
Les mots à ne pas dire : relation de
soins et communication en
oncologie pédiatrique
Words not to say: care relationship and communication in pediatric oncology
Hélène Kane et Abdoulaye Guindo
Introduction
1 En Afrique de l’Ouest, les cancers sont relativement peu connus en population générale.
« Nouvelles maladies » révélées par le développement des spécialités médicales, ils sont
appréhendés avec beaucoup de craintes et de circonspection.
2 D’un point de vue épidémiologique, il s’avère difficile d’obtenir un décompte exact de
l’incidence des cancers pédiatriques. L’Alliance des ligues africaines et
méditerranéennes contre le cancer estime que près de quarante mille enfants atteints
chaque année d’un cancer vivent en Afrique, dont au moins dix mille en Afrique
francophone subsaharienne (ALIAM, 2017). Ces chiffres représenteraient, selon des
estimations tenant compte de la jeunesse de la population, environ 5 % des cancers. Au
Mali, les systèmes d’information sanitaire et hospitalier qui gèrent l’ensemble des
informations sanitaires ne fournissent aucune indication relative aux cancers
pédiatriques. Les seules données disponibles à ce sujet sont celles issues de l’unité
d’oncologie pédiatrique de Bamako qui, dans son rapport d’activité, a enregistré deux
cent quatre-vingt-deux cas en 2019. Les chiffres sont plus bas dans le service d’hémato-
oncologie pédiatrique de Nouakchott, en Mauritanie, qui répertorie moins d’une
centaine de cas chaque année. Dans ces deux pays, les professionnels de santé
s’accordent à considérer que de nombreux cancers pédiatriques ne sont jamais
diagnostiqués.
3 Ces limites diagnostiques et statistiques se conjuguent à une faible identification de
cette maladie par les populations, davantage « sensibilisées » à un ensemble de
Les mots à ne pas dire : relation de soins et communication en oncologie pédi...
Anthropologie & Santé, 23 | 2021
1