l’inclusion d’un jeune présentant des troubles du comportement tout en garantissant un cadre
sécurisant pour les autres élèves ? Comment prendre en compte ses difficultés sans le réduire
à celles-ci ? Comment soutenir sa participation sans ignorer les besoins du collectif ?
Au fil de mon travail, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas d’opposer inclusion et protection
mais de rechercher un équilibre entre ces différentes dimensions.
Cette recherche m’a également permis de mettre en évidence l’importance du partenariat. Les
parcours inclusifs reposent sur une coopération constante entre l’ITEP, l’Éducation nationale,
les familles et les différents professionnels intervenant autour du jeune.
À partir de ma situation de départ, plusieurs hypothèses d’action ont émergé.
La première concerne le recueil de la parole du jeune. Dans la situation observée, je me suis
rendu compte que les professionnels parlaient beaucoup des comportements du jeune, mais
que sa propre perception de la situation était peu connue. En tant que future assistante de
service social scolaire, il aurait été pertinent de créer un espace d’écoute afin de comprendre
comment il vivait sa scolarisation, ses relations avec les autres élèves et sa place dans
l’établissement. Cette démarche aurait permis de partir de son vécu plutôt que de ses seules
difficultés.
La deuxième hypothèse concerne le travail autour des relations sociales, du consentement et
des limites relationnelles. Les comportements observés avaient des conséquences sur les
autres élèves et interrogeaient le cadre scolaire. Une action éducative adaptée, menée avec les
partenaires compétents, aurait pu permettre au jeune de mieux identifier les règles
relationnelles attendues dans le milieu scolaire tout en évitant une approche uniquement
centrée sur la sanction.
La troisième hypothèse concerne la coordination entre les acteurs. Dans la situation
rencontrée, l’absence de transmission d’informations avait mis l’équipe éducative en
difficulté. Il aurait été pertinent de renforcer les échanges entre l’ITEP, l’établissement
scolaire, la famille et les professionnels intervenant auprès du jeune afin d’anticiper certaines
difficultés et de construire des réponses cohérentes.
Enfin, une dernière piste aurait été de prendre davantage en compte la parole des autres
élèves concernés par la situation. L’objectif n’aurait pas été de désigner un responsable mais
de comprendre les effets de cette inclusion sur le collectif et d’identifier les besoins de chacun
afin de maintenir un climat scolaire sécurisant.
Ces hypothèses ne constituent pas des solutions toutes faites. Elles illustrent plutôt la manière
dont l’assistant de service social peut contribuer à favoriser l’inclusion tout en prenant en
compte les besoins du jeune, ceux du groupe et les contraintes institutionnelles.
Enfin, ce mémoire a participé à la construction de mon identité professionnelle. Il m’a appris
à questionner mes représentations, à développer une posture réflexive et à analyser les
situations dans toute leur complexité.
J’ai également pris conscience de l’importance des mots utilisés dans le travail social. Les
termes que nous employons influencent la manière dont les personnes sont perçues et
accompagnées.
Pour conclure, cette recherche m’a permis de comprendre que l’inclusion scolaire des jeunes
accompagnés en ITEP ne peut être réduite à une simple présence en milieu ordinaire. Elle
suppose une participation réelle du jeune, une coopération entre les acteurs et une réflexion
constante autour de l’équilibre entre inclusion, protection et participation.
Je vous remercie de votre attention et je suis disponible pour répondre à vos questions.
Introduction
Dans le cadre de ma formation d’assistante de service social, j’ai réalisé un mémoire portant
sur l’inclusion scolaire des jeunes accompagnés en Institut Thérapeutique, Éducatif et
Pédagogique (ITEP).
Ce choix fait directement suite à une expérience de stage réalisée au sein d’un collège de
l’Éducation nationale. Lors de ce stage, j’ai été confrontée à une situation marquante
concernant un élève de 13 ans, scolarisé en classe de 5e, bénéficiant d’un accompagnement
en ITEP et accueilli partiellement en milieu ordinaire.
À son arrivée dans l’établissement, aucune transmission particulière n’avait été réalisée
auprès de l’équipe éducative concernant ses difficultés. Au fil des semaines, des
comportements à caractère sexuel inadaptés envers certains camarades ont été observés,
suscitant des inquiétudes au sein de la communauté scolaire.
En tant que future assistante de service social scolaire, cette situation m’a particulièrement
interrogée. Elle m’a amenée à réfléchir à la manière dont l’inclusion scolaire peut être mise
en œuvre lorsque des difficultés relationnelles importantes apparaissent, tout en préservant les
droits du jeune et ceux des autres élèves.
À partir de cette situation, j’ai formulé la problématique suivante :
« Comment favoriser l’inclusion scolaire et la participation sociale des jeunes accompagnés
en ITEP en milieu ordinaire tout en garantissant un cadre sécurisant pour l’ensemble des
élèves ? »
Cette problématique a constitué le fil conducteur de mon travail de recherche.
Point de départ et questionnement
Au départ, j’avais une représentation plutôt idéalisée de l’inclusion scolaire. J’imaginais une
coordination fluide entre les établissements médico-sociaux et l’Éducation nationale, avec
des parcours anticipés et sécurisés pour les jeunes.
La situation vécue a remis en question cette représentation.
D’un côté, un jeune était accueilli sans préparation particulière du cadre scolaire.
De l’autre, des comportements inadaptés apparaissaient, sans réponse claire ou structurée.
Cela a fait émerger plusieurs questions :
Comment concilier l’inclusion d’un jeune en situation de handicap avec la sécurité et
le respect des autres élèves ?
Comment accompagner un jeune sans le réduire à ses comportements ?
Et surtout, quelle est la place du travailleur social dans une situation où se croisent
inclusion, silence institutionnel et tensions relationnelles ?
C’est ainsi que j’ai formulé ma question de recherche autour de l’inclusion et de la
participation des jeunes ITEP en milieu ordinaire.
Dilemme éthique central
Cette situation m’a surtout amenée à identifier un dilemme éthique fort dans la pratique
professionnelle.
D’un côté, il existe une volonté d’inclusion, qui vise à permettre au jeune de rester en milieu
ordinaire, de participer et de ne pas être exclu.
De l’autre, il existe une nécessité de prendre en compte les comportements observés,
notamment lorsqu’ils interrogent les notions de consentement, de limites et de respect des
autres élèves.
Le dilemme ne se résume donc pas à “inclusion ou protection”, mais plutôt à :
Comment accompagner un jeune dans une démarche inclusive tout en travaillant
sur ses comportements relationnels et en garantissant un cadre sécurisant pour
tous ?
Ce questionnement m’a amenée à comprendre qu’il ne s’agit pas de banaliser les
comportements liés aux difficultés du jeune, mais non plus de le réduire à ceux-ci.
Apports de la recherche
À travers mes lectures et mes entretiens, j’ai compris que l’inclusion ne se limite pas à une
présence physique dans un établissement scolaire.
Un jeune peut être scolarisé sans pour autant être pleinement intégré dans le groupe, ni
comprendre les codes sociaux attendus.
J’ai également compris que l’inclusion repose sur plusieurs dimensions :
la participation du jeune ;
la qualité du lien avec les pairs ;
la coordination entre professionnels ;
et la prise en compte de la parole de chacun.
Un point important concerne également les pairs.
Dans ma situation, les autres élèves avaient choisi d’intégrer ce jeune, parfois pour éviter son
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