
CHAPITRE INTRODUCTIF : LES SUJETS DE DROIT
Le droit civil des personnes repose sur une distinction fondamentale entre les sujets de droit et
les objets de droit. Les sujets de droit sont les entités auxquelles le droit reconnaît une personnalité
juridique, c’est-à-dire l’aptitude à être titulaires de droits et d’obligations. Les objets de droit, au
contraire, sont des choses qui peuvent être possédées, contrôlées ou exploitées par les sujets de droit.
Comme le souligne Gérard Cornu : « la distinction des personnes et des choses est la vérité première
qui ordonne tout le système juridique » (Droit civil : Les personnes, Les biens, 10e éd.).
Définition de la personnalité juridique : La personnalité juridique se définit comme l’aptitude
à être titulaire de droits subjectifs et assujetti à des obligations juridiques. Cette notion est le fondement
de toute participation à la vie juridique : seul un sujet de droit peut contracter, agir en justice, acquérir
des biens ou se marier.
SECTION 1 : LES DIFFERENTS SUJETS DE DROIT
PARAGRAPHE 1 : LES PERSONNES PHYSIQUES
La personne physique est exclusivement constituée par l’être humain. Sa personnalité juridique
commence à la naissance et se termine à la mort, lui permettant d’acquérir et d’exercer des droits ainsi
que de remplir des obligations (Code civil, Droit international, DDHC Art. 6). Chaque être humain est
donc, par le seul fait de son existence, un sujet de droit.
Les droits des personnes physiques incluent des droits inhérents à la condition humaine, tels que
l’intégrité corporelle, la dignité, la vie privée et les droits de la personnalité. Les lois de bioéthique du
29 juin 1994, codifiées dans le Code civil aux articles 16 à 16-9, constituent le socle de cette protection.
PARAGRAPHE 2 : LES PERSONNES MORALES
Une personne morale est un groupement doté de la capacité juridique. Elle permet à des entités,
telles que des sociétés, associations ou établissements publics, d’exister juridiquement et d’agir comme
sujets de droit. Les personnes morales se divisent en deux grandes catégories :
– Personnes morales de droit public : l’État, les collectivités territoriales, les établissements
publics. Elles accomplissent des missions d’intérêt général et sont soumises au droit
administratif.
– Personnes morales de droit privé : les associations (loi du 1er juillet 1901), les sociétés
civiles et commerciales, les fondations. Elles poursuivent des objectifs particuliers et sont
soumises au droit civil ou commercial.
Fondement jurisprudentiel : La Cour de cassation a posé que la personnalité morale naît de la
volonté du législateur ou des membres fondateurs, et non d’une fictionnalité. La personnalité morale
confère à la personne morale un patrimoine propre, distinct de celui de ses membres (Cass. 1re civ., 28
janvier 1954).
SECTION 2 : LES STATUTS EN DEBAT – ANIMAUX ET MACHINES